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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 08:17
Non, nous n'avons rien oublié...

 

 


 

Non, nous n'avons rien oublié... tant de chansons de Charles Aznavour sont dans nos mémoires...

Et plus particulièrement celle-ci qui évoque le monde des comédiens, dont il faisait lui-même partie...

 

Comment restituer toute la magie de l'art théâtral ? Le meilleur moyen est, sans doute, de nous entraîner dans le sillage de ces comédiens qui vont de ville en ville pour donner des représentations et pour animer des soirées, de leurs spectacles...

 

Un hommage aux comédiens, à cet art ancien du théâtre qui nous fait rêver, à cet art éphémère qui reste, pourtant, gravé dans nos esprits, c'est, là, le thème d'une célèbre chanson de Charles Aznavour...

Le texte est une invitation pressante et insistante à aller voir des comédiens qui arrivent : l'impératif réitéré "viens" souligne l'exhortation, ainsi que la répétition du verbe "voir'.

Grâce à ce verbe "voir", on prend conscience que le théâtre est, avant tout, un art du spectacle : il est fait pour être représenté sur une scène, et c'est ainsi qu'il prend vie...

L'emploi de la deuxième personne du singulier "viens" apporte une tonalité familière : l'auteur semble, ainsi, s'adresser à chacun d'entre nous.

Les comédiens sont associés dans cette invite, à des musiciens et des magiciens.
La comédie, le théâtre ne sont-ils pas des spectacles complets et magiques qui nous transportent dans d'autres univers ?

L'emploi de la fricative "v" dans le refrain peut suggérer tout le charme et toute la fascination qu'exercent ces comédiens sur le public...

Le poète nous montre, d'abord, tout ce qui précède les représentations : l'installation des tréteaux, tout un travail que révèlent des verbes d'action : "installer, dresser, tendre".

Puis, c'est l'évocation de la parade qui permet de prévenir la foule, de lui présenter le spectacle à venir. A grands bruits de tambours, les comédiens attirent "un cortège en folie". 

Le poète plante, alors, le décor coloré du spectacle, en plein air : 

"Devant l'église une roulotte peinte en vert 
Avec les chaises d'un théâtre à ciel ouvert "

Puis, il déroule, de manière très vivante, certaines intrigues mises en oeuvre dans de nombreuses pièces de théâtre : histoires de coquins qui finissent par être punis, histoires d'amours, bien sûr, qui font "trembler" ou "rire".

Les impératifs "Poussez la toile et entrez" sont, à nouveau, une invite insistante à aller suivre le spectacle.

Le poète magnifie, aussi, le théâtre en évoquant encore le cadre : "Sous les étoiles…" et le rituel théâtral qui donne tout son charme et son mystère à cet art : "les trois coups, le rideau va se lever..."
"Quand les trois coups retentiront dans la nuit 
Ils vont renaître à la vie, les comédiens."

Le poète décrit, enfin, dans le dernier couplet, le départ des comédiens, soulignant le caractère éphémère de cet art du théâtre...

"Les comédiens ont démonté leurs tréteaux 
Ils ont ôté leur estrade 
Et plié les calicots..." 

Il évoque, enfin, l'empreinte que laisseront, malgré tout, les comédiens, des souvenirs inoubliables gravés "au fond du coeur" de chacun..."sérénade, bonheur d'Arlequin", des souvenirs étincelants de musique douce, de joie.

Ils laisseront à chacun l'impression d'avoir rêvé, avant de rejoindre d'autres lieux, pour donner d'autres spectacles...

L'emploi du futur, en fin de texte, souligne bien la permanence du souvenir... "ils laisseront, nous croirons avoir rêvé..."

La mélodie entraînante, vive et virevoltante nous emporte dans le sillage de ces comédiens qui vont de ville en ville, pour jouer leur spectacle... Elle traduit un enthousiasme, celui des spectateurs mais aussi celui des acteurs, passionnés par leur art...

 

 

 
Paroles de Jacques Plante :

 

https://www.paroles.net/charles-aznavour/paroles-les-comediens

 

 

 

 

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 08:22
Les chasseurs ont gagné...

 

 

Que ne ferait-on pas pour séduire et attirer certaines catégories d'électeurs ? Et les lobbies de la chasse sont apparemment très influents auprès des hommes politiques...

