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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 12:02
Une rentrée sous le signe de la musique...

 

 

Le nouveau ministre de l'Education, Jean Michel Blanquer a imaginé une rentrée "en musique"...

"Il s'agit de proposer aux élèves, qui étaient déjà présents l'année précédente, d'accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue", précise un communiqué de l’Education nationale.

 

En voilà une bonne idée ! L'éducation artistique a été trop souvent négligée, ces dernières années : elle est pourtant essentielle.

 

Où sont passés les cours de dessin, de musique, de travaux manuels que des professeurs qualifiés dans ces domaines prodiguaient autrefois aux élèves ?

 

Ces formations à l'art permettent une ouverture à la sensibilité : une qualité qui se perd dans notre monde d'indifférence et d'inattention.

A l'heure où les voitures sont bardées de capteurs, où elles peuvent se conduire seules, il est important de former l'attention des jeunes générations.

 

Il faut réhabiliter ces disciplines : la musique, le dessin.

L'enseignement artistique offre à chacun un épanouissement, un bonheur de la découverte.

 

Que serions-nous donc sans la musique qui apaise les coeurs et provoque tant d'émotions ?

C'est un langage universel qui parle à chacun de nous : elle peut exprimer toutes sortes de sentiments, joie, exaltation, douleur, révoltes.

Elle permet de réunir les gens, de les faire vibrer à l'unisson devant la beauté de certaines harmonies.

 

La musique est un art premier : la nature elle-même nous offre des musiques diverses, chants d'oiseaux, murmure du vent dans les arbres, bruissements d'une source.

 

Le dessin, la peinture sont aussi un langage universel accessible à tous.

Le dessin nous apprend la maîtrise du geste, une concentration, une observation minutieuse du monde.

Il nous permet une redécouverte de la nature : dessiner un arbre, c'est en percevoir toutes les formes, tous les détails, toutes les beautés.

 

Un grand nombre d'élèves ne savent plus se concentrer pendant les cours...

Il est donc important de retrouver ce goût de l'attention qui tend à se déliter dans notre monde moderne où défilent les images.

Le dessin, c'est justement la possibilité de faire un arrêt sur image.

 

Alors, bien sûr, l'idée de proposer une rentrée en musique est intéressante.

Mais on attend aussi que soient vraiment réhabilités les enseignements artistiques dans notre système scolaire...

 

 

 

 

 

 

Une rentrée sous le signe de la musique...
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 12:30
J 'voudrais travailler encore avec mes mains d'or...

 

 


Le chômage, les usines qui ferment, telles sont les dures réalités de notre monde moderne : Bernard Lavilliers nous raconte cette tragédie qui anéantit les hommes dans une de ses plus célèbres chansons : Les mains d'or...

Le poète nous montre, d'abord, "Un grand soleil noir (qui) tourne sur la vallée..."

L'oxymore "soleil noir" symbolise le travail perdu, des usines abandonnées où la vie a disparu...

Un décor désolé apparaît, alors :

"Cheminées muettes - portails verrouillés 
Wagons immobiles - tours abandonnées 
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé..."

Les cheminées personnifiées, devenues "muettes", semblent comme muselées, l'énumération des noms, sans verbe conjugué, restitue un désarroi, d'autant qu'ils sont accompagnés de termes négatifs.

La strophe suivante fait intervenir une comparaison : "On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts 
Bouffés par les ronces - le gel et la mort ".

Un décor fantomatique est décrit, un décor à la fois somptueux et désolé.... Le verbe imagé et familier "bouffés" traduit une violence inouïe.

 

Ces lieux effrayants sont comme pétrifiés et anéantis dans une immobilité terrifiante.

Seul "un grand vent glacial" anime cette usine, faisant "grincer les dents" d'une machine à l'arrêt, devenu "monstre de métal dérivant".

 

Le refrain à la première personne est un hymne au travail bien fait : le personnage exprime une volonté de retrouver du travail, de manière insistante et réitérée.

"J'voudrais travailler encore - travailler encore 
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or 
Travailler encore - travailler encore 
Acier rouge et mains d'or..."

 

L'expression "mes mains d'or" donne toute sa valeur au travail de l'ouvrier qui sculpte l'acier et le dompte.

