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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 11:10
"90% des Russes sont contre cette guerre !"

 

Il a osé l'affirmer : "90% des Russes sont contre la guerre en Ukraine..." L'oligarque russe Oleg Tinkov, 54 ans, s'est exprimé sur Instagram, en soulignant ne voir “AUCUN bénéficiaire de cette guerre absurde” où “des gens et des soldats innocents meurent.”

Le milliardaire russe Oleg Tinkov fustige une guerre "absurde" en Ukraine.

 

Et ce milliardaire n'a pas mâché ses mots ! Jugez plutôt :

“En se réveillant avec une gueule de bois, les généraux ont compris qu’ils avaient une armée de merde”, a affirmé ce mardi Oleg Tinkov, en ajoutant : “Et comment l’armée peut être bonne si tout le reste dans le pays,  c’est de la merde plongée dans le népotisme et la servilité ?”

"Népotisme, servilité" : des mots très critiques qui fustigent la gouvernance de Vladimir Poutine.

Un pouvoir autoritaire qui fonctionne par la peur, une société où la direction des grandes banques et sociétés d’Etat est plus en plus souvent attribuée aux descendants d’amis de Vladimir Poutine, et des appartements de grand luxe sont à disposition de femmes proches du président. 

 

Un système qui encourage le culte de la personnalité autour du président : "la poutinomanie n'a bien sûr ni la nature, ni l'ampleur du culte de la personnalité à la Staline, mais le culte de Poutine sert avant tout à présenter le président comme un leader sans alternative, dont la sécurité personnelle se confond avec celle de son régime pour prévenir toute contestation", écrit Tatiana Kastouéva-Jean, diplômée de l'Université d'État de Ekaterinbourg, du Master franco-russe en relations internationales...

Et l'oligarque russe lance cette exhortation :

“Cher Occident ‘collectif’, s’il vous plaît, laissez une issue claire à M. Poutine pour qu’il puisse sauver la face et mettre fin à ce massacre. S’il vous plaît, soyez plus rationnels et humanitaires”, a ajouté Oleg Tinkov en anglais dans son message publié sur Instagram.

Il est vrai que Tinkov vit à l'étranger et peut se permettre cette liberté de ton...

 

Ce n'est pas le cas de beaucoup de Russes...

"Dans un système autoritaire, la crainte des représailles empêche les personnes interrogées de dire publiquement la vérité : ainsi, un quart des Russes reconnaît ne pas exprimer ce qu'ils pensent vraiment lors des sondages... La propagande massive des chaînes de télévision publique met constamment en valeur Vladimir Poutine, alors que les opposants sont absents du champ médiatique officiel ou sont présentés comme "des traîtres nationaux" ou des "agents de l'Occident...", écrit encore Tatiana Kastouéva-Jean.

La propagande russe au service d'un dirigeant qui s'apprête à conserver le pouvoir jusqu'à 2036, grâce à une réforme constitutionnelle...

 

Rappelons enfin qu'Oleg Tinkov n’est pas n’importe qui. En 2006, il a fondé la banque Tinkoff qui est rapidement devenue la troisième par la taille en Russie avec 20 millions de clients, et la première émettrice de cartes de crédit dans le pays.

 

 

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/l-oligarque-russe-oleg-tinkov-denonce-une-guerre-folle-en-ukraine_5067220.html

 

 

 

"90% des Russes sont contre cette guerre !"
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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 12:08
Ces mères russes qui ont perdu leurs fils et qui adhèrent au récit de Poutine...

 

Terrifiant ! Elles sont Russes, elles ont perdu leurs fils à la guerre, et les perçoivent comme des héros partis pour combattre le nazisme en Ukraine...

Ce sont des soldats très jeunes, presque des adolescents, ils sont morts en Ukraine, et leurs mères adhèrent totalement au récit de Poutine.

A Louga, en Russie, une de ces mères revient tous les jours sur la tombe de son fils : Nikita avait 20 ans, engagé dans un régiment de cavalerie russe, il est mort au combat près de Karkhiv, fin mars.

20 ans seulement ! Un tout jeune homme envoyé faire la guerre en Ukraine, envoyé à la mort, par la décision d'un seul chef qui détient tous les pouvoirs : Vladimir Poutine.

Comment peut-on envoyer des jeunes gens inexpérimentés faire la guerre ? Quelle abomination !

 

"Comme c'est un tankiste, on nous a d'abord dit que seul son tank avait été dynamité, puis plus tard on a appris que toute l'unité avait été attaquée, il avait de nombreuses blessures..." commente la mère de Nikita.

Son corps a été rapatrié 12 jours plus tard dans un cercueil fermé.

Lors de l'enterrement, un élu de la ville a dit qu'il s'était sacrifié pour combattre les néonazis et les nazis nationalistes.

"Que personne ne dise que ce petit garçon était parti là bas pour assassiner, non ! Il est allé défendre les civils, sauver des enfants cachés dans les caves, pour que tout aille bien pour eux" affirme la grand-mère de Nikita.

"Vous le considérez comme un héros ?", interroge un journaliste.

"Oui, bien sûr, évidemment !"

