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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 09:32
Le siècle rouge... une histoire passionnante des communismes...

 

 

Jean-Christophe Buisson est l'auteur d' une histoire passionnante des mondes communistes : il vient de publier un livre intitulé Le siècle rouge Les mondes communistes 1919-1989...

Il est venu présenter son ouvrage lors du Festival de la Biographie à Nîmes...

 

"On arrive à une époque où le communisme est un mot qui ne sonne plus très familièrement à beaucoup d'oreilles, notamment aux jeunes gens pour qui la notion de Mur de Berlin est totalement étrangère, qui voyagent dans le monde entier grâce à la mondialisation, qui ne peuvent pas imaginer que l'Europe, à un moment donné, était partagée en deux par un rideau de fer...

 

J'ai deux filles qui ont 24 et 26 ans, c'est vrai qu'elles entendent dire que Mélenchon était communiste dans sa jeunesse, qu'il était trotskiste, mais elles ne savent pas trop bien ce que cela veut dire... avant-hier Alain Badiou disait qu'il fallait repenser l'hypothèse communiste, donc, c'est quelque chose qui reste quand même très imprégné dans notre mémoire mais qui a disparu dans la génération suivante...

 

Je me suis dit :"Il faut faire un livre qui soit une sorte de synthèse de tout ce qui était le communisme, d'un point de vue mondial... vous savez, la première phrase du Manifeste du parti communiste, c'était : "Un spectre hante l'Europe, le communisme."

 

En 1919, c'est la création de la troisième internationale : il est décidé que le communisme sera mondial ou ne sera pas... Pourquoi ? Parce qu'on est en pleine guerre entre les Rouges et les Blancs en Russie, les Bolchéviques ne sont pas du tout sûrs de garder le pouvoir... ils se disent : "Le seul moyen de garder le pouvoir, c'est que d'autres pays dans le monde fassent aussi une révolution, comme ça, on se mettra ensemble et on abattra dans le monde entier le capitalisme."

Donc, on crée cette troisième internationale, une structure qui a pour but d'exporter l'idée de révolution dans le monde entier....

 

Très vite, en 1919, on l'a complètement oublié, il y a des révolutions qui éclatent en Allemagne, en Bavière, en Hongrie, en Slovaquie, en Ukraine, en Roumanie, en Iran qui s'appelle la Perse à l'époque, en Italie avec des grèves insurrectionnelles, où des communistes sont sur le point de prendre le pouvoir... ils sont très violemment réprimés, ils échouent.

 

Très vite, Staline prend le pouvoir en Russie et considère qu'il faut d'abord consolider le communisme dans l'Union Soviétique... mais il garde quand même un oeil sur cette idée qu'on peut exporter la révolution à droite, à gauche..

 

Le message communiste est relayé par cette structure de la troisième internationale, pas pour une victoire politique, mais pour une victoire quasiment intellectuelle, morale, en ce sens que la troisième internationale, c'est le sommet d'une pyramide, avec en-dessous, l'internationale syndicale rouge, l'internationale sportive, qui organisait des jeux olympiques prolétaires, les spartakiades, l'internationale paysanne, le secours international rouge, l'union des écrivains internationaux qui vont alimenter l'idée communiste dans le monde entier...

 

L'Union soviétique est la grande gagnante de la guerre contre le nazisme, elle instaure des régimes communistes dans l'est de l'Europe, et la complaisance dans les milieux intellectuels français vient de ces structures créées dans les années 20-30.

Le communisme va triompher dans le monde entier, dans les années 40-50, puis il va connaître des premières ruptures, fractures, avec Tito, avec la Chine, puis il va décliner, péricliter et quasiment s'effondrer avec la chute du Mur de Berlin, en tout cas, dans sa vocation à s'extérioriser dans le monde entier.

 

Après, le communisme reste présent, la Chine est encore communiste, Cuba est communiste, la Corée du Nord, le Laos, le Vietnam...

Mais grosso modo, l'idée qu'on va refaire un monde communiste a disparu.

