Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 mars 2026 5 13 /03 /mars /2026 12:52
La création musicale des femmes...

Etre une femme et composer de la musique : la création musicale des femmes a longtemps été invisibilisée, empêchée même...

Claire Bodin se consacre depuis plus de dix-huit ans à la mise en valeur de la création musicale des femmes dans le domaine de la musique classique.

Elle a créé en 2011 le festival Présence Compositrices (anciennement Présences Féminines), seul festival à cette époque sur le territoire français à avoir pour ligne artistique exclusive l’exploration des œuvres des compositrices de tous temps et nationalités.

Elle a donné récemment une conférence sur ce thème au Carré d'Art de Nîmes.

 

"Il existe plus de dix siècles de composition musicale féminine, donc une très grande richesse. On peut parler de "matrimoine", un terme qui ne nous est pas familier, qui peut faire polémique, un terme militant... et pourtant, ce n'est pas un néologisme, le terme existe depuis longtemps, c'est une réalité ancienne, mais il a été effacé, invisibilisé, comme le mot "autrice".

Ainsi, le legs des femmes a été longtemps jugé peu digne d'intérêt.

"Oublions que je suis une femme et parlons musique"... disait Nadia Boulanger.

 

Empêchées par les conventions sociales, effacées par l'Histoire... les compositrices restent très marginales dans les programmes des concerts et des théâtres lyriques.

Questions que l'on se pose :

Les compositrices ont-elles des sources d'inspiration différentes ?

Existe-t-il une écriture féminine ?

Ont-elles des goûts différents, des instruments de prédilection ?

Les femmes sont-elles capables de composer ? Car le génie est masculin, disait-on !

Combien y a t'il de compositrices ? Dans quels pays ? A quelles époques ?

Quelles oeuvres ? Que valent-elles ?

Et pourquoi ne les connaît-on pas ? Pourquoi on ne les joue pas ou si peu ?"

 

Claire Bodin nous fait alors écouter une chanson interprétée par Elsa Barraine sur un poème de Sully Prudhomme : Ne jamais la voir, ni l'entendre...

"C'est un poème d'amour à l'origine, mais il peut faire écho à l'invisibilité des femmes dans le domaine musical.

Alors, on fait un retour sur cette vieille histoire lamentable, une histoire vieille comme le monde, et beaucoup de pays sont encore bien loin d'en être sortis :

Dès les origines, on connaît cette représentation réductrice du féminin : la femme assujettie au principe mâle, la femme est un être faible, défectueux. Seul le principe mâle serait capable de créer, et la musique n'échappe pas à la règle. La femme serait, en plus, un être diabolique, maléfique, selon une vision religieuse ancienne.

Les femmes ont été assimilées aux Sirènes, aux sorcières.

La pratique musicale des femmes va être limitée dans l'accès à l'enseignement, dans le choix des instruments, dans la manière de jouer...

Heureusement, il y eut des transgressions : on recense 2200 noms de compositrices.

Les familles d'artistes ont ainsi encouragé la pratique musicale.

En Italie, les soeurs Caccini Settimia et Francesca sont les filles du compositeur Giulio Caccini. Francesca Caccini fut probablement la première femme ayant composé des opéras.

Elisabeth Jacquet de La Guerre a appris le clavecin avec son père.

Autres exemples d'éducation donnée par le père : Julie Candeille, Joséphine Lang, Pauline Thys, Pauline Viardot, Clara Schumann, Sophie Menter, Lili Boulanger, Henriette Bosmans, Jeanne Leleu, Claude Arrieu, Barbara Strozzi, Louise Farenc, Rita Strohl, Alma Schindler."

 

On écoute alors la sonate pour violoncelle et piano de Dora Pejacevic, compositrice Croate.

 

"Au sein des familles aisées, les jeunes filles recevaient une éducation musicale, mais la finalité était le mariage. Pas question de se produire hors de la sphère privée !

Cécile Chaminade avait fait la connaissance de Bizet... Georges Bizet, qui la surnomme "mon petit Mozart" conseille de la faire entendre par Le Couppey, professeur de piano au conservatoire, dans la classe réservée aux jeunes filles. Ce dernier propose d'inscrire Cécile dans sa classe mais se heurte au refus de son père : "Dans la bourgeoisie, dira-t-il, les filles sont destinées à être épouses et mères."

 

A l'intérieur de certains couvents, il était possible parfois d'apprendre la musique. Mais c'est le pape Innocent XI qui déclare : "La musique nuit à la modestie qui convient au sexe féminin."

Hildegarde de Bingen  moniale bénédictine allemande a écrit des poèmes, des recettes, des pièces vocales : on a un corpus de 70 pièces qui nous sont parvenues.

D'autres nonnes se sont illustrées dans le domaine musical : Giacenta Badalla, Chiara Cozzolani, Isabella Leonarda, Bianca Maria Meda.

L’ Ospedale della Pietà de Venise permettait aussi aux jeunes filles de recevoir un enseignement de qualité : Anna Bon compositrice et chanteuse italienne y fut admise à l'âge de quatre ans. Maddalena Laura Sirmen commença ses études à San Lazzaro dei Mendicanti : le père d' Antonio Vivaldi enseigna le violon à l'école de musique de cet endroit de 1689 à 1693.

En dehors de ces lieux, la position de l'église est très restrictive...Une fois mariées, les femmes devaient se soumettre à leur mari.

 

Malgré l'opposition de son père qui s'exprime en ces termes "Pour ma fille, faire le Conservatoire ou le trottoir Saint-Michel, c’est la même chose. Jamais je ne donnerai mon autorisation", et à l'insu de celui-ci, Germaine Tailleferre, compositrice française, entre en cachette au Conservatoire de Paris et intègre les classes de piano et de solfège en 1904, le peintre Louis Payret-Dortail ayant convaincu la mère de Germaine de la laisser suivre cette orientation."

