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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 16:39
Désormais, un mot à bannir : chrétiens ?

 


 Devant le tollé général suscité par sa décision de censurer une affiche d'un concert des Prêtres, au "bénéfice des chrétiens d'Orient", la RATP a annoncé qu'elle revenait sur sa décision. Les nouvelles affiches, concernant le concert du choeur des prêtres du 14 juin prochain, comporteront, bel et bien, la mention "En faveur des chrétiens d'Orient."


Ouf ! On s'étonne, tout de même, de la première réaction de la RATP qui, à la suite de différentes pressions, avait décidé de supprimer l'expression "en faveur des chrétiens d'Orient", au nom de la laïcité.

La laïcité deviendrait -elle synonyme de bannissement et de censure ?

Après la vaine polémique des crèches installées dans certains lieux publics, on a vu renaître des délires invraisemblables sur une simple mention "au bénéfice des chrétiens d Orient" !

Ce mot "chrétien" serait-il une insulte, serait-il à bannir de tous les lieux publics ?


 

C'est absurde ! Alors qu'il s'agit de dénoncer les exactions, les crimes commis par des barbares sur des êtres humains, en l'occurrence, des chrétiens, on mégote sur l'emploi du terme chrétien...

La laïcité ne doit-elle pas se mettre au service des justes causes ? Quand des chrétiens se font massacrer par l'Etat islamique, peut-on rester indifférent au sort qui leur est réservé, faut-il fermer les yeux ? L'espace public doit -il être coupé du monde et de ses réalités ?

C'est, d'ailleurs, une attitude qui se répand : un mépris de ce qui se passe hors de nos frontières, un refus de voir ce qui se passe au loin, une forme de lâcheté confortable...


Faudra-t-il même s'interdire de prononcer certains mots ou de défendre des causes qui le méritent ?

On se souvient, aussi, que des crèches installées dans des lieux publics avaient suscité des révoltes et des indignations. Pourtant, les crèches sont une tradition bien vivante, dans nombre de régions, notamment en Provence...

Et ces crèches ne sont, pas du tout, une publicité pour la religion chrétienne, elles répondent à des habitudes, des traditions anciennes.

Dans le cas de cette affiche, un moment censurée, on perçoit les dérives d'une laïcité intransigeante, sans nuances, qui ne sait pas s'adapter à la vie des gens, à la réalité.

On voit bien les excès auxquels on aboutit : un simple mot provoque des réactions inadaptées et démesurées.

Un simple mot devient une affaire d'état, alors que ce mot fait partie, aussi, de notre culture !


Assez de polémiques inutiles qui ne traitent pas des vrais problèmes ! Va-t-on en arriver à renier toutes nos racines chrétiennes, au nom de la laïcité ?

C'est absurde et on voit que certains s'emparent de la notion de laïcité pour s'attaquer à la liberté d'exprimer des idées, ou encore pour stigmatiser des traditions qui font partie de notre culture... Les français sont, aussi, en majorité des chrétiens, de culture chrétienne.

Défendre les chrétiens d'Orient n' est-il pas un devoir, ne faut-il pas s'opposer à tous les massacres et toutes les oppressions, d'où qu'elles viennent ? Evitons de confondre neutralité et aveuglement...

La neutralité ne doit pas non plus nous conduire à une forme de lâcheté : le refus de voir des oppressions, des crimes, des horreurs...


 


 
http://www.20minutes.fr/societe/1580055-20150406-affiche-censuree-metro-bevue-ratp-devient-affaire#xtor=RSS-145



 

Désormais, un mot à bannir : chrétiens ?
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 07:44
La galline, un mot qui rayonne d'éclats solaires...

 

 

La galline, un mot bien connu en Provence, venu du latin "gallina", désigne la poule, dont les oeufs, symboles de vie, de fécondité, de renaissance sont traditionnellement associés à la fête de Pâques.

Le mot "galline" a été remplacé, en français, par le nom "poule", issu, lui, du latin "pullus", "le petit d'un animal".

La "galline" ! Voilà un mot qui rayonne d'éclats solaires, un mot du sud, dont les sonorités évoquent le parler de Provence...

La galline nous fait entendre des éclats de rires, avec sa voyelle "a", très ouverte, le son "i" plus fermé.