 

On voit que structurellement, le communisme est fait de scissions, puisque c'est la révolution permanente.

Il y a beaucoup de nuances dans le communisme : entre Staline, Trotsky, Mao, Tito, Che Guevara, les nuances sont fortes, elles sont souvent dépendantes du pays, de la structure, de la culture, de l'histoire du pays...

 

Il y a une culture de l'image assez impressionnante : très vite, il y a eu l'idée que par l'art, par l'image, la peinture, le cinéma, le théâtre, la littérature, on pourrait diffuser des messages de propagande.

 

L'image a été un vecteur à la fois du communisme et de l'anticommunisme : ce livre est aussi une histoire de l'anticommunisme : dès 1929, avec Hergé, Tintin chez les Soviets, Victor Serge, Boris Souvarine, se lèvent des gens qui condamnent, qui vont en URSS et qui disent : "Ce n'est pas ce vous croyez, c'est atroce."

 On peut citer Kravchenko jusqu'à Soljenitsyne, Jean-Paul II, Simon Leys en Chine...

Et aussi André Gide et son ouvrage Retour de l'URSS... le lendemain de sa mort, l'humanité titre : "Un cadavre est mort", sous-entendu, depuis qu'il est devenu anticommuniste, il n'existe plus.

 

Pour revenir à l'image, ce qui est assez cocasse, par exemple dans le cinéma, en 1953, sort un film aux USA, Pickup on South Street, on est en pleine chasse aux sorcières, avec le maccarthysme, les Rosenberg viennent d'être condamnés à mort... Samuel Fuller qui est un grand réalisateur de films patriotiques, un peu militaires, fait ce film qui raconte cette histoire : le FBI suit une femme dans le métro, parce qu'on sait qu'elle est la maîtresse d'un agent communiste, et on pense que, dans son sac à mains, elle a un microfilm avec tous les noms des agents communistes qui se trouvent aux USA...

Le FBI s'apprête à capturer cette femme, mais pas de chance, un pickpocket lui vole son microfilm, donc ça devient un polar, une course-poursuite dans New-York, et à la fin, cette femme se rend compte qu'elle vivait avec un communiste et va le dénoncer : c'est donc un film très patriotique, anticommuniste.

 

En France, quand le PC fait 28% des voix, on se dit : "Si on montre ce film, ça va pas aller", on change le titre, le scénario, les dialogues, et le film s'appelle : Le port de la drogue, avec Richard Widmark... des trafiquants de drogue sont poursuivis par le FBI parce qu'une femme a dans son sac un microfilm avec la recette d'une nouvelle drogue...

 

Il ne faut pas oublier aussi que le pacte germano-soviétique de non agression permet à Hitler d'envahir paisiblement l'ouest de l'Europe sans crainte d'une contre attaque par la Russie : il y a une énorme responsabilité de la part de Moscou dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale qui n'est possible que grâce à ce pacte de non agression...

Mais il faut rappeler qu'un certain nombre de communistes étaient horrifiés par ça, ils ont déchiré leur carte du parti, ils ont rejoint la résistance très vite, et ils ont refusé l'idée qu'ils soient alliés à Hitler. Rien n'est manichéen... des communistes ont été dissidents au sein de leur parti...

 

On ne peut pas résumer le communisme aux horreurs qui ont été commises en son nom, ni aux splendeurs, ni aux progrès sociaux qui ont été permis, à sa résistance parce qu'après 41, les communistes sont entrés en résistance, et pour la plupart, sans ambiguïté.

 

Ce n'est ni tout noir, ni tout rouge... Ce que j'a voulu faire dans ce livre, c'est mettre factuellement tout ce qui s'est passé...

 

Et puis, après, à chacun de se faire une opinion... si on préfère retenir les dizaines de millions de morts, si on préfère retenir quand même aussi les avancées sociales, ce que le communisme a permis dans notre société... on est encore le produit, qu'on le veuille ou non, du communisme.

