ROSEMAR
La contagion se propage vite, il suffit parfois d''un simple contact et la maladie se répand : les noms "contagion, contact" appartiennent à la même famille de mots venus d'un verbe latin : "tangere" toucher...
De nombreux mots viennent aussi à l'esprit : tact, tactile, tangible, intact, intègre...
Certains de ces termes peuvent avoir un sens figuré : l'adjectif "intègre" avec son préfixe négatif signifie, d'abord, "non touché, non entamé", puis "honnête". Le nom commun "tact" désigne le sens du toucher, puis un sentiment délicat de la mesure, de la nuance, des convenances...
Avec tous ces mots, on est dans le domaine de la sensation : le sens du toucher est mis en jeu, sens si important qu'on oublie de développer, à l'heure de la tablette dite "tactile".
Est-elle vraiment tactile d'ailleurs ? Les doigts glissent sur une surface impersonnelle, vide, glacée, sans relief, sans aspérités... une surface banale, morne qui laisse indifférent...
Les doigts ne touchent, ne sentent plus rien. Les doigts s'agitent mais ne découvrent plus, ils ne font qu'un geste mécanique qui fait songer à celui d'un robot.
Le sens du toucher se perd, se délite dans un monde d'écrans, de tablettes, de portables.
On oublie de se délecter des plaisirs les plus simples : toucher la terre, un meuble, les veines du bois, les enroulements d'un coquillage, les pétales d'une fleur, un tissu velouté ou soyeux.
On oublie le contact avec l'autre, le contact direct, on communique par écrans interposés, on se leurre de faux échanges.
Toutes les touches d'un ordinateur se ressemblent alors que la nature est si diverse dans ses formes, dans ses reliefs.
La contagion est telle que les gens passent de plus en plus de temps devant des écrans en tous genres.
Retrouvons le tact, le toucher et ses plaisirs si variés ! Retrouvons le bonheur de sentir entre nos doigts la glaise, les plantes, le cuir, la laine, la fourrure d'un animal.
Retrouvons le plaisir de tourner les pages d'un livre, d'en percevoir la texture fine, subtile, ténue ou plus compacte !
Retrouvons le bonheur des sens !
Tronc noueux, torsion de branches aux teintes de gris, marbrures de lézardes... le vieux pin, aux ombrages somptueux, épanche ses touffes d'aiguilles vernissées, sous le soleil rayonnant du midi.
Le pin, aux branches écarquillées, s'épanouit de nuées sombres de pignes aux écailles entrouvertes... les entrelacs de branches s'affinent sur les bords, deviennent brindilles, plumetis légers, aériens, finesses de rameau...
Les plumeaux d'aiguilles resplendissent sous le ciel... des serpents de branches s'entremêlent, se croisent, se confondent, se perdent, labyrinthe somptueux qui forme des réseaux de verts, sombres, tendres ou lumineux.
La masse touffue des aiguilles, masse épaisse et lourde couvre le ciel, l'illumine de ses ombres chinoises.
Arbre sacré aux bras innnombrables, aux replis secrets, aux hérissements d'aiguilles...
L'arbre majestueux domine le paysage, de son tronc épais, massif, solide qui semble éternel.
L'arbre étale sa puissance, sa force, il fait rayonner des senteurs d'ambre, aux résines prégnantes, aux couleurs anisées.
Le pin du midi aux ramures éblouissantes, aux branches d'écorces rugueuses révèle sa beauté, son éclat, ses nuances infinies de verts...
Le pin affirme sa grandeur, son pouvoir face aux morsures du vent, aux tempêtes.
La ramure de verts se répand, se multiplie à l'infini, couvre l'horizon, la ramure irisée capture l'espace, de ses couleurs, de ses éclats, de ses parfums, de ses ondulations de branches.
Moutonnements, ondoiements de verts, le pin escalade le ciel et s'en empare...
Photos : rosemar
La mode printanière nous incite à la fête, à des couleurs pastels, d'un rose tendre, ou d'un blanc de lys, à des dentelles délicates et raffinées, des tenues éblouissantes...
Du blanc, du jaune, du rose, du vert très doux, des bustiers ornés de dentelles, des manches à revers de teintes claires, des fleurs, des pois, des rayures, toutes sortes de motifs aux couleurs éclatantes.
Des tissus à pois, des jupes paréos, des shorts, des leggings... on a envie de se vêtir de toutes ces nouveautés quand la fin de l'hiver arrive !
Des sacs qui paraissent légèrement poudrés de rose, des besaces d'une blancheur d'écumes, des ballerines souples, légères...
On rêve de quitter les bottes, les carcans de l'hiver, les manteaux, les anoraks, les collants pour adopter ces tenues légères qui annoncent l'été !
Les ballerines, aussi, s'ornent de dentelles, de motifs de fleurs, on rêve de sandales, de chaussures confortables et légères.
Transparences, douceur, légèreté, la mode est aérienne, le blanc resplendit, étonne, le doré décore les robes, les pulls, le noir fait une silhouette de mannequin...
La tendance poudrée de rose, de beige donne un air juvénile, les teintes sont d'une douceur inouie.
Des baskets argentés ou dorés mêlent le chic et le décontracté, étonnant contraste !
Des chemisiers noués à la taille, des caracots soyeux aux motifs délicats, des noeuds sur les côtés signent des tenues estivales.
Des pantacourts, des robes souples, avec des découpes dans le dos, des tissus souples et confortables..
Les sacs boules donnent une allure à la fois sportive et chic, les sacs en bandoulière, en daim peuvent accompager toutes ces tenues.
La mode printanière est si fraîche, si diversifiée, si discrète ! Elle me plaît et je vais l'adopter !
La mode printanière est arrivée, elle nous promet des jours meilleurs, des soleils renouvelés, des aubes pleines de douceur...
https://www.youtube.com/watch?v=Ux_...


