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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 11:55
Un défilé de mode romaine...

Comment s'habillaient les Romains ? L'Association CARPEFEUCH nous a présenté un défilé de mode lors des Journées Romaines à Nîmes, devant le temple de Diane, dans le cadre prestigieux des Jardins de la Fontaine...

 

Et on écoute les explications suivantes :

"Les vêtements étaient souvent en laine : la laine, lorsqu'elle n'est pas teintée, est moins chère. La laine sera relayée ensuite par le lin, et il faudra attendre l'époque d'Auguste pour voir s'introduire la luxueuse soie et elle sera utilisée dans les milieux les plus riches...

Mais traditionnellement, c'est la laine qui est la plus utilisée : la laine est un isolant parfait aussi bien pour le chaud que pour le froid.

 

La toge est très dure à porter dans tous les sens du terme, elle est dure à mettre, elle est dure à porter parce qu'elle est lourde et elle pèse son poids de laine.

 

Quand on parle de se vêtir, il faut penser aussi chevelure et bijoux et maquillage. Dans tous ces domaines, la sobriété est de mise : il ne faut pas imaginer que les matrones, si elles sont très riches, vont se couvrir de bijoux. C'est l'inverse... elles vont participer d'une certaine "dignitas", d'une certaine sobriété.

Et si vous voyez des masques apparaître surchargés de maquillage ou de bijoux, c'est qu'il s'agit souvent de prostituées.

 

Si on lit le poète Martial ( on est au premier siècle à l'époque de Domitien ) on saura que la chevelure était une obsession : on a très peur aussi de perdre ses dents, et on perd  beaucoup ses cheveux parce qu'on les maltraite avec des fers à friser très brûlants, il y a des problèmes avec la teinture, donc on va fabriquer énormément de postiches.

On va aller chercher dans les pays du nord le blond pour faire des perruques blondes et dans les pays indiens la couleur brune.

 

Pour revêtir sa toge, un sénateur doit faire appel à un serviteur : personne ne peut mettre une toge tout seul, c'est impossible. Ce long tissu de laine de couleur écrue (car le blanc n'existe pas vraiment. La "toga candida" est la toge passée à la craie blanche pour le candidat à la magistrature) est un rectangle de 9 mètres sur 4. Le vêtement n'est pas cousu, il est drapé, épinglé, donc il faut faire avec : la toge s'enroule comme autour d'un paquet cadeau."

Et on voit la démonstration de la mise en place de ce vêtement d'apparat qui nécessite l'aide d'esclaves pour être drapé, tant l'ajustement est compliqué et malaisé.

 

"Au théâtre, hommes et femmes étaient mélangés : Ovide, poète de la période d'Auguste, donne des conseils extraordinaires de drague et il dit : "Si tu veux draguer, pas de problème, tu vas au cirque ou au théâtre et tu te colles à une jeune et jolie femme, et tu t'arranges pour la coller très très bien, afin que petit à petit il se crée des liens."

 

Pour les vêtements des femmes, il y a trois couches : la "tunica intima" qui est du linge de corps, au dessus une "stola", c'est la tunique du dessus, la belle tunique, , la stola consiste en une longue robe à plis portée par-dessus une tunique (la tunica intima, ancêtre du sous-vêtement) et serrée à la taille. La stola typique est ceinte par des rubans. et puis on porte un voile, car quand on est dehors, on couvre ses cheveux..."

 

Liens sur les auteurs cités : Martial et Ovide 

https://studylibfr.com/doc/2634754/commentaire-des-%C3%A9pigrammes-de-martial-contre

https://aguillon.info/wp-content/uploads/2017/07/Martial-Coquettes-Comm.pdf

 

https://x.com/SireGoupil/status/2054461970502283724

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15 mai 2026 5 15 /05 /mai /2026 11:40
La vraie (?) vie de Spartacus racontée par Plutarque...

Et voici la véritable histoire de Spartacus racontée par Moinstarque (cousin de Plutarque, celui-ci n’étant pas disponible). Le spectacle fait revivre les moments forts de cette légende. Esclave, évadé, révolté, glorieux puis défait, quel est le destin  de ce héros ? Est-il mort ? Ou a-t-il fini ses jours sur une plage ensoleillée de Sicile au sein d’une communauté ?

 

Encore un bon moment de rires et de détente, lors des Journées Romaines de Nîmes, avec ce spectacle de la Compagnie Effet Tchatche qui revisite l'histoire de la rébellion de Spartacus transformée en révolte syndicale...