 

Malgré la disparition de leur enfant, cette famille soutient "l'opération spéciale", comme la qualifie toujours le pouvoir.

 

Dans ce cimetière, le tankiste de 20 ans n'est pas un cas isolé. Il y a quelques jours, un autre soldat a été enterré ici et d'autres soldats devraient bientôt être enterrés dans les prochains jours, les prochaines semaines.

Dans le cimetière de Louga, tout est prêt pour recevoir ces dépouilles de soldats.

Dans cette petite ville de 30 000 habitants à 700 km de Moscou, on est fier de son armée. Quelques voitures affichent des aides de soutien.

Le grand-père de Nikita avait combattu les nazis d'Hitler, le petit fils voulait faire pareil.

 

La mère montre alors les photos de son fils enfant, puis en habit militaire.

Cette famille n'a aucun doute sur le comportement de son fils à la guerre exemplaire ni sur celui des autres unités russes.

"Tout ça, comme Boutcha, ce sont des mises en scène pour salir nos garçons qui ont une mission absolument différente, vous voyez. Si nous avions voulu écraser réellement l'Ukraine, nous l'aurions fait. Mais, là, avec nos opérations très précises sur le terrain, on perd tous nos enfants.", se désole la grand-mère.

Un discours largement partagé en Russie...

 

La mère de Nikita, elle, ne souhaite plus s'exprimer, il lui reste un seul garçon de 15 ans : l'adolescent voulait s'engager plus tard dans l'armée. Cette fois, elle a refusé.

 

Selon l’OTAN, les pertes de l'armée russe seraient estimées entre 7 000 et 15 000 hommes.

. En Russie, la guerre et la mort font partie du récit national, révisé par la propagande. 

 

Par ailleurs, on ne sait pas ce que sont devenus les marins du Moskva, le bateau russe coulé par un missile ukrainien. Sur le Facebook russe, le père d'un marin ne cache pas sa colère, depuis jeudi, il est sans nouvelles de son fils...

"Il a été signalé que tout l'équipage avait été évacué. C'est un mensonge ! Mensonge flagrant et cynique !

Un autre sous-officier de marine serait manquant, selon son épouse.

Interrogée par un journaliste indépendant russe, une mère dont le fils a survécu affirme qu'il y aurait une quarantaine de morts.

Difficile de connaître la vérité : la propagande et la désinformation encore et toujours...

 

 

 

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-en-russie-enterrer-les-soldats-sur-fond-de-propagande_5086054.html

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-le-mystere-autour-du-sauvetage-de-l-equipage-du-navire-russe-moksva_5089099.html

 

 

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 11:29
Le contrôle des médias en Russie : mensonges et falsifications...

 

La journaliste Manon Loizeau dénonce la fermeture de plusieurs médias russes par le pouvoir en pleine guerre en Ukraine ainsi que les arrestations massives de citoyens russes qui manifestent contre le conflit.

Des médias muselés, une presse sous contrôle, des manifestations interdites, des opposants arrêtés... n'est-ce pas là la marque d'un pouvoir dictatorial qui impose sa vision du conflit en Ukraine ?

 

"Une opération de pacification"... telle est la version officielle, sauf que les Ukrainiens sont sous le feu des bombes et des missiles russes.

 Selon Manon Loizeau, ce conflit n'est pas considéré comme une guerre par le pouvoir russe ni par les autres médias : "Tous les médias officiels russes disent que c'est une opération de pacification et de défense des citoyens russes dans la région de Donetsk" souligne-t-elle. Elle poursuit : "Quand ce sont des images de Karkhiv (la deuxième plus grande ville ukrainienne) qui sont montrées, les Russes disent que ce sont les Ukrainiens eux-mêmes qui bombardent. Ce sont des théories du complot totales, que croient beaucoup de Russes". 

Eh oui, comment échapper à ces mensonges quand on vit en Russie ?

 

Tous les médias indépendants ont été fermés : le pluralisme n'existe plus en Russie, sous Poutine.

"La Russie est loin d'être un modèle en matière de liberté des médias : les espaces d'information totalement contrôlés coexistent avec des îlots de liberté d'expression de plus en plus sous contrainte." écrit Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste des politique intérieure et étrangère russes.

 

Elle précise : "Les médias publics épousent fidèlement la ligne officielle du Kremlin sans émettre la moindre critique. Certains médias sont même connus pour la fabrication et la diffusion de contenus déformés, voire falsifiés, en vue d'alimenter et de crédibiliser le discours officiel. La mainmise sur les chaînes de télévision date de la fermeture de NTV en 2001, dont l'éclairage critique à l'égard de l'armée fédérale lors de la deuxième guerre de Tchétchénie avait mécontenté le Kremlin."


Ainsi, Le Moskva, un fleuron de la Marine russe, vaisseau amiral en mer Noire, a coulé ce jeudi 14 avril après avoir été touché par un missile ukrainien selon Kiev, mais selon Moscou, le naufrage de ce lance-missiles serait dû à un incendie accidentel. 

"Moscou" a coulé, atteint par des missiles ukrainiens, voilà une vérité que les Russes ne sont pas prêts à entendre...

Deux versions des faits... où l'on voit que les médias russes se livrent à une falsification de la réalité.

