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26 août 2022 5 26 /08 /août /2022 10:30
Ma petite est comme l'eau, elle est comme l'eau vive...

 

 

Une chanson limpide ! Une chanson qui célèbre l'amour, l'enfance, la jeunesse, la beauté, la liberté !

Cette chanson, c'est L'eau vive de Guy Béart...

Quelle tendresse, quel amour on perçoit dans cette expression qui ouvre la chanson : "Ma petite" !

On entre alors dans l'intimité d'un père qui évoque sa fille avec des termes dont on perçoit aussitôt toute la valeur et toute la dimension affective...

Avec cet emploi, on ressent tout l'attachement d'un père pour son enfant qu'il veut protéger...

 

D'autant que cette "petite" aime la liberté, ce que suggère bien la comparaison avec "l'eau vive, et le ruisseau." Image de fraîcheur et de beauté, elle est aussi un coeur qui ne se laisse pas facilement dompter.

Associée à des verbes de mouvement "courir, poursuivre, rattraper", la petite paraît insaisissable et incontrôlable....

Cette vivacité de l'enfant est aussi soulignée par la répétition du verbe à l'impératif :  "Courez, courez" . 

On est sensible ici à la simplicité du vocabulaire, à sa limpidité : le verbe "être" répété, le style parlé avec les impératifs, l'emploi de la deuxième personne du pluriel....

En même temps, l' enfant n'est pas nommée, ce qui donne à la chanson une valeur universelle...

 

Le deuxième couplet nous montre la jeune fille dans un cadre naturel magnifique, sensuel, avec le chant des pipeaux, la vision de l'eau qui danse, des "troupeaux", des herbes et arbres de Provence qui embellissent le paysage " l'olive, le laurier, le thym et le serpolet..."

On entend même la voix de la petite, ce qui la rend plus proche : "Venez, venez, mes chevreaux, mes agnelets..."

 

Ce tableau charmant, idyllique est brusquement interrompu par une notation temporelle, dans le couplet suivant : "Un jour", et par l'emploi d'un passé simple qui marque une rupture, un événement inattendu : "Vinrent les gars du hameau pour l’emmener captive".

Encore un double impératif pour suggérer l'idée de capture : "Fermez, fermez votre cage".

 

Mais l'eau vive ne se laisse pas si facilement emprisonner, on peut être sûr qu'elle "s'envolera", un verbe de mouvement encore qui souligne une idée de liberté infinie : c'est là l'image d'un oiseau insaisissable...

 

Nouvelle comparaison dans la strophe suivante : ce sont les jouvenceaux qui, cette fois, sont assimilés à "de petits bateaux emportés par l'eau vive", ils sont comme subjugués par les beaux yeux de la petite qui deviennent de véritables paysages  où "les jouvenceaux voguent à la dérive..."

Belle image de l'amour qui rend fou et obsède !

Cependant, ces jouvenceaux peuvent bien voguer, ils sont voués à "accoster", donc voués à l'immobilité, bien loin de l'eau vive qui "n'est pas encore à marier".

 

Pourtant, c'est inéluctable et le narrateur le sait bien : 

"un matin nouveau à l’aube, mon eau vive
Viendra battre son trousseau, aux cailloux de la rive."

Le futur montre bien que la jeune fille un jour prochain est destinée à venir battre son trousseau de mariage et à s'éloigner.

Dès lors, les autres sont invités à "pleurer" devant la solitude du narrateur.

 

Et le texte s'achève encore avec un verbe de mouvement au passé composé : "Le ruisselet, au large, s’en est allé". Comme par enchantement, la petite est devenue elle-même cette eau vive à laquelle elle était comparée au début de la chanson...

 

Cette chanson est un magnifique condensé de vie : l'enfance, le père protecteur, la beauté de la nature, les dangers que l'on peut rencontrer, l'amour, l'envol, le mariage, l'éloignement, la solitude...

