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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 11:29
Les grecs entre le rocher de Sisyphe et le tonneau des Danaïdes...

 



En ces temps d'incertitude pour l'Europe, les mythes grecs inspirent les journalistes et les éditorialistes : certains évoquent, comme l'avait fait l'ex-ministre grec de l'économie Yanis Varoufakis, le mythe de Sisyphe, d'autres celui des Danaïdes...


Le rocher de Sisyphe, c'est cette dette sans cesse renouvelée qui accable les grecs, le tonneau des Danaïdes, c'est l'allègement de cette même dette, consenti aux grecs...

Ceux qui veulent accuser les grecs parlent de toutes les dépenses engagées pour aider les grecs, un véritable tonneau des Danaïdes et ceux qui les soutiennent évoquent le rocher de la dette et le mythe de Sisyphe...

Où est la vérité ?

Face aux mesures d'austérité qui ont été prises en Grèce, face à l'échec de ces mesures, on peut constater que les grecs se trouvent bien accablés par un rocher qui ne cesse de les affaiblir.


La Grèce devenue le tonneau des Danaïdes de l'Europe ? La Grèce, un puits sans fond qui écrase les autres peuples ?


Un reportage diffusé, lors du journal de 20 heures, sur France 2 montrait un petit pays, la Slovaquie : ses habitants se plaignaient de devoir payer indéfiniment pour les grecs, faisant des comparaisons de salaires, de retraites...

Pour eux, la Grèce symbolise un tonneau des Danaïdes inadmissible, d'autant qu'ils souffrent, eux-mêmes, de l'austérité et qu'ils essaient de redresser l'économie de leur pays.

L'Europe semble générer, ainsi, des oppositions, des hostilités entre les peuples, certains en viennent à jalouser et à accuser les grecs...

Mais la crise, en Grèce, a frappé durement, aussi, toute la population, les plus âgés, les jeunes : les grecs subissent le chômage, la précarité, ils ont été accablés, ces dernières années, par une économie de guerre.

Le peuple grec est-il coupable ? Il ne fait que survivre dans des conditions difficiles.

Les responsables, ce sont les dirigeants grecs qui ont menti, lors de l'entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, ce sont les technocrates à courte vue de l'eurogroupe qui pratiquent obstinément une politique d'austérité qui ne fonctionne pas.

Les coupables, ce sont les hommes politiques corrompus qui nous gouvernent : il suffit de regarder du côté de l'Espagne pour en être persuadé, le gouvernement espagnol croule sous les scandales financiers.

Les coupables, ce sont les financiers qui spéculent sur la dette, qui l'entretiennent pour s'enrichir toujours plus.

Quand on emprunte de l'argent à 1%, pour le prêter aux grecs, avec des intérêts à 5 ou 6%, parfois plus, on voit bien que le système de la dette est indigne : c'est une spéculation permanente qui n'a d'autre résultat que d'anéantir les peuples les plus faibles...

Les coupables, ce sont tous ceux qui pratiquent l'évasion fiscale, qui échappent à l'impôt, alors qu'ils sont les plus fortunés.

Que va devenir la Grèce ? Les grecs ont su faire preuve de courage et nous ont donné une leçon de démocratie, en organisant un référendum qui a permis au peuple de décider.

Mais, il semble que le gouvernement d'Alexis Tsipras a décidé de se soumettre encore aux diktats européens...

Les dernières propositions montrent que ce gouvernement cède encore à la pression des créanciers : Alexis Tsipras vient d'accepter la majeure partie des mesures imposées par  l'eurogroupe.

Dès lors, on peut se poser bien des questions sur l'avenir de la Grèce et sur le fonctionnement de l'Europe.

A quoi a servi le référendum, si le gouvernement Tsipras adopte la plupart des mesures d'austérité de l'eurogroupe ?

Il semble qu'on retourne à la case-départ : la démission du ministre des finances, Yanis Varoufakis semblait être, déjà, une démission face à l'Europe des banquiers et de la finance...

La déception est au rendez-vous pour les grecs et pour l'Europe.

