Un meurtrier qui a avoué son crime ne sera jamais jugé, ni condamné car les faits sont prescrits : où est la justice ?
Concernant le mobile du meurtre, Yves Chatain, le meurtrier avait indiqué seulement que la voiture de Marie-Thérèse Bonfanti le gênait pour se garer !
"Une injustice violente : l'incompréhension de la famille de Marie-Thérèse Bonfanti, dont le meurtre avoué par leur ancien voisin, 36 ans après, est jugé prescrit par la Cour de cassation...
La plus haute juridiction a tranché, vendredi 16 janvier, avec une décision qui fera date : un homme avait reconnu, 36 ans après les faits, le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti. La famille de la victime avait retrouvé l'espoir de voir son meurtrier condamné, mais la Cour de cassation a estimé que l'affaire était prescrite. Un coup dur pour d'autres crimes non élucidés...
C'est une famille entière, condamnée à ne jamais voir la justice rendue. Marie-Thérèse Bonfanti a disparu il y a 40 ans. Son mari, ses frères et sœurs, ses enfants n'ont jamais cessé de se battre. En 2022, la justice tient enfin un suspect qui avoue le crime. Aujourd'hui, pour la Cour de cassation, les faits, trop anciens, sont prescrits. Le tueur présumé ne sera jamais jugé.
"À l'époque, j'avais quatre ans et demi. Je vous laisse imaginer ce que ça peut engendrer chez moi. La justice, en fait, elle dit aujourd'hui qu'il n'y aura pas de procès", regrette Erika Bonfanti, fille de la victime, très émue.
"Quelles paroles je dois dire à mes enfants ? On leur a arraché leur mère. Ma vie a été bouleversée. Je trouve ça vraiment d'une injustice violente", interroge pour sa part Thierry Bonfanti, le mari de Marie-Thérèse.
Le 22 mai 1986, alors qu'elle distribue des prospectus dans son quartier, Marie-Thérèse Bonfanti disparaît. On retrouve sa voiture, son sac à main mais aucune trace de la jeune mère de famille. Son voisin Yves Châtain est placé en garde à vue, puis relâché, faute de preuves. Pendant des années, l'enquête piétine. Jusqu'en 2022, où le pôle cold case rouvre l'enquête. Yves Châtain, le voisin de l'époque, est à nouveau interpellé et cette fois, il passe aux aveux. "Je l'ai étranglée sur le pas de ma porte, mais je ne l'ai pas frappée", avouera-t-il.
Il indiquera même le lieu précis où il a enterré le corps. Ce crime, commis il y a 40 ans, est prescrit, le suspect était jusqu'à aujourd'hui simplement placé sous contrôle judiciaire.
"Il y a aujourd'hui, à l'instant où je vous parle, une personne qui a dissimulé un corps, qui va se voir délié de son contrôle judiciaire, qui va pouvoir terminer ses jours le plus librement possible", pointe Me Bernard Boulloud, avocat de la famille Bonfanti.
La décision rendue aujourd'hui par la Cour de cassation aurait pu faire jurisprudence, et augmenter le délai de prescription. Ça ne sera pas le cas. En matière de crime, il reste à 20 ans. Au-delà, l'affaire est définitivement classée."
Source :
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