ROSEMAR
Rouge ! J'aime le rouge éclatant et vif ! Le rouge qui explose de mille étincelles de feu !
J'aime la couleur rouge des fruits de l'été, cerises, fraises épanouies.
Rougeoiement d'un coucher de soleil qui rutile sur l'horizon avec des marbrures dorées et bleues ! Azurs embrasés de lumières, aux reflets éblouissants ! Un incendie flamboyant éclaire le ciel et le marbre de traînées lumineuses... Les nuages s'embrasent et prennent des teintes de pourpre.
Eclats rouges des feuilles d'automne, couleurs de cinabre éblouissant, amarante des fleurs, hibiscus rayonnants ! Couleurs brunies de rouge des feuilles d'automne !
Roses rouges aux senteurs plus prégnantes, aux couleurs plus sombres, veloutées de lumières !
Coquelicots aux couleurs écarlates, aux pétales brillants, si frêles ! Champs de coquelicots ondoyants et légers ! Flamboyance de rouges ! Coquelicots aux noms éclatants, aux pétales si fragiles, pourtant !
J'aime les rouges pourpres, les rouges rosés, les rouges violets et somptueux, rouges orangés, grenats...
Dahlias, géraniums, renoncules, hibiscus, primevères aux reflets rouges !
J'aime le sang de la vigne, symbole de la vie et du renouveau !
Rouge brique, rouge corail, vermeil, vermillon, carmin, garance, j'aime les noms merveilleux d'une infinité de teintes de rouges !
J'aime le rouge empourpré des ciels lumineux !
Nos sociétés vivent dans l'illusion du bonheur qui se vend et s'achète : la société de consommation nous incite à acquérir de multiples objets, vêtements, portables, ordinateurs, téléviseurs, robots ménagers.
C'est là un bonheur purement matériel qui privilégie l'avoir, la possession mais ce bonheur là n'est, en fait, jamais satisfait car l'homme contemporain désire toujours plus, d'autant que les progrès constants nous offrent la possibilité d'acheter des objets toujours plus performants, plus perfectionnés... des i-phones, des i-pads, des tablettes en tous genres.
On entre dans un monde d'envie insatiable : le bonheur n'est jamais atteint... et satisfait.
Parallèlement, l'avenir paraît toujours plus incertain et nébuleux : si on a accès à toutes sortes de progrès, l'espoir semble nous être refusé : l'avenir est inquiétant, plein d"angoisses, de tourments...
Si l'avenir paraît sombre, on ne voit plus de perspectives : sans cesse, des régressions sociales sont envisagées : augmentation des impôts, des prix, recul de l'âge de la retraite, conditions de travail toujours plus accablantes.
Le vrai bonheur semble alors nous échapper : le bonheur de vivre le présent avec sérénité et aussi de se projeter dans l"avenir...
Le vrai bonheur consiste à partager, à profiter de joies simples et le monde dans lequel nous vivons nous éloigne de ces bonheurs ordinaires : nous sommes envahis d'écrans, de portables, dordinateurs, autant de filtres qui nous éloignent de la réalité. On en vient à oublier les êtres, la nature qui nous entourent.
Nous passons parfois plus de temps devant des écrans que devant la réalité. Le monde virtuel s'impose à nous, nous submerge.
Mais ce monde là ne nous permet pas de voir la forme réelle des objets, leurs odeurs, ni de les toucher : il faut veiller à ne pas perdre ce contact avec le réel si précieux.
Au travail, les écrans nous envahissent mais aussi dans nos maisons où les jeunes et les adultes y passent désormais beaucoup de temps.
Le vrai bonheur est bien fait de joies très simples : une promenade dans la nature, du temps passé au jardin, des amis, la famille.
Il faut aussi que nous soit redonné l'espoir en l'avenir : or, nos sociétés en crise perpétuelle ne font que nous précipiter dans des abîmes d'angoisse et d'incertitudes. Le bonheur ne peut être vécu pleinement que dans la sérénité, l'impression de progresser, de s'épanouir...

Il paraît que nous avons tous une part d'ombre... Ce qui est sûr, c'est que ma part d'ombre ne se trouve pas en Suisse, ni dans un quelconque paradis fiscal... Je cherche ce que pourrait être "ma part d'ombre"...
Où est ma part d'ombre ? En tout cas, elle ne consiste pas à frauder le fisc : je suis fonctionnaire et dans ce cas là, même si beaucoup jalousent ce statut, il est impossible de ne pas déclarer correctement son salaire... D'ailleurs mon revenu modeste ne me permet pas non plus de pratiquer une quelconque évasion fiscale.
De quoi suis je donc coupable ? Je cherche une faute à avouer, comme autrefois ceux qui allaient au confessionnal devaient absolument reconnaître leurs fautes et s'en repentir...