Oui, la déception est réelle : on a l'impression que l'Europe tourne à vide et que l'on revient à une sorte de statu-quo : la Grèce et les autres pays voués à des plans d'austérité qui n'en finiront jamais...





Les idées reçues sur la Grèce :
 

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/07/08/des-grecs-depensiers-inconstants-et-malhonnetes-le-tour-des-idees-recues_4675766_4355770.html

 

Le mythe des Danaïdes :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dana%C3%AFdes

 

Les grecs entre le rocher de Sisyphe et le tonneau des Danaïdes...
Les grecs entre le rocher de Sisyphe et le tonneau des Danaïdes...
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 15:41
Des problèmes de correction pour le baccalauréat...

 

 

 



Des problèmes sont intervenus en Ile-de-France, lors de la correction des épreuves du baccalauréat : certains professeurs ont reçu des copies à corriger, au dernier moment, en urgence et ont disposé d'une seule journée pour accomplir cette tâche.


Il ne faut pas s'en étonner : cette année, le calendrier de correction a été encore modifié : par exemple, les professeurs de lettres ont dû faire passer les épreuves orales de français sur une semaine complète, alors que, les années précédentes, elles se déroulaient sur deux moitiés de semaines, avec une pause pour le week-end.

Ces épreuves orales sont épuisantes pour les enseignants qui sont, le plus souvent, convoqués dans des établissements éloignés de leur lieu de résidence et passent des journées entières dans des salles de classe, sans climatisation...

En fin d'année, nombre de professeurs sont épuisés et la correction des épreuves du baccalauréat constitue une charge de travail très pesante, à l'écrit, comme à l'oral.

Certains professeurs se voient remettre une centaine de copies à corriger, or les copies du baccalauréat sont très lourdes :  chaque copie exige, environ, une demi-heure de temps de correction.

Les oraux eux-mêmes sont mal organisés, et les professeurs sont, parfois, mal reçus dans les établissements où ils sont envoyés.

J'ai, à plusieurs reprises, fait passer des oraux au quatrième étage d'un lycée, sous les toits, dans une ambiance de chaleur intenable, à la fin du mois de juin et au début du mois de juillet...

De plus en plus de professeurs sont si fatigués que face à telles conditions, ils n'ont qu'une seule solution : obtenir un arrêt maladie.

Le baccalauréat devient, ainsi, un véritable parcours du combattant, une machine trop lourde...

Il faut, sans doute, alléger les épreuves et prévoir de meilleures conditions d'accueil pour les professeurs.

Il paraîtrait normal que des boissons rafraîchissantes leur soient distribuées, au cours de ces journées d'oral qui sont interminables.

En cas de défection d'un enseignant, un autre professeur doit prendre le relai et, parfois, dans des conditions difficiles : réduction du temps de correction, stress, fatigue.

Le baccalauréat devient une machine infernale par son mode d'organisation qui ne facilite pas la tâche des enseignants.

On nous même demande, parfois, d'aller récupérer des copies dans un établissement éloigné de notre lieu de résidence, il faut, ensuite, les ramener une fois la correction effectuée... Des dépenses d'energie et d'argent qui pourraient être évitées...

Il serait plus judicieux de centraliser la réception des copies, de prévoir des allègements : par exemple, les professeurs de lettres sont convoqués une journée pour préparer les oraux, cette journée est totalement inutile car les enseignants pourraient consulter les programmes et les listes de textes étudiés par les élèves, sur internet.

L'administration éloignée du terrain ne perçoit plus les difficultés que peuvent rencontrer les enseignants : rien n'est fait pour leur faciliter la tâche, bien au contraire...

 



 
Sources :

 

 

http://www.lepoint.fr/societe/en-ile-de-france-la-correction-du-bac-s-est-tres-mal-passee-07-07-2015-1943132_23.php#xtor=CS3-192


http://www.bfmtv.com/societe/bac-la-correction-des-copies-s-est-tres-mal-passee-en-ile-de-france-900443.html
 


 



 

Des problèmes de correction pour le baccalauréat...
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 14:56
Les pigeons du Vieux Port...

 

 


Une photo d'autrefois, sur le Vieux Port de Marseille....

C'est le mois de Mai : en tenues légères, nous posons devant l'objectif, ma soeur, mon frère et moi....