Et voici le public métamorphosé en une troupe d'esclaves destinés à la gladiature... ou à servir de repas aux lions dans l'arène...

Des jeux de mots à foison, des chansons parodiques, des gags, des clowneries, des effets de décalage, des noms loufoques : Ablatif Absolu, Pasdemalus, les spectateurs ont ri aux éclats devant cette représentation délirante...

Un régal !

Trois acteurs qui jouent différents rôles...

Au début, Panionios, marchand d'esclaves et Ablatif Absolu discutent au sujet d'une troupe d'esclaves qui arrivent de Délos : des esclaves qui sont représentés par la foule du public...

Nous voici soudain devenus des esclaves voués à la gladiature, des esclaves Thraces, Parthes, etc.

Et Ablatif Absolu s'empresse de vanter sa marchandise : des esclaves triés sur le volet, zéro défaut... à vendre plus de 1000 drachmes, sauf un petit lot à donner : ce sont des croquettes pour les lions...

Lentulus arrive alors, mécontent des esclaves que lui a vendus Panionios le jour précédent... Jeux de mots, plaisanteries... Lentulus veut des Thraces : un spectateur soi-disant Thrace est interrogé, Panionios lui demande son nom... "Laurent", dit-il...

Un autre spectateur intervient : il dit s'appeler Spartacus... c'est en fait le même acteur qui jouait précédemment le rôle d'Ablatif Absolu... et Lentulus veut l'engager dans son école de gladiateur, son "ludus".

Mais bientôt Spartacus liste toute une série de revendications : La retraite en vie, et puis arrêtons de crier sur les CRS, avec ce panneau : CRS, caresse, et De l'houmous pour tous, des RTT, du repos tant attendu...

Et les pétitions deviennent des pavés à envoyer sur la tronche de Lentulus... "comme ça, Lentulus reçoit fortement le message !"

La distribution des pétitions, c'est hilarant ! Une pour Krasucki, une autre pour le Ché, une autre pour Karl, une autre pour Arlette, sans oublier Jean Luc...

Puis, c'est la manif en chanson... avec le panneau CGT, Syndicat des gladiateurs tatoués, ou traumatisés... "On va tout péter car on est syndiqués !" clame Spartacus...

La suite du spectacle met en scène, de manière parodique et loufoque, le combat entre les légions de Crassus, et les gladiateurs révoltés menés par Spartacus...

L'issue du combat réserve bien des surprises !

 

Les personnages qui sont empruntés à la vérité historique : 

Cnaeus Lentulus Batiatus est le propriétaire de l’école de gladiateurs de Capoue durant le Ier siècle av. J.-C.

Cette école était composée en majorité de Thraces (dont Spartacus) et de Gaulois (dont Crixus et Œnomaüs). Durant le consulat de Cassius et Lucullus (73 av. J.-C, les gladiateurs se révoltèrent et une partie d'entre eux parvint à s'enfuir, déclenchant la troisième guerre servile.

 

Marcus Licinius Crassus, né vers 115 av. J.-C. à Rome et mort en 53 av. J.-C., est un général et homme politique romain qui joua un rôle essentiel dans le passage de la République à l'Empire. Ayant amassé une immense fortune durant son existence, il est considéré comme l'homme le plus riche de l'histoire de Rome.

Crassus commence sa carrière d'homme d'État en tant que commandant militaire pendant la seconde guerre civile. Après la victoire de Sylla et son ascension en tant que dictateur, il amasse une énorme fortune grâce à la spéculation immobilière. Crassus s'impose sur la scène politique romaine après sa victoire contre les esclaves révoltés de Spartacus, partageant le consulat avec son rival Pompée.

 

Spartacus est un gladiateur d'origine thrace, qui, avec les esclaves gaulois Crixus, Gannicus, Castus et Œnomaüs, est à l'origine de la troisième guerre servile, le plus important soulèvement d'esclaves contre la République romaine, entre 73 et 71 av. J.-C.

Panionios dit Panionios de Chios, est le nom d'un marchand d'esclaves qui vécut entre la fin du VIe siècle av. J.-C. et le début du Ve siècle av. J.-C. ; mentionné par l'historien grec Hérodote au Ve siècle av. J.-C., c'est l'un des premiers marchands d'esclaves connus. Il n'a donc pas vécu à l'époque de Spartacus.