Face à cette toute puissance des lobbies de la chasse, Nicolas Hulot a annoncé ce mardi 28 août qu'il avait pris la décision de quitter le gouvernement.

Alors, bien sûr, cette décision intervient après de nombreuses déceptions concernant l'écologie face aux mesures prises par le gouvernement : pesticides, glyphosate, nucléaire...

 Nicolas Hulot a expliqué que la présence d'un influent lobbyiste de la chasse, Thierry Coste, lors d'une réunion à l'Elysée, avait été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase d'une frustration devenue insupportable.

 

Plusieurs mesures en faveur des chasseurs avaient été annoncées, il y a quelques jours : baisse du permis national de chasse de 400 à 200 euros, mesures de "gestion adaptative" pour certaines espèces, création d'un conseil scientifique ou encore d'un fonds, géré par les chasseurs, "pour des actions concrètes en faveur de la biodiversité".

50% de réduction pour le permis ! Un beau cadeau, alors que les collectivités locales manquent cruellement d'argent !

Les chasseurs ont la cote !

 

Et pourtant, on peut s'interroger sur leur utilité : ils prétendent réguler les espèces...

Or, de nombreuses espèces d'oiseaux sont déjà menacées par le fait même de l'activité humaine : pesticides, pollution, disparition de l'habitat...

 

Pour ma part, je n'aime pas la chasse : partir avec un fusil à la main, pour aller traquer et tuer des êtres vivants... ?

Quel plaisir peut-on prendre à une telle activité ?

N'oublions pas aussi les nombreuses victimes humaines des "accidents" de chasse : dans ce cas-là, la chasse devient même un permis de tuer.

 

Quand on aime vraiment la nature, on l'observe, on la protège, on la préserve...

Nul besoin de s'armer d'un fusil pour apprécier une balade en pleine nature !

Nul besoin de traquer un animal pour l'observer !

Les chasseurs seraient selon eux les premiers écologistes de France ?

Mais se soucient-ils vraiment d'écologie ? Leur bonheur est de passer leur temps de loisir à battre la campagne pour tuer des animaux.

 

La chasse correspond à un instinct primaire, on comprend qu'on puisse chasser quand on a besoin de se nourrir...

Mais ce n'est plus le cas, de nos jours...

 

On souhaiterait que tous les chasseurs se comportent comme ce personnage mis en scène dans une chanson de Michel Delpech.

 On a envie de suivre les pas de ce chasseur qui abandonne  son fusil, pour devenir poète et se livrer à une observation attentive des beautés de ce monde...
 

 

Par dessus l'étang 
Soudain j'ai vu 
Passer les oies sauvages 
Elles s'en allaient 
Vers le midi 
La Méditerranée 

Un vol de perdreaux 
Par dessus les champs 
Montait dans les nuages 
La foret chantait 
Le soleil brillait 
Au bout des marécages 

 

 

 

La chanson :

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/01/elles-s-en-allaient-vers-le-midi-la-mediterranee.html

 

 

 

10 vérités sur la chasse :

 

http://natureiciailleurs.over-blog.com/2016/09/10-verites-sur-la-chasse-en-france.html

 

 

 

Les chasseurs ont gagné...
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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 12:48
Coucouroucoucou ! !

 

 

Dario Moreno incarnait la joie de vivre : son répertoire était plein de gaieté et d'humour...

On se souvient tous de ce titre : Si tu vas à Rio, et un peu moins de cette autre chanson : Coucouroucoucou !!

 

Cette chanson pleine de charme, et de drôlerie, évoque le roucoulement du pigeon destiné à séduire une "belle" : imitant le cri répété d'un pigeon, le refrain nous entraîne dans une mélodie lancinante et amusante, à la fois...

"Coucouroucoucou !" : on entend, d'abord, une colombe chanter sur une branche ... Et, à côté, un voit un pigeon énamouré, dont on comprend le désarroi : il bat de l'aile, et il roucoule en vain...

 

Une situation typique de l'amoureux éconduit nous est présentée ici. Soudain, on perçoit l'emploi de la première personne : "et moi, je pense à elle, si peu fidèle..." Le personnage qui s'exprime se confond, en fait, avec le pigeon du premier tableau...

