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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 17:56

amorgos-5
La mer, une source intarissable d’inspiration mérite bien d’être racontée : elle ouvre des horizons infinis, elle est source de rêves, de voyages…
 
Jean Ferrat la raconte merveilleusement dans une de ses chansons…La mer, c’est d’abord un monde de sensations variées : c’est « le goût des algues », ce sont des couleurs : « le bleu et le vert qui dansent » harmonieusement… C’est le mouvement inlassable des « vagues ».
 
Associée au voyage, à l’impossible, la mer devient symbole d’absolu, d’apaisement, de bonheur : elle ouvre la « porte du large vers d’autres continents ».
 
La mer est aussi l’image de la liberté essentielle à l’homme : représentée sous la forme d’Icare qui vole vers le soleil, elle apparaît comme un élan, un essor qui permet de s’évader, d’oublier le monde et son enfermement… La mer devient « un pays d’amour » que l’on recherche sans fin.
 
On y voit des « aubes pâles » sous la brume, « des étoiles » qui se reflètent dans l’eau… un univers plein de beautés.
 
On y perçoit aussi les origines du monde, l’innocence première, l’eau est un signe de pureté, elle renvoie à l’enfance… elle est une sorte de « paradis perdu ».
 
Jean Ferrat évoque bien cette ambivalence de la mer : source de bonheur, elle rappelle aussi dans ses mouvements incessants, dans ses vagues perpétuelles, une certaine monotonie de la vie humaine, un perpétuel recommencement des cycles, les marées qui reviennent… les aspects dérisoires avec « l’écume et le sable. » 
 
La chanson s’achève sur une tonalité mélancolique : la mer devient l’image de la détresse car elle suggère par ses mouvements la fuite du temps, tout ce qui s’évanouit, nous échappe… elle est bien « un pays d’amour que l’on n’atteint jamais. »
 
Le refrain revient avec ses sensations apaisantes : goût des algues et de l’eau âpre et salée, perception visuelle des couleurs vertes et bleues pour donner à nouveau une image bienheureuse de la mer.
 
La mélodie très douce, alanguie traduit bien le doux balancement et le murmure des vagues. Elle suggère aussi une sorte de vertige de bonheur et d’inquiétude mêlés.
 
La mer dans cette chanson représente bien la vie humaine partagée entre le quotidien qu’il faut vivre et les désirs et les rêves d’absolu de chacun.
 
Oscillant entre bonheur et détresse, ce texte de Jean Ferrat nous montre toute la sensibilité du poète et son originalité à travers des mots qui restent très simples…
 
 
 
 
Photos : Christelle 
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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 19:53

 

 

 
amorgos-5

La mer et ses paysages infinis ont souvent inspiré les poètes : "Homme libre toujours tu chériras la mer ! "écrivait Baudelaire... Comment ne pas être sensible à la beauté infinie des flots bleus, aux rivages escarpés, aux déroulements des vagues ?
 
La mer, chanson de Charles Trénet nous emporte près de ces rives d'azur et nous fait rêver : une chanson pleine d'émotions dans sa simplicité....
 
La mer est personnifiée : on la voit danser, virevolter, elle devient une "bergère d'azur", on perçoit ses reflets d'argent.... 
 
La mer et le ciel se confondent en une harmonie de bleus... Le poète nous invite à observer l'infinie variété de la mer, de ses couleurs... Il emploie de manière insistante l'impératif "voyez !"
 
Les paysages évoqués, les "golfes clairs", l'été, les étangs font penser au sud mais peuvent suggérer aussi des rivages du nord... On y voit des "roseaux mouillés", "des maisons rouillées " "des oiseaux blancs"....
 
Le vocabulaire est très simple, avec l'emploi des verbes "avoir, voir" répétés...
 
Pluie et mer se mêlent, ciel et surface de l'eau se confondent en une harmonie de blanc et de bleus et le poète suggére bien ces éléments qui s'unissent à travers l'image des " blancs moutons de la mer qui rejoignent les anges du ciel..."
 
