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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 17:57

 

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Le hasard d'une rencontre espérée, le bonheur entrevu, alors que les âmes sont "grises", un bonheur que l'on sent fragile, tels sont les motifs de cette chanson de Mouloudji : Un jour, tu verras...

 

En même temps, une sorte de certitude transparaît, à travers l'emploi du futur : "tu verras, on se rencontrera, nous nous regarderons, Et nous nous sourirons... nous irons... Il y aura un bal."

 

Le poète s'adresse à quelqu'un qu'il ne connaît pas, mais la force de l'espoir le conduit à affirmer une rencontre prochaine : le tutoiement, "tu verras" marque une familiarité, une proximité évidentes...

 

La réunion des deux amoureux semble assurée, quel que soit le lieu, ou le moment.

Regards, sourires, gestes identiques scellent une union de deux âmes... Le pronom "nous", utilisé à plusieurs reprises, marque cet accord.

 

Une inquiétude se fait jour, pourtant, avec l'évocation du temps qui passe "si vite."

Il faut presque "cacher" son bonheur dans le soir qui tombe, pour le préserver : on perçoit, là, toute la fragilité de ces instants volés dans une vie de doute, de douleurs...

L'évocation du bal qui suit est pleine de mélancolie : brume, pauvreté sont au rendez-vous.
 
Seuls, les pavés sont "doux", l'air du bal musette est "le plus beau", des termes élogieux qui atténuent la tristesse du paysage.
 
L'aveugle qui joue de l'orgue de barbarie complète ce tableau, empreint, à la fois de joie et de mélancolie.
 
La danse est, enfin, l'occasion de se réunir, loin du monde : il s'agit de "danser l'amour, les yeux dans les yeux", mais le poète évoque aussi "une fin du monde", "une nuit profonde", symboles, sans doute de l'oubli du monde extérieur, de ses angoisses.
 
La certitude de la rencontre est, ensuite, réaffirmée dans le refrain : "Tu verras, on se rencontrera"...
 
Le texte oscille entre mélancolie, tendresse et bonheur rayonnant...
 
On perçoit, là, toute l'ambiguité de la vie :  dureté du monde, pauvreté, ciel gris, joie rêvée, douceur espérée.
 
La mélodie restitue cette ambiance de douce mélancolie.
 
Poème plein d'émotions, de sensibilité, cette chanson réveille en nous des sentiments nuancés de tristesse, et de bonheur...
 
 
 
 
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Photos : rosemar



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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 17:56

 

étoiles 2

La couleur "rose", qui ouvre cette chanson célèbre d'Alain Souchon, évoque bien un monde factice, artificiel, celui qui nous est proposé dans nos sociétés de perpétuelle consommation : une "vie en rose" qui n'est qu'une façade : une vie où il s'agit "d'avoir" des "quantités de choses".

 

Le mot "avoir" répété sous différentes formes, verbale ou nominale souligne ce besoin avide de posséder toujours plus, qui caractérise nos sociétés... La reprise du nom "choses" renvoie aussi à cet univers d'objets qui nous envahissent.

 

Ces objets deviennent une quête incessante et cette recherche n'est qu'une illusion comme le soulignent le verbe "croire", les mots redondants,"dérision, dérisoires."

 

Le pronom indéfini "on", employé à plusieurs reprises, montre que nous subissons une sorte d'endoctrinement : "on nous propose, on nous fait croire, on nous inflige, on nous parle."

Et cet endoctrinement se fait de manière anonyme, dans une forme de consensus...

 

Plus loin, sont évoqués des cartons d'emballage, "des gens lavés, hors d'usage" : les gens en viennent à perdre leur âme, pour consommer et acheter quantités d'objets.

 

Et, au lieu du bonheur promis au début de la chanson, c'est le vocabulaire de la tristesse qui l'emporte :"tristes, affliger"... Par l'emploi du pronom "nous ", l'auteur montre que nous sommes tous abusés par ce monde de la consommation : le terme familier "cons" accentue cette tromperie généralisée...

 

Grâce à des néologismes formés sur des noms propres, Alain Souchon met en exergue, aussi, l'importance que prennent les marques et certaines personnalités dans nos sociétés : "On nous Claudia Schieffer/On nous Paul-Loup Sulitzer/Oh le mal qu'on peut nous faire."