 

Voilà un bel hymne à la beauté de l'enfance, à la nature, à l'eau, symbole de vie, de liberté, un bel hommage à sa fluidité, sa magie, cette chanson nous émeut aussi par sa simplicité, son évidence.

 

La mélodie limpide, le texte font songer à une comptine, une chanson enfantine, donc particulièrement adaptée au thème traité...

 

Le texte :

 

https://www.paroles.net/guy-beart/paroles-l-eau-vive

 

 

 

 

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19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 10:09
J'ai confié ma peine au peuple des fontaines...

 

 

Le temps qui passe, le temps qui emporte l'amour, l'eau qui s'écoule et qui symbolise la fuite du temps : on retrouve ces thèmes traditionnels dans une chanson de Francis Cabrel, Peuple des Fontaines...

 

Et le poète sait renouveler ces thèmes, grâce à la poésie de son écriture.

 

Dès le début du texte, le poète exprime ses sentiments de peine et de désarroi avec l'emploi de la première personne dans une tonalité lyrique, mais à qui parle-t-il ? Il s'adresse au Peuple des Fontaines...

Il fait ainsi appel à une image mythologique antique : les Fontaines peuplées de naïades, de sirènes, d'ondines...

Si ces nymphes des eaux ne sont pas citées, ces références font partie de notre culture. De plus, les Fontaines sont personnifiées dans la suite de la chanson.

 

Le poète use aussi de la deuxième personne pour instaurer un dialogue avec la jeune femme qui n'est plus à ses côtés, une façon de faire revivre les moments de bonheur passé :

"Pour qu'un jour tu reviennes te pendre à mon bras..."

 

La jeune femme est partie, et bien sûr, le temps se fait pesant, les jours, Dimanche et semaine deviennent "une chaîne" pour l'amoureux en peine, une belle image qui traduit bien son désarroi.

Le champ lexical du temps : "un jour, dimanche, semaine, ces jours gris, toujours, toujours" souligne la durée de l'éloignement, d'autant que le poète fait intervenir des rimes intérieures qui viennent insister sur la répétition inlassable des jours : "ma peine-fontaines /tu reviennes / semaine-chaîne / Des rues où je traîne / Toujours me reviennent / la Seine-Verlaine".

Et on voit le poète inconsolable traîner sa peine et penser à son amour perdu.

 

La nature, la beauté des fleuves, "le Rhône, la Seine", la poésie même ne sauraient lui apporter un réconfort : et voici notre poète insensible à la poésie de "Rimbaud ou Verlaine" qui ne sauraient le consoler.

L'emploi du futur, du mot "rien" suggère une peine irrémédiable.

 

Et le poète de constater qu'il fait partie de tous ces gens, "amants maladroits" qui "ont gravé les mêmes stupides rengaines, Les mêmes soupirs aux mêmes endroits".

L'énumération "Princes et souveraines, simples comédiennes, des dizaines d'amants maladroits" vient conforter l'emploi du mot "rengaines" qui comporte une idée de monotonie et de répétition.

 

L'amoureux se tourne alors à nouveau vers les Fontaines pour trouver un refuge et des solutions à sa détresse : il s'adresse aux Fontaines, en utilisant une apostrophe :

"Fontaines, dites-moi

Vous qui avez tant écouté
Vous qui ne sauriez pas mentir

Est-ce qu'elles savent pardonner
Ces belles pour qui l'on respire"

Cette personnification des Fontaines nous montre une nature bienveillante, qui sait écouter, qui ne sait pas mentir...

Le poète les interroge comme des confidentes remplies de sagesse et de savoirs : il s'enquiert d'un pardon attendu.

Les belles dames ne se confient-elles pas elles-mêmes aux miroirs de l'eau ? Le poète nous les montre "penchées sur le saphir" des fontaines, en train de dire peut-être que "tout peut recommencer."

Belles images de l'eau reflétant le charme des femmes...

"Cherchez bien dans vos souvenirs", insiste le poète...