Il existe, à Marseille, une chapelle dédiée à la Galline, chapelle située au lieu-dit la Nerthe, dans le 16e arrondissement, sur les hauteurs de l'Estaque...

 Le nom de la chapelle "Notre Dame de la galline", lui vient d'une statue de la vierge et de l'enfant Jésus qui porte, sur son bras, une poule. La statue en bois richement décorée d'or, aux couleurs de bruns et de bleu suscite l'intérêt et l'admiration de tous les visiteurs... La vierge et l'enfant  couronnés de diadèmes scintillants, esquissent un léger sourire, empli d'apaisement...

La poule qui protège ses oeufs, ses poussins n'est-elle pas un symbole de maternité et de bienveillance ?
La vie, si précieuse, représentée par l'oeuf doit être entourée de protections, d'autant plus lorsqu' elle en est à ses débuts...
Ainsi, la galline nous montre l'importance de la vie, si fragile, soumise à tant d'aléas et de difficultés.

Dans un monde de haine, où sévissent encore tant de guerres cruelles et inutiles, où des barbares tuent, assassinent, en ces jours de fêtes de Pâques, il serait temps de prendre conscience que, seule, la vie a de l'importance : toute vie mérite notre attention, et notre protection.

La poule connaît le prix de la vie, la galline protège sa couvée, comme une mère peut le faire...

Le mot, lui même, "la galline" résonne d'échos bienveillants, avec le suffixe  -ine qui a, souvent, une valeur de diminutif, à connotation affective...

La galline évoque aussi le sud, la beauté des paysages, et des collines, autour de l'Estaque, le thym, le romarin, la lavande, la garrigue, des parfums de Provence...

La mer toute proche, ses enroulements de vagues, ses murmures infinis, ses embruns de liberté et d'audace, ses colères et ses tempêtes.

 

Le soleil du sud, quand souffle le mistral et  que le ciel s'embrase de bleus...
La "galline" nous raconte tous les parfums, toutes les couleurs, toutes les harmonies, les chants du sud !

La "galline" nous raconte des ruissellements d'oliviers, des gringoles couvertes de pins, des calanques de pierres blanches.

Elle nous emmène vers le Sud rayonnant, vers le soleil, source de vie, de bonheur...
 

 

 

Photo  en haut de l'article, auteur : Eponimm  creative commons

Notre Dame de la Galline : la statue de la Vierge et de l'enfant Jésus qui porte une poule  Photo de Fr Latreille   creative commons

Notre Dame de la Galline : la statue de la Vierge et de l'enfant Jésus qui porte une poule Photo de Fr Latreille creative commons

Le vitrail de Notre Dame de la Galline  Photo de Fr  Latreille  creative commons

Le vitrail de Notre Dame de la Galline Photo de Fr Latreille creative commons

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 13:58
Un poisson pour ouvrir le mois d'avril...

 


 
Le mot "poisson" remonte à l'antiquité : issu du latin "piscis", ce terme générique désigne toutes sortes de variétés : sole, sardine, rascasse, thon, cabillaud, loup, truite, brochet, dorade, girelle, lotte, autant de noms différents et évocateurs pour ces habitants des mers et des fleuves...

Ce terme "poisson" suggère des images marines étonnantes : des poissons irisés de soleil sous l'eau, aux reflets ondoyants, des éclats de couleurs variés, des brillances, des dorures. Le mot lui-même, avec sa labiale initiale "p", ses deux sifflantes "ss", sa voyelle nasalisée "on", nous emmène dans une autre dimension, celle des profondeurs marines, mystérieuses, envoûtantes, secrètes.

Le mot résonne d'éclats grâce à ses deux sifflantes qui nous font percevoir des éclats de soie, des écailles somptueuses. La voyelle nasalisée nous montre les ondoyances de l'animal sous les flots : le poisson ondule, se meut avec souplesse dans l'élément marin.

 

De nombreux mots sont des dérivés du nom latin "piscis" : le pêcheur, le pescadou, le verbe "pêcher", l'adjectif "piscivore", la piscine, la pisciculture. Et dans certains de ces mots, on retrouve le radical ancien "piscis", non altéré, alors qu'il a subi des évolutions phonétiques notables dans le terme "poisson"...


Le nom "poisson" révèle, ainsi, une formation populaire et familière, ce mot n'en paraît que plus précieux : issu du peuple, il a donné, lui-même, lieu à des dérivés : poissonneux, poissonnier, poissonnerie.


