Le monde éducatif a connu de multiples réformes, depuis des décennies : réforme de la grammaire, du baccalauréat, des programmes en français, en mathématiques, et dans nombre de disciplines !
Et, chaque fois, il est indispensable de remplacer les manuels scolaires, d'éditer de nouveaux livres conformes aux nouveaux programmes.
Une manne pour le monde de l'édition ! Le renouvellement des livres souvent payés par les communes, ou par l'état, donc par nos propres impôts, permet de faire vivre les éditeurs et de les faire prospérer.
Ainsi, les éditeurs espèrent vendre leurs ouvrages, à grand renfort de publicités, sur internet, auprès des enseignants à qui on offre la possibilité de choisir l'édition la plus adaptée.
Si les réformes engagées étaient efficaces, on pourrait approuver ce renouvellement permanent des livres scolaires.
Mais, le plus souvent, les réformes proposées ressemblent à des expériences ratées, décevantes, vite essayées, puis abandonnées, faute d'une réflexion approfondie sur le sujet.
C'est le cas pour la prochaine réforme des collèges, dont la plupart des enseignants qui sont sur le terrain ne veulent pas, parce qu' elle supprime ou amoindrit des enseignements d'excellence comme le latin et le grec, et qu'elle enlève des heures de cours fondamentaux.
En refondant les programmes, les gouvernements successifs tendent la main aux maisons d'édition qui peuvent vendre de nouveaux produits.
Ainsi va notre monde de consommation et de consumérisme : les livres doivent être sans cesse renouvelés pour que vivent les éditeurs...
Il est probable que d'ici quatre ou cinq ans, la réforme des collèges engagée sera jugée obsolète et inadaptée : on pourra, alors, offrir aux éditeurs l'opportunité de publier de nouveaux livres conformes aux nouveaux programmes !
En fait, dès la rentrée de septembre 2016, les programmes de toutes les matières changeront du CP à la troisième... Dans les collèges, sont prévus de nouveaux livres, en français, mathématiques et histoire-géographie, ce qui représente 11,2 millions de manuels scolaires !
Oui, un vrai pactole pour les maisons d'édition ! Et, dès lors, on peut s'interroger sur la finalité de toutes ces réformes : ont-elles une quelconque utilité ou ne servent-elles qu'à faire fonctionner un secteur de l'économie qui a besoin de soutiens : l'édition ?
Notre monde est celui des évolutions permanentes, sans nul doute, parce que c'est un monde voué à la consommation, au commerce.
Et c'est effrayant, car on en vient à négliger l'intérêt des élèves et des enseignants qui subissent ces réformes, au nom du profit et ce, pour faire vivre un secteur d'activité qui peut connaître des difficultés...
On a l'impression que notre monde, voué à une consommation permanente, en vient à occulter et oublier l'essentiel : l'importance de l'éducation, une stabilité dans les objectifs poursuivis dans ce domaine.
N'est-ce pas terrifiant ?







