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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 14:10
Festoyer ! Voilà un verbe généreux...

 

 

 

 


"Festoyer" ! Voilà un verbe généreux, empli de noblesse !

Ce verbe ancien, quelque peu tombé en désuétude, mérite d'être réhabilité... On lui préfère trop souvent le terme plus banal "fêter".

 

Et pourtant, quel charme dans ce mot aux allures moyenâgeuses ! Quelle ampleur, quelle majesté et quelles sonorités éblouissantes !

Fricative à l'initiale, sifflante "s", pleines de douceur, dentale "t", palatale finale, aux éclats étincelants... le verbe "festoyer" rayonne et nous entraîne vers des fêtes conviviales, où s'affichent des sourires, des complicités, des connivences...

 

On entend des airs de musique, des chansons pleines de gaieté, on voit une table décorée de mets choisis, on se laisse bercer par une ambiance chaleureuse, et on en oublie tous les soucis quotidiens...

 

Le verbe "festoyer" a des origines anciennes : issu du latin "festus, de fête", il nous fait remonter aux sources de notre langue...

 

Les occasions de festoyer se font plus rares dans notre monde connecté.

Pourtant, la fête réunit, rassemble souvent dans des lieux agréables : un pique-nique au bord de l'eau, un repas sous des platanes, un jardin, au printemps.

 

La fête n'est-elle pas l'occasion d'un partage, d'une harmonie ?

 

Et le verbe "festoyer" fait revivre ces fêtes d'autrefois, où se mêlaient musique, spectacles, danses...

 

Le verbe "festoyer" danse sous nos yeux, il fait briller les regards, charme les coeurs et les papilles...

Il rassemble une harmonie de sensations, il s'adresse à tous nos sens et nous comble de bonheurs...

 

J'aime ce verbe d'autrefois, au charme un peu désuet, ce verbe qui nous parle du passé, qui nous invite à la joie.

Ce verbe qui a gardé la sifflante "s", de ses lointaines origines latines....

Festivités, festif, festoyer : autant de termes chaleureux réunis dans une même famille !

 

 

 

 

Photos : Pixabay

Festoyer ! Voilà un verbe généreux...
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 11:52
La moitié d'un grand soleil rouge nous regardait...

 

 


"Le voisin attela son cheval, la tante enveloppa Augustine dans des châles, et nous voilà partis au petit trot, tandis que sur la crête des collines la moitié d'un grand soleil rouge nous regardait à travers les pins."
 

C'est ainsi que Marcel Pagnol anime une scène familière d'un soleil aux teintes de pourpre, dans un extrait de son roman, La Gloire de mon père...

 

L'adjectif "rouge" nous fait admirer de belles couleurs de feux, des éclats rubescents, des fleurs aux teintes flamboyantes, coquelicots, hibiscus, roses, dahlias...

Le mot rayonne de ses consonnes gutturale et chuintante, emplies l'une de force, l'autre d'une certaine douceur : le rouge évoque la violence, le sang, mais aussi l'amour, la passion...

 

Le rouge fait vibrer et briller les lèvres, il attire, séduit, rutile, flamboie...

Rouge des fruits, des fleurs, rouge des soleils couchants qui éclaboussent les paysages.

 

Ce mot ancien remonte au latin "rubeus" et "ruber", "rouge"... On retrouve ce radical dans quelques mots "rubescent, rubicond, rubéole, rubis, rubicelle, rubiette..."

Des termes, aux sonorités antiques, des mots qui évoquent des pierres précieuses, un oiseau à plumage rouge, des couleurs très vives.

La rubiette nous étonne, nous fait rêver, avec son joli suffixe de diminutif, comme la rubicelle, un rubis de couleur claire...

Ces vocables sont pleins de charmes, par leur rareté, leurs sonorités, leurs significations...

 

Tous ces mots remontent, aussi, à un plus lointain ancêtre grec, "éruthros, rouge". Le mot Érythrée, du grec "Ἐρυθραίᾱ, la rouge", désigne la partie africaine des côtes méridionales de la mer Rouge...

 

Ainsi, la couleur "rouge" nous éblouit de mots anciens, aux éclats divers...

Le mot suggère tant de réalités, le vin, le cuivre, le sang, la terre argileuse et rouge...

 

Tant de paysages de couchers de soleils aux teintes rougeoyantes !

