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7 août 2026 5 07 /08 /août /2026 12:24
Des jonquilles aux derniers lilas...

Une chanson pleine d'amour et d'humour ! Une chanson emplie de fraîcheur, de vie : le titre Des jonquilles aux derniers lilas évoque l'univers des fleurs, un monde de beauté, d'harmonie et de bonheur... car les jonquilles annoncent comme les lilas la bonne saison : le renouveau du printemps...

 

Et bien sûr, les fleurs et le printemps sont souvent associés à l'amour : c'est ainsi que le narrateur qui parle à la première personne raconte sa rencontre avec "Emilie": "J'ai connu Emilie", on remarque ici l'emploi du verbe "connaître" qui peut avoir le sens ancien de "avoir des relations intimes"... le personnage évoque la beauté de la jeune fille de manière hyperbolique : "Elle était si jolie", d'autant plus que sa beauté est cernée de fleurs " des jonquilles aux derniers lilas."

 

En contraste, dans le tableau qui suit, on voit l'animosité et la violence d'un père autoritaire qui dans la "ferme endormie"  attend le jeune homme avec un fusil... chasse gardée !

Le vocabulaire est fort, volontairement caricatural : 

"Il me chassa aux premières jonquilles,
Me fusilla des jonquilles aux derniers lilas"

Le contraste entre les fleurs et la violence du vocabulaire est amusant, il prête à sourire et crée un effet burlesque.

 

La suite de la scène est particulièrement piquante, dans tous les sens du terme, avec cette anecdote qui est plutôt amusante :

"Un jour, dans la grange aux loups, aux premières jonquilles,
Elle sauta sur mes genoux des jonquilles aux derniers lilas.
Une fourche me piqua, je me relevai en hurlant."

 

C'est alors pour le narrateur la fuite éperdue à travers bois... on voit la scène comme dans un film... et dans le refrain, on retrouve de manière insistante le geste du père :

"Il me piqua aux premières jonquilles
Et me fourcha des jonquilles aux derniers lilas."

On remarque l'emploi amusant du verbe "fourcher" dans un sens qui n'est pas habituel, ce qui renforce le comique et la parodie...

 

Et le personnage ne se contente pas de séduire la jeune fille, il boit aussi le vin du paternel, si bien qu'il se retrouve catapulté "au fond de la mare aux canards." Et on note comme en contrepoint burlesque l'emploi du verbe "connaître" dans ces vers :

"Son pèr' voyant le tableau, me fit connaître un peu plus tard
Les grenouilles et les crapauds au fond de la mare aux canards."

Le vocabulaire hyperbolique utilisé " il m'injuria et me noya" relève encore de la parodie...

 

Dans le dernier couplet, comme un écho amusant au premier, on retrouve encore l'emploi du verbe connaître : 

"J'ai connu le sel et le plomb aux premières jonquilles.
J'ai connu l'auge à cochon des jonquilles aux derniers lilas."

Le "sel" peut représenter le sel de la vie, l'amour de la belle Emilie, le "plomb" symbolise la virulence du père, ainsi que "l'auge à cochons".

 

L'accumulation des mésaventures vécues par le personnage crée un effet comique, d'autant que le narrateur survit à toutes ces violences.

La fin de la chanson montre encore la vitalité, l'élan de vie du personnage, avec des verbes de mouvement :

Est-il encor' derrièr' moi ? Que m'importe Je cours encor'.
Je vais, je vas aux premières jonquilles
Du pré au bois des jonquilles aux derniers lilas.

 

La présence de la nature marque le triomphe de la vie, de la joie de vivre, le départ vers de nouvelles aventures...

La mélodie pleine d'entrain souligne merveilleusement cette vitalité du personnage...

 

 

Pour mémoire :

Des jonquilles aux derniers lilas » est une chanson interprétée par Hugues Aufray, sur des paroles de Jean-Michel Rivat et Frank Thomas et une musique de Maurice Dulac.

 

Les paroles :

 

https://www.parolesbox.fr/fr/paroles/hugues-aufray/des-jonquilles-aux-derniers-lilas

 

 

 

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27 mai 2026 3 27 /05 /mai /2026 09:22
Recul de la liberté d'expression aux Etats-Unis...

 

"C'est la fin d'une émission mythique de la télévision américaine. La chaîne CBS a diffusé ce 21 mai  le dernier numéro du Late Show, à l'antenne depuis 1994 et le plus suivi du genre. Présenté depuis 11 ans par l'humoriste Steven Colbert, le rendez-vous était un savant mélange de cinéma, de musique, de littérature et de politique.


CBS justifie son arrêt par des raisons économiques, en se gardant bien de préciser que Steven Colbert était l'une des bêtes noires de Donald Trump.

300 personnes attendent d'entrer dans le lieu où l'émission est enregistrée chaque jour...

Pour Carol venue de Californie, la fin du Late Show, c'est bien plus qu'un programme qui s'arrête :

"Je suis très triste car c'était ma bouée face à tout ce qui se passe dans le monde, une pause humoristique pour affronter cette période où l'on ne comprend rien, ça va me manquer..."

Kim est certaine que cet arrêt est la conséquence de la liberté de ton de Steven Colbert, notamment lorsqu'il avait critiqué un pot de vin après le paiement de 16 millions de dollars par Paramount, propriétaire de CBS, à Donald Trump : 

"Il a le courage de critiquer les autorités, et on en a besoin. Il a été remercié trois jours après avoir parlé de l'accord avec Trump. C'est pour ça qu'il faut continuer à s'exprimer comme Jimmy Kimmel, on devrait pouvoir exprimer ses désaccords avec le président."

Une autre s'inquiète du signal envoyé aux autres chaînes : 

"C'est terrible que son émission soit juste supprimée, comme ça, qui sait s'ils ne s'en prendront pas aux autres présentateurs de Late Show, ça peut arriver à tout le monde.

En juillet dernier lors de l'annonce par CBS de la fin de l'émission Donald Trump avait, lui, écrit adorer voir Colbert viré."

Un recul de la liberté d'expression aux Etats-Unis...

"J’adore le fait que Colbert ait été viré. Son talent était encore inférieur à son audience."  a déclaré Donald Trump...Une satisfaction qui a même poussé Donald Trump à menacer directement Jimmy Fallon et Jimmy Kimmel, présentateurs du The Tonight Show et du Jimmy Kimmel Live, deux autres programmes phare de la fin de soirée.

"Le prochain sera Jimmy Kimmel, encore moins talentueux, puis Jimmy Fallon, faible et très peu sûr de lui", avait-il publié sur son réseau Truth Social. 