Et l'amoureux fait référence encore à la poésie de Barbara, à celle de Léonard Cohen qui ne sauraient remplacer son amour perdu :

"Je donnerais tout Göttingen
Toutes les Suzanne de Cohen
Pour ce jour béni où tu me reviendras."

L'emploi du futur marque alors un espoir de retour, comme une forme de certitude....

 

La musique douce et rythmée restitue bien, tout au long de la chanson, cet apaisement que procurent les Fontaines...

 

 

Le texte :

 

https://www.azlyrics.com/lyrics/franciscabrel/peupledesfontaines.html


 

 

 

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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 11:28
S'émerveiller, enfin !

Un commentateur sur Agoravox me reproche régulièrement de m'émerveiller devant des spectacles musicaux, de manifester trop d'enthousiasme devant les performances de jeunes musiciens...

 

Mes articles seraient, selon lui, trop élogieux.

 

C'est le marquis de Vauvenargues qui est l'auteur de cet aphorisme : "C'est un grand signe de médiocrité que de louer toujours modérément."

Et Jean-Claude Guillebaud ajoute : "S'émerveiller du monde, de la vie, des humains, me semble aujourd'hui la moindre des choses."

 

Et comment ne pas s'émerveiller ? S'émerveiller devant un spectacle, s'émerveiller du monde, de ses beautés, de sa variété, de ses harmonies...

S'émerveiller, c'est, d'une certaine façon, retrouver un esprit d'enfance.


S'émerveiller du monde, de ses métamorphoses, au fil des saisons, saisir les couleurs changeantes du ciel, capturer des odeurs, des sons, des senteurs de lavande, de romarin, de thym, la musique de l'eau, le bruissement des arbres...

 

S'émerveiller est un signe de jeunesse et de vitalité : les spectacles musicaux en direct donnent plus particulièrement l'occasion de s'émerveiller... le son des instruments nous parvient avec une telle intensité, une telle pureté qu'on ne peut que s'enthousiasmer devant les performances des musiciens.

 

On admire aussi la beauté des instruments : les arabesques et les rondeurs des violons, des violoncelles et des guitares, les bois vernis qui renvoient la lumière...

 

On est ébloui par la virtuosité des musiciens, par leur extrême concentration, par la beauté des gestes : on perçoit qu'ils sont comme habités par la passion de la musique.

Les occasions de s'émerveiller sont multiples : le spectacle de la nature devrait susciter aussi notre admiration.

Un coucher de soleil qui magnifie un paysage, des couleurs dorées qui nimbent les arbres, des chants et des envols d'oiseaux au petit matin, 

 

Soyons attentifs au rythme des saisons, à leur variété, leurs couleurs nuancées...

Trop souvent blasés par toutes sortes d'images et toutes sortes d'écrans, nous oublions d'observer ce qui nous entoure...

 

Pourtant, la nature nous offre des spectacles uniques, une variété inouïe de formes, de couleurs, de textures.

 

S'émerveiller, enfin !

 

 

 

 

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5 août 2022 5 05 /08 /août /2022 10:11
Un délicieux moment : archiluth et violon au programme...

 

Un délicieux moment passé avec cette violoniste et ce joueur de luth... un duo talentueux qui nous a offert un bien joli moment musical...

Elle, c'est Caroline Menuge, spécialiste de musique ancienne, lui, c'est Ondřej Jaluvka : il est né au coeur de la Moravie. A l’âge de quatre ans, il chante et danse avec la troupe folklorique Hradišťánek. Il est impliqué dès l’âge de 14 ans dans de nombreux concerts.
Il a approfondi son jeu au luth au conservatoire et à l’Université Palacký d’Olomouc (Master d’Anglais et de Musique), au Staatliche Hochschule für Musik de Trossingen, en Allemagne et au Conservatoire Supérieur de Lyon...

 

Ce joueur de luth et cette violoniste sont sans cesse à la recherche de nouveaux horizons musicaux, naviguant de la musique baroque au heavy métal. La sensibilité de leur jeu laisse émerger des parfums du folklore morave.