Tant de fleurs aux éclats de pourpre ! Des feuilles d'automne aux couleurs de rouille, d'un rouge vif étincelant !

Des épices flamboyantes aux goûts relevés, des brasiers de lumières !

Grenats, spinelles, rubis, noms flamboyants de pierres précieuses !

 

Rouge de colère, de plaisir, de confusion, la couleur rouge évoque tant de sentiments !

Rouge la vie, rouge, la beauté ! Rouge du danger et de la passion, de la fête et du pouvoir !

Rouge de la révolte et de l'indignation !

 

 

 

http://expositions.bnf.fr/rouge/bande/bande.htm

 

 

 

 

Photos : Pixabay

La moitié d'un grand soleil rouge nous regardait...
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 16:34
Des archipels de nuages...

 

 

 

"J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs,
Soit qu'ils dorent le front des antiques manoirs
Ensevelis dans les feuillages ;
Soit que la brume au loin s'allonge en bancs de feu ;
Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu
A des archipels de nuages."


C'est ainsi que  Victor Hugo décrit des Soleils couchants dans un poème extrait de son recueil  intitulé Les feuilles d'automne : les nuages évanescents deviennent des "archipels"...
 
Le mot "archipel" désigne, d'abord, un groupe d'îles formant une unité géographique : on connaît l'archipel des Antilles, des Philippines, celui des Cyclades...
Victor Hugo emploie ce terme dans un sens imagé : les nuages, au soleil, couchant, dispersés dans le ciel, font souvent penser à des îles...
 
Venu du grec ancien "Αἰγαῖον πέλαγος, Aigaîon pélagos,  Mer Égée", devenu "arcipelago" en italien, puis "archipel" en français, ce nom propre s'est transformé, par antonomase, en un nom commun : la mer Egée parsemée d’îles, est devenue un nom générique, a fini par évoquer un ensemble d'îles !

Le premier élément du mot pourrait provenir, aussi, du verbe grec "archo, mener, gouverner, commander", le terme, dans son ensemble, désignant, alors, la Mer principale.

Etonnante étymologie !
 
Ce mot aux sonorités de gutturale, chuintante, labiale, aux voyelles diverses nous séduit, nous emmène dans un monde exotique et lointain, vers des îles secrètes, aux paysages pleins de charmes.
 
L'archipel évoque des images de soleil, de mers, de vagues : le mot contient anciennement le nom même de la mer, "pelagos", qui lui a donné sa finale abrégée -pel. Ce substantif, employé surtout en poésie, désigne, en grec ancien, la haute mer...
 
L'adjectif "pélagique" vient de ce radical et désigne tout ce qui est relatif au milieu marin, à la haute mer, notamment.
 
Tout le monde connaît l'autre mot grec, plus classique, qui sert à évoquer la mer : "thalassa".
 
La mer Egée, connue pour ses archipels d'îles, notamment les Cylades aux noms remplis de poésie : Amorgos, Délos, Naxos, Paros, Santorin, est bien une mer chargée de symboles, d'histoires et de mythes anciens.
 
Le nom même des "cyclades" suggère une forme de cercle et vient du mot grec "kuklos" : les îles forment un cercle autour de l'île sacrée de Délos.
 
Cet archipel comporte 2200 îles et îlots !
 
Quel éclat dans ce mot, quelle luminosité ! L'archipel est comme un éclat d'îles disséminées dans la mer, comme un envol d'oiseaux qui se dispersent dans le ciel !
 
On voit, aussi, des galets épars sur le sol, de formes diverses, aux couleurs variées...
 
Ce mot "archipel" aux sonorités éblouissantes est souvent utilisé dans un sens imagé : images de nuages qui se dissipent, ou d'embruns moutonnants sur la mer...
 
 
 

 

Le poème de Victor Hugo :

http://www.poetes.com/hugo/soleils.htm

 

 

Photos : rosemar

Des archipels de nuages...
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 16:15
Un blog pour le plaisir et la poésie des mots : merci à tous mes lecteurs...

 

 

 

Merci à tous les lecteurs du blog.... ceux qui commentent, ceux qui parcourent mes articles...


Au mois d'octobre, sur mon blog,  20 580 pages lues, 15 830 visiteurs. Merci à tous pour cette confiance...