 

Le vocabulaire de l'amour apparaît : "fidèle, mon coeur, aime"... Des clichés sont utilisés : "la blanche colombe", l'image du "printemps qui bourgeonne", les filles et les pigeonnes qui ont la même attitude, qui semblent volages !

 

"Coucouroucoucou"! Le roucoulement s'impose, alors, entremêlé de cris d'oiseaux. L'apostrophe "méchante" souligne le comportement indigne de la pigeonne infidèle qui, en plus, chante de bonheur, car elle a trouvé un nouvel amour.

Des cris de détresse, "aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe" ponctuent le texte, soulignant le désarroi de l'amoureux éconduit.

 

Le personnage s'invective lui-même, familièrement, comme s'il se dédoublait : "Et toi, pauvre fou, quand même, tu l'aimes." Les tourments de l'amour sont évoqués, de manière amusante et drolatique, avec des images conventionnelles...

 

On retrouve des clichés, la fragilité d'une pigeonne, la beauté d'une autre, sa coquetterie... Un dialogue s'instaure avec un interlocuteur, comme le suggère l'emploi de la deuxième personne : "ta pigeonne, la tienne", encore des clichés, puisque la femme semble appartenir à l'homme, être sa propriété...

 

Les deux acolytes pourront mêler leur chagrin, se raconter leurs déconvenues. Le texte s'achève sur ce cri d'espoir et avec un impératif : "fais qu'elle revienne !", comme si le personnage implorait le ciel.

 

Voilà une jolie parodie de chanson d'amour : constitué de clichés, le texte nous fait sourire souvent et le refrain nous emporte dans un tourbillon de cris d'oiseaux...

La mélodie, pleine de gaieté, souligne bien la parodie..

 

Cette chanson a été composée par Tomas Mendez, un chanteur d'origine mexicaine.

 

Dario Moreno nous a quittés en 1968, à l'âge de 47 ans, et on garde en mémoire sa voix, son sourire, sa bonne humeur.

 

 

https://youtu.be/tMl5WXxGjgs

 

 

 

 

 

 

 

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 08:10
Une chanson, c'est peu de chose...

 

 

Pour la fête de la musique, célébrons la chanson... en évoquant un magnifique texte consacré à cet art populaire...

Intitulée Allez savoir pourquoi, cette chanson interprétée par les Compagnons de la chanson, suggère bien tous les pouvoirs de la musique, tous ses charmes.

 

Combien de chansons ont rythmé nos vies, nous ont accompagnés depuis notre enfance !

 

"Une chanson, c'est peu de chose...", nous dit le poète, mais il en perçoit toute la valeur et toute la magie...

Un simple air de musique reste, ainsi, parfois gravé dans notre mémoire.

 

La chanson désignée par le pronom "ça" devient une entité mystérieuse et magique qui vient "se poser au creux d'une oreille" et qui "reste là."

Personnifiée, la chanson revêt ainsi une grande importance et semble vouloir nous accompagner comme une amie dans nos vies.

"Allez savoir pourquoi...", rajoute le poète, insistant encore sur la magie mystérieuse de la musique et de la mélodie, en s'adressant à chacun d'entre nous... 

 

On entrevoit aussi les thèmes évoqués : "les joies, les peines" sur lesquelles "se promènent" les chansons, des thèmes éternels qui nous concernent tous.

 

Puis, le poète suggère la naissance d'une chanson sur la guitare d'un "enfant du faubourg", à partir "de deux ou trois mots d'amour" qui sont comparés à des bouquets de fleurs, puisqu'ils ont "fleuri" sous les doigts de cet amoureux, belle image associée traditionnellement à la passion...

De quoi créer "un grand bonheur"... cette expression réitérée souligne bien l'exaltation de l'amoureux.

"Une guitare en bois, des mots d'amour", voilà la recette éprouvée de nombreuses mélodies que nous gardons en mémoire...

L'hymne à l'amour, Quand on n'a que l'amour, Que serais-je sans toi, Aimer à perdre la raison, Les mots bleus... tant de titres nous viennent à l'esprit.

 

Le poète évoque aussi les rimes qui accompagnent et rythment la chanson, oeuvre poétique, par excellence.

 

Le poète nous laisse, ensuite, entrevoir le processus ancien de diffusion et de transmission de la chanson : on entend "un titi de Paris" qui siffle une rengaine en retrouvant "Mimi", et "Mimi" la répercute, à son tour.

