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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 13:02
Un beau moment musical avec ce concert de l'orchestre des Mines d'Alès...

Créé en avril 2022, l'Orchestre des Mines d'Alès (OMA) est une association musicale réunissant plus de 40 musiciens. L'orchestre est composé à la fois d'étudiants et de membres du personnel de l'IMT Mines Alès ainsi que de membres extérieurs passionnés de musique.

L'OMA  a pour ambition de faire découvrir la musique à un large public, de la promouvoir et de la partager...

De nombreux jeunes étudiants dans cet orchestre que l'on sent passionnés par la musique, investis dans cette activité de loisir.

 

Un répertoire éclectique pour ce concert : musiques de film, oeuvres classiques, comédies musicales, chansons...

 

Et le concert s'ouvre sur une musique de film : L'extase de l'or de Ennio Morricone extraite de Le Bon, la Brute et le Truand, une musique envoûtante, soulignée par la voix de la soprano : Olga El Kik...

 

Puis, on est enchanté par cette autre musique de film : Mon voisin Totoro,  un film d'animation japonais réalisé par Hayao Miyazaki. Une musique aérienne, légère...

 

L' Hymne à l'amour, une chanson d'Édith Piaf sortie en 1950, dont les paroles ont été écrites par Édith Piaf et la musique par Marguerite Monnot nous emporte encore dans ses envolées de notes...

 

ABBA Gold,  une compilation de quelques grands succès du groupe de pop suédois ABBA, nous fait revivre les plus belles musiques de ce groupe...

 

Nous voici bientôt plongés dans la magie des nuits orientales avec la musique du film Aladdin : dépaysement garanti !

 

Puis c'est Libertango de Piazzolla qui nous entraîne dans ses rythmes envoûtants !

 

On se laisse ensuite bercer par la Danzón no 2, une œuvre musicale pour orchestre symphonique du compositeur mexicain Arturo Márquez, créée le 5 mars 1994. Influencée par le danzón, les rythmes populaires et la musique de concert mexicaine, cette pièce est la plus remarquable de la série de neuf pièces du même nom et elle entre au répertoire de nombreux orchestres mexicains et du reste du monde...

Puis c'est un joyeux medley des chansons du groupe des Blues Brothers, et le public scande cette musique rythmée, en tapant des mains...

 

Merci et bravo à tous les musiciens et chanteurs pour ce concert donné pour la Société des Membres de la Légion d'Honneur...

L'auditoire a été sous le charme et a chaleureusement applaudi l'orchestre pour cette splendide prestation initiée par le comité d'Alès. l'Ecole des Mines d'Alès a été décorée de la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur en aout 1937 pour le rôle éminent de ses anciens élèves dans l'industrie minière en France et dans le monde. L'IMT Mines Alès a rejoint la SMLH récemment. (SOCIETE DES MEMBRES DE LA LEGION D’HONNEUR)

 

https://gard.smlh.fr/news/concert-de-l-orchestre-de-l-imt-mines-ales-7738

 

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31 décembre 2025 3 31 /12 /décembre /2025 10:10
La cigarette au cinéma...

J'ai revu récemment le film L'Homme tranquille (titre original : The Quiet Man), un film américain réalisé par John Ford, sorti en 1952, avec John Wayne, Maureen O'Hara, Barry Fitzgerald et Victor McLaglen dans les rôles principaux....

Dans de nombreuses scènes du film, on voit le héros incarné par John Wayne allumer une cigarette, fumer parfois en présence de celle qui interprète son épouse : Maureen O'Hara. 

Dans un autre film franco-italien, Le Mépris, réalisé en 1963 par Jean-Luc Godard, c'est le personnage incarné par Michel Piccoli qui allume sans cesse une cigarette... on le voit même en train de fumer un cigare alors qu'il prend un bain !

Dans un autre scène, c'est Brigitte Bardot qui en grille une...

 

La cigarette a connu et connaît encore trop souvent ses heures de gloire au cinéma...

Une promotion soutenue par les industriels du tabac, une publicité récurrente pour mettre en évidence une certaine beauté du geste, une élégance...

La cigarette a été souvent magnifiée au cinéma : moment de détente, de complicité ou de tension, la cigarette est mise en scène dans de nombreux films, comme si elle était indispensable aux scénarios.

Et les industriels du tabac en ont grassement profité, cachant pendant longtemps les méfaits de la cigarette sur la santé...

 

Et voici que "Après des années de mesures et de campagnes antitabac, le monde du 7e art renoue avec la cigarette. En 2024, plus de la moitié des films sortis au cinéma contenait des représentations de tabagisme."

C'est ce que révèle un article du journal Le Point...

 

"Que ce soit au cinéma, dans les séries ou l’industrie musicale, le tabac a le beau rôle à nouveau. Fumée du bout des doigts dans un geste presque glamour, la cigarette est (re)devenue l’accessoire privilégié des acteurs. Elle est même parfois la star du film – rappelons que Cillian Murphy, qui incarne le rôle du physicien J. Robert Oppenheimer dans le film éponyme, a dû en fumer quelque 3 000 (factices, bien sûr) pendant le tournage pour coller à son personnage.

Selon le dernier rapport de l’association américaine dédiée à la lutte contre le tabac, Truth Initiative, plus de la moitié (51 %) des films sortis au cinéma en 2024 contenait des représentations de tabagisme – contre 41 % entre 2023 et 24 % en 2022. Pourtant, ces dernières années, la cigarette avait perdu de sa superbe. Depuis le début des années 2000 et l’entrée en vigueur de la loi Évin en France, les campagnes antitabac avaient envahi le monde du 7e art."

" Les écrans contribuent à redorer le blason du tabac. Selon une étude publiée en mai dernier par l’Alliance contre le tabac, 80 % des œuvres nommées pour l’oscar du meilleur film cette année contenaient des scènes de tabagisme. À noter par exemple la Palme d’or de 2024, Anora, où la cigarette est présente pendant 14 minutes. Dans L’Amour ouf, elle accompagne les acteurs pendant 11 minutes.

Les risques liés au tabagisme sont pourtant prouvés de longue date. Il demeure la principale cause de décès évitable en France, avec 75 000 morts chaque année. Un cancer sur trois est lié à la consommation de cigarettes – le plus connu étant celui du poumon, dont 80 à 90 % des cas sont liés au tabagisme actif. Le tabagisme peut également être à l’origine de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou du diabète."

Pourquoi tant d'images de cigarettes au cinéma ? Il semble que les lobbies du tabac exercent encore leur influence néfaste. Le profit encore et toujours au coeur de nos sociétés...

 

Source :

https://www.lepoint.fr/culture/oppenheimer-stranger-things-comment-les-films-et-series-nous-ont-redonne-lenvie-de-fumer-BVPA3YG5X5H23JKZCW7KRETNGA/

La cigarette au cinéma...
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31 octobre 2025 5 31 /10 /octobre /2025 12:45
Frissons...

Depuis Les Oiseaux de Hitchcock jusqu'à Phantom of the Paradise de Brian de Palma, on ne compte plus les films où la musique vient suggérer, distiller, voire provoquer des sentiments d'inquiétude, d'angoisse, de terreur... A côté de l'héroïne ou du méchant, n'est-elle pas un véritable personnage du film, certes invisible, mais si présent ? 

