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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 12:21
Honneur aux femmes ! Jeanne, la Jeanne, Brassens...

 

Un bel hommage à la générosité, la tendresse des femmes : c'est cette chanson que Brassens écrivit pour Jeanne, Jeanne Planche, née Le Bonniec, qui l’hébergea pendant la guerre et jusqu'en 1961.

 

 

Dès le début, la maison de Jeanne est assimilée à une "auberge. ouverte aux gens sans feu, ni lieu", un endroit accueillant pour tous, et surtout pour les plus humbles, des SDF.

L'expression "sans feu ni lieu" en rappelle une autre "sans foi, ni loi" : Brassens revisite et réinvente ainsi souvent le langage usuel. 

 

Le prénom "Jeanne" répété tout au long de la chanson souligne la présence pleine de sollicitude de la dame.

 

Sa maison est ouverte à tous, comme le suggère l'emploi réitéré du pronom indéfini "on" : "on peut entrer sans frapper, sans montrer patte blanche".

Le style familier restitue bien aussi la simplicité de Jeanne.

 

Le vocabulaire religieux souligne sa générosité : Sa maison devient "l'Auberge du Bon Dieu", et "comme par miracle", "on fait partie de la famille..."

Il est question encore du "coeur" de Jeanne, dans lequel il reste toujours "une petite place".

 

Et pourtant, la dame est "pauvre", "sa table est souvent mal servie"... sa générosité n'en est que plus remarquable et exemplaire.

Ce "peu" qu'elle donne apporte un réconfort unique, ce que souligne une hyperbole : ce "peu assouvit pour la vie."

Et on assiste à une métamorphose miraculeuse de ses dons :

"Son pain ressemble à du gâteau
Et son eau à du vin comme deux gouttes d'eau".

Telle une magicienne, Jeanne transforme les réalités les plus ordinaires en bonheurs.

 

Pour mieux nous faire percevoir la générosité de Jeanne, le poète fait appel à une forme d'ironie :

"On la paie quand on peut des prix mirobolants :
Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs
Un semblant d'accord de guitare
L'adresse d'un chat échaudé
Ou d'un chien tout crotté comme pourboire…"

L'adjectif "mirobolants" contraste avec la modestie des offrandes faites par les hôtes de Jeanne : "un baiser, un semblant d'accord de guitare, un chat échaudé, un chien tout crotté..."

 

Et on perçoit dans ces offrandes simples toute la reconnaissance du monde.

 

Reprenant une expression populaire imagée, Brassens évoque le fait que Jeanne n'a pas eu d'enfants :

"La Jeanne, la Jeanne,
Dans ses roses et ses choux n'a pas trouvé d'enfant,
Qu'on aime et qu'on défend contre les quatre vents,
Et qu'on accroche à son corsage,
Et qu'on arrose avec son lait…"

On retrouve là un style familier, simple qui est aussi celui de Jeanne.

 

Mais, Jeanne a trouvé de quoi donne libre cours à toute sa tendresse : "Etre mère de trois poulpiquets, à quoi bon !"

On apprécie ici le choix du mot "poulpiquets" qui désigne des lutins malfaisants dans les légendes bretonnes, un mot rare, amusant par ses sonorités...

Jeanne n'est pas la mère de trois enfants, mais elle a trouvé mieux : "elle est mère universelle", encore une hyperbole qui vient souligner le grand coeur de Jeanne.

 

La mélodie très douce suggère bien toute la bienveillance de Jeanne, son dévouement aux autres... sa tendresse, son abnégation, son amour sans limites.

Et Brassens célèbre une fois encore, dans cette merveilleuse chanson, les vertus de l'hospitalité et de la générosité. Cette générosité est celle d'une femme du peuple, ordinaire, mais en même temps exceptionnelle.

 


 

 

 

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 11:14
Charles Trenet, poète, chanteur et enchanteur...

 

Charles Trenet disparaissait il y a tout juste vingt ans, le 19 février 2001 : "Il a inventé la chanson moderne", assure Valentin Schmite, auteur de La révolution Trenet.