Le thème amoureux revient avec l'évocation d'un troubadour  dont le sommeil est hanté par une dame : dès lors, il ne peut que passer sa nuit à composer une nouvelle chanson...

L'amour, encore et toujours, a inspiré tant de poèmes et tant de chansons !

 

La mélodie rythmée, emplie de gaieté nous invite à célébrer le bonheur, le bien-être, les émotions que nous procure la musique...

 

 

 

 

Auteur: Jean Broussolle

Compositeur :  Jean-Pierre Calvet

 

 

 

 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 14:06
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson, ma France...

 

 


"Ma France" reste, dans nos mémoires, comme une des plus belles chansons de Jean Ferrat : une véritable déclaration d'amour à la France et au peuple qui a fait son histoire...

 

La France personnifiée, humanisée devient sous la plume de Jean Ferrat l'image d'une femme aimée à qui on dédie une chanson.

Le poète s'adresse à elle comme à une maîtresse, ce que suggère bien l'apostrophe réitérée : "Ma France"... Il alterne la première et la deuxième personne, instaurant un dialogue avec elle.

 

Dès la première strophe, il évoque des paysages variés pour la décrire : "De plaines en forêts de vallons en collines...", puis des saisons distinctes " du printemps à tes mortes saisons..." comme pour mieux en souligner toutes les beautés si bien que le poète ne peut que prolonger indéfiniment son éloge.

Puis, il égrène quelques régions qui lui sont chères et en fait des esquisses emplies de poésie : 

"Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche..."

Des images qui restituent des ambiances, des paysages dans leur simplicité et leur vérité... Ferrat décrit la France, comme le ferait un peintre, avec des couleurs, des formes...

 

Il sait aussi suggérer un esprit français dans ces expressions : "Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche..."

 

Et la chanson n'est pas seulement une déclaration d'amour à un pays, elle est aussi un texte engagé qui souligne une soif de liberté et de justice inextinguible...

Cet "air de liberté" qui caractérise la France, qui a fait sa réputation "au-delà des frontières" et qui nous vient de la Révolution est bien ancré dans l'histoire, comme le montre l'évocation de Robespierre, grande figure de la Révolution française.

 

Puis, le poète égrène tous ceux qui ont construit cette France dans une énumération qui mêle hommes illustres et anonymes : "le vieil Hugo tonnant de son exil", "des enfants de cinq ans travaillant dans les mines", des ouvriers représentés par des "mains qui ont construit des usines...", la France fusillée lors de la Commune, sur l'ordre d'Adolphe Tiers.

L'énumération montre bien l'injustice subie : ceux qui ont oeuvré pour la France se retrouvent sous le feu des balles.

 

Puis, des artistes engagés sont convoqués, "Picasso, Eluard" qui ont lutté pour la paix, et qui ont dénoncé les horreurs de la guerre.
Leur message se perpétue pour dire qu'il est "temps que le malheur succombe".

 

Et toutes les voix de ceux qui font la France sont associées en une seule, comme pour former une belle harmonie et une belle unité... une voix vouée aux sacrifices, aux "fosses communes" : le poète dénonce les gouvernants, ceux pour qui souffrent les travailleurs, en les interpellant, avec l'emploi de l'adjectif possessif de la deuxième personne "vos crimes, vos erreurs..."

 

Ferrat rend hommage aux travailleurs, au petit peuple, à cette France "qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien..."

Une France dont Ferrat nous fait percevoir tout le labeur, avec pour seul trésor "ses nuits blanches". L'association du mot "or" avec l'expression "nuits blanches" restitue toute la valeur du travail fourni par les plus humbles.
Le peuple est ainsi magnifié dans cette lutte quotidienne qu'il mène pour faire vivre le pays...

Une lutte pour travailler, une lutte, aussi, pour dénoncer les injustices symbolisées par "l'affiche qu'on colle au mur."

 

Et Ferrat évoque cette France qui se révolte dans cette expression bâtie sur une antithèse frappante de verbes de mouvement : "qu'elle monte des mines, descende des collines."

Le poète s'associe à cette France, avec ces mots : "celle qui chante en moi", soulignant ainsi sa complicité et sa solidarité.

