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27 avril 2026 1 27 /04 /avril /2026 12:25
Un souffle chaud et parfumé d'aromates sauvages...

"Je fus noyé dans un souffle chaud et parfumé d'aromates sauvages qui s'épandait comme un flot plein de la senteur violente des myrtes, des menthes, des citronnelles, des immortelles, des lentisques, des lavandes, des thyms." écrit Guy de Maupassant dans La vie errante, un récit de voyage littéraire en Méditerranée ainsi qu'au Maghreb à la fin du XIXe siècle, Maupassant a réalisé une enquête journalistique, attiré par l'exotisme de ces pays.

 

À bord du "Bel-Ami II", il visite la côte italienne, la Sicile, navigue d'Alger à Tunis puis vers Kairouan. Il découvre avec émerveillement les pays lumineux et accueillants du Maghreb. Sensible à la beauté des paysages et fasciné par la vie quotidienne de ces habitants, il rédige plusieurs chroniques qui seront publiés dans Le Gaulois et La Revue des deux Mondes. Ces chroniques seront réunies dans l'ouvrage La vie errante en 1890.

 

Et c'est avec émerveillement encore que Maupassant découvre l'univers des aromates sauvages...


Le mot "aromate" est issu du grec ancien "ἄρωμα, arôma", "arôme, plante aromatique"...
 

Avec ce mot, on entre dans un monde de senteurs, de plantes, de nature sauvage, de parfums enivrants....

On touche à l'essence du monde, la terre, son absinthe qui emplit l'air, des herbes sur les chemins, des couleurs, des formes diverses, des éclats qui éblouissent...

On goûte à tous les bonheurs de la terre, ivresse des parfums, soupirs d'effluves, murmures, souffles, et profusion de feuilles et de fleurs...

 

Le soleil fait chanter les aromates, leur donne une vérité, une profondeur nouvelles...

Musique et harmonie des aromates qui se fondent, s'entremêlent quand le soleil fait resplendir les parfums de la terre...

 

Parfums qui se répondent, en un rebond de la voyelle "a", parfums qui se complètent avec des consonnes variées, gutturale "r", pour l'essence qui racle la gorge, labiale "m" pour goûter, dentale "t" pour mordre...

 

Les aromates comblent tous les sens ! Les voyelles "a" et "o" suggèrent ce plaisir des sens, cette ivresse de bonheur, une forme de plénitude...

 

Tant de senteurs surgissent, montent à la tête : lavande de Provence, sarriette, thym, romarin, marjolaine, origan...

Que de paysages dans ces mots !

L'aromate est le fruit de la terre, du soleil, des collines de Provence !

 

 

Un souffle chaud et parfumé d'aromates sauvages...
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25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 10:40
In Violentia Veritas : un témoignage bouleversant...

 

Catherine Girard était l'invitée du club de lectures du Carré d'Art pour parler de son roman : In Violentia Veritas...

 

Un roman qui revient sur un fait divers sur lequel on a beaucoup écrit... Catherine Girard est la fille de Henri Girard, plus connu sous le nom de Georges Arnaud, auteur du célèbre roman : Le Salaire de la Peur.

Henri Girard est le fils de Valentine, une intellectuelle et de Georges aristocrate... Accusé d'avoir tué, le 24 octobre 1941, dans le château familial, à Escoire, en Dordogne, son père, sa tante, et leur servante, Louise Soudeix qui sont retrouvés morts, massacrés à la serpe.

Henri Girard est inculpé. Il sera défendu par un ténor du barreau de l’époque, Maître Maurice Garçon. Incarcéré dix-huit mois à la prison Beylleme, à Périgueux, il sera acquitté le 2 juin 1943, après un délibéré de dix minutes.

Innocenté, Henri Girard mène alors une vie de journaliste, d'écrivain, épris de justice, engagé pour l'indépendance de l'Algérie... . En 1962, Girard s'installe en Algérie avec sa famille, où il contribue à la création d'une école de journalisme et lance le quotidien Révolution Africaine.

Et voici qu'en 2025, Catherine Girard publie un roman : In Violentia Veritas où elle raconte le terrible aveu de son père : il est bien l'assassin de son père, de sa tante et de la bonne qu'il a tués au moyen d'une serpe.

