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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 11:09
La réforme des collèges, c'est aussi une affaire d'argent...

 

 



Le monde éducatif a connu de multiples réformes, depuis des décennies : réforme de la grammaire, du baccalauréat, des programmes en français, en mathématiques, et dans nombre de disciplines !

Et, chaque fois, il est indispensable de remplacer les manuels scolaires, d'éditer de nouveaux livres conformes aux nouveaux programmes.

Une manne pour le monde de l'édition ! Le renouvellement des livres souvent payés par les communes, ou par l'état, donc par nos propres impôts, permet de faire vivre les éditeurs et de les faire prospérer.

 

Ainsi, les éditeurs espèrent vendre leurs ouvrages, à grand renfort de publicités, sur internet, auprès des enseignants à qui on offre la possibilité de choisir l'édition la plus adaptée.

Si les réformes engagées étaient efficaces, on pourrait approuver ce renouvellement permanent des livres scolaires.

Mais, le plus souvent, les réformes proposées ressemblent à des expériences ratées, décevantes, vite essayées, puis abandonnées, faute d'une réflexion approfondie sur le sujet.

C'est le cas pour la prochaine réforme des collèges, dont la plupart des enseignants qui sont sur le terrain ne veulent pas, parce qu' elle supprime ou amoindrit des enseignements d'excellence comme le latin et le grec, et qu'elle enlève des heures de cours fondamentaux.

En refondant les programmes, les gouvernements successifs tendent la main aux maisons d'édition qui peuvent vendre de nouveaux produits.

Ainsi va notre monde de consommation et de consumérisme : les livres doivent être sans cesse renouvelés pour que vivent les éditeurs...

Il est probable que d'ici quatre ou cinq ans, la réforme des collèges engagée sera jugée obsolète et inadaptée : on pourra, alors, offrir aux éditeurs l'opportunité de publier de nouveaux livres conformes aux nouveaux programmes !

En fait, dès la rentrée de septembre 2016, les programmes de toutes les matières changeront du CP à la troisième... Dans les collèges, sont prévus de nouveaux livres, en français, mathématiques et histoire-géographie, ce qui représente 11,2 millions de manuels scolaires !

Oui, un vrai pactole pour les maisons d'édition ! Et, dès lors, on peut s'interroger sur la finalité de toutes ces réformes : ont-elles une quelconque utilité ou ne servent-elles qu'à faire fonctionner un secteur de l'économie qui a besoin de soutiens : l'édition ?

Notre monde est celui des évolutions permanentes, sans nul doute, parce que c'est un monde voué à la consommation, au commerce.

Et c'est effrayant, car on en vient à négliger l'intérêt des élèves et des enseignants qui subissent ces réformes, au nom du profit et ce, pour faire vivre un secteur d'activité qui peut connaître des difficultés...

On a l'impression que notre monde, voué à une consommation permanente, en vient à occulter et oublier l'essentiel  : l'importance de l'éducation, une stabilité dans les objectifs poursuivis dans ce domaine.

 

N'est-ce pas terrifiant ?



 
 

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 11:48
Quand les crises se multiplient...

 


Crises de la dette, des migrants, de la démocratie, de l'Europe, du monde ! Les crises n'en finissent pas de se multiplier, en ce début du XXI ème siècle : on nous avait promis monts et merveilles pour l'avénement de cette nouvelle ère, mais on découvre la triste réalité d'une accumulation de crises...

Finie la civilisation des loisirs, fini le plein emploi, finie la sécurité de l'emploi !

C'est le règne de l'argent qui se profile et s'amplifie de jour en jour... D'où nous vient la crise en Europe ? Nul ne peut l'ignorer : c'est une crise financière qui a pour origine la faillite du système économique américain.

Si des réfugiés fuient leurs pays en guerre, c'est aussi parce que ces conflits ont été alimentés, afin de favoriser le commerce des armes de plus en plus florissant.

Dans le domaine de la santé, les laboratoires lancent sur le marché des médicaments dont l'efficacité est contestée, dont les effets sont, parfois, terrifiants : on a tous entendu parler du scandale du Médiator et  celui du Crestor ne va pas tarder à éclater. Là, encore, le profit, l'appât du gain sont responsables de ces dérives et l'être humain est sacrifié sur l'autel de la finance !


La sécurité sociale est, aussi en crise, car les laboratoires, avides d'argent, lancent imprudemment sur le marché des médicaments de plus en plus chers, et parfois même délétères puisqu'ils vont conduire le patient à subir d'autres pathologies, et à prendre d'autres médicaments, un cycle infernal terrible.

La pollution qui gangrène la terre est le résultat d'abus, d'excès, de démesure dans l'agriculture. L'objectif est de gagner de plus en plus d'argent, grâce à des fermes géantes...

L'Europe est dominée par les banquiers et le monde de la finance : la dette de certains pays a généré des gains considérables... Des agioteurs se sont enrichis de manière scandaleuse sur cette dette.


La démocratie est, elle-même, bafouée, désavouée, dans de nombreux pays, car les citoyens doivent subir des décisions souvent iniques, la situation en Grèce est, désormais, préoccupante, car les grecs sont soumis à des mesures drastiques d'austérité : certains peinent à survivre et se retrouvent sans ressources.