Nombreux sont les auteurs à l'avoir encensé ou chanté, de Jacques Higelin, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Anne Sylvestre à Benjamin Biolay...

Avec les chansons de Trenet, la nature, le rythme, la gaieté, l'invention verbale entrent en scène...

Ainsi, cette chanson "Ah dis, ah bonjour" qui nous invite à vivre "à la bonne heure", selon l'expression du philosophe et essayiste Patrick Viveret, c'est à dire à profiter de l'instant et des merveilles de la nature.

 

Une chanson printanière qui invite à la curiosité et à la découverte de la nature, c'est un véritable hymne aux bonheurs simples que nous offre Charles Trénet...

 

La chanson s'ouvre sur une succession d'interrogations qui soulignent une attention au monde.

Tout d'abord une question qui évoque "dans le bois", un "lumineux coquelicot"... Et on découvre qu'il s'agit d'une image pour suggérer un "soleil matinal", "plus matinal que les jolis yeux" d'une amoureuse...

 

Le texte lui est adressé à la deuxième personne comme le montre l'expression  "tes jolis yeux"... et il revêt, ainsi, une allure familière.

 

Après avoir mis en jeu la sensation visuelle, grâce à l'image du coquelicot, le poète nous invite à écouter le réveil de la nature : "Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico ?"

Il nous fait entendre les échos sonores du chant du coq, à l'aube.

 

Puis, il nous incite à observer attentivement cette nature, dans le moindre détail, avec "cette goutte sur la joue d'une fleur", qui symbolise la rosée du matin et "des larmes de bonheur"...

Le poète magnifie, ainsi la fleur, grâce à cette personnification...

 

L'emploi de déictiques, dans le premier couplet, semble suggérer la présence de tous les éléments du décor.

La nature entière associée à "l'ardeur" est elle-même personnifiée : "Elle a vingt ans"... 

 

Les nombreux impératifs qui se succèdent : "ouvre les yeux. Réveille-toi... ouvre ton coeur, ouvre ta fenêtre, laisse entrer" donnent du dynamisme et de la vitalité au texte...

 

Les verbes utilisés sont le plus souvent des verbes d'action ou de mouvement qui suggèrent aussi une vigueur et une énergie renouvelées.

 

Il s'agit de célébrer l'amour, la lumière, la liberté... il s'agit de rendre hommage de la manière la plus simple à la lumière, en disant tout simplement : "bonjour."

Les activités proposées sont elles-mêmes très simples : "Cueille la fleur, chante, va-t-en courir sur les chemins..."

Les chemins qui deviennent sous la plume du poète : "de la nature les lignes de la main", nouvelle personnification qui humanise la campagne environnante...

 

Puis le bonheur d'un bain dans la rivière, puis celui de se sécher au soleil sont évoqués et suggérés avec empressement, toujours grâce à des impératifs.

 

L'humour n'est pas oublié dans cette remarque : "N'assieds pas ton derrière Sur les orties familières."

 

Le poème s'achève sur le thème de la fuite du temps et sur une invitation à profiter du temps présent...

La mélodie légère, sautillante, enjouée est, en elle-même, une véritable invitation au bonheur.

 

 

Les paroles : 

 

https://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-ah-dis-ah-dis-ah-dis-bonjour

 

 

Autres chansons :

 

http://rosemar.over-blog.com/article-la-mer-118362977.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-leurs-chansons-courent-encore-dans-les-rues-123775655.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/06/une-chanson-pour-saluer-la-lune.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/12/il-pleut-dans-ma-chambre-j-ecoute-la-pluie.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/05/pour-fleur-bleue.html

 

 

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 10:08
Les sabots d'Hélène étaient tout crottés...

 

Une chanson d'amour pleine de tendresse...

Merveilleuse chanson de Brassens dans laquelle il reprend un texte connu du répertoire folklorique, en l'adaptant à sa façon...