Le choix de ces deux noms propres n'est pas dû au hasard : la mode, le monde du business, de l'édition font de ces personnalités, des sortes d'icônes inaccessibles...

 

On crée, ainsi, des mythes qui servent à favoriser la consommation, qui anéantissent l'individu et le rendent malades, ce que révèle le champ lexical de la souffrance : "mal, ravager, pâles."
 
Le refrain vient souligner l'aspiration à un idéal qui manque à nos sociétés : "les étoiles, les voiles"sont évoquées, éclatants symboles d'infini, de liberté...
 
La foule a besoin de sentiments, d'évasion, elle a besoin d'échapper à cette consommation effrénée, dans laquelle elle est, irrémédiablement, entraînée.
 
On le voit : cette chanson dénonce, avec une grande acuité, l'essentiel de nos modes de vie basée sur la croissance, le consumérisme, la soif de conquérir toujours plus de richesses et de biens.
 
La mélodie, qui s'adoucit dans le refrain, avec des sonorités de finales féminines donne envie de s'évader de ce monde qu'on nous impose.
 
Cette chanson qui date des années 90 reste, plus que jamais, d'une brûlante actualité, car notre monde de consumérisme s'accélère.
 
Alain Souchon met bien en évidence les tares et les travers de nos sociétés fondées sur l'avoir, sur l'argent : un univers déshumanisé, sans âme, qui conduit au désespoir : l'homme est oublié et perdu.
 
Il serait temps, sans doute, de retrouver des idéaux, un humanisme, une vraie créativité.... Il serait temps de se tourner vers une société plus humaine, vers un véritable bonheur, un monde où l'argent n'est pas la valeur essentielle, un monde plus simple, plus harmonieux et plus juste.
 
Voilà une magnifique dénonciation de ce qu'est devenu notre univers, cerné par les objets et la marchandisation !
 
 
 
 
 
 
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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 18:17

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La poésie, l'art sont sources de bonheur et d'harmonie : les poètes créent, souvent, des oeuvres inoubliables, des chansons qui restent gravées dans les esprits... Le temps passe, mais on n'oublie pas les chansons de Brassens, Ferrat, Brel et tous les autres.

 

Charles Trénet a écrit une de ses plus belles chansons sur ce thème : L'âme des poètes. Le texte s'ouvre sur l'adverbe "longtemps" répété à trois reprises, ce qui permet de souligner l'écoulement irrémédiable du temps. Les voyelles nasalisées "on, an" suggèrent le balancement inlassable des âges et des époques qui se succèdent.

 

Mais, bien que le temps ait accompli son oeuvre, que les poètes soient partis, leurs chansons restent vivantes, éblouissantes, elles sont d'ailleurs personnifiées, grâce à un verbe de mouvement, dans l'expression : " leurs chansons courent encore dans les rues."

 

Et c'est "la foule" qui les chante, les fait revivre, les anime d'un nouveau souffle. On perçoit, là, tout le succès populaire de ces chansons d'autrefois : peu importe si les paroles sont, parfois, un peu modifiées... On garde l'air en mémoire et il suffit de chanter : "la la la... la la la li..."

 

Le poète imagine, alors, que sa propre chanson pourra un jour "bercer un chagrin", faire oublier la tristesse du monde, ou encore accompagner un bonheur, apporter un sourire à un mendiant, endormir un enfant.

 

Ces différentes situations évoquées montrent que ces musiques nous accompagnent, en maintes circonstances, tout au long de nos vies.

 

Ainsi, l'âme des poètes reste bien vivante, elle est symbolisée par leurs chansons pleines d'harmonie, de poésie, de tendresses, de bonheurs et de larmes.

 

Ces chansons sont, de plus, universelles : elles parlent au coeur de chacun d'entre nous : Filles et garçons/ Bourgeois, artistes /Ou vagabonds : l'énumération et les jeux d'oppositions soulignent la diversité du public.

 

La poésie est liée, dès les origines, à la musique : Charles Trénet nous le rappelle dans cette chanson, elle fait, aussi, partie de nos vies, elle nous berce dans maintes occasions, adoucit les souffrances, les dénonce parfois, les met en évidence.