Et même si des erreurs ont été commises dans la gestion de ce pays, les grecs se retrouvent dans une impasse : le règne des banquiers s'impose, en Grèce et ailleurs, c'est l'argent qui est roi...

Des migrants, des réfugiés, venus de Syrie, d'Afrique, du Moyen orient, lancés sur les routes, se retrouvent dans une situation désastreuse, après avoir fui la guerre et la misère.... 

Attardons-nous sur le sens originel du mot "crise"... Ce terme, venu du grec, "krisis", désigne, au départ, un choix, il est issu d'un verbe grec "krino", "distinguer, choisir, décider". Secondairement , le mot "krisis" a pris le sens d'un "dissentiment, une contestation ou une phase décisive d'une maladie".

Paradoxalement, les crises viennent justement du fait que nous ne décidons plus, la démocratie étant confisquée par des financiers, des gens riches qui ne rêvent que de s'enrichir un peu plus...

Nous n'avons plus véritablement le choix de décider de notre avenir : même si nous votons, les hommes et les femmes politiques sont inspirés par ces grands financiers qui nous gouvernent.

Le règne des lobbies, des "argentiers" se fait de plus en plus pesant : ce sont eux qui dirigent le monde, et ce sont eux qui sont responsables des crises que nous connaissons...



 

 

 

 

Quand les crises se multiplient...
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 17:56

 

étoiles 2

La couleur "rose", qui ouvre cette chanson célèbre d'Alain Souchon, évoque bien un monde factice, artificiel, celui qui nous est proposé dans nos sociétés de perpétuelle consommation : une "vie en rose" qui n'est qu'une façade : une vie où il s'agit "d'avoir" des "quantités de choses".

 

Le mot "avoir" répété sous différentes formes, verbale ou nominale souligne ce besoin avide de posséder toujours plus, qui caractérise nos sociétés... La reprise du nom "choses" renvoie aussi à cet univers d'objets qui nous envahissent.

 

Ces objets deviennent une quête incessante et cette recherche n'est qu'une illusion comme le soulignent le verbe "croire", les mots redondants,"dérision, dérisoires."

 

Le pronom indéfini "on", employé à plusieurs reprises, montre que nous subissons une sorte d'endoctrinement : "on nous propose, on nous fait croire, on nous inflige, on nous parle."

Et cet endoctrinement se fait de manière anonyme, dans une forme de consensus...

 

Plus loin, sont évoqués des cartons d'emballage, "des gens lavés, hors d'usage" : les gens en viennent à perdre leur âme, pour consommer et acheter quantités d'objets.

 

Et, au lieu du bonheur promis au début de la chanson, c'est le vocabulaire de la tristesse qui l'emporte :"tristes, affliger"... Par l'emploi du pronom "nous ", l'auteur montre que nous sommes tous abusés par ce monde de la consommation : le terme familier "cons" accentue cette tromperie généralisée...

 

Grâce à des néologismes formés sur des noms propres, Alain Souchon met en exergue, aussi, l'importance que prennent les marques et certaines personnalités dans nos sociétés : "On nous Claudia Schieffer/On nous Paul-Loup Sulitzer/Oh le mal qu'on peut nous faire."

Le choix de ces deux noms propres n'est pas dû au hasard : la mode, le monde du business, de l'édition font de ces personnalités, des sortes d'icônes inaccessibles...

 

On crée, ainsi, des mythes qui servent à favoriser la consommation, qui anéantissent l'individu et le rendent malades, ce que révèle le champ lexical de la souffrance : "mal, ravager, pâles."
 
Le refrain vient souligner l'aspiration à un idéal qui manque à nos sociétés : "les étoiles, les voiles"sont évoquées, éclatants symboles d'infini, de liberté...
 
La foule a besoin de sentiments, d'évasion, elle a besoin d'échapper à cette consommation effrénée, dans laquelle elle est, irrémédiablement, entraînée.
 
On le voit : cette chanson dénonce, avec une grande acuité, l'essentiel de nos modes de vie basée sur la croissance, le consumérisme, la soif de conquérir toujours plus de richesses et de biens.
 
La mélodie, qui s'adoucit dans le refrain, avec des sonorités de finales féminines donne envie de s'évader de ce monde qu'on nous impose.
 
Cette chanson qui date des années 90 reste, plus que jamais, d'une brûlante actualité, car notre monde de consumérisme s'accélère.
 
Alain Souchon met bien en évidence les tares et les travers de nos sociétés fondées sur l'avoir, sur l'argent : un univers déshumanisé, sans âme, qui conduit au désespoir : l'homme est oublié et perdu.
 
Il serait temps, sans doute, de retrouver des idéaux, un humanisme, une vraie créativité.... Il serait temps de se tourner vers une société plus humaine, vers un véritable bonheur, un monde où l'argent n'est pas la valeur essentielle, un monde plus simple, plus harmonieux et plus juste.
 
Voilà une magnifique dénonciation de ce qu'est devenu notre univers, cerné par les objets et la marchandisation !
 
 
 
 
 
 
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