Pourquoi la musique peut-elle faire peur ? Quels outils, quels secrets de fabrication pour la compositrice, le compositeur ?

Marc Simon au cours d'une conférence musicale nous a dévoilé ces secrets...

 

L'histoire de la peur n'a pas commencé avec le cinéma : c'est vieux comme le monde ! De nombreux procédés sont utilisés pour faire peur... l'émotion a commencé dans les contes, avec des aventures qui font peur.

On connaît tous le personnage du Chaperon Rouge confrontée au loup, les histoires de loup garou, ou encore Dracula...

Et Marc Simon nous chante alors une chanson parodique sur le thème du loup... et nous dit que le chanteur peut modifier sa voix, la rendre plus caverneuse pour susciter la peur...

 

Au début du cinéma, les musiciens accompagnaient les films en direct, mais rapidement le son est entré dans les films. Les compositeurs étaient rompus à tous les styles de musique.

 

On écoute alors la musique d'un film sorti en 1932 : The Most Dangerous Game, en français Les chasses du comte Zaroff, une musique composée par Max Steiner. Un thème sombre, inquiétant....

En 1933, la musique de King Kong est encore composée par Max Steiner : un air ténébreux à souhait...

C'est Bernhard Kaun qui compose la musique de Frankenstein en 1931 : encore une musique troublante, terrifiante...

 

Dracula est un roman épistolaire de l'écrivain irlandais Bram Stoker publié en 1897 : beaucoup d'histoires ont été écrites à l'époque autour des Carpathes. C'est James Bernard qui compose la musique du film : encore une musique très sombre, stridente... on ressent une dissonance... deux notes qui ne devraient pas être jouées ensemble...

Nous sommes habitués à la quinte : un son qui est dans la nature. Le Diabolus in musica (litt. "le diable dans la musique"), ou triton, est la présence d'un intervalle de trois tons : un intervalle qui sonne un peu douloureux.

Le diable en musique ou Diabolus in musica, désigne depuis les théoriciens du Moyen-Âge, l'intervalle de quarte augmentée (ou quinte diminuée), formé par trois tons consécutifs, soit un "triton", comme le nom de l'animal maléfique. 

 

Aux USA, on trouve une chanson qui parle de fantômes : Spooks de Luis Armstrong... Attention aux fantômes ! Une version comique... On entend des portes qui grincent, des cris, le bruit du vent est fait avec la bouche... c'est amusant.

 

Dans les séries, le fantastique et l'épouvante connaissent aussi un vif succès... Notamment The Twilight Zone, La quatrième dimension avec deux compositeurs Bernard Herrmann, puis Marius Constant qui utilise clavecin et synthétiseurs.

 

En 1960, dans le film Psychose de Hitchcock, un morceau qui s'appelle Le Meurtre est particulièrement terrifiant : des violons qui font comme des coups de couteau... une musique de Bernard Herrmann, à nouveau avec l'utilisation du demi-ton.

 

Dans les séries célèbres, on peut citer aussi Les Envahisseurs, avec une musique où on retrouve le demi-ton et des clusters, des agglomérats de notes, ce qui crée une atmosphère oppressante.

 

Birmingham est un groupe de jeunes musiciens : ils sont les compositeurs de Black Sabbath... On écoute d'abord des sons de cloches dans le lointain, puis la pluie et une musique sombre, avec des notes dissonantes et un autre procédé : la lenteur, avec des sons très graves ou très aigus.

 

Dans la musique de L'exorciste, c'est le procédé de répétition qui est utilisé...

 

C'est John Williams qui écrit la musique des Dents de la mer où l'on retrouve ce procédé de répétition qui crée une impression de menace d'une bête qui sort de l'eau...

 

John Morris compose la musique de Elephant Man, le film de David Lynch : une musique douce qui peut devenir menaçante... car le film évoque une créature qui fait peur par son aspect, mais qui a beaucoup de douceur en elle... un contraste qui est très beau...

 

En 1984, sort la comédie horrifique Gremlins, avec une musique de Jerry Goldsmith : là encore ça commence dans la douceur, mais une douceur trompeuse, puis c'est très virulent grâce à une fanfare un peu fofolle...

 

Dans le film Alien, le huitième passager, la musique fait intervenir le thème de la cloche qui revient souvent, puis la mélodie devient très sombre...

 

 

Merci à Marc Simon pour cette conférence musicale qui nous a permis de découvrir ou de redécouvrir de nombreuses musiques de films associées à la peur...

 

 

 

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6 octobre 2025 1 06 /10 /octobre /2025 11:51
Les dangers de la féminisation des IA...

Pourquoi des IA féminines ? Depuis toujours, même dans la pop culture ou dans le cinéma, énormément de représentations d'IA ont des traits féminins. En fait, les IA féminisées sont perçues comme plus humaines, plus chaleureuses, davantage dignes de confiance.

 "Elles s'appellent Alexa, Cortana, Diella, ce sont parfois des actrices comme Tilly Norwood... Leur point commun ? Ces femmes ont toutes été générées par l'intelligence artificielle... Les IA se conjuguent très souvent au féminin, comme Diella, cette ministre virtuelle en charge des marchés publics en Albanie.

Une IA qui occupe un poste politique !? N'est-ce pas inquiétant ?

Cette féminisation a déjà suscité des critiques par le passé et une enseignante en marketing éthique relance le débat..

Dès 2019, l'UNESCO alertait sur "la soumission féminine de Siri et la servilité exprimée par tant d'autres assistants numériques ayant l'aspect d'une jeune femme, soit, selon l'institution, une illustration flagrante des préjugés sexistes véhiculés par les produits technologiques.

En 2021, Apple avait d'ailleurs fait marche arrière, laissant le choix pour sa version américaine entre une version masculine ou féminine.

Mais, pour Sylvie Borau, professeur de marketing éthique, la nomination il y a quelques jours d'une ministre virtuelle en Albanie a de quoi inquiéter...

"Cette humanisation et cette féminisation donnent l'illusion d'une humanité, et elle va, à travers cette illusion, rassurer, séduire... là, en l'occurrence, ils ont utilisé les traits d'une actrice albanaise connue. En faisant cela, ils vont rendre la machine plus acceptable, et en augmentant son adoption, on peut augmenter les risques de manipulation, parce que les femmes sont perçues en moyenne comme plus morales, plus empathiques, plus susceptibles de ressentir des émotions. Et ces qualités, en fait, font défaut aux machines, aux algorithmes.

Le deuxième problème, c'est l'objectification : la femme devient une machine... c'est totalement déshumanisant pour les femmes, et puis après, les stéréotypes bien sûr, à la pelle."

Sylvie Borau a alerté en ligne :  sur le site de The Conversation, elle regrette au passage notre usage désormais acté du terme "intelligence" pour l'IA et elle préconise des représentations qui ne soient plus anthropomorphiques, au moment où l'on s'interroge toujours davantage sur les liens intimes que nous pouvons entretenir avec les IA et avec le dernier épisode en date d'une actrice entièrement virtuelle qui dit ressentir des émotions bien réelles..."

 

"Tilly Norwood, une nouvelle actrice a fait sensation au Festival de Zurich. Et pour cause, elle a entièrement été créée par une intelligence artificielle. Une irruption qui suscite des interrogations quant à l'avenir de la profession d'acteur.