 

On écoute d'abord la Suave Melodia, de Falconieri, une mélodie très populaire en Italie...

Puis, Ondřej Jaluvka interprète et mime une chanson moldave : l'amour y est comparé à une fleuve qui passe, s'écoule...

La passacaille qui suit est l'oeuvre d'un compositeur Tchèque...

 

On est ébloui encore par un air de Nicola Mattéis, compositeur napolitain du 17ème siècle...

 

Une douce musique aussi avec un air de Merula, compositeur italien du 17ème siècle...

 

Enfin, un air célèbre : Se l´aura spira de Frescobaldi... une fillette improvise alors une chorégraphie emplie de fraîcheur sur cette musique...

 

La douceur du luth ! Sa beauté sonore brillante et délicate ! Un enchantement !

 

"Apparu en Perse et en Egypte, le luth est sans doute le plus beau cadeau que la civilisation islamique ait fait à l'Occident chrétien... Peu puissant, apaisant, intimiste, ses vertus sont légendaires : dans la Bible, David en joue pour soulager le roi Saül qui souffre de dépression...", écrit le journaliste Emmanuel Tresmontant, dans un article paru sur Marianne.

 

"L'instrument charme également par son apparence : une caisse de résonance en forme de poire, sa table souvent ornée d'une rosace sculptée, le manche strié de fines tiges d'ivoire incrusté.", commente encore le journaliste.

"Sacré "roi des instruments à cordes pincées", c'est le plus représenté par les peintres italiens (Le Caravage), français (Georges de La Tour), espagnols (Vélasquez) et flamands (Vermeer)."

 

 

 

 

https://lepoissonreveur.typepad.com/le_poisson_reveur/2009/09/insaisissable-et-fascinant-nicola-matteis.html

 

 

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1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 11:38
Boby Lapointe : l'enchanteur du verbe...

 

Voilà 50 ans que disparaissait Boby Lapointe, chanteur, compositeur, interprète, poète de l'absurde, des jeux de mots. Ce virtuose des calembours nous a laissé des textes d'une drôlerie inouïe...


Boby Lapointe nous surprend encore par les trouvailles de langage dont il fait preuve : poète incontestable des mots, il nous fait rire, sourire de sa bonne humeur...
 
Né le 16 avril 1922 dans le sud de la France, à Pézenas dans l'Hérault, le jeune Boby ne se destinait pas initialement à une carrière de chanteur : féru et passionné de sciences et de mathématiques, il envisageait un métier dans l'aviation et ambitionnait de devenir pilote d'essai. Après l'obtention du baccalauréat, il prépare deux écoles : centrale et supaéro...
 
Mais la guerre l'empêche alors de poursuivre ses ambitions : il doit partir en 1943 à Linz en Autriche, pour rejoindre le STO. Il parvient à s'évader et se retrouve à La Ciotat où il exerce le métier de scaphandrier.


 
Après avoir touché à différents métiers, vendeur de layettes, installateur d'antennes de télévision, électricien, livreur, Boby Lapointe entre dans la carrière musicale en 1956...
 
A défaut de voler sur des avions, Boby va devenir voltigeur de mots, il va faire virevolter les mots dans des chansons devenues célèbres...


 
Il fait ses débuts en tant que chanteur dans un cabaret parisien, le Cheval d'Or. Il y rencontre des chansonniers célèbres de l'époque : Anne Sylvestre, Raymond Devos, Ricet Barrier et Georges Brassens, avec qui naît une amitié réciproque... Il connaît un certain succès et attire l'attention du réalisateur François Truffaut. Celui- ci imagine de lui faire jouer un rôle de chanteur de bar dans son nouveau film Tirez sur le pianiste, avec Charles Aznavour. Ses chansons" Framboise" et" Marcelle" sont mises en valeur dans ce film. Il est ensuite engagé dans un autre cabaret parisien ,les Trois baudets et commence à enregistrer des chansons : Marcelle, Bobo Léon, Aragon et Castille ...