 

Liens historiques :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spartacus

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cnaeus_Lentulus_Batiatus

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crassus

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Panionios_de_Chios

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8 mai 2026 5 08 /05 /mai /2026 12:12
Une farce romaine : Medicus, médecin de gladiateurs...

Les Journées Romaines ont fait leur grand retour du 23 au 26 avril 2026, à Nîmes. Spectacles, reconstitutions et animations ont plongé la ville dans l’Antiquité Romaine. 

Cette année, c'est le personnage de Spartacus et l'art des gladiateurs qui étaient mis à l'honneur lors d'un grand spectacle dans l'Arène de Nîmes... 

 

Et devant le temple de Diane, c'était un spectacle loufoque qui était donné par la Compagnie ACTA...

Un bon moment de rires et de détente dans le cadre prestigieux des Jardins de la Fontaine...

Un médecin antique et un gladiateur se retrouvent liés le jour de la finale d'un combat prestigieux dans un amphithéâtre : le médecin profite de l'occasion pour expérimenter sa médecine nouvelle et le gladiateur se voit déjà en haut de l'affiche.

En ressort un tableau original, oscillant entre comique et absurde illustré par les prescriptions farfelues du médecin et les divagations d'un gladiateur prétentieux.

Comique de répétition, comique de mots, de situation, comique de caractère, toutes sortes de procédés comiques sont exploités dans cette farce romaine...

 

Un spectacle comique mais non dénué de vérités historiques...

Par exemple, le nom du médecin mis en scène dans ce spectacle évoque le nom d'un médecin célèbre de l' antiquité : Scribonius Largus était un médecin à la cour de l’empereur romain Claude (41-54). Il est connu pour son recueil de remèdes, utilisés jusqu'au XVIIe siècle, et dont la préface pose les bases d'une éthique de la prescription médicale, inspirée du Serment d'Hippocrate.

A ce sujet, un article de Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Scribonius_Largus

 

Autre fait véridique : les gladiateurs avaient accès à des médecins, ils étaient soignés. Galien, le plus grand médecin de l'antiquité commença sa carrière dans une école de gladiateurs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Galien

 

Dès le début du spectacle, le médecin Largus  présente une de ses inventions :

"Comme vous pouvez le constater, j'utilise le meilleur de la technologie moderne et efficace, notamment avec mon invention qui ne manque pas d'audace : le trépanax !

Plusieurs tests concluants ont été effectués La phase 1, sur enfant, fut un très grand succès", dit-il en montrant un squelette étalé sur la scène...

"La phase 2 sur des  animaux n'a eu aucun procès", dit-il encore en montrant un renard ou un chien empaillé....

"Et aujourd'hui, nous passons en phase 3 : dans cet amphithéâtre où les combats font loi, il est temps de l'étudier sur un homme..."

 

C'est alors qu'arrive le gladiateur préféré de Largus...

Les deux personnages se congratulent et tombent dans les bras l'un de l'autre...

Le gladiateur raconte son entrée triomphale sous les applaudissements de 20 000 spectateurs. Et la foule en délire l'applaudit...

Le gladiateur redoute alors que Largus utilise sur lui le trépanax, déjà testé sur le chien Pollux qui s'est retrouvé empaillé.

Le gladiateur se vante de ses victoires dans l'amphithéâtre : 

"Vous allez voir défiler ici tous mes adversaires... la double peine pour eux d'avoir perdu devant 20 000 spectateurs et de se retrouver sur la table de Largus..."

Le gladiateur retourne au combat et le médecin Largus se présente précisément :

"Je suis le medicus Largus Scribonius, masseur, apothicaire et médecin, par Apollon, Asclépios, par Hygie et Panacée, je fais le serment de tout faire pour soigner..."

 

Le médecin fait alors la démonstration de tous les instruments dont il dispose pour prodiguer ses soins : un lacet pour attacher le gladiateur et l'empêcher de bouger, un couteau, un scalpel, un marteau, et même une faux !

Autant d'outils qui font plus songer à des instruments de torture qu'à des soins médicaux...

Le médecin explique alors que les blessures des gladiateurs ne sont pas si fréquentes, car la plupart du temps ils combattent avec des armes plombées, ils sont très protégés...

 

Le gladiateur revient ensuite victorieux de son combat, et raconte ses exploits... puis retourne dans l'arène.

Le médecin présente ses potions aux noms burlesques : "crocodili testiculum, intestinum putridus, urinum vacca", etc.

C'est alors que revient le gladiateur, en boîtant : il a cette fois-ci été blessé au pied...