Sur le fond, on perçoit les immeubles du port, avec leurs balcons de fer forgé, on voit quelques voitures garées : une 2 CV,  une dauphine... Toute une époque !

Tout autour de nous, la vie s'agite, des gens s'affairent et discutent, des inconnus qui passent.

Et nous sommes en arrêt, immobiles devant quelques pigeons, occupés à picorer, à nos pieds !

Tout un spectacle, ces pigeons pour les enfants que nous sommes ! 

Ils sont là, à portée de mains et nous offrent leurs plumages soyeux et bariolés.

Sourires aux lèvres, émerveillés de soleil, nous savourons cette scène...

Seul, mon frère a sa mine plus sérieuse de matamore : un peu à l'écart, il affiche un air impérieux et sûr de lui... Ma soeur d'une douzaine d'années, dans un geste protecteur, entoure mon visage de ses mains.

Sur le côté, la main droite dans la poche de son short, bien campé sur ses deux jambes, mon frère impose son minois de 5 ans, avec assurance... Pour ma part, éblouie de soleil, les yeux plissés, je souris légèrement, du haut de mes 3 ans.

La fratrie est réunie, pour une promenade sur le Vieux Port de Marseille : la mer toute proche nous enivre de bonheur, on sent des embruns marins, un air de liberté...

Devant nous, une dizaine de pigeons impassibles nous montrent leurs formes arrondies d'oiseaux familiers.

Le soleil rayonne, car on voit les ombres portées sur le bitume, le soleil enlumine les pigeons, fait ressortir leurs teintes contrastées de gris, de blancs, de noirs, leur plumage qui resplendit.

Des vagues se dessinent sur leurs plumages ombrés, des motifs ourlés, des embruns, des arrondis de brumes...

Les ombres portées redoublent les silhouettes des pigeons, et permettent de voir comme des éclats sur leurs plumages.

Nous-mêmes, nous sommes comme étourdis de soleil, les yeux émerveillés, étonnés de tout ce spectacle de la nature.

Les pigeons, le soleil, la mer toute proche, les bateaux du port, nos yeux n'en reviennent pas de tant de nouveautés et de bonheurs !

La photo en noir et blanc met en évidence un bonheur simple, ordinaire, des sourires esquissés, qui traduisent une sorte d'intériorité, de retenue.

Belle photo d'enfance ! Un joli moment qui révèle des caractères, des joies sereines...

Au dos de la photo, ma mère a écrit, de sa main appliquée, la date, le mois de Mai et le but de la promenade : "en allant à la Vierge de la Garde", un pélerinage que font souvent les Marseillais, maintenant encore.


 


 

Les pigeons du Vieux Port...
Les pigeons du Vieux Port...
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 15:05
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...

 

 

 

Venu directement du grec, "sandalon", le mot "sandale" est très proche de son ancêtre hellénique...


Voilà un mot qui a traversé les siècles, resté proche du nom originel : on trouve ce terme dans les hymnes homériques, notamment dans l'hymne à Hermès : il désigne, dans ce texte, des sandales de bois fixées par des courroies.

Hermès, messager des dieux dans la mythologie grecque, possède des sandales ailées qui lui permettent de franchir les mers et les terres avec rapidité... Dans l'Odyssée, on le voit "nouer sous ses pieds ses divines sandales brodées de bel or".

Le terme utilisé par Homère est un autre mot "pédilon"qui désigne une semelle attachée sous le pied...

Le nom "sandalon" est employé, lui, dans les hymnes homériques, oeuvres moins connues.

Les Hymnes homériques sont, en fait, constitués d'une collection de trente-quatre courts poèmes épiques. 

 

Chacun des hymnes dédié à un dieu était destiné à être chanté par un aède en guise de prélude, avant de passer à une œuvre plus longue. Les Hymnes homériques varient par leur sujet, leur longueur, leur époque de rédaction, ils ont été écrits entre le VIIe s. av. J.-C. et le IVe siècle de notre ère : un ensemble hétérogène, disparate, une compilation de poèmes variés.
L'épithète "homérique", qui leur est attribuée, n'est due qu'à leur mètre commun, l'hexamètre dactylique, qui est le vers par excellence de l'épopée.