 

La mélodie de cette chanson légère, aérienne mime des musiques qui virevoltent dans l'air ! La simplicité du texte nous touche et nous fait percevoir toute l'importance que revêt la poésie...

 

L'âme des poètes survit à travers leurs oeuvres, elle nous accompagne et nous séduit par la sensibilité, l'émotion qui s'expriment dans la musique, les textes, les mots...

 

 

http://youtu.be/6cDnV5c7Y3s

 

 

http://youtu.be/1hfCVJUXHRs

 

 

 

 

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Photos : rosemar


 

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 16:10

 

-Petit Trianon - Belvédère - Bas-relief - Saturne auteur
Il porte un joli nom Saturne ! Un nom aux sonorités de sifflante, de dentale, de gutturale, consonnes contrastées emplies de douceur, d'éclats, de rudesse !

Le maître du temps, Saturne chez les romains, a inspiré une chanson pleine de charme et d'humour à Georges Brassens...

 

Qualifié de "morne", de "taciturne", au début du texte, le dieu Saturne apparaît froid, impitoyable, lointain, inaccessible au commun des mortels.

 

"Dieu inquiétant", mystérieux, tel est bien ce maître du temps qui passe, malgré son joli nom.

 

On le voit s'amuser à "bousculer les roses", jeu cruel, car le dieu joue à blesser, de sa marque, des fleurs fragiles, symboles et raccourcis saisissants de la vie humaine.

 

Un jeu de mots subtil apparaît alors : "le temps tue le temps, comme il peut"...L'expression "tuer le temps" semble prendre, ici, tout son sens, car Saturne s'amuse à pousser les roses vers le déclin et la mort...

 

Soudain, le poète s'adresse à la femme qu'il aime, de manière familière, avec une apostrophe élogieuse "ma belle ". Et, il prend conscience de la fuite du temps : c'est elle, la victime du temps... D'une manière imagée et somptueuse, Georges Brassens évoque un changement subtil : "Toi qui as payé la gabelle / Un grain de sel dans tes cheveux."

 

L'expression répétée suggère bien l'action inexorable du temps, mais le poète commente, aussitôt, en associant la "belle" à "l'automne" et affirme, familèrement, la beauté de sa bien-aimée : "c'est pas vilain, les fleurs d'automne."

 

L'image de la fleur réapparaît et sa splendeur semble inaltérable.

 

L'invitation qui suit est pleine de charmes et d'insistance, avec l'impératif répété "viens", avec l'apostrophe, "ma favorite" qui magnifie la femme, avec cette demande pressante, pour visiter le jardin et "effeuiller la marguerite."

 

Le poète réaffirme l'idée de beauté, en employant le pluriel : "je sais par coeur toutes tes grâces..." Et, à la fin du poème, par une belle inversion, Saturne, si puissant, apparaît vaincu...

 

Belle parodie de ces poèmes d'antan, où le temps est victorieux, où les poètes essaient de convaincre de toutes jeunes filles de les aimer, car le temps presse et détruit inexorablement toutes beautés !

 

Et la jeune fille en fleur, appelée de manière amusante "la petite pisseuse d'en face", est invitée à aller "se rhabiller".

 

La mélodie, assez lente et pesante, semble mimer le rythme du temps qui passe.

 

On perçoit, dans cette chanson, tout l'art de Georges Brassens : le poète mêle, harmonieusement, des références littéraires, un langage familier, un humour plein d'élégance...

 

 

http://youtu.be/bOpfbj5-rGg

 

 

 

 

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 Photos : auteurs : Starus / Urban / Rufus46/ Twice25  creative commons



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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:43

 

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Le printemps associé à l'amour, voilà un thème éternel : le printemps fait naître des passions inoubliables et parfois inaltérables.

 

C'est ce motif que l'on retrouve dans une chanson de Hugues Aufray : le constat initial, "Les filles sont jolies dès que le printemps est là" s'oppose aux "serments oubliés" et perdus, dès que le printemps s'est envolé... Le contraste est saississant entre l'idée de beauté et une impression d'abandon et d'oubli... L'amoureux éconduit a, malgré tout, l'espoir de retrouver un réconfort, avec le renouveau.