"Pas le trépanax !" supplie le gladiateur...

Après maintes manipulations, le médecin lui retire finalement un caillou dans la chaussure !

Et le gladiateur retourne au combat... puis revient en se tenant la tête et en criant de douleur... il a oublié d'attacher son casque... après une manipulation, le gladiateur se remet, mais refuse les potions du médecin pour guérir sa blessure...

Et nouveau retour du gladiateur dans l'arène...

Le médecin fait l'éloge de ses remèdes : "Tout le monde sait que dans cette maison, il n'y a que moi qui puisse obtenir guérison. Ma réputation traversera les générations ! Mes prescriptions dans 2000 ans retrouvées me rendront une gloire jusqu'ici bafouée !

Il est vrai que j'ai commis quelques erreurs, mais qui peut se vanter d'une vie sans malheur ?

Il faut dire qu'aujourd'hui, c'est spécial, car notre gladiateur est un peu stressé : il combat sur la piste avec armes tranchantes, ce type de combat, il n'y en a que trois par an... Heureusement pour moi, car je manque d'équipements.

Ah si seulement, j'avais un ou une assistante ! cela me serait utile ! Mais il y en a là des assistants !" dit-il en scrutant le public.

"Il y en a qui sont intéressés pour apprendre la médecine ?"

Des "Oui ! Oui"  fusent dans le public...

Le médecin choisit une assistante parmi les spectateurs, lui offre un tablier pour l'hygiène, la coiffe d'une charlotte... et lui demande son nom : "Elise", dit-elle.

"N'hésitez pas à prendre des photos ! sur Facebook et tout ça !" commente le médecin.

Applaudissements de la foule...

Le médecin fait alors ses recommandations : "Ne touche pas à cette machine là, le trépanax, c'est dangereux, cela nécessite un petit réglage... si tu veux, on va essayer..."

Et l'assistante d'acquiescer ! "Si c'est pour la science !" dit-elle. 

Rires de la foule...

Et voici le gladiateur de retour : il vient demander le secours du médecin car un drame s'est produit : un gladiateur est très mal...

Le médecin emporte sa trousse de secours et emmène son assistante... et tous deux disparaissent derrière un rideau blanc.

Derrière le rideau, on entend ces mots : "Mais qui est-ce qui m'a foutu une assistante pareille !"

Pendant ce temps, le gladiateur manipule le trépanax et le casse...

Retour du médecin qui houspille son assistante en lui disant "Arrête de pleurer !"

Et soudain, ils ressortent de derrière le rideau et le public découvre dans l'hilarité générale, le tablier maculé de sang de l'assistante.... alors que le médecin déclare, en contraste : 

"ça s'est extrêmement bien passé Messieurs Dames !"

"Bon, mais je sais pas si tu es faite pour la médecine, quand même... je t'ai senti un petit peu sur la corde, quand même..." déplore le médecin.

Elise rejoint alors le public sous les applaudissements de la foule...

 

Je vous laisse découvrir la suite et fin du spectacle dans la vidéo n° 7, avec un renversement amusant des rôles...

Bravo à tous ceux qui ont participé à ce spectacle : les deux acteurs, mais aussi le public qui a réagi spontanément, l'assistante Elise qui a su animer le spectacle de son sens de la répartie...

 

https://www.babelio.com/livres/Teyssier-Gladiateurs/1770816

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13 mars 2026 5 13 /03 /mars /2026 12:52
La création musicale des femmes...

Etre une femme et composer de la musique : la création musicale des femmes a longtemps été invisibilisée, empêchée même...

Claire Bodin se consacre depuis plus de dix-huit ans à la mise en valeur de la création musicale des femmes dans le domaine de la musique classique.

Elle a créé en 2011 le festival Présence Compositrices (anciennement Présences Féminines), seul festival à cette époque sur le territoire français à avoir pour ligne artistique exclusive l’exploration des œuvres des compositrices de tous temps et nationalités.

Elle a donné récemment une conférence sur ce thème au Carré d'Art de Nîmes.

 

"Il existe plus de dix siècles de composition musicale féminine, donc une très grande richesse. On peut parler de "matrimoine", un terme qui ne nous est pas familier, qui peut faire polémique, un terme militant... et pourtant, ce n'est pas un néologisme, le terme existe depuis longtemps, c'est une réalité ancienne, mais il a été effacé, invisibilisé, comme le mot "autrice".