Brassens aime ainsi s'inspirer de chansons populaires : on songe aussi à ce texte : Dans l'eau de la claire fontaine... Brassens aime revisiter des chansons, des expressions, des mythes...

Tout le monde connaît cette chanson, dont il s'inspire ici  : En passant par la Lorraine... 

 

Brassens donne un prénom à la jeune femme, "Hélène", ainsi le personnage nous paraît plus familier, plus proche.

Les "sabots crottés" renvoient bien sûr à sa condition modeste de simple paysanne.

 

On retrouve, comme dans la chanson populaire, "les trois capitaines" qui méprisent la jeune femme, en l'appelant "vilaine", mot dont la signification ancienne évoque encore ses origines paysannes. Car Hélène est jolie, malgré ses sabots crottés.

Brassens nous invite ainsi à voir au delà des apparences.

Hélène moqué pour ses sabots, recèle pourtant des trésors, qu'il faut savoir découvrir.

Ainsi ses larmes deviennent une "fontaine" où l'on peut étancher sa soif de bonheur et d'amour.

"Et la pauvre Hélène était comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine, toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène, va-t'en remplir ton seau"

L'eau de la fontaine peut être ici symbole d'un amour pur et sincère. 

 

Et soudain, le poète emploie de manière insistante la première personne :

"Moi j'ai pris la peine de les déchausser
Les sabots d'Hélène, moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine bien récompensée
Dans les sabots de la pauvre Hélène, dans ses sabots crottés
Moi j'ai trouvé les pieds d'une reine et je les ai gardés"

Et voici la jeune paysanne transformée en "reine", grâce à l'amour.

 

Autre symbole de l'apparence : le vêtement, en l'occurrence "le jupon mité" de la belle, ce jupon qui cache "des jambes de reine"...

"Son jupon de laine était tout mité
Les trois capitaines l'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène était comme une âme en peine"

Enfin, c'est le coeur de la jeune femme qui est évoqué, "un coeur qui n' savait pas chanter", un coeur accablé par la misère, le dénuement, sans doute.

"Et le cœur d'Hélène n'savait pas chanter
Les trois capitaines l'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène était comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine, toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène, va-t'en remplir ton seau"

Et c'est dans ce pauvre coeur que le poète trouve "l'amour d'une reine..."

 

Une expression revient inlassablement dans la chanson : "j'ai pris la peine..." oui, prendre la peine, prendre le temps pour voir au delà des apparences, apprendre à connaître l'autre. Voir la beauté cachée sous les guenilles...

Voici une belle leçon de patience et d'amour que nous donne ici Brassens.

 

La mélodie joyeuse traduit bien ce bonheur de la rencontre, de la découverte...

 

 

 

 

 

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 11:55
Prodiges !

 

Instrumentistes, chanteurs, danseurs, les jeunes prodiges ont une nouvelle fois livré un spectacle époustouflant de maîtrise et de fraîcheur...

Magnifique programme !

 

Ce spectacle diffusé sur France 2 mettait d'abord en valeur des instrumentistes :

Stella, 14 ans, interprète au piano la Rhapsodie hongroise n° 2 de Listz : accompagnée par l'orchestre philharmonique de Marseille, Stella nous entraîne dans le tourbillon de cette rhapsodie avec une virtuosité éblouissante ! Elle dit son bonheur de partager cette musique et le public ressent son enthousiasme.

 

Puis, Raphaël, 13 ans, joue au violon la liste de Schindler de John Williams, une musique emplie de mélancolie : émotion et sensibilité sont au rendez-vous.

 

C'est ensuite au tour de Liam, 15 ans, de nous faire apprécier un extrait de Prokofiev, Roméo et Juliette... La Danse des Chevaliers, qui nous emporte dans une ambiance romantique, pleine d'énergie et de vitalité.

 

 

Dans la catégorie chant, Armand, 12 ans, nous séduit de sa voix angélique et envoûtante, en interprétant Panis Angelicus de César Franck.