 

Sources :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-jeudi-21-mai-2026-4543750

 

 

https://www.huffingtonpost.fr/medias/video/la-fin-du-show-de-stephen-colbert-victoire-pour-donald-trump-et-agonie-de-la-liberte-d-expression_263683.html

Recul de la liberté d'expression aux Etats-Unis...
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15 mai 2026 5 15 /05 /mai /2026 11:40
La vraie (?) vie de Spartacus racontée par Plutarque...

Et voici la véritable histoire de Spartacus racontée par Moinstarque (cousin de Plutarque, celui-ci n’étant pas disponible). Le spectacle fait revivre les moments forts de cette légende. Esclave, évadé, révolté, glorieux puis défait, quel est le destin  de ce héros ? Est-il mort ? Ou a-t-il fini ses jours sur une plage ensoleillée de Sicile au sein d’une communauté ?

 

Encore un bon moment de rires et de détente, lors des Journées Romaines de Nîmes, avec ce spectacle de la Compagnie Effet Tchatche qui revisite l'histoire de la rébellion de Spartacus transformée en révolte syndicale...

Et voici le public métamorphosé en une troupe d'esclaves destinés à la gladiature... ou à servir de repas aux lions dans l'arène...

Des jeux de mots à foison, des chansons parodiques, des gags, des clowneries, des effets de décalage, des noms loufoques : Ablatif Absolu, Pasdemalus, les spectateurs ont ri aux éclats devant cette représentation délirante...

Un régal !

Trois acteurs qui jouent différents rôles...

Au début, Panionios, marchand d'esclaves et Ablatif Absolu discutent au sujet d'une troupe d'esclaves qui arrivent de Délos : des esclaves qui sont représentés par la foule du public...

Nous voici soudain devenus des esclaves voués à la gladiature, des esclaves Thraces, Parthes, etc.

Et Ablatif Absolu s'empresse de vanter sa marchandise : des esclaves triés sur le volet, zéro défaut... à vendre plus de 1000 drachmes, sauf un petit lot à donner : ce sont des croquettes pour les lions...

Lentulus arrive alors, mécontent des esclaves que lui a vendus Panionios le jour précédent... Jeux de mots, plaisanteries... Lentulus veut des Thraces : un spectateur soi-disant Thrace est interrogé, Panionios lui demande son nom... "Laurent", dit-il...

Un autre spectateur intervient : il dit s'appeler Spartacus... c'est en fait le même acteur qui jouait précédemment le rôle d'Ablatif Absolu... et Lentulus veut l'engager dans son école de gladiateur, son "ludus".

Mais bientôt Spartacus liste toute une série de revendications : La retraite en vie, et puis arrêtons de crier sur les CRS, avec ce panneau : CRS, caresse, et De l'houmous pour tous, des RTT, du repos tant attendu...

Et les pétitions deviennent des pavés à envoyer sur la tronche de Lentulus... "comme ça, Lentulus reçoit fortement le message !"

La distribution des pétitions, c'est hilarant ! Une pour Krasucki, une autre pour le Ché, une autre pour Karl, une autre pour Arlette, sans oublier Jean Luc...

Puis, c'est la manif en chanson... avec le panneau CGT, Syndicat des gladiateurs tatoués, ou traumatisés... "On va tout péter car on est syndiqués !" clame Spartacus...

La suite du spectacle met en scène, de manière parodique et loufoque, le combat entre les légions de Crassus, et les gladiateurs révoltés menés par Spartacus...

L'issue du combat réserve bien des surprises !

 

Les personnages qui sont empruntés à la vérité historique : 

Cnaeus Lentulus Batiatus est le propriétaire de l’école de gladiateurs de Capoue durant le Ier siècle av. J.-C.

Cette école était composée en majorité de Thraces (dont Spartacus) et de Gaulois (dont Crixus et Œnomaüs). Durant le consulat de Cassius et Lucullus (73 av. J.-C, les gladiateurs se révoltèrent et une partie d'entre eux parvint à s'enfuir, déclenchant la troisième guerre servile.

 

Marcus Licinius Crassus, né vers 115 av. J.-C. à Rome et mort en 53 av. J.-C., est un général et homme politique romain qui joua un rôle essentiel dans le passage de la République à l'Empire. Ayant amassé une immense fortune durant son existence, il est considéré comme l'homme le plus riche de l'histoire de Rome.

Crassus commence sa carrière d'homme d'État en tant que commandant militaire pendant la seconde guerre civile. Après la victoire de Sylla et son ascension en tant que dictateur, il amasse une énorme fortune grâce à la spéculation immobilière. Crassus s'impose sur la scène politique romaine après sa victoire contre les esclaves révoltés de Spartacus, partageant le consulat avec son rival Pompée.

 

Spartacus est un gladiateur d'origine thrace, qui, avec les esclaves gaulois Crixus, Gannicus, Castus et Œnomaüs, est à l'origine de la troisième guerre servile, le plus important soulèvement d'esclaves contre la République romaine, entre 73 et 71 av. J.-C.

Panionios dit Panionios de Chios, est le nom d'un marchand d'esclaves qui vécut entre la fin du VIe siècle av. J.-C. et le début du Ve siècle av. J.-C. ; mentionné par l'historien grec Hérodote au Ve siècle av. J.-C., c'est l'un des premiers marchands d'esclaves connus. Il n'a donc pas vécu à l'époque de Spartacus.

 

Liens historiques :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spartacus

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cnaeus_Lentulus_Batiatus

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crassus

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Panionios_de_Chios

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8 mai 2026 5 08 /05 /mai /2026 12:12
Une farce romaine : Medicus, médecin de gladiateurs...

Les Journées Romaines ont fait leur grand retour du 23 au 26 avril 2026, à Nîmes. Spectacles, reconstitutions et animations ont plongé la ville dans l’Antiquité Romaine. 

Cette année, c'est le personnage de Spartacus et l'art des gladiateurs qui étaient mis à l'honneur lors d'un grand spectacle dans l'Arène de Nîmes... 

 

Et devant le temple de Diane, c'était un spectacle loufoque qui était donné par la Compagnie ACTA...

Un bon moment de rires et de détente dans le cadre prestigieux des Jardins de la Fontaine...

Un médecin antique et un gladiateur se retrouvent liés le jour de la finale d'un combat prestigieux dans un amphithéâtre : le médecin profite de l'occasion pour expérimenter sa médecine nouvelle et le gladiateur se voit déjà en haut de l'affiche.

En ressort un tableau original, oscillant entre comique et absurde illustré par les prescriptions farfelues du médecin et les divagations d'un gladiateur prétentieux.

Comique de répétition, comique de mots, de situation, comique de caractère, toutes sortes de procédés comiques sont exploités dans cette farce romaine...

 

Un spectacle comique mais non dénué de vérités historiques...