Elle vient de faire une apparition très remarquée ce week-end au Zurich Film Festival, il se dit qu’Hollywood se l’arrache déjà et on ne pourra jamais vraiment la rencontrer en chair et en os, car Tilly est entièrement générée par intelligence artificielle, il s’agit d’une pure création venue d’un studio néerlandais.

La productrice a fièrement déclaré qu’elle souhaitait qu’elle devienne la prochaine Natalie Portman ou Scarlett Johansson, ce dernier nom n’a pas été choisi au hasard, depuis son rôle en 2013 dans le film Her dans lequel elle interprétait, avant l’heure et avec sa voix, un programme d’intelligence artificielle. Tout le monde essaie de reproduire dans la vraie vie ce qui a été magnifiquement mis en image en fiction il y a plus de dix ans.

Lorsqu’on observe l’image de Tilly Norwood, une jeune et jolie femme brune, nous avons déjà l’impression de la connaître, de l’avoir déjà vue dans la rue ou dans notre imaginaire. C’est la force probabiliste des grands modèles d’images qui, en fonction d’un large corpus, parviennent à produire une apparence moyenne, normative, mais avec assez de charme pour qu’elle sorte du lot sans en faire trop. Il y a sûrement une jeune femme dans le monde qui lui ressemble ou inversement.

Pour parvenir à ce résultat, la machine a dû voler, absorber quantité de visages de comédiennes pour générer ce portrait robot. Dans notre monde connecté, il est si simple d’avoir une vie en ligne que Tilly dispose d’une page Facebook, d’un compte Instagram et fait vivre de ce qu’on appelle une back story, une vie en ligne qui témoigne de son histoire et de ses pseudos émotions. "Je suis peut-être générée par IA, mais je ressens de vraies émotions", a-t-elle déclaré dans un jeu de dupe, mais après tout, il s’agit de cinéma.

Pour la promouvoir, sa productrice-créatrice met en avant les arguments commerciaux et joue sur la période d’austérité vécue par l’industrie : "avec Tilly Norwood la créativité n’est pas limité par un budget".


Les comédiens Ralph Ineson, Nicholas Chavez ou encore Melissa Barrera, qui interprétait Carmen dans le film musical éponyme de Benjamin Millepied, ont tous crié au scandale..."

 

 

Sources :

16 minutes, 19 secondes

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/le-hamas-expiera-en-enfer-s-il-rejette-le-plan-de-paix-pour-gaza-1937748

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/un-monde-connecte/tilly-norwood-une-actrice-integralement-generee-par-ia-incarnation-de-la-panique-de-la-profession-4033221

 

https://www.lepoint.fr/culture/ia-qui-est-tilly-norwood-le-nouveau-visage-qui-agite-hollywood-29-09-2025-2599864_3.php

Les dangers de la féminisation des IA...
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10 mai 2024 5 10 /05 /mai /2024 12:00
Quand passent les cigognes...

 

Invitée par l'association Cartes blanches, la comédienne Macha Méril a participé à une rencontre autour du film soviétique Quand passent les cigognes...

Elle présente ainsi le film :

"Je ne m'imaginais pas à quel point ce film serait d'actualité, et à quel point je suis contente de vous voir si nombreux pour le voir : non seulement, c'est un chef-d'oeuvre, mais c'est aussi un film très important, parce que c'est un film qui a été tourné en 1958, du temps de Khrouchtchev, au moment où la Russie s'est un peu desserrée, l'étau s'est un peu desserré et ça a donné quelques films extraordinaires dont celui-là... qui par la suite a gagné la Palme d'or à Cannes, parce qu'il a été repéré par Claude Lelouch qui était à Moscou, à ce moment-là, il faisait des reportages, il est allé sur le tournage de Kalatozov, il a trouvé ce tournage formidable, il est rentré à Paris, a parlé au directeur du Festival de Cannes, en lui disant : "Il faut absolument l'inviter."

Le cinéma est une matière vivante, ça bouge, on n'a pas tout le temps les mêmes réactions vis à vis d'un film. François Truffaut disait : "Il faut aller revoir les films." Il faut les voir et les revoir, parce que, nous, on change, le monde change, donc les films, on les voit différemment, et quelquefois, tout d'un coup, on découvre leur grandeur, on découvre même quelquefois leur actualité... c'est le cas de ce film.

Depuis quelque temps, on montre beaucoup moins les films russes : c'est très regrettable... avant, il y avait à Paris deux salles, l'Arlequin et le Cosmos où l'on pouvait voir tous les grands films russes... maintenant, étrangement, parce qu'il n'y a pas de vedettes connues, parce qu'il y a une inflation de films du monde entier, on voit beaucoup moins de films russes, alors qu'il y a des films remarquables.

Nous, avec notre association, nous montrons des films que même les Russes quelquefois ne voient pas parce que les cinéastes sont dans une telle situation en ce moment qu'il faut absolument qu'on montre leurs films et on me dit : "Quoi ! Le cinéma russe en ce moment !" ben oui, justement ! parce que les intellectuels et les artistes ont la double peine : la difficulté de faire leurs films en Russie, et en plus, la difficulté de ne pas pouvoir les montrer...

Notre festival s'appelle Pour une autre Russie, parce qu'il existe une autre Russie...

Ce film est tellement maîtrisé, tellement vrai et pourtant, d'une sophistication extrême : en 1958, il n'y avait pas les techniques d'aujourd'hui, et les plans qu'a réalisés ce cinéaste ! C'est un film très construit. Ils ont une école de cinéma extraordinaire en Russie ! Une école qui a formé les plus grands cinéastes.

Cela me fait aussi penser au cinéma japonais, à ce cinéma dont chaque image est un petit chef d'oeuvre, un tableau.

Ce film a été tourné au moment où la Russie s'ouvrait un tout petit peu, c'était après la mort de Staline et Khrouchtchev avait dévoilé les crimes de Staline, la société russe se desserrait un peu, ça a duré quand même quelques années, ça a procuré un cinéma formidable, des cinéastes ont éclairé cette période.

Il n'empêche que le film finit quand même dans une belle parabole soviétique : malgré son chagrin, l'héroïne se réjouit qu'ils aient gagné la grande guerre.

J'affectionne particulièrement le noir et blanc parce que je pense que le noir et blanc est une esthétique. C'est Orson Wells qui avait dit quand on lui a demandé de tourner en couleurs : "En couleurs, les gens ont l'air de jambons."

Quand j'ai tourné Belle de Jour avec Bunuel, c'était donc un film en noir et blanc, et huit jours avant le tournage, les producteurs lui ont dit : "On peut pas faire le film en noir et blanc parce que commercialement, on ne pourra pas."

Et Bunuel qui était un fin stratège et qui savait que pour l'exploitation, ça diminuait les possibilités, il a dit : "D'accord, mais il n'y aura pas de couleurs", et si vous regardez bien Belle de Jour, tout est en gris, beige, marron, etc. on a dû refaire toute la garde-robe de Catherine.

Le noir et blanc a une force particulière parce que cela nous rappelle des photos, de notre famille, de notre jeunesse, je suis sûre que chacun de vous a le souvenir d'une photo en noir et blanc qui reste dans le coeur et dans la mémoire.