 

C'est ce que l'on appelle des médias aux ordres.

Les Russes ne sont donc que très mal informés des réalités de leur pays.

C'est ainsi que Vladimir Poutine impose sa politique musclée à un pays de 140 millions d'habitants.

Comment les Russes pourraient-ils se révolter ? Très peu de personnes sont prêtes à descendre dans la rue pour défier Poutine...

 

Source :

 

https://www.francebleu.fr/infos/international/les-russes-ne-voient-plus-d-avenir-possible-raconte-la-journaliste-manon-loizeau-sur-france-bleu-1646399247

 

 

 

 

Le contrôle des médias en Russie : mensonges et falsifications...
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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 11:46
Le "déraillement" de Poutine et ses tragiques conséquences...

 

Philippe de Lara, philosophe et maître de conférence en science politique à Paris nous explique la situation en Ukraine et évoque le basculement de Poutine :

"Le moment du déraillement de Poutine, c'est Poutine 1 :  il était encore premier ministre de Eltsine, avant même qu'il ne devienne président, la façon dont il a déclenché, par des moyens peu glorieux, la deuxième guerre de Tchétchénie, et dont il l'a conduite, était un geste de rupture avec l'Occident.

 

L'une des meilleures oeuvres sur la Russie post-soviétique, c'est celle d'Anna  Politkovskaïa qui a beaucoup enquêté sur la guerre de Tchétchénie, elle a été assassinée en 2006 pour ça et quand on lit ses ouvrages, on comprend l'importance qu'elle donne à cette guerre (bien sûr, il y a un aspect humanitaire de dénonciation, de l'horreur, des massacres) elle a compris  et expliqué alors que la Russie changeait de nature...

(Dans la Russie du début des années 2000, Anna Politkovskaïa était devenue dangereuse pour le pouvoir car elle était la journaliste qui défiait le Président, Vladimir Poutine… Une insoumise qu’on ne pouvait pas arrêter avec des menaces. Travailleuse infatigable, elle était persuadée que le courage civique individuel finirait par avoir raison de l’État despotique. Connue dans le monde entier pour ses enquêtes sur les exactions russes en Tchétchénie, les violences dans l’armée, la corruption et les mensonges des responsables politiques, elle était devenue la figure de l’opposition médiatique… Elle le paiera de sa vie.

La Tchétchénie ! Le déshonneur de la Russie !

Voici la monstrueuse et cynique déclaration de Poutine,  à la mort de cette journaliste, en 2006 : "Oui, il est vrai que cette journaliste avait pour habitude de critiquer les autorité fédérales, je pense donc qu'elle devait savoir que ce qu'elle écrivait ne pouvait pas rester sans conséquences , mais je vous rassure : son degré d'influence sur la vie politique en Russie était minime."

Une intervention du Président russe qui est à l'image de sa politique en matière de liberté de la presse et des Droits de l'homme.)

Le règne de la peur et une menace à peine voilée envers tous les opposants au régime...

Gare à ceux qui se permettent de critiquer Poutine !

On voit comment fonctionne ce régime : les opposants sont rapidement jugulés, réduits au silence, emprisonnés, voire assassinés, s'ils sont trop gênants.

Une femme, une journaliste assassinée par les sbires de Poutine. Quelle honte !)

 

Anna Politkovskaïa a compris que la page plus chaotique que démocratique de 91 à 99, donc les années Eltsine, était tournée de manière très profonde, et en particulier du fait de l'assentiment d'une partie importante de la population russe à la guerre de Tchétchénie et au comportement de l'armée russe en dépit du fait que tout le monde savait que la seconde guerre de Tchétchénie a été déclenchée en riposte à des attentats terroristes tchétchènes qui, en fait, étaient organisés par le FSB. (Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie.)

Les Américains ont été divisés et fluctuants, d'une façon générale... Georges Bush sénior était très réservé sur l'indépendance de l'Ukraine, il était obsédé par le problème de la dissémination des armes nucléaires. Il y avait un arsenal nucléaire soviétique très important en Ukraine et l'indépendance de l'Ukraine s'est faite rapidement, malgré les Etats-Unis.

Un mot sur l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN : l'indépendance a été plébiscitée en Ukraine mais pas du tout la perspective d'adhérer à l'OTAN... nous avons des sondages au moins depuis l'an 2000 et même avant sur l'opinion vis à vis des différentes possibilités d'insertion dans la communauté internationale, neutralité, adhésion à l'union eurasiatique proposée par la Russie, adhésion à l'Union Européenne, adhésion à l'OTAN... l'opinion fluctue : au début, les Ukrainiens sont très prudents, ils ont été très vite pour l'Union Européenne, c'était un peu le symbole de l'Etat de Droit : "nous méritons de vivre comme des Européens", disaient-ils, et en revanche, il y avait alors une grande hostilité à l'adhésion à l'OTAN.

Et la courbe s'est inversée d'un coup en 2014, après l'annexion de la Crimée et l'intervention russe dans le Donbass.

