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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 12:48
Coucouroucoucou ! !

 

 

Dario Moreno incarnait la joie de vivre : son répertoire était plein de gaieté et d'humour...

On se souvient tous de ce titre : Si tu vas à Rio, et un peu moins de cette autre chanson : Coucouroucoucou !!

 

Cette chanson pleine de charme, et de drôlerie, évoque le roucoulement du pigeon destiné à séduire une "belle" : imitant le cri répété d'un pigeon, le refrain nous entraîne dans une mélodie lancinante et amusante, à la fois...

"Coucouroucoucou !" : on entend, d'abord, une colombe chanter sur une branche ... Et, à côté, un voit un pigeon énamouré, dont on comprend le désarroi : il bat de l'aile, et il roucoule en vain...

 

Une situation typique de l'amoureux éconduit nous est présentée ici. Soudain, on perçoit l'emploi de la première personne : "et moi, je pense à elle, si peu fidèle..." Le personnage qui s'exprime se confond, en fait, avec le pigeon du premier tableau...

 

Le vocabulaire de l'amour apparaît : "fidèle, mon coeur, aime"... Des clichés sont utilisés : "la blanche colombe", l'image du "printemps qui bourgeonne", les filles et les pigeonnes qui ont la même attitude, qui semblent volages !

 

"Coucouroucoucou"! Le roucoulement s'impose, alors, entremêlé de cris d'oiseaux. L'apostrophe "méchante" souligne le comportement indigne de la pigeonne infidèle qui, en plus, chante de bonheur, car elle a trouvé un nouvel amour.

Des cris de détresse, "aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe" ponctuent le texte, soulignant le désarroi de l'amoureux éconduit.

 

Le personnage s'invective lui-même, familièrement, comme s'il se dédoublait : "Et toi, pauvre fou, quand même, tu l'aimes." Les tourments de l'amour sont évoqués, de manière amusante et drolatique, avec des images conventionnelles...

 

On retrouve des clichés, la fragilité d'une pigeonne, la beauté d'une autre, sa coquetterie... Un dialogue s'instaure avec un interlocuteur, comme le suggère l'emploi de la deuxième personne : "ta pigeonne, la tienne", encore des clichés, puisque la femme semble appartenir à l'homme, être sa propriété...

 

Les deux acolytes pourront mêler leur chagrin, se raconter leurs déconvenues. Le texte s'achève sur ce cri d'espoir et avec un impératif : "fais qu'elle revienne !", comme si le personnage implorait le ciel.

 

Voilà une jolie parodie de chanson d'amour : constitué de clichés, le texte nous fait sourire souvent et le refrain nous emporte dans un tourbillon de cris d'oiseaux...

La mélodie, pleine de gaieté, souligne bien la parodie..

 

Cette chanson a été composée par Tomas Mendez, un chanteur d'origine mexicaine.

 

Dario Moreno nous a quittés en 1968, à l'âge de 47 ans, et on garde en mémoire sa voix, son sourire, sa bonne humeur.

 

 

https://youtu.be/tMl5WXxGjgs

 

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 08:39
Fête de la musique ou fête du bruit ?

 

 

 

On fêtait hier la musique : partout, des musiciens, des chanteurs ont rendu hommage à cet art majeur...

De nombreux concerts ont été organisés dans les rues, une fête sympathique à laquelle tout le monde peut participer.

 

Pourtant, la musique devient parfois un condensé de bruits et de vibrations tonitruantes. Le rythme est ponctué par une batterie lancinante qui se répète.

Du bruit, beaucoup de bruit, encore du bruit ! On est assourdi par l'intensité du son...

 

Ce fut le cas pour un concert auquel j'ai assisté hier...

Une musique à écouter ? ou une musique faite pour danser, ou plutôt pour bouger ?

Une musique délirante, hystérique, orchestrée par un DJ jeune, dynamique.

 

Tout était dans l'excès : le décor était kitsch, la scène était ornée de bouées, de fleurs géantes très colorées, de spots lumineux qui clignotaient.

Parfois, des fumigènes s'envolaient près des lumières... le clinquant dans toute sa splendeur...