 

L'ouvrier évoque, alors, sa vie passée dans ce "laminoir", un terme terrible, à double sens, le propre et le figuré, une vie consacrée à un dur labeur, une vie difficile...

 

L'énumération qui suit mêle mots concrets et abstraits : "Mes poumons - mon sang et mes colères noires 
Horizons barrés là - les soleils très rares..." Cette succession chaotique de mots insiste sur la dureté du travail de l'homme : il y a tout mis, ses poumons, son sang, sa vie, ses indignations... sans beaucoup d'espoir puisque les horizons sont barrés...

 

Le laminoir est même comparé à une "tranchée rouge", image guerrière très forte qui vient encore souligner l'âpreté du travail. On voit apparaître, aussi, une "saignée rouge sur l'espoir"...

 

La strophe qui suit est à nouveau métaphorique : l'usine abandonnée suggère des images de "navires de guerre 
Battus par les vagues - rongés par la mer 
Tombés sur le flanc - giflés des marées..." 
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier..."

 

Ces navires échoués, balayés par la mer viennent alourdir le désarroi et la détresse du narrateur.

On voit, pour la première fois, apparaître, dans la chanson, le thème de l'argent, du profit : le texte est, ainsi, une dénonciation du monde de la finance qui délocalise, ferme des usines, au mépris de la vie des gens.

La toute puissance de l'argent est bien mise en évidence par cette évocation de ces navires anéantis et vaincus par l'argent...

 

L'ouvrier constate, alors, son inutilité : les négations se multiplient, évoquant un vide de l'existence....
"J'peux plus exister là 
J'peux plus habiter là 
Je sers plus à rien - moi 
Y'a plus rien à faire..."

 

Il en vient même à souligner un paradoxe vers lequel le conduit ce monde absurde de la finance :
"Quand je fais plus rien - moi 
Je coûte moins cher - moi 
Que quand je travaillais - moi 
D'après les experts..." 

 

Et, pourtant, l'ouvrier travaillait dur, il se "tuait" à la tâche, pour "gagner des clous...", expression familière qui accentue l'idée de misère sociale.

"C'est moi qui délire 
Ou qui devient fou 
J'peux plus exister là...", conclut, ainsi l'ouvrier face à ce monde qui inverse les valeurs. 

 

Un monde qui rend les gens fous, qui les anéantit, leur enlève jusqu'à l'espoir de travailler pour un salaire de misère...

La mélodie rythmée et lancinante restitue la douleur et le tourment de celui à qui on a enlevé sa raison de vivre...
 

 

https://youtu.be/C_FrCekiYSY

 

 

 

 

 

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 08:14
Jeanne et le tourbillon de la vie...

 

Une étoile s'en est allée...

 

Jeanne Moreau nous a quittés ce lundi 31 juillet, à l'âge de 89 ans : actrice, comédienne de théâtre, réalisatrice, chanteuse, Jeanne Moreau a marqué de son empreinte le cinéma français.

 

Comment ne pas se souvenir de cette chanson du film Jules et Jim, Le tourbillon de la vie ?

Une petite musique que l'on doit à Serge Rezvani.

Et aussi l'histoire de la rencontre fatale d'une femme mystérieuse désignée seulement par le pronom "elle".

 

La description nous laisse entrevoir ses mains, serties de "bagues et de bracelets", "sa voix, ses yeux, l'ovale de son visage."

Et c'est un véritable coup de foudre qui est évoqué, comme le suggère l'emploi du passé simple qui traduit une instantanéité : "une voix qui m"enjôla, femme fatale qui me fut fatale." L'adverbe "sitôt" vient souligner l'immédiateté de la passion amoureuse.

Le verbe "enjôler" restitue l'idée d'un envoûtement quasi-magique.

 

Le coup de foudre est réciproque, ce que révèle l'utilisation du pronom "on" qui réunit les deux amoureux :

"On s'est connu, on s'est reconnu, 
On s'est perdu de vue, on s'est r'perdu d'vue 
On s'est retrouvé, on s'est réchauffé, 
Puis on s'est séparé. "

 

Ce jeu amoureux aboutit, pourtant, à une séparation sans drame. Le ton et la mélodie sont légers, sautillants et traduisent tout le bonheur et toute la  liberté d'une vie insouciante.

Ainsi, chacun repart "dans le tourbillon de la vie."

