Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, ose se glorifier de l'amélioration des résultats à l'admissibilité au Capes, un des concours de recrutement à l'enseignement.
On assiste, ainsi, à un véritable déni de réalité : les chiffres le prouvent, ces résultats sont alarmants et démontrent, bel et bien, une grave crise du recrutement qui affecte de nombreuses disciplines.
Un seul exemple suffit pour mettre en évidence ces carences : "en mathématiques, moins de 800 candidats (793) devraient être admis et 697 postes devraient rester vacants", d'après le site du café pédagogique, à peu près la moitié des postes risquent de n'être pas pourvus...
L'optimisme béat affichée par la ministre de l'éducation nationale est, pour le moins, inquiétant... refuser les réalités, c'est ne pas préparer l'avenir, c'est jouer sur le futur de l'éducation, un secteur, pourtant, primordial dans un pays qui se veut moderne.
Il est vrai que dans ce domaine, les ministres se succèdent, n'ont, le plus souvent, que des objectifs à court terme et se contentent de proposer des réformes hâtives et bâclées.
Les ministres essaient de sauver les apparences, en tenant des discours qui défient la réalité : "Tout va bien, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !"
Est-ce ainsi que les politiques gouvernent, désormais ? A coup de bluff, et de faux-semblant ?
Face à une situation plus que préoccupante, certains préfèrent fermer les yeux, afficher un grand sourire et ne pas voir les difficultés du monde éducatif.
Cela fait des années que ce phénomène perdure, cela fait des années que les inspecteurs déboulent dans les classes des enseignants, sans tenir compte des réalités du terrain, cela fait des années que l'on fait semblant de ne pas voir ce qui se passe dans certains établissements scolaires : violences, incivilités, indiscipline...
Vincent Peillon avait, lui aussi, refusé de voir les conséquences de sa réforme sur les rythmes scolaires qui avait désorganisé l'école, puis il s'était discrètement éclipsé de son poste, pour continuer une carrière politique au parlement européen.
Les ministres de l'éducation se suivent et se ressemblent, et au lieu de résoudre les problèmes en cours, ils ne font qu'aggraver la situation...
C'est bien ce qui se prépare, avec la nouvelle réforme des collèges prévue et annoncée par la ministre pour la rentrée 2016, malgré l'opposition des enseignants et des syndicats de l'éducation.
Une réforme contestée de tous côtés, une réforme dont les enseignants ont perçu tous les dangers : dispersion, diminution des heures de cours consacrées à des enseignements fondamentaux : le français, les mathématiques...
Une réforme que la ministre défend envers et contre tous, défiant encore l' avis des principaux acteurs de l'éducation : les enseignants...
Face à ce déni permanent des réalités, face à cet optimisme béat, on est en droit de se révolter et de dénoncer ce jeu de dupes que devient le monde politique.
Le sourire de Najat Vallaud-Belkacem n'est plus qu'une façade, il est une preuve supplémentaire de ce deni des réalités dont les femmes et les hommes politiques se rendent coupables.
Au 18 ème siècle, Voltaire dénonçait la dangereuse théorie de l'optimisme dans un de ses contes les plus célèbres, Candide... L'optimisme conduit à effacer et nier toutes les aberrations de ce monde, il conduit à l'asservissement des êtres humains à qui on fait accepter les pires absurdités et les pires injustices !
"Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !", affirme Pangloss, le maître à penser du jeune Candide, mais celui-ci prend, peu à peu, conscience des réalités et des horreurs du monde.
Quand une ministre nous berce de tels discours, on comprend, alors, que les "responsables" politiques nous prennent tous pour des Candide, des marionnettes facilement manipulables...





















