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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 11:49
Des villes "marchables"...

 

 

L'être humain est fait pour marcher, bouger... or, il devient de plus en plus difficile de marcher dans nos villes...

Trottoirs encombrés de vélos, de trottinettes, de planches à roulettes, pollution... le piéton semble ne plus avoir sa place dans les villes vouées à la vitesse...

Le marcheur n'est plus le bienvenu dans ce monde où tout s'accélère.

 

On connaît pourtant les bienfaits de la marche : la marche aide à lutter contre l’obésité, contre les maladies cardiovasculaires, et elle accroît l’espérance de vie. Mais son vrai bénéfice n’est pas pour le corps, il est surtout pour l’esprit. Marcher aide à penser. Les bonnes idées viennent lorsqu'on marche.

 

Ainsi, depuis toujours, les philosophes ont aimé la marche : les péripatéticiens donnaient leur enseignement en marchant, Socrate allait dans les rues d'Athènes à la rencontre des autres, les interrogeait, leur faisait découvrir une forme de vérité.

 

Le nom "péripatéticiens" est, d'ailleurs, issu d'un verbe grec : "περιπατέω, péripatéo, se promener, circuler, aller et venir".

 

Rousseau était un marcheur infatigable :" J'aime à marcher à mon aise, et m'arrêter quand il me plaît. La vie ambulante est celle qu'il me faut. Faire route à pied par un beau temps dans un beau pays sans être pressé, et avoir pour terme de ma course un objet agréable ; voilà de toutes les manières de vivre celle qui est le plus de mon goût... ", écrit ce philosophe dans le livre 4 des Confessions, évoquant ce bonheur de la marche qui le séduit depuis ses plus jeunes années.

 

Le rythme lent de la marche nous fait retrouver une dimension humaine qui s'efface de plus en plus à notre époque.

Les plaisirs le plus simples nous sont alors accessibles : on observe le monde environnant,  les arbres, les jardins, les maisons, leur architecture, les personnes que l'on croise.

 

Comme l'écrit fort justement Christophe Lamoure, "la marche permet de recoudre pas à pas l'évidence dissipée qui a longtemps tenu ensemble l'homme et le sol ; elle permet de reprendre pied dans une époque où chacun a la sensation de se noyer dans un torrent de bouleversements."

 

Or, les villes sont de moins en moins "marchables" : les villes sont envahies de voitures, de véhicules polluants, les trottoirs ne sont plus réservés aux piétons, puisque on y croise des vélos, des trottinettes...

 

La marche nous relie aussi au monde et à la terre.

La marche nous permet de retrouver un rythme lent, naturel...

Et la lenteur nous offre l'opportunité de vraiment  mieux apprécier le monde, de mieux le regarder, tout simplement.

Il est temps de redonner de l'espace aux marcheurs dans nos villes, de libérer les trottoirs, de rendre nos villes "marchables"...

 

 

 

 

Source :

 

https://www.lepoint.fr/invites-du-point/quiriny-la-france-en-marche-oui-mais-a-pied-10-09-2021-2442468_420.php

 

 

 

Des villes "marchables"...
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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 11:10
Le confinement, certes, mais l'exode des Parisiens pose problème...

 

 

Après les mesures de confinement imposées par le gouvernement, depuis mardi 17 mars, en raison de la crise du coronavirus, dès ce jour-là, les consignes ont été respectées dans ma ville de province.

 

Des rues presque désertes : seules quelques silhouettes isolées surgissent parfois, les voitures sont rares, la circulation est réduite même si les transports en commun fonctionnent encore.

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L'immense parc de la ville est fermé, "pour des raisons sanitaires", peut-on lire sur une pancarte accrochée à la grille d'entrée.

Seuls quelques pigeons errent dans les allées de ce parc devenu solitaire.

 

Les commerces sont fermés, seuls les magasins alimentaires, les pharmacies sont encore accessibles.

 

Parfois, un coureur isolé circule sur les trottoirs, deux jeunes filles à vélo passent dans la rue avec le visage masqué, les rares gens que l'on rencontre sont pressés, l'air préoccupé.

Certains passants et passantes s'effacent même devant vous par crainte de la contagion.

 

Une atmosphère morne règne sur la ville : peu de bruits, pas de conversation, peu de voitures... on a l'impression d'une ville fantôme.

Le ciel gris ajoute à l'ambiance morose de ce début de confinement...

La plupart des gens sont repliés chez eux, en dehors de ceux qui sont contraints de travailler.

 

Curieuse impression d'un monde presque à l'arrêt, comme si le temps était suspendu, comme s'il s'immobilisait...