Et puis, les hasards de la vie offrent l'occasion d'une nouvelle rencontre où l'émotion est encore plus vive :


"Au son des banjos je l'ai reconnue. 
Ce curieux sourire qui m'avait tant plu. 
Sa voix si fatale, son beau visage pâle 
M'émurent plus que jamais."

Le thème du temps qui passe ajoute une note mélancolique à cette chanson, d'autant que le poète s'enivre pour oublier.

Mais il se réveille sous les baisers de l'amante retrouvée et la voilà "retombée dans ses bras..."

Dès lors la conclusion paraît évidente :

"Quand on s'est connu, 
Quand on s'est reconnu, 
Pourquoi s’perdre de vue, 
Se reperdre de vue ?" 

Mieux vaut rester "tous les deux enlacés...."

Cette chanson reflète bien cet esprit de liberté qui anima Jeanne Moreau tout au long de sa vie : elle a été par sa vie une ambassadrice de la femme libre et moderne.

Elle a milité pour la libération des femmes, pour l'avortement, pour la cause des sans-papiers.

Jeanne Moreau reste à jamais une femme éprise d'amour et de liberté...

 

 

 

 

 

Jeanne et le tourbillon de la vie...
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 13:24
Dans l'eau de la claire fontaine, elle se baignait toute nue...

 

 

 

Un thème érotique pour cette chanson de Brassens : une baigneuse qui révèle sa nudité dans un cadre champêtre...

Le personnage féminin anonyme, désignée simplement par le pronom "elle", est ainsi présentée comme l'archétype, l'image même de la femme et de sa beauté.

 

Le décor est planté, dès le premier vers : "Dans l'eau de la claire fontaine...", un décor rustique, une source d'eau limpide qui ne peut qu'inciter à la baignade.

 

L'emploi de l'imparfait à valeur durative suggère un bonheur de profiter de ce bain, dans toute sa plénitude : "Elle se baignait toute nue..."

 

Mais, ce bonheur est troublé par "une saute de vent soudaine", expression imagée, qui fait songer à "une saute d'humeur"... La nature personnifiée semble ainsi se faire la complice du poète qui assiste à ce spectacle.

 

Le passé simple qui suit souligne la brutalité du vent, et marque une rupture : "jeta ses habits dans les nues..."

 

Aussitôt, le poète se met en scène, puisque la jeune fille l'appelle à l'aide.

Le mot hyperbolique "détresse" restitue le désarroi sans doute exagéré de la baigneuse....

 

Privée de vêtements, la belle réclame "Des monceaux de feuilles de vigne,
Fleurs de lis ou fleurs d’oranger...", afin de masquer sa nudité.

 

Pudeur ou comédie de la chasteté ? La jeune fille demande du secours et la nature environnante est convoquée pour couvrir son corps : feuilles, fleurs souvent associées à la beauté féminine, et révélant sa délicatesse...

 

Le poète s'applique alors à lui fabriquer un corsage, "avec des pétales de roses", encore un symbole de beauté, d'harmonie et d'amour...

 

Une seule rose suffit pour confectionner le corsage, une façon de rendre hommage à l'élégance, la finesse de la jeune femme désignée par le terme élogieux : "la belle".

 

Et c'est une seule feuille du pampre de la vigne qu'utilise le poète pour fabriquer "un bout de cotillon..."

 

Le jeu de séduction se poursuit puisque la jeune femme se lance dans les bras de son sauveur pour le remercier et se retrouve "toute déshabillée", expression qui fait écho à celle du début : "toute nue"... voilà une jolie construction en boucle !

 

Et la dernière strophe souligne malicieusement ce jeu, une volonté de la jeune femme de séduire, de feindre la pudeur.

Le terme "ingénue" constitue une sorte d'antiphrase pour désigner la belle, car celle-ci se plaît à revenir à la fontaine "en priant dieu qu'il fît du vent..."


Cette chanson est un magnifique hommage à la beauté féminine, mise en valeur par le thème du bain.... On retrouve là une sorte de blason qui célèbre, avec discrétion, tout le charme de la jeune femme...

Et c'est aussi une façon de mettre en scène une forme de pudeur féminine qui peut paraître feinte, dans certaines circonstances...

La mélodie à la guitare égrène des notes légères et douces comme pour restituer la limpidité de l'eau.