 

Isabelle, 16 ans, nous transporte, elle, dans un monde de rêves, celui du Magicien d'Oz grâce à sa voix enchanteresse : elle nous emmène vraiment "Somewhère over the rainbow"...

 

Auguste, 16 ans, fait ensuite vibrer et retentir l'air du toréador, extrait de Carmen, avec panache, conviction et un art maîtrisé de la mise en scène.

 

 

Dans la catégorie danse, c'est Pénélope, 16 ans, qui ouvre le bal : sur un air de Rachmaninov, on admire sa légèreté, sa finesse, sa grâce...

 

Paul, 16 ans, nous éblouit encore de ses pirouettes, de son élégance, et de la majesté de ses mouvements.... sur la symphonie n° 9 de Beethoven....

 

Enfin, Juliette, nous permet d'apprécier son aisance, sa grâce, sa malice, sa précision, sa technique avec la Marche de Casse Noisettes de Tchaikovsky...

 

 

Et c'est Isabelle à la voix envoûtante qui remporte la finale 2020 de PRODIGES : elle interprète encore Your Love, d'Ennio Morricone, sous les ovations méritées du public.

 

Comme l'écrit Claude Hagège : "La musique se situe au plus profond de l'identité humaine... la musique est une voie d'expression indépendante, une puissance créatrice. Elle définit les collectivités humaines bien davantage qu'elle n'est définie par elles...

L'éducation musicale est une nécessité impérieuse et devrait être développée partout, dans toutes les écoles de tous les pays, d'une façon approfondie et non comme un simple enseignement d'appoint. Faute de cela, la musique classique continuera d'apparaître comme un divertissement de luxe..."

Et Claude Hagège rajoute : "Les manifestations musicales collectives, ces communions sublimes, sont en péril. Car les ailes noires du coronavirus sont en train, en espérant qu'il disparaîtra, de porter, au dessus du monde, une menace de mort, contraignant partout les pouvoirs politiques à prendre des mesures qui limitent fortement les attroupements et les regroupements de personnes autour d'un spectacle."

La musique est pourtant essentielle, "la présence de la musique fortifie, peuple et enrichit la vie.", écrit encore Claude Hagège.

 

 

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154435-liam-danse-des-chevaliers-serguei-prokofiev.html

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154445-isabelle-somewhere-over-the-rainbow-harold-arlen-herbert-stothart.html

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154447-auguste-l-air-du-toreador-georges-bizet.html

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154455-juliette-la-marche-casse-noisette-piotr-ilitch-tchaikovski.html

 

 

 

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 13:42
Le petit train de Noël...

 

 

Pendant les fêtes de Noël, un train musical sillonne la ville... 

 

 

Des chants de Noël scandent son passage... gospels, chants traditionnels : Douce Nuit, La Marche des Rois, Les Anges dans nos campagnes, Venez divin Messie, etc.

 

 

Des chants qui réveillent des souvenirs d'enfance, des Noëls d'autrefois...

 

 

 

Joli train couleurs de neige et d'or qui enchante le moment des fêtes...

 

 

 

Joli moment fugitif pour fêter Noël, belle ambiance festive dans les rues de la ville...

 

 

 

Des sourires, de la gaieté, une joie simple, des signes de la main offerts aux passants...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 10:48
Un concert devant le temple de Diane...

 

Elles sont quatre jeunes chanteuses enthousiastes, dynamiques... elles s'inscrivent dans la lignée des jug bands des années 20...

 

Elles utilisent des instruments variés : instruments classiques, contrebasse, banjo, ukulele, percussions,  objets du quotidien détournés : washboard, Kazoo.

Elles ont donné un nouveau concert devant le temple de Diane, à Nîmes.

 

Un moment de pur bonheur et de swing pour les nombreux spectateurs présents...

Un cadre somptueux, mystérieux : un temple romain construit au premier siècle, un monument antique qui a traversé le temps...

Temple dédié à la déesse Diane, bibliothèque, lieu de culte ? On ne sait pas trop quelle était la fonction première de cet édifice.