Lorsqu’elle apprend, alors âgée de quatorze ans, qu’on la surnomme, à l'école, « la fille de l’assassin », Catherine Girard s’empresse d’aller interroger son père Henri Girard, mieux connu sous le nom de Georges Arnaud, auteur du roman Le Salaire de la peur. La confidence se fait dans une ambiance où la peur le dispute à la tendresse. L’horreur de ce que le vieil homme lui apprend plonge l’adolescente dans un déni dont elle ne sortira qu’un demi-siècle plus tard, et qui la pousse aujourd’hui à prendre la plume pour confronter ce passé abyssal.

"Une nouvelle énorme, terrible de la part de la personne que j'aime le plus au monde", témoigne Catherine Girard.

"Et mon père a aussi tué celle qu'on appelait alors, dans ce milieu huppé, la bonne, le summum de l'injustice !"

Catherine Girard a travaillé sur les archives, les interrogatoires de police pour écrire son roman...

Et, malgré tout, elle dit toutes les valeurs de justice qui lui ont été transmises par son père, elle redit son admiration pour lui.

"Je voulais comprendre, et le premier ennemi pour comprendre, c'est l'amour porté à mon père. C'est un drame que je n'excuse pas du tout, mais que j'essaie de comprendre."

Catherine Girard évoque aussi la nécessité de se libérer par l'écriture... elle parle de l'amour dévorant de la mère pour son fils Henri, une forme d'emprise. Entièrement dévouée à son enfant, sa mère, bien que souffrant d’une dépression post-partum, élève seule son fils. Son père est au front. Valentine ne travaille plus et assure elle-même l’instruction de son fils. 

Pas d'école, pas de contact avec d'autres enfants. La mère Valentine était hypocondriaque, elle n'envoie pas son fils à l'école, elle avait peur qu'il attrape un microbe, une maladie : une emprise terrible, faite d'amour, certes, mais un enfant a besoin d'autres enfants pour se construire...

Alors pourquoi ces crimes ?

"Henri fut aussi un enfant battu par son père : ce premier crime est pour beaucoup dans la suite de l'histoire... conséquence : la haine, Henri Girard va payer de sa folie la violence de son père.

C'est un cri contre l'enfance bafouée, volée, un cri contre l'injustice, le summum de l'inacceptable.

Henri Girard souffrait d'une maigreur maladive, c'était donc un enfant fragile, et en plus c'était un enfant battu."

"Les violences subies par mon père, alors qu'il était un enfant, expliquent le meurtre. La pire des violences, c'est celle faite à plus faible que soi, et notamment à des enfants. C'est révoltant !", dit encore Catherine Girard.

Et comment a-t-il fait pour échapper à la justice ?

"Il n'a laissé aucune preuve tangible (il a donc tué la domestique totalement innocente) et il était défendu par un ténor du barreau..."

"Puis il a dilapidé la fortune dont il avait hérité : une sorte de règlement de comptes aussi avec l'héritage, le château a été saisi. Il a toujours méprisé l'argent..." ajoute Catherine Girard.

 

Avec ce roman, on perçoit les conséquences terribles d'une enfance battue. Grandir et vivre sous les coups a une inévitable influence sur le développement et le devenir des enfants. 

 

 

 

 

 

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7 novembre 2025 5 07 /11 /novembre /2025 12:52
Le bonheur d'assister à un concert...

"L'orchestre c'est quelque chose qui réunit et qui peut réunir des gens qui n'ont pas la même histoire, qui ne sont pas dans les mêmes couches socio économiques, qui n'ont pas les mêmes opinions politiques parfois.

C'est une utopie collective qui est nécessaire : il y a cette idée de la cohabitation intergénérationnelle, des jeunes, des moins jeunes, mais aussi de milieux qui se croisent et qui ne se croiseraient pas autrement... car c'est une fracture dramatique : le fait que les gens ne se rencontrent pas...

Alors que là dans un orchestre ils sont obligés de se rencontrer et de faire quelque chose ensemble, faire quelque chose de gratuit.

On peut aussi jouer avec quelqu'un dont on ne parle même pas la langue : vous allez avoir la même partition avec un langage universel qui vous permet d'être côte à côte et de communiquer.

La magie de la polyphonie ! Chacun écoute les autres, et c'est aussi cela qui crée l'émotion, et c'est cela qui crée la beauté et cette beauté là est à portée de main... il faut s'écouter, ce n'est pas très compliqué, mais il semble que pour certaines personnes, ce soit plus difficile...", disait magnifiquement Agnès Desarthe lors d'une émission de La Grande Librairie où elle présentait son livre L'oreille Absolue.

"La musique a aussi des vertus thérapeutiques..." ajoutait Antoine Sénanque...