 

Désignée par les adjectifs "la belle, la rebelle", la France est de nouveau magnifiée et valorisée dans ses révoltes mêmes.

"Celle qui tient l'avenir serré dans ses mains fines", à nouveau personnifiée, la France des travailleurs mérite d'être célébrée.

Et dans le dernier vers, le poète évoque d'autres mouvements populaires célèbres dans cette expression : "Trente six, soixante huit chandelles".

 

La mélodie qui alterne douceur et force traduit à la fois tendresse et révolte.

Bel hymne à la liberté, cette ode à la France, à ses travailleurs, ses artistes traduit l'attachement du poète à ce pays si riche d'histoire, de révoltes, de luttes...

 

 


 

 

 

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 09:45
Quand on n'a que l'amour pour unique chanson...

 

 

L'amour a inspiré tant de poèmes et de chansons : on garde en mémoire des textes de Brel, Brassens, Cabrel, Souchon...

Et puis on ne peut oublier cette mélodie chantée par Jacques Brel : Quand on n'a que l'amour...

 

Le poème est ponctué par cette simple subordonnée de temps, répétée en début de strophe, qui fait de ce texte un magnifique hymne à l'amour.

L'amour est associé d'emblée à la notion de "partage" et d'offrande.

Il est présenté comme un "grand voyage", une expression qui suggère des découvertes, une aventure, un dépaysement, une ouverture.

 

Dans la deuxième strophe, le poète s'adresse directement à son amoureuse, désignée par les mots "mon amour"... et les deux amants sont réunis dans ce vers : "Mon amour toi et moi..."

Et bien sûr, l'amour se mue en un éclatement de bonheur et de joie, le verbe "éclater" restituant tout l'enthousiasme de la passion.

L'amour devient une sorte de profession de foi et de ferveur, ce que montre l'emploi du verbe "croire", associé à l'adverbe "toujours" qui souligne un absolu.

"Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours."

 

L'amour a aussi cette vertu d'embellir le monde, de le magnifier, ce que révèlent bien les termes positifs et élogieux :"merveilles, soleil" qui sont mis en valeur, à la rime. Il a le pouvoir de transformer la réalité la plus ordinaire.

Il peut "meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs..."

L'amour peut aussi emplir une vie et devenir "unique raison, unique chanson
Et unique secours..."La répétition insistante, le rythme ternaire viennent souligner l'exaltation du poète.

 

Mais la suite du texte nous montre aussi que l'amour ne se réduit pas à la séduction d'une rencontre, il est une attitude envers le monde, une attention portée sur la misère, le malheur des autres.

Des images surgissent qui suggèrent une volonté de secourir les plus humbles :  "habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours..."

Des gestes pleins d'humanité sont ainsi évoqués...

 

L'amour devient aussi "prière" pour les "maux de la terre".... des prières offertes par un "simple troubadour", image du poète lui-même.

L'amour peut être une éclaircie pour ceux qui luttent, une réponse à la violence de la guerre symbolisée par des canons et des tambours.

Il est associé à "une chanson", expression littéraire et musicale, un genre populaire accessible à tous. 

"Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour..."

La dernière strophe évoque tous les pouvoirs de l'amour par une image : "Nous aurons dans nos mains
Amis, le monde entier".

Il permet de réunir et de rassembler les hommes, il est un condensé de l'humanité.

La dernière apostrophe du texte "Amis" au pluriel permet d'élargir les perspectives : l'amour est multiple et le poète s'adresse ainsi à chacun d'entre nous...

 

La mélodie douce au début s'amplifie au fil de la chanson et gagne en puissance, comme pour évoquer tous les pouvoirs et tous les sortilèges de l'amour...

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 13:47
Elle avait ce charme de la sincérité et de l'émotion...

 

 


France Gall nous a quittés ce dimanche, à l'âge de 70 ans... On se souvient de nombreuses chansons de son répertoire : Il jouait du piano debout... Résiste... Débranche... 

Et puis aussi de ce bel hommage à une chanteuse de jazz nommée Ella Fitzgerald, à la voix sublime... tout le monde connaît le thème de cette chanson composée par Michel Berger, intitulée Ella, elle l'a...

L'interprétation de France Gall qui oscille entre douceur et enthousiasme souligne bien le rayonnement de cette voix.