En grec ancien, le mot "sandalon" est de genre neutre, comme de nombreux noms d'objets. Le français a perdu ce genre ancien, mais en conserve quelques résidus dans des mots comme : "cela, ça, ce, l'utile, l'agréable..."

Le mot devenu féminin, en français, traduit une délicatesse, une élégance, un raffinement.


Le nom "sandale" nous séduit par ses sonorités de sifflante "s", de dentale éclatante "d", par sa voyelle nasalisée "an" qui restitue et suggère une forme de légèreté...

La sandale dénudée laisse voir le pied, lui donne une sorte de liberté.

Les sandales se portent en été, elles offrent une respiration, un bonheur de pouvoir marcher dans des chaussures aérées, légères.

On oublie, alors, les carcans des chaussures fermées, on se libère des contraintes de l'hiver, on retrouve un confort oublié, une respiration nouvelle.

Les sandales prennent des formes diverses : élégantes, confortables, elles nous apportent  des possibilités infinies.

Souples, légères, colorées, les sandales sont un des bonheurs de l'été, une libération !

Spartiates, tongs, mules, nu-pieds, elles se déclinent en plusieurs modèles.

Les tongs connaissent, ainsi, un succès considérable, dans la mesure où le pied est complètement dénudé.

Les spartiates sont nommées ainsi, en raison de leur simplicité, car la ville grecque de Sparte était réputée pour ses moeurs austères.

Voilà un mot connu des grecs, "la sandale", qui désigne une réalité encore moderne : j'aime ce mot venu d'ailleurs, d'une autre époque, mais si actuel !

Ce mot nous parle du passé, du présent, il évoque la langue grecque à laquelle on doit tant de mots de notre vocabulaire !

Il nous ramène vers un passé mythique, rempli de dieux et de déesses, il nous fait remonter aux sources de notre langue, à nos origines...

Les grecs de l'époque homérique portaient déjà des sandales : ils nous ont légué le mot et cet objet pratique, aéré, qui nous donnerait presque des ailes !




 

 

 

Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 16:28
Le Grec, ce pelé, ce galeux...

 

 

 

Les clichés ont la vie dure : les grecs présentés comme des paresseux, des voleurs, des menteurs, des tricheurs... Qui peut le croire ?

Comment le peuple grec peut-il être, ainsi, vilipendé ? Accepteriez-vous de telles calomnies, si vous en étiez la cible ?

Après cinq années d'austérité, les grecs ont voté pour un nouveau parti, Syriza,  afin de  sortir de cette impasse qui les mène vers le désespoir, ils ont choisi une autre route.

L'Europe les a acculés vers un gouffre, un abîme de misères et de désarrois : ils ne sont pas les seuls à être accablés par ces diktats implacables d'un eurogroupe intransigeant : les espagnols subissent, de plein fouet, la crise et se tournent, eux aussi, vers d'autres voies : Podémos représente, pour eux, un espoir d'échapper à des mesures d'austérité qui les ont accablés, d'autant que le gouvernement de Mariano Rajoy baigne dans un océan de corruptions...

Les Grecs, plus que d'autres, ont souffert de cures d'austérité implacables : ce petit pays, de tradition agricole, se voit maintenant la cible de toutes les critiques.

Coupables de tous les maux, jugés responsables d'une dette impossible à acquitter, montrés du doigt, les grecs sur la sellette n'ont fait qu'essayer de sortir d'une impasse...

 

L'impasse, c'est l'Europe, telle qu'elle a été conçue : une Europe de la dette qui enrichit les banquiers et appauvrit le peuple.

Qui peut vouloir de cette Europe ?

Le grec, ce pelé, ce galeux, ce misérable doit être sacrifié sur l'autel de la dette : "Haro sur le baudet !", comme l'écrivait La Fontaine, dans sa célèbre fable, Les animaux malades de la peste.

La commission européenne souveraine a décidé que les Grecs étaient coupables et devaient être punis, comme l'âne de la fable...

Encore plus d'austérité et de misères ! Encore plus de détresses !