On est sensible à cette harmonie parfaite de couleurs qui berce le poète.
 
"La mer, bergère d'azur infinie " ! Quelle image évidente dans sa simplicité ! La mer moutonnante personnifiée devient celle qui berce le poète de ses mouvements, de ses vagues sans cesse renouvelées...
 
La mélodie pleine de douceur évoque bien le bruissement et le murmure de la mer, elle s'amplifie, s'intensifie au fil de la chanson.
 
Charles trénet nous fait bien imaginer les "reflets changeants" des flots mais aussi les mouvements, les vagues qui semblent redoubler d'intensité....
 
La mer devient "chanson d'amour", elle est un paysage varié de couleurs, elle est déferlement de lumières blanches et bleues...
Photos: Christelle et rosemar
 
 
 
 
 
 
 
 
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 12:11

toulouse libre sumolariB25 es

 

Qui n'est pas attaché à sa ville natale ? Chacun de nous garde en sa mémoire des lieux de l'enfance : paysages, maisons, arbres, collines... Et Claude Nougaro en écrivant cette chanson, intitulée :" Toulouse" rend ainsi un hommage tendre et émouvant à ses racines, à une ville qu'il connaît bien...

 

La chanson s'ouvre sur l'idée de l'éloignement de la ville natale qu'il faut parfois quitter, dans une vie, pour d'autres lieux.

Et les souvenirs surgissent avec des couleurs vives et fortes : "l'eau verte du canal du Midi", "la brique rouge" du quartier des Minimes : ces sensations visuelles nous éblouissent...

 

L'enfance est évoquée d'abord : "l'école, le cartable bourré de coups de poing" : un monde de révolte où règne la "castagne", joli mot du sud associé aussi aux "mémés" qui doivent avoir le verbe haut à Toulouse et qui ne se laissent pas faire...

 

L'accent de Toulouse est comparé à un "torrent de cailloux", belle image tumultueuse de la langue natale ! Et l'on entend bien la mélodie du parler toulousain. La ville devient symbole de violence, une violence généreuse qui transparaît dans la couleur des violettes et aussi dans les mots prononcés.On perçoit de l'"orage dans l'air."

Le paysage de la ville ressemble par ailleurs à "une fleur de corail", superbe métaphore pour évoquer la ville rose !

 

Claude Nougaro nous fait voir un trottoir éventré , signe de révolte, une rue où pousse "la corne de l'Espagne", pays du sud, pays de lumières, de soleil, d'enthousiasme, pays proche de Toulouse... une rue où pousse peut-être "une bulle de jazz" !

 

Enfin les pas du poète l'emmènent vers le Capitole de Toulouse où il entend la voix de son père, chanteur d'opéra, magnifique souvenir d'un enfant qui admire "l'écho de la voix" de celui qui lui a donné le jour.

 

La chanson s'achève sur le présent de la ville qui a changé : les "buildings" ont poussé, immenses et l'auteur s'inquiète de ne plus retrouver dans sa ville une" pincée de tuiles" d'autrefois. Quelle tendresse dans cette expression ! La nostalgie est bien présente à la fin de ce poème !

 

Claude Nougaro ponctue son texte de quelques noms propres évocateurs : aux sonorités pleines de charmes : "le canal du Midi, les Minimes, l'église Saint Sernin, Blagnac."

 

Le refrain fait de la ville un personnage à part entière, grâce à la double apostrophe :"o Toulouse" souligné par les mots "mon païs" prononcé à l'ancienne, avec l'accent de Toulouse. Le poète s'adresse plusieurs fois à sa ville, en employant la deuxième personne, il la tutoie familièrement et lui parle en la personnifiant.

 

Chacun est forcément sensible à ces souvenirs d'enfance associée à une ville, chacun est sensible au temps qui passe et bouleverse les paysages d' autrefois.

La mélodie entre tendresse et force transmet bien l'émotion du poète face à la beauté de la ville rose.