 

La musique se déroulait selon des motifs répétitifs, le DJ qui assurait le spectacle se balançait en rythme et semblait vivre intensément la musique, il était même agité de soubresauts et de mouvements saccadés...

Le public tardait à venir  : il n'était que 17 heures, et la foule se faisait attendre.

 

Tout était prévu pour une soirée festive : à côté de la scène se trouvait un camion dédié à la consommation de nourriture : on vendait des burgers, des frites, des chips, on humait des odeurs de friture... les prix étaient affichés sur un tableau...

On était encore dans l'excès : excès de gras, de sel, excès de calories...

 

Nous vivons dans une société de démesure : il s'agit de vivre intensément, de s'abrutir de sons, de s'empiffrer de nourriture.

Tout nous incite à consommer des aliments dénaturés, la musique elle-même est outrancière, dans les rythmes, les sonorités.

 

Alors, bien sûr, ce sont des jeunes qui assistent à de tels spectacles, ils ont besoin de se défouler...

Mais le bruit auquel ils s'exposent dans ces concerts, la nourriture qu'on leur propose, ne peuvent que nuire à leur santé.

Et bien sûr, dans l'inconscience de la jeunesse, ils ne s'en soucient pas...

D'ailleurs, leur réaction devant ces concerts est elle-même hystérique : des cris, des hurlements.

Je n'ai pas assisté à la suite du spectacle : trop de bruits, trop d'outrances...

Pourtant, j'aime la musique ! La vraie, celle qui nous remplit d'émotions, celle qui parle à notre sensibilité, celle qui nous fait rêver !

 

Signe des temps : l'Elysée a organisé hier soir un concert électro... Pour l'occasion, Emmanuel et Brigitte Macron se sont autorisés un bain de foule, Brigitte Macron a même esquissé quelques pas de danse... comme un appel à la modernité ? Une façon d'attirer et de rallier les jeunes ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 08:10
Une chanson, c'est peu de chose...

 

 

Pour la fête de la musique, célébrons la chanson... en évoquant un magnifique texte consacré à cet art populaire...

Intitulée Allez savoir pourquoi, cette chanson interprétée par les Compagnons de la chanson, suggère bien tous les pouvoirs de la musique, tous ses charmes.

 

Combien de chansons ont rythmé nos vies, nous ont accompagnés depuis notre enfance !

 

"Une chanson, c'est peu de chose...", nous dit le poète, mais il en perçoit toute la valeur et toute la magie...

Un simple air de musique reste, ainsi, parfois gravé dans notre mémoire.

 

La chanson désignée par le pronom "ça" devient une entité mystérieuse et magique qui vient "se poser au creux d'une oreille" et qui "reste là."

Personnifiée, la chanson revêt ainsi une grande importance et semble vouloir nous accompagner comme une amie dans nos vies.

"Allez savoir pourquoi...", rajoute le poète, insistant encore sur la magie mystérieuse de la musique et de la mélodie, en s'adressant à chacun d'entre nous... 

 

On entrevoit aussi les thèmes évoqués : "les joies, les peines" sur lesquelles "se promènent" les chansons, des thèmes éternels qui nous concernent tous.

 

Puis, le poète suggère la naissance d'une chanson sur la guitare d'un "enfant du faubourg", à partir "de deux ou trois mots d'amour" qui sont comparés à des bouquets de fleurs, puisqu'ils ont "fleuri" sous les doigts de cet amoureux, belle image associée traditionnellement à la passion...

De quoi créer "un grand bonheur"... cette expression réitérée souligne bien l'exaltation de l'amoureux.

"Une guitare en bois, des mots d'amour", voilà la recette éprouvée de nombreuses mélodies que nous gardons en mémoire...

L'hymne à l'amour, Quand on n'a que l'amour, Que serais-je sans toi, Aimer à perdre la raison, Les mots bleus... tant de titres nous viennent à l'esprit.

 

Le poète évoque aussi les rimes qui accompagnent et rythment la chanson, oeuvre poétique, par excellence.

 

Le poète nous laisse, ensuite, entrevoir le processus ancien de diffusion et de transmission de la chanson : on entend "un titi de Paris" qui siffle une rengaine en retrouvant "Mimi", et "Mimi" la répercute, à son tour.