Et cela risque de durer plusieurs semaines, probablement environ 6 semaines. Une situation inédite en temps de paix, une situation que toute une génération n'a jamais connue. Il est possible que les mesures de confinement soient même alourdies en fonction de l'évolution de la situation.

 

Mais la situation à Paris est bien différente : de nombreux Parisiens devant les rumeurs de confinement ont fui la capitale pour ne pas ne pas y être confinés, pour se mettre au vert, malgré les appels répétés à la limitation des déplacements. Ils craignent que les hôpitaux parisiens soient surchargés.

On a vu à Paris des gares bondées, surchargées, comme lors des départs en vacances.

 

N'est-ce pas là le meilleur moyen de diffuser le virus partout en France ?

On peut le craindre. Certains prévoient de nouveaux foyers épidémiques dans les semaines qui viennent, d'autant que la promiscuité dans les gares et dans les trains peut favoriser la transmission du virus.

 

Bref, la gestion de la crise pose problème : on peut s'attendre à une dissémination du virus et à une augmentation des malades dans les semaines à venir.

 

 

 

 

 

Le confinement, certes, mais l'exode des Parisiens pose problème...
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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 12:42
Désormais, on ne marche plus, on roule...

 

Il devient périlleux, parfois, de marcher sur un trottoir... Soudain, un engin électrique déboule : une trottinette arrive à toute allure... Tout juste le temps de se garer pour laisser passer l'engin...

 

Parfois, c'est une bicyclette qui soudain se profile sur le trottoir... là encore, on s'efface pour que le cycliste puisse circuler...

 

Plus rarement, c'est un skate qui vous surprend dans votre déambulation...

 

Il peut arriver aussi que l'engin arrive par l'arrière : on ne le voit pas !

On sent un frôlement, et on découvre avec surprise que le trottoir ne nous appartient pas... un simple écart dans la démarche et un accident est si vite arrivé...

 

De nouveaux moyens de locomotion envahissent les trottoirs. Bientôt, les piétons n'auront plus droit de cité...

De nos jours, il convient de se déplacer rapidement, de ne pas perdre de temps... on est bien loin du temps virgilien dont parle Michel Onfray dans son ouvrage intitulé Cosmos... La marche appartient au monde de la lenteur, au vieux monde...

 

Les rues de nos villes sont depuis longtemps très encombrées... désormais, même les trottoirs sont saturés de véhicules de toutes sortes.

Bientôt, les gyropodes vont s'imposer et envahir nos villes... puis les gyroroues, les gyroskates... et puis encore d'autres inventions à venir...

Bientôt, les piétons n'auront plus leur place sur les trottoirs. 

 

Il serait temps de réapprendre à marcher... en dehors du vélo qui demande des efforts, les autres moyens de locomotion ne font pas vraiment travailler le corps.

Il serait temps d'adopter une démarche écologique.

 

Marcher plutôt que rouler, retrouver le bonheur de déambuler en ville, sans être inquiété par des engins qui déboulent à toute allure...

Marcher sur un trottoir en toute quiétude, se promener, se hâter si on le veut, ou flâner si on le souhaite...


Comme l'écrit le philosophe Frédéric Gros, "Marcher, c'est résister fortement à la part maudite de la modernité (obsession pathologique de le performance, culte de la vitesse, existences parallèles dans des univers numériques )."

 

 

 

 

 

 

Désormais, on ne marche plus, on roule...
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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 13:53
Jets d'eau dans la ville... l'eau jaillit, resplendissante...

 

 

L'eau jaillit, resplendissante, vive, aérienne, elle retombe en éclats de lumières, l'eau crépite, elle claque sur le sol...

 

L'eau se donne en spectacle, elle danse, s'anime, rejaillit sur le sol...

 

Un oasis de fraîcheur dans la ville...

 

Soudain, une envolée de pigeons, attirés par cette eau bondissante...

 

Ils s'abreuvent longuement et se désaltèrent dans les interstices du sol, ils goûtent l'eau si précieuse, en ces temps de canicule.

 

Ils s'attardent près des jets d'eau... puis disparaissent soudain.

 

Un moineau surgit, alors... doucement, il s'approche de l'eau et vient picorer la fraîcheur qui lui est offerte. A distance, il admire les jets d'eau, leur souplesse, leur limpidité, leurs éclats de brume, leurs envolées lumineuses...

 

A distance, il profite des bienfaits apaisants de l'eau...

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 09:50
Non, il n' y a pas eu de tremblement de terre à Marseille...