Vous comprenez que ce thème de la grande guerre patriotique a occupé les écrans en Russie, très très longtemps. C'est un des thèmes que continue à brandir Poutine, comme si c'était vraiment le mérite gigantesque de la Russie, effectivement d'avoir vaincu les Allemands, sauf que ce qu'on oublie de dire, c'est que Staline a vraiment sacrifié son armée, il y a eu 20 millions de morts inutiles parce qu'on envoyait tous ces jeunes au front, exactement comme ça se passe maintenant en Ukraine avec Poutine... Et même quand par hasard, ils refusaient d'aller au front, il y avait le NKVD qui est l'ancêtre du KGB et du FSB d'aujourd'hui qui fusillait ceux qui refusaient d'aller au front, parce qu'ils n'étaient pas armés, ils savaient qu'ils allaient à la mort. Donc, il y a eu cette cruauté incroyable, inutile, ils auraient probablement gagné même sans cette cruauté.

C'est une guerre qui a vraiment marqué : toutes les familles russes ont eu un ou deux ou plusieurs morts de cette grande guerre patriotique.

Et le talent de Staline a été de retourner ça en fait de gloire et de grande fierté.

Pourquoi j'ai choisi ce film ? Je pense que vous ne l'auriez pas vu sans moi, peut-être, parce que non seulement c'est du grand cinéma et parce que je pense que le cinéma va au delà de nos propres désirs, c'est à dire qu'il y a une intimité avec un gros plan au cinéma qui est plus forte que l'intimité que vous avez avec les gens avec qui vous vivez... parce que cela vous va directement dans le coeur.

Et il y a dans ce film en particulier un soin, alors c'est une grande école d'acteurs, qui est d'être absolument vrai. Nous, l'école européenne, c'est le "mentir vrai", c'est à dire mentir à un point tel que ça a l'air vrai... pas là, là ils étaient dans une recherche d'authenticité. Dans le jeu de tous les personnages, il y a une authenticité qui est tout à fait unique.

Et puis, ça a l'air très simple, l'histoire d'une fille qui se fait embobiner par son cousin, mais en réalité le film est d'une très grande sophistication, et même dans le montage, la façon dont c'est raconté, qui était d'avant garde. On n'a pas le sentiment que c'est un film vieillot. A cause de cette formidable caméra, de ce mouvement perpétuel, on n'a pas le temps de s'ennuyer.

Je suis une fervente de la musique au cinéma, et je pense que la musique et le cinéma sont les deux arts qui sont le plus proches, parce que ce sont des durées.

Il y a en plus une sorte de description des sentiments humains qui, à mes yeux, est extrêmement originale, parce que les personnages ne sont jamais ni bons ni mauvais, ils ont tous des aspirations à la vie, à la beauté, et en même temps, ils sont un peu faibles et crapules, donc je trouve que c'est un portrait de l'humanité très réussi.

Ce que je trouve très réussi dans la photo de ce film, c'est qu'il y a beaucoup de clair-obscur, on voit bien qu'il n'y avait pas beaucoup d'éclairage, et on a exploité cette atmosphère.

Dans la société russe, un artiste, une grande chanteuse, une grande actrice sont considérés comme des dieux vivants, il y a une sorte de vénération de l'art et je vais vous expliquer l'origine de cela : c'est ma version, je descends d'une très grande famille qui remonte au IXème siècle... mon ancêtre, Vladimir le Rouge, un des premiers tsars de Russie... les premiers tsars étaient des princes suédois qui étaient descendus de la Volga, ils étaient beaucoup plus civilisés que toutes les peuplades qui peuplaient la plaine de Kiev, les Rus étaient païens, nomades, et les Suédois ont voulu les sédentariser, et alors cet ancêtre a voulu trouver une religion pour fédérer toutes ces peuplades, alors il a fait son marché... déjà l'Islam, ce n'était pas possible, ils ne boivent pas, les catholiques, déjà ils se haïssaient, pas question et il y avait une religion qui était pratiquée par les Khazars, qui en fait sont les ancêtres des ashkénazes, des gens qui avaient adopté la religion hébraïque sans être sémites, là dessus, il fait un grand voyage à Constantinople, et on lui met dans les pattes une belle Théodora, on l'emmène dans les églises : c'étaient les ors, l'encens, les chants, il a trouvé tout ça formidable... il a donc adopté l'orthodoxie.

Et qu'est-ce qu'il a ramené à Kiev ? C'est le théâtre, l'art, l'expression et je crois que c'est une clef pour comprendre le peuple russe, c'est que l'art est pour eux presque religieux, et la religion elle-même est un spectacle... je ne sais pas si vous avez entrevu les obsèques de Navalny : c'est quelque chose de bouleversant, c'est un peu archaïque avec le cercueil ouvert, c'est comme ça dans la tradition orthodoxe... ils ont une capacité de rejoindre l'absolu, l'éternel et donc, ils ont cultivé les arts.

 

Ce film, je l'ai vu un peu autrement, à cause de tout ce qui se passe en ce moment, évidemment et j'ai été tout à fait bouleversé par le courage des gens qui sont allés à cet enterrement parce que, jamais, même sous Brejnev, même sous Staline, la Russie n'a été aussi bouclée, aussi enfermée, aussi terrorisée... donc, l'espoir que j'ai, c'est que le mythe que va devenir Navalny, ce grand sacrifice qu'il a fait de sa personne, de sa vie, c'est "no return", je pense que c'est vraiment quelque chose qui va transformer la société russe... ça prendra peut-être du temps, mais vous savez, les dictateurs, cela ne dure jamais et on a des exemples de retournements colossaux, on a la fin du nazisme... tout le peuple allemand avait hurlé avec Hitler, et puis, tout d'un coup, en l'espace de quelques mois, ils ont rejeté le nazisme... la même chose pour Pinochet, en 3 semaines, il n'y avait plus de suiveurs... je ne sais pas ce qui va lui arriver à Poutine, mais cela peut tomber tout seul. Et je pense que cette page de Navalny, c'est un grand événement... je pense que c'est une page déterminante dans l'histoire de la Russie

 

Imaginez vous qu'un jour j'ai croisé Navalny : un jour, j'étais au festival de Moscou, c'était en 2019, je sors d'un musée et je vois un bel homme avec un jeune garçon. Je dis à ma guide : "Mais, c'est Navalny ?" Elle me dit :"Oui" et elle se carapate, elle s'en va. Moi, je voulais le voir, je lui dis : "Vous êtes Alexeï Navalny ?"

Il me dit : "Oui" et alors, il était très étonné que je le reconnaisse... "Alors, en France on me connaît ?" "Bien sûr qu'on vous connaît." On a eu le temps de bavarder un petit peu, il allait au musée avec son jeune garçon.

Je lui ai posé cette question : "Mais vous n'avez pas peur ?" Il m'a dit : "Je n'ai pas le droit d'avoir peur." Et je lui ai demandé s'il pouvait être entendu par les Russes. Il m'a répondu : "Oui, parce que je ne suis pas un extrémiste, je ne suis pas radical, je parle aux Russes, comme ils sont maintenant."

 

En Russie, la répression est très forte... Poutine dit qu'il va combattre le nazisme, mais le nazisme, c'est lui. Dès l'enfance, les enfants apprennent à devenir des soldats, à combattre. Donc, le chemin est long mais j'ai confiance. Je pense que le peuple russe est un peuple inventif, créatif et le fait qu'ils aiment les arts, c'est une arme."