 

Pour le plaisir des mots, pour le bonheur de la découverte, la curiosité nous guide...

 

L'occasion d'observer de nouveaux paysages, d'évoquer la nature, ses beautés, son harmonie, les arbres, les jardins....

 

Littérature, poésie, chansons, musique, culture, actualité : tant de sujets à aborder !

 

L'automne et ses couleurs flamboyantes, des ciels lumineux, des souvenirs, des mots à redécouvrir...

 

Les mots sont à l'honneur : ils nous accompagnent dans la quête du savoir, de la connaissance, de l'expérience.

 

Les mots nous réunissent, ils sont nos repères, ils sont notre héritage commun.

Ils méritent d'être célébrés, car ils nous offrent tant de possibilités !

 

Les mots ne sont-ils pas au coeur de la communication ? Ils nous offrent leurs éclats, leurs significations, leur musique, leurs couleurs, leurs sonorités, leur beauté.

 

Ils nous réservent des surprises, des éblouissements, des bonheurs renouvelés...
 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Un blog pour le plaisir et la poésie des mots : merci à tous mes lecteurs...
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 15:55
Les jambins de l'Estaque...

 

 

Le "jambin" : voilà un mot que seuls les gens du sud peuvent connaître,  un terme et un objet d'autrefois utilisé par les "pescadous" ou pêcheurs de l'Estaque.

Avec ce mot, on entre dans le domaine méditerranéen, on côtoie le petit monde des pêcheurs, on entend l'accent savoureux de Marseille.

On entend leurs mots : "le gobi, l'esquinade, l'arapède, le pataclet, les piades, le salabre"...

Le mot "jambin" évoque tout un art de tresser l'osier avec patience : mon grand-père fabriquait, lui-même, ses jambins, ces nasses en joncs, destinées à attirer les poissons et à les capturer : c'était encore l'époque du travail laborieux de tous les petits artisans pêcheurs...

 

On les voyait remailler leurs filets sur le port de l'Estaque, on les voyait confectionner ces pièges à poissons et langoustes que sont les jambins.

Les joncs étaient cueillis, puis séchés et pouvaient être, ensuite, tressés avec soin pour devenir de véritables objets d'art...

Les pêcheurs allaient ramasser, eux-mêmes, les joncs dans la calanque du Jonquier située entre le Rove et Niolon... Dominée par un viaduc à 5 arches, cette calanque offrait un cadre idéal pour la cueillette des joncs...

 

Je revois ces nasses habilement ouvragées par des mains expertes.

Je revois ces entrelacs de mailles, ces objets aux formes rondes, aux teintes de paille.

 

Les jambins étaient remisés dans une cave, et on les voyait luire dans l'ombre, formes apaisantes et douces...

Pour la pêche, ces nasses étaient remplis de pain ou de moules écrasées, les poissons, attirés par cette manne, entraient dans le piège par une ouverture en forme d'entonnoir.

 

Le mot évoque, pour moi, des paysages familiers, le petit port de l'Estaque, grouillant de bateaux, "des bettes et des pointus", comme on les appelle en Provence.

Le mot nous fait sentir des embruns marins, des algues, un air vivifiant.

Aussitôt, surgissent des images marines, la Méditerranée aux reflets flamboyants, des pins qui dévalent les pentes des calanques.

Des rochers abrupts qui s'accrochent sur des ravines... des pins qui se penchent sur la mer.

 

Et puis, bien sûr, une pêche merveilleuse : des langoustes prises au piège, des couleurs étonnantes de roux, des algues accrochées aux bords de la nasse, des poissons aux teintes variées : des fiélas, des murènes, des girelles, aux teintes lumineuses et étincelantes...

Le jambin, mot du sud, avec ses deux voyelles nasalisées, nous fait rêver à des flots ondoyants, à des envolées de vagues.

Le jambin évoque le monde des pêcheurs d'autrefois qui étaient de petits artisans laborieux, des gens simples qui arrivaient à vivre de leur activité de pêche.

 

 

 

 

Chanson : Les pescadous... les paroles 

http://gauterdo.com/ref/pp/pescadous.html

 

 

Les jambins de l'Estaque...
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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 15:02
Voici revenue la saison des potirons et potimarrons...

 

 

 

Voici revenue la saison des potirons et des potimarrons... Tout un programme avec ces noms de légumes aux sonorités variées de labiale, dentale, gutturale...