 

http://youtu.be/jU8Tg1cRZh

 

 
 


 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 10:13
hiver reuters 3-copie-1
La simplicité d'un titre : "J'ai froid " nous montre parfois l'inspiration géniale d'un auteur. C'est cette simplicité qui nous émeut aussi dans ce texte de Jean Ferrat à valeur universelle, tant les mots en sont limpides ...
 
La chanson s'ouvre sur l'évocation des vents du midi qui soufflent à tel point qu'ils font ployer les arbres... l'image qui suit est superbe puisque les arbres sont personnifiés : leurs branches deviennent des "bras qui fument des gitanes". On les voit ainsi se consumer et se dessécher sous les assauts violents du mistral ! Dès lors, le poète lui-même, assailli par le vent évoque ses sensations dans le refrain : "j'ai froid".
 
Mais la chanson se transforme vite en un message engagé : Jean Ferrat évoque les droits de l'homme bafoués, des "uniformes'" qui imposent leurs lois, on songe ici à une dictature violente qui enlève toute liberté aux êtres humains...
 
Cette liberté est elle même assimilée à une personne qui "tombe sa pelisse" : l'image est magnifique : on voit la liberté dépouillée de toute valeur , de toute substance,de toute signification !
 
C'est un monde d'horreur qui est alors décrit, un monde où règnent l'injustice, la "force imbécile", la"bêtise épaisse", les dénonciations sous forme de lettres anonymes ... C'est un régime dictatorial qui est dénoncé avec force et virulence....
 
On entend aussi le bruit menaçant des fusils : "la salve éclatant" au milieu de l'hymne ...un gouvernement militaire imposant sa rigueur est ainsi mis en cause...
 
Jean Ferrat utilise une image très forte pour nous faire ressentir toute l'horreur que lui inspire ce régime : une "bête immonde qui sort de sa tanière".
 
Dès lors, la révolte légitime gronde, il faut "retrouver le chemin des bois", prendre la maquis pour refuser la tyrannie, la révolte seule permettra de vaincre le froid et la peur. La révolte, grand feu de joie saura abattre le froid dans les coeurs et dans les corps, le frisson de la peur et de l'angoisse disparaîtra alors ...
 
Les tyrannies et les dictatures existent encore en ce monde et elles prennent même parfois le masque de la démocratie... Cette chanson nous incite à la rebellion face à ce qui n'est plus admissible : quand ce grand feu de bois fera-t'il donc le tour de la terre ?
 
Quand serons-nous libérés de l'injustice, quand serons- nous libérés de la "bête immonde" ? 
 
 
 
 
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:59
soleil 2 reuters
 
 
 
Certaines chansons sont associées à des êtres qu'on a connus, aimés, parfois elles ressurgissent comme des souvenirs lointains et précieux, parfois aussi elles provoquent des émotions infinies... Une chanson résonne plus particulièrement en moi, car je l'ai souvent entendue dans mon enfance, une chanson napolitaine, Naples étant la ville d'origine de mon arrière grand- père...
 
Cette chanson "O sole mio "évoque un sujet on ne peut plus banal : une journée de beau temps illuminé par la lumière du soleil, un véritable hymne à la nature : le soleil est d'ailleurs invoqué sous la forme d'une apostrophe dans le refrain de la chanson... Ainsi personnifié, il acquiert une importance particulière et apparaît comme une entité vivante, il est donc célébré et magnifié.
 
Les paroles ont été écrites par le poète napolitain Giovanni Capurro en 1898 et la musique composée par le chanteur napolitain Eduardo Di Capua.
 
"Che bella cosa e' na jurnata 'e sole : Quelle belle chose qu'une journée de soleil",voilà les premiers mots du texte, pleins de simplicité. Le soleil après la tempête apporte un réconfort et un bien- être absolu.
 
Le soleil invite à la fête, au bonheur retrouvé et l'astre du jour est associé à l'être aimé : "oh mon soleil est sur ton front", et c'est là "le plus beau des soleils", dit la chanson...
 
Le soleil devient donc l'image même de l'amour,  le soleil suggère la joie et des sentiments d'affection, de tendresse.
 