Ainsi, le legs des femmes a été longtemps jugé peu digne d'intérêt.

"Oublions que je suis une femme et parlons musique"... disait Nadia Boulanger.

 

Empêchées par les conventions sociales, effacées par l'Histoire... les compositrices restent très marginales dans les programmes des concerts et des théâtres lyriques.

Questions que l'on se pose :

Les compositrices ont-elles des sources d'inspiration différentes ?

Existe-t-il une écriture féminine ?

Ont-elles des goûts différents, des instruments de prédilection ?

Les femmes sont-elles capables de composer ? Car le génie est masculin, disait-on !

Combien y a t'il de compositrices ? Dans quels pays ? A quelles époques ?

Quelles oeuvres ? Que valent-elles ?

Et pourquoi ne les connaît-on pas ? Pourquoi on ne les joue pas ou si peu ?"

 

Claire Bodin nous fait alors écouter une chanson interprétée par Elsa Barraine sur un poème de Sully Prudhomme : Ne jamais la voir, ni l'entendre...

"C'est un poème d'amour à l'origine, mais il peut faire écho à l'invisibilité des femmes dans le domaine musical.

Alors, on fait un retour sur cette vieille histoire lamentable, une histoire vieille comme le monde, et beaucoup de pays sont encore bien loin d'en être sortis :

Dès les origines, on connaît cette représentation réductrice du féminin : la femme assujettie au principe mâle, la femme est un être faible, défectueux. Seul le principe mâle serait capable de créer, et la musique n'échappe pas à la règle. La femme serait, en plus, un être diabolique, maléfique, selon une vision religieuse ancienne.

Les femmes ont été assimilées aux Sirènes, aux sorcières.

La pratique musicale des femmes va être limitée dans l'accès à l'enseignement, dans le choix des instruments, dans la manière de jouer...

Heureusement, il y eut des transgressions : on recense 2200 noms de compositrices.

Les familles d'artistes ont ainsi encouragé la pratique musicale.

En Italie, les soeurs Caccini Settimia et Francesca sont les filles du compositeur Giulio Caccini. Francesca Caccini fut probablement la première femme ayant composé des opéras.

Elisabeth Jacquet de La Guerre a appris le clavecin avec son père.

Autres exemples d'éducation donnée par le père : Julie Candeille, Joséphine Lang, Pauline Thys, Pauline Viardot, Clara Schumann, Sophie Menter, Lili Boulanger, Henriette Bosmans, Jeanne Leleu, Claude Arrieu, Barbara Strozzi, Louise Farenc, Rita Strohl, Alma Schindler."

 

On écoute alors la sonate pour violoncelle et piano de Dora Pejacevic, compositrice Croate.

 

"Au sein des familles aisées, les jeunes filles recevaient une éducation musicale, mais la finalité était le mariage. Pas question de se produire hors de la sphère privée !

Cécile Chaminade avait fait la connaissance de Bizet... Georges Bizet, qui la surnomme "mon petit Mozart" conseille de la faire entendre par Le Couppey, professeur de piano au conservatoire, dans la classe réservée aux jeunes filles. Ce dernier propose d'inscrire Cécile dans sa classe mais se heurte au refus de son père : "Dans la bourgeoisie, dira-t-il, les filles sont destinées à être épouses et mères."

 

A l'intérieur de certains couvents, il était possible parfois d'apprendre la musique. Mais c'est le pape Innocent XI qui déclare : "La musique nuit à la modestie qui convient au sexe féminin."

Hildegarde de Bingen  moniale bénédictine allemande a écrit des poèmes, des recettes, des pièces vocales : on a un corpus de 70 pièces qui nous sont parvenues.

D'autres nonnes se sont illustrées dans le domaine musical : Giacenta Badalla, Chiara Cozzolani, Isabella Leonarda, Bianca Maria Meda.

L’ Ospedale della Pietà de Venise permettait aussi aux jeunes filles de recevoir un enseignement de qualité : Anna Bon compositrice et chanteuse italienne y fut admise à l'âge de quatre ans. Maddalena Laura Sirmen commença ses études à San Lazzaro dei Mendicanti : le père d' Antonio Vivaldi enseigna le violon à l'école de musique de cet endroit de 1689 à 1693.

En dehors de ces lieux, la position de l'église est très restrictive...Une fois mariées, les femmes devaient se soumettre à leur mari.