 

 

 

 

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 11:59
Une soirée de passion musicale avec la chorale Rap's Ody Swing...

 

 

Pour célébrer la fête de la musique...


La passion était au rendez-vous : elle se lisait sur les visages, les sourires, dans l'enthousiasme des choristes.

La passion de chanter, de partager des émotions, des sentiments, une sensibilité... Le chant choral n'est-il pas un partage, une communion entre les choristes eux-mêmes et avec les spectateurs ?

 

On ne peut qu'apprécier cette ferveur qui anime les choristes, qui les fait vibrer, et nous emporte loin du monde ordinaire...

On fut d'abord envoûté par un chant religieux : l' Ave Verum Corpus de Mozart qui nous entraînait dans un univers de paix et de sérénité, la religion a inspiré tant de chefs d'oeuvre d'harmonie aux plus grands compositeurs et cette oeuvre de Mozart pleine de nuances nous emmène dans un monde fait de pureté.

 

Puis, le Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré vint conforter cette impression de douceur et de paix.

 

Soudain, éclata la joie d'un autre chant fait d'exaltation : l'Hallelujah de Haendel, les voix s'entremêlaient, s'entrecroisaient pour chanter un bonheur suprême. Les voix disaient une forme d'ivresse et de tourbillon. Puissance et douceur alternaient dans l'interprétation...

 

C'est aussi un Halleluyah plus tendre, plus mystérieux et plus feutré qui nous était offert, celui de Léonard Cohen... On se laissait, alors, bercer par la mélodie.

 

La deuxième partie du tour de chant était consacrée à des airs de variété : ce fut d'abord Deux minutes 35 de bonheur, une chanson célèbre qui a été interprétée par Sylvie Vartan et Carlos, une musique qui swingue et la chorale nous emportait avec elle dans ce moment de bonheur partagé.

 

Puis, on entra dans la fantaisie d'une chanson de Maurane, La chanson de l'Autruche... Les choristes s'amusaient manifestement à jouer les autruches, à mimer leur bonheur.

 

C'est ensuite une invitation impérieuse qui nous était faite : Bois ton café de l'Affaire Louis Trio... une belle leçon de sérénité...

 

Atmosphère tropicale et ambiance alanguie pour la chanson suivante : Il fait chaud... 

 

La séduction fut aussi au rendez-vous avec ce titre : Coeur de Loup, de Philippe Lafontaine, un rythme endiablé pour cette chanson d'amour.

 

C'est le thème du départ qui était évoqué avec cette chanson de Jean Jacques Goldman : Puisque tu pars... texte mélancolique qui suggère à la fois tristesse et espoir : la séparation est un déchirement mais aussi une occasion de découvertes pour celui qui s'en va vers un ailleurs.

 

On était, enfin, séduit par les rythmes contrastés de la Prière à la vierge d'El Rocio, célèbre chanson de prière catholique andalouse. Chantée a cappella, cette prière nous faisait percevoir mieux encore toute la force de la musique des voix...

 

Ce concert éclectique a séduit tous les publics, dans une ambiance conviviale de partage et de bonne humeur : la musique nous permet de connaître toutes sortes d'émotions et de sentiments, elle réunit, elle réconforte, elle apaise, elle est source d'harmonie.

 

Bravo aux choristes, à la chorale Rap's Ody Swing, au chef de choeur, Nathalie Martinez pour ce moment de bonheur et d'émotions partagées...

 

 

2 minutes 35 de bonheur :

 

https://youtu.be/fhHvi90bOCg

 

La chanson de l'autruche :

 

https://youtu.be/tGfMQgs1II4

 

 

Bois ton café :

 

https://youtu.be/Q90c3q1aXMA

 

Il fait chaud :

 

https://youtu.be/VXe_Qk4DeHI

 

 

Puisque tu pars :

 

https://youtu.be/QfCkCIKxo5U

 

 

Prière à la Vierge d'El Rocio :

 

https://youtu.be/B70ZWzJ8LpU

 

 

AVE VERUM CORPUS MOZART

CANTIQUE DE JEAN RACINE de G Fauré

HALLELUYAH HAENDEL

HALLELUJAH Léonard Cohen

IL FAIT CHAUD

PUISQUE TU PARS

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 12:43
La Kora : un moment de grâce et d'émotion...