Peu importe, si le peuple souffre : n'est-il pas fait pour souffrir depuis la nuit des temps ?
Peu importe, si les injustices triomphent, il faut que les plus riches prospèrent et que les plus pauvres se soumettent...

Encore et toujours, la loi du plus fort ! Décidément le monde n'évolue guère...

"La raison du plus fort est toujours la meilleure", écrivait, aussi, La Fontaine...

Est-il possible de se rebeller contre cet ordre établi ? Est-il possible de lutter contre la commission européenne, de contester ses décisions ?

Est-il possible de consulter le peuple par un référendum ? Sacrilège !

Crime de lèse-majesté ! Les peuples sont là pour obéir et cette règle semble intangible !

L'Europe a sacrifié ses peuples, mais elle n'est pas coupable, elle a anéanti des vies, provoqué des suicides, des exils, mais elle n'est pas coupable...

Le Grec, lui, a tenté de survivre dans des conditions difficiles : coupes budgétaires, baisse des salaires, des pensions, restrictions.

Qu'il soit maudit, lui qui n'accepte pas l'austérité de la dette !


Qu'il soit maudit, ce pelé, ce galeux, ce misérable !



 

 

La fable de La Fontaine : Les animaux malades de la peste

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_animaux_malades_de_la_peste.html

 

 

 

Le Grec, ce pelé, ce galeux...
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 15:50
Candeurs de cygne...

 

 

Deux cygnes, diaprés de lumières, glissent sur l'onde, sillonnent les replis obscurs, de leur majesté sereine et  impérieuse...


Des rondeurs et des douceurs de plumes s'ébrouent dans l'eau... le cygne blanc sur les flots sombres et vineux, resplendit de candeurs.

Le soleil éclaire la scène, se réflète dans l'eau, il redouble, de ses éclats, la candeur de l'oiseau : double soleil sur les ondes, double splendeur !

L'eau, aux algues profondes, se plisse, et ondoie, sous les mouvements somptueux de l'oiseau.

L'eau frémit sous le vent, se froisse, aussi, sous les emportements de l'air...

L'eau se nuance de teintes de verts, de bruns, de bleu, de rose doré...

Les moires infinies de l'eau reflètent la candeur de l'oiseau, miroir de l'onde qui dessine à nouveau l'animal, sous les flots...

Double candeur, encore !

Deux oisillons se pressent autour des grands cygnes, promesses de l'aube, annonces de renouveau et de beautés, encore...

Deux oisillons suivent les cygnes, promesses de grâce et de splendeurs...


 


 

Photos : rosemar

Candeurs de cygne...
Candeurs de cygne...
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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:07
Tant je t'aime que j'en tremble...

 

 



Comment ne pas être sensible à la simplicité d'une chanson d'amour ? Ce texte d'Aragon mis en musique par Jean Ferrat nous est si familier, il évoque l'évidence et la limpidité d'un amour sans fin...

La chanson s'ouvre sur l'évocation de la succession des jours et du temps, avec une énumération "dimanche ou lundi, soir ou matin, minuit, midi", les jours, les heures s'écoulent, des moments de bonheurs, d'harmonie, mais aussi de douleurs et de souffrance, comme le suggère l'antithèse : "Dans l'enfer ou le paradis..."

L'expression au pluriel "les amours aux amours ressemblent" donne une valeur universelle à ce poème, et le mot "amours" réitéré prend ici un relief particulier, gâce à l'inversion.

L'alternance, présent, imparfait, futur traduit bien la fuite du temps mais l'amour reste inaltérable, malgré ce déferlement des jours... "c'était hier et c'est demain, nous dormirons..."

La phrase qui sert de titre à la chanson, "Nous dormirons ensemble" traduit dans sa simplicité une certitude, grâce à l'emploi du futur, certitude d'un amour éternel, certitude, aussi, d'un amour partagé puisque le poète fait appel à la première personne du pluriel "nous", qui réunit les deux amoureux.

Les adverbes de temps "hier, demain" soulignent ce caractère intangible des sentiments qui animent le poète et sa compagne.

La jeune femme comparée à un "chemin" devient une sorte de guide unique, comme si l'amour remplissait toute la vie.