En grec, c'est le terme "ichthys" qui désigne le poisson : il est à l'origine de quelques termes savants : "ichtyophage, ichtyosaure, ichtyologie". Ce mot suggère bien, par sa graphie et ses consonnes aspirées, toute l' étrangeté de cet animal lié au monde marin.

 

Le poisson revêt toutes sortes de formes et de dimensions : certains de ces êtres aquatiques ressemblent à des galets posés au fond de l'eau, d'autres sont hérissés d'antennes aux reflets d'ocres, d'autres brillent de reflets argentés... Certains s'irisent d'écailles sombres ou luisantes...

Les poissons évoquent, ainsi, le monde de la mer, des odeurs iodées, des embruns, des images de vagues redoublées souvent impétueuses, des images d'infini et de liberté...

Les vagues se hérissent d'écumes, de brumes éblouissantes, la mer fait entendre son chant redoublé, ses murmures infinis, elle déroule ses couleurs variées et nuancées : verts, bleus, ocres, blancs. Les vagues déferlent sur la grève... et sur le bord, on peut entrevoir ce monde marin, où ondoient des muges, des gobies, du menu fretin.

 

Le poisson lié à la mer, aux fleuves et aux rivières, à l'eau, à la fluidité des ondes, nous laisse entrevoir des transparences, des clartés, des limpidités, il nous emporte dans les replis des flots, il nous fait rêver à un monde ondoyant, plein de mystères...

 

 

 

 

 

 

Un poisson pour ouvrir le mois d'avril...
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 16:09
Voici revenu le temps des asperges...

 

Voici revenu le temps des asperges ! Temps si court, si rapide, où nous sont offertes ces pousses délicieuses, qu'on aime savourer à la vinaigrette.

L'asperge annonce le printemps, les beaux jours, elle se cache sous la terre, et il faut la cueiilir dans les profondeurs du sol.

Le mot lui-même révèle des sonorités pleines de douceur, sifflante "s", labiale "p", chuintante "g". Seule la gutturale "r" lui apporte une pointe d'amertume...

Blanche, verte, ou violette, l'asperge est un mets délicat et précieux. Sa saveur pleine de finesse, de fraîcheur, de simplicité nous donne un avant-goût du printemps.

Délices d'asperges ! Pousses sauvages qu'on peut découvrir en pleine nature !

Le mot "asperge", venu du latin "asparagus" et plus anciennement du grec "asparagos", comporte des origines lointaines. Le terme "asparagos", avec sa voyelle "a" réitérée, nous fait entendre des sonorités emplies de poésie : ce mot redondant déroule ses syllabes dans une belle harmonie...

L'asperge a des racines gecques, elle renvoie à un passé mythique, celui de la Grèce antique, "l'asparagos", avec sa finale grecque, nous fait entendre cette langue d'autrefois qui est si présente dans de nombreux mots français !

Le nom "asparagos" nous fait goûter à des sonorités lointaines, exotiques et étranges...

"L'asparagos" nous montre que notre langue est constituée de latin, de grec et que ces langues vivent, encore, dans des mots très simples du quotidien, que tout le monde connaît.

L'asperge, plante grecque et latine était très appréciée par les anciens : elle entrait dans des recettes raffinées qui nous sont parvenues, grâce à Apicius, un célèbre gastronome du premier siècle, par exemple, la Patina de asparagis frigida ou Patina froide d'asperges...
 
  PATINA DE ASPARAGIS FRIGIDA
 Accipies asparagos purgatos, in mortario fricabis, aqua suffundes, perfricabis, per colum colabis. Et mittes <in caccabum> ficedulas curatas. Teres in mortario piperis scripulos VI, adicies liquamen, fricabis, <postea adicies> vini cyathum unum, passi cyathum unum, mittes in caccabum olei uncias III. Illic ferveant. Perunges patinam, in ea ova VI cum oenogaro misces, cum suco asparagi impones cineri calido, mittes impensam supra scriptam. Tunc ficedulas compones. Coques, piper asperges et inferes.
Apicius, Art Culinaire, livre IV, 132
Vocabulaire du texte
 
Traduction :
Patina froide d'asperges
Prenez des asperges bien nettoyées, écrasez-les dans un mortier, arrosez-les d'eau, écrasez-les complètement, et passez au tamis. Mettez <dans un plat> des becfigues vidés. Pilez dans un mortier six scrupules de poivre, ajoutez du garum et triturez, puis un cyathe de vin et un de vin paillé. Mettez trois onces d'huile dans une cocotte où vous ferez bouillir le tout. Graissez une casserole, mélangez-y six oeufs avec du garum au vin et placez-la avec la purée d'asperges dans la cendre chaude. Versez-y la préparation indiquée ci-dessus et disposez alors les becfigues. Faites cuire, saupoudrez de poivre et servez.