 

 

Pour mémoire :

 

"Quand passent les cigognes est une histoire d’amour sur fond de Deuxième Guerre mondiale, une diatribe sur la guerre, un mélodrame psychologique sur les choix d’une femme et les conséquences de sa décision. Le film a souvent été qualifié de mètre étalon, de référence par les historiens du cinéma. Des qualificatifs qui peuvent parfois rebuter un spectateur qui s’attend dès lors à un cinéma inaccessible. On est loin du compte. Plus qu’un exercice de style, c’est une splendide histoire d’amour que nous offre Kalatozov.

Le film a surpris la critique internationale par sa rupture avec le cinéma de propagande que la Russie avait coutume de proposer."

 

« Cartes blanches » est une association que l’on doit à deux passionnés, Jean-Noël Grando historien du cinéma et Rodolphe Faure de Radio France, qui a pour objectif d’organiser des soirées de cinéma avec des personnalités. Une association basée dans le département du Gard. Un concept simple, une personnalité, un film, une soirée de partage. L’invité de la soirée choisit un film qui a marqué sa vie, vient en parler et échanger à ce sujet avec le public. Un film culte, de référence ou un vrai coup de cœur mais qui ne fasse pas partie de sa propre filmographie. 

 

 

 

 

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21 février 2024 3 21 /02 /février /2024 10:45
Corée du Nord : censures tous azimuts...

 

"En Corée du Nord, il est interdit de consommer des vidéos de divertissement, provenant notamment du voisin du sud, sous peine d’être condamné à des travaux forcés ou à la peine de mort, comme le dit la loi.


La scène se passe en Corée du Nord  il y a quelques mois. Têtes baissées au centre de l’image, deux adolescents sont condamnés devant leurs camarades à douze ans de travaux forcés pour avoir regardé des séries sud-coréennes, formellement interdites par le régime nord-coréen.

Depuis 2020, Kim Jong-un durcit les règles pour lutter contre ce qu’il appelle la “culture réactionnaire”. En clair, le style vestimentaire à l’occidentale est banni, la coloration des cheveux interdite, les musiques et films produits à l’étranger totalement proscrits.

 Les Nord-coréens ont appris aussi, dans les pages du Journal des Travailleurs, Rodong Sinmun, que la coupe mulet et les jeans skinny étaient désormais interdits dans le pays.

Ces interdictions visent notamment les jeunes, plus facilement séduits par le mode de vie occidental, précise le journal. "Il faut se méfier du moindre signe du style de vie capitaliste et lutter pour s'en débarrasser".

 

Mais selon un activiste sud coréen, malgré la chape de plomb, les Nord Coréens parviendraient de plus en plus à contourner la censure.

 

 “Aujourd’hui, du matériel aussi petit qu’une clé USB peut stocker beaucoup de contenu culturel sud-coréen, cela accélère la propagation de cette culture sur le territoire nord-coréen et cela rend le gouvernement de la Corée du Nord très nerveux”, a expliqué Yui Haeng Cho, membre de l’Institut de recherche sud-coréen SAND.

 

Ce procès public serait donc un ferme rappel à l’ordre.

"Il s'agit pour le gouvernement nord coréen de maintenir sa population et toute velléité de s'intéresser à l'ennemi n° 1, la Corée du Sud. Tout ce qui vient de Corée du Sud est jugé subversif. Donc, il est important toujours de donner l'exemple.

Les images de ce procès sont une image rare de la dureté du régime nord-coréen qui multiplie sans cesse les essais balistiques, une démonstration de force à l'adresse de la Corée du Sud que Kim qualifiait, il y a quelques jours encore, de son principal ennemi.

Ces mises en scène d'essais d'armes, dont certaines sont potentiellement capables de détruire des cibles en Corée du Sud, au Japon et même aux Etats-Unis, s'accompagnent d'une rhétorique de plus en plus jusqu'au-boutiste."

On sait aussi que la Corée du Nord fournit des armes à la Russie : l'armée ukrainienne a identifié des débris d'armes coréennes sur le terrain, des systèmes de lancement de missiles balistiques et plusieurs missiles balistiques.

Hélas, la guerre en Ukraine a relancé une course aux armements dans de nombreux pays...

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/monde/coree-du-nord/coree-du-nord-deux-adolescents-condamnes-a-des-travaux-forces-pour-avoir-regarde-des-series-sud-coreennes_6316398.html

 

 

 

Corée du Nord : censures tous azimuts...
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2 février 2024 5 02 /02 /février /2024 13:33
Fellini Blues...

 

Une lecture-concert : une idée originale pour ce spectacle présenté lors du Festival de la Biographie...

 

Des extraits du nouveau roman de Jean-Pierre Milovanoff intitulé Fellini Blues ont été lus par son auteur avec un accompagnement des musiciens Raphaël Lemonnier au piano et Marc Simon, à la guitare, batterie, aux percussions tonales, à la trompette...

Un joli moment de grâce et de bonheur musical avec des airs de Nino Rota et des notes de blues...

 

"Valentin, 50 ans, vit avec sa mère. Il a peu lu, alors qu’il travaille comme magasinier dans une bibliothèque, et nourrit un complexe d’infériorité intellectuelle. Il est fin cuisinier et amateur de bons vins.

Il s'agit d'un modeste employé d'une bibliothèque de quartier qui est en fait manutentionnaire, il trimbale toute la journée des livres qu'il n'a pas lus. C'est un homme jeune, grand amateur de vins, ce n'est pas un séducteur mais il plaît presque malgré lui à des femmes qui apprécient son allure, sa discrétion et sa bienveillance.

On a donc un portrait de ses différentes compagnes...

Lorsqu'il rencontre Tancrelle qui est professeur de lettres et passionnée de cinéma et surtout des films de Fellini, toutes ses routines de célibataire s'effondrent. C'est le grand amour qui commence."

Une musique de jazz vient ponctuer cette présentation du roman...

 

"Valentin n'ignore pas que sa mère veille sur lui comme l'apiculteur sur les abeilles. Aussi se croit-il tenu, par une délicatesse de sentiment qui va bien au delà du respect filial, de lui cacher ses espérances et plus encore ses penchants assez éloignés de ceux qu'elle attend de son fils...

Impossible de lui confier sa secrète prédilection qui s'apparente à de la tendresse pour certains crus du Languedoc, les rouges surtout quand ils possèdent des notes denses, calcaires, avec des fragrances de mûres et de figues de ronciers, lesquelles s'assortissent merveilleusement à ses cordes vocales un brin éraillées au point qu'il n'est pas rare de les entendre résonner harmoniquement dès le premier cruchon. Cet attrait pour la production locale de qualité ne témoigne d'aucun chauvinisme. Si un supermarché vend en promotion des Bordeaux déclassés ou des vins chiliens, Valentin ne manque jamais d'en faire une ample collecte, quitte à s'attirer une remontrance de sa banquière pour ces dépenses imprévues.

Dans un registre différent (mais à peine), Valentin cache à sa mère qu'il fréquente peu, voire pas du tout, les sages demoiselles de la Haute Société financière, destinées à devenir chefs d'entreprise du Cac 40, qu'elle rêve d'avoir pour belles filles.