 

Non, il n' y a pas eu de tremblement de terre à Marseille... et pourtant, trois immeubles se sont effondrés, des logements de pauvres, bien sûr, dans un quartier où plus de 40 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, où près d'un immeuble sur deux est "indécent ou dégradé".

 

Les pauvres n'ont droit ni au confort, ni à la sécurité.

 

L'état de délabrement des bâtiments concernés était connu avant le drame, mais rien n'a été fait à temps pour l'éviter. 

A Marseille, une des plus grandes villes de France, il existe encore des taudis insalubres où s'installe la misère...

 

Six corps ont été retrouvés dans les décombres et ce bilan est provisoire : il reste encore sans doute d'autres victimes ensevelies.

Ces corps n'ont pour l'instant pas été identifiés : des anonymes, des moins que rien sacrifiés à l'incurie et l'inconscience des hommes politiques qui nous gouvernent.

Comment peut-on laisser au XXIème siècle des gens vivre dans des logements aussi précaires ?

J'ai vu les images de ces immeubles effondrés : on a l'impression qu'un gigantesque séisme les a anéantis, on se trouve devant un champ de ruines.

Comment pourrait-on encore espérer trouver des survivants dans cet amas de pierres et de gravats ?

 

Des gens sont morts en France victimes de la pauvreté et de la misère.

Qui s'est soucié de leur sort ? 

Sûrement pas les élus en charge de la cité phocéenne, sûrement pas les "responsables" politiques qui ferment les yeux devant la détresse des gens humbles.

Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, à Marseille,"un parc privé potentiellement indigne" présente "un risque pour la santé ou la sécurité de quelque 100.000 habitants". 40.000 logements sont concernés, soit 13 % du parc de résidences principales.

 

Un des immeubles qui s'est effondré était occupé par une copropriété de 10 appartements. Pourtant, depuis 2007, les signaux d'alerte se multipliaient : effondrement du plafond du hall d'entrée, fissures inquiétantes, façades délabrées... Un expert agréé auprès du tribunal avait même visité l'immeuble le 18 octobre sans décider une évacuation des lieux.

 

 

 

 

https://www.lepoint.fr/societe/a-marseille-une-situation-affolante-sur-le-front-du-logement-indigne-ou-insalubre-06-11-2018-2268950_23.php

 

 

 

 

 

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 12:08
Un été en musique...

 

 

L'été, c'est le temps des festivals en plein air : la musique s'invite dans les rues et nous offre des moments d'évasion et de rêves.

On a la surprise de découvrir au coin des rues des groupes de musiciens qui animent les soirs doux de l'été.

D'abord, un orchestre de jazz : l'orchestre Syncopathique, collectif de musiciens de Jazz New Orleans, qui nous fait remonter aux origines du jazz.


L'Orchestre Syncopathique, un groupe de jazz traditionnel, tire ses influences et son esprit des orchestres de la Nouvelle Orléans avec des musiciens tel que Louis Amstrong, Bix beiderbecke ou encore Benny Goodman.

 

Plus loin, un groupe chante des chansons de U2, notamment Carry each other : deux guitaristes, un chanteur, du talent... on écoute avec plaisir la mélodie.

 

Dans une autre rue, c'est un trio de gitans qui enflamment la soirée et font vibrer leurs guitares.

 

Plus loin encore, une chanteuse égrène des mélodies connues de tous...

 

Les rues, au fil du soir qui tombe, s'éclairent de lampions, le décor de la ville en est magnifié.

Les rues grouillent de monde... des gens qui déambulent, qui rejoignent des amis pour boire un verre, tout en écoutant de la musique.

 

La ville est vivante, animée : l'été permet ainsi de vivre dehors et de goûter des soirées festives.

 

L'été comble un peu plus nos sens : écouter de la musique, au détour d'une rue, admirer les gestes des musiciens, leur maîtrise des instruments...

 

Et puis découvrir un peu mieux certains de ces instruments, guitares aux magnifiques formes variées, batteries rutilantes, contrebasse et trompettes étincelantes dans l'obscurité de la nuit...

 

La musique, langage universel, permet de réunir les gens, elle peut exprimer et susciter toutes sortes de sentiments : mélancolie, joie, douleur, élan, enthousiasme...

Elle nous fait rêver et nous emporte vers des mondes imaginaires...

C'est aussi ce que nous offre la magie de l'été !

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 14:20
Un pauvre dans la ville...

 

 

C'est l'été finissant... Tout le monde se hâte dans la rue et vaque à ses occupations : courses, balades, lèche-vitrines.

L'air est léger, une ambiance de vacances, encore...

Je fais partie de ces passants qui profitent de ces derniers jours de l'été pour déambuler dans la ville et me rendre dans une librairie afin de choisir quelques livres.