Le texte évoque, d'abord, une sorte de bonheur contenu dans la voix : "une gaieté, un sourire"... puis, il fait allusion à "quelque chose", expression volontairement vague qui traduit le mystère et la magie de cette voix "qui paraît nous dire "viens" 
Qui nous fait sentir étrangement bien..."

On entend un murmure qui apaise, et qui séduit.

Cette voix qui attire irrésistiblement, est, d'ailleurs, admirablement soulignée par la mélodie de Michel Berger, entraînante et légère.

Le poète procède par comparaisons, pour mieux nous faire percevoir tout le charme de cette voix qui semble contenir tout un monde et tout un passé culturel : "C'est comme toute l'histoire Du peuple noir..."qui oscille entre "amour et désespoir".
L'antithèse souligne bien toute la richesse et les subtilités de cette voix unique, ainsi que les vicissitudes du peuple noir soumis à l'esclavage, au désarroi, à la misère.

Jouant sur le prénom de la chanteuse, "Ella", Michel Berger met en évidence tous les dons qu'elle possède : "Elle a...Ce je n'sais quoi 
Que d'autres n'ont pas 
Qui nous met dans un drôle d'état..."

On retrouve ce vague de l'expression qui restitue un certain mystère :"ce je ne sais quoi..." qui transforme l'auditeur, le bouscule et provoque une émotion particulière.

Le refrain qui retranscrit ce pouvoir par la répétition du son "ou" nous fait percevoir une sorte d'évasion et de bonheur plein de douceur.

L'auteur évoque aussi "un don du ciel", une voix quasi-divine, accordée par les dieux, qui sublime la chanteuse et la rend "belle".
D'autres expressions viennent compléter cette impression : "ce tout petit supplément d'âme 
Cet indéfinissable charme 
Cette petite flamme".

Des mots pleins d'intensité, "flamme, charme" traduisent la force de cette voix, son pouvoir infini de séduction et la voyelle "a" répétée semble restituer une forme d'admiration à l'égard de la chanteuse.
Les sonorités de fricative "f", de sifflantes "s et de chuintante "ch" très douces insistent sur une forme d'ensorcellement.

Le couplet, qui suit, montre bien le bonheur de chanter, à partir de rien : "Tape sur des tonneaux 
Sur des pianos 
Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains..."

C'est toute l'âme africaine qui ressort et s'emballe, qui aime à s'extérioriser et chanter aussi bien le bonheur que le chagrin.
Le mot "pouvoirs", employé au pluriel, suggère toute la tessiture de cette voix, qu'il faut chercher au plus profond de soi, un bien précieux qui ne s'achète pas :
"Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi 
Tu vois ça ne s'achète pas 
Quand tu l'as tu l'as..."

Le texte et l'interprétation pleine de vérité, d'émotions de France Gall insistent bien sur tous les mystères de cette voix, et la mélodie rythmée, vivante, endiablée, ou plus douce restitue toutes les richesses du talent de la chanteuse...

 

 

 

 


 

 

 

 

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 15:08
Dormez petits, c'est Noël...

 


 

La fête de Noël a inspiré de nombreuses chansons aux accents majestueux et lumineux : on connaît l'Adeste fideles, l'Ave Maria, Minuit Chrétiens, Mon beau sapin... Mais on connaît moins cette chanson écrite par Jean Broussole, intitulée : "Amis mes frères"...

 

Ce titre interprété par les Compagnons de la chanson rayonne par son rythme dansant, son dynamisme.

 

Ce chant de Noël s'ouvre sur une apostrophe qui semble s'adresser à chacun d'entre nous : "Amis, mes frères..."

 

Le poète insiste aussitôt sur le caractère unique de ce jour de Noël, "où tout est Paix et tout Amour." Les majuscules soulignent une sorte de mystère sacré, et donnent toute leur importance à ces deux mots.

 

Des impératifs : "Ouvrez vos coeurs, ouvrez vos yeux" apportent une certaine vivacité au texte... Et la phrase : "Voici le Noël du Bon Dieu" évoque l'imminence de ce jour d'exception...

 

Et bien sûr, comme Noël est avant tout une fête consacrée aux enfants, le poète s'adresse d'abord à eux, de manière familière et directe : "Dormez, petits"... L'apostrophe utilisée "petits" marque affection, tendresse, proximité.