Soyons plus clair : Valentin s'amourache exclusivement de partenaires à grande valeur ajoutée, il aime les beautés fruitées, fardées, maquillées, millésimées, souvent trafiquées, longues en bouche et dotées d'une belle réputation, qui ont connu avant lui des transports nombreux et parfois la vie de château, et lui procurent une griserie joyeuse sans remords.

Peu lui importe que ces séductrices aient grandi en Bourgogne, en pays d'Oc ou sous le soleil d'Algérie. Amateur de vendanges tardives, il apprécie la saveur généreuse des Vénus expérimentées, qu'elles aient mûri en Alsace ou au Portugal, c'est pourquoi il fréquente en fin de semaine les bodégas propices aux rencontres sans lendemain."

Jusqu'à ce qu'il rencontre Tancrelle, après avoir subi un accident cardiaque et avoir changé de mode de vie...

 

Après le récit de son accident, on écoute le thème du film de Fellini : Huit et demi, un régal de fantaisie, de gaieté...

(Huit et demi (Otto e mezzo est un film franco-italien réalisé par Federico Fellini, sorti en 1963. Il est considéré comme l'un des meilleurs films jamais réalisés.

Le film suit un cinéaste dépressif qui fuit le monde du cinéma et se réfugie dans un univers peuplé de souvenirs et de fantasmes. Surgissent des images de son passé, son enfance et l'école religieuse de sa jeunesse, la Saraghina qui dansait sur la plage pour les écoliers, ses rêves fous de "harem", ses parents décédés.)

Puis, après la rencontre avec Tancrelle, on est ému par la célèbre musique de La Strada...

 

Ensuite, on reconnaît le thème enjoué de Amarcord... 

 

"Un roman "humain", chaleureux, nostalgique, aussi imprévisible que l’est la vie, aussi guetté par la fin que nous le sommes tous  : comme un blues de nos existences trop brèves…" peut-on lire dans quatrième de couverture de ce roman...

 

Merci aux musiciens et au conteur pour ce délicieux moment de fantaisie et de nostalgie...

 

 

 

https://books.google.fr/books?id=6OraEAAAQBAJ&pg=PA1897&lpg=PA1897&dq=Impossible+de+lui+confier+sa+secr%C3%A8te+pr%C3%A9dilection+qui+s%27apparente+%C3%A0+de+la+tendresse+pour+certains+crus+du+Languedoc.&source=bl&ots=HBMMcwxrMc&sig=ACfU3U3rqZzrymi7vuTnmZ5OyyPzY_YGrg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjmnOPj1ISEAxX2caQEHXMNAtMQ6AF6BAglEAM#v=onepage&q=Impossible%20de%20lui%20confier%20sa%20secr%C3%A8te%20pr%C3%A9dilection%20qui%20s'apparente%20%C3%A0%20de%20la%20tendresse%20pour%20certains%20crus%20du%20Languedoc.&f=false

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8 janvier 2024 1 08 /01 /janvier /2024 13:10
L'appel de la forêt... numérisé...

J'ai vu récemment une adaptation cinématographique du roman de Jack London, L'appel de la forêt... tout le monde connaît l'histoire de ce célèbre roman :  un chien domestique, enlevé à ses maîtres, vendu comme chien de traîneau à l'époque de la ruée vers l'or, revient à ses instincts naturels une fois confronté aux pièges et à la rudesse du territoire du Yukon, au Canada.

Mais quelle déception !

Dans cette adaptation du chef d’œuvre de Jack London, les chiens et les loups sont en images de synthèse, les vastes paysages travaillés à la palette graphique..

Le chien Buck humanisé semble singer les humains : on ne peut y croire.

 

Un film sur la nature, ses beautés, en images de synthèse : quelle aberration ! Quel ratage ! Tout semble truqué, factice...

Ce film réalisé en 2020 par Chris Sanders est donc une version moderne du roman de Jack London...

 

Le cinéma propose même désormais la numérisation de célébrités : bientôt on pourra décerner des oscars à des acteurs disparus que la numérisation fera revivre sur les écrans.

Est-ce un progrès ?

 

Bientôt des présentateurs de télévision virtuels, des avatars numériques ?

Le but : faire baisser le coût de production... ces avatars sont capables bien sûr d'assurer l'antenne 24 heures sur 24, ils existent déjà en Chine.

On peut faire dire à ces avatars n'importe quoi, encore plus que d'habitude.

 

L'innovation technologique à tout prix nous conduit ainsi au pire : une déshumanisation totale...

Des emplois supprimés, du chômage, un monde aseptisé, artificiel, inhumain...

On en arrive à un point où le progrès nous fait régresser : nous sommes dans la démesure, l'excès, l'hubris, comme le disaient les anciens Grecs...

L'humain perd sa place, et on assiste là à une régression dangereuse...

 

Dans le confort de nos villes modernes et bétonnées, nous avons aussi tendance à perdre le contact avec la nature : et on nous propose des films avec des animaux factices, numérisés...

 

Pour découvrir une nature authentique, il vaut mieux regarder La Panthère des Neiges, un documentaire où le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde.

 

 

 

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2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 10:40
Chanson pour un espion...

 

Au cours d'une conférence, Marc Simon, musicien-poète, nous emmène dans un film sonore... celui des films et des séries d'espionnage... Suspense et péripéties sont portés par des lignes mélodiques empreintes d’inquiétante étrangeté.

 

Marc Simon, musicien-poète, nous propose un voyage musical à travers les bandes originales de films et séries d’espionnage. Du Prisonnier (1967-1968) mis en son par l’Australien Ron Grainer, au Bureau des Légendes (France 2015-2020) composé par le Français Rob, des compositeurs célèbres tels Lalo Schifrin (Mission Impossible), Monty Norman puis John Barry (James Bond) sont sans doute pour beaucoup dans le succès rencontré !

 

Marc Simon cite d'abord Monty Norman compositeur du célèbre thème de James Bond... On parle plus souvent de John Barry qui est l'arrangeur...

 On constate que pour de nombreux films, il n'y a pas un seul compositeur, mais des équipes...

On écoute alors Marc Simon égrener à la guitare quelques notes de ce thème...

 

Puis, Marc Simon évoque la vie de Victor Young, célèbre compositeur américain : il est né à Chicago dans une famille de musiciens juifs, son père est membre d'une troupe d'opéra itinérante. Il fait étudier à Victor le violon à l'âge de six ans puis l'envoie en Pologne en 1910 séjourner chez ses grands-parents et étudier la musique au Conservatoire impérial de Varsovie. Victor travaille ensuite le piano à Paris avec Isidor Philipp. Il revient en 1920 aux États-Unis et entre dans l'orchestre du Central Park de Chicago. Il part pour Los Angeles et est engagé comme violoniste.

Il est nommé directeur musical des théâtres de la Paramount puis au milieu des années 1930 part pour Hollywood où il compose de la musique de film, enregistre de la musique populaire et fournit des arrangements pour des chanteurs populaires comme Bing Crosby.

On lui doit également la musique de grands classiques comme Rio Grande et L'homme tranquille pour John Ford, Pour qui sonne le glas de Sam Wood, le film d'aventures Scaramouche de George Sidney, les westerns L'Homme des vallées perdues et Johnny Guitare (chanson Johnny Guitar).