 

Le groupe Banan'N Jug nous a fait voyager vers la Jamaïque, les Bahamas, Haïti, Hawaii... Les paroles font aussi escale en Chine ou au Mexique, après un petit détour par la France !

 

On aime ces instruments décalés comme la washboard : "un instrument de musique frotté apparu à La Nouvelle-Orléans. C'est un ustensile sanitaire détourné de sa fonction originelle et adapté à un jeu musical par le détournement d'autres objets usuels, tels des dés à coudre.
À l'origine, il s'agissait d'une vraie planche à laver et à battre le linge ; aujourd'hui il en existe des versions modernes, spécialement adaptées à la musique.

Cet instrument de musique se porte également comme un plastron et se joue directement sur soi. Il prend alors le nom de vest-frottoir ou frottoir en cajun louisianais."

 

"Le kazoo, aussi appelé gazou, est un accessoire qui modifie la voix. Proche du mirliton, il est constitué d'un tube fermé par une membrane. En chantonnant dans le tube, le musicien fait vibrer la membrane qui transforme le timbre de la voix en sons nasillards aux accents enfantins. "

 

"Le ukulélé est un instrument à cordes pincées traditionnel hawaïen, proche du cavaquinho, instrument populaire du Portugal dont il est une adaptation."

 

Bravo à ces musiciennes pour ce moment festif empli de charme et de gaieté !

 

 

 

 

Natacha : toy piano + percussions, voix
Laure : ukulele, voix, banjo
Caroline : percussions, voix, kazoo
Marine : contrebasse, voix

 

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 13:49
L'Ancien Temps...

 

Un Temps béni ! l'Ancien Temps, vous vous souvenez ? Le Temps d'avant le Virus...

 

Un Temps où il était possible de sortir dans les rues sans masque, où il était loisible pour chacun de voir des visages humains, des sourires, des mimiques...

Un Temps où on pouvait contempler les jolis minois des garçons et des filles...

 

Un Temps où on pouvait respirer librement sans l'entrave d'un masque...

 

Un Temps où les masques étaient réservés au carnaval, pour des occasions de fêtes...

Un Temps où les humains avaient encore le droit de se côtoyer sans problème...

Un Temps heureux : celui de l'insouciance, du bonheur sans entraves...

 

On pouvait alors, sans crainte, s'aventurer dans les rues, serrer des mains, embrasser des connaissances...

On pouvait s'attabler à un café, discuter avec des amis, manger au restaurant...

On pouvait draguer sur les terrasses et ailleurs...

 

C'était le temps d'autrefois : on pouvait sortir de chez soi, sans une autorisation écrite, datée, signée, sans contrainte, sans laissez-passer.

Pas d'attestation pour aller travailler, pour effectuer des achats de biens, pas d'attestation pour aller consulter un médecin, pas d'attestation pour se livrer à une activité physique... etc.

 

Le Temps de la liberté... un Temps où toutes les fêtes, les spectacles, les manifestations sportives, les réunions étaient possibles...

 

Un Temps où on pouvait assister à des concerts, en direct... voir de près les musiciens, leurs instruments, écouter de la musique en direct.

Un Temps où on pouvait célébrer Noël en toute liberté... où on pouvait retrouver toute sa famille au complet pour les fêtes de fin d'année...

 

Qu'il paraît loin ce Temps d'avant !

Un Temps où tout était permis, tout était possible...

 

Un Temps où les magasins, les rues ne ressemblaient pas à des films de science-fiction...

Un Temps que nous avons hâte de retrouver...

Mais pourrons-nous vraiment vivre comme avant, pourrons-nous un jour retrouver l'Ancien Temps ?

 

 

"Il est plus difficile de retrouver une liberté perdue que de défendre celles qui existent..." David Dufresne dans Corona Chroniques.

 

 

L'Ancien Temps...
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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 13:38
John Lennon, the dreamer... "Imagine !", dit le poète...