Par exemple, le nom du médecin mis en scène dans ce spectacle évoque le nom d'un médecin célèbre de l' antiquité : Scribonius Largus était un médecin à la cour de l’empereur romain Claude (41-54). Il est connu pour son recueil de remèdes, utilisés jusqu'au XVIIe siècle, et dont la préface pose les bases d'une éthique de la prescription médicale, inspirée du Serment d'Hippocrate.

A ce sujet, un article de Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Scribonius_Largus

 

Autre fait véridique : les gladiateurs avaient accès à des médecins, ils étaient soignés. Galien, le plus grand médecin de l'antiquité commença sa carrière dans une école de gladiateurs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Galien

 

Dès le début du spectacle, le médecin Largus  présente une de ses inventions :

"Comme vous pouvez le constater, j'utilise le meilleur de la technologie moderne et efficace, notamment avec mon invention qui ne manque pas d'audace : le trépanax !

Plusieurs tests concluants ont été effectués La phase 1, sur enfant, fut un très grand succès", dit-il en montrant un squelette étalé sur la scène...

"La phase 2 sur des  animaux n'a eu aucun procès", dit-il encore en montrant un renard ou un chien empaillé....

"Et aujourd'hui, nous passons en phase 3 : dans cet amphithéâtre où les combats font loi, il est temps de l'étudier sur un homme..."

 

C'est alors qu'arrive le gladiateur préféré de Largus...

Les deux personnages se congratulent et tombent dans les bras l'un de l'autre...

Le gladiateur raconte son entrée triomphale sous les applaudissements de 20 000 spectateurs. Et la foule en délire l'applaudit...

Le gladiateur redoute alors que Largus utilise sur lui le trépanax, déjà testé sur le chien Pollux qui s'est retrouvé empaillé.

Le gladiateur se vante de ses victoires dans l'amphithéâtre : 

"Vous allez voir défiler ici tous mes adversaires... la double peine pour eux d'avoir perdu devant 20 000 spectateurs et de se retrouver sur la table de Largus..."

Le gladiateur retourne au combat et le médecin Largus se présente précisément :

"Je suis le medicus Largus Scribonius, masseur, apothicaire et médecin, par Apollon, Asclépios, par Hygie et Panacée, je fais le serment de tout faire pour soigner..."

 

Le médecin fait alors la démonstration de tous les instruments dont il dispose pour prodiguer ses soins : un lacet pour attacher le gladiateur et l'empêcher de bouger, un couteau, un scalpel, un marteau, et même une faux !

Autant d'outils qui font plus songer à des instruments de torture qu'à des soins médicaux...

Le médecin explique alors que les blessures des gladiateurs ne sont pas si fréquentes, car la plupart du temps ils combattent avec des armes plombées, ils sont très protégés...

 

Le gladiateur revient ensuite victorieux de son combat, et raconte ses exploits... puis retourne dans l'arène.

Le médecin présente ses potions aux noms burlesques : "crocodili testiculum, intestinum putridus, urinum vacca", etc.

C'est alors que revient le gladiateur, en boîtant : il a cette fois-ci été blessé au pied...

"Pas le trépanax !" supplie le gladiateur...

Après maintes manipulations, le médecin lui retire finalement un caillou dans la chaussure !

Et le gladiateur retourne au combat... puis revient en se tenant la tête et en criant de douleur... il a oublié d'attacher son casque... après une manipulation, le gladiateur se remet, mais refuse les potions du médecin pour guérir sa blessure...

Et nouveau retour du gladiateur dans l'arène...

Le médecin fait l'éloge de ses remèdes : "Tout le monde sait que dans cette maison, il n'y a que moi qui puisse obtenir guérison. Ma réputation traversera les générations ! Mes prescriptions dans 2000 ans retrouvées me rendront une gloire jusqu'ici bafouée !

Il est vrai que j'ai commis quelques erreurs, mais qui peut se vanter d'une vie sans malheur ?

Il faut dire qu'aujourd'hui, c'est spécial, car notre gladiateur est un peu stressé : il combat sur la piste avec armes tranchantes, ce type de combat, il n'y en a que trois par an... Heureusement pour moi, car je manque d'équipements.

Ah si seulement, j'avais un ou une assistante ! cela me serait utile ! Mais il y en a là des assistants !" dit-il en scrutant le public.

"Il y en a qui sont intéressés pour apprendre la médecine ?"

Des "Oui ! Oui"  fusent dans le public...

Le médecin choisit une assistante parmi les spectateurs, lui offre un tablier pour l'hygiène, la coiffe d'une charlotte... et lui demande son nom : "Elise", dit-elle.

"N'hésitez pas à prendre des photos ! sur Facebook et tout ça !" commente le médecin.

Applaudissements de la foule...

Le médecin fait alors ses recommandations : "Ne touche pas à cette machine là, le trépanax, c'est dangereux, cela nécessite un petit réglage... si tu veux, on va essayer..."

Et l'assistante d'acquiescer ! "Si c'est pour la science !" dit-elle. 

Rires de la foule...

Et voici le gladiateur de retour : il vient demander le secours du médecin car un drame s'est produit : un gladiateur est très mal...

Le médecin emporte sa trousse de secours et emmène son assistante... et tous deux disparaissent derrière un rideau blanc.

Derrière le rideau, on entend ces mots : "Mais qui est-ce qui m'a foutu une assistante pareille !"

Pendant ce temps, le gladiateur manipule le trépanax et le casse...

Retour du médecin qui houspille son assistante en lui disant "Arrête de pleurer !"

Et soudain, ils ressortent de derrière le rideau et le public découvre dans l'hilarité générale, le tablier maculé de sang de l'assistante.... alors que le médecin déclare, en contraste : 

"ça s'est extrêmement bien passé Messieurs Dames !"

"Bon, mais je sais pas si tu es faite pour la médecine, quand même... je t'ai senti un petit peu sur la corde, quand même..." déplore le médecin.

Elise rejoint alors le public sous les applaudissements de la foule...

 

Je vous laisse découvrir la suite et fin du spectacle dans la vidéo n° 7, avec un renversement amusant des rôles...

Bravo à tous ceux qui ont participé à ce spectacle : les deux acteurs, mais aussi le public qui a réagi spontanément, l'assistante Elise qui a su animer le spectacle de son sens de la répartie...

 

https://www.babelio.com/livres/Teyssier-Gladiateurs/1770816

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1 mai 2026 5 01 /05 /mai /2026 11:50
Humour et musique... la suite...

Marc Simon a donné une conférence musicale sur le thème : humour et musique, une occasion de découvrir de nombreux procédés comiques...et aussi un beau moment de détente et de rires...