 

On perçoit une attente associée à la saison des amours, attente d'une "fille en organdi", image d'élégance, de jeunesse... Le cadre champêtre, "une prairie" contribue à une impression de liberté, de bonheur espéré.

 

Le "chemin", les "soirées qui se font chaudes" évoquent, aussi, bien cette saison de renouveau...

 

L'attente est vaine, mais les souvenirs sont tenaces : souvenir du regard de la jeune fille, souvenir des adieux.... L'image hante le coeur de l'amoureux qui ne peut s'en détacher, comme le suggère le préfixe "re" qui marque un retour perpétuel dans de nombreux mots : "revient, je repense, je revois, je crois la retrouver." 

 

Le printemps fait ressurgir des espérances, et le rêve s'évanouit avec sa disparition : le printemps reste, ainsi, uni à l'idée d'un amour qui n'en finit pas.

 

Le texte nous fait voir la douleur d'aimer dans le dernier couplet : on perçoit une envie de mourir... L'amour est, alors, lié à la "brûlure, la "douleur" et la "blessure", des mots très forts qui soulignent le désespoir, la tristesse de la séparation...

 

Le poème est bâti sur une progression : d'abord, le printemps fait naître des images joyeuses de "jolies filles" puis, l'amoureux en vient à ressentir un désir de mort.

 

Le refrain insiste sur l'idée du temps qui passe, mais qui ne referme pas le chagrin et les blessures... Le mot "temps" répété suggère bien la succession des saisons qui défilent, mais qui ne parviennent pas à faire oublier l'amour perdu.

 

La mélodie légère souligne le bonheur qu'apporte le printemps mais par les retours lancinants, elle met en évidence les tourments de l'amoureux.

 

Avec simplicité, harmonie, cette chanson nous fait ressentir toute la douceur et l'insouciance du printemps mais, aussi, les souffrances causées, parfois, par le sentiment amoureux...

 

Tout en nuances, le texte nous rend sensibles la délicatesse du printemps ainsi que les difficultés d'aimer.

 

 

 

 

http://youtu.be/HedHEyYNuBI

 

 

 

seringa libre Dinkum

 

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Première photo sous la vidéo  auteur : Dinkum  creative commons


 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 16:17
Laisse tomber l'éventail !

   

 

Qui n'a jamais rêvé de laisser tomber l'éventail ?

 

Suivre le vent, se laisser emporter par un souffle de liberté, échapper aux contraintes de ce monde : qui n'en a jamais rêvé ?

 

Dans cette chanson de liberté, d'évasion, Angelo Branduardi lance un invitation à suivre le vent, symbole même de délivrance et d'une certaine audace...

 

Le poème s'adresse à une femme, désignée par le terme "belle" : on perçoit un éloge appuyé de la beauté féminine... La jeune femme, présentée "dans la poussière de rails" qui représentent une voie toute tracée, mille fois empruntée, est sommée de laisser tomber son éventail, image de l'artifice, de la vie sociale, faite de masques et de représentations.

 

Elle est invitée à "danser la vie", à se libérer du poids des mots, ceux qui enchaînent, ceux qui pèsent de leurs faux semblants : il faut suivre le rythme du monde, se laisser aller.

 

Il faut, aussi, sur les ondes, ne pas se laisser guider par un gouvernail qui peut représenter une forme de carcan, car il impose une direction.

Le poème est, enfin, une incitation à l'aventure de l'amour : "Serre le bien fort dans tes bras, le premier qui te sourira..."

 

Il faut vivre l'amour, comme un espoir, ne pas le laisser passer, et en accepter les incertitudes, voilà ce que suggère le poème.

 

Le refrain, avec ses verbes de mouvements répétés : "Va où le vent te mène" insiste sur l'idée de liberté.

 

Les nombreux impératifs adressés à la jeune femme sont autant de conseils pour l'inviter à s'évader, sortir des sentiers battus.

 

La mélodie, légère, enlevée, virevoltante nous entraîne dans ses tourbillons ! Les sonorités de fricatives "v" dans le refrain contribuent à cette légèreté... Les verbes de mouvement incitent à une évasion, une délivrance, un élan...

 

Mais, on peut se demander si nous sommes encore capables de suivre le vent dans notre monde encadré, surveillé.