L'asperge, appréciée des romains reste un mets de choix : la blanche, la plus délicate, la plus fine est, sans nul doute, la meilleure... L'asperge violette au goût fruité est aussi délicieuse.

Voici revenu le temps des asperges ! Profitons-en pour goûter ce légume de choix, au parfum savoureux ! Source de vitamines, l'asperge contribue à une bonne santé, et à un parfait équilibre nutritionnel.


 
Des recettes antiques :

http://www.domainelacroixdubattut.com/recettes-romaines.html

 

Pour en savoir plus sur l'asperge :

 http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=asperge_nu

 

http://www.marmiton.org/magazine/diaporamiam_asperge_1.aspx

 

 

 

 

Miniature du Moyen-age

Miniature du Moyen-age

Un tableau de Maria Vos

Un tableau de Maria Vos

Tableau de Adriaen Coorte

Tableau de Adriaen Coorte

Tableau de Louise Moillon

Tableau de Louise Moillon

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 17:25
La peur, une des composantes du registre fantastique...

 

Le registre fantastique vise à susciter la peur, l'angoisse : il se développe, particulièrement, au XIXème siècle, grâce à des auteurs célèbres, comme Maupassant, Edgar Allan Poe, Balzac, Barbey d'Aurevilly, Théophile Gautier, H.G. Wells, Mary Shelley, Oscar Wilde...



"Le rideau cramoisi, Le portrait de Dorian Gray, Les contes du jour et de la nuit, Frankenstein, La morte amoureuse, La main d'écorché, La peau de chagrin, Le Horla", autant de titres qui résonnent en nous et qui nous rappellent des récits pleins de mystères.


Le mot "fantastique" vient d'un adjectif grec, "phantastikos", "capable d'imaginer" : cette notion est donc associée, dès les origines, à la capacité d'imaginer...

Mais curieusement, le fantastique est toujours ancré dans le réel : il fait, souvent, intervenir un témoignage à la première personne, qui paraît crédible, authentique. On trouve, au début du récit, des indications de temps et de lieux, parfois précises, qui permettent d'insérer l'histoire dans le réel.

Le fantastique se met en place progressivement : l'auteur situe souvent l'action dans un lieu isolé, coupé du monde extérieur : un vieux château, une forêt, un cimetière, une maison à l'écart....

Le moment fantastique par excellence, c'est bien évidemment, le soir, la nuit, le moment où le jour bascule, où tout devient flou et incertain...


Un des procédés essentiels de ce registre est la personnification : les objets, les paysages semblent, mystérieusement, dotés de vie, de sentiments, ce qui instaure une inquiétude, un trouble. Dans certains textes, on voit ainsi des "nuages éperdus de peur" s'enfuir sur l'horizon.

Le narrateur transfère la peur qu'il éprouve lui-même sur le paysage : on parle, parfois, de paysage-état d'âme.

La peur est donc, souvent, une des composantes essentielles du fantastique : le champ lexical de l'angoisse s'amplifie au fil du texte, la peur se fait de plus en plus présente, elle se traduit physiquement par des termes très forts, des hyperboles " tressaillir, terreur profonde, une épouvante, un gémissement de souffrance..."

La peur peut transparaître, aussi, dans la syntaxe : phrases nominales, très brèves, exclamations, interrogations.

Enfin, le fantastique fait hésiter, sans cesse, le lecteur entre une interprétation rationnelle des événements et une explication surnaturelle : le lecteur oscille entre ces deux possibilités, entre rêve et réalité...

Par exemple, un portrait semble s'animer sous les yeux du narrateur : est-ce un effet d'optique, un rêve ou est-ce que le personnage du portrait renaît à la vie, sublimé par l'oeuvre d'art ?