Le thème amoureux revient avec l'évocation d'un troubadour  dont le sommeil est hanté par une dame : dès lors, il ne peut que passer sa nuit à composer une nouvelle chanson...

L'amour, encore et toujours, a inspiré tant de poèmes et tant de chansons !

 

La mélodie rythmée, emplie de gaieté nous invite à célébrer le bonheur, le bien-être, les émotions que nous procure la musique...

 

 

 

 

Auteur: Jean Broussolle

Compositeur :  Jean-Pierre Calvet

 

 

 

 

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 12:31
Des chevaux qui dansent...

 

 

Des chevaux qui dansent, en musique, en rythme, en cadence, des chevaux qui se croisent dans une parfaite harmonie, domptés par leurs cavalières et leurs cavaliers... un spectacle équestre est un véritable enchantement...

 

Beauté, noblesse de l'animal, complicité et connivence avec l'homme, on est subjugué par tant d'adresse et tant d'habileté. 

 

Dès le premier tableau, les cavalières font corps avec le cheval : tenue sombre, elles mettent en valeur les robes blanches de leurs chevaux.

Les crinières frémissent légèrement au vent. Les montures s'alignent comme par magie, forment des figures, des rondes...

 

Puis, c'est le quadrille des jupes : en tenues colorées, chatoyantes, des fillettes s'avancent sur des poneys et saluent la foule d'un baiser...

Les jupes aux teintes éclatantes lancent des reflets moirés... un régal pour les yeux...

D'autres demoiselles sur leurs chevaux les rejoignent... les jupes flottent aux pas cadencés des montures.

Une musique emplie de gaieté et de fraîcheur scande ce ballet...

 

Le jeu du bouquet offre l'occasion de courses effrénées entre les chevaux : il convient de protéger un bouquet de l'attaque de deux autres cavaliers.

 

Dans le tableau suivant, un poney est guidé par une longe, la cavalière se tenant derrière l'animal : pas de côté, tour de piste, danse tourbillonnante...

 

Puis, ce sont les amazones qui rentrent en scène : les cavalières chevauchent, les deux jambes du même côté du cheval... souples, légères, elles semblent l'image même de l'élégance, elles semblent survoler leur monture.

 

On peut, ensuite, admirer une démonstration de "monte à cru", sans selle : habileté, équilibre, coordination... 

Et les chevaux dansent encore, en musique...

 

Spectacle envoûtant : on est rempli d'admiration devant tout le travail mis en oeuvre... tout semble si facile, et pourtant, le dressage des chevaux est un art à part entière...

Spectacle complet : musique, costumes, chorégraphie, harmonie, élégance...

Bravo à tous ceux qui ont participé à cette fête somptueuse !

 

 

 

 

 

Spectacle présenté par le Centre équestre de la Bastide à Nîmes

 

 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 14:06
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson, ma France...

 

 


"Ma France" reste, dans nos mémoires, comme une des plus belles chansons de Jean Ferrat : une véritable déclaration d'amour à la France et au peuple qui a fait son histoire...

 

La France personnifiée, humanisée devient sous la plume de Jean Ferrat l'image d'une femme aimée à qui on dédie une chanson.

Le poète s'adresse à elle comme à une maîtresse, ce que suggère bien l'apostrophe réitérée : "Ma France"... Il alterne la première et la deuxième personne, instaurant un dialogue avec elle.

 

Dès la première strophe, il évoque des paysages variés pour la décrire : "De plaines en forêts de vallons en collines...", puis des saisons distinctes " du printemps à tes mortes saisons..." comme pour mieux en souligner toutes les beautés si bien que le poète ne peut que prolonger indéfiniment son éloge.

Puis, il égrène quelques régions qui lui sont chères et en fait des esquisses emplies de poésie : 

"Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche..."

Des images qui restituent des ambiances, des paysages dans leur simplicité et leur vérité... Ferrat décrit la France, comme le ferait un peintre, avec des couleurs, des formes...

 

Il sait aussi suggérer un esprit français dans ces expressions : "Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche..."

 

Et la chanson n'est pas seulement une déclaration d'amour à un pays, elle est aussi un texte engagé qui souligne une soif de liberté et de justice inextinguible...