 
D'autres compositions célèbres suivront : Ta Katie t'a quitté, Saucisson de cheval, Comprend qui peut, Méli-mélodie, Le tube de toilette, La maman des poissons.


 
Quel magicien des mots, quel virtuose fut Boby Lapointe ! Son originalité, sa verve font de lui un poète à part : jeux de mots, créativité verbale incroyable, humour et inventivité nous surprennent encore... Quelle bonne humeur, quelle joie de vivre transparaissent dans sa musique et ses textes ! Boby Lapointe sait , comme nul autre, nous transmettre ce bonheur des mots... Il nous parle de la maman des poissons, avec tant de drôlerie, il manie le verbe et les sonorités avec talent dans Ta Katie t'a quitté... Sa fantaisie fait de lui un poète à part, peu connu et reconnu de son vivant, jugé à la fois trop intellectuel par certains et trop rigolard par d'autres, ce jongleur, ce troubadour, ce trouveur, cet inventeur, ce prestidigitateur génial de mots nous entraîne dans un univers inédit...
 
On n'a pas fini de redécouvrir ses chansons et ses textes qu'il faut aussi lire et relire pour en percevoir toute la saveur.
 
Disparu trop tôt le 29 juin 1972, à l'âge de 50 ans,  Boby Lapointe a connu une carrière fort brève mais il nous a laissé de nombreuses chansons hilarantes : il faut réécouter, par exemple les calembours en tous genres de la chanson, Tube de toilette ou encore la fraîcheur du texte, La fille du pêcheur...


 
Personnage farfelu, amuseur, enchanteur du verbe, mathématicien de génie puisqu'on lui doit aussi un système de numération bibi- binaire utilisé en informatique et qui sera validé par des scientifiques en 1968, acteur à ses heures, chansonnier, Boby Lapointe apparaît comme un artiste hors du commun...et des sentiers battus.
 

 
 

 

 
 

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 10:31
Danses andalouses...

 

Des robes, des jupons qui virevoltent, de la grâce, de l'harmonie dans les mouvements des bras... un joli spectacle coloré pour ces danses andalouses, lors de la feria de Nîmes...

 

 

Une musique scandée avec élégance par les battements de pieds des danseuses...

 

 

Fleurs dans les cheveux, les andalouses aux robes bleues de nuit envoûtent tous les spectateurs !

 

 

Leurs mains dansent aussi s'enroulent, se déroulent...

 

 

Les Andalouses  jouent de leurs jupons, les font voler, tournoyer  ! Quel déhanché !

 

 

Elles savent aussi jouer de l'éventail avec tant d' élégance !

 

 

Un spectacle en plein air, sous un soleil printanier, non loin des Arènes antiques...

 

 

 

Fleurs dans les cheveux, les Andalouses aux robes bleues de nuit envoûtent tous les spectateurs !

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 10:15
La musique dans la Rome antique...

 

A l'occasion des Journées Romaines à Nîmes, on pouvait s'initier à la musique romaine...

Les différents instruments de la Rome antique étaient présentés par une Italienne qui en faisait la démonstration...

A commencer par la lyre romaine : une carapace de tortue pour caisse de résonance, des cordes faites de boyaux, un instrument très ancien...

L'invention de la lyre remonte, en fait, à l'antiquité grecque et fait partie du mythe de la naissance du dieu Hermès. 

 

Voici des extraits des Hymnes homériques : à Hermès.

« Il [Hermès] rencontra une tortue et s'en empara. Elle était à l'entrée de la grotte, se traînant à pas lents et paissant les fleurs de la prairie (...) Hermès dit : « Salut aimable produit de la nature, toi qui peux devenir un instrument mélodieux, âme de la danse, compagne des festins, tu me combles de joie en m'apparaissant ; tortue qui vis sur les montagnes, charmant joujou, écaille bigarrée, d'où viens-tu ? (...) Je ne te mépriserai pas, tu seras l'origine de ma fortune (...) Si tu meurs, tu rendras des sons harmonieux. (...) » Il arracha ainsi la vie de la tortue des montagnes. »