 

On écoute alors un extrait d'une magnifique symphonie d'Emilie Mayer, compositrice allemande : le premier mouvement de la symphonie n° 7 en fa mineur.

 

"L'accès aux instruments a été aussi soumis à de nombreuses restrictions : le tambour, le fifre, la trompette étaient exclus pour les femmes...

L’apprentissage des instruments les plus féminisés (violon, flûte, harpe) s’inscrit dans une tradition d’éducation des jeunes filles de la noblesse et de la bourgeoisie. Le piano et le chant faisaient aussi partie de cette éducation : les claviers vont sembler convenir plus particulièrement aux femmes. Dans de nombreux tableaux, sont représentées des femmes devant un clavier.

 

Les femmes qui s'exposaient dans l'espace public étaient déconsidérées : elles étaient associées à la prostitution.

Le pape Clément XI interdit aux femmes de se produire sur la scène car "on sait, en effet, qu’une beauté qui chante sur la scène et entend cependant préserver sa vertu est semblable à celui qui voudrait sauter dans le Tibre sans se mouiller les pieds" (du coup les castrats vont connaître un immense succès)."

 

On écoute ensuite l'étude 66 de Hélène de Mongeroult : cette musicienne invisibilisée annonce les pièces romantiques.

"On doit souligner le courage de ces compositrices sous estimées, interdites de représentation, méprisées...

La fabrication de l'oubli est destructrice pour toutes ces créatrices."

 

On est ébloui par cette composition de Mel Bonis : Soir...

De nos jours encore, on compte très peu de femmes chefs d'orchestre...
 

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/affaire-en-cours/le-matrimoine-n-est-pas-un-neologisme-mais-un-mot-efface-par-l-histoire-2051620

 

https://www.lepoint.fr/culture/mel-bonis-la-musique-entre-le-hochet-et-le-goupillon-ET3VYF4IIRE2VAMK5VF3PBIKQM/

La création musicale des femmes...
Partager cet article
Repost0
7 janvier 2026 3 07 /01 /janvier /2026 10:53
Et voici que l'IA  Grok déshabille des femmes...

L'IA Grok encore sur la sellette : Grok avait il y a quelque temps salué l'efficacité d'Adolf Hitler, faisant l'apologie du nazisme. L'IA  d'Elon Musk avait également publié des messages racistes, antisémites et des propos complotistes...

Et voilà que Grok en vient à déshabiller des femmes, à la demande de certains internautes...

"Sur le réseau social X, des internautes utilisent l’IA Grok pour dévêtir virtuellement des femmes, parfois sans leur consentement. Une pratique choquante, vécue comme une atteinte grave à l’intimité, qui suscite indignation, témoignages de victimes et réactions politiques.

 

En postant sa tenue pour les fêtes sur le réseau social X, Marion ne pensait pas se retrouver totalement dénudée sur Internet. Depuis quelques jours, des utilisateurs demandent à Grok, l’intelligence artificielle de X, de dévêtir des femmes, parfois même des mineurs, sans leur consentement. L’IA s’exécute aussitôt.

Pour la jeune femme, il s’agit d’une véritable violation de son intimité : "C’est hyper angoissant de voir ça. On se demande pour quoi faire, déjà. Et à quel moment on pense à faire ça à d’autres personnes qu’on ne connaît même pas sur les réseaux sociaux ? Je pense qu’il y en a eu une trentaine. Ça fait quand même du mal de se voir ainsi. Ce n’est pas vraiment mon corps, mais il y a des similitudes. Et puis les gens peuvent réutiliser l’image n’importe où, en fait. C’est ça le truc."

La jeune femme a signalé les faits à la plateforme, mais certaines images d’elle dévêtue sont toujours en ligne. Ces nouveaux usages de l’IA, gratuits et accessibles à tous, se multiplient ces derniers jours. "Tu peux la mettre en bikini, s’il te plaît ?" demande par exemple un internaute à l’IA. Une autre utilisatrice témoigne : "Il y a des hommes qui ont demandé à Grok de me déshabiller. Ils m’ont fait pleurer."

Des adolescentes ont même été visées.


Face à ces dérives, certains internautes n’ont pas manqué de réagir. "Il faut faire quelque chose, il faut absolument légiférer. On se rend compte à quel point l’intelligence artificielle peut vraiment détruire vos vies", alerte un internaute sur les réseaux sociaux.

Il est conseillé aux victimes de signaler immédiatement les contenus illégaux, à la fois sur la plateforme concernée et auprès de la justice. Des ministres et des députés ont également réagi. Arthur Delaporte, député PS du Calvados et coauteur d’un rapport sur les influenceurs et les réseaux sociaux, explique : "La justice doit examiner la responsabilité pénale de X. C’est quelque chose de nouveau, car il n’y a pas encore eu de jurisprudence en France sur ce sujet. C’est donc une excellente chose que la justice s’en saisisse."

Une victime vient par ailleurs de lancer une pétition. Contacté, le réseau social X n’a pas répondu aux sollicitations des journalistes."


Sources :

https://www.franceinfo.fr/internet/intelligence-artificielle/ia-quand-grok-denude-des-femmes-sans-leur-consentement_7717000.html

 

10 minutes 15

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-vendredi-02-janvier-2026-5608239

 

https://www.huffingtonpost.fr/tech-futurs/article/grok-deshabille-les-femmes-sans-leur-consentement-sur-x-un-acte-puni-par-la-loi_258808.html

Et voici que l'IA  Grok déshabille des femmes...
Partager cet article
Repost0
12 septembre 2025 5 12 /09 /septembre /2025 11:51
Paysages de la musique au féminin...