Il y a exactement 40 ans, John Lennon était assassiné le 8 décembre 1980 à New York... Fondateur des Beatles, il a composé de magnifiques mélodies... La plus célèbre : IMAGINE... Une belle utopie...

 

Un air de musique que tout le monde connaît ou reconnaît, une chanson qui a fait le tour du monde, une chanson dans laquelle le poète rêve d'un monde meilleur...

 

"Imagine !" dit le poète, il suffirait de supprimer de vaines croyances, comme le suggèrent les négations employées : "no heaven, aucun paradis, no hell, aucun enfer."

 

Et il faudrait garder à l'esprit seulement la beauté du ciel, au dessus de nous tous, pour réunir et rassembler le monde... "Above us, only sky."

 

L'utilisation du pluriel "all the people" marque une harmonie retrouvée, un désir d'union, enfin !

 

Et le poète souligne toute l'importance du présent dans lequel il faut vivre, car seuls le présent et la vie comptent :

"Imagine all the people,

Imagine tous les gens,
Living for today...
Vivant pour aujourd'hui..."

 

Le poète déroule, ensuite, tout ce qui sépare et désunit les êtres humains : "no countries, nothing, no religions", et, à nouveau, il a recours à de nombreuses négations, pour mettre en évidence l'inanité de tout ce qui divise les humains, des pays différents, des religions, pour lesquelles certains sont prêts à "tuer ou mourir", "kill or die".

 

Il imagine un monde de "paix."

Le poète se reconnaît comme "un rêveur", "a dreamer", et s'adressant à chacun de nous, grâce à la deuxième personne du singulier, il nous invite à le rejoindre dans ses rêves : 

"I hope some day you'll join us,
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni..."

Rêvons à ce monde "sans possessions", "sans besoin d'avidité ou de faim", un monde de fraternité...

Un monde de partage et d'union...

"Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Sharing all the world...
Partageant tout le monde..."

 

Mais qui ne rêve de cette fraternité, qui ne rêve d'un monde apaisé et serein ?

"Je ne suis pas le seul à faire ce rêve", dit le poète, et "j'espère qu'un jour tu nous rejoindras"...

On perçoit toute l'universalité du texte, à travers cet emploi réitéré de la deuxième personne du singulier. Nous sommes tous concernés par cet appel à l'union, la fraternité...

La mélodie nous invite, aussi, à une forme d'harmonie retrouvée : doucement rythmée, elle nous conduit vers un crescendo d'apaisement.

 

Ecrite et composée en 1971 par John Lennon, cette chanson a été reprise maintes fois...

 

Il suffit juste d'imaginer...

 

 

 

Le texte :

 

https://www.lacoccinelle.net/243444-john-lennon-imagine.html

 

 

 

 

 

 

 

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 11:26
Les chansons et le cinéma : tout un programme...

 

 

Un concert de chansons et des airs d'accordéon, des musiques de films : un très joli moment pour ce concert donné dans une bibliothèque, au milieu des livres, des films, des disques, des partitions...

Une ambiance chaleureuse, intimiste, grâce au bibliothéco-maestro Jean Bousquet-Véla, et à l'accordéoniste Esther Hégé....

Une belle complicité avec le public, des chansons connues de notre répertoire, ou d'autres venues d'ailleurs...

 

D'abord, les artistes nous invitent à une belle promenade au bord de l'eau... une chanson emplie de gaieté et de joie de vivre... une chanson créée en 1936 pour le film La Belle Équipe, réalisé par Julien Duvivier.

Dans le film, elle est chantée par Jean Gabin. Les paroles furent écrites par Julien Duvivier et Louis Poterat, et la musique par Maurice Yvain et Jean Sautreuil.

Le texte évoque tout un monde de sensations agréables : "l'odeur des fleurs, le bleu, le vert, le trémolo des p'tits oiseaux."