On perçoit une confiance absolue dans ce vers : "J'ai mis mon coeur entre tes mains..."

La belle expression "aller l'amble" restitue une harmonie de deux coeurs qui vont à l'unisson et qui ne peuvent se séparer.

L'absolu de cet amour se traduit par les mots très forts : " Tout ce qu'il a de temps humain, Nous dormirons ensemble".

Le ciel assimilé à un "drap" devient le décor qui embellit cet amour : "Le ciel est sur nous comme un drap." Le geste, plein de tendresse, "J'ai refermé mes bras sur toi" montre une volonté de garder et préserver cet amour, de le protéger.

L'amour est si fort qu'il se manifeste par des émotions intenses, qui se traduisent physiquement, comme le montre le verbe "trembler".

L'adverbe d'intensité "tant" souligne la violence des sentiments éprouvés et la volonté de les partager, en accord avec l'être que l'on aime, sans contraintes.

Ce texte empreint de lyrisme et d'émotion, faisant alterner première et deuxième personne, se présente comme une déclaration d'amour et une confidence.

La mélodie emplie de tendresse et d'émotion traduit une sorte d'harmonie immuable... Les sonorités de sifflante et de labiales soulignent cette impression de douceur, de bonheur partagé...

La simplicité des mots, le thème de la fuite du temps, la valeur universelle de ce texte parlent à chacun d'entre nous...
 


 https://youtu.be/Ejvg0hDhYkQ



Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
Louis Aragon



 





Photo : rosemar

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 14:36
Imposer au peuple grec une retraite à 67 ans, une honte !

 

 

La mode est au recul de l'âge de la retraite : elle est passée de 60 ans à 62 ans, en France et bientôt, ce sera probablement 65 puis 67 ans... Il paraît, d'après les statistiques, que les gens vivent plus longtemps, oui, mais dans quel état de santé ?

De plus, si l'on fait travailler les gens jusqu'à cet âge avancé, il n'est pas douteux que leur santé va connaître des pathologies encore plus lourdes...

Autant dire aux salariés : vous êtes condamnés à travailler jusqu'à épuisement des forces, et ainsi, seront résolus les problèmes liés aux retraites...

Le recul de l'âge de la retraite à 67 ans, c'est ce qu'exige l'eurogroupe pour les grecs : dans un pays qui connaît un chômage galopant, est-il raisonnable d'envisager de telles solutions ?

Les dirigeants européens semblent ne plus avoir le sens des réalités : l'austérité passe par des mesures totalement aberrantes qui asphyxient les peuples et les réduisent à néant...

A n'en pas douter, le plan proposé aux grecs va aggraver, à nouveau, la situation de ce pays : aucune croissance, aucun véritable rééquilibrage financier, aucune réduction de la dette.


L'Europe et ses technocrates sont-ils encore crédibles ? Les solutions proposées, jusqu'à présent, n'ont fait qu'amplifier et alourdir les difficultés de la Grèce.

L'intransigeance figée de l'Eurogroupe ressemble de plus en plus à un déni de réalité et à un mépris des peuples.

Qui peut être accusé de vol, de tricherie, et de mensonges ? Sûrement pas le peuple grec, mais assurément tous ces technocrates européens qui se gavent de privilèges et qui acculent les petits salariés à la misère et au désespoir !

Honte à ces dirigeants européens ! On devrait leur imposer à eux, une vraie cure d'austérité : baisse des salaires, recul de l'âge de la retraite, augmentation d'impôts...

Pourquoi les cures d'austérité seraient-elles réservées aux pauvres ?

L'Europe et ses dirigeants dépensent des sommes d'argent colossales pour toutes sortes de réunions, de congrès.

Et dans tous les pays, c'est l'austérité pour les plus pauvres qui est appliquée.

Comment ne pas se révolter contre tant d'injustices et d'incohérences ?

On ne peut que le constater : l'Europe est dirigée par des incapables, sûrs de leurs privilèges, ils n'hésitent pas, dans un renversement des rôles, à accuser les grecs de tous les maux et ne voient même plus leur propre incompétence pleine d'auto-suffisance...