Beaucoup de monde dans les rues, aux terrasses des cafés... on sent une joie de vivre, un besoin de goûter cette après-midi d'été, et de se détendre.

J'approche enfin de mon but : la librairie...

 

Et soudain, une vision étrange sur le trottoir : un être est assis sur le sol, la tête en bas, comme terrassé par la misère, le désarroi le plus total.

Un SDF est là, installé sur le trottoir, adossé à un caddie rempli de sacs en plastique...

Qu'a-t-il encore d'humain ?

Plus d'expression, plus de visage, plus de regard, il a l'air de dormir et de s'effacer peu à peu.

Ses jambes à demi dénudées dans son bermuda laissent voir des ulcères rougeâtres, ses pieds chaussés de sandales ne sont plus ceux d'un humain : les ongles démesurément longs et sales font penser à ceux d'un animal.

Il semble ne plus faire partie de notre monde...

 

Les gens passent, indifférents, pressés, gênés.

La vision est dérangeante : comment ne le serait-elle pas ?

C'est la confrontation de deux mondes parallèles qui s'ignorent.

Je n'ose même pas, moi aussi, le déranger, alors qu'il semble dormir.

Et je me rends dans la librairie où je passe un long moment à choisir des livres.

 

De retour dans la rue, le pauvre est toujours là : il s'est réveillé et je vois qu'il tient, dans ses grosses mains quelques menues piécettes.

Je dépose, alors, dans le creux de sa main une pièce de deux euros.

Soudain, le pauvre se redresse, me regarde, retrouve son humanité et prononce bien distinctement ces mots : "Dieu vous le rendra..."

Soudain, une voix bien distincte, un regard, un visage, une envie de communiquer, de partager...

 

J'ai vraiment l'impression d'être retournée au Moyen Age, dans un monde où règnent des inégalités criantes, la misère la plus totale.

J'ai vraiment l'impression d'être devant une scène qui appartient à une autre époque...

 

Plus loin, je suis soudain interpellée par un policier qui me demande de passer sur le trottoir d'en face, car un tournage a lieu dans la ville.

Effectivement, j'aperçois une caméra qui filme en travelling des monuments : toute une équipe de tournage s'affaire et les badauds observent de loin ce spectacle.

Me voici passée soudain du Moyen Age au XXI ème siècle...

Me voici revenue à une autre réalité de notre monde.

On tourne un film dans la ville : la modernité est là, palpable, évidente...

 

Et pourtant, je viens de vivre une scène digne d'une époque lointaine, une scène d'une grande violence...

Toute la misère du monde dans un seul être... et tout autour, un gouffre d'indifférence et d'insouciance...

 

 

 

 

 

 

Un pauvre dans la ville...
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 12:29
Pourtant que la montagne est belle !

 



Jean Ferrat est l'auteur de chansons magnifiques qui restent gravées dans nos esprits à jamais. Ferrat chante l'amour, la vie, la nature, les bonheurs simples, le monde de la campagne...


Il évoque dans une de ses chansons les plus célèbres, intitulée La montagne, l'exode des paysans loin de leur pays vers la ville qui attise les convoitises, la ville avec "ses secrets, le formica", la modernité, mais la ville qui est décrite comme un monde frelaté et vicié, avec ses "HLM, son poulet aux hormones".

Cet exode est restitué par des verbes de mouvement : "ils quittent, pour s'en aller gagner leur vie", et par l'emploi du pronom personnel au pluriel "ils", qui traduit une foule nombreuse.

Ces paysans partent "loin de la terre où ils sont nés"... on perçoit comme une trahison dans cette fuite loin de la terre natale, une sorte d'abandon de l'essentiel : les racines, le pays d'origine...


Ferrat célèbre  la beauté de la nature, la dureté et la simplicité de la vie paysanne, la nourriture du terroir, "la caille, le perdreau, la tomme de chèvre" ...un monde où l'on a l'âme bien né, où le travail est rude, où la vie est difficile mais où règne la liberté...

Il nous fait voir "les vieux" du pays en train de "s'essuyer d'un revers de manche les lèvres...", des gestes quotidiens, simples.


Le refrain décrit les splendeurs de la montagne, ses merveilles, les hirondelles et leur vol dans le ciel... L'exclamation et l'interrogation soulignent bien cet émerveillement devant la nature :

"Pourtant que la montagne est belle !

Comment peut-on s'imaginer

En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?"

 

Ferrat nous montre, aussi, ces paysans à l'ouvrage et célèbre leur courage, en magnifiant leur travail manuel... 

"Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline..."