Sommes-nous assez libres pour suivre nos instincts ? Souvent, c'est la prudence qui nous guide, qui nous paralyse...

 

Suivre le vent ! Est-ce encore possible ? Il faudrait l'espérer !

 

Dans un monde de surveillance, de précautions, est-il permis de suivre le vent et d'oublier toutes les contraintes de nos sociétés ?

 

Belle chanson rythmée, hymne à la liberté, ce texte d'Angelo Branduardi nous donne envie de larguer les amarres, de fuir les servitudes étouffantes de la vie ! 

 

 

http://youtu.be/wNnQi5RIjEc

 

 

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 16:17

 

 

- Arbres et maisons cézanne

 

La vie humaine n'est-elle pas ponctuée par les saisons ? Ne nous sommes-nous pas tous soumis à cette alternance bienheureuse associée à des senteurs, des couleurs différentes et variées ?

 

Dans une de ses chansons, Jean Ferrat écrit un véritable hymne aux saisons : le texte s'ouvre sur deux exclamations, deux apostrophes qui personnifient les saisons et en montrent toute l'importance. L'auteur les magnifie et souligne le bonheur qu'il éprouve dans cette variété : il aime à en "rêver les odeurs", en "vivre les couleurs", en imaginer "les raisons" .

 

Le mystère des saisons ! Comment ne pas être sensible à leur diversité, leurs beautés ?

Le poème se transforme, aussi, en chanson d'amour adressée à la femme et Jean Ferrat, par une inversion subtile, devient alors, lui même,"automne aux pieds de la jeune femme."

L'amante est assimilée au goût de l'été pour la bouche du poète, puis à l'hiver" aux doigts bleus." Le printemps les réunit, enfin, dans une étreinte, dans une belle expression où le printemps est personnifié et devient "fou à lier" !

 

Les saisons deviennent les personnages du poème et Jean Ferrat se plaît à les évoquer, sans se lasser, dans une attente faite de bonheurs, auprès de la femme aimée...

 

Le poète nous fait percevoir toute la force, la puissance de ces saisons qui nous emportent et qui sont pleines d'ardeurs différentes.

Il faut savoir guetter ces moments aux "ardeurs" si changeantes,"voler" ces instants fugaces liés aux saisons de la vie...

 

L'hiver est associé à la faim, l'été à l'épanouissement, le printemps à un embrasement de flammes, l'automne au rire de la jeune femme ! A chaque saison, correspondent un univers et des sensations diverses.

 

Et l'auteur exprime son contentement, ses joies dans ce déroulement infini des saisons dont il ne "se lasse pas'" et dont "il distille les fleurs". L'image traduit bien ce bonheur patient et renouvelé des saisons qui recommencent avec, chaque fois, des plaisirs différents.

 

L'auteur affirme son bonheur d'en savourer chaque heure, chaque instant auprès de la femme qui l'accompagne, et il ne regrette pas de voir le temps passer , il ne se lasse pas de mourir un peu, chaque fois qu'une saison en remplace une autre...

 

Ce texte d'une grande poésie nous montre toute l'importance des saisons qui rythment nos vies. Il délivre, aussi, un message plein de sagesse : il faut essayer de profiter des plaisirs offerts par chaque moment de la vie : hiver, automne, printemps nous apportent des bonheurs infinis et si différents.

 

La nature personnifiée devient une entité, un personnage à part entière qui nous accompagne à chaque instant... Les différentes sensations liées aux saisons transparaissent à travers des couleurs, des parfums, des échos divers.

 

 

https://youtu.be/IYlKpiazKkA

 

 

 

 


 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 18:56


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"Ecris quelque chose de joli..." 

 

Dans ce texte superbe de simplicité, intitulé L'embellie, Jean Ferrat évoque tous les charmes de la poésie et de l'écriture, les bonheurs simples de l'amour... la poésie qui vient interrompre et adoucir "le tumulte de la vie ", devient une embellie teintée de "bleu et de rose".

 

L'embellie n'est-elle pas le symbole même de la beauté, du renouveau, de l'espoir ?