 

Malgré l'opposition de son père qui s'exprime en ces termes "Pour ma fille, faire le Conservatoire ou le trottoir Saint-Michel, c’est la même chose. Jamais je ne donnerai mon autorisation", et à l'insu de celui-ci, Germaine Tailleferre, compositrice française, entre en cachette au Conservatoire de Paris et intègre les classes de piano et de solfège en 1904, le peintre Louis Payret-Dortail ayant convaincu la mère de Germaine de la laisser suivre cette orientation."

 

On écoute alors un extrait d'une magnifique symphonie d'Emilie Mayer, compositrice allemande : le premier mouvement de la symphonie n° 7 en fa mineur.

 

"L'accès aux instruments a été aussi soumis à de nombreuses restrictions : le tambour, le fifre, la trompette étaient exclus pour les femmes...

L’apprentissage des instruments les plus féminisés (violon, flûte, harpe) s’inscrit dans une tradition d’éducation des jeunes filles de la noblesse et de la bourgeoisie. Le piano et le chant faisaient aussi partie de cette éducation : les claviers vont sembler convenir plus particulièrement aux femmes. Dans de nombreux tableaux, sont représentées des femmes devant un clavier.

 

Les femmes qui s'exposaient dans l'espace public étaient déconsidérées : elles étaient associées à la prostitution.

Le pape Clément XI interdit aux femmes de se produire sur la scène car "on sait, en effet, qu’une beauté qui chante sur la scène et entend cependant préserver sa vertu est semblable à celui qui voudrait sauter dans le Tibre sans se mouiller les pieds" (du coup les castrats vont connaître un immense succès)."

 

On écoute ensuite l'étude 66 de Hélène de Mongeroult : cette musicienne invisibilisée annonce les pièces romantiques.

"On doit souligner le courage de ces compositrices sous estimées, interdites de représentation, méprisées...

La fabrication de l'oubli est destructrice pour toutes ces créatrices."

 

On est ébloui par cette composition de Mel Bonis : Soir...

De nos jours encore, on compte très peu de femmes chefs d'orchestre...
 

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/affaire-en-cours/le-matrimoine-n-est-pas-un-neologisme-mais-un-mot-efface-par-l-histoire-2051620

 

https://www.lepoint.fr/culture/mel-bonis-la-musique-entre-le-hochet-et-le-goupillon-ET3VYF4IIRE2VAMK5VF3PBIKQM/

La création musicale des femmes...
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18 février 2026 3 18 /02 /février /2026 10:45
Il s'appelait Emile Doria...

 

Il s'appelait Emile Doria, dit "Milou", il était le frère de ma grand-mère, et il a laissé son nom à une rue de l'Estaque, ce quartier de Marseille, dont il était originaire...

A l'Estaque, tout le monde connaît son nom et la rue Emile Doria...La rue à laquelle il a donné son nom était auparavant la rue Tamisier, là où vivaient ses parents.

 

Tous deux enfants d'immigrés italiens issus de milieux pauvres et de familles de pêcheurs, venus de Gênes, ma grand-mère et son frère Milou ont connu une enfance empreinte de misère et de difficultés : nés en France au début du 20ème siècle, ils ont vécu leurs premières années dans un cadre plutôt agréable à Marseille, plus exactement à l'Estaque, petit port de pêche près de la grande métropole.

Nés dans une famille nombreuse comportant 6 enfants, ils ont traversé une époque douloureuse.

Emile Doria eut très tôt une âme courageuse. A 12 ans, il sauva de la noyade un enfant tombé dans le port, ce qui lui valut la reconnaissance du Ministère de la Marine et du Gouvernement pour cet acte de bravoure.

Adulte, il devint Président de la Fine Lance Estaquéenne.


Puis, pendant la guerre, il s’illustra en tant que résistant.  Il appartenait au réseau du Maquis de Sainte Anne, installé sur les collines du Manivet au-dessus de Lambesc. Ce maquis fut en partie démantelé en juin 1944 et 80 résistants y furent fusillés.


Emile Doria mourut, lui, au combat à Chateauneuf Les Martigues le 21 août 1944, à la fin de la guerre. Il avait  seulement 33 ans, et était père de deux enfants devenus pupilles de la nation.

Mort pour la France, son nom est gravé avec ceux de 272 autres martyrs sur le Mémorial aux Héros de la Résistance érigé sur les collines de Lambesc, à côté de La Chapelle Sainte-Anne. 