L'auteur peut utiliser, également, des mots qui marquent l'incertitude : "peut-être, probablement, il semble..."

Les thèmes fantastiques sont multiples : amour et mort sont souvent associés, entrelacés, on croit parfois assister à la résurrection d'un personnage, la folie peut intervenir, des femmes fatales sont mises en scène : elles provoquent leur propre malheur ou suscitent des destins tragiques... d'une beauté indescriptible, elles fascinent le narrateur, font naître des passions démesurées.


On hésite, souvent, dans le fantastique, entre la véracité d'un témoignage et le délire d'une personnalité.


Cette hésitation provoque un trouble dans l'esprit du lecteur...

Ainsi, le fantastique nous mène de la réalité vers un monde surnaturel, il nous intrigue, crée une attente, une angoisse, des interrogations...




Quelques exemples :


La nuit, une nouvelle de Maupassant :


http://fr.wikisource.org/wiki/La_Nuit_%28Maupassant%29


La main d'écorché, autre nouvelle :


http://fr.wikisource.org/wiki/La_Main_d%E2%80%99%C3%A9corch%C3%A9


La chevelure :


http://fr.wikisource.org/wiki/Toine_%28recueil%29/La_Chevelure

 

Un article sur Le portrait ovale, de E A Poe :

 

http://rosemar.over-blog.com/article-le-portrait-ovale-d-e-a-poe-fantastique-et-oeuvre-d-art-109709759.html

 


 

La peur, une des composantes du registre fantastique...
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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 15:40
On les entendait babiller et chanter ensemble...


"Si quelque badaud s'étonnait de les voir en bisbille, ils se cachaient pour rire de lui, et on les entendait babiller et chanter ensemble comme deux merles dans une branche."


C'est ainsi que Georges Sand évoque le babil des deux "bessons", dans son célèbre roman, La petite Fadette : les deux garçons font semblant de se disputer, par jeu, pour se moquer des réactions des gens...


Le verbe "babiller" nous fait entendre des murmures confus, des mots légers ou incertains qui se répandent et s'épanchent volontiers...

Avec ses deux labiales qui évoquent le mouvement des lèvres, sa palatale finale, pleine de charme, ses différentes voyelles, ce mot suggère bien un bavardage insouciant, qui virevolte.

On perçoit le joli babil d'un enfant qui lance des mots déformés à la volée, on aime ce débordement volubile, plein d'inventivité, de redondances.

Formation d'onomatopée, ce verbe imite le langage redoublé, répétitif des jeunes enfants.

On entrevoit un berceau, des rires, des roucoulements, un bonheur de découvrir le langage, de prononcer les mots, de les dire, de les redire, de les faire danser...

Ce verbe évocateur nous montre le plaisir de s'exprimer, de goûter et de savourer les mots, de les inventer...

On s'extasie devant les prouesses verbales de l'enfant, on l'encourage à babiller, de plus belle.

L'apprentissage du langage est, comme une découverte, une façon de faire chanter les mots.

On songe, alors, à ces vers de Victor Hugo, extraits du poème, Lorsque l'enfant paraît...


"Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !"

Et Hugo, avec cette "voix qui veut tout dire", nous fait bien percevoir le babil de l'enfant, cet
te envie irrépressible de s'exprimer, ce plaisir de la parole...


Le verbe peut s'appliquer, également, à des adultes dont les propos frivoles débordent dans une certaine exubérance.

Les oiseaux gazouillent et babillent, aussi, parfois, dans un chant répétitif dont les mélodies se répercutent d'arbre en arbre... C'est, d'ailleurs, ce que suggère Georges Sand dans la comparaison qu'elle utilise pour évoquer les deux jeunes garçons, héros de son roman.

Dans tous les cas, ce mot rempli de poésie, avec sa consonne redondante, une sorte d'écho sonore suscite des images empreintes de douceurs, de tendresse.

Ce terme qui renvoie à l'enfance, aux premiers mots prononcés, à la découverte du langage et du plaisir des sons, de leur musique, e
st plein de résonances, de bonheurs, de rires...

On les entendait babiller et chanter ensemble...
On les entendait babiller et chanter ensemble...
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:55
Le mot &quot;bravo&quot; nous fait voyager vers l'Italie...