 

"Quand on s'promène au bord de l'eau
Comme tout est beau
Quel renouveau
Paris au loin nous semble une prison
On a le coeur plein de chansons
L'odeur des fleurs
Nous met tout à l'envers
Et le bonheur
Nous saoule pour pas cher
Chagrins et peines
De la semaine
Tout est noyé dans le bleu dans le vert

Un seul dimanche au bord de l'eau
Au trémolo
Des p'tits oiseaux
Suffit pour que tous les jours semblent beaux
Quand on s'promène au bord de l'eau"

 

Puis, c'est la magnifique Complainte de la butte qui raconte un beau rêve d'amour : 

 

"En haut de la rue St-Vincent
Un poète et une inconnue
S'aimèrent l'espace d'un instant
Mais il ne l'a jamais revue

Cette chanson il composa
Espérant que son inconnue
Un matin d'printemps l'entendra
Quelque part au coin d'une rue

La lune trop blême
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux
La lune trop rousse
De gloire éclabousse
Ton jupon plein d'trous..."

 

La Complainte de la Butte a été écrite par Jean Renoir pour les paroles et Georges van Parys pour la musique. Créée originellement pour le film French Cancan (1955) de Jean Renoir, La Complainte de la Butte est devenue un classique de la chanson française.

 

Puis, on redécouvre une autre Complainte, celle des infidèles, avec laquelle Mouloudji obtint son premier grand succès, une chanson extraite du film La Maison Bonnadieu de Carlo Rim (1951).

 

"Bonnes gens
Ecoutez la triste ritournelle
Des amants errants
En proie à leurs tourments
Parce qu'ils ont aimé
Des femmes infidèles
Qui les ont trompés
Ignominieusement...

(Refrain)
Coeur pour coeur
Dent pour dent
Telle est la loi des amants
Coeur pour coeur
Dent pour dent
Telle est la loi des amants."

 

On se laisse, ensuite, charmer par la douce Chanson de Maxence, extraite du film Les Demoiselles de Rochefort...

 


"Je l'ai cherchée partout j'ai fait le tour du monde
De Venise à Java de Manille à Hankor
De Jeanne à Victoria de Vénus en Joconde
Je ne l'ai pas trouvée et je la cherche encore

Je ne connais rien d'elle et pourtant je la vois
J'ai inventé son nom j'ai entendu sa voix
J'ai dessiné son corps et j'ai peint son visage
Son portrait et l'amour ne font plus qu'une image

Je pourrais vous parler de ses yeux, de ses mains
Je pourrais vous parler d'elle jusqu'à demain..."

 

 

On écoute encore avec bonheur India Song, titre d'une chanson tirée du film éponyme, interprétée notamment par Jeanne Moreau :

"Chanson,
Toi qui ne veux rien dire
Toi qui me parles d'elle
Et toi qui me dis tout
Ô, toi,
Que nous dansions ensemble
Toi qui me parlais d'elle
D'elle qui te chantait
Toi qui me parlais d'elle
De son nom oublié
De son corps, de mon corps..."

 

 


Pour ne pas oublier le registre humoristique, Jean Bousquet-Véla interprète une chanson célèbre de Boby Lapointe "Avanie et Framboise", que l'on pouvait entendre dans le film de François Truffaut Tirez sur le pianiste (réunissant en vedettes Charles Aznavour et Marie Dubois), sorti en 1960.

 Ce virtuose des calembours nous a laissé des textes d'une drôlerie inouïe...
Boby Lapointe nous surprend encore par les trouvailles de langage dont il fait preuve : poète incontestable des mots, il nous fait rire, sourire de sa bonne humeur...

 

"Elle s'appelait Françoise
Mais on l'appelait Framboise
Une idée de l'adjudant
Qui en avait très peu, pourtant, des idées
Elle nous servait à boire
Dans un bled du Maine-et-Loire
Mais ce n'était pas Madelon
Elle avait un autre nom
Et puis d'abord, pas question
De lui prendre le menton
D'ailleurs, elle était d'Antibes !
Quelle avanie !

Avanie et Framboise
Sont les mamelles du destin !