 

Un voyage à travers les paysages des compositrices : c'est ce que nous a proposé Marc Simon au cours d'une conférence musicale... Honneur aux femmes, enfin !

 

Et le voyage commence avec Florentine Mulsant, pianiste : à 61 ans, Florentine Mulsant a obtenu le prix de la Compositrice de l'année pour son œuvre "Le Chant du soleil", lors de la 31e cérémonie des Victoires de la musique classique qui s'est tenue  jeudi 29 février 2024 au Corum de Montpellier.

On écoute une de ses compositions pleine d'harmonie, de charme...

Puis, direction : le Mali, avec la compositrice Rokia Traoré : elle compose ses propres chansons, son premier disque est sorti en 1998. Installée en France, à Amiens, dans les années 1990, elle est revenue vivre à Bamako en 2009. Marc Simon nous fait écouter une de ses chansons : une voix et une mélodie limpides ! 

Retour en France avec la batteuse et compositrice Anne Paceo : figure de proue de la nouvelle scène jazz, elle a su créer un style singulier, identifiable dès les premières mesures. Une musique très originale inspirée par l'Afrique avec ce morceau : Reste un oiseau. Une magnifique ode à la liberté !

Melody Gardot, elle, est née en 1985 dans l’État du New Jersey aux États-Unis, elle est une auteure-compositrice interprète et musicienne américaine. On écoute alors Love Song, une chanson d'amour sur une musique douce et rythmée à la fois, une voix veloutée, un style sophistiqué inspiré par le Brésil...

On passe ensuite à une Anti Love Song, une chanson de révolte contre l'amour, avec Betty Davis, la seconde épouse de Miles Davis. Une chanson idéale pour fêter un divorce ! Betty Davis était une femme de caractère : pour la première fois, une femme noire était la directrice musicale de ses enregistrements.


"Non je ne veux pas t'aimer
Car je sais comment tu es
C'est pourquoi j'ai cherché à t'éviter
C'est pourquoi je ne t'ai pas appelé

Parce que je sais que tu peux prendre mon corps
Je sais que tu peux me faire bredouiller
Je sais que tu peux me faire trembler
Je sais que tu peux me faire grimper aux murs
C'est pourquoi je ne veux pas t'aimer"

 

A la même époque, Suzanne Ciani, une Américaine d'origine italienne s'est intéressée aux synthétiseurs, elle a composé de nombreuses musiques de films : c'est la naissance de la musique électronique. Elle compose aussi des pièces musicales pour des publicités télévisées de compagnies comme Coca-Cola.

 

Au Venezuela, Teresa Carreno est une pianiste compositrice : on écoute une de ses oeuvres au piano : Un Rêve en Mer... Elle a écrit cette musique à l'âge de 15 ans seulement !

 

En France, Colette Magny est un personnage singulier de la chanson.  Souvent délaissée par les médias, elle trouve la notoriété, dans les années 1960, grâce à un passage dans Le Petit Conservatoire de Mireille, avec un répertoire inspiré par le blues et le jazz, et surtout grâce à sa chanson à succès Melocoton en 1963. Une chanson pleine de fraîcheur que Marc Simon interprète alors en s'accompagnant de sa guitare.

"Melocoton et boule d'or
Deux gosses dans un jardin
Melocoton, où elle est maman?
J'en sais rien, viens, donne-moi la main
Pour aller où?
J'en sais rien, viens
Papa il a une grosse voix
Tu crois qu'on saura parler comme ça?"

La chanson se présente sous la forme d'une étrange comptine énoncée par deux enfants dans laquelle Colette Magny évoque sa mère et ses neveux Périne, Christophe, Benoît et Grégoire, ces deux derniers apparaissant dès la première strophe sous les noms de Melocoton et Boule d'or :

« Melocoton et Boule d'or,
Deux gosses dans un jardin »

Boule d'or ne cesse de poser des questions sur les membres de sa famille plus âgés sous des formes très directes, auxquelles Melocoton (son frère) répond à chaque fois par une courte phrase servant de refrain :

« J'en sais rien, viens, donne-moi la main »

Une façon de rassurer l'autre enfant en lui tendant la main... un joli message d'amour simple, plein de tendresse !

 

Autre chanson interprétée par Marc Simon : Born to die, une chanson mélancolique de Lana Del Rey. À travers ses chansons, elle explore les thèmes de la tristesse, de la romance tragique, du glamour et de la mélancolie...

 

Merci à Marc Simon pour toutes ces belles découvertes et ce merveilleux voyage musical...


 

A propos de la chanson : Melocoton

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/c-est-une-chanson/13h46-c-est-une-chanson-du-lundi-13-septembre-2021-5871456

 

 

Partager cet article
Repost0
11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 12:45
Mouvance INCEL : la haine des femmes...

 

Les INCEL : une mouvance venue des Etats-Unis et qui inquiète...  ce mardi 1ᵉʳ juillet un jeune homme de 18 ans a été interpellé dans la Loire alors qu’il se disait prêt à commettre un attentat "contre des femmes". 

C’est un sujet épineux qui prend chaque jour un peu plus d’ampleur : la haine des femmes. Une mouvance qui recrute ses adeptes sur les réseaux sociaux. Des influenceurs inculquent une idéologie misogyne à de jeunes hommes, souvent mal dans leur peau.

Toujours plus forts, toujours plus puissants... dans leurs discours, ils combattent le féminisme et prônent le patriarcat : ce sont les masculinistes...

"Les femmes ont besoin d'être guidées, la soumission, c'est la mise sous protection..."

Le discours se propage sur les réseaux sociaux : "Une meuf tranquille, qui nous casse pas la tête, qui sait parler quand il faut, qui nous satisfait sexuellement, qui s'occupe du foyer..."