Ce mot qui se termine par la voyelle "-o" trahit bien, ainsi, ses origines italiennes : il semble, en l'écoutant, qu'on entende des "oh" et des "ah" d'admiration.... Issu de l'italien "bravo" qui signifie "beau", il peut se décliner en "bravissimo", superlatif qui marque l'excellence, des qualités d'exception.

On songe à d'autres mots aux sonorités italiennes : "buongiorno, prego, piccolo, meno, un gelato, quattro..."

Ces mots chantent l'accent du sud, ils font naître des paysages ensoleillés, des dédales de ruelles, des îles, le passé somptueux de ce pays, des temples, des statues, des monuments illustres... la Méditerranée, le déroulement infini des vagues...

Le mot "bravo", lui, est associé à des spectacles qui suscitent l'enthousiasme : théâtre, opéras, danse.

L'art mérite souvent des "bravos" : les applaudissements sont nourris, à la fin d'une représentation théâtrale, ils réunissent les spectateurs dans une sorte de ferveur et de communion.

L'art qui est une ouverture sur le monde, un épanouissement, une découverte, sans cesse renouvelée nous offre un émerveillement, une émotion qui peut se traduire par des "bravos !"

L'art, source de réflexion, de culture peut bien susciter cette ferveur.

L'enthousiasme des spectateurs se traduit par des battements de mains ou par des cris de joie, "bravo !"

D'ailleurs, le mot "bravo" s'accompagne, souvent, d'un point d'exclamation qui souligne l'admiration...

Un tel mot nous séduit par ses origines italiennes, ses sonorités éclatantes de voyelles qui constituent autant d'interjections, ses consonnes contrastées étonnantes labiale, gutturale, fricative.

Un tel mot nous fait voyager vers l'Italie, pays de lumières, à la langue qui chante...

Ce mot nous fait entendre des airs italiens célèbres : "o sole mio !" "Funiculi, funicula."

Il nous montre que la langue française a su intégrer des vocables d'autres pays, elle a su se montrer accueillante, elle s'est enrichie de nombreux emprunts, de maints amalgames...

La langue française s'est unie à bien d'autres langues !

Comment ne pas être sensible à ces sonorités différentes, ces mots qui viennent d'ailleurs, qui ont un air exotique et mystérieux ?

Le terme "bravo" nous fait entrevoir, aussi, un certaine façon de vivre, une envie de s'exprimer propre aux italiens, une forme d'exubérance...

Ce mot nous révèle toute une culture, un bonheur de dire, de montrer ses sentiments.

Ce nom nous éblouit de ses sonorités, de son sens élogieux, de l'admiration qu'il traduit...





Cet article a été rédigé dans le cadre de la semaine de la langue française...

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 16:54
Bonheurs et déboires de l'amalgame...


Probablement issu de l'arabe, "āmal al-jamāa", "le fait de rassembler ou mélanger", ce mot "amalgame" était utilisé, anciennement, par les alchimistes...

Selon une autre étymologie plus fantaisiste, ce nom pourrait venir de deux mots grecs, "ama", "ensemble", et "gamein", "marier, unir"... On connaît la signification de ce substantif : le terme "amalgame" désigne une association d'éléments, une combinaison inattendue.

Ce mot réunit à trois reprises, la même voyelle "a" et par deux fois, la consonne "m", créant, ainsi, une forme d'harmonie qui correspond au sens même du mot.

Amalgamer, c'est unir et fondre ensemble des choses différentes, mélanger pour amener la confusion ou obtenir une fusion.

La langue française a ainsi amalgamé de nombreux mots de langue étrangère : elle s'est montrée accueillante, elle a intégré des termes venus d'ailleurs, de nombreux mots espagnols, italiens, africains, suédois.

Les mots peuvent, aussi, fusionner entre eux et former de nouveaux vocables : c'est d'ailleurs le cas du mot amalgame, issu, peut-être, de deux termes grecs.

Les mots valises consistent, eux, à réunir deux mots distincts : "adulescent" formé à partir des deux termes, "adulte et adolescent", "alicament", contraction des noms, "aliment et médicament", "franglais" qui est composé des deux adjectifs "français et anglais", "informatique", fusion de "information" et "automatique."