 

Et le souhait qui suit : "Rêvez longtemps au gai matin qui vous attend" suggère tous les cadeaux de Noël qui vont ravir les enfants. Le superlatif : "c'est la plus belle nuit" met en évidence toute la magie de cette nuit de Noël et son caractère exceptionnel.

 

Dans un deuxième couplet, le poète parle, cette fois, à un "marin"... Le mot, employé au singulier révèle encore une fois une familiarité, d'autant que ce marin est appelé, aussi, "mon frère".

 

Les impératifs se répètent de manière insistante : "Ouvre tes yeux, ouvre ton coeur." Le marin est interpellé par une interjection familière :"Ohé, marin..." Le décor est suggéré rapidement : "le vent, l'hiver"... Et "le ciel clair" semble s'être apaisé, pour cette occasion : le soir de Noël.

 

Le dernier couplet met en scène un soldat auquel s'adresse encore le poète... On retrouve une succession d'impératifs "Ouvre tes yeux, ouvre ton coeur"... et le poète demande à ce soldat de "ne pas tirer"...

 

L'interjection "holà" vient brusquement interrompre le soldat dans son geste, et lui impose une trêve. Les négations associées au fusil et aux ennemis soulignent une volonté de paix retrouvée : "Tu n'as plus besoin de fusil, tu n'as plus d'ennemis"...

 

Cette chanson de paix et d'amour s'ouvre sur une musique très douce, puis elle se déroule sur un rythme empli de gaieté et de bonheur...

Dans sa simplicité, elle évoque l'essentiel de la fête de Noël : fête de fraternité, fête des enfants, fête d'amour et de paix, message d'espoir et de sérénité...


 

 

 

 

 

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 11:29
Retiens la nuit... l'amour maintes fois chanté par Johnny...

 

 

La fragilité du bonheur, le temps qui passe et que l'on ne peut retenir, l'instant fugace de l'amour, on a tous en tête cette chanson de Johnny Halliday : Retiens la nuit...

Douce mélodie de l'amour, mélancolie associée à la fuite du temps...

 

La chanson s'ouvre sur un impératif : "Retiens la nuit...", un rêve fou de suspendre le temps et de l'arrêter dans un moment de bonheur et d'extase.

Les amoureux sont réunis dans un moment d'intimité : "pour nous deux... pour nos coeurs."

 

Un désir de prolonger l'instant fragile du bonheur est évoqué dans cette expression : "jusqu'à la fin du monde."

Un besoin d'absolu et de fusion avec l'être aimé s'exprime alors : "Serre-moi fort contre ton corps..."

Une façon de conjurer le temps qui passe inexorablement, une façon d'interrompre "sa course vagabonde". Le temps personnifié dans cette expression ne semble-t-il pas une force irrésistible ?

 

Un "grand amour" est évoqué : il pourra, au cours d'un instant, "rayer le jour" et faire oublier la pesanteur de la vie et ses tracas.

L'amour salvateur tant de fois raconté dans les chansons de Johnny est ici magnifié.

Il est aussi associé à "l'heure des folies", expression où l'on retrouve le thème traditionnel de l'amour fou.

 

Et l'impératif "Retiens la nuit" revient comme si l'amoureuse avait ce pouvoir de suspendre le temps, grâce à la force de son amour... l'amour qui transcende la vie, qui la rend plus belle comme le montre la phrase : "Avec toi, elle paraît si belle".

 

L'expression se fait alors plus insistante et plus précise : "Arrête le temps et les heures..."

Et la chanson devient une prière : "Je t'en supplie, à l'infini, Retiens la nuit."

 

Le couplet suivant suggère bien toute l'ambiguïté et la fragilité du bonheur : le vocabulaire est sombre, avec les mots : "tristesse, détresse, peur"...

Le bonheur est présent, mais il paraît si volatil et le poète qui parle à la première personne perçoit que ce bonheur est menacé et que la peur se mêle aux joies de l'amour.

Les antithèses viennent souligner toute cette ambiguïté :

"Ne me demande pas d’où me vient ma tristesse 
Ne me demande rien tu ne comprendrais pas 
En découvrant l’amour je frôle la détresse 
En croyant au bonheur la peur entre en mes joies..."