Ce poème de Rutebeuf date du 13ème siècle et pourtant, comme il nous semble familier et proche ! Un poème qui évoque plusieurs thèmes éternels : les malheurs d'un poète, sa solitude, la fragilité de l'amitié, la pauvreté, la misère de l'artiste, de l'homme de plume...
Poésie personnelle, lyrique, ce texte adapté par Léo Ferré nous touche, nous émeut dans sa simplicité : le poème s'ouvre sur une question qui traduit un désarroi : "Que sont mes amis devenus Que j'avais de si près tenus Et tant aimés ?"
L'emploi de la première personne, tout au long du texte, signe bien une oeuvre lyrique où le poète se confie, évoque ses sentiments.
Le vent d'hiver devient le symbole de l'infortune du poète : il a dispersé tous les amis si chers à Rutebeuf, ces amis étant assimilés à des feuilles mortes emportées par le vent...
C'est, du moins, la raison pudiquement invoquée par le poète : "je crois que vent les a ôtés."
Le vent, associé au temps qui passe, a fait son oeuvre : le verbe "défeuiller" souligne le dépouillement, avec son préfixe négatif.
Mais un autre motif a pu faire fuir les amis : la pauvreté qui est devenue un véritable ennemi pour Rutebeuf, elle est personnifiée et présentée comme une puissance qui "fait la guerre" au poète.
L'hiver aggrave toute la misère et les difficultés auxquelles est confronté l'écrivain...
Pourtant, Rutebeuf, plein de pudeur, refuse d'évoquer toutes les péripéties de ses malheurs et de ses mésaventures.
Les adverbes d'intensité "si", tant" soulignent la force de ces amitiés d'autrefois : elles semblaient si solides.
Et toutes sortes d'épreuves viennent s'accumuler : la pauvreté, mais aussi la vieillesse qui n'est pas directement évoquée, mais suggérée par les expressions "pauvre sens et pauvre mémoire", Rutebeuf associant, ainsi, sa misère matérielle à sa misère physique et morale.
Le refrain, sous forme de question, revient pour souligner la disparition des amis, comme emportés par le vent... comme s'ils avaient été "trop clairsemés", les voilà dispersés par les souffles furieux du vent.
Une expression qui introduit une nouvelle personnification "l'amour est morte" vient ponctuer le texte, soulignant la tristesse.
On perçoit un être accablé, mais aussi une grande pudeur dans l'expression même si le langage est parfois cru, populaire et direct pour évoquer la violence des éléments : "Et droit au cul quand bise vente Le vent me vient, le vent m'évente..."
Le traître, c'est, selon l'étymologie même du mot, celui qui livre, celui qui donne, qui abandonne, celui qui dénonce. C'est bien ce qu'a fait Patrick Buisson, l'éminence grise de Nicolas Sarkozy, son ancien conseiller : il avoue avoir utilisé un dictaphone pour enregistrer des conversations à l'Elysée... Le problème est que ceux qu'il a enregistrés n'étaient, apparemment, même pas informés de ces enregistrements !
Patrick Buisson a même laissé traîner, imprudemment, certaines cassettes qui lui ont été dérobés ! Ces enregistrements seraient anodins selon son avocat !
Anodins ? Pas vraiment ! On y perçoit la personnalité double et trouble de l'ancien mentor de Nicolas Sarkozy : on peut entendre des commentaires peu amènes sur l'ex-président... Patrick Buisson en vient à douter de sa densité politique et ce, après l'avoir encensé en sa présence. Il critique, aussi, son épouse, Carla Sarkozy.
Le Canard enchaîné a publié, ce mercredi 5 mars, ce qu'il présente comme le verbatim d'un après-midi à l'Elysée, capté à l'aide d'un dictaphone.
La méthode Buisson se révèle assez indigne ! Ce personnage apparaît comme un redoutable Tartuffe, encensant son seigneur et maître en sa présence et le dénigrant, dès qu'il a le dos tourné.
On reconnaît bien, là, les méthodes de l'extrême droite, le parti dont est issu Patrick Buisson.
On peut, désormais, affirmer que la confiance de Nicolas Sarkozy a été trahie, trahie à un double titre, d'abord parce qu'il ignorait l'existence de ces enregistrements, ensuite, parce que Patrick Buisson n'hésitait pas à critiquer sévèrement l'ancien président et son épouse, à leur insu.
Dans un premier temps, Patrick Buisson avait nié l'existence de ces cassettes, mais devant l'évidence, le voilà contraint à avouer les faits.
Mensonges, trahison, duplicité, voilà le portrait de celui qui fut le conseiller de Nicolas Sarkozy, un personnage trouble et inquiétant.
Voilà un homme qui livre, à son insu, par imprudence, des conversations qui devaient rester privées, voilà un homme qui n'a pas hésité à jouer un double jeu, trompant celui qu'il prétendait servir !
Les enregistrements n'ont pas fini de révéler le personnage : lors de certains échanges, Patrick Buisson n'hésite pas à se moquer des anciens ministres Roselyne Bachelot, Michèle Alliot-Marie ou Xavier Darcos, qu'il juge " archinuls. "
Nicolas Sarkozy a manifesté sa fureur devant tout ce déballage : il se dit "accablé et consterné" par ces pratiques : nul doute que d'autres révélations suivront et que l'UMP va devoir faire face à une nouvelle crise.
Ces enregistrements donnent une image pitoyable et révoltante de la vie politique !
Une question se pose aussi : comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu se laisser abuser, tromper par un personnage aux contours si troubles, au passé sulfureux ? Dans toute cette histoire, l'ancien président se révèle être une dupe...
Cette affaire sordide vient, encore, éclabousser l'ancien président et ternir son image...