"Sois belle et tais-toi !" on connaît ce refrain qui stigmatise les femmes...

 

Adopter un comportement mais aussi une apparence physique : des coups de marteau sur le visage pour avoir une mâchoire plus carrée, se raser les cils pour être plus viril... ces vidéos cumulent des millions de vues et ciblent tout particulièrement les jeunes hommes.

Certains vont même jusqu'à proposer des entretiens pour apprendre à séduire.

Un journaliste a fait le test : une conversation gratuite de 30 minutes durant laquelle il va apprendre à être un homme, un vrai !

"Un homme qui sait se battre, c'est un homme qui procure de la sécurité. Un homme qui a un physique musclé, encore une fois, c'est un homme qui va apporter de la sécurité... Donc, toi tu devrais te mettre à la salle ou un sport de combat, idéalement les deux."

Et il a une idée très claire de ce qu'attendent les femmes : un homme qui les domine...

"Les femmes ont besoin d'être guidées, parce que l'homme construit la famille. Ta copine est soumise à ta protection. C'est quelque chose de positif pour une femme d'être soumise à la protection d'un homme, à la protection financière, physique, à la sécurité."

 

Ce discours se propage chez les adolescents souvent mal dans leur peau, des jeunes qui pensent trouver dans les arguments masculinistes la raison de leur célibat...

Principale cause de leur souffrance : les filles qui les rejettent. Ils se nomment INCEL, en clair célibataires involontaires.

Le mouvement INCEL gagne du terrain en France et inquiète de nombreux parents, comme en témoignent des appels au secours sur les forums de discussion.

"Mon fils, 15 ans est en train de devenir un INCEL... il a eu des ennuis à plusieurs reprises à l'école pour avoir fait des commentaires misogynes et inappropriés envers les filles et les enseignantes..."

A l'école, plus d'une fille sur deux se dit avoir été victime de sexisme...

Lutter contre les stéréotypes, un enjeu majeur pour l'Education nationale..." mais aussi je rajouterai pour toute la société...

Un retour inquiétant au patriarcat, à la domination de l'homme sur la femme, à une misogynie affichée...

 

 

 

Sources :

 

https://www.franceinfo.fr/societe/haine-des-femmes-la-menace-masculiniste_7351329.html#comments-embed

 

https://www.franceinfo.fr/societe/haine-des-femmes-la-menace-masculiniste_7351329.html

 

 

https://www.lepoint.fr/postillon/incel-les-ravages-d-une-ideologie-12-07-2025-2594246_3961.php

 

 

https://www.nouvelobs.com/societe/20250804.OBS106473/qu-avons-nous-fait-pour-que-lui-trouve-ca-normal-l-impuissance-des-proches-des-masculinistes.html

Mouvance INCEL : la haine des femmes...
Partager cet article
Repost0
21 avril 2025 1 21 /04 /avril /2025 11:49
Elon Musk et sa légion d'enfants super intelligents...

 

Elles s'appellent Justine Wilson (avec qui Elon Musk a eu six enfants), Talulah Riley, Claire Boucher, alias Grimes, Shivon Zilis, Ashley St Clair et toutes celles que l'on ne connaît pas...

Elon Musk enchaîne ainsi les conquêtes, et il est aujourd’hui le père de 14 enfants, dont 13 reconnus officiellement ! Le dernier en date porte ce prénom :  Romulus, qui fut le premier roi légendaire de Rome...

 

"Aux Etats-Unis, Elon Musk sous le feu des critiques pour son département de l'efficacité gouvernementale, gère aussi ses enfants et leurs mères un peu comme ses entreprises...

 

L'homme le plus riche du monde jongle avec au moins 14 enfants, leurs mères, la politique et le business. Il dit vouloir avoir une légion d'enfants d'une intelligence supérieure, et il met tout en oeuvre pour arriver à ses fins."

Voyons mais comment appelle-t-on cette forme de sélection ? N'est-ce pas de l'eugénisme ? On est où là ? Dans le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley ?

 

"C'est aussi l'obsession nataliste d'Elon Musk et la peur du déclin démographique : une enquête révèle ses propres méthodes pour se reproduire, recruter des mères potentielles, parfois en contactant des inconnues sur Twitter, avant l'Apocalypse, comme il l'a dit lui-même.

 

La mère de l'un de ses 14 enfants témoigne et parle d'un système de harem, elle affirme que le milliardaire lui aurait demandé de recruter d'autres mères porteuses pour se reproduire plus vite, elle affirme qu'il aurait exigé qu'elle accouche par césarienne pour que le cerveau du bébé soit plus gros, dit elle...

Et Elon Musk l'aurait pressé d'habiter dans un immense terrain du Texas, là où il envisage de réunir tous ses enfants et leurs mères.

 

Des méthodes très éloignées des standards conservateurs du Parti Républicain."

En effet, ce n'est pas là l'image de la famille traditionnelle chrétienne... on en est loin !

"La patron de SpaceX aurait aussi fait part à ses proches de son inquiétude à propos du taux de natalité plus élevé dans les pays du tiers monde, et évoqué son souhait de voir les personnes instruites se reproduire davantage."

 

Inquiétant, tout cela !  le patron de Tesla et SpaceX aurait eu aussi recours à la fécondation in vitro sélective pour n’avoir que des garçons.

Bienvenue dans le Meilleur des Mondes !