Cet "air de liberté" qui caractérise la France, qui a fait sa réputation "au-delà des frontières" et qui nous vient de la Révolution est bien ancré dans l'histoire, comme le montre l'évocation de Robespierre, grande figure de la Révolution française.

 

Puis, le poète égrène tous ceux qui ont construit cette France dans une énumération qui mêle hommes illustres et anonymes : "le vieil Hugo tonnant de son exil", "des enfants de cinq ans travaillant dans les mines", des ouvriers représentés par des "mains qui ont construit des usines...", la France fusillée lors de la Commune, sur l'ordre d'Adolphe Tiers.

L'énumération montre bien l'injustice subie : ceux qui ont oeuvré pour la France se retrouvent sous le feu des balles.

 

Puis, des artistes engagés sont convoqués, "Picasso, Eluard" qui ont lutté pour la paix, et qui ont dénoncé les horreurs de la guerre.
Leur message se perpétue pour dire qu'il est "temps que le malheur succombe".

 

Et toutes les voix de ceux qui font la France sont associées en une seule, comme pour former une belle harmonie et une belle unité... une voix vouée aux sacrifices, aux "fosses communes" : le poète dénonce les gouvernants, ceux pour qui souffrent les travailleurs, en les interpellant, avec l'emploi de l'adjectif possessif de la deuxième personne "vos crimes, vos erreurs..."

 

Ferrat rend hommage aux travailleurs, au petit peuple, à cette France "qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien..."

Une France dont Ferrat nous fait percevoir tout le labeur, avec pour seul trésor "ses nuits blanches". L'association du mot "or" avec l'expression "nuits blanches" restitue toute la valeur du travail fourni par les plus humbles.
Le peuple est ainsi magnifié dans cette lutte quotidienne qu'il mène pour faire vivre le pays...

Une lutte pour travailler, une lutte, aussi, pour dénoncer les injustices symbolisées par "l'affiche qu'on colle au mur."

 

Et Ferrat évoque cette France qui se révolte dans cette expression bâtie sur une antithèse frappante de verbes de mouvement : "qu'elle monte des mines, descende des collines."

Le poète s'associe à cette France, avec ces mots : "celle qui chante en moi", soulignant ainsi sa complicité et sa solidarité.

 

Désignée par les adjectifs "la belle, la rebelle", la France est de nouveau magnifiée et valorisée dans ses révoltes mêmes.

"Celle qui tient l'avenir serré dans ses mains fines", à nouveau personnifiée, la France des travailleurs mérite d'être célébrée.

Et dans le dernier vers, le poète évoque d'autres mouvements populaires célèbres dans cette expression : "Trente six, soixante huit chandelles".

 

La mélodie qui alterne douceur et force traduit à la fois tendresse et révolte.

Bel hymne à la liberté, cette ode à la France, à ses travailleurs, ses artistes traduit l'attachement du poète à ce pays si riche d'histoire, de révoltes, de luttes...

 

 


 

 

 

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 13:39
Retrouver une spiritualité...

 

 

La lenteur, la méditation, la réflexion, le rêve, la pensée... autant de valeurs spirituelles qui se perdent...

Notre monde matérialiste valorise la vitesse, la quantité, le chiffre, la rentabilité.

Et on en oublie l'importance de la spiritualité : bousculés par un monde qui va de plus en plus vite, on ne prend plus le temps de savourer, d'observer, de regarder, de percevoir...

 

Comment retrouver une spiritualité dans cet univers voué aux objets et à la vitesse ?

Comment renouer avec une harmonie perdue ?

Savoir retrouver le contact avec la nature et le cosmos...

Percevoir l'harmonie du monde, et se laisser aller au rythme des saisons...

Observer les arbres, le ciel, les nuages, les fleurs d'un jardin, en percevoir toutes les beautés.

 

Regarder ! On oublie trop souvent de le faire : on se contente de voir fugitivement des images sur un écran, on se laisse éblouir par des images lumineuses, attractives, aux couleurs criardes.

Les spectacles télévisés se parent de strass, de lumières éblouissantes.

 

Et on oublie de lire, de savourer une page bien écrite, de relire et de s'imprégner de la poésie d'un texte...

 

Ecouter de la musique avec recueillement et attention, écouter le silence et les bruits imperceptibles du monde...