Pour sûr qu'elle était d'Antibes !
C'est plus près que les Caraïbes
C'est plus près que Caracas
Est-ce plus loin que Pézenas ? Je ne sais pas
Et tout en étant Française
L'était tout de même Antibaise
Et, bien qu'elle soit Française,
Et malgré ses yeux de braise
Ça ne me mettait pas à l'aise
De la savoir Antibaise
Moi qui serais plutôt pour !
Quelle avanie !"

 

On remonte encore le temps avec une chanson qui était interprétée par Frehel, intitulée "Où est-il donc ?" une chanson extraite du film Pépé le Moko (Paroles de Lucien Carol et André Decaye - Musique de Vincent Scotto)

"Y’en a qui vous parlent de l’Amérique
Ils ont des visions de cinéma
Ils vous disent " quel pays magnifique
Notre Paris n’est rien auprès d’ça "
Ces boniments-là rendent moins timide,
Bref, on y part, un jour de cafard...
Encore un de plus qui, le ventre vide
A New-York cherchera un dollar
Parmi les gueux et les proscrits,
Les émigrants aux cœurs meurtris;
Il dira, regrettant Paris

{Refrain:}
Où est-il mon moulin de la Place Blanche?
Mon tabac et mon bistrot du coin?
Tous les jours pour moi c’était Dimanche!
Où sont-ils les amis les copains?
Où sont-ils tous mes vieux bals musette?
Leurs javas au son de l’accordéon
Où sont-ils tous mes repas sans galette?
Avec un cornet de frites à deux ronds
Où sont-ils donc?"

 

On écoute enfin America, extrait de West Side Story... joué magnifiquement à l'accordéon...

 

Une belle revue de chansons de cinéma au cours de ce spectacle : une occasion de remonter le temps, d'écouter des textes emplis de charme, de poésie...

 

 

 

Quand on se promène au bord de l'eau...

La Complainte de la Butte...

La chanson de Maxence...

India Song...

Avanie et Framboise...

America West Side Story

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 10:25
Ambiance Féria !

 

Je n'aime pas la corrida, je désapprouve la violence, la cruauté de ce spectacle qui met en scène des animaux destinés à mourir dans l'arène.

 

 Pour en avoir vu quelques images, j'avoue que je trouve ce spectacle barbare et inhumain...

La bête terrassée, le sang qui coule, la poussière qui souille l'animal, la souffrance du taureau... tout cela est indigne.

 

En revanche, j'aime l'ambiance festive qui règne dans les rues lors des férias.

 

Musiques, fanfares, danses ponctuent la fête : les rues s'animent, les gens se mettent à danser, taper dans les mains,...

De la bonne humeur, des sourires, de la complicité, une convivialité...

Une fanfare déambule dans les rues de la ville, une musique emplie de gaieté nous accompagne...

 

J'aime aussi les spectacles de chevaux : on admire la beauté, l'élégance des chevaux, des cavaliers et cavalières...

On perçoit une complicité entre l'homme et l'animal, les chevaux exécutent des pas de danse au son d'une musique entraînante.

Quelle adresse ! Quelle harmonie !

 

Comment ne pas admirer aussi la beauté des costumes ? Cavalière en somptueuse robe écarlate, à volants, cavalier en tenue goyesque sombre souligné de galons dorés...

Superbe ! Quel accord parfait entre le cavalier et sa monture !

Un magnifique spectacle qui permet de voir des animaux, de les approcher, de mieux en percevoir toute la beauté...

Notre monde moderne nous éloigne tellement de ce monde animal que nous ne côtoyons plus...

 

On peut admirer aussi les chevaux qui dansent, en liberté, sans bride, sans harnachement.

Crinières au vent, ils caracolent en cadence pour le plaisir des yeux.

 

On peut apprécier encore des numéros de cascades à cheval : on est ébloui par l'adresse des cavalières qui exécutent des figures périlleuses sur leur monture...

 

Ces traditions méritent d'être perpétuées, elles font partie de notre patrimoine. 

Elles sont sources de bonheurs, de réjouissances communes : il faut les préserver...

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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