Harry Partch (24 juin 1901 – 3 septembre 1974) était un compositeur, théoricien de la musique et créateur d' instruments de musique uniques. Il construisit ses propres instruments pour interpréter ses compositions et décrivit la méthode sous-jacente à sa théorie et à sa pratique dans son ouvrage Genesis of a Music.

Une musique étonnante pleine de surprises et d'humour !

Charles Trenet, lui, a recours à l'absurde et au fait de se confronter aux animaux dans une chanson intitulée Le fils de la femme poisson...

"Il pleut sur la foire.
Tout est aux abois;
Tirs et balançoires,
Manèges et ch’vaux d’bois
Et j’entends l’histoire
D’un type un peu fou,
Qui dans la nuit noire,
Me dit l’air très doux :


"Je suis le fils de la femm’ poisson.
Ma tante était femme à barbe,
Mon grand’père était homme tronc,
Mon frère est dompteur de lions.
Ah! Ah!
Et mon cousin tient une maison
De plaisir, près de Tarbes."

On retrouve ce thème de l'animalité dans cette chanson : Hound Dog, Chien de chasse...Hound Dog  est une chanson de blues rock américain, écrite et composée par Jerry Leiber et Mike Stoller, et enregistrée en version rythm and blues en 1952 par Big Mama Thornton. Sa reprise en single en version rock 'n' roll - rockabilly par Elvis Presley en 1956 est un des premiers et plus importants succès de sa carrière et de l'histoire du rock. sur le thème des "coureurs de jupons". "Tu n'es rien d'autre qu'un chien de chasse..."

 

L'humour peut provenir aussi d'un décalage entre quelque chose de sérieux et un sujet dérisoire : c'est ainsi que Francis Blanche écrit La Pince à Linge sur une musique de Beethoven : la célèbre symphonie N° 5.

 

C'est encore Francis Blanche qui a écrit Soeur Marie Louise... une chanson parodique sur le couvent que nous interprète Marc Simon...

 

Francis Blanche était aussi l'ami de Pierre Dac, grand humoriste... ce que l'on sait moins, c'est que Pierre Dac fut aussi un grand résistant. Il a voulu rejoindre l'équipe du général de Gaulle à Londres. Il a fait de la résistance par l'humour...  Il a été, pendant la Seconde Guerre mondiale, une figure de la Résistance contre l'occupation de la France par l'Allemagne nazie grâce à ses interventions sur Radio Londres.

Il intervient pour la première fois le 30 octobre 1943. À l'antenne, il parodie des chansons à la mode (Les Gars de la marine devenant "Les gars de la Vermine") pour brocarder le gouvernement de Vichy, les collaborationnistes et le régime nazi.

 

"Les joyeux bouchers" est une chanson satirique de Boris Vian qui critique de manière humoristique et ironique la société de consommation et la violence quotidienne. Elle a été écrite dans les années 1950, une période marquée par l’essor du consumérisme et la montée en puissance de la culture de masse.

 

Une musique amusante aussi pour ce dessin animé : Woody Woodpecker, le pic vert...

 

Sans oublier cette chanson parodique : Cha-cha-cha des thons avec un T (comme crocodile) ! Les paroles ont été écrites par Jean Belin, Léo Missir, la musique composée par Fernand  Andreoli et Léo Missir.

 

Une bande de thons remontant la rivière
S'en allait gaiement, s'en allait gaiement
Une bande de thons remontant la rivière
S'en allait gaiement vers Val d'Isère, la ri lon lère
S'en allait gaiement, vers Val d'Isère
Le roi des thons, avec sa régulière,
Frétillait gaiement, frétillait gaiement,
En tête des thons qui r'montaient la rivière,
Allant directement vers Val d'Isère, la ri lon lère
Allant directement vers Val d'Isère


Cha-cha-cha des thons, cha-cha-cha des thons,
Cha-cha-cha des thons, cha-cha-cha des thons,
Cha-cha-cha des thons, cha-cha-cha des thons,
Cha-cha-cha des thons avec un T (comme crocodile)
Cha-cha-cha des thons avec un T

 

 Merci à Marc Simon pour ce joli moment de découvertes et de partages...
 

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24 avril 2026 5 24 /04 /avril /2026 11:31
Humour et musique...

Marc Simon a donné une conférence musicale sur le thème : humour et musique, une occasion de découvrir de nombreux procédés comiques...et aussi un beau moment de détente et de rires...


 "Dans un match de catch pour rire, nous allons explorer les rapports compliqués, voire houleux, entre humour et musique. Car la musique est la voix des dieux, et le divin pousse parfois à la joie, moins à la rigolade. Rire en musique, c’est parfois mettre les deux pieds dans la flaque du sacré : bien souvent, du lourd qui éclabousse !
Or le rire en musique est possible, avec un grand doigté, et une bonne dose de mélancolie. Observons ensemble les réussites, pudiques ou baroques, de quelques aventurières et innovateurs, depuis les sopranos du "Duo des Chats" aux philo-farces de Boby Lapointe, de Satie au Portsmouth Sinfonia." nous dit Marc Simon...

Humour et musique : deux éléments qui ne sont pas toujours solubles l'un dans l'autre, la musique se suffisant souvent à elle-même...

Et pourtant, de nombreux musiciens se sont illustrés dans l'humour notamment à travers des chansons.

Ainsi, aux Etats-Unis, Frank Zappa a publié un disque pour se moquer des convenances américaines avec cette chanson : Bow Tie Daddy, Papa avec le Noeud Papillon...  Bow Tie Daddy  est l'un des titres les plus singuliers de Frank Zappa, un morceau qui combine satire mordante, groove funk et improvisation jazz-rock, typiques du style avant-garde du guitariste et compositeur américain. Une narration ironique de Zappa, qui tourne en dérision la mode du nœud papillon et les excès de la société de consommation...

Marc Simon nous interprète alors cette chanson mêlant version américaine et française... un régal !

 

André Minvielle, lui, est un chanteur français percussionniste. Il chante en français ou en occitan, et pratique ce qu'il appelle la vocalchimie, un mélange de scat, de blues et de rap, qu'il accompagne parfois de vielle à roue, de percussions et de bruitages. Une sorte d'acrobate vocal et cela met de bonne humeur !

 

Erik Satie, quant à lui, est un musicien anticlassique : il veut une musique épurée, répétitive à l'extrême avec des titres poétiques et humoristiques, il  a inventé la musique minimaliste... La répétition est aussi un procédé comique : c'est Bergson qui définit le comique de répétition dans son essai sur le rire.