Nous sommes trop souvent occupés et obnubilés par des écrans de toutes sortes.

Il convient de s'en abstraire et de retrouver le réel, se reconnecter avec le monde, les êtres humains qui nous entourent...

 

Le printemps arrive : c'est le moment d'observer une nature qui se renouvelle.

Le beau temps nous y invite, le soleil inonde les arbres de lumières, les magnifie alors qu'ils retrouvent leurs éclats de verdure...

Les marronniers se parent de fleurs aux teintes de roses, les seringas font éclore des parfums subtils, les genêts resplendissent de couleurs chaleureuses...

La nature se métamorphose et nous offre des spectacles toujours changeants...

 

Admirer, c'est l'essence de la philosophie... admirer au sens ancien du terme : "s'étonner", questionner le monde qui nous environne...

Il ne s'agit pas d'admirer béatement, mais de comprendre et de percevoir l'harmonie de la nature...

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Retrouver une spiritualité...

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 13:47
Elle avait ce charme de la sincérité et de l'émotion...

 

 


France Gall nous a quittés ce dimanche, à l'âge de 70 ans... On se souvient de nombreuses chansons de son répertoire : Il jouait du piano debout... Résiste... Débranche... 

Et puis aussi de ce bel hommage à une chanteuse de jazz nommée Ella Fitzgerald, à la voix sublime... tout le monde connaît le thème de cette chanson composée par Michel Berger, intitulée Ella, elle l'a...

L'interprétation de France Gall qui oscille entre douceur et enthousiasme souligne bien le rayonnement de cette voix.

Le texte évoque, d'abord, une sorte de bonheur contenu dans la voix : "une gaieté, un sourire"... puis, il fait allusion à "quelque chose", expression volontairement vague qui traduit le mystère et la magie de cette voix "qui paraît nous dire "viens" 
Qui nous fait sentir étrangement bien..."

On entend un murmure qui apaise, et qui séduit.

Cette voix qui attire irrésistiblement, est, d'ailleurs, admirablement soulignée par la mélodie de Michel Berger, entraînante et légère.

Le poète procède par comparaisons, pour mieux nous faire percevoir tout le charme de cette voix qui semble contenir tout un monde et tout un passé culturel : "C'est comme toute l'histoire Du peuple noir..."qui oscille entre "amour et désespoir".
L'antithèse souligne bien toute la richesse et les subtilités de cette voix unique, ainsi que les vicissitudes du peuple noir soumis à l'esclavage, au désarroi, à la misère.

Jouant sur le prénom de la chanteuse, "Ella", Michel Berger met en évidence tous les dons qu'elle possède : "Elle a...Ce je n'sais quoi 
Que d'autres n'ont pas 
Qui nous met dans un drôle d'état..."

On retrouve ce vague de l'expression qui restitue un certain mystère :"ce je ne sais quoi..." qui transforme l'auditeur, le bouscule et provoque une émotion particulière.

Le refrain qui retranscrit ce pouvoir par la répétition du son "ou" nous fait percevoir une sorte d'évasion et de bonheur plein de douceur.

L'auteur évoque aussi "un don du ciel", une voix quasi-divine, accordée par les dieux, qui sublime la chanteuse et la rend "belle".
D'autres expressions viennent compléter cette impression : "ce tout petit supplément d'âme 
Cet indéfinissable charme 
Cette petite flamme".

Des mots pleins d'intensité, "flamme, charme" traduisent la force de cette voix, son pouvoir infini de séduction et la voyelle "a" répétée semble restituer une forme d'admiration à l'égard de la chanteuse.
Les sonorités de fricative "f", de sifflantes "s et de chuintante "ch" très douces insistent sur une forme d'ensorcellement.

Le couplet, qui suit, montre bien le bonheur de chanter, à partir de rien : "Tape sur des tonneaux 
Sur des pianos 
Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains..."

C'est toute l'âme africaine qui ressort et s'emballe, qui aime à s'extérioriser et chanter aussi bien le bonheur que le chagrin.
Le mot "pouvoirs", employé au pluriel, suggère toute la tessiture de cette voix, qu'il faut chercher au plus profond de soi, un bien précieux qui ne s'achète pas :
"Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi 
Tu vois ça ne s'achète pas 
Quand tu l'as tu l'as..."