Ces mots qui s'arrondissent de leurs voyelles "o", ces mots qui évoquent des rondeurs de fruits épanouis.

 

Les potirons nous émerveillent de leurs couleurs dorées, de leurs éclats d'orange vif...

Des couleurs de rouille, de xanthe surgissent, cerclées de blanc...

Des formes généreuses s'épanouissent.

 

A l'intérieur, la chair dorée révèle des teintes éclatantes encore, des senteurs douces et sereines, des graines d'un jaune pâle, dans des ravines et des effondrements.

De la famille des cucurbitacés, comme la citrouille et la courge, le potimarrron éclaire les journées d'automne de ses éclats de couleurs vives.

 

Et quel goût raffiné ! Un suc délicat de châtaignes...

 

La surface du fruit fait briller des miroirs, de légères aspérités apparaissent, de petits cratères.

 

Potirons, potimarrons, citrouilles, cucurbitacés... tous ces noms remplis d'expressivité semblent mimer les formes mêmes de ces fruits de l'automne : on entevoit des rondeurs, des épanouissements, des épanchements de couleurs.

 

Redondances dans les sonorités, éclats solaires de palatales, mots qui rebondissent et s'étirent dans des tourbillons de consonnes variées.

Quelle bonhomie dans ces termes !

Ils nous amusent, nous font sourire, nous annoncent toutes les couleurs bigarrées de l'automne.

On en perçoit toute la poésie, tant ils éveillent en nous des images : couleurs réitérées, formes apaisantes, cercles de lumières...

 

 

 

 

Photos : Pixabay et rosemar

Voici revenue la saison des potirons et potimarrons...
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 12:21
Quand internet déboule dans le Robert...

 

 

 

Le vocabulaire révèle une société et la nôtre est de plus en plus "vampirisée" par internet.

De nouveaux mots liés à cette technologie apparaissent ainsi et sont désormais entrés dans les dictionnaires : la "twittosphère", ou "communauté des personnes qui postent des tweets et de celles qui les lisent", les "youtubeurs et youtubeuses" qui publient leurs propres vidéos sur le site YouTube... le verbe "geeker", qui signifie passer du temps devant un ordinateur, et "l'émoji", cette petite image qui sert à exprimer une émotion, rire, mécontentement, colère, étonnement...

Les mots du web s'emparent des dictionnaires, Robert et Larousse...

Internet est en train de bouleverser le monde du travail, des loisirs, la vie des gens.

Désormais, nous écoutons de la musique sur internet, nous communiquons de plus en plus sur internet, nous nous informons sur internet et nous travaillons avec internet.

Une révolution qui bouleverse toutes nos habitudes...

Le temps passé sur internet ne cesse de croître, les jeunes ne quittent presque jamais leur portable : on les voit dans la rue, le portable à la main, les écouteurs dans les oreilles, ils en oublient d'observer le monde extérieur...

Les addictions à internet se multiplient, créant une dépendance parfois dangereuse...

Internet devient une drogue dont on ne peut plus se passer : il suffit d'une simple panne pour éprouver un manque.

Les applications liées à ce média sont nombreuses, elles se diversifient tous les jours.

Les verbes "twitter, liker" font désormais partie de notre vocabulaire....

Il faut voir avec quelle dextérité les jeunes utlisent leur portable, ils manient cet outil avec aisance et ne peuvent plus s'en passer.

La révolution internet a commencé et ce n'est que le début de cette invasion d'objets connectés de toutes sortes : matelas, montres, chaussures, lampes, meubles....
Jusqu'où ira-t-on dans cette course frénétique à l'innovation et au progrès ?


Pour ma part, je n'ai guère envie de dormir sur une housse de matelas connecté, ni de posséder une montre connectée.

Mais je poste, désormais, des vidéos sur you-tube : je suis devenue "youtubeuse"...

Mais j'écoute de la musique sur mon ordinateur et j'utilise de plus en plus internet comme beaucoup de français.

De plus, la société elle-même nous contraint à faire ce choix d'internet : bientôt les déclarations d'impôts passeront par le web et peu de gens pourront y échapper, car des sanctions seront prévues.

Il existe bien quelques réfractaires à cette technologie mais ils sont plutôt rares, car internet nous offre tant de possibilités dans la communication, le domaine des loisirs, l'information...