 

Sources :

à 4 minutes, 30 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-jeudi-17-avril-2025-1052730

 

https://www.facebook.com/letribunaldunetTV/videos/on-vous-pr%C3%A9sente-les-14-enfants-delon-musk-et-les-femmes-qui-ont-partag%C3%A9-sa-vie/984600229867164/

https://www.lepoint.fr/monde/une-legion-d-enfants-d-une-intelligence-superieure-comment-musk-voit-son-role-de-pere-16-04-2025-2587532_24.php

Elon Musk et sa légion d'enfants super intelligents...
Partager cet article
Repost0
20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 12:53
Afghanistan : un féminicide social...

 

En Afghanistan : des femmes emmurées vivantes, condamnées à l'emprisonnement à vie... une réalité terrible dont on ne parle guère...

"Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan, en août 2021, la place des femmes dans l'espace public se réduit comme peau de chagrin...

Dernière mesure annoncée par le chef suprême des talibans : les fenêtres ayant vue sur des espaces résidentiels occupés par des femmes doivent être obstruées !

Une nouvelle illustration de la folie de ce régime. Et c'est tout aussi fou de devoir expliquer sérieusement que si cette mesure a été prise, c'est parce que le fait de voir des femmes travaillant dans des cuisines, dans des cours, peut engendrer des actes obscènes...

Le communiqué du porte-parole du gouvernement taliban précise même qu'en cas de construction d'un nouveau bâtiment, celui-ci devra être dépourvu de fenêtres par lesquelles il est possible de voir l'intérieur des habitations.

C'est la mairie des communes qui devra directement surveiller la bonne application du texte.

Est-il aussi nécessaire d'ajouter que les propriétaires sont invités à construire un mur ou à obstruer la vue pour éviter les nuisances causées aux voisins ?

Cette mesure sur les fenêtres vient s'ajouter au fait qu'actuellement les Afghanes ne peuvent plus étudier au delà du primaire, aller dans les parcs, les salles de sport, les salons de beauté ni quasiment sortir de chez elles sans chaperon.

Une récente loi leur interdit de chanter ou de déclamer de la poésie ! En vertu, comme les autres directives, d'une application ultra rigoriste de la loi islamique.

Il faut rappeler que, depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021, les femmes ont progressivement été chassées de l'espace public poussant l'ONU à dénoncer un apartheid de genre. Il faut rappeler aussi qu'à l'époque de leur retour on avait parlé de talibans modérés ! La nuance semble être morte depuis longtemps.

 

L'effacement des femmes Afghanes est-il une fatalité ?

L'association La Chaîne de l'espoir présente en Afghanistan ne veut pas s'y résigner et elle appelle à réagir...

Son président Eric Cheysson témoigne : "Ce qui se passe là, c'est une honte pour l'humanité ! Enfin, on n'a jamais vu ça, mais jamais ! 20 millions de femmes qui sont soumises... vous savez, c'est comme si on les étranglait au fur et à mesure et tous les mois, tous les deux mois, on laisse un peu moins d'air passer. Et on déconsidère la femme, comme si elle était porteuse de l'obscénité future... mais je trouve cela diabolique ! Est-ce qu'il ne faudrait pas éduquer les enfants, les jeunes enfants, les jeunes adolescents et les hommes afin qu'ils gèrent leurs pulsions et d'arrêter d'étrangler la vie quotidienne des femmes tous les mois ou tous les deux mois ? et je parle depuis le 15 août 2021... le 20 août, c'était : les femmes ne devaient plus parler à voix haute, elles devraient chuchoter, elles ne peuvent plus chanter, ne peuvent plus dire de la poésie, la voix ne doit pas porter.

Il y a 15 jours, autre décret : les femmes ne seraient plus autorisées à aller dans les écoles d'infirmières, de sages-femmes et dans les études médicales... on se dit : mais c'est inimaginable ! Puisque les femmes ne peuvent être soignées que par les femmes... moi, je le qualifie de féminicide social. On ne peut pas laisser cet enfer à ciel ouvert se développer. Et moi, je suis très étonné : je trouve que tous ces mouvements de libération de la femme sont extraordinaires et bravo à chaque mouvement : Me Too , etc.

Mais pourquoi ça s'arrête à la frontière de l'Afghanistan ? Je ne comprends pas. On n'a pas vu plus d'atteintes aux droits des femmes que ce qui se passe en Afghanistan. Et je trouve qu'il y a un certain silence comme si l'Afghanistan était passé sous la pile de toutes les urgences liées à l'Ukraine, bien sûr, Gaza, la Syrie et la liste est longue..."

 

Source : à 7 minutes

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-lundi-30-decembre-2024-8983760

Et aussi :

https://www.lepoint.fr/monde/voici-la-liste-de-tout-ce-que-les-femmes-afghanes-ne-peuvent-plus-faire-31-12-2024-2579007_24.php

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2024 3 25 /09 /septembre /2024 09:43
"Des peuples malheureux parce que les femmes sont malheureuses"...

 

Invité de l'émission La Grande Librairie, Kamel Daoud est venu présenter son ouvrage Houris... 

L'Algérie pendant les années de plomb, l'Algérie durant sa guerre civile. Ses victimes, ses bourreaux, la condition de la femme, c'est un peu tout cela que raconte Kamel Daoud dans Houris.

Son héroïne, Aube, est une miraculée. Petite fille à moitié égorgée le jour de l'an 2000, elle est recueillie par Khadija. Aube entame alors un long monologue avec celle qui pousse dans son ventre, qu'elle dénomme Houri...

 

Interrogé par Augustin Trapenard, Kamel Daoud évoque alors la condition des femmes musulmanes et dresse un vibrant réquisitoire contre le sort qui leur est réservé :

 

"Je crois profondément, je le crois sincèrement, ce n'est pas une pose, que dans le monde qu'on appelle arabo musulman, nous avons des peuples malheureux parce que les femmes sont malheureuses...