Hermès utilisa la carapace de la tortue comme caisse de résonance à sa lyre. Ensuite, il continua avec divers matériaux naturels :

« Hermès accomplit cette œuvre avec la rapidité de la parole. Il coupe des roseaux de bonne taille et leur fait traverser le dos de la tortue à l'écaille de pierre. Tout autour, il tend avec habileté, une peau de bœuf. Il y adapte un manche, sur lequel il enfonce des chevilles. Puis il y joint 7 cordes harmonieuses de boyaux de brebis. »

 

Le tambour ou le tympanum, quant à lui, est un instrument à percussion typique dans toutes les cultures du monde, et en Grèce, cet instrument était utilisé seulement par les femmes. Elles jouaient de cet instrument surtout pendant les cérémonies religieuses, comme par exemple les fêtes de Bacchus ou pendant la fête dédiée à la déesse Athéna à Athènes.

L’instrument était composé d’une pièce circulaire en bois et les deux faces étaient complétées par une couche de peau (généralement du mouton ou du bœuf) liée par du cordage sur tout le contour du cercle. L’instrument pouvait également être accompagné de petites cloches sur les côtés afin de produire deux sons différents.

La joueuse de tambour tenait le tympanum de la main gauche et frappait avec sa main droite sur la partie en peau. 

 

Le sistre (du latin "sistrum", lui-même issu du grec "σεῖστρον seistron") est un instrument de musique de la famille des percussions constitué d'un cadre dans lequel sont enfilées des coques de fruits, des coquilles ou des rondelles métalliques qui s'entrechoquent.

 Lorsqu'on secoue l'instrument, les petits anneaux ou bagues de métal fin enfilées sur les tringles peuvent tinter en s'entrechoquant. Dans le cas du sistre d'époque hellénistique et romaine, ce sont les tringles qui choquent l'arc directement en coulissant.

Le nom vient du verbe grec "σείω, seio, secouer", et le mot "σείστρον, seistron", désigne un objet que l'on secoue.

Le sistre était un instrument sacré de l'Égypte ancienne. Peut-être venu du culte de Bat, il était utilisé lors des danses et des cérémonies religieuses, particulièrement celles dédiées à la déesse Hathor, la forme en U de la poignée et du bâti de l'instrument rappelant l'effigie de cette vache divinisée. C'était un instrument sacré uniquement joué par les prêtresses. On faisait retentir des sistres pour conjurer les crues du Nil...

 

Enfin, l’aulos est un instrument à vent très utilisé durant toute l'Antiquité au cours de rites religieux et sociaux. Appelé "aulos" dans la Grèce antique et "tibia" dans la Rome antique, c'est un instrument à anche battante, simple ou double, composé principalement d'un tuyau percé de trous, joué le plus souvent par paire (ce qui lui a valu d'être décrit comme « flûte double », ce qui est totalement erroné). À partir du ier siècle de notre ère, les Romains lui apportent quelques innovations techniques.

Le joueur d'aulos, appelé "aulète" (en latin "tibicen"), avait un rôle central dans les sacrifices. Il était une des grandes vedettes des Jeux panhelléniques et détenait le rôle de chef dans "l'orchestre" antique.

 

On le voit : dans le domaine musical, les Romains ont beaucoup emprunté aux Grecs et aux Egyptiens...

 

 

 

Photos et vidéos : rosemar

Le sistre...

Le sistre...

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 11:02
Les journées romaines : le fort des légionnaires...

 

Pour quelques jours, du 4 au 8 mai 2022, la ville de Nîmes est redevenue Nemausus, ville romaine...

De multiples spectacles, reconstitutions, animations se sont déroulés dans la Rome française...

Cette année, l'empereur Hadrien était mis à l'honneur avec un grand spectacle dans l'amphithéâtre de la cité : Hadrien et la guerre des Pictes, une grande fresque mise en scène par l'historien Eric Teyssier... combats de gladiateurs, course de chevaux, reconstitution de la guerre contre les Pictes...