L'histoire de l'Ukraine, c'est l'histoire d'une bascule permanente entre l'Est et l'Ouest : il y a eu des périodes où une partie des élites s'est trouvée tout à fait à l'aise dans l'Empire russe, il y avait beaucoup d'Ukrainiens dans les élites politiques et intellectuelles, mais le paradoxe de l'Ukraine, c'est que en dépit du fait que c'est une nation très étendue entre l'Est et l'Ouest, aux portes de l'Europe, le sentiment de l'unité de cette nation a été très précoce : il y a un sentiment national en particulier lié à la langue.

Il existe une grande littérature de langue ukrainienne, dès le début du 19ème siècle.

Il 'y a pas vraiment de séparatisme dans le Donbass, il y a bien des différences entre l'Est et l'Ouest mais il est inexact de dire que l'Ouest est ukrainophone, que l'Est est russophone parce que la répartition des langues maternelles ressemble plus à une carte en peau de léopard. Il y a beaucoup de russophones à l'Ouest, les grandes villes de l'Est et du Sud sont russophones mais pas forcément les campagnes alentour.

Les soi-disant séparatistes du Donbass en 2014 sont en réalité des Russes, des supplétifs russes qui ont lancé le mouvement séparatiste... jusqu'à 2014, il n'y a jamais eu de séparatisme dans l'est de l'Ukraine, pas plus qu'à Odessa.

Quels sont les buts de guerre de Poutine ?

Une volonté de revenir aux frontières anciennes de l'Empire ?

Hubert Védrine, quant à lui, rapporte ces propos de Poutine :

Poutine disait : Celui qui ne regrette pas l'Union Soviétique n'a pas de coeur, mais celui qui veut la reconstituer n'a pas de tête.", tout le problème étant : est-ce qu'il n'a pas oublié la deuxième partie du propos ?

Et Védrine donne aussi son avis sur l'armée russe : une armée de soudards non préparée, pas encadrée, il n'y a pas de sous-officiers, les soldats sont parfois ivres, ils se livrent à des abominations : dans certains chars, on trouve des uniformes de parade, on leur avait expliqué que c'étaient des manoeuvres et qu'ils seraient bien accueillis !

 

 

 

Sources :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/que-nous-apprend-la-guerre-en-ukraine

 

 

 

https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mercredi-02-mars-2022

 

 

 

Le "déraillement" de Poutine et ses tragiques conséquences...
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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 11:33
Guerre en Ukraine : un photographe témoigne...

 

Il s'appelle Peter Turnley, il est photo-reporter, il revient d'Ukraine : il a photographié ces hommes, ces femmes, ces enfants forcés de quitter leur pays... direction : la Pologne.

Peter est franco-américain, il veut témoigner de la vie de son époque... il a commencé à faire des photos, dès l'âge de 16 ans.

Voici son témoignage :

"J'ai un certain credo : j'envisage tous les gens de la terre comme des frères et des soeurs. J'ai l'impression que la terre entière, c'est ma famille.

Quand je suis arrivé en Ukraine, je n'étais pas prêt à voir ce que j'ai vu là-bas : c'est la plus grande crise, le plus grand exode depuis la deuxième guerre mondiale.

Imaginez qu'on perd tout de son existence : sa maison, son compte en banque, on perd ses amis, on perd son voisinage et on va vers l'inconnu. Et aujourd'hui, en Ukraine, il s'agit de presque 4 millions de personnes qui ont perdu ce sens de l'existence."

Sur une des photos prises par Turnley, on voit une femme avec peu d'affaires, une valise et toute sa vie qui vient de basculer...

 

Turnley a travaillé essentiellement dans deux endroits, à la frontière polonaise, puis en Ukraine à Lviv : "les scènes à la gare de Lviv étaient vraiment incroyables, il y avait des milliers de gens qui sont passés pour avoir les dernières places dans un wagon de train et j'ai eu un voyage qui a été assez extraordinaire...

Je suis rentré d'Ukraine dans un wagon débordant de réfugiés, et tous ces gens dans ce wagon avaient tout perdu.

Je regardais leur visage, les yeux glacés de beaucoup de femmes, ce qui me frappait, c'étaient les âges différents de ces gens qui venaient de tout perdre...

 

Souvent, je voyais de vieilles dames, (ma propre mère est morte il y a deux ans, elle avait 92 ans, elle était invalide, mais elle était entourée d'amour à la fin de sa vie.)

Et je voyais ces vieilles dames qui, tout d'un coup, avaient tout perdu, toute relation, elles n'avaient aucune idée de savoir ce qui les attendait et probablement, elles savaient qu'elles allaient mourir dans un endroit qui n'étaient pas leur propre patrie.

 

Lors de ce reportage en Ukraine, j'étais en voyage dans ce wagon, j'étais debout, il n'y avait pas un centimètre libre dans ce wagon de train et quand nous sommes arrivés en Pologne, on a attendu deux heures que les garde frontières ouvrent les portes de chaque wagon, mon wagon était le dernier, et quand ils ont ouvert la porte, en descendant du train, j'ai eu un sentiment énorme de culpabilité...

Moi, je savais que je pouvais partir vers une vie que je connais, vers la sécurité, vers quelque chose qui n'est pas étranger pour moi, et je savais que tous ces gens que je laissais derrière n'avaient pas du tout cette chance.