 

Le comique, c'est aussi le travestissement des voix : on connaît le célèbre Duo des chats, une parodie humoristique d'un duo d'amour, une oeuvre attribuée à Rossini mais qui n'est pas de Rossini. Elle a été écrite en 1825 par le compositeur anglais Robert Lucas de Pearsall.  Les paroles se limitent à des "Miaou" déchirants et confèrent à l’ensemble un ton humoristique.

 

David Moss travestit aussi sa voix. David Moss (né le 21 janvier 1949 à New York) est un compositeur, percussionniste et chanteur autodidacte américain, fondateur du David Moss Dense Band. Ses performances sont reconnues pour leur style novateur...

 

N'oublions pas le comique de parodie avec cette reprise humoristique du chant religieux : Kyrie Eleison, transformé en Qu'ils riaient les hérissons, par le groupe Chanson plus bifluorée : 

"Qu'ils riaient les hérissons, qu'ils riaient les hérissons, Avant de passer sous le camion, Pauvres hérissons !"

On voit là que la cruauté est aussi une des composantes de l'humour...

 

On retrouve le procédé du travestissement de la voix dans les musiques de dessins animés... notamment dans la chanson de Popeye... celui qui nous parle des épinards !

 

Et ce n'est pas fini ! A suivre !

 

 

 

 

 

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5 septembre 2025 5 05 /09 /septembre /2025 12:00
ELLE, un magnifique concert théâtral...

Guilhem Fabre est pianiste : en 2019, il crée uNopia, un camion-scène doté d'un grand piano de concert dans lequel il organise des spectacles autour de la musique classique pour tous les publics.

François Michonneau, lui, est comédien et auteur : c'est lui qui a écrit le spectacle ELLE dans le cadre du projet uNopia, initié par Guilhem Fabre.

 

Ce spectacle empli de poésie et d'humour, intitulé ELLE, a été présenté dans le cadre des Jeudis de Nîmes...

ELLE, c'est la musique classique...

Trente minutes avant de monter sur scène, un pianiste voit sa vie défiler et s'interroge : "Que peut la musique ?"

Ce spectacle évoque à la fois  la passion et les affres d'un musicien avant d'entrer en scène...

 

Et c'est François Michonneau qui ouvre le spectacle et qui commente les pensées et les gestes du musicien :

"Ne penser à rien... C'est le secret... Il s'assoit sur la chaise en bois, il se sert un café...

Le secret est de ne penser à rien... Il se délie les doigts, il frotte ses doigts, il boit une gorgée de café... Surtout ne pas penser !

Il se regarde au miroir, il voit ses cernes, il vérifie sa braguette... il se rassoit, il est prêt... Il saisit un petit carnet bleu... Surtout ne pas penser !

Il sent un léger picotement sur ses jambes... Ses mains se sont mises à jouer et tout d'un coup, plus rien n'existe sauf ELLE ! La mesure 56 de la première ballade de Frédéric Chopin !

Il est resté à travailler tard... Mardi, il débouche une bouteille de vin, il s'est approché de l'instrument et il a joué !"

Vient alors un long moment musical où on se laisse charmer, envoûter par cette ballade mélancolique, rêveuse de Chopin : une musique qui s'amplifie, tourbillonne, une merveille !

Et François Michonneau reprend ses commentaires :

"ELLE est venue ! Le vin l'y a aidé... il espère que ce soir elle reviendra. Il attrape le petit carnet bleu et commence à lire un poème sur la mer de Marcel Proust.

Il pense alors à leur première rencontre : Quand ? Mais faut-il être précis en amour ? La première fois, elle l'avait saisi si fort qu'il s'était arrêté net de jouer... Depuis toujours il l'avait désirée : il était adolescent, et il ne pouvait pas tout dire, l'âge de la révolte, des boutons, des passions... il a commencé à la vivre en secret.

Il retrouvait ses partitions, il prenait une grande inspiration et enfin, il jouait pour ELLE en espérant qu'ELLE vienne...

Il en est tombé désespérément amoureux et il a voulu tout lui sacrifier... Il faut du temps, des heures, des heures à rater, à reprendre, à répéter, répéter, répéter toujours... des heures à se dire : "je n'y arriverai jamais."

Puis, en une seconde, abandonner, puis recommencer, répéter, répéter encore... des années pour la technique, des années de travail, des années pour un jour, une heure, un moment...

Une vie pour ELLE !"

 

"Encore cinq minutes, avant de... l'horrible TIC TAC de l'horloge... Tout s'accélère, son souffle, son coeur... et soudain, une irrésistible envie de partir qui, chaque fois, revient...

Il pourrait s'enfuir, dévaler les marches quatre à quatre, il pourrait sortir en courant, il pourrait prendre sa voiture... sauf que... il n'a pas de voiture...

Il pourrait grimper dans une fusée, mais les voyages interstellaires, ce n'est pas pour les artistes intermittents du spectacle, c'est trop cher !

Rêver d'un aller simple pour les étoiles : la fusée monte dans le ciel, il se décharge, il lâche du lest... Ah disparaître !"

(Le comédien mime alors l'artiste dans l'espace, juché sur une chaise, la tête enivrée par la vision des étoiles.)

 

"L'oublier ? ELLE ? Impossible ! La fusée a décollé sans lui, en fait...

Soudain, on frappe à la porte : "Monsieur Fabre, il faut y aller !"

Il tremble... Il est venu pour une déclaration d'amour... et plus on a peur avant, plus c'est bon !"

Et cette déclaration d'amour, il la livre à tous ceux qui méconnaissent la musique classique :

"Il faut dire qu'elle n'est inaccessible que de réputation, elle est à tout le monde ! Elle est universelle ! Elle ne résout pas les conflits armés, elle n'empêche pas les guerres, elle n'est pas politique, elle n'est pas partisane, mais elle console les chagrins, elle traverse les frontières !"

 

 

Magnifique éloge de la musique !

La suite du spectacle réserve encore bien des surprises : rires, poésie, émotions...

 

 Les œuvres de Chopin, Mozart, Haendel, Sibelius, Bach, Ravel, Prokofiev, Rachmaninov, jouées au piano par Guilhem Fabre, ponctuent cette évocation de la musique...

 


 


Le poème de Marcel Proust sur la mer (extrait de Les Plaisirs et les Jours)

"La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l'insuffisance de la réalité à les satisfaire. Ceux-là qui ont besoin de repos avant d'avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine. Rien n'y demeure, rien n'y passe qu'en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui ! De là cette grande pureté de la mer que n'ont pas les choses terrestres. Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu'il faut une pioche pour entamer. Le pas d'un enfant sur l'eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l'eau en sont un moment brisées; puis tout vestige s'efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde. Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, incertaines et désertes. Tout y est plus mystérieux, jusqu'à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu'y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures.

La mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit, qui sont pour notre vie inquiète une permission de dormir, une promesse que tout ne va pas s'anéantir, comme la veilleuse des petits enfants qui se sentent moins seuls quand elle brille. Elle n'est pas séparée du ciel comme la terre, est toujours en harmonie avec ses couleurs, s'émeut de ses nuances les plus délicates. Elle rayonne sous le soleil et chaque soir semble mourir avec lui. Et quand il a disparu, elle continue à le regretter, à conserver un peu de son lumineux souvenir, en face de la terre uniformément sombre. C'est le moment de ses reflets mélancoliques et si doux qu'on sent son coeur se fondre en les regardant. Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre sur la terre noircie, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère, par quelle brillante relique du jour enfouie sous les flots. Elle rafraîchit notre imagination parce qu'elle ne fait pas penser à la vie des hommes, mais elle réjouit notre âme, parce qu'elle est, comme elle, aspiration infinie et impuissante, élan sans cesse brisé de chutes, plainte éternelle et douce. Elle nous enchante ainsi comme la musique, qui ne porte pas comme le langage la trace des choses, qui ne nous dit rien des hommes, mais qui imite les mouvements de notre âme. Notre coeur en s'élançant avec leurs vagues, en retombant avec elles, oublie ainsi ses propres défaillances, et se console dans une harmonie intime entre sa tristesse et celle de la mer, qui confond sa destinée et celle des choses."
 

 

 

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16 août 2024 5 16 /08 /août /2024 12:04
En chantant...

 

Une ode à la joie de vivre et à l’optimisme et aussi un bel hommage à la chanson et à la musique  dans ce texte interprété par Michel Sardou... un hommage qui commence avec l'évocation de l'enfance et qui suit le déroulement de la vie quotidienne du narrateur : le poète raconte ses expériences à la première personne, comme une confidence faite aux auditeurs... il semble ainsi très proche de nous... Le vocabulaire utilisé est très simple, familier, et fait songer à du style parlé :

"Quand j'étais petit garçon
Je repassais mes leçons
En chantant..."

Le chant, la musique favorisent la mémorisation, c'est là, on le sait, une bonne méthode d'apprentissage... La chanson nous aide ainsi dans notre quotidien, elle nous accompagne tout au long de notre vie depuis l'enfance. Nous nous sentons tous concernés par cette évocation familière de l'enfance...

La chanson est aussi une assurance de bonne humeur qui permet de "chasser les idées noires". Elle offre la possibilité de transcender des moments difficiles et d'apporter réconfort et joie de vivre. 

Et le poète d'énumérer des situations plutôt désagréables que les chansons permettent de dépasser :

"C'est beaucoup moins inquiétant
De parler du mauvais temps
En chantant
Et c'est tellement plus mignon
De se faire traiter de con
En chanson
La vie c'est plus marrant
C'est moins désespérant
En chantant"

On apprécie au passage l'humour du narrateur qui accepte volontiers de "se faire traiter de con" en chanson...

Et c'est naturellement en chantant qu'il a rencontré pour la première fois l'amour.

On découvre alors et on suit sa première expérience amoureuse racontée encore avec un certain humour et une certaine autodérision :

"La première fille de ma vie
Dans la rue je l'ai suivie
En chantant
Quand elle s'est déshabillée
J'ai joué le vieil habitué
En chantant
J'étais si content de moi
Que j'ai fait l'amour dix fois
En chantant"

Avec cette chute amusante encore :

"Mais je n'peux pas m'expliquer
Qu'au matin elle m'ait quitté
Enchantée"

Mais la chanson n'est pas seulement une expérience personnelle enrichissante, elle  a aussi le pouvoir de réunir les humains, de les relier entre eux en maintes circonstances, elle renforce le sentiment d'appartenance : on passe alors de la première personne du singulier à un pluriel : "Tous les hommes".

"Tous les hommes vont en galère
À la pêche ou à la guerre
En chantant
La fleur au bout du fusil
La victoire se gagne aussi
En chantant"

La religion est encore une occasion de chanter ensemble, comme le souligne  l'emploi du pronom indéfini : on...

"On ne parle à Jéhovah
À Jupiter à Bouddha
Qu'en chantant
Quelles que soient nos opinions
On fait sa révolution
En chanson"

Et même l'épreuve ultime, la mort peut être une occasion de chanter : sont alors évoqués les membres de la famille, femme, enfants, donnant une tonalité encore plus intimiste et en même temps universelle à la chanson...

"Puisqu'il faut mourir enfin
Que ce soit côté jardin
En chantant
Si ma femme a de la peine
Que mes enfants la soutiennent
En chantant"

Et la chanson est  encore un soutien et un réconfort par delà la mort, avec l'évocation de la figure du père et des bons copains...

"Quand j'irai revoir mon père
Qui m'attend les bras ouverts
En chantant
J'aimerais que sur la Terre
Tous mes bons copains m'enterrent
En chantant
La mort c'est plus marrant
C'est moins désespérant
En chantant"

Humour, bonne humeur, optimisme font de cette chanson un magnifique hymne à la joie de vivre. Le texte souligne aussi l'importance de la musique et du chant dans la vie quotidienne... . La musique, et en particulier le chant ont des effets bénéfiques. Oui, chanter, c'est bon pour le moral et pour la santé. En chantant, les gens peuvent aussi exprimer leurs émotions et se relier aux autres.

 

Pour mémoire :

"En chantant" est une chanson de Michel Sardou, sortie en 1978 et parue sur l'album Je vole. Écrite par Pierre Delanoë et Michel Sardou et composée par le chanteur italien Toto Cutugno, la chanson remporte un grand succès en France.

 

Les paroles :

 

https://genius.com/Michel-sardou-en-chantant-lyrics

 

Les paroles en italien :

 

https://lyricstranslate.com/fr/toto-cutugno-cantando-en-chantant-french

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2024 5 24 /05 /mai /2024 11:42
Un spectacle burlesque dans un cadre champêtre : les Jardins de la Fontaine...

 

Un spectacle burlesque en déambulation dans un cadre champêtre et prestigieux : les Jardins de la Fontaine à Nîmes, l'occasion de découvrir aussi ce lieu chargé d'Histoire, le canal, la source, le temple de Diane... un spectacle savoureux qui mêlait humour et culture... 

Ce spectacle a été présenté lors des Journées Romaines de Nîmes... par la Compagnie Art Scène Lutin.

Dans l'allée principale des Jardins, cette farce intitulée TRAHISON s'ouvrait sur un contrôle d'identité à la romaine : la Police Prétorienne interpelle une femme qui, apeurée, décline péniblement son identité : "Je m'appelle Polyvalencia, je suis guide touristique..." un contrôle suivi d'un "alcooletum testum".