Suis-je nuisble ? Est-ce que je nuis à la société ? En tant qu'enseignante, mon métier est de transmettre des connaissances, d'éveiller l'esprit des élèves.
Mais, il est vrai qu'il m'arrive de mettre de mauvaises notes à certains élèves, il m'arrive de les punir... Voilà peut-être une part d'ombre ! Il m'arrive d'exiger plus de travail, de me mettre en colère... Peut-être suis-je trop sévère ?
Quelle est notre part d'ombre ? Il peut nous arriver de vouer à la détestation certaines personnes mais il est rare que nous puissions nuire à quelqu'un d'une quelconque façon...
La part d'ombre n'est-elle pas réservée surtout aux puissants de ce monde, aux DSK, aux Cahuzac, aux Sarkozy, aux dirigeants, ceux qui nous gouvernent ?
L'habitude des politiques de renvoyer et de rejeter la responsabilité sur les autres, sur les citoyens que nous sommes me terrifie...
"Qui n'a pas une part d'ombre ?" a dit Jérôme Cahuzac mais cette part d'ombre est plus ou moins grave ! Quand cette part d'ombre a des conséquences sur tout un peuple, c'est là qu'on peut parler de véritable part d'ombre !
On nous rend même responsables de la dette qui n'arrête pas de s'amplifier au jour le jour ! Mais les coupables, ce sont bien ceux qui gèrent nos impôts, qui fraudent le fisc, détournent de l'argent à leur profit !
Nous serions coupables aussi du déficit de la Sécurité sociale ! Trop de dépenses, trop de malades ! Mais n'est-ce pas la gestion de la Sécurité sociale qui doit être mise en cause ?
Les citoyens simples et ordinaires que nous sommes, s'ils ont une part d'ombre, c'est le plus souvent sans conséquence sur autrui...
Les politiques, eux, ont des responsabilités qu'ils doivent assumer pleinement... Ne dit-on pas d'eux qu'ils sont des responsables ? S'ils assument les avantages dont ils bénéficient, leurs salaires, leurs privilèges, ils se doivent aussi d'assumer les conséquences de leurs actes...

Les universités françaises sont en panne : les chiffres de la réussite à l’université n’évoluent guère. Ils sont même en baisse constante depuis 2004. Trois étudiants sur dix quittent l’université à la fin de la première année, et moins d’un tiers des jeunes (27%) parviennent à boucler leur licence en trois ans, d’après les chiffres publiés par le ministère de l’Enseignement supérieur mercredi 10 avril 2013.
D'où viennent ces échecs ? En fait, depuis de nombreuses années des consignes de correction sont données aux professeurs lors du baccalauréat : il faut souvent faire preuve d'une certaine indulgence à l'égard des candidats, il faut presque brader cet examen.
Les résultats sont là : un certain nombre d'élèves obtiennent le baccalauréat mais se révèlent inaptes à mener des études, manquent d'autonomie, n'ont pas vraiment le niveau requis, ni la volonté de poursuivre des études assez longues.
Or, de nos jours, l'obtention du baccalauréat n'est plus suffisante pour s'insérer dans le monde du travail : il faut nécessairement acquérir d'autres diplômes pour pouvoir s'intégrer dans la vie active.
Il peut paraître généreux d'accorder le baccalauréat à un grand nombre d'élèves mais, en fait, au bout du compte, si les élèves se révèlent incapables de poursuivre un cursus universitaire, ils se retrouvent dans une véritable impasse...
Il faudrait faire en sorte que le baccalauréat retrouve son prestige d'autrefois : en rehausser le niveau, exiger des élèves plus de compétences.
En fait, certaines connaissances élémentaires ne sont pas bien maîtrisées dès l'école primaire et le collège : grammaire, orthographe, apprentissage de mots de vocabulaire... Il faut absolument les renforcer, il faut favoriser la lecture...
Et quand les élèves arrivent au lycée, il est souvent trop tard parce que de nouveaux apprentissages doivent intervenir et ceux-ci s'appuient sur des acquis antérieurs...
Comment analyser un texte, si on ne connaît pas les différents temps et modes des verbes ainsi que leurs valeurs ? Comment comprendre des extraits de grands auteurs sans la maîtrise de la grammaire, de la syntaxe ?
Les étudiants qui échouent à l'université se retrouvent piégés et n'ont guère de solutions pour entrer dans la vie active : il faut montrer à ces jeunes que les études demandent une certaine rigueur, une volonté, des efforts...
Il faut aussi les préparer et consolider leurs acquis dès le collège : en fait, l'école n'est qu'une continuité d'apprentissages qui se complètent : sans les connaissances de base, sans les rudiments de la langue, il est difficile de s'adapter à un enseignement de haut niveau...
Première photo sous l'article auteur : Tungsten