Comment voulez-vous qu'on ait des enfants élevés avec l'idée du bonheur par des femmes battues, enfermées ? Comment voulez-vous avoir des pays arabes développés lorsque la moitié de la population est enfermée à partir de 18 ans ?

Comment voulez-vous qu'on puisse nous enrichir, nous mettre debout, qu'on soit une civilisation, quand nous marions nos Marie Curie à 18 ans pour les enfermer ?

Comment voulez-vous qu'on avance si la femme n'est pas réparée ?"

Augustin Trapenard évoque ensuite une phrase terrible du livre de Kamel Daoud :

"Je t'évite de naître pour t'éviter de mourir à chaque instant."

La mort à petit feu, tel est le sort réservé aux musulmanes...

 

Delphine Minoui franco iranienne témoigne aussi :

"C'est la malédiction de naître au mauvais endroit, au mauvais moment et c'est le cas des femmes iraniennes, de femmes qui vivent au Moyen Orient, je pense aux Afghanes aujourd'hui, en particulier. Vous naissez, vous vous sentez condamnée d'avance, parce que vous savez que vous n'êtes pas du bon côté de l'histoire. Comment se construire dans l'effacement ? Comment se reconstruire dans l'oubli ?

Et ces femmes là n'ont que ce seul choix, dire : résister, c'est exister..."

Et Kamel Daoud rajoute :

"La femme n'est pas propriétaire de son corps, son corps appartient à tout le monde, au mari, au père, au plus fort dans le quartier, à l'histoire collective, aux divinités... mais vous vous rendez compte ? Habiter dans une maison qui n'est pas à vous, dans un corps qui n'est pas à vous, et on vous force à porter des vêtements qui ne sont pas vous..."

Delphine Minoui intervient alors :

"Corps prison, corps territorialisé, colonisé par ceux qui ont décidé à votre place..."

 

Des femmes réduites à néant, qui n'ont même plus le droit de parler, de chanter, de vivre, d'exister... des femmes muselées, prisonnières, victimes des hommes et de leur barbarie.

Quand cessera cette malédiction qui pèse sur les femmes ? 

 

 

Sources :

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison-17/6457532-emission-du-mercredi-18-septembre-2024.html

 

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-est-a-nous/parole-vetements-hygiene-regards-la-vie-des-femmes-afghanes-est-desormais-legalement-sous-le-controle-des-talibans_6693240.html

 

 

"Des peuples malheureux parce que les femmes sont malheureuses"...
Partager cet article
Repost0
16 septembre 2024 1 16 /09 /septembre /2024 12:25
Affaire Pelicot : horreur et consternation...

 

Un procès qui choque toute la France : un mari, Dominique Pelicot qui pendant dix ans a organisé le viol de sa femme, droguée à son insu, par des dizaines d'hommes dont une cinquantaine sont sur le banc des accusés : ils ont entre 26 et 73 ans...

Un père de famille tranquille qui organise et filme le viol de son épouse chez lui, à Mazan, un village du Vaucluse... Dominique Pelicot a réalisé aussi des captations impudiques de sa fille et de ses belles filles, nues, filmées sous la douche.

 

Est-ce le procès de la culture du viol ?

Ce procès est une plongée dans l'horreur... des violences sexuelles imposées dans un cadre familial.

Gisèle Pelicot, la victime a voulu que ce procès soit public. Elle sait qu'elle incarne toutes les victimes : des femmes réduites à leur corps, à leur fonction sexuelle... des femmes réduites à l'état d'objets.

Et, en face, le manque d'empathie des accusés qui se présentent comme des victimes ! Des hommes ordinaires qui ont commis l'impensable...

Comment en est-on arrivé là ?

Tous les jours, dans toutes les juridictions de France, on juge des dossiers de viol... le viol est un crime de masse et un crime de l'ordinaire : viol de prédation, viol de domination, viol de la réappropriation, viol de l'opportunité (c'est l'occasion qui fait le viol).

Certains disent que ce sont des pulsions biologiques (les pauvres hommes ! ils sont comme ça)...

 

Les femmes ont, de plus, de grandes difficultés à porter plainte, parce qu'on ne les croit pas. Et dans ce procès, ce qui vraiment spécifique, c'est qu'il y a des images, des photos, des vidéos qui ont été saisies sur l'ordinateur de Dominique Pelicot. 20 000 photos et vidéos ! Les preuves sont accablantes...

Depuis une dizaine d'années, on voit éclater des affaires de violences sexuelles, des affaires de pédo criminalité qui suscitent une immense indignation, et qui, comme des bulles, explosent et disparaissent.

 

Ceux qu'on retrouve sur les bancs des accusés, c'est la société française en miniature :  ils ont entre 26 et 73 ans. Ils ont des frères et sœurs, des voisins, des compagnes, des enfants. Ils sont maçon, jardinier, journaliste, précaire, infirmier, militaire, ingénieur, gardien de prison, retraité, pompier, conseiller municipal... Ils n’ont pas de pathologie mentale et pour la plupart, pas d’antécédents judiciaires. Certains ont été victimes avant d’être bourreaux. Leurs vies sont à la fois singulières et banales. Ils sont 50, ils sont un peu monsieur tout le monde. 

 

Le viol, c'est souvent celui ou celle qui le subit qui en a honte, et cela peut prendre des années pour convaincre la personne qu'elle n'y est pour rien... venir le dire en public, c'est très important dans la poursuite du chemin. La publicité des débats est donc importante.

"Il faut que la honte change de camp", a dit Gisèle Pelicot.

Dominique Pelicot a été lui-même victime de viol dans l'enfance, marqué par un climat incestuel dans sa famille. Une mère soumise à un père autoritaire et incestueux avec une petite fille placée chez eux à l’âge de 5 ans. Dominique Pélicot avait coupé les ponts avec son père et n’avait pas assisté à ses obsèques.

