En ces temps d'incertitude pour l'Europe, les mythes grecs inspirent les journalistes et les éditorialistes : certains évoquent, comme l'avait fait l'ex-ministre grec de l'économie Yanis Varoufakis, le mythe de Sisyphe, d'autres celui des Danaïdes...
Le rocher de Sisyphe, c'est cette dette sans cesse renouvelée qui accable les grecs, le tonneau des Danaïdes, c'est l'allègement de cette même dette, consenti aux grecs...
Ceux qui veulent accuser les grecs parlent de toutes les dépenses engagées pour aider les grecs, un véritable tonneau des Danaïdes et ceux qui les soutiennent évoquent le rocher de la dette et le mythe de Sisyphe...
Où est la vérité ?
Face aux mesures d'austérité qui ont été prises en Grèce, face à l'échec de ces mesures, on peut constater que les grecs se trouvent bien accablés par un rocher qui ne cesse de les affaiblir.
La Grèce devenue le tonneau des Danaïdes de l'Europe ? La Grèce, un puits sans fond qui écrase les autres peuples ?
Un reportage diffusé, lors du journal de 20 heures, sur France 2 montrait un petit pays, la Slovaquie : ses habitants se plaignaient de devoir payer indéfiniment pour les grecs, faisant des comparaisons de salaires, de retraites...
Pour eux, la Grèce symbolise un tonneau des Danaïdes inadmissible, d'autant qu'ils souffrent, eux-mêmes, de l'austérité et qu'ils essaient de redresser l'économie de leur pays.
L'Europe semble générer, ainsi, des oppositions, des hostilités entre les peuples, certains en viennent à jalouser et à accuser les grecs...
Mais la crise, en Grèce, a frappé durement, aussi, toute la population, les plus âgés, les jeunes : les grecs subissent le chômage, la précarité, ils ont été accablés, ces dernières années, par une économie de guerre.
Le peuple grec est-il coupable ? Il ne fait que survivre dans des conditions difficiles.
Les responsables, ce sont les dirigeants grecs qui ont menti, lors de l'entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, ce sont les technocrates à courte vue de l'eurogroupe qui pratiquent obstinément une politique d'austérité qui ne fonctionne pas.
Les coupables, ce sont les hommes politiques corrompus qui nous gouvernent : il suffit de regarder du côté de l'Espagne pour en être persuadé, le gouvernement espagnol croule sous les scandales financiers.
Les coupables, ce sont les financiers qui spéculent sur la dette, qui l'entretiennent pour s'enrichir toujours plus.
Quand on emprunte de l'argent à 1%, pour le prêter aux grecs, avec des intérêts à 5 ou 6%, parfois plus, on voit bien que le système de la dette est indigne : c'est une spéculation permanente qui n'a d'autre résultat que d'anéantir les peuples les plus faibles...
Les coupables, ce sont tous ceux qui pratiquent l'évasion fiscale, qui échappent à l'impôt, alors qu'ils sont les plus fortunés.
Que va devenir la Grèce ? Les grecs ont su faire preuve de courage et nous ont donné une leçon de démocratie, en organisant un référendum qui a permis au peuple de décider.
Mais, il semble que le gouvernement d'Alexis Tsipras a décidé de se soumettre encore aux diktats européens...
Les dernières propositions montrent que ce gouvernement cède encore à la pression des créanciers : Alexis Tsipras vient d'accepter la majeure partie des mesures imposées par l'eurogroupe.
Dès lors, on peut se poser bien des questions sur l'avenir de la Grèce et sur le fonctionnement de l'Europe.
A quoi a servi le référendum, si le gouvernement Tsipras adopte la plupart des mesures d'austérité de l'eurogroupe ?
Il semble qu'on retourne à la case-départ : la démission du ministre des finances, Yanis Varoufakis semblait être, déjà, une démission face à l'Europe des banquiers et de la finance...
La déception est au rendez-vous pour les grecs et pour l'Europe.
Oui, la déception est réelle : on a l'impression que l'Europe tourne à vide et que l'on revient à une sorte de statu-quo : la Grèce et les autres pays voués à des plans d'austérité qui n'en finiront jamais...
Les idées reçues sur la Grèce :
Le mythe des Danaïdes :

