Le texte et l'interprétation pleine de vérité, d'émotions de France Gall insistent bien sur tous les mystères de cette voix, et la mélodie rythmée, vivante, endiablée, ou plus douce restitue toutes les richesses du talent de la chanteuse...

 

 

 

 


 

 

 

 

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 10:22
Noël : n'oublions pas le message originel...

 

 

Qu'est-ce que la fête de Noël ? Quel est le message originel ? C'est bien sûr, celui de la crèche où un enfant est né dans la pauvreté, il y a deux mille ans, un enfant qui symbolise toute la richesse de l'amour.

 

Ce message a été oublié, perverti, car Noël est devenu dans nos sociétés une fête de la consommation, une célébration du capitalisme triomphant : que de richesses étalées dans les "temples de la consommation" que sont les grandes surfaces !

Quel luxe ! Quelle opulence !

Oublié l'esprit de Noël ! Oublié le message originel !

 

Pourtant, ce message véhicule de belles valeurs, des idées de partage, de simplicité, d'harmonie : dans la crèche, on voit des gens simples venir rendre hommage à un enfant, symbole d'espoir, de paix.

Les bergers apportent des cadeaux à l'enfant : c'est une célébration du don et de l'échange.

 

Les personnages représentés sont des gens humbles et modestes : meunier, rémouleur, porteuse d'eau, etc.

C'est cet esprit de Noël qu'il faut avoir en tête.

 

Même si je ne suis pas croyante, comment ne pas adhérer à ces valeurs ?

Je ne peux les renier : elles constituent des repères de notre civilisation.

Faudrait-il renier ces valeurs ? Faudrait-il les oublier ?

Notre culture est empreinte de ces valeurs.

 

La musique sacrée a produit des chefs d'oeuvre : Bach, Mozart, Schubert, Gounod et tant d'autres ont écrit des morceaux magnifiques.

L'art sacré, c'est une évidence, a créé des merveilles : peintures, fresques, icônes, vitraux etc.

N'oublions pas le génie de Pascal, de Péguy, de Saint Augustin...

Cette culture est la nôtre : elle est belle, remplie de messages de paix et d'amour.

C'est notre héritage, c'est le mien.

 

En ces temps où tout s'accélère, nous avons besoin de ces repères : le nihilisme ne vaut rien pour faire un mauvais jeu de mots.

La culture nous relie au passé, à tous ceux qui nous ont précédés et qui ont oeuvré pour faire vivre cette culture et nous la transmettre.

 

Nous leur devons respect et reconnaissance : car même si la religion a été dévoyée et pervertie, elle a aussi produit des oeuvres somptueuses.

Ces oeuvres sont un patrimoine à préserver précieusement, un héritage essentiel...

Il en est de même pour le message de la crèche : un enfant fragile, nu qui symbolise un Dieu, mais aussi notre humanité, et qui évoque l'amour...

 

 

 

 

 

 

 

Noël : n'oublions pas le message originel...

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 11:29
Retiens la nuit... l'amour maintes fois chanté par Johnny...

 

 

La fragilité du bonheur, le temps qui passe et que l'on ne peut retenir, l'instant fugace de l'amour, on a tous en tête cette chanson de Johnny Halliday : Retiens la nuit...

Douce mélodie de l'amour, mélancolie associée à la fuite du temps...

 

La chanson s'ouvre sur un impératif : "Retiens la nuit...", un rêve fou de suspendre le temps et de l'arrêter dans un moment de bonheur et d'extase.

Les amoureux sont réunis dans un moment d'intimité : "pour nous deux... pour nos coeurs."

 

Un désir de prolonger l'instant fragile du bonheur est évoqué dans cette expression : "jusqu'à la fin du monde."

Un besoin d'absolu et de fusion avec l'être aimé s'exprime alors : "Serre-moi fort contre ton corps..."

Une façon de conjurer le temps qui passe inexorablement, une façon d'interrompre "sa course vagabonde". Le temps personnifié dans cette expression ne semble-t-il pas une force irrésistible ?

 

Un "grand amour" est évoqué : il pourra, au cours d'un instant, "rayer le jour" et faire oublier la pesanteur de la vie et ses tracas.