 

Le spectre du communisme nous hante encore dans l'art, mais pas seulement, dans la politique, dans l'économie...

On a été bénéficiaire ou victime du communisme : à nous de faire la distinction..."

 

 

 

Le siècle rouge... une histoire passionnante des communismes...
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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 12:06
Giorgio Cacchi dans ses oeuvres... au bord de l'étang et ailleurs...

 

 

Un récital de guitare et de musique électroacoustique surprenant et original...

Le guitariste utilise des enregistrements, des machines, des sons réels qui ponctuent ses compositions.

"Vous serez surpris, par moments..." annonce Giorgio Cacchi aux spectateurs...

 

Premier tableau, première journée : au bord de l'étang...

Dans ce premier morceau intitulé Aqua, Giorgio Cacchi nous fait percevoir le son de l'eau, goutte d'eau ou neige qui tombe... On écoute une mélodie très légère, douce, on entend les gouttes d'eau... puis, grâce à une machine acoustique, le son est amplifié avec des effets d'échos... on écoute encore la guitare et on entend la musique de l'eau... légèreté, transparence, délicatesse...

 

Le compositeur utilise aussi des chants d'oiseaux enregistrés, puis la guitare vient évoquer ces chants : légèreté, gaieté, bonheur au programme... le musicien nous fait vraiment entendre avec son instrument les voix des oiseaux...

 

Deuxième jour : un séjour dans un château du 19ème siècle... On écoute des bruits de portes qui craquent, et la mélodie de la guitare se fait plus sombre, avec des sonorités plus graves.

"Rassurez-vous, je suis normal dans la vie de tous les jours...", nous déclare avec humour le musicien.

 

Troisième jour : l'orage...

Le guitariste nous fait entendre le tonnerre : puis, c'est sa guitare qui gronde...

 

Quatrième jour : une promenade sur une allée de graviers... On entend les sons réels puis la guitare vient suggérer une marche lente, mesurée, douce...

 

Cinquième jour : qu'est ce qui peut bien arriver ? Le silence ! On apprécie, alors, une mélodie apaisante, au cours de laquelle le musicien berce sa guitare...

 

"Mais, la nuit, c'est quelque chose de particulier, je compose la nuit..", nous confie Giorgio Cacchi.

"Un soir d'insomnie, quand on ne dort pas, des objets prennent des proportions particulières..." Le musicien exhibe alors une énorme montre rouge, dont on entend le TIC TAC bruyant, avec un son amplifié.

"Quand on ne dort pas, cela devient insupportable...", et c'est le sujet du morceau suivant intitulé Insomnia.

Avec le TIC TAC de la montre, le guitariste nous joue un air obsédant, amplifié, qui résonne de plus en plus fort, jusqu'au vrombissement...

 

Puis, le musicien évoque un de ses professeurs qui lui a fait aimer la musique : il a alors composé un morceau pour le remercier : une jolie mélodie intitulée Carrousel dans laquelle on perçoit toute la reconnaissance et la gratitude de l'auteur...

"Je lui envoie la partition pour qu'il la corrige, et il me répond avec un autre morceau La ronde", le musicien nous joue, alors, une mélodie virevoltante, pleine de virtuosité et d'élégance...

 

Soudain, on passe à une autre évocation : "Il y a 50 ans, le premier homme sur la lune... aujourd'hui, on peut trouver cela un peu ringard, on ne sait pas si c'est bien vrai, toute cette histoire."

"Mais, il y a quelque chose de mystérieux dans l'espace..."

Et c'est là la partie la plus étonnante de ce concert.

Car le musicien nous fait revivre l'événement : grâce à une guitare électrique avec archet électronique, on entend comme une sonorité de sirène, on écoute aussi l'enregistrement de conversations entre les cosmonautes Aldrin, Armstrong et la NASA.

Puis, c'est le compte à rebours :  ten, nine, eight, seven...