 

Un fort de légionnaires a même été reconstitué, tout près des Jardins de la Fontaine, au coeur de la cité antique...

Pendant plusieurs jours, des ouvriers ont bâti ce fort selon un savoir faire d'antan, avec des rondins de bois, à l'intérieur, des tentes ont été installées, l'occasion de découvrir différents aspects de la vie dans la Rome antique...

 

Avec une cinquantaine de légionnaires constamment présents, ce fort a proposé des démonstrations et a permis de comprendre comment se déroulait la vie quotidienne du temps des romains. Forge, fabrication du pain, stratégie militaire, construction… Tout était expliqué sous forme de jeux et d’ateliers.

 

Des passionnés sont venus d'Italie pour transmettre leur savoir... des échoppes, des stands pour découvrir la vie romaine...

 

Démonstrations de manoeuvres militaires, découverte des stratégies et des techniques de combats de l'époque, apprentissage de la forge ou encore participation à différents ateliers libres, les stands disponibles permettaient de se glisser dans la peau d'un soldat romain...

 

Ateliers sur l'architecture, la cotte de mailles, la mosaïque, le travail du cuir, les jeux, le tissage, les bijoux, la fabrication de bracelets, des ateliers d'écriture, musique, sculpture,  cosmétique, et même un atelier de magie noire...

Les enfants ont ainsi pu s'initier à toutes ces techniques du passé auprès de spécialistes...

Des cours d'histoire vivante, en direct...

 

Un des ateliers permettait de fabriquer des sandales romaines, des caligae :  des sandales lacées, faites de lanières de cuir, portées par les soldats romains. Elles sont munies d'une épaisse semelle de cuir lourdement ferrée de clous pointus pour éviter de glisser.

 

Ce fort a attiré un public nombreux : les participants répondaient aux questions des visiteurs curieux de s'informer sur l'antiquité romaine...

Une taverne romaine permettait aussi de boire de l'hydromel, de goûter des fruits secs...

 

Une belle initiative de la municipalité de Nîmes... un moment convivial, ludique, éducatif dans une ambiance chaleureuse...

 

 

 

 

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29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 11:36
Des pâtres silencieux dodelinaient dans la musique...

 

 

"Du joueur dans l'ombre, seules apparaissaient les mains : son corps, comme celui d'un dieu, était de l'autre côté de la nuit. Autour de lui, impondérable et souverain, des bûcherons, des pâtres silencieux dodelinaient dans la musique...  Au delà du foyer, le ventre de la guitare envoûtait toujours les bûcherons. Il en fluait un bruit gluant, moitié ronflement de ruisseau et voix d'arbre..."

 

 

Dans cet extrait du roman de Giono, Naissance de l'Odyssée, des paysans écoutent la musique d'une guitare et en suivent le rythme, en "dodelinant".

 

Ce verbe "dodeliner" qui signifie "se balancer doucement", est sans doute lié à l'expression enfantine "dodo" qui sert à bercer et à apaiser les jeunes enfants.

Duplication de la première syllabe du verbe "dormir", le mot "dodo' est utilisé dans des berceuses populaires connues de tous...

Le verbe "dodeliner", avec sa dentale redoublée, ses voyelles variées, traduit bien ce balancement régulier du corps, ce bercement léger.

Ce mot qui renvoie à un terme familier est rempli d'expressivité...

 

Dans l'extrait de Giono, les paysans semblent vibrer au rythme de la musique produite par une guitare. Avec ce verbe, on perçoit leurs mouvements réguliers et doux, on voit leurs gestes mesurés, on ressent aussi leur passion et leur intérêt pour cet air de guitare qui surgit de la nuit.

 

Ces bûcherons sont, d'ailleurs, silencieux, tout à l'écoute de la musique.

Ils semblent même imprégnés de cet air de guitare, car ils dodelinent "dans la musique."