Une scène amusante où l'un des policiers se révèle lui-même positif à ce test d'alcoolémie, un procédé comique : un renversement de situation... qui provoque les rires des acteurs et du public...

 

Arrive alors un autre personnage, un Romain qui se présente : "Mythomarcius Balivernus, narrateur et grand historien de Rome..." On sourit, bien sûr, de ce nom parodique à souhait...

Balivernus présente aussi sa complice : "Polyvalencia, issue des tribus ibériques de barbares, comme on dit...", appellation aussitôt contestée par l'intéressée.

"Je suis venu pour vous dire que rien ne va plus dans notre Rome tant aimée. Des Romains haut placés complotent dans l'ombre et rien ne va plus", poursuit Balivernus.

"Tout a commencé en l'an 8 après JC", précise Polyvalencia. "Et on va vous narrer toute la petite histoire qui a fait que c'est devenu la grande et qui a fait que c'est devenu le déclin de l'Empire."

Et Balivernus ajoute :"Alors, il y a des espions partout, nous sommes sur le qui vive, alors moi, Balivernus, je vais vous donner un secret pour ne jamais être contrôlé par la garde prétorienne. Dès que vous avez le soupçon sur qui que ce soit, il vous suffit de faire ce que l'on appelle : "l'extase."

Comique de gestes à l'appui : pied droit en avant, bras ouverts, buste penché en arrière, tout cela souligné par un "ooooh !" prolongé...

La foule participe au spectacle et se prête aussi au jeu de l'extase...

 

Le spectacle se poursuit dans un autre lieu des Jardins : près du canal que nous présente Balivernus :

"Vous êtes ici devant ce que l'on appelle non pas des bains, non pas un bassin, mais une chose extrêmement importante : le canal qui va amener les eaux jusqu'à la ville de Nemausus. Pourquoi il est intéressant de s'arrêter ici ? Le canal alimente des fontaines, des abreuvoirs, etc. Mais je dois vous révéler une chose : nous avons réglé un petit problème qui prenait beaucoup d'ampleur... figurez-vous que le canal, on l'a submergé, car on pouvait marcher entre les arcades et s'y promener. Et voyant cela, nous avons mis des poissons, et pour éviter que les gens ne s'y promènent, ce sont des piranhas... le moindre petit doigt, le moindre pied qui s'aventureraient dans le canal seraient immédiatement dévorés... alors, vous allez me dire : "Pourquoi vous avez fait ça ?" Eh bien, c'est assez simple : la jeunesse de Nemausus, pleine de vigueur, pleine d'amour, venait le soir, à la nuit tombée, se promener en dessous, ils amenaient de la nourriture, ils amenaient du vin, ils s'enivraient, on pouvait dire que c'étaient les premières boîtes de nuit, et ça faisait du bruit !

Et donc, ce canal est situé en contrebas de la colline d'en face et, quand les jeunes se donnaient rendez-vous, ils disaient : "On se retrouve ce soir au canal, on se retrouve ce soir au BAS CANAL" aux Bacchanales, vous savez ce que c'est que les Bacchanales ? C'est un lieu de perdition, où on boit, où on mange... les enfants, bouchez-vous les oreilles ! Et il y a également des hommes nus."

"Où ça ?" demande, intéressée, Polyvalencia.

"Et aussi des femmes nues et ça batifole, et ça batifole, d'où l'expression, grâce au canal des Jardins de la Fontaine de Nemausus : "Allons faire une bas canale, bacchanale"...

Voilà une étymologie originale, étonnante qui provoque le rire des spectateurs...

 

Nouvelle scène, cette fois devant le temple de Diane...

"La plupart d'entre vous pensent qu'ici c'est le temple de Diane, c'est normal,  c'est écrit sur les prospectus, partout... mais que nenni, pas du tout ! car c'est un Augusteum, un hommage à Auguste, nous, on va dire que c'est un Augusteum..." explique alors Polyvalencia.

"Tu as tout à fait raison, Polyvalencia... nous allons descendre... en bande organisée." poursuit Balivernus.

Rires de la foule devant cette expression empruntée au droit, en complet décalage avec le contexte...

"Alors, comme vous le disait Polyvalencia, ce ne peut pas être le temple de Diane, je vous rappelle que maintenant nous sommes en l'an 9 après JC, et là ce ne peut être qu'un Augusteum, car je connais personnellement l'empereur Auguste, premier empereur de Rome ! Et quand il est venu ici en villégiature, de passage, il m'a dit : "Balivernus, sois la mémoire de mon passage à Nemausus et fais donner en mon honneur une cérémonie de façon à ce qu'ils s'en souviennent toujours. Nous sommes arrivés à la date fatidique, ça se produit tous les 200 ans, c'est pour vous dire que vous avez beaucoup de chance !"

S'ensuit une cérémonie avec fumées, danses des Vestales transformées pour la circonstance en pom-pom girls, battement de tambour...

Balivernus mène la cérémonie : "Oh grand Augustus, tus, tus ! Là, je fais l'écho, parce que je vous explique : avant, il y avait des murs, et malheureusement, après un terrible incendie, tout s'est écroulé, mais avant, ça résonnait fort, très fort ! Donc vous allez faire aussi l'écho avec moi."

Et le public participe à la création de l'écho : 

"Oh grand Augustus !" TUS, TUS, crie la foule. Premier empereur des Romains, MAIN, MAIN ! Prends nos enfants par la main, MAIN, MAIN ! Pour les emmener vers demain, MAIN, MAIN !

Et la scène s'achève avec une version parodique et décalée de la chanson d'Yves Duteil : Prendre un enfant par la main, entonnée par la foule et avec une séance d'extase...

Plus loin, Balivernus remonte le temps et fait un cours d'histoire sur Jules César qui n'a jamais été empereur, il a été gouverneur de Rome, grand commandant en chef  de toutes les armées, avec des pouvoirs économiques, politiques. Et Balivernus évoque, de manière pittoresque, le complot fomenté par Brutus pour assassiner César.

Dernière volonté de César : "Je veux que celui qui me remplace s'appelle Octave..." Octave qui deviendra Auguste, premier empereur de Rome.

 

Nouveau tableau devant la source de Nemausus, dieu celte qui a donné son nom à la ville : "Les celtes ont ont été les premiers à venir s'installer ici", explique Polyvalencia...

"Ils sont venus pas par hasard mais parce qu'il y a des résurgences d'eau de pluie qui s'infiltrent dans le sol et qui font qu'ils avaient de l'eau..."

Et Balivernus en vient à raconter sa rencontre avec les nymphes de la source, un soir de pleine lune :

"Derrière moi, sur le côté, j'entends : "Balivernus ! Balivernus !" Je me retourne, un peu interloqué, qui m'appelle ? Et j'entends une autre voix : "Balivernus ! Comme tu es beau !" Et une troisième voix : "Balivernus ! Balivernus ! On t'aime !"