On est vraiment dans l'ambiance. Et c'est alors que le musicien se met au piano pour jouer une mélodie sombre, ténébreuse comme l'espace : on ressent alors toute la beauté et le mystère de l'univers.

Le compositeur revient à sa guitare qu'il frappe de la main, et sur laquelle il interprète un air envoûtant...

 

On passe ensuite à une toute autre ambiance : "Je ne suis jamais allé à Cuba, mais en écoutant des musiques cubaines, j'ai composé ce morceau..."

On est alors saisi par le rythme enjoué de la mélodie : un rythme de bossa nova qui donne envie de danser...

 

On est encore étonné par un dernier morceau... "Quand je suis arrivé dans cette région, j'ai été surpris par le vent, sa violence..." Et le musicien nous joue la musique du vent, d'abord assez douce puis tonitruante, en frappant sa guitare.

 

 Avec sa bonhomie, son accent italien chantant, et avec son  talent de musicien,  Giorgio Cacchi a suscité la curiosité et emporté l’adhésion des nombreux spectateurs venus écouter son récital.

Ce spectacle s'est déroulé au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes...

 

 

 

 

 

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 09:40
Elle aime bien attirer l'attention sur elle...

 

 

 

Elle aime attirer l'attention sur elle, par des déclarations intempestives... et encore une fois, elle a réussi cet exploit de provoquer un tollé de protestations, alors qu'elle représentait la France à Cuba, pour les obsèques de Fidel Castro...

 

On aura reconnu Ségolène Royal, ministre de l'écologie qui n'en est pas à son coup d'essai dans ce domaine....

 

La ministre a vanté, à cette occasion, "la liberté religieuse et la liberté de conscience" offertes au pays, grâce à Fidel Castro, et elle s'est livrée à un éloge sans nuances du dictateur, passant sous silence les exactions, les arrestations, les purges commises par le dirigeant cubain.

 

Elle a ainsi soulevé l'indignation de nombreux hommes politiques et notamment celle de François Bayrou.

 "S'il y a un sujet sur lequel la France et le gouvernement français ne devraient pas absoudre Fidel Castro, c'est sur les droits de l'homme" a déclaré le président du Modem, qui dénonce des propos pires qu'une "faute politique".

Jack Lang, en ironisant, a émis, pour sa part, cette hypothèse : "Avait-elle bu trop de rhum cubain ?"

 

Ségolène Royal est allée jusqu'à nier l'existence de prisonniers et d'opposants politiques au régime de Cuba.

Or, "il existe encore des prisonniers d'opinion à Cuba", a affirmé Geneviève Garrigos, porte-parole d’Amnesty International et spécialiste de Cuba...

 

Il est vrai qu'à l'occasion d'un décès, on a tendance à faire un éloge appuyé de celui ou de celle qui est parti(e.)

Mais, en l'occurrence, cette glorification d'un tyran paraît pour le moins déplacée : on ne peut passer sous silence les victimes d'un régime politique qui n'admet pas les oppositions.

 

On ne peut glorifier un régime dictatorial, sans exprimer des réserves.

On ne peut sanctifier un dictateur.

 

En fait, Ségolène Royal manifeste, souvent, un besoin de paraître, à travers certaines déclarations qui ne sont ni mesurées ni nuancées.

Oui, Ségolène Royal a réussi, une fois de plus, à attirer l'attention sur elle...

 

Dans notre pays qui est à l'origine de la déclaration des droits de l'homme, les propos de Ségolène Royal provoquent une polémique, et on peut le comprendre.

 

Dans sa volonté de faire l'éloge d'un régime de gauche, Ségolène Royal passe sous silence les dérives totalitaires du castrisme : n'est-ce pas un grave déni de la réalité ?

 

Aux dernières nouvelles, une seule personnalité a approuvé haut et fort les propos de la ministre de l'environnement, on ne s'en étonnera pas : il s'agit de Jean Luc Mélenchon qui a apporté un soutien inconditionnel à Mme Royal...

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle aime bien attirer l'attention sur elle...
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