 

Mais nous sommes aussi dans une société qui autorise les hommes à prendre le pouvoir : certains hommes qui n'ont pas subi de violences dans l'enfance commettent des viols.

Les femmes au service des hommes : c'est une image qui perdure dans nos sociétés. Les femmes doivent de l'attention, du sexe, du plaisir, du travail aux hommes : c'est toute cette culture qu'il faut changer.


L'affaire des viols de Mazan va-t-elle ouvrir, en plus, la porte à la résolution de deux autres cold cases ? Absent du procès pour raisons de santé depuis lundi 9 septembre, Dominique Pelicot est accusé d'avoir drogué celle qui est désormais son ex-épouse, pour ensuite la violer et la faire violer par des dizaines d'inconnus recrutés sur internet. Mais l'enquête a permis de le relier à deux autres affaires remontant aux années 1990, pour lequel il est désormais directement inquiété. 

Le septuagénaire à la personnalité trouble a, en effet, été mis en examen pour une tentative de viol en Seine-et-Marne remontant à 1999. Son ADN ayant été retrouvé sur les lieux, il a reconnu les faits, mais conteste avoir utilisé une arme. Malgré ses dénégations, Dominique Pelicot est également mis en examen depuis l'automne 2022 pour le viol et le meurtre en 1991 de Sophie Narme, 23 ans, dans le 19e arrondissement de Paris.

Dans ces deux affaires, qui n'ont pas encore été jugées, le mode opératoire est identique, avec deux femmes droguées à l'éther "dans le cadre d'une visite d'appartement, les deux victimes étant toutes deux agentes immobilières", précisait, début 2023, le parquet de Nanterre.

Les enquêteurs continuent de fouiller le passé de Dominique Pelicot... d'autres affaires jusqu'ici non élucidées pourraient ressurgir.

 

Décidément un dossier très lourd : le procès doit durer quatre mois.

 

 

Sources :

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/proces-des-viols-de-mazan-le-profil-trouble-du-mari_6776071.html

 

https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir/saison-5/6441911-mazan-le-proces-des-bons-peres-de-famille.html

 

 

 

Affaire Pelicot : horreur et consternation...
Partager cet article
Repost0
28 juin 2024 5 28 /06 /juin /2024 12:35
Pour fêter la poésie et la musique avec Eléon Daniel...

 

La poésie est musique, la musique est poésie : on ne peut pas les dissocier... La poésie dit souvent l'essentiel : la beauté du monde, sa fragilité, l'amour, l'amitié, mais aussi les détresses, les malheurs, le désarroi, la souffrance.

A l'occasion de la Fête de la Musique, Eléon Daniel la chante et la met à l'honneur avec un choix de merveilleux poèmes à découvrir ou redécouvrir...

D'abord, le célèbre Dormeur du Val de Rimbaud :

"C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons."

Comment mieux évoquer les splendeurs rayonnantes de la nature ? On sait comment s'achève ce poème : avec une dénonciation des horreurs de la guerre...

Et l'interprétation d'Eléon Daniel vient souligner ce contraste.

 

Puis, on écoute avec délice ce poème plein de fraîcheur de Victor Hugo : La coccinelle... l'histoire d'un rendez-vous manqué...

"Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J'aurais dû - mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l'insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s'envola.

- Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l'insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l'homme."

 

On aime aussi ce bel hommage aux femmes dans ce texte de Victor Hugo : Les femmes sont sur la terre...
 

"Les femmes sont sur la terre
Pour tout idéaliser ;
L’univers est un mystère
Que commente leur baiser.

C’est l’amour qui pour ceinture
A l’onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N’est, au fond, que l’ornement.

Tout ce qui brille, offre à l’âme
Son parfum ou sa couleur ;
Si Dieu n’avait fait la femme,
Il n’aurait pas fait la fleur.

À quoi bon vos étincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux ?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux ;"

 

Et encore cet autre hommage aux femmes de Gérard de Nerval :

 

"Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;
Aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

Courbé par le travail ou par la destinée,
L’homme à sa voix s’élève et son front s’éclaircit ;
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son coeur s’adoucit.

Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
Bien longtemps à l’attendre il faut se résigner.
Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?
"

 

Puis, c'est une invitation au voyage avec Le Relais de Gérard de Nerval... Bonheurs, mélancolie au programme...

"En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L’oeil fatigué de voir et le corps engourdi.

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, –
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,
De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux…
Hélas ! une voix crie : « En voiture, messieurs ! »"

 

On écoute encore une magnifique évocation du printemps, toute en nuances, avec ce poème de Nerval : Avril...

Déjà les beaux jours, – la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; –
Et rien de vert : – à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
– Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

 

On est ébloui par ce poème de Victor Hugo, qui raconte l'émerveillement des enfants pour la lecture... Victor Hugo a découvert, très jeune, le bonheur de la lecture : il raconte cette expérience, dans un de ses poèmes les plus connus, extrait des Contemplations, intitulé Aux Feuillantines.
Les Feuillantines étaient un ancien couvent désaffecté où résida la mère de Hugo de 1809 à 1812... Ce poème nous replonge dans le monde merveilleux de l'enfance : Victor Hugo évoque ses deux frères, sa mère, dans une scène familière...


"Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fimes pour l'avoir,
Mais je me souviens bien que c'était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire."

Et comment ne pas être ému par le personnage du mendiant décrit par Hugo ?

"Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre; il s’arrêta devant
Ma porte, que j’ouvris d’une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C’était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l’homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : – Venez vous réchauffer un peu."

 

On écoute encore un des plus célèbres sonnets de Verlaine : Mon rêve familier..., une vision onirique de la femme...