La seule chose qui restait à ces gens, c'était l'amour."

 

En 2000, Peter Turnley était allé en Russie en reportage : il rencontre alors Vladimir Poutine, et il réalise un cliché de son visage.

"J'étais envoyé à Moscou, c'était tout au début du régime de Poutine, il venait d'arriver au pouvoir, et je témoigne à travers mes photos aussi des grands leaders, des dirigeants de pays et c'était tout naturel que le monde entier s'intéresse à cet homme, Poutine.

Quand je photographie les gens, j'aime beaucoup les regarder dans les yeux, et je regardais dans les yeux de Poutine sur la Place Rouge, et si vous me demandez ce que j'ai vu, je n'aurai pas une réponse facile, ce que j'ai vu, c'est une énigme."

"Dans ce regard, il y a tellement de choses : il y a de l'inquiétude, la sûreté, la fragilité, il y a tout ce que l'on peut imaginer de cet homme.", commente le journaliste qui interroge Turnley.

 

De fait, ce cliché date de 22 ans : physiquement, Poutine a changé : il avait à l'époque un visage émacié, des poches sous les yeux, un front marqué de rides soucieuses.

Il a aujourd'hui un visage plein, épanoui...  disparues les poches sous les yeux...

D'aucuns disent qu'il a eu recours à la chirurgie esthétique. De mauvaises langues ? Il est vrai que son visage apparaît figé, sans ride, malgré son âge.

 Vladimir Poutine joue la carte de la virilité, mais en même temps, il y a, dans ce visage botoxé, avec des joues rondes, une forme de féminité...

 

 

Source :

 

https://www.france.tv/france-2/20h30-le-dimanche/3165903-emission-du-dimanche-27-mars-2022.html

 

 

 

Guerre en Ukraine : un photographe témoigne...
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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 08:24
Quand la religion justifie et cautionne la guerre...

 

Nous savons les guerres saintes d'autrefois, nous connaissons les croisades menées par la chrétienté, des guerres impitoyables lancées au nom de la religion.. "guerres saintes, guerres sournoises qui n'osent pas dire leur nom...", comme l'écrit et le chante si bien Brassens.

Et voilà que surgissent de nouvelles guerres qui se parent encore d'auréoles de sainteté...

Nous avons vu et nous voyons encore les horreurs du Djihad, des meurtres, des attentats indignes qui touchent le plus souvent des innocents.

Et voici "la guerre sainte" de Poutine ! Une guerre qui n'ose pas dire son nom ! puisque Poutine refuse lui-même d'employer le mot "guerre" pour son "opération spéciale"...

Que c'est joliment dit ! Une façon d'édulcorer les réalités terrifiantes de la guerre : les bombes qui fusent, les bombes qui tuent des civils, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards... des destructions massives, des populations qui se terrent, qui fuient, qui connaissent la terreur, le froid, la faim, le dénuement et le désespoir...

Et la religion vient même cautionner cette guerre impitoyable contre un pays souverain...

Le religion se fait encore une fois complice des horreurs de la guerre.

 

Le Patriarche Kirill est le patron de l’église orthodoxe à Moscou. Avec son homologue de Constantinople (autrement dit Istanbul), c’est la plus haute autorité de cette branche de la chrétienté.

Il a notamment déclaré : "Nous sommes engagés dans une lutte qui n’a pas une signification physique mais métaphysique..."

Scandaleux ! Est-ce que les bombes et les missiles qui tombent sur les Ukrainiens sont métaphysiques ?

 

Kirill, 75 ans, est d'ailleurs un personnage controversé et l’un des plus fidèles soutiens de Vladimir Poutine, qui s’est progressivement rapproché du clergé.

Kirill est lui-même un ancien espion du KGB dans les années 70, et il est connu pour son amour des voitures et des montres de luxe.

Un homme d'église ancien espion du KGB ! Quelle référence ! Un homme d'église qui a une passion pour le luxe ! Quelle abnégation !

Un oligarque en soutane... qui fait penser à un mafieux ! Une religion à la dérive, encore !

 

Ce qu’il proclame dans ses sermons, depuis le début de la guerre, est proprement scandaleux !

"Kirill ne se contente pas de justifier l’agression russe, qu’il présente comme une défense de la région du Donbass agressé. Il ne se contente pas d’affirmer avec Poutine que les nations russe, ukrainienne et biélorusse n’en forment qu’une.

 Il parle d’une lutte du Bien contre le Mal. Où le Bien, c’est la Russie. Et le Mal, c’est l’Occident décadent.

 

L’Occident qui s’incarne, selon lui, dans les "gay prides". Un sujet emblématique pour lui.

Pour Kirill, ce qui se joue dans cette guerre, c’est "le Salut de l’Homme, sa place à côté de Dieu le Sauveur"."

Pas moins !

Quelle prétention ! Quel manichéisme ! Qui peut y croire ?

Un fanatisme religieux qui revient en force... une folie dévastatrice qui s'empare du monde...

 

"​​​​​​Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique..." Voltaire

 

Source :

https://www.franceinter.fr/emissions/le-monde-d-apres/le-monde-d-apres-de-jean-marc-four-du-lundi-14-mars-2022

 

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1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 11:33
Guerre en Ukraine : la course aux armements et autres conséquences...