Les grecs ont fait des concessions mutiples, jusqu' à accepter un report progressif de l'âge de la retraite à 67 ans : il vaut mieux, sans doute, qu'ils sortent de l'euro pour éviter le pire, et pour échapper à toutes sortes de mesures qui écrasent les pauvres gens.

Oui, il vaut mieux que les peuples échappent à ce  piège infernal d'une austérité grandissante qui n'aura jamais de fin...



 

Sept économistes se déclarent en faveur de la Grèce :

 

http://www.liberation.fr/monde/2015/06/05/des-economistes-se-declarent-en-faveur-de-la-grece_1323765?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

 

 

Ce n'est pas la Grèce qui est déraisonnable :

http://trends.levif.be/economie/politique-economique/ce-n-est-pas-la-grece-qui-est-deraisonnable-ce-sont-les-creanciers/article-normal-401169.html?utm_source=Newsletter-18/06/2015&utm_medi

 

 

http://www.reporterre.net/spip.php?page=redirect&id_article=2995

 

 

 

 

 

 

 

Imposer au peuple grec une retraite à 67 ans, une honte !
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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 14:55
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...

 

 



« J'ai un pressentiment que nous trouverons dans la vallée de Biban-el-Molouk une tombe inviolée, disait à un jeune Anglais de haute mine un personnage beaucoup plus humble, en essuyant d'un gros mouchoir à carreaux bleus son front chauve où perlaient des gouttes de sueur, comme s'il eût été modelé en argile poreuse et rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette de Thèbes.

- Qu'Osiris vous entende, répondit au docteur allemand le jeune lord : c'est une invocation qu'on peut se permettre en face de l'ancienne Diospolis magna ; mais bien des fois déjà nous avons été déçus ; les chercheurs de trésors nous ont toujours devancés."

Tels sont les premiers mots de l'oeuvre de Théophile Gautier, Le roman de la momie. Un des deux personnages transpire abondamment et son visage qui laisse perler de la sueur est comparé à une "gargoulette".


Le mot "gargoulette" rayonne de sonorités du sud : ce récipient poreux en terre cuite est utilisé pour conserver l'eau fraîche, dans les régions du sud, notamment dans le midi de la France.

Avec ses consonnes gutturales redondantes, "g" et "r", ce mot nous fait entendre un bruit d'eau qui s'écoule.

Le son "ou" prolonge ce bruissement d'eau, la finale de diminutif "-ette" donne un air sympathique à ce vase.

Le bec étroit de la gargoulette permet de diriger le jet directement vers le fond de la gorge, tout en maintenant le bec à distance de la bouche. De là vient l'expression "boire à la gargoulette", synonyme de "boire à la régalade". Il n'est pas facile de boire à la gargoulette et cela demande une technique particulière mais on perçoit dans ces expressions tout un bonheur de s'abreuver et de goûter une eau fraîche.

La gargoulette évoque des images du sud, des paysages incendiés de soleil, une eau apaisante au coeur de l'été, un plaisir de boire à l'ancienne, comme on le faisait autrefois avec des récipients rustiques de terre cuite.

La gargoulette suggère des sources limpides, où l'on puise l'eau pour s'abreuver en été, elle nous fait voir des formes élégantes, une matière naturelle, aux couleurs de terre cuite...

La base pansue s'épanouit, les anses se déroulent voluptueusement autour du vase et l'encerclent de formes pleines de douceurs et d'harmonie.

 

La gargoulette ressemble à un objet d'art, aux teintes vernissées ou mates...

Ce mot fait "gargouiller" l'eau, il nous éblouit par son expressivité, ses sonorités du sud, ses éclats de voyelles.

D'ailleurs, ce mot provient, sans doute, de l’occitan "gargoleta, le cruchon" ou de l'ancien français "garoule, gargouille" et peut-être, plus anciennement, du grec "γαργαρίζειν, gargarízein, se gargariser", il serait apparenté au latin "gula, gosier, gorge".

La "gargoulette" possède bien un "gosier", par lequel s'écoule l'eau.

Objet anthropomorphe, la gargoulette nous séduit par ses formes, son utilisation, sa beauté d'oeuvre d'art.