Le Mémorial fut pillé en juin 2019, les plaques commémoratives volées. Les élèves de l’Ecole des Arts et Métiers d’Aix en Provence en fondirent de nouvelles qui ont été apposées en 2021.

 

Je n'ai pas connu ce héros de la guerre. J'admire son courage, son engagement, son dévouement...

Il s'appelait Emile Doria, dit "Milou"...

 

 

https://museedelaresistanceenligne.org/media4630-Le-mmorial-de-Sainte-Anne-plateau-de-Manivert-Lambesc

 

 

 

Il s'appelait Emile Doria...
Il s'appelait Emile Doria...
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15 février 2026 7 15 /02 /février /2026 13:20
S'émerveiller devant la Maison Carrée...

 

S'émerveiller devant la Maison Carrée, une merveille de l'architecture romaine !

 

 

Un temple au coeur de la ville de Nîmes, qui suscite l'admiration...

 

 

On aime la finesse des motifs, des décors sculptés, des frises, des chapiteaux corinthiens...

 

 

On aime l'influence grecque qui s'exprime dans ce bâtiment ! 

 

 

On aime la beauté simple de cette architecture d'un autre temps... celle des temples grecs pleins d'élégance, d'harmonie, de délicatesse dans les détails...

 

 

Le temple surélevé, comme posé sur un socle, se prête à la contemplation et à l'émerveillement...

 

 

Eclairé, le temple se pare encore de teintes de rose et nous fait voir les reliefs délicats des feuilles d'acanthe, les motifs géométriques qui ornent la façade... les frises qui se déroulent au dessus des colonnes...

 

 

Nous voici transportés dans un autre monde, au temps de la Rome et de la Grèce antiques ! Nous voici subjugués par tant de beautés !

 

 

 

 

 

 

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14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 13:00
Noël à Nîmes...

 

Un immense sapin scintillant tout étoilé près du monument le plus célèbre de la ville : la Maison Carrée...

 

 

 

Le temple romain vieux de plus de 2000 ans rayonne de lumières !

 

 

 

Des teintes et des éclats de rose subliment ses antiques colonnes...

 

 

 

 

Des badauds s'attardent pour admirer tant de splendeurs !

 

 

 

 

L'arbre sombre aux teintes de vert vient magnifier les éclats de rose du temple...

 

 

 

 

 

Un joli tableau des fêtes de Noël ! Une occasion de s'émerveiller devant la magie de cette féerie de Noël !

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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5 décembre 2025 5 05 /12 /décembre /2025 13:13
Le choeur du sud lance les fêtes de Noël à Nîmes !

Pour lancer les fêtes de Noël, le choeur du sud nous a offert un magnifique spectacle, un concert chaleureux dans un cadre majestueux : sur les escaliers de la Maison Carrée de Nîmes...

Le temple romain était aussi mis en valeur par des illuminations féeriques...

 

Situé en plein coeur de la ville de Nîmes, ce temple est au centre de toutes les admirations : il rappelle les plus grands monuments et sanctuaires de l'antiquité grecque par ses formes pures, ses colonnades élancées, fuselées et cannelées.

 

Ce bâtiment construit il ya plus de 2000 ans au début du premier siècle après J. C.nous est parvenu dans un état de conservation remarquable : colonnades et murs sont intacts, la toiture a été entièrement rénovée...

 

Les choristes déguisés en pères Noël formaient un ensemble coloré, et ont interprété un répertoire de chants de Noël et de variété française.

D'abord un chant pour de joie pour célébrer les festivités de Noël...

 

Puis, c'est une chanson au rythme vif qui magnifie l'hiver et ses paysages : la neige, le vent, la bise glacée... Une chanson que tout le monde connaît : VIVE LE VENT !

Le public entonne alors ce chant avec bonheur !

 

On est ensuite séduit par un medley des chansons du groupe Téléphone : J'irai à New York avec toi, Cendrillon, Un autre monde, ça c'est vraiment toi, Argent trop cher... autant de musiques rythmées et entraînantes !

 

Une chanson plus mélancolique et romantique pour continuer le programme : Le Géant de Papier...

 

Puis, c'est une chanson du répertoire de Julie Zenatti La vie fait ce qu'elle veut, un bel hymne à la vie, empli de sensibilité et d'émotions...

 

Du rythme encore avec une musique de David Guetta...

 

C'est enfin l'incontournable Petit Papa Noël qui clôt le spectacle : un joli moment de retour vers l'enfance et la magie de Noël...