On lui doit encore la musique du film de Fritz Lang : Espions sur la Tamise... titre original : Le Ministère de la peur.

Voici le scénario :

Un homme gagne, lors d'une vente de charité, un gâteau bourré de microfilms et se retrouve mêlé, malgré lui, à une inquiétante affaire d'espionnage au cours de laquelle il est poursuivi par les services secrets nazis. 

Marc Simon nous fait écouter la bande annonce de ce film : la lumière s'éteint, cris de terreur, coups de feu tirés dans le noir... on est dans l'hyperbole, l'exagération. Le héros est accablé de malheurs; mais le film déroule aussi une belle histoire d'amour, une sorte de paradis dans l'enfer de cette histoire...

 

Mais au fait, qu'est-ce qu'un espion ? Un agent de renseignements qui vit dans un monde obscur, non familier, entouré de forces maléfiques... Et on peut se poser cette question : quelle est la véritable vie d'un espion ? Dans les films, il est souvent représenté comme un être invincible...

 

Imaginons sa vie, sa vraie vie :

Il s'appelle Jean John, qu'est-ce qu'il fait ? Il mène la grande vie dans des hôtels de luxe ?

Non, en fait, il fouille les poubelles pour se nourrir, il saute des repas, il souffre, alors que dans les films, les espions ne souffrent jamais.

Il souffre aussi moralement, car il est loin de sa famille, il attend souvent, comme le fait un acteur de cinéma, il est caché...

Puis, soudain, il saute dans un train, il voyage dans un pays étranger : là, il surveille des gens qui ont une double vie. Jean John se glisse dans une ambassade, prend part à une fête, il doit faire bonne figure, il danse avec la femme du consul... il a déjà repéré 3 personnes, pendant que l'orchestre joue...

Jean John reprend des amuse-gueules, il profite de la soirée, mais il a trop mangé de caviar : pour digérer, il danse avec la maîtresse de l'ambassadeur...

Les derniers invités sont partis, mais il a mal au ventre, il a trop mangé... Eh oui, un espion, ça peut avoir mal au ventre !

Il arrive tout de même à s'éclipser.

 

Ainsi, les films d'espionnage ont des points communs avec les films noirs : une vie nocturne, interlope pour les personnages.

On songe au Faucon maltais (The Maltese Falcon),  un film américain de John Huston sorti en 1941, d’après le roman policier du même nom de Dashiell Hammett paru en 1930. Le Faucon Maltais est considéré comme l'archétype du "film noir" et celui qui a révélé l'acteur Humphrey Bogart, dans le rôle du détective privé Sam Spade.

Dans ces films, on trouve trois types de personnages : le truand, le policier et la femme fatale.

Et cette femme est souvent une chanteuse...

Ici brigade criminelle (titre original : Private Hell 36) est un film américain réalisé par Don Siegel, sorti en 1954, encore un film noir : la musique de Leith Stevens a toutes les caractéristiques d'une musique qui évoque le suspense : des coups de percussion, vibraphone, saxophone... et voici qu'apparaît la femme fatale, une chanteuse qui a des rôles multiples : activité de renseignements, elle connaît des malfrats, c'est un personnage de femme libre, complexe...

 

 

Mais revenons à Jean John : il est dans la panade...enfermé dans les toilettes d'un club de jazz, il réfléchit, il s'est caché dans les toilettes des femmes... on va vite le repérer... il temporise... Mais comment va-t-il s'en sortir ?

 

Alfred Hitchcock s'est aussi lancé dans le film d'espionnage avec L'Homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much), sorti en 1956. Le réalisateur avait déjà tourné une première version du film en 1934. Musique : Bernard Herrmann.

Le scénario :

Des comploteurs ont prévu d’assassiner un politicien assistant à un concert donné au Royal Albert Hall de Londres. Afin d’éliminer sa cible discrètement, le tueur a prévu son coup. Caché dans une loge de la prestigieuse salle de concert, l’assassin doit synchroniser son tir avec un coup de cymbale puissant qui couvrira la détonation de son pistolet. Il s’agit de la cantate The Storm Clouds, Les nuages de tempête une musique composée par un certain Arthur Benjamin. 

Arthur Benjamin était le compositeur du tout premier film L’Homme qui en savait trop d’Hitchcock sorti en 1934. Lorsque le réalisateur a tourné le remake de ce film en 1956, il a demandé à Arthur Benjamin l’autorisation de réutiliser cette musique pour la scène de meurtre. Le compositeur a accepté et la cantate a donc été réarrangée par Bernard Herrmann. C’est d’ailleurs ce dernier que l’on peut voir à l’écran dans la seconde version de L’Homme qui en savait trop, il dirige l’Orchestre Symphonique de Londres lorsque le coup de cymbale fatal est donné. Une magnifique orchestration !

 

Bientôt va apparaître le héros de Ian Fleming : en 1962, James Bond contre Dr No avec Sean Connery et Ursula Andress. La musique est signée Monty Norman, orchestrée par John Barry. Une des musiques les plus célèbres et les plus réussies...

 

Retour à Jean John : poursuivi dans le métro, il court dans les couloirs, il galope... Il va se réfugier au Rugby Bar de La Placette, à Nîmes. Là, une TV est allumée : on passe une vieille série britannique des années 60, Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Musique de Laurie Johnson.

 

En fait, plusieurs musiques ont été écrites : Johnny Dankworth (saisons 1-3) Laurie Johnson (saisons 4-6) Howard Blake (saison 6).

Dans cette série, homme et femme sont presque à égalité : c'est inédit !

Une autre série va lui emboîter le pas : Des Agents très Spéciaux, une série télévisée américaine totalisant 105 épisodes de 49 minutes chacun, dont 29 en noir et blanc. Deux espions, l'Américain Napoleon Solo (Robert Vaughn) et le soviétique Illya Kuryakin (David McCallum), doivent travailler ensemble au service du "Commandement uni du réseau pour la loi et son application". Ils doivent lutter contre une organisation criminelle internationale baptisée THRUSH. Deux espions américain et russe travaillent de concert, difficile à imaginer de nos jours !

 

Une des musiques les plus réussies est celle de la série : Mission impossible. Lalo Schifrin, un compositeur argentin, en est l'auteur. 171 épisodes au total !

 

Et puis, Le Prisonnier (The Prisoner) est une série télévisée britannique en dix-sept épisodes de 52 minutes, créée par l'écrivain et ancien agent des services secrets1 George Markstein et Patrick McGoohan, acteur principal, scénariste et producteur délégué de la série. 

Le Prisonnier utilise les ficelles du roman d'espionnage, teintées de science-fiction, d'allégorie et de drame psychologique. Une série équivoque, glauque, pas très loin de l'univers de Kafka.

La musique fait appel à des percussions, des timbales, des bongos, et les orchestrateurs s'en donnent à coeur joie pour restituer une ambiance mystérieuse.

"Vous êtes le numéro 6 ! Je ne suis pas un numéro ! Je suis un homme libre !"

Ainsi, Le Prisonnier parle surtout de la condition humaine de plus en plus contrôlée dans la modernité.  Et si le Village du Numéro 6 n'était autre que celui, global, qu'on nous propose aujourd'hui ?