Je me retourne et je regarde et qu'est-ce que je vois ? A la surface de l'eau, trois nymphes... et je dis : "Mais que faites vous là ?" 

"Mais c'est parce qu'on voulait te voir et l'une d'entre nous voulait te faire un cadeau..."

"Ces nymphes s'appellent Oxygénia, Métania, Azotia...

Mais elles souffrent d'un problème, nous dit Balivernus : elles font de l'aérophagie, et ces trois nymphes pètent dans l'eau, et si vous voyez des bulles revenir à la surface, c'est qu'elles sont là.

Et Oxygénia est la fille de Chronos et là elle me dit : "Tiens Balivernus, ceci est un de mes présents. C'est mon père qui l'a fabriqué... cette chose que j'ai dans la main me permet d'arrêter le temps, quand je le veux, je peux le bloquer, le débloquer, le rebloquer, le débloquer, le faire repartir en arrière, en avant. Je vous en ferai la démonstration dans quelques secondes..."

 

La scène finale se déroule devant le grand mur des Jardins : le couple Germanicus, Agrippine s'apprête à recevoir des invités : un autre couple, Arminius, (conseiller du gouverneur Varus, ambassadeur de Rome après des tribus barbares germaniques) et sa femme Thusnelda.

 

Agrippine et Germanicus sont vraiment d'origine romaine, alors que Thusnelda et Arminius sont, eux, des barbares, des Germains qui ont été élevés tout petits par Rome et ils vont commencer à vouloir trahir Rome.

Les deux couples se querellent et décident de régler leur différent dans une partie de "chifoumium" ! La partie est remportée par Agrippine et Germanicus, ce qui provoque la colère d'Arminius et de Thusnelda qui s'en vont dépités. Ils vont remonter sur le front de l'est pour fomenter un complot...

 

Bien que le spectacle soit éminemment comique (avec nombre de procédés : comique de gestes, de situation, de mots, de caractère, de répétition, grossissements burlesques),  il est émaillé de faits réels qui ont constitué l'histoire de Rome : le sanctuaire dédié au dieu celte Nemausus, près de la source, intégré ensuite par les Romains dans l'Augusteum, lieu de culte dédié à l'empereur Auguste, premier empereur de Rome.

Le temple de Diane s'inscrit dans ce sanctuaire mais sa fonction première est discutée. Son plan basilical exclut le fait qu'il s'agisse d'un temple romain et le terme "de Diane" ne s'appuie sur aucune donnée archéologique ou historique connue à ce jour. On date bien l'édifice de l'époque d'Auguste.

Autre fait historique réel : l'assassinat de César par Brutus.

La trahison d'Arminius, chef d'origine chérusque a valu à Rome une de ses plus cuisantes défaites lors de la bataille de Teutobourg, en l'an 9 après J.C.

Enfin, les noms pittoresques de tribus germaniques cités dans la dernière scène sont bien réels : les Chauques, les Chérusques, les Chattes, les Angrivariens, les Usipètes, les Bructères.

 

Merci à tous les acteurs de la troupe pour ce bon moment passé en leur Compagnie dans ce lieu mythique : Les Jardins de la Fontaine à Nîmes...

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Teutobourg

 


 

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16 juin 2023 5 16 /06 /juin /2023 11:20
Une farce romaine : l'histoire extraordinaire de Cléopâtre...

 

Un spectacle hilarant, rempli de références à l'antiquité romaine, un spectacle érudit et loufoque en même temps, un spectacle parodique qui fait appel à toutes les ressources du comique : comique de gestes, de mots, de situation, de caractère, de répétition...

Un spectacle en plein air à la façon antique...

Un spectacle vivant qui fait intervenir les spectateurs invités à participer à toutes les péripéties de cette farce romaine.... un spectacle musical avec danses, accompagnement d'instruments de musique antiques...

Un spectacle complet auquel ont pu assister, pendant les Journées Romaines, les habitants de Nîmes, anciennement Nemausus.

 

Et comme les acteurs ne sont que trois, les spectateurs sont immédiatement conviés à jouer le rôle du choeur...

"Je vous propose d'être le choeur de cette comédie antique. A tous moments, on viendra vous solliciter, on vous donnera une phrase et vous devrez la répéter ensemble. On va s'entraîner un peu : Nous sommes le choeur !" déclame en préambule un des acteurs de la pièce.

"Nous sommes le choeur !" répètent les spectateurs.

"Pas mal ! vous avez déjà fait choeur dans votre vie, non ?" commente le comédien...

Puis il appelle l'auteur de la pièce qui dit-il "nous fait la grande joie, le grand honneur d'être là parmi nous cet après midi. On va l'appeler par son nom, il s'appelle Cubitus Radius !"

Et la foule de répéter Cubitus Radius !

"Mais comme il a un ego surdimensionné, comme il est un peu sourd, surenchérit le comédien, il faut y aller vraiment, vraiment, vraiment..."

Et la foule de se prêter au jeu de la répétition...

 

Et voici qu'apparaît Cubitus Radius !

"Nous nous trouvons à Rome, au moins pour le premier acte de cette comédie." et le choeur est invité à acclamer les musiciens qui entrent pour commencer la pièce de théâtre...

"Némausiens, Némausiennes, nous sommes en - 36, avant qui on ne sait pas ! Vous allez découvrir l'histoire extraordinaire des trois personnages les plus importants de tous les temps ! J'ai nommé : Octave... j'ai nommé également Marc Antoine, et enfin, la grande, la belle, la fabuleuse  Cléopâtre !

Vous verrez de la rébellion, de la haine, de l'amour, de l'audace et du sang Rhésus A +."

 

La pièce met en scène la rivalité entre Octave et Marc Antoine, les deux consuls désireux de devenir les maîtres de Rome... tout en prenant quelques libertés avec l'histoire...

 

Sont évoquées les moeurs et les institutions romaines : l'appel aux dieux, les sacrifices, les Vestales, avec des allusions à l'actualité de notre époque.

 

Les comédiens mêlent fiction et réalité dans un aller-retour continuel entre les faits historiques et la farce humoristique afin de nous plonger dans un univers antique aussi divertissant qu’instructif.

 

Bravo aux comédiens de la Compagnie Effet Tchatche et aux spectatrices et spectateurs qui ont joué les rôles de la Vestale, de la mer, des mouettes, de la tortue, de Cléopâtre...

 

 

La vraie histoire de Cléopâtre :

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/cleopatre-marc-antoine-vs-octave-passer-a-l-actium-2755632

 

 

 

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