 

La guerre menée par Poutine en Ukraine a des conséquences innombrables : destruction d'un pays, de ses infrastructures, morts de civils, un exode massif d'Ukrainiens...

Autre conséquence de cette guerre au coeur de l'Europe : de nombreux pays se lancent dans une course effrénée aux armements...

L'armée russe dispose elle-même d'armes à la pointe de la technologie : par exemple, des missiles hypersoniques indétectables qui peuvent faire des dégâts considérables.

Dès que la guerre a été initiée par Vladimir Poutine, la plupart des pays ont décidé d'augmenter leur budget militaire.

Lors d’une session extraordinaire au Bundestag, à Berlin, le chancelier Olaf Scholz a annoncé un effort exceptionnel de l’Allemagne en matière de Défense. La crise russe change toute la doctrine tenue jusqu’ici. Olaf Scholz, le Chancelier, annonce 100 milliards d’euros pour moderniser son armée.

Des sommes colossales englouties pour fabriquer des armes !

 De nombreux pays de l'Union européenne ont décidé d'augmenter très sensiblement leurs dépenses militaires.

"La Russie et les Etats-Unis se sont lancés depuis un certain temps dans une course aux armements nucléaires, mettant au point de nouvelles machines d'apocalypse qui menacent de ruiner les gains chèrement acquis des dernières décennies et de nous ramener au bord de l'anéantissement nucléaire..." nous rappelle l'historien Harari.

Et quand les budgets militaires augmentent, d'autres secteurs en pâtissent : l'éducation, la santé, les enjeux écologiques.

"Si des pays croient la guerre inéluctable, ils renforcent leurs armées, se lancent dans la spirale de la course aux armements, refusent tout compromis en cas de conflit et soupçonnent que les gestes de bonne volonté ne sont que des pièges." écrit encore Harari.

Et il ajoute : " Un remède éventuel à la bêtise des hommes est une dose d'humilité. Les tensions nationales, religieuses et culturelles ne peuvent qu'empirer du fait du sentiment grandiose que ma nation, ma religion et ma culture sont les plus importantes du monde et que mes intérêts doivent passer avant ceux de tous les autres, voire de l'humanité dans son ensemble."

 

L'humilité, non, ce n'est pas la tasse de thé de Vladimir Poutine !

Il s'est lancé dans une guerre de conquête, envahissant un pays voisin souverain...

Ce faisant, il menace tout l'équilibre du monde : cette guerre est non seulement militaire, mais aussi politique et économique.

 

Elle va avoir des retentissements sur l'ensemble du monde...

Sont à prévoir des pénuries, des famines, des victimes innombrables de cette guerre...

 

En Europe, il faudra accepter d'avoir froid pour aider et soutenir les Ukrainiens. Les classes moyennes et populaires souffrent déjà d'une inflation galopante...

Dans un monde interconnecté, les conséquences du conflit en Ukraine sont colossales : l'Europe va en payer le prix fort, comme tous les pays pauvres que l'explosion du prix du blé va plonger dans une misère terrible.

Quant à l'écologie, elle sera aussi sacrifiée : pour se passer du gaz russe, l'Europe devra rouvrir des centrales à charbon.

 

 

 

Sources :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-l-eco/entendez-vous-l-eco-du-vendredi-11-mars-2022

 

 

https://www.lesoleil.com/2022/02/02/poutine-releve-dun-cran-la-course-aux-armements-e39c7656c055fe77a0bbdb58799b11ed

 

 

 

Guerre en Ukraine : la course aux armements et autres conséquences...
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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 11:08
Les Ukrainiens chantent pour leur liberté...

 

Musiciens et chanteurs de l’Opéra d’Odessa se sont réunis samedi 12 mars devant le bâtiment où ils se produisent habituellement alors que la ville est sous la menace de bombardements par l’armée russe. Drapeaux ukrainiens à la main, ils ont interprété l’hymne national et de grands airs d’opéra.
Les artistes de l’Opéra d’Odessa ont notamment chanté Nabucco...

 

Ils ont interprété un des airs les plus célèbres de l'opéra de Verdi : Va, pensiero ou Va, pensiero, sull'ali dorate, le Chœur des esclaves hébreux (Va, pensée, sur tes ailes dorées, en italien).

Magnifique chant de liberté, magnifique interprétation de ces artistes qui vivent dans un pays en guerre, après l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe...

Ce chant incarne une volonté farouche de se libérer du joug russe.

Chanter, c'est aussi une façon de résister et de remonter le moral es troupes... chanter, c'est un acte de liberté...

 

De fait, on a pu voir durant ce premier mois de guerre initiée par Vladimir Poutine, l'âpre résistance dont sont capables les Ukrainiens.

L'armée russe est pourtant particulièrement puissante mais les Ukrainiens, malgré une offensive préparée de longue date, ont su affronter les forces russes.

Les Ukrainiens défendent une cause juste : leur liberté, leur droit à l'autonomie, leur droit de choisir...

Face au déferlement des chars russes, les Ukrainiens se défendent vaillamment, avec ferveur et courage !