Ces amalgames désignent des réalités modernes, nouvelles, et sont, parfois, péjoratifs : "l'adulescent" évoque un adulte qui se comporte comme un adolescent...
Le terme "alicament" est communément utilisé pour désigner les produits alimentaires industriels transformés, modifiés avec ajouts d'éléments divers qui sont supposés avoir des vertus de prévention, voire curatives pour la santé : baisse supposée du cholestérol, par exemple !

Le "franglais" consiste à mélanger le français et l'anglais, c'est un usage excessif et immodéré de la langue anglaise.

Ces amalgames ne sont pas des plus heureux !

D'autres sont plus sympathiques : "foultitude, bistroquet, burkini, manuscrit..."
Les amalgames permettent de jouer avec les mots, de créer de nouveaux termes, parfois amusants, pleins d'humour...

Mais, au fond, tout texte est un amalgame et un assemblage de mots divers, créant des effets variés : poésie, rires, peur, inquiétude, angoisse, amusement, compassion, interrogations, admiration !

Des mots contrastés peuvent être associés dans des oxymores : "cette obscure clarté, cette douce violence, le soleil noir de la mélancolie".

Certains termes peuvent former des redondances à valeur d'insistance : "un lac calme et paisible".

Les sonorités des mots créent également des amalgames, des harmonies ou des dissonances, effets de douceur ou de violence.

L’amalgame, dans un sens figuré , consiste, aussi, à associer abusivement des personnes, des groupes ou des idées. Dans ce cas, l'amalgame a pour but de dénigrer, de rabaisser ou de critiquer.

Ce genre d'amalgame est malhonnête et doit être combattu vigoureusement !



Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française.

Bonheurs et déboires de l'amalgame...
Bonheurs et déboires de l'amalgame...
Bonheurs et déboires de l'amalgame...
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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 17:39

 

 

Tout le monde, de nos jours, connaît et utilise ce mot "wiki", mais qui en maîtrise la signification et le sens premier ?

 

Curieusement, ce terme vient de l’hawaïen, "wikiwiki" qui signifie "rapide", par l'intermédiaire de l'anglais. Ce nom "wiki" désigne un site web dynamique, dont les pages peuvent être modifiées par tout visiteur.

 

Un wiki permet de diffuser rapidement des informations, mais aussi de les structurer, pour permettre de naviguer aisément sur internet. Le terme "wikipédia" est formé à partir d'un deuxième radical grec, "paideia", l'éducation, lui même dérivé du nom "παις" "pais" qui désigne l'enfant, en grec...

 

Quelques mots français comportent ce radical, "pédagogie, pédagogue, pédiatre"...

 

Le nom "wiki" présente, lui, des sonorités plus exotiques, avec ses consonnes rares le "w" et le "k"... On perçoit, là, une curieuse association, un étonnant amalgame de deux mots d'origines très différentes, et lointaines... Voilà un mot valise qui surprend dans sa composition hétéroclite !

 

Du "wiki", au "kiwi", on perçoit, aussi, comme une connivence... mots originaires d'Océanie, ils se ressemblent, tout en désignant des réalités très différentes.

 

En tout cas, ces mots résonnent de sonorités lointaines, redoublées dans le terme "wikiwiki" : avec ce vocable, on a l'impression de voyager à l'autre bout du monde !

 

Ainsi, on voit que les mots se diffusent, se répandent, s'échangent, se combinent de manière étonnante ! En utilisant ce mot, nous parlons tous hawaïen, sans le savoir....

 

Comment ne pas être étonné par le mot originel redoublé : "wikiwiki" ? On perçoit, dans cette répétition, comme une urgence, celle de la rapidité, justement, sens originel et premier de ce mot.

 

Mot exotique et expressif, le "wiki" correspond bien à notre monde voué à une communication rapide : il faut espérer, cependant, qu'elle ne reste pas superficielle...

 

Le "wiki" nous est, souvent, précieux pour trouver rapidement de nombreuses informations sur n'importe quel sujet. Le "wiki" aide bien des étudiants, des enseignants dans leurs recherches.

 

Mais la rapidité n'est pas forcément signe de qualité : le wiki peut, aussi, comporter des erreurs ! Eh, oui, le wiki n'est pas toujours fiable....

 

Il faut rester vigilant, et quand on a un doute, vérifier sur d'autres sources : dictionnaires, livres qui restent des références.