 


 

Quand internet déboule dans le Robert...
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:10
La saison du bonheur des vendanges...

 

 


C'est la saison des vendanges, le temps de récolter le vin nouveau ! Des grappes de fruits dorés, aux teintes de pourpre sombre s'offrent à nous...

Les fruits ronds s'alourdissent des chaleurs de l'été finissant.

C'est le moment de la fructification, du bonheur de la récolte, savamment préparée, c'est la promesse de vins nouveaux et chaleureux...

Les vignes chargées de fruits déroulent des grappes aux teintes bleutées, aux couleurs de soleil et de lumières.
Les grains forment des cascades...des ruisseaux ondoyants où s'étagent les fruits... 
L'automne ! La saison du bonheur des vendanges !

Le mot danse grâce à sa voyelle nasalisée redoublée, il évoque la joie, le plaisir de la récolte nouvelle qui s'annonce...

Les différentes consonnes, fricative initiale, dentale "d", chuintante "g" nous disent tant d'éclats emplis de douceur...

Les vendanges... le mot souvent au pluriel traduit aussi une abondance, il annonce une générosité, une prodigalité.

Les romantiques ont souvent décrit l'automne comme la saison du déclin, et de la mélancolie. Mais c'était oublier que l'automne est aussi la saison des vendanges, associées au vin nouveau... Le vin qui symbolise la vie, parfois la connaissance, notamment dans l'oeuvre de Rabelais...

Le mot a, bien sûr, des origines lointaines : on ne s'en étonnera pas, les grecs, les romains pratiquaient la culture de la vigne.
 Les vins étaient, pour les romains, adeptes de Bacchus, un breuvage sacré, un nectar digne des dieux.


Le mot vient du latin "vindemia", terme composé de deux radicaux : "vinum", le vin, et un verbe "demo" qui signifie "prendre, retirer".

"Prendre le vin" ! récolter cette moisson de nectars attachés à des terroirs si nombreux et divers...

"Le vin, la vigne, les vendanges", tous ces mots ont un ancêtre commun : le nom qui désigne le vin, en grec ancien "woinos, oinos", de là viennent les termes savants : "oenologie, oenologue".

Le mot "vendémiaire" désignait, dans le calendrier républicain, le mois des vendanges qui allait du 22 septembre au 21 octobre... encore un joli mot rattaché au radical latin "vindemia'...

Bien sûr, depuis toujours, les vendanges sont soumises à des aléas climatiques : cette année, la chaleur tardive et intense de la fin du mois d'août, les orages, la grêle ont parfois anéanti des vignobles, réduisant à néant les efforts des paysans.

Les vignobles demandent un travail lent et patient, les vignes réclament des soins réguliers. Et les vendanges sont la récompense d'un dur labeur et d'un savoir ancestral.

Les vendanges représentent la fête du vin nouveau, elles évoquent des images lumineuses de fruits mûris au soleil, elles ouvrent la douce saison de l'automne... 


 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

La saison du bonheur des vendanges...
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 10:17
Avec le pampre de la vigne...

 

 

 

 

On se souvient de ces vers célèbres de Brassens, extraits de la chanson Dans l'eau de la claire fontaine...

 

"Avec le pampre de la vigne

Un bout de cotillon lui fis
Mais la belle était si petite
Qu’une seule feuille a suffi"...

 

 

Le mot "pampre"associé à la vigne fait surgir des images de plaisirs, et un certain hédonisme.

Le pampre... voilà un mot plein de sensualité et de charme, avec sa labiale réitérée, sa voyelle nasalisée, "am", avec une pointe d'âpreté que suggère la gutturale "r"...

Avec le pampre, on admire des feuilles, des fruits gorgés de soleil, des couleurs sombres ou éclatantes de noir, de xanthe...

Des grappes enroulent leurs grains autour des feuilles découpées, elles montrent des fruits serrés, denses...

Les fruits s'arrondissent, renvoyant la lumière, nimbés de nuées, ivres de sucs...

Les pampres forment des décors en arabesques, des tourbillons de feuilles, des enroulements sinueux qui envoûtent.

La voyelle nasalisée "an" suggère ces envols de feuilles...

Le pampre, c'est toute la poésie de la nature : branche, feuilles, fruits, couleurs...