 

Depuis plusieurs jours maintenant, la ville portuaire d’Odessa, ville stratégique dans le plan d’invasion de Vladimir Poutine, se prépare aux bombardements russes. Certains habitants ont fui la ville, d’autres se mobilisent et participent à la mise en place de barricades avec des sacs de sable un peu partout dans la ville. C’est notamment le cas devant le grand théâtre d’opéra d’Odessa, qui est maintenant entouré de barricades et de barrières de sécurité.

 

 Cet air chanté par les artistes de l'opéra d'Odessa, issu de l’opéra Nabucco du compositeur italien, éminemment symbolique, est aussi un hymne de paix et d’espoir.

Un espoir encore fragile car l'armée russe progresse sur le territoire ukrainien. Un espoir fragile car les négociations en vue de la paix n'ont toujours pas abouti.

Cependant, des négociations entre Kiev et Moscou s'ouvrent en ce début de semaine à Istanbul, l'Ukraine se disant prête à discuter en profondeur de sa neutralité, un point que Moscou ne lâche pas depuis l'ouverture du dialogue.
 

 

 

 

Voici la traduction du texte italien :

"Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal !

Salue les rives du Jourdain,
Les tours abattues de Sion ...
Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !

Harpe d'or des devins fatidiques,
Pourquoi, muette, pends-tu au saule ?
Rallume les souvenirs dans le cœur,
Parle-nous du temps passé !

Semblable au destin de Solime
Joue le son d'une cruelle lamentation
Ou bien que le Seigneur t'inspire une harmonie
Qui nous donne le courage de supporter nos souffrances !"

 

 

 

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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 09:54
L'exaltation de la guerre...

 

La guerre se cache souvent sous des apparences héroïques et brillantes... On se souvient de cette évocation de la guerre dans le chapitre 3 de Candide, le célèbre conte de Voltaire :

"Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque..."

Au début de ce chapitre, on ne perçoit que les aspects clinquants de la guerre : les armées en ordre de bataille, la musique... puis, peu à peu, on en découvre toutes les abominations...

 

On retrouve cette exaltation de la guerre dans les récits de la guerre menée par Poutine en Ukraine.

Poutine a même tenu un meeting rassemblant des milliers de Russes, alors que les villes ukrainiennes sont sous les bombes !

Quel cynisme ! C'est ignoble !

Près de 100.000 personnes ont acclamé le président russe Vladimir Poutine, dans un stade plein à craquer, à l'occasion d'un meeting du maître du Kremlin. Un rassemblement festif organisé en pleine guerre en Ukraine, officiellement pour célébrer les huit ans de l'annexion de la Crimée.

Vladimir Poutine a alors fait l'éloge des soldats russes et de leur "héroïsme" !

Aucun mot sur les destructions, aucun mot sur les victimes, sur les blessés, les morts...

 

"Cette exaltation de la guerre est le signe d'une immaturité très profonde, selon Johann Chapoutot, professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste de l'histoire de l'Allemagne.

Une immaturité que l'on trouve au plus haut niveau de responsabilité de l'état et pas seulement dans les dictatures...

 

Vladimir Poutine, c'est le paroxysme de cette immaturité, de ce manque de réflexion, de ce manque de responsabilité, un homme qui s'est de plus en plus isolé au sommet du pouvoir, qui est habité par ses propres fantasmes, par sa paranoïa, qui est suivi par une technostructure maffieuse oligarchique.

 

Il incarne la stupidité agressive, le virilisme, comme si la perte de l'empire russe avait été une émasculation.

Lui-même met en scène cette espèce de corps sportif, de manière permanente....

 

Il est à la confluence de tout ce qui importe véritablement, en fait, actuellement, c'est à dire non pas seulement le fracas des armes qui peut susciter une fascination exaltée, mais la fin de l'état de droit, la question du nucléaire, la question du climat, parce que nous finançons sa guerre. Lorsque nous voyons que le budget de l'armée russe, c'est 56 milliards d'euros par an, il faut voir que nous lui achetons pour 59 milliards d'euros de gaz, sans compter les autres énergies fossiles et le pétrole, la question de l'évasion fiscale, la question de la corruption, tout cela est lié dans ce phénomène Poutine, ainsi que ce phénomène de guerre, et on voit à quoi cela conduit : à tuer des enfants sous les bombardements.

 

Le récit de Poutine, celui d'une certaine élite russe, aidée en cela par l'église orthodoxe, est totalement obsidional, c'est à dire que ces gens perçoivent la Russie comme une cité assiégée qui doit se défendre à tout prix, si bien que les Russes se considèrent, de manière paradoxale, comme les agressés et non pas comme les agresseurs.

Une façon de motiver les combattants qui sont envoyés sur le front...

Les citoyens russes sont les premières victimes de ce récit : ils sont soumis à un tabassage, un matraquage médiatique intensif de la part de médias qui sont totalement aux ordres.