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend..."

 

On aime la sensualité entre désir et retenue de ce poème de Rimbaud : Première soirée :

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

 

On découvre la Chanson des Ingénues de Verlaine :
 

"Nous sommes les Ingénues
Aux bandeaux plats, à l'oeil bleu,
Qui vivons, presque inconnues,
Dans les romans qu'on lit peu.
Nous allons entrelacées,
Et le jour n'est pas plus pur
Que le fond de nos pensées,
Et nos rêves sont d'azur ;
Et nous courons par les prés
Et rions et babillons
Des aubes jusqu'aux vesprées,
Et chassons aux papillons ;
Et des chapeaux de bergères
Défendent notre fraîcheur
Et nos robes - si légères -
Sont d'une extrême blancheur ;"

 

Comment ne pas apprécier la fraîcheur de ce poème de Rimbaud ?

"On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
− Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
− On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, − la ville n’est pas loin -,!
A des parfums de vigne et des parfums de bière…"

 

On est ému par la douce mélancolie de ces vers célèbres de Verlaine :

"Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme!
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit,
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

- Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?"

 

La jeunesse encore chantée par Tristan Corbière :

"Elle était riche de vingt ans,
Moi j'étais jeune de vingt francs,
Et nous fîmes bourse commune,
Placée, à fonds perdu, dans une
Infidèle nuit de printemps...

La lune a fait [un] trou dedans,
Rond comme un écu de cinq francs,
Par où passa notre fortune :
Vingt ans ! vingt francs !... et puis la lune !"

 

On est séduit par ce poème intitulé Impression fausse de Verlaine, entre prison et rêve de liberté :
 

"Dame souris trotte,
Noire dans le gris du soir,
Dame souris trotte
Grise dans le noir.
 
On sonne la cloche,
Dormez, les bons prisonniers !
On sonne la cloche :
Faut que vous dormiez.
 
Pas de mauvais rêve,
Ne pensez qu’à vos amours.
Pas de mauvais rêve :
Les belles toujours !
 
Le grand clair de lune !
On ronfle ferme à côté.
Le grand clair de lune
En réalité !
 
Un nuage passe,
Il fait noir comme en un four.
Un nuage passe.
Tiens, le petit jour !
 
Dame souris trotte,
Rose dans les rayons bleus.
Dame souris trotte :
Debout, paresseux !"

 

Et quelle fraîcheur dans ce texte de Hugo: La pauvre Fleur disait au papillon céleste !

 

Enfin, un bel hymne à la nature, limpide, empli de simplicité, avec un poème de George Sand : A Aurore...

"La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même."

 

 

Bravo et merci à Eléon Daniel pour ce joli moment, pour la mise en musique et l'interprétation de toutes ces poésies, dans des conditions difficiles : le vent, le bruit de la circulation, les passants de la rue...

 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 mai 2024 3 01 /05 /mai /2024 11:54
Un rappeur condamné à mort en Iran...

 

Il s'appelle Toomaj Salehi : il vient d'être condamné à mort pour les paroles de ses chansons dans lesquelles il dénonce le régime islamiste en Iran...

Condamné à mort pour des mots dénonciateurs !

 

"Ses textes sans concession font trembler les Mollahs, il a deux millions d'abonnés dans son pays, une star que le régime iranien vient de condamner à mort...

Chef d'accusation : "corruption sur terre", selon la charia. Son tort est de protester contre la République islamique dans ses chansons... dont voici un extrait :

"Etudiants et professeurs, ingénieurs et travailleurs, Nous hurlons nos droits jusqu'à rendre sourde la dictature, Femme, vie, liberté, nous nous battrons jusqu'à la mort..."

 

Dès le début de la contestation en Iran, fin 2022, le chanteur s'était engagé auprès des femmes qui retiraient leur voile. Arrêté et incarcéré, il a osé dénoncer la torture lors de sa brève libération. "J'ai été longuement torturé pendant ma détention, ils me frappaient sur les mains, les pieds, quand j'essayais de me protéger avec les mains, ils m'ont brisé les doigts", avait-il déclaré face à une caméra.

Un témoignage qui lui vaut aujourd'hui une condamnation à mort, signe selon son avocat, Dylan Slama, de la fébrilité du régime de Téhéran :

"La justice iranienne utilise vraiment tout ce qu'elle peut pour faire condamner les opposants. C'est une justice politique. Mais s'agissant de Toomaj, ça prend des proportions vraiment extraordinaires puisque la condamnation à mort pour de simples paroles, c'est quelque chose que l'on pourrait qualifier de barbare..."

 

853 Iraniens exécutés l'an dernier, un record depuis 2015.

Aujourd'hui, la révolte n'est pas éteinte, mais c'est à bas bruit qu'elle se poursuit : des femmes qui continuent de retirer leur voile, de faire des rassemblements festifs.

"C'est une manière de s'opposer à cette idéologie mortifère du régime qui leur demande d'être tristes, d'être des martyrs... "

Une résistance non violente pour contourner la répression.

"La contestation est moins spectaculaire, elle est tout aussi courageuse et dangereuse, et elle est répandue dans toutes les couches et toutes les générations de la société iranienne"...déclare Aida Tavakoli, présidente de l'Association "We are Iranian Students".

Aujourd'hui les fans et les proches du rappeur espèrent une mobilisation internationale pour le sauver..."

 

On ne peut qu'admirer le courage de ce rappeur qui dénonce un régime d'un autre temps, despotique et cruel... un héros comme sont des héroïnes ces manifestantes iraniennes qui refusent le joug des barbus, au prix de leur vie.

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/iran/manifestations/iran-un-rappeur-condamne-a-mort-pour-ses-mots_6510431.html

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0