 

Ce beau verbe expressif, à la dentale redondante, nous emporte dans le monde de l'enfance, des berceuses d'autrefois, pleines de simplicité, de charmes...

 

Il nous fait entrevoir des attitudes familières et courantes : une tête qui dodeline au son d'une musique entraînante, une envie de se laisser bercer par des airs que l'on aime.

 

Ce verbe, aux voyelles distinctes, le "o" ouvert, le "i" plus aigu et fermé, le "e", plus neutre restitue bien une sorte de mélodie variée qui incite à un bercement léger et régulier.

 

Ce verbe nous séduit par ses sonorités et par les images qu'il suscite : doux balancements de palmes, une harmonie rythmique, des chansons qui envoûtent, qui font rêver...

 

Giono nous montre un moment magique de communion autour d'une musique : on entre dans le choeur de ces bûcherons sensibles à un air de guitare...

 

 

  
 

 

 

 

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 11:08
Les Ukrainiens chantent pour leur liberté...

 

Musiciens et chanteurs de l’Opéra d’Odessa se sont réunis samedi 12 mars devant le bâtiment où ils se produisent habituellement alors que la ville est sous la menace de bombardements par l’armée russe. Drapeaux ukrainiens à la main, ils ont interprété l’hymne national et de grands airs d’opéra.
Les artistes de l’Opéra d’Odessa ont notamment chanté Nabucco...

 

Ils ont interprété un des airs les plus célèbres de l'opéra de Verdi : Va, pensiero ou Va, pensiero, sull'ali dorate, le Chœur des esclaves hébreux (Va, pensée, sur tes ailes dorées, en italien).

Magnifique chant de liberté, magnifique interprétation de ces artistes qui vivent dans un pays en guerre, après l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe...

Ce chant incarne une volonté farouche de se libérer du joug russe.

Chanter, c'est aussi une façon de résister et de remonter le moral es troupes... chanter, c'est un acte de liberté...

 

De fait, on a pu voir durant ce premier mois de guerre initiée par Vladimir Poutine, l'âpre résistance dont sont capables les Ukrainiens.

L'armée russe est pourtant particulièrement puissante mais les Ukrainiens, malgré une offensive préparée de longue date, ont su affronter les forces russes.

Les Ukrainiens défendent une cause juste : leur liberté, leur droit à l'autonomie, leur droit de choisir...

Face au déferlement des chars russes, les Ukrainiens se défendent vaillamment, avec ferveur et courage !

 

Depuis plusieurs jours maintenant, la ville portuaire d’Odessa, ville stratégique dans le plan d’invasion de Vladimir Poutine, se prépare aux bombardements russes. Certains habitants ont fui la ville, d’autres se mobilisent et participent à la mise en place de barricades avec des sacs de sable un peu partout dans la ville. C’est notamment le cas devant le grand théâtre d’opéra d’Odessa, qui est maintenant entouré de barricades et de barrières de sécurité.

 

 Cet air chanté par les artistes de l'opéra d'Odessa, issu de l’opéra Nabucco du compositeur italien, éminemment symbolique, est aussi un hymne de paix et d’espoir.

Un espoir encore fragile car l'armée russe progresse sur le territoire ukrainien. Un espoir fragile car les négociations en vue de la paix n'ont toujours pas abouti.

Cependant, des négociations entre Kiev et Moscou s'ouvrent en ce début de semaine à Istanbul, l'Ukraine se disant prête à discuter en profondeur de sa neutralité, un point que Moscou ne lâche pas depuis l'ouverture du dialogue.
 

 

 

 

Voici la traduction du texte italien :

"Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal !

Salue les rives du Jourdain,
Les tours abattues de Sion ...
Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !

Harpe d'or des devins fatidiques,
Pourquoi, muette, pends-tu au saule ?
Rallume les souvenirs dans le cœur,
Parle-nous du temps passé !

Semblable au destin de Solime
Joue le son d'une cruelle lamentation
Ou bien que le Seigneur t'inspire une harmonie
Qui nous donne le courage de supporter nos souffrances !"

 

 

 

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