 

 

 

Belle découverte d'un instrument africain, lors de l'émission On n'est pas couché, ce samedi 10 juin : la légendaire harpe africaine, la kora.  Matthieu Chedid a présenté son dernier album, Lamomali, réalisé avec des artistes maliens. 

 

L'occasion de découvrir cet instrument ancestral qui comporte 21 cordes, un mélange de luth et de harpe...

 

"Un instrument qui traverse le coeur..." affirme Matthieu Chedid.

Et il suffit d'écouter quelques notes de musique pour percevoir toute la pureté et l'élégance de cet instrument venu du passé...

Traditionnellement, la kora était jouée par les "griots", conteurs, poètes, troubadours : le griot parlait et chantait tout en jouant des musiques, transmises de père en fils, enrichies à chaque génération.

 

Instrument rustique, la kora est faite d'une grosse demi-calebasse de 40 à 60 cm de diamètre, évidée et percée d'un trou.

Elle est recouverte d'une peau de vache  parcheminée qui sert de table d'harmonie et dont dépend l'ampleur du son. 

 
Toumani Diabaté, musicien malien, virtuose de cette harpe africaine, caresse la kora et le monde paraît soudain différent, empli de grâce...
 

"Un instrument vertical qui va un peu de la terre au ciel... "affirme Matthieu Chedid et on est séduit par cette définition empreinte de poésie.

 

Matthieu Chedid chante "Cet air", accompagné par Toumani Diabaté et on est transporté dans un univers magique...

"Pars et ne te retourne pas..."

Une musique aérienne qui subjugue et envoûte, une musique qui semble venue d'un autre monde...

 

Mathieu Chedid fasciné par l'Afrique célèbre la beauté du monde, malgré les peurs, les douleurs qui le traversent...

"J'entends dans ta kora ta colère, j'entends dans ta kora ton coeur qui bat, mon frère, j'entends dans ta kora toute l'humilité, à la verticale, dans l'immensité, j'entends dans ta kora l'enfant qui part en guerre..."

 

Il célèbre aussi la tradition de la terre africaine, le retour aux sources, à la poésie qui est essentielle.

Il met en évidence toute la richesse de la rencontre des cultures... il célèbre la beauté des métissages.

 

Il nous invite à un partage, une rencontre avec la diversité, l'humanisme et l'humanité.

"Chaque fois que je suis face à des Maliens, j'apprends plein de choses. Le fait qu'ils soient connectés à la tradition et peut-être un peu plus terriens que nous. C'est-à-dire que nous, on est dans un monde hors-sol, j'ai l'impression qu'on est un peu déconnectés de pas mal de choses et ils nous ramènent à des choses assez évidentes et à la simplicité", nous dit Matthieu Chedid...

Une magnifique leçon de vie à méditer...

 

 

 

 

 

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 09:42
Ouvre ta fenêtre au jour...

 

 


Une chanson printanière qui invite à la curiosité et à la découverte de la nature, c'est un véritable hymne aux bonheurs simples que nous offre Charles Trénet...

 

La chanson s'ouvre sur une succession d'interrogations qui soulignent une attention au monde.

Tout d'abord une question qui évoque "dans le bois", un "lumineux coquelicot"... Et on découvre qu'il s'agit d'une image pour suggérer un "soleil matinal", "plus matinal que les jolis yeux" d'une amoureuse...

 

Le texte lui est adressé à la deuxième personne comme le montre l'expression  "tes jolis yeux"... et il revêt, ainsi, une allure familière.

 

Après avoir mis en jeu la sensation visuelle, grâce à l'image du coquelicot, le poète nous invite à écouter le réveil de la nature : "Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico ?"

Il nous fait entendre les échos sonores du chant du coq, à l'aube.

 

Puis, il nous incite à observer attentivement cette nature, dans le moindre détail, avec "cette goutte sur la joue d'une fleur", qui symbolise la rosée du matin et "des larmes de bonheur"...

Le poète magnifie, ainsi la fleur, grâce à cette personnification...

 

L'emploi de déictiques, dans le premier couplet, semble suggérer la présence de tous les éléments du décor.

La nature entière associée à "l'ardeur" est elle-même personnifiée : "Elle a vingt ans"... 