 

On trouve, ainsi, parfois, sur wikipédia, des étymologies fantaisistes qui peuvent être séduisantes mais qui ne sont pas conformes à l'origine du mot ! Oui, le wiki va très vite, mais n'est pas toujours performant !!

 

 

 

 

Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française...

 

 

 

Tout le monde connaît ce mot &quot;wiki&quot;...
Tout le monde connaît ce mot &quot;wiki&quot;...
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 15:54
Ces mots qui nous parlent d'autres pays...


Mots venus d'ailleurs, mots venus du passé, du présent, beaucoup de termes nous font voyager, dans le temps et l'espace !

Mots aux sonorités exotiques et lointaines, mots devenus pourtant si familiers, si proches !

Ces mots nous parlent d'autres pays, d'autres langues, d'autres coutumes, ils semblent, parfois, empreints d' un air lointain, mystérieux, étrange !

"Kermesse, inuit, zénitude, kitsch, wiki" : on perçoit bien, là, des sonorités venues d'ailleurs, parfois d'un autre monde !

Ces mots aux sons de gutturales "k", de voyelles répétées, à la consonne "z" nous paraissent étranges, étonnants...

Ils retentissent d'échos qui ne sont pas les nôtres !

Mots flamand, esquimau, oriental, allemand, hawaien, ils nous font espérer des découvertes, d'autres paysages.... ! On voyage tout autour de la terre, on découvre de nouveaux horizons !

N'est-ce pas la magie de la langue française ? Faite de grec, de latin, de langues diverses, elle nous fait goûter à toutes les cultures, nous les fait apprécier !

La diversité du monde s'offre à nous : la langue française, si riche d'apports, nous transporte vers d'autres paysages....

Il suffit de prononcer ce mot "kermesse" pour voir se déployer les plaines du Nord, les Pays bas, la Belgique, des fêtes paroissiales colorées, mascarades, danses, éclats de rires...

Le nom "inuit" nous glace de ses voyelles aiguës, et nous emmène vers le grand nord, au pays des esquimaux, des igloos, de la nuit polaire...

Avec "la zénitude" on voyage vers le pays du soleil levant, le Japon, sa culture raffinée et mystérieuse, ses estampes aux teintes d'azur.

Le "kitsch " est né en Bavière, et représente une forme de mauvais goût que l'on trouve, parfois, dans l'art moderne... Les sonorités du mot parlent, aussi, de ses origines...

Le "wiki" nous vient des îles hawaiennes : souverain sur le web, ce terme moderne, associé à l'idée de rapidité, puisqu'il signifie "vite !", s'est imposé dans quelques mots : wikipédia, wiktionnaire,

D'autres mots encore, "amalgame, bravo, cibler, grigri, sérendipité" nous étonnent et nous emportent vers différents univers...

L'alchimie et ses "amalgames",ses vieux grimoires, ses mystères, nous subjuguent, et nous entraînent dans un monde plein d'étrangeté... Origine grecque ou arabe ? Le mot revêt, ainsi, encore plus de mystères...

"Bravo !", avec ce mot, on entend toute l'Italie chanter ! "O sole mio" ! Et, on applaudit ces airs italiens, aux sonorités éclatantes !

Le verbe "cibler" nous paraît plus familier : il nous vient de Suisse, et semble, par là même, moins exotique.

Le "grigri" aux sons redoublés évoque l'Afrique, un petit objet magique, aux ingrédients secrets...

La "sérendipité" est un croisement étrange d'anglais, de persan : ce mot rare, peu employé, nous étonne par ses sonorités contrastées : sifflante, gutturale, dentale, labiale, dentale à nouveau, un mélange hétéroclite qui suggère des rencontres inattendues, des découvertes incroyables, dues au hasard !

La langue française nous permet, ainsi, de faire un véritable tour du monde, elle nous offre une évasion vers des pays inconnus, vers des sonorités étranges ou plus familières...

Quels tourbillons de mots ! Quel vertige ! Celui des mots venus d'ailleurs !



Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie : les dix mots retenus cette année : amalgame, bravo, ci
ble, grigri, inuit, kermesse, kitsh, sérendipité, wiki, zénitude...


La thématique : Le français, langue hospitalière...

Ces mots qui nous parlent d'autres pays...
Ces mots qui nous parlent d'autres pays...
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