L'évocation du soir qui tombe, de la nuit qui arrive entraîne une certaine mélancolie, mais l'amoureux retrouve son beau soleil sur le front de l'être aimé, un soleil radieux, le plus beau de tous.
 
On peut noter toute la simplicité de ce texte, sa brièveté : aucune recherche grandiloquente, mais une poésie de la nature et de la vie qui paraît évidente...
 
 
La mélodie très douce soulignée par les violons, par les voix de grands ténors est pleine d'enchantements : elle traduit bien toute la tendresse de cette chanson.
 
Ce chant a d'abord été repris par le célèbre Enrico Caruso, puis par de nombreux ténors, souvent à la fin de leur concert, Benjamino Gigli, Tito Schipa, Giuseppe Di Stefano, Mario Lanza. Puis Luis Mariano, Elvis Presley , Lucciano Pavarotti et enfin Roberto Alagna l' ont aussi interprété...
 
 J'entends cette chanson avec une émotion sans cesse renouvelée, car elle suggère en moi des images d'enfance : ma grand-mère, mes parents en train de l'écouter et de l'apprécier.
 
Je revois aussi des paysages inondés de lumière, la Méditerranée et ses mille soleils qui se reflètent sur les vagues, je revois de beaux ciels d'été, je revois des visages familiers, des images et des souvenirs de bonheur...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
               
 
 
 


 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 15:05

 

pins 2

 

Georges Brassens aborde dans ses chansons toutes sortes de sujets universels : l'amour, l'amitié, la guerre et il évoque, aussi, la mort dans un de ses plus beaux poèmes : La Supplique pour être enterré sur la plage de Sète... Que de références, que d'échos dans ce magnifique texte ! Et, surtout, que d'humour pour évoquer un sujet qui pourrait être grave !
 
 
En fait, ce poème sous forme de testament devient une sorte d'éloge de la vie, de ses bonheurs, de ses joies, de ses plaisirs...
 
Si le poète nous fait part de son désir d'être enterré sur la plage de Sète, il en profite aussi pour glisser quelques références littéraires : la camarde figure allégorique de la mort,Gavroche, Mimi Pinson, Paul Valéry bien sûr et son cimetière marin. Brassens nous montre, ainsi, son attachement à la culture, avec un certain détachement tout de même... lui qui a mis en musique tant de poètes : Villon, Banville, Hugo, Aragon, Paul Fort.
 
Que d'inventions poétiques dans ce texte ! La mer devient "l'encre bleue" qui va permettre d'écrire le codicille, le testament de l'auteur.
 
Le "caveau de famille étant donc plein ", Brassens demande à être enterré sur la plage de Sète, au bord de la mer, auprès des dauphins.
 
Et l'ami Georges en profite pour énumérer tous les plaisirs de la vie... le sable fin, les premières amourettes avec de jeunes sirènes," les baigneuses" qui pourront s'abriter à l'ombre de sa tombe, les enfants qui pourront faire "des châteaux de sable", la nature avec le "pin parasol" qui couvrira sa tombe, permettant à ses amis d'éviter toute" insolation" !
 
La musique, les parfums sont aussi convoqués, apportés par le vent, "le mistral et la tramontane", airs de musique qui évoquent des danses joyeuses..."fandango, tarentelle, sardane."
 
Quel bonheur ! Tout y est : amour, amitié, sensations, nature bienveillante... plaisirs simples de la vie.
 
Et le texte s'achève avec l'évocation de l'ondine qui viendra sommeiller sur la tombe du poète, bonheur ultime ! On peut voir aussi dans les derniers vers une condamnation des grandeurs de ce monde avec les "pharaons" ou les "Napoléons" et leurs tombes grandiloquentes et pompeuses.
 
L'image finale est superbe : le poète transformé en "éternel estivant et qui fait du pédalo "sur la plage de Sète !
 