 

Les nombreux impératifs qui se succèdent : "ouvre les yeux. Réveille-toi... ouvre ton coeur, ouvre ta fenêtre, laisse entrer" donnent du dynamisme et de la vitalité au texte...

 

Les verbes utilisés sont le plus souvent des verbes d'action ou de mouvement qui suggèrent aussi une vigueur et une énergie renouvelées.

 

Il s'agit de célébrer l'amour, la lumière, la liberté... il s'agit de rendre hommage de la manière la plus simple à la lumière, en disant tout simplement : "bonjour."

Les activités proposées sont elles-mêmes très simples : "Cueille la fleur, chante, va-t-en courir sur les chemins..."

Les chemins qui deviennent sous la plume du poète : "de la nature les lignes de la main", nouvelle personnification qui humanise la campagne environnante...

 

Puis le bonheur d'un bain dans la rivière, puis celui de se sécher au soleil sont évoqués et suggérés avec empressement, toujours grâce à des impératifs.

 

L'humour n'est pas oublié dans cette remarque : "N'assieds pas ton derrière Sur les orties familières."

 

Le poème s'achève sur le thème de la fuite du temps et sur une invitation à profiter du temps présent...

La mélodie légère, sautillante, enjouée est, en elle-même, une véritable invitation au bonheur.

 

 

Les paroles : 

 

http://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-ah-dis-ah-dis-ah-dis-bonjour

 

 

Quel est, dans le bois, ce lumineux coquelicot ?
C'est le soleil plus matinal que tes jolis yeux ma chérie.
Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico ?
C'est la chanson d'un jeune coq qui chante sur la prairie.
Quelle est cette goutte sur la joue de cette fleur ?
C'est la rosée qui met partout qui met des larmes de bonheur.
Quelle est cette ardeur qui vient avec le gai printemps ?
ouvre les yeux. Réveille-toi. La nature a vingt ans.

Ouvre ton cœur à l'amour.
Ouvre ta fenêtre au jour.
Laisse entrer chez toi le gai soleil et dis,
Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bonjour !
Cueille la fleur, la plus belle.
Chante une chanson nouvelle
Et va-t'en courir sur les chemins
Qui sont de la nature les lignes de la main.

Prends un bain dans la rivière.
Sèche-toi dans la clairière
Et n'assieds pas ton derrière
Sur les orties familières...
Dis-toi que le temps est court,
Qu'il faut penser à l'amour.
Ouvre ton cœur et ta fenêtre au jour
Et dis : Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bonjour !

 


 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:50
Johnny B. Goode s'en est allé...

 

 


Considéré comme le père du rock'n'roll, Chuck Berry était un immense guitariste, l'auteur de chansons telles que Johnny B.Goode, une mélodie considérée comme un des morceaux fondateurs de la musique rock.

Cette chanson a été écrite en 1957.

 

Johnny B Goode, c'est un peu l'histoire de Chuck Berry lui même, puisque la chanson évoque un simple "garçon de la campagne" destiné à devenir un guitariste mondialement connu...

 

Ce garçon naît dans un lieu retiré, obscur : "Deep down in Lousiana
Loin à l'intérieur de la Louisiane
Close to New Orleans
Près de la Nouvelle Orléans..."

 

Sa maison est modeste, bien cachée au fond des bois : "Way' back up in the woods
Sur le chemin dans les bois
Among the evergreens
Parmi les arbres verts
There stood an old cabin
Se trouve une vieille cabane..."

 

Mais son nom, Johnny B. Goode, le prédestine, sans doute, à une vie faite de célébrité...

Peu doué pour les études, puisqu'il "n'a jamais jamais appris A lire ou écrire très bien"..., il est déjà un virtuose de la guitare...

"But he could play the guitar
Mais il peut jouer de la guitare
Just like a ringing bell
Juste comme une cloche carillonnant"...

 

Le refrain est un hymne d'encouragement pour ce jeune garçon : on a tous envie d'écouter sa musique entraînante :

"Go ! Go ! Go, Johnny, go !
Vas-y ! Aller vas-y, Johnny, vas-y !"

Les exclamations, la répétition du verbe de mouvement "go" ponctuent et soulignent ces encouragements...

 

On voit, alors, ce modeste garçon qui transporte sa guitare "dans un sac de jute", "s'asseoir sous un arbre", aller écouter un autre guitariste, "un vieux mécanicien" qui gratte son instrument.