Les vignes, le vin sont chantés, un vin qui produisait "des centenaires", même si c'était aussi "une horrible piquette"... mais les vignes ne sont plus cultivées, comme le suggère cette image : "elles courent dans la forêt".

La vie rurale est évoquée, avec ses aléas et ses difficultés :

"Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties..."


La ville, elle , symbole d'emprisonnement et d'enfermement offre des emplois de "flics et de fonctionnaires" à ceux qui quittent leur terre natale.

Notre monde qui oublie trop souvent de rendre hommage à la nature, qui vante le "formica", les plaisirs frelatés a besoin de ce retour aux sources...

Oui, "que la montagne est belle" ! Et qu'elle nous manque, souvent, dans nos villes de béton et de violences ! Que d'artifices autour de nous ! Que d'écrans qui s'interposent ! Que de bonheurs oubliés et perdus !

Ferrat nous fait prendre conscience de toute l'importance d'une nature que nous méprisons souvent ou que nous ne voyons plus... Ferrat chante un monde intact, la liberté, les oiseaux qui virevoltent dans le ciel, l'hirondelle, symbole du printemps et du renouveau...

Au passage, Ferrat compare les âmes des paysans à des "vignes noueuses" et dures à la tâche... et cet hymne au monde des paysans est empreint d'émotions !

 

Ferrat, le poète, met en évidence, avec ses mots, toute l'importance du monde qui nous entoure et que nous sacrifions à une modernité faite de plaisirs souvent factices. La mélodie limpide traduit bien ce bonheur de l'homme qui vit près de la nature...

 

 

 

 

 

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 15:03
Où sont les pierres, où sont les roses ?

 

 

 

La maison de notre enfance reste gravée dans l'esprit de chacun d'entre nous : tel est le thème de cette chanson interprétée par Françoise Hardy, intitulée, La maison où j'ai grandi...

 

Ce texte à la première personne traduit des sentiments que nous avons tous pu éprouver... un décor simple, des "roses, un jardin, des arbres" : ces souvenirs restent vivaces, comme le suggère l'emploi du présent de l'indicatif : " je revois, je vois..."

En contraste, les imparfaits : "là où vivaient des arbres, les fleurs que j'aimais tant" évoquent un passé révolu.

 

Les arbres personnifiés, associés au verbe "vivre" sont comme magnifiés.

Le rire, l'amitié, le partage font, aussi, partie de ce passé perdu : d'ailleurs, le thème des larmes souligne le déchirement : il a fallu, un jour, partir... certes, la découverte du monde était présentée comme un espoir, un renouveau : l'univers de la ville paraissait merveilleux, dans les lumières de la nuit.

L'espoir du retour était, pourtant, bien présent, comme le montre le discours :" je reviendrai, je prendrai le train du souvenir..."



L'emploi des différents temps : présent, imparfait, futur suggère l'écoulement inexorable du temps.

Ce temps a fui : la maison a disparu, et les interrogations montrent bien le désarroi : "Où sont les pierres et où sont les roses
Toutes ces choses auxquelles je tenais ? Et la maison, où est-elle, la maison
Où j´ai grandi ?"

On perçoit un attachement viscéral à un monde simple fait de pierres, de roses.

Le verbe "voler", très fort, souligne un vide terrible, dans l'expression : "D'autres gens, d'autres maisons ont volé leurs places..." 
La ville a remplacé le décor de l'enfance, associé au bonheur, aux rires.

L'adjectif possessif "ma" répété devant le mot "maison" insiste sur l'importance de ce lieu de l'enfance : "je ne sais pas où est ma maison..."

La mélodie douce et tendre accentue la nostalgie, la beauté, la simplicité des souvenirs évoqués... Elle s'anime à l'évocation du passé, des amis, du bonheur d'autrefois.

Le thème de l'enfance traité dans cette chanson est universel : le regret associé à cette période de la vie, la mélancolie du temps qui passe... la maison qui nous a vus grandir et qui, souvent, n'existe plus que dans des souvenirs. On perçoit aussi une ville envahissante qui a remplacé le modeste décor d'autrefois.


La fin de la chanson, grâce à des questions réitérées et insistantes, à la répétition du mot "maison", révèle un bouleversement, un désarroi.


Simplicité, émotion, poésie, tendresse sont réunies dans cette chanson, parue en 1966. Les paroles ont été écrites par Eddy Marnay et la musique composée par Adriano Celentano.

 

 

 

La chanson :


 https://youtu.be/Upg0BNJ3Y-Q



 



 



 

Où sont les pierres, où sont les roses ?
Où sont les pierres, où sont les roses ?
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