 

Après des applaudissements nourris, les choristes ont chanté le refrain de la chanson des Beatles Hey Jude devant un public venu nombreux pour assister à ce spectacle...

 

Une belle idée pour lancer les fêtes de Noël dans la joie et la bonne humeur...

 

 

 

 

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24 août 2025 7 24 /08 /août /2025 11:45
Mystères et merveilles du temple de Diane...

 

Un temple vieux de plus de 2000 ans : des pierres polies, patinées par le temps, des fûts de colonnes, une architecture antique emplie de mystères...

 

 

Le toit s'est écroulé et la végétation s'est emparée du lieu : pins, marronniers, tilleuls entourent le bâtiment...

 

 

Quand la nature se mêle à la pierre, quelles splendeurs !

 

 

A l'intérieur, des niches surmontées de frontons, au fond, une niche décorée, sculptée, qui était peut-être autrefois ornée d'une statue...

 

 

 

A côté du bâtiment, un petit jardin avec des buissons, des fleurs, des arbustes...

 

 

 

Un lieu charismatique qui attise la curiosité : temple, bibliothèque, lieu de culte ?

 

 

 

Il reste encore à lever bien des mystères sur ce monument de l'antiquité !

 

 

 

 

 

 

 

http://www.nemausensis.com/Nimes/Diaporama/JardinFontaine/TempleDianeIgolin.html

 

 

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6 juin 2025 5 06 /06 /juin /2025 11:52
Nîmes à l'heure des Journées Romaines...

 

Un fort de légionnaires romains au coeur de la ville de Nîmes... cette année encore Nîmes a vécu à l'heure des Journées Romaines, le temps d'un long week-end à la fin du mois d'avril.

 

 Parmi les rendez-vous incontournables de ce retour à l'époque de Nemausus, un fort des légionnaires installé au bosquet des Jardins de la Fontaine. Avec une cinquantaine de légionnaires constamment présents, ce fort a proposé des démonstrations et a permis de comprendre comment se déroulait la vie quotidienne du temps des romains. Forge, fabrication du pain, stratégie militaire, construction... Tout était expliqué sous forme de jeux et d'ateliers. 

 

Dans l'enceinte du fort, une peintre a présenté ses oeuvres, réalisées avec des techniques antiques. Grappe de raisin, citrons, oignons, de superbes natures mortes et aussi des scènes mythologiques ainsi que des portraits emplis de réalisme...  Différents pigments étaient exposés.

Plus loin, on pouvait admirer des bijoux, boucles, bracelets, bagues, objets en or...

Des potiers "d'époque" étaient également présents...

On pouvait s'initier à l'art culinaire des Romains et découvrir le bucellatum, un pain rond en forme d'anneau cuit deux fois pour assurer une longue conservation, le passum obtenu en séchant des raisins puis en les pressant, une boisson très populaire également utilisée dans la cuisine pour ajouter de la saveur, la posca qui était un vin amer, composé de vinaigre allongé d'eau et parfois adouci au jaune d'œuf.

Des enfants, des adolescents pouvaient s'entraîner à l'art du combat...

La religion romaine était aussi mise à l'honneur : présentation des différents dieux romains...

On pouvait encore découvrir l'intérieur d'une tente de légionnaire, avec des coffres, des casques rutilants, des armes.

Une véritable plongée dans l'univers romain...  le public pouvait se balader sur scène et dialoguer avec les acteurs. 

On pouvait même s'initier à la citoyenneté romaine... on découvrait ce qu'était le "mos majorum", les coutumes des ancêtres. Ce sont les institutions archaïques, les antiques traditions, les moeurs et les valeurs des anciens. C'est le socle idéologique et moral sur lequel repose l'imperium romanum.

A l'origine le mos majorum se limitait aux moeurs et coutumes en vigueur dans la famille. Le droit reposait sur l'imperium du pater familias. Le père de famille exerçait un commandement sur tous les membres de sa domus, au sens large : femme, enfants, esclaves, affranchis.

Il possédait le droit de vie et de mort sur toute sa maisonnée... On voit bien là l'origine du patriarcat...

 

Merci à tous les participants, passionnés de la Rome antique qui ont animé ce fort romain et ont fait revivre l'époque romaine de manière ludique. Un passionnant voyage dans le temps et une découverte de la vie des soldats romains...

 

 

 

 

https://www.objectifgard.com/a-la-une/fait-du-soir-le-centre-ville-de-nemausus-envahi-par-des-legionnaires-romains-146225.php

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