L'amour salvateur tant de fois raconté dans les chansons de Johnny est ici magnifié.

Il est aussi associé à "l'heure des folies", expression où l'on retrouve le thème traditionnel de l'amour fou.

 

Et l'impératif "Retiens la nuit" revient comme si l'amoureuse avait ce pouvoir de suspendre le temps, grâce à la force de son amour... l'amour qui transcende la vie, qui la rend plus belle comme le montre la phrase : "Avec toi, elle paraît si belle".

 

L'expression se fait alors plus insistante et plus précise : "Arrête le temps et les heures..."

Et la chanson devient une prière : "Je t'en supplie, à l'infini, Retiens la nuit."

 

Le couplet suivant suggère bien toute l'ambiguïté et la fragilité du bonheur : le vocabulaire est sombre, avec les mots : "tristesse, détresse, peur"...

Le bonheur est présent, mais il paraît si volatil et le poète qui parle à la première personne perçoit que ce bonheur est menacé et que la peur se mêle aux joies de l'amour.

Les antithèses viennent souligner toute cette ambiguïté :

"Ne me demande pas d’où me vient ma tristesse 
Ne me demande rien tu ne comprendrais pas 
En découvrant l’amour je frôle la détresse 
En croyant au bonheur la peur entre en mes joies..."

 

Belle chanson d'amour et de passion ! Et Johnny a su la faire vibrer de sa voix douce et puissante, à la fois.

Une voix, des mélodies et des textes qu'on n'oubliera pas... c'est certain.

Les années 60, le twist, le rock, le temps des slows, le temps des copains... toute une époque...

 

 

C'est Charles Aznavour qui a signé les paroles de cette chanson, Georges Garvarentz en a composé la musique.

 

 

 

 

 

 

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 12:02
Une rentrée sous le signe de la musique...

 

 

Le nouveau ministre de l'Education, Jean Michel Blanquer a imaginé une rentrée "en musique"...

"Il s'agit de proposer aux élèves, qui étaient déjà présents l'année précédente, d'accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue", précise un communiqué de l’Education nationale.

 

En voilà une bonne idée ! L'éducation artistique a été trop souvent négligée, ces dernières années : elle est pourtant essentielle.

 

Où sont passés les cours de dessin, de musique, de travaux manuels que des professeurs qualifiés dans ces domaines prodiguaient autrefois aux élèves ?

 

Ces formations à l'art permettent une ouverture à la sensibilité : une qualité qui se perd dans notre monde d'indifférence et d'inattention.

A l'heure où les voitures sont bardées de capteurs, où elles peuvent se conduire seules, il est important de former l'attention des jeunes générations.

 

Il faut réhabiliter ces disciplines : la musique, le dessin.

L'enseignement artistique offre à chacun un épanouissement, un bonheur de la découverte.

 

Que serions-nous donc sans la musique qui apaise les coeurs et provoque tant d'émotions ?

C'est un langage universel qui parle à chacun de nous : elle peut exprimer toutes sortes de sentiments, joie, exaltation, douleur, révoltes.

Elle permet de réunir les gens, de les faire vibrer à l'unisson devant la beauté de certaines harmonies.

 

La musique est un art premier : la nature elle-même nous offre des musiques diverses, chants d'oiseaux, murmure du vent dans les arbres, bruissements d'une source.

 

Le dessin, la peinture sont aussi un langage universel accessible à tous.

Le dessin nous apprend la maîtrise du geste, une concentration, une observation minutieuse du monde.

Il nous permet une redécouverte de la nature : dessiner un arbre, c'est en percevoir toutes les formes, tous les détails, toutes les beautés.

 

Un grand nombre d'élèves ne savent plus se concentrer pendant les cours...

Il est donc important de retrouver ce goût de l'attention qui tend à se déliter dans notre monde moderne où défilent les images.

Le dessin, c'est justement la possibilité de faire un arrêt sur image.

 

Alors, bien sûr, l'idée de proposer une rentrée en musique est intéressante.

Mais on attend aussi que soient vraiment réhabilités les enseignements artistiques dans notre système scolaire...

 

 

 

 

 

 

Une rentrée sous le signe de la musique...

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