Ce mot, aux origines lointaines nous fait entendre la langue originelle, le grec, langue du sud aux sonorités familières et étranges, à la fois.

La gargoulette nous fait goûter la langue et l'accent du sud, celui de Pagnol, de Giono qui décrivent la Provence, la racontent, et soulignent la beauté et la rudesse de ses paysages.

La gargoulette nous fait voir la garrigue, des senteurs du sud, du thym qui serpente sur les chemins, qui exalte les collines et enivre les promeneurs.

Elle dessine des ciels bleus, balayés par le mistral, des envolées de nuages qui se dispersent soudain, une source qui bruisse dans la campagne, des parfums de menthe, de romarins...



 

 

 

 

 

Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 15:34
Une dictée facile pour le brevet des collèges...

 

 


L'orthographe n'a plus la cote, ce que démontre, une fois de plus, l'épreuve de la dictée du brevet des collèges : notée seulement sur 6 points pour l'ensemble de l'épreuve de français, cette dictée ne présentait pas de difficultés majeures...

De plus, le texte court et simple ne contenait aucun piège.

Rappelons le principe de l'épreuve : l'extrait est d'abord lu intégralement, puis dicté aux élèves, avec toutes les liaisons et la ponctuation, il est, enfin, relu une dernière fois.


En voici le texte, un extrait de l'oeuvre intitulée Désert de J M G Le Clézio, 

"Il n’y avait rien d’autre sur la terre, rien, ni personne. Ils étaient nés du désert, aucun autre chemin ne pouvait les conduire. Ils ne disaient rien. Ils ne voulaient rien. Le vent passait sur eux, à travers eux, comme s’il n’y avait personne sur les dunes. Ils marchaient depuis la première aube, sans s’arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue. La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. La faim les rongeait. Ils n’auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le le désert, pleins de lumière quand le soleil brûle au centre du ciel vide."

Le mot "gangue", plus difficile, était donné, préalablement, aux élèves et devait être écrit au tableau.

Pour le reste, on peut le constater : ce texte bref ne contient aucun accord complexe : par exemple, aucun accord du participe passé employé  avec l'auxiliaire avoir, quand un cod est placé avant le verbe.
Les accords sont, pour la plupart, évidents. Les mots employés sont d'un usage courant, accessibles à tous.

Le barême appliqué montre, aussi, une forme de mépris pour l'orthographe : 6 points seulement !
Il n'est pas étonnant de voir arriver, en lycée, des élèves qui font d'énormes fautes d'accord ou d'usage : on ne les a pas formés pour qu'ils puissent prêter attention à l'orthographe, si bien que certains écrivent phonétiquement des mots pourtant simples...

Depuis des années, l'exercice de la dictée a été sacrifié et malmené : dictées préparées à l'avance, dictées partielles à trous, leçons d'orthographe méprisées.

Quel dommage ! Certains élèves se retrouvent sur les bancs du lycée, avec des lacunes énormes, qu'ils ont, ensuite, les plus grandes difficultés à combler.

D'ailleurs, on en vient à donner des cours de rattrapage et d'orthographe dans certaines universités, car nombre d'étudiants se retrouvent démunis face à ces manques.

Ne serait-il pas plus judicieux de remettre l'orthographe à l'honneur, dès l'école primaire et le collège, de consolider les connaissances des élèves en grammaire, dès le plus jeune âge ?

Non, l'orthographe n'est pas la science des ânes ! Elle révèle tout le passé de notre langue, elle est une preuve de rigueur, elle clarifie la pensée et la réflexion : un texte mal orthographié est souvent incompréhensible ou difficile à déchiffrer !

Revenons aux fondamentaux que sont l'orthographe et le grammaire, donnons aux élèves des bases solides pour  qu'ils aient la posssibilité de s'exprimer et de réfléchir avec rigueur.

L'exercice de la dictée doit retrouver une place de choix, dans l'enseignement primaire et dans les collèges.... L'orthographe doit être enseignée comme une discipline à part entière.

L'orthographe est esentielle parce qu'elle se rattache à l'étymologie des mots, à leur histoire, à leur sens originel, souvent précieux et oublié...

 

 

 

 

 

 

 

 

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