Le pampre, c'est le vin, la gaieté, l'insouciance, les rires qui fusent.


Ce mot plein de résonances, évoque tant d'images de lumières : fruits mûrissants sous le soleil, fruits qui s'épanouissent et s'offrent à nous...

Les grappes s'écoulent comme des sources, elles épanchent leurs grains avec générosité...

Les feuilles forment des verdures abondantes autour des fruits, elles les enserrent, les entourent de leurs éclats découpés.

Les pampres évoquent la fête, le dieu Bacchus d'autrefois, les Bacchanales où le vin coulait à flots...

Le mot nous vient, ainsi, de l'antiquité : issu du latin "pampinus", à rapprocher du grec "ampélos, la vigne", ce terme ancien aux sonorités de labiale évoque des idées de séduction.


Le pampre contient le monde par ses formes, ses couleurs : nourriture, vin, rondeur des fruits, sources abondantes...






 Photo : Pixabay

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:55
Léa et la quête des mots...

 

 


Léa n'avait jamais vu de livres dans la maison : ses parents n'en possédaient pas, ils vivaient pauvrement, et les livres ne faisaient pas partie de leur univers.

Un jour, pourtant, Léa ouvrit le tiroir d'une commode et découvrit l'objet, un livre unique, aux pages élimées, aux vieilles senteurs de papier...

Elle se mit à feuilleter l'ouvrage avec curiosité : partout, des dessins amusants, des aventures cocasses, des histoires surprenantes, des personnages étranges...
Une famille était mise en scène : la famille Fenouillard !

Le nom lui-même résonnait comme une caricature, il fleurait bon le canular.

Aussitôt, Léa se mit à lire avec avidité ce récit illustré : elle sourit devant les bêtises des deux fillettes, Artémise et Cunégonde. 
Les dessins, aussi, étaient des caricatures : Artémise et Cunégonde étaient affublées de chapeaux identiques et ridicules.

Artémise ! Cunégonde ! Des prénoms venus d'un autre monde, d'un autre temps ! Des prénoms aujourd'hui disparus.

Léa découvrit, alors, la magie des mots et des noms, elle comprit que chaque mot avait une résonance particulière et n'était pas choisi au hasard...
Elle saisit leur valeur, elle fut sensible à des sonorités, elle se mit à l'écoute des mots.

Dès lors, Léa s'intéressa aux mots, elle voulut en découvrir d'autres, elle se mit en quête, et elle décida de lire et de s'enrichir de mots nouveaux.
Elle lut Balzac, Flaubert, elle lut Zola, Racine, Molière, elle fut avide d'auteurs variés.

"Salammbô" ! Ce nom flamboyant et étrange la fit rêver... "La peau de chagrin" attira son attention, "La rabouilleuse" suscita, en elle, effroi et curiosité.
"La mare au diable" lui parut mystérieuse...

Et les mots contenus dans ces livres étaient, aussi, une fête : une variété infinie de noms, de verbes, d'adjectifs, des mots à découvrir, des mots à partager...

Léa comprit que cet univers était infini et que sa quête lui permettrait toujours de nouvelles découvertes, un bonheur de la curiosité...
Les mots lui offraient, ainsi, la possibilité de mieux saisir le monde, de mieux l'appréhender et l'apprécier.

Une fleur n'était plus une simple fleur : son nom lui donnait plus de valeur, plus de poésie et de tendresse.
Lilas, rose, jasmin, campanule, liseron, camélia, géranium... des mots évocateurs, empreints de douceurs...

Les noms des arbres étaient aussi un émerveillement : marronnier, châtaignier, tilleul, platane, pin, chêne, micocoulier...

Les noms des étoiles la fascinaient : Deneb, Aldébaran, Altaïr, Perséides, Alpha du centaure, Sirius...

Et même les mots les plus simples, les plus ordinaires se prêtaient à des découvertes, les noms des saisons, des fruits, des jours de la semaine, des nuages....

Ainsi, Léa put redécouvrir le monde à travers les mots : elle comprit leur importance, leur humanité, elle voulut en saisir les différents sens.

Elle comprit que les mots sont essentiels, car ils sont oeuvre humaine, chargés d'histoire, d'un passé ancien, ils sont l'essence de l'humanité, de la pensée, de la réflexion, du bonheur...




 

 

 

 

Léa et la quête des mots...
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