 

Patrick McGoohan avait joué dans une série précédente : Destination Danger qui avait obtenu beaucoup de succès.

On peut évoquer aussi L'homme invisible : Après un accident de laboratoire, Peter Brady, un scientifique londonien, devient invisible. Devenu détective privé, il collabore également avec les services secrets britanniques, tout en continuant à mener des recherches afin de retrouver sa " visibilité ". Inspiré du roman de Wells, la série est tirée vers l'espionnage : le personnage peut espionner partout, grâce à son invisibilité, c'est pratique...

 

Puis, très rapidement, des réalisateurs ont tourné des pastiches et des parodies...

En 1965, Max la Menace, série télévisée américaine en 138 épisodes de 25 à 26 minutes, créée par Mel Brooks et Buck Henry. Le personnage s'appelle Maxwell Smart mais il fait beaucoup de bêtises.


Autres parodies : Les Tontons flingueurs de Georges Lautner, musique de Michel Magne...

Les Barbouzes en 1964, Le Monocle rit jaune de Georges Lautner, encore.

 

On peut citer aussi un film italien, Cet espion qui venait du surgelé,  réalisé par Mario Bava, avec Vincent Price, un film d'un grotesque monstrueux... ce n'est pas une réussite.

 

Les Anglais ne sont pas en reste avec Mr Bean, une série télévisée britannique en 15 épisodes. Elle met en scène le personnage de Mr Bean, créé par Rowan Atkinson (qui joue lui-même le rôle de Mr Bean) alors qu'il était à l'université. Il s'agit, comme le décrit son créateur, d'un "enfant dans le corps d'un adulte" pour qui tout événement de la vie de tous les jours devient une source d'ennuis et prend parfois des proportions insoupçonnées. Il se caractérise également par sa tendance à trouver une solution totalement improbable à ses problèmes. 

 

Au service de la France est une série télévisée française de deux saisons créée par Jean-François Halin, Claire Lemaréchal et Jean-André Yerlès, réalisée par Alexandre Courtès (saison 1) et Alexis Charrier (saison 2) et diffusée, pour la première saison du 29 octobre au 12 novembre 2015 sur la chaîne franco-allemande Arte. La deuxième saison est diffusée à partir du 5 juillet 2018 toujours sur Arte. 

La série parodie les films d'espionnage sur les services secrets français du début des années 1960, symbole d'une France coloniale en déclin.

 

 

 

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 12:32
L'enfer du tri des déchets...

 

Vous vous souvenez de cet extrait des Temps Modernes de Chaplin ? L'univers de l'usine est bien évoqué avec ses cadences infernales, la mécanisation de l'homme, conditionné pour travailler le plus possible : le travail aliène l'individu, transforme l'homme en une machine, car on lui demande toujours plus de rendements et d'efficacité.

On pourrait penser qu'à notre époque de telles conditions de travail auraient disparu en France.

Eh bien non !

 

Dans la série Cash investigation, sur France 2, on nous montre l'envers du décor du tri des déchets : terrifiant !

"Dans une usine Paprec de la Courneuve, les ouvriers dénoncent des conditions de travail difficiles et dangereuses : des manutentionnaires sans casque à proximité d'un engin dont les griffes métalliques se balancent près de leurs têtes...

Au lieu de trier les bennes de papiers au sol, des travailleurs sont en équilibre sur des tapis roulants sur lesquels sont déversés directement les déchets...

D'autres ouvriers relégués dans des cubes en béton, des trieurs ramassent à la main des tas de papiers dans des nuages de poussières.

 

Un journaliste s'est fait embaucher en 2020 comme agent de tri dans un centre de tri dernier cri.

Une employée est alors chargée de le former. D'emblée, elle évoque ses problèmes de santé qui seraient liés au travail : "D'après ce que disait ma rhumato, elle trouve que c'est pas normal que la douleur soit aussi intense malgré tous les cachets que je prends..."

La formatrice revient d'arrêt-maladie mais ne semble pas guérie.

 

Le poste de travail se trouve dans ce qu'on appelle : la cabine... c'est la dernière étape du tri après les machines automatisées.

Le journaliste prénommé Grégoire va alors commencer à travailler sur les tapis de tri : journaux, revues, magazines. Il faut enlever les cartons, les plastiques.

Une cadence infernale ! Car le tapis déroule les déchets à vive allure....

Deux heures de tri non stop, puis changement de tapis et nouvelles consignes : là encore, il faut repérer les intrus en un clin d'oeil.

Des gestes automatisés, le corps qui devient une machine, l'esprit qui doit suivre la cadence et qui s'emballe...

 

Mettre tous ces emballages dans la poubelle jaune, pour les habitants, c'est sûr, c'est plus simple. Mais pas pour les ouvriers des centres de tri : c'est beaucoup plus de déchets et plus d'emballages différents à identifier.

Alors, forcément, pour son premier jour, le nouvel employé a un peu de mal pour suivre le rythme.

Sa formatrice le rappelle à l'ordre...

"Tu es vite débordé... je te trouve dépassé : après deux jours, je fais un rapport au chef, je dis qu'il y a des lacunes, que tu comprends bien mais que tu bosses pas, et tu ne reviens pas... ce serait con."

A la fin de sa première journée de travail, voici ce que dit le journaliste : "C'est comme si on était un scanner humain, je suis à moitié hypnotisé par le truc : j'ai l'impression que ce n'est plus le tapis qui avance mais que c'est moi, ça défile, ça défile, et ça défile, ça défile... ouh là je vais tomber, quoi."

Au terme de sa formation de deux jours, Grégoire gagne finalement sa place sur la chaîne de tri... avec des cadences encore plus rapides.

Le journaliste remarque une ouvrière paralysée par la douleur, une collègue vient à sa rescousse et lui prodigue des massages.

Ici, beaucoup souffrent au quotidien et prennent des antidouleurs.

"On a tous mal au dos", dit un ouvrier.

L'entreprise Paprec fait-elle tout ce qu'il faut pour prévenir les maladies professionnelles ?

"Répétitivité, vitesse, intensité physique, amplitude de mouvements... des situations qui vont porter atteinte à la santé des personnes. Ce travail provoque des troubles musculosquelettiques mais aussi un épuisement mental.

Un travail qui risque de produire des déchets sur le marché de l'emploi, c'est à dire des gens qui seront tellement usés ou abîmés qu'ils ne seront plus en capacité d'occuper un emploi." commente un ergonome.

 

Le code du travail prévoit que l'employeur a la responsabilité de concevoir des organisations du travail qui soient adaptées aux personnes qu'il va employer.

Travailler sur la chaîne de tri comporte d'autres risques : sur le tapis, il peut y avoir des intrus, métal coupant, bris de verres, seringues pouvant transmettre des maladies infectieuses graves.

Pour éviter de se blesser, les ouvriers portent des gants, mais les employés n'ont droit qu'à une seule paire de gants par semaine, et en plus, ces gants ne seraient pas totalement adaptés aux risques."

 

En bref, des conditions de travail inhumaines, indignes : "Le travail effréné est le plus terrible fléau qui ait jamais frappé l'humanité", a écrit Paul Lafargue.

 

 

Source : à 37 minutes...

https://www.france.tv/france-2/cash-investigation/2874175-dechets-la-grande-illusion.html

 

 

 

 

 

 

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