La poésie liée à la beauté, à l'harmonie, au beau temps est bien une façon de nous libérer du monde ordinaire, d'en oublier les laideurs et les horreurs... elle permet de métamorphoser les réalités banales. Il suffit de peu, de" l'odeur des lilas et des roses" pour oublier les tracas de la vie... Il suffit de "chanter la beauté des choses", de la nature, des fleurs, car la poésie est avant tout chanson, elle est associée à la musique des mots et des sons... liée aussi aux sensations, aux couleurs somptueuses des fleurs, à leurs parfums.

 

La poésie peint souvent des sentiments, un certain lyrisme la caractérise.

 

Elle fait appel à la beauté des images qui suggèrent l'amour : "L'aube entre nos bras qui repose". Ainsi, l'aurore personnifiée devient compagne des amants, leur complice, leur plaisir.

 

Les mots deviennent "murmures", le temps est aboli dans cette évocation benheureuse de l'amour, le temps est oublié..."Le temps sur nous s'est refermé" écrit le poète... Le temps n'existe plus...

 

Le refrain, avec la répétition insistante du nom "l'embellie", vient ponctuer la chanson de ce mot rempli de douceur, de splendeur.

 

L'emploi du conditionnel dans la dernière strophe semble suggérer les difficultés du poète à restituer toute la beauté de l'instant magique qui réunit les deux amants : "je l'aurais voulu si joli, ce poème en bleu et en rose "...et le poème s'achève par une affirmation pleine de tendresse : la femme aimée est, pour le poète, une véritable "embellie", même si les mots semblent encore trop faibles pour exprimer les sentiments ressentis...

 

La mélodie pleine de douceur, les sonorités de sifflantes, en fin de vers viennent encore souligner cette harmonie "choses, roses, lèvres mi closes, la métamorphose, instant de rêve et de pause."

 

En quelques mots simples, Jean Ferrat retranscrit, là, l'essentiel de la vie : la beauté du monde, de la nature, l'amour, sa tendresse, le bonheur des choses simples... l'embellie d'un instant fragile...
 
 
 
 
 
 
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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:37

 

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L'amour, mille fois chanté par les poètes, donne lieu à des oeuvres inoubliables : Jean Ferrat l'a évoqué souvent. Dans un de ses poèmes intitulé "C'est toujours la première fois", il raconte l'amour fidèle, l'amour qui dure malgré la fuite du temps ou la séparation...

 

La femme est célébrée par des images : elle devient "jeune louve", "eau dormante" qui s'échappe au soleil d'été, elle est "une souveraine" d'un jardin, on la voit disparaître entre deux haies. Ces métaphores transforment la femme et l'associent à la nature, une nature pleine de beauté. Et si la femme semble s'échapper, c'est pour mieux revenir auprès de l'être aimé.

 

L'amour lui-même est magnifié par une succession d'images : l'amour personnifié "file sa laine entre les doigts parfois désaccordés" des amants, l'amour est assimilé à la "soif", à la" faim", et devient essentiel et vital pour le poète.

 

L'amour semble tisser des liens de plus en plus forts entre les êtres, comme le suggère l'image de la "laine"qui réunit et rassemble.

 

L'amoureux sait se faire humble devant la femme, on le voit "plier genoux et bras", la lèvre desséchée, on le voit "trembler". Et la déclaration d'amour n'en est que plus touchante et émouvante... Que de simplicité et de sensibilité dans ce texte ! 

 

Le refrain qui vient ponctuer la chanson est aussi, à lui tout seul, une magnifique déclaration : "Tu peux m'ouvrir cent fois les bras, C'est toujours la première fois" ...

Bien sûr, on retrouve dans ce texte des lieux communs de la littérature sentimentale : l'amour qui dévore, consume, qui émeut et fait trembler, mais Ferrat renouvelle ces images, les fait siennes.

 

Le poème avec ses évocations de la nature donne une impression de bonheur limpide et transparent... L'amour présenté comme un trésor précieux qui fait vivre, espérer apparaît plein d'évidence. Dès lors, le poète s'efface devant cet amour qui le transcende, il devient un simple "pas qu'efface le vent", encore une image empruntée au monde de la nature, pleine de beauté. 

 

La femme aimée est aussi présentée comme un pays à redécouvrir sans cesse, source de bonheurs renouvelés : elle est à la fois "proche et lointaine", elle ne se révèle pas complètement et garde, ainsi, une part de mystère...

