Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
25 septembre 2023 1 25 /09 /septembre /2023 12:34
Santé : pénuries et prix scandaleux de certains médicaments...

 

Un problème inquiétant : les pénuries de médicaments...

"Le gouvernement a ainsi annoncé récemment qu'il voulait rendre obligatoire la distribution à l'unité de certains antibiotiques en rupture de stock.

Comment en est-on arrivé là ?

Ces pénuries ne cessent de s'aggraver : moins de 200 médicaments étaient concernés en 2012, alors qu'on en comptait 3700 l'an dernier. Et cela touche toutes les catégories de médicaments pour des raisons d'ailleurs auxquelles on ne pense pas forcément comme l'explique le président de l'Académie nationale de pharmacie, Bruno Bonnemain :

"La guerre en Ukraine a révélé un certain nombre de choses, entre autres le fait qu'ils produisent un certain nombre d'éléments qui sont nécessaires aux médicaments, par exemple l'aluminium... ça a l'air bête, mais les feuilles d'aluminium qui servent pour les blisters venaient en grande partie d'Ukraine, de même que le verre et même des métaux, par exemple, les aiguilles pour injection, il y a eu des ruptures ou des pénuries, à cause de ça."

Il y a eu aussi l'explosion de la demande mondiale, alors que dans le même temps les industriels ont délocalisé leurs productions pour réduire leurs coûts.

Et surtout, le secteur s'est financiarisé avec des objectifs de rentabilité qui concernent désormais un type de médicaments bien précis...

C'est ce que révèle Pierre Chirac, le directeur en chef de la revue médicale indépendante Prescrire.

"Le concept de la fin des années 90, c'étaient des blockbusters, donc faire beaucoup d'entrées comme au cinéma, vendre beaucoup de médicaments à beaucoup de patients. On est passé à un modèle d'affaires de "nichebusters", c'est à dire des médicaments vendus en petites quantités, à des prix de plus en plus extravagants et inacceptables dans des niches, donc soit des maladies rares, soit des cancers rares.

Donc les gros labos donnent la priorité à des médicaments qu'ils produisent moins, mais beaucoup plus chers.

Par exemple, un médicament contre l'hépatite C : la cure est vendue 41 000 euros en France, alors qu'il ne coûte pas plus de 200 euros.

Mais il y a encore plus cher : la journaliste Rozenn Le Saint a enquêté sur le sujet et notamment sur un médicament produit par Novartis.

"Novartis commercialise un médicament destiné à soigner l'amyotrophie spinale qui est une maladie rare, une seule injection de ce médicament coûte deux millions d'euros."

Deux millions d'euros pour une simple injection ! C'est scandaleux !

"C'est d'autant plus problématique qu'au départ ce médicament a bénéficié de la recherche publique.

Ce médicament a été financé par l'argent issu de la recherche fondamentale, donc conduite par l'INSERM et de l'argent en partie défiscalisé de dons du Téléthon...

Ce qui pose la question de l'argent public pour soutenir ce modèle, puisque les médicaments en pénurie sont principalement les vieux médicaments de marques ou les génériques, vendus moins chers donc moins intéressants pour les firmes...

Pour résoudre les problèmes de pénurie, Emmanuel Macron a annoncé son intention de relocaliser une partie de la production...

Mais, si on prend l'exemple emblématique du Paracétamol, une usine doit bien rouvrir d'ici 2026 dans l'Isère, après avoir fermé en 2008, mais la matière première initiale du médicament, elle, restera produite en Chine !"

Encore des effets d'annonce et de fausses promesses !

 

 

Source :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-vendredi-22-septembre-2023-3134603

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/sante-l-entraide-citoyenne-face-a-la-penurie-de-medicaments_6071847.html

 

Santé : pénuries et prix scandaleux de certains médicaments...
Partager cet article
Repost0
21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 08:24
Avons-nous perdu le sens des limites ?

 

"Méden agan, rien de trop",  telle est la maxime fondamentale de la sagesse grecque antique.


Cette formule grecque ΜΗΔΕΝ ΑΓΑΝ (Méden Agan) était l’une des maximes inscrites sur le fronton du temple de Delphes.

Ce sens de la mesure condamnant l’excès que les Grecs appelaient hybris (démesure), est une attitude que nous avons souvent tendance à oublier complètement, comme le démontrent Monique Atlan et Roger-Pol Droit dans un ouvrage intitulé Le sens des limites.

 

Dans nos sociétés de consommation débridée, nous n'avons plus de limites, nous sommes constamment dans la démesure.

Plus de limite à la consommation, à la vitesse, plus de limite à la production, plus de limite aux gaspillages, aux innovations, etc.

 

"Plus de limite entre l'homme et la machine qui ont tendance à se confondre...

 

Plus de limite entre les hommes et les animaux : il n'y aurait plus de spécificité humaine, plus de limite entre les hommes et les arbres puisqu'on en vient à évoquer la sensibilité, l'intelligence des plantes...

 

On perçoit aussi une tendance à effacer les limites entre les sexes, le sexe biologique étant désormais supplanté par le genre acquis, social.

 

On en vient encore à effacer les limites du profit : l'appât du gain est évidemment le trait distinctif du capitalisme, un modèle toxique d'enrichissement effréné s'est imposé.

 

On en arrive à estomper les limites du travail : autrefois, on distinguait lieu de travail et domicile, temps de travail et temps de loisirs, ce monde cloisonné disparaît de plus en plus, en raison d'une connexion quasi permanente. La pandémie a accentué ce problème.

 

On rêve aussi d'effacer la limite ultime de la mort, avec la promesse transhumaniste de l'immortalité.

 

Or, les limites sont indispensables.

Car la limite est protectrice, comme le sont les interdits, la limite organise le monde."

"La limite aménage la sexualité, l'alimentation, l'hygiène, les travaux et les jours, les relations entre sexes, entre puissants et démunis, parents et enfants, etc."

"Tout n'est pas permis, la limite protège  contre un possible chaos, une violence sans règle, un arbitraire sans mesure."

"L'interdit de l'inceste protège les enfants et la hiérarchie des générations, l'interdit du viol protège l'intégrité physique et psychique, l'interdit du meurtre protège la vie."

"La limite est destinée à sauvegarder notre humanité."

Et Monique Atlan et Roger-Pol Droit de rappeler cette célèbre phrase de Cordery, dans le roman posthume d'Albert Camus, "Le premier homme" : "Un homme, ça s'empêche. Voilà ce qu'est un homme, ou sinon..."

 

Les limites sont donc essentielles : "indispensables pour le fonctionnement d'une société, d'une civilisation. Une nécessité à laquelle nous devons nous soumettre, et sacrifier une part de nous-mêmes, pour faire société, pour entrer en relation avec les autres."

 

 

Source : Le sens des limites, un ouvrage de Monique Atlan et Roger-Pol Droit

 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/les-limites-ont-elles-des-bornes

 

Avons-nous perdu le sens des limites ?
Partager cet article
Repost0