 

Belle chanson d'amour et de passion ! Et Johnny a su la faire vibrer de sa voix douce et puissante, à la fois.

Une voix, des mélodies et des textes qu'on n'oubliera pas... c'est certain.

Les années 60, le twist, le rock, le temps des slows, le temps des copains... toute une époque...

 

 

C'est Charles Aznavour qui a signé les paroles de cette chanson, Georges Garvarentz en a composé la musique.

 

 

 

 

 

 

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 11:05
Et le soleil se levait sur le no man's land...

 

 

 

Cette chanson de Pierre Bachelet s'ouvre sur une envie de liberté, dans une nature accueillante et prodigue : là sont réunis tous les éléments d'un décor généreux... "un chemin, un peuplier, des foins, un sentier, plein de rosée, un ruisseau."

 

Le narrateur s'exprime à la première personne et dans sa fuite à travers la nature, il profite de tout ce paysage qui s'offre à lui : on le voit "boire" au "ruisseau", "regarder" l'eau, faire le plein de sensations.

 

Dans le refrain, son regard s'attarde aussi sur le "soleil qui se lève", symbole d'espoir et de renouveau,  des "oiseaux" qui s'en vont vers le "no man's land".

L'expression désignait pendant la première guerre mondiale la zone située après les barbelés entre les deux tranchées opposées.

 

Et bien sûr, on comprend alors que le personnage fuit l'enfer de la guerre, essayant de se fondre dans une nature complice et bienveillante.

 

On perçoit les pensées du personnage qui nous semble ainsi très proche et familier : "je croyais voler... On me chercherait bientôt, bientôt je ne serai plus là..."C'est un personnage qui rêve d'évasion et de liberté...

 

Et le contraste de la vision qui suit est saisissant : "j'ai vu sur le versant Un faisan à aigrette qui marchait tranquillement, repéré la frontière du côté opposé, plein de militaires, un champ de barbelés".

La guerre symbolisé par "les militaires, les barbelés" s'oppose à une nature somptueuse et tranquille représentée par ce "faisan à aigrette".

 

"J'rentrerai pas ce soir, j'rentrerai plus jamais
Je m'suis caché pour voir le côté liberté..." pense et affirme le personnage, comme pour se rassurer. Et on est sensible à son humanité, à ses espoirs réitérés.

L'emploi du futur marque une sorte de certitude et d'assurance, de même que la négation absolue : "plus jamais."

 

Le personnage s'attarde alors pour contempler le paysage :

"En bas dans la vallée y avait comme un hameau
Et de tendres fumées. fumées qui donnaient chaud", on perçoit une image réconfortante de bonheur faite de tendresse, de chaleur.

 

Il lui reste "cinquante mètres à faire" et soudain, sa fuite est interrompue : 
"J'ai entendu tirer, je suis tombé par terre..."

Une nouvelle sensation apparaît : le bruit d'un fusil, et le personnage s'affaisse... on assiste à la mort en direct du soldat.

 

On entend encore les pensées du personnage : 

"J'ai la vie qui s'enfuit au milieu de ma chemise
Mais que c'est beau la vie, même s'il y a des surprises."

 

On perçoit la blessure qui l'a atteint et aussi tout l'amour de vie qu'il ressent à travers cette structure exclamative : "Mais que c'est beau la vie..."

 

Et, une dernière fois, il affirme son amour de la nature, en observant les nuages, "les flocons du ciel bleu", belle image poétique qui restitue son attachement au monde :

"Je regarde les nuages, j'aimerais être comme eux
On tire pas au passage les flocons du ciel bleu..."

Les nuages hors d'atteinte lui donnent encore une impression de liberté.

 

Et les derniers vers du poème sont à nouveau une réaffirmation de la beauté du monde que le personnage regarde avec ferveur et admiration :

"Étendu sur le dos, je regarde une dernière fois
Mais que le monde est beau, est beau autour de moi..."

 

Ce poème qui dénonce la guerre avec sensibilité, pudeur est aussi un magnifique hymne à la nature.

La mélodie rythmée restitue une envie de liberté, un amour de la vie qui contraste avec la violence de la guerre.


 

Paroles : Jean-Pierre Lang, musique : Pierre Bachelet.

 

 

 

 

Et le soleil se levait sur le no man's land...
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