L'humour est constamment présent et la mort n'est ici qu'un prétexte pour parler de la vie, pour abattre les préjugés, dénoncer le goût de la grandeur, et montrer que le bonheur est fait de joies très simples et ordinaires : une plage au soleil, de grands pins, la mer, la musique du vent.
 
Le dieu Neptune est aussi évoqué au cours du poème, un dieu qui, à Sète, ne se prend pas trop au sérieux et ne fait pas trop de dégâts... en cas de naufrage, il faut sauver le vin et le pastis d'abord... encore le bonheur ici associé au bon vin et aux plaisirs de la table !
 
Ce texte nous permet de voir toute la simplicité, l'humilité de ce grand poète : c'est aussi une invitation à profiter de la vie...
 
La mélodie est superbe dans sa nonchalance et traduit bien l'idée d'harmonie et d'insouciance présentes dans tout le texte.
 
Photos : Rosemar et Wikipédia
 
Vidéo : G. Brassens
 
 
 
 
 
plage 
                  
 
 


 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:19

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L'amour qui rend fou est bien un thème littéraire de tous les temps : ne dit-on pas : "être fou d'amour "ou "aimer à la folie" ? L'amour revient souvent sous la plume des plus grands poètes. Il donne lieu à des oeuvres touchantes, émouvantes que l'on n'oublie pas.

 

Victor Hugo, le plus prolixe de nos poètes nous a laissé un de ces poèmes d'amour qui reste à jamais gravé dans les esprits. Ce poème intitulé "Guitare" extrait du recueil "Les rayons et les ombres" ne vous rappelle peut-être rien mais c'est un des plus connus de Victor Hugo car il a été mis en musique et adapté par Georges Brassens sous le titre "Gastibelza".

 

Gastibelza ! Comment oublier un tel nom aux sonorités si flamboyantes ? Le héros de l'histoire, c'est bien lui, l'homme à la carabine, brigand peut-être mais brigand amoureux !

 

Hugo nous fait entendre la chanson de ce brigand énamouré, qui ne peut oublier celle qu'il nomme sa "sénora", celle qui éclipse la beauté d'une reine, une femme fatale dont il perçoit les dangers mais qu'il ne peut s'empêcher d'aimer...

Le texte est ponctué par ce refrain mélancolique : "Le vent qui vient à travers la montagne/ Me rendra fou. "

 

La belle s'appelle "Sabine", la perfide Sabine qui dans les derniers vers du poème finit par se vendre au plus offrant, c'est une femme vénale qui donne "Tout son amour/ Pour l’anneau d’or du Comte de Saldagne /Pour un bijou ". Dès lors, le brigand qui se confond avec le poète perd la raison : "Le vent qui vient à travers la montagne m'a rendu fou" écrit-il.

 

Le poème est plein d'harmonie notamment grâce à l'emploi de noms propres aux sonorités espagnoles et exotiques : "le mont Falu, Antequarra,Tolède, Saldagne, Gastibelza", le nom même du héros malheureux de l'histoire...

 

On retrouve dans ce texte des lieux communs de la littérature : l'amour qui rend fou, la femme qui entraîne le malheur, la femme à la beauté idéale, la belle qui suscite même l'amour du roi...

 

La simplicité émouvante du texte sous forme de ballade avec son refrain nous touche... Le bonheur des villageois qui célèbrent l'arrivée de la nuit en chantant et dansant contraste avec la tristesse, le désarroi de l'homme amoureux trahi dans ses attentes et qui en perd la raison.

 

Victor Hugo alterne dans ce poème vers longs et vers courts créant ainsi un rythme régulier de chanson... Le titre prévu aurait été d'abord « Ce que m’a raconté une guitare ». La guitare symbolisait alors l’Espagne chère à V. Hugo auteur d'Hernani et Ruy Blas, l'Espagne qui est largement présente dans le poème grâce aux noms des personnages et aux lieux évoqués...

 

http://youtu.be/2BzH4T7ic-s

 

 

 

 

http://youtu.be/6l1KTexH2T4

 

 

Un peu de guitare aussi :

 

 

 

http://youtu.be/YRJF6RPg8pQ

 

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