 

On perçoit une envie de s'imprégner de musique, une volonté d'apprendre par l'écoute d' un autre musicien plein d'expérience.

 

L'admiration du public qui passe par là, qui s'arrête pour l'écouter, les exclamations "oh oui" soulignent la qualité du jeu de ce musicien... un exemple pour le petit campagnard qui observe la scène.

 

Le dernier couplet nous fait entendre le discours de la mère : pleine d'espoir, elle évoque un avenir rayonnant pour le jeune garçon...

"Some day you'll be a man
Un jour tu seras un homme
And you will be the leader
Et tu seras le chef
Of a big old band
D'un bon vieux groupe.."

 

L'emploi du futur marque une certitude... Le succès sera, alors, au rendez-vous, comme le suggère la phrase suivante : "Many people coming
Beaucoup de monde viendra
From miles around
Depuis des milles à la ronde
To hear you play your music
Pour t'écouter jouer ta musique..."

 

"Peut-être qu'un jour, ton nom sera dans la lumière ! Johnny B Goode, ce soir !" diront les gens, pleins d'enthousiasme à l'idée d'écouter ce musicien.

 

Cette chanson nous fait passer, ainsi, de l'ombre des bois de la Louisiane à la lumière des projecteurs.
 

La guitare de Chuck Berry nous emporte dans un tourbillon et un rythme endiablé : c'est la gaieté, la jeunesse qui prédominent dans la mélodie...

 

Considérée comme un classique du rock, cette chanson a été reprise maintes fois...

 

 

Les paroles :

 

https://www.lacoccinelle.net/248726.html

 

Vidéo :

 

https://youtu.be/rVT65M4mRnM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 10:57
Quelquefois si douces...

 

 

 


Une jolie déclaration d'amour adressée à toutes les femmes, un texte empli de sensibilité, de force et d'émotion... tout le monde connaît cette chanson de Julien Clerc.

 

D'abord, c'est la douceur de la femme qui est mise en valeur grâce à un adjectif souligné par un adverbe d'intensité "si douces"...

 

Cette douceur est suggérée par des sonorités délicates qui évoquent la tendresse : sifflante "s", chuintante "ch".

 

Et cette douceur vient atténuer les douleurs du poète qui s'exprime à la première personne donnant un ton confidentiel au texte : "quand la vie me touche..."

 

Curieusement, la femme est aussi définie par sa dureté, sa capacité à provoquer des blessures que ressent intensément le poète... Les sonorités de gutturales "r" viennent souligner cette idée.

 

Ainsi, est mise en évidence toute la complexité de l'être féminin, oscillant entre tendresse et force...

 

Le refrain déroule une déclaration d'amour, réitérée, adressée à toutes les femmes... 

 

Le poète évoque, aussi, toute la fragilité inhérente à la femme, ce qui en fait un être particulier, un être qui peut paraître lointain, inaccessible, "difficile".

 

L'adverbe de temps "quelquefois" qui ponctue le texte montre bien toutes les nuances qui s'imposent pour décrire la femme.

 

Humour, drôlerie, sentiment de solitude alternent dans des tableaux successifs : d'abord une scène intimiste, "sur un coin d'épaule", où le regard de la femme est mis en valeur dans cette expression où se mêlent subtilement sensation visuelle et tactile : "regard qui frôle", suggérant toute la sensualité féminine.

 

Puis, l'affirmation d'une solitude parfois consentie, mais qui semble pesante, ce que suggère la répétition de l'expression "si seules".

 

La femme devient même, pour le poète, un condensé d'humanité : à la fois, "mère, enfant", mais aussi "impatience, souffrance", des sentiments contradictoires.

 

Dans le dernier refrain, le poète réitère sa déclaration d'amour, en y ajoutant une douleur inscrite dans le verbe "déchirer", associé à la notion de désir.

 

Et ce désir semble exacerbé par l'emploi du terme "pire".

 

Le texte s'achève sur le mot "femmes", mis en valeur et magnifié par l'interjection :" O".

 

Voilà un bel hommage à la fois majestueux et intimiste, dédié à la femme, une chanson intemporelle qui restitue une humanité, une tendresse, un émerveillement...

