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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 13:53
L'espérance d'un baiser : un témoignage poignant sur les camps de concentration...

 

 

L'émission littéraire La Grande Librairie était l'occasion, le jeudi 28 septembre, d'écouter un témoignage à la fois simple et poignant sur ce que furent les camps de concentration de l'Allemagne nazie...

 

Ce témoignage, on le doit à un des derniers survivants de ces camps, Raphaël Ezrail qui a écrit un récit bouleversant où il évoque ses souffrances.

 

Raphaël Ezrail a été arrêté à l'âge de 18 ans, en 1944 : il est, alors, déporté au camp de Drancy, puis à Auschwitz. Il était résistant et fabriquait de faux papiers pour des juifs.

A Drancy, il rencontre celle qui deviendra sa future femme : Liliane, dont il tombe amoureux au premier coup d'oeil.

 

Raphaël Ezrail raconte les convois de déportés : des enfants qui criaient, la peur, le dénuement...

Il raconte le froid, la morsure de la faim, la crasse, l'humiliation, les coups, des heures à travailler dans le froid par -15 ou -20 degrés.

Il raconte ensuite l'arrivée au camp : 1200 personnes au total sont là.

 

160 hommes rentrent dans Auschwitz, 49 femmes sont envoyées à Birkenau.

Et les autres sont immédiatement expédiés dans les chambres à gaz.

C'est, en fait, un médecin allemand qui désigne ceux qui paraissent aptes au travail. Après cette sélection, mille personnes sont aussitôt gazées .

 

Le lot des survivants, c'est le froid, c'est la faim, une faim terrible qui tenaille les entrailles, à tel point qu'on serait prêt à manger un chien qui vient de mourir.

 

Et tous ces déportés ne sont plus considérés comme des êtres humains : on les met en dehors de l'humanité.

Ils sont humiliés, battus, rabaissés, avilis, ravalés au rang de bêtes, ils ne sont plus rien.

 

Dans de telles conditions, comment survivre ? Raphaël Ezrail a réussi à tenir grâce à cette jeune fille qu'il avait rencontrée à Drançy. Il lui avait, alors, demandé un baiser que la jeune fille devait lui donner à l'arrivée du convoi.

C'est l'espoir de ce baiser qui l'a maintenu en vie.

 

Raphaël Ezrail pose, alors, cette question qui semble évidente : "Comment 20 siècles de civilisation judéo-chrétienne ont pu arriver à faire ce que ces hommes ont été capables de faire ?"

Comment une telle barbarie a-t-elle été possible ?

"Dieu n'était pas à Auschwitz", ajoute Raphaël Ezrail.

Il évoque, enfin, ce poème de Victor Hugo qu'il se récitait au cours de ces heures sombres :

"Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce n'étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?"

 

La littérature était, ainsi, devenue un refuge pour résister aux pires horreurs, la littérature était l'ultime recours pour continuer à survivre : voilà un bel éloge de la poésie et de ses vertus salvatrices...

 

 

 

 

Le poème de Victor Hugo :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/l_expiation.html

 

 

 

 

 

 

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