 

La mélodie pleine de douceur souligne merveilleusement les vers et le poète peut bien dire que les mots ne sont pas assez forts pour exprimer tout son amour, mais on ressent toute la tendresse du monde dans sa chanson.

 

Jean Ferrat, poète de l'amour sincère, de l'amour vrai écrit, là, un texte qui révèle bien toute la force des sentiments, dans un langage plein de pureté et de limpidité. Quant à la musique, elle semble murmurer et s'écouler comme une source transparente.

 

 

http://youtu.be/rDYF01lBREc

 

 

http://youtu.be/t3W-lGsGZHs

 

 

 

 

 

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watteau libre 7

 

 

 

 
 
 
 
 


 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 16:46

misère                

 

Jean Ferrat a chanté, maintes fois, des textes d' Aragon, la douleur de vivre... la douleur des gens miséreux qui souffrent, vagabonds du monde.

 

Aragon évoque, ainsi, dans un de ses poèmes intitulé : "J'entends", mis en musique par Jean Ferrat, la résignation des pauvres, leur absence de colère, leur peu d'exigences, car ils savent se contenter d' un simple "feu" de bois pour se réchauffer.

 

Le poète entend, écoute leurs voix, leurs propos familiers et ordinaires et porte un regard attentif sur eux : ils ne sont que" pierres tendres tôt usées", "aux apparences brisées". L'image traduit bien la violence et les dures conditions de vie de ces êtres exclus, rejetés hors du monde : les voilà transformés en objets, pierres sur le chemin que l'on peut fouler aux pieds.

 

Le regard que porte le poète sur ces pauvres êtres lui "arrache l'âme" jusqu'au désespoir : on perçoit une détresse partagée par l'auteur qui ne supporte pas la vision de ce malheur absolu et injuste.

 

Par la triple répétition de l'adjectif "profond" associé au malheur, Aragon souligne l'abîme insondable de misère et de détresse de ces exilés du monde.

 

Et pourtant, tous voudraient espérer un avenir meilleur représenté par "un ciel bleu" d'azur, vaines espérances qui ne sont que "miroirs aux alouettes".

 

Le poète, lui-même, se berce d'espoirs, et il voit alors combien tous ces êtres lui ressemblent, sont à son image : celle d'une humanité souffrante, misérable comme le suggèrent des comparaisons : nous sommes tous des"grains de sable" insigifiants, nous sommes "sang versé et doigts blessés", images même de la douleur humaine...

 

Malgré ces ressemblances, la rencontre semble, pourtant, impossible entre le poète et ces êtres perdus : une trop grande distance les sépare, et c'est bien ce qui se passe, aussi, dans la réalité : on a l'impression de mondes parallèles qui se côtoient sans jamais communiquer vraiment, comme si tout dialogue était impossible à cause du fossé qui sépare les êtres.

 

Et pourtant, l'humanité vit sous les mêmes régles : parfois un enfer de douleurs, la mort, le port commun des hommes...mais l'impuissance à aider les plus pauvres est bien réelle et le poète affirme sa volonté d'être utile tout en constatant une forme d'incapacité..."un rêve à la fois modeste et fou"...un rêve qui semble irréalisable et qu'il faudra enterrer avec le poète comme "une étoile au fond du trou."

 

L'image finale de l'étoile traduit bien l'idée d'un rêve impossible : aider les plus humbles qui sont à notre image se révèle souvent une mission difficile, tant le fossé qui sépare les gens est grand.

 

Pourtant, ce rêve apparaît comme une lumière, il est "modeste" et devrait, de fait, être accessible à tous.

 

Ce poème d'Aragon plein d'humanité, d'humanisme, évoque à la fois le malheur de la condition des hommes, mais aussi les difficultés d'aller au devant des plus pauvres comme si un abîme séparait les uns et les autres...

 

On peut constater toute l'actualité de ce texte : avec la crise, le nombre de miséreux ne cesse de croître et ils vivent dans un un monde à part comme si un fossé les éloignait de nous.

 

La mélodie qui accompagne le texte oscille entre espoir et désespérance par sa limpidité, ses notes désabusées...

 

Vidéo : Jean Ferrat

 

https://youtu.be/LUb7uIYUHCo

 

 

 
 
 
 
 
 

 

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