Derrière tous ces récits,  derrière ce bruit, ce fracas, ce théâtre des opérations, il y a des enjeux massifs comme la consommation des énergies fossiles, la dégradation de notre climat encouragée par ces espèces de fascismes impériaux dont la Russie est vraiment un exemple paradigmatique. Il y a la question de la démocratie, la question de l'état de droit, la question du virilisme, de l'extractivisme, du productivisme dans lequel on est pris, parce qu'il ne faut pas s'y tromper, la Russie est, avec la Chine, un exemple de ces grands empires de constitution ou de reconstitution qui estiment qu'on peut faire fi du droit international pour laisser des empires faire ce qu'ils veulent : exploiter, détruire l'environnement, détruire le vivant, massacrer des populations."

 

 

Source :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/sous-les-radars/quand-la-guerre-est-de-retour-dans-nos-vies

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21 mars 2022 1 21 /03 /mars /2022 12:38
Poutine et la rhétorique de la guerre...

 

La guerre s'accompagne toujours d'une certaine rhétorique : il s'agit de convaincre ses troupes du bien-fondé de la guerre...

Et Vladimir Poutine en menant une guerre en Ukraine, n'échappe pas à ce rituel...

"Elena Volochine a quitté la Russie quand la rhétorique de guerre est réapparue : la cinquième colonne, les opposants, les mots de nazis, de traîtres, d'ennemis du peuple, elle se sentait elle même visée par cette rhétorique, en tant que journaliste franco-russe à France 24.

Une rhétorique dictatoriale qui est en train de monter, selon elle.

Pour Poutine, l'Ukraine n'est pas une nation, elle n'a pas droit de cité, elle a été créée par la Russie : c'est ce qu'il a toujours dit de façon sous jacente."

 

Poutine a même parlé d'autoépuration ! 

"Le vrai peuple russe saura toujours distinguer les patriotes de la racaille et des traîtres : ils vont juste les recracher comme une mouche qui a accidentellement volé dans leur bouche, ils vont juste les recracher sur le trottoir...

Je suis convaincu qu'une auto épuration naturelle de la société ne fera que renforcer notre pays", a-t-il déclaré...

Voilà un discours sans ambiguïté !

"Qu'est-ce que cela évoque ? Un très triste souvenir : la surveillance, les écoutes téléphoniques, les dénonciations, l'appel à la délation, bref une stratégie de la terreur, cela évoque les heures les plus sombres de notre histoire...

 

La terreur, déjà à l'intérieur de ses frontières, avec un régime autocratique, la terreur en Ukraine, une terreur militaire avec le bombardement des populations civiles, pour mettre la population ukrainienne à genoux.

Menaces sur la liberté d'opinion, la liberté de la presse...

 

Pourquoi détruire un théâtre, des hôpitaux, une maternité ? Parce qu'à l'intérieur, il y aurait des nazis, des soldats, des forces armées... selon la rhétorique russe."

 

Selon Elena Volochine, "les Russes n'admettent absolument pas ces frappes, ils disent que c'est le bataillon Azov qui aurait lui-même miné et fait exploser ce théâtre et c'est pareil avec toutes les frappes.

L'extrême droite ukrainienne existe, mais aujourd'hui, l'extrême droite, c'est 3 à 5 % aux élections, c'est moins qu'en France.

Selon la version officielle russe de cette opération spéciale, puisqu'il est interdit de dire le mot "guerre" en Russie, ce sont des nazis que l'on combat en Ukraine, on n'arrête pas d'accuser les nazis de ce qu'ont fait eux-mêmes les Russes, c'est à dire de prendre les civils comme boucliers humains, de préparer une attaque chimique, biologique. On ne sait pas ce que vont faire les Russes derrière parce qu'en général, lorsque les Russes accusent de quelque chose, ce sont finalement eux qui sont à la manoeuvre, toujours les Russes ont d'abord accusé les Ukrainiens :  les corridors humanitaires qui sont bombardés, c'est pareil : c'est la faute des Ukrainiens.

Une pratique qui est classique, et vous l'avez certainement vu en Syrie, ce que font les Russes, ils en accusent les autres."

 

"La guerre repose toujours sur le mensonge, la servitude et la misère. Poutine a construit une société où la critique n'est plus possible.

Poutine pratique une forme de négationnisme : il ne faut jamais sous-estimer la puissance du déni."

 

"Le but des Russes consiste à encercler et terroriser, c'est ce qu'ils ont fait en Syrie. Une façon de déprimer et démoraliser la population."

 
Ainsi, une nouvelle fois, dimanche matin, la Russie a annoncé avoir fait usage de missiles hypersoniques. Samedi, les autorités russes annonçaient avoir détruit un entrepôt souterrain d’armements dans l'ouest de l'Ukraine.

Ces annonces ont aussi un but psychologique : démoraliser l'adversaire. C'est encore une démonstration de force.

 

Les missiles balistiques hypersoniques Kinjal (« poignard » en russe) et ceux de croisière Zircon appartiennent à une famille de nouvelles armes développées par la Russie et que son président, Vladimir Poutine, qualifie d'  "invincibles", car censées pouvoir échapper aux systèmes de défense adverses.

 

 

 

Sources :

 

https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir/c-ce-soir-saison-2/3139721-la-guerre-sans-limite.html

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/elena-volochine-correspondante-a-moscou-depuis-10-ans-a-decide-de-quitter-la-russie_4998108.html

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