 

Les paroles ont été écrites par Jean-Loup Dabadie, la musique composée par Julien Clerc.

 

 

Le texte :

 

http://www.paroles-musique.com/paroles-Julien_Clerc-Femmes_Je_Vous_Aime-lyrics,p16943

 

 

 

 


 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 14:58
Le plat pays qui est le mien...

 


 

Comment dire la mélancolie, la beauté de sa terre natale ? Comment exprimer en même temps l'âpreté, la rudesse et le charme infini de ces paysages du Nord, chers à Jacques Brel ?

 

C'est un pays, délimité par la mer du Nord, dont Brel nous fait voir l'espace infini, à travers la répétition de ce mot "vague", tantôt nom commun, tantôt adjectif, un jeu sur le sens qui restitue l'immensité des paysages marins...

 

Tout semble, ainsi, se confondre, et se réunir... la mer, la terre, les dunes...

 

On perçoit "la mer, les dunes, quelques vagues rochers, les marées", tous les éléments qui composent ces terres du Nord : la Belgique.

Grâce à l'énumération, le poète restitue une monotonie, une harmonie.

 

Le paysage personnifié prend vie sous nos yeux : "les rochers ont à jamais le coeur à marée basse"... une façon d'évoquer la mélancolie de ces lieux, peuplés de "brumes" infinies...

 

Un pays balayé par le vent d'est que le poète nous invite à "écouter", avec cet impératif : "Ecoutez-le tenir..."

 

Le verbe "tenir" suggère une résistance, une volonté de vivre, une force.

 

L'emploi de la préposition "avec" tout au long du texte, fait du poète un peintre qui compose son tableau sous nos yeux...

 

La strophe suivante nous fait découvrir les cathédrales du Nord, avec leurs "noirs clochers" définis comme "d'uniques montagnes", belle image teintée de tristesse, avec l'évocation de la couleur noire des campaniles, seuls "mats de cocagne", dans ces paysages. Les seuls reliefs de ce pays sont des constructions humaines.

 

Et les "diables en pierre qui décrochent les nuages" semblent déverser sur ces terres une mélancolie qui n'en finit pas....

 

"Le fil des jours" qui devient sous la plume du poète, "l'unique voyage" restitue aussi l'uniformité des paysages du Nord, et "les chemins de pluie" se métamorphosent en "unique bonsoir"...

 

Les nombreux pluriels qui ponctuent le texte, renforcent, encore, cette impression d'uniformité.

 

Et le poète ajoute "le vent de l'ouest" à ces paysages, expression d'une volonté : "Ecoutez-le vouloir"... une façon de personnifier cette terre et d'en montrer toute la force.

 

L'évocation du "ciel", dans la strophe suivante, les répétitions du mot soulignent l'omniprésence du ciel dans ces terres du Nord : un ciel si bas que tout se confond, un "canal se perd", puis "se pend", symbole de tristesse.

 

Ce ciel associé à l'humilité devient une image de simplicité et on perçoit toute la tendresse du poète qui affirme : "Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner."

 

La violence, la dureté de ce pays s'expriment encore avec le "vent du Nord" qui vient "s'écarteler", un terme très fort qui semble traduire une torture. Les sonorités de gutturales soulignent cette virulence :

"Avec le vent du nord qui vient s'écarteler, 
Avec le vent du nord écoutez le craquer..."

 

Pourtant la dernière strophe, avec l'évocation de l'été, voit le triomphe de la vie, du bonheur : ce n'est plus l'uniformité qui domine mais une réunion d'éléments divers, "l'Italie qui descendrait l'Escaut, "Frida la blonde" qui devient "Margot"...

 

La gaieté prédomine, grâce à cette union du nord et du sud, grâce aux marins désignés par l'expression "les fils de novembre" qui reviennent enfin.

 

La chaleur est de retour dans les coeurs et dans les paysages : on voit "la plaine fumante qui tremble sous juillet".

Le vent du sud apporte le rire et la joie...

 

Chaque strophe s'achève sur cette expression "le plat pays qui est le mien...", ces mots simples traduisent l'attachement du poète, grâce à l'emploi du pronom possessif qui marque une appartenance très forte...

La mélodie très douce restitue émotion, sensibilité, tendresse.

 

 

 

http://www.paroles.net/jacques-brel/paroles-le-plat-pays

 

 

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