 

Et bien sûr, la musique réunit aussi un auditoire qui vibre, qui éprouve des émotions aux sons des instruments... la musique crée une harmonie, une complicité.

Et c'est ce que l'on ressent plus particulièrement lors d'un concert en direct : la musique suscite alors des émotions particulièrement fortes...

N'oublions pas la beauté des instruments, la beauté et la précision des gestes, la beauté de la concentration...

Ces émotions, je les ai éprouvées encore lors d'un concert donné dans le cadre de l'Automne musical de Nîmes par l'ensemble Sinfonietta.

 

Le spectacle s'ouvrait sur la Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre en mi bémol majeur, composée par Wolfgang Amadeus Mozart à la fin des années 1770.

Une musique joyeuse, aérienne, légère avec des effets de crescendo, une musique emplie d'harmonie, avec des passages plus mélancoliques, très doux... une musique qui transporte, qui virevolte...

 

L'extrait suivant, la Méditation de Thaïs de Jules Massenet nous ravit et nous emporte dans un monde d'émotions et de sensibilité... Quelle douceur ! Quelle délicatesse dans cette musique !
La Méditation de Thaïs est un intermezzo symphonique de l'opéra Thaïs du compositeur français Jules Massenet. La pièce est écrite pour violon solo et orchestre. L'opéra a été créé à l'Opéra Garnier à Paris le 16 mars 1894. Bien qu'issue d'un opéra, cette pièce fait partie des solos les plus célèbres du répertoire du violon.

Un moment enchanteur !

 

Avec le concerto en mi mineur de Mendelssohn, on est tout de suite séduit par la mélodie envoûtante : une oeuvre passionnée, pleine de fraîcheur, féerique...

 

Merci aux musiciens ! En les écoutant, en les observant, on perçoit aussi toute la passion, tout l'amour de la musique qui les animent...

 

à 54 minutes, 40

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison-18/7626809-emission-du-mercredi-29-octobre-2025.html

 

 

 

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15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 11:42
Les bonheurs de la sieste...

"Ecouter sa nature, c'est ménager son corps, faire le tri des besoins. Et quel meilleur exercice philosophique que de s'extirper de ce flux incessant (du monde moderne) par la grâce d'une petite sieste ?

Il faut pouvoir s'extraire pour se régénérer. Le repos sonne le tocsin des passions toxiques. Accepter son appel, c'est faire la part belle entre le renoncement et l'espoir, la tyrannie de l'avoir et les raisons de l'être. C'est cette philosophie que nous enseigne la sieste. Etre n'est pas avoir. Savoir se détacher, c'est se donner une chance d'être.

La sieste est le plus sûr moyen de se rendre à l'essentiel.", écrit Sébastien Spitzer dans son ouvrage Petite Philosophie de la Sieste...

Quel bel éloge de la sieste !

 

Le mot sieste nous apaise de ses consonnes sifflantes pleines de douceurs, de ses deux voyelles entrelacées "i" et "e" !

La sieste nous berce et nous enivre d'apaisement, après le repas de midi.. La sieste, est une habitude du sud : au coeur de l'été, quand la chaleur est accablante, la sieste nous offre un répit, une occasion d'échapper aux rayons intenses des soleils redoublés du midi...

 

Dans l'ombre des maisons, des gens s'endorment, ou se reposent, un livre à la main, dans un doux apaisement, une douce torpeur...

La sieste est un moment de recueillement, une pause dans l'étourdissement perpétuel de nos vies, une façon de renaître, de revivre, de se ressourcer..

 

Elle est comme un renouveau, une plongée dans l'obscurité des maisons aux volets clos : elle permet un nouvel élan..

J'avoue ne pas m'endormir vraiment au moment de la sieste, mais aimer le calme, le repos ombragé d'une maison, après le repas de midi, en plein été...

Doux moment consacré au repli sur soi, la lecture, le bonheur de l'enfermement volontaire...

 

Ce mot, plein de simplicité et de charmes vient du latin "sexta (hora)", la sixième heure, la journée étant divisée, chez les romains, en douze heures...

La sieste symbolise donc le milieu du jour, le moment où la chaleur est la plus intense, et parfois insupportable dans les pays du sud....

 

La sieste ou sixième heure nous apporte un bien-être, un instant d'harmonie, du réconfort...

On aime cette douceur et cette volupté à savourer en plein été....un demi-sommeil qui permet de goûter un bonheur infini...

 

La sieste du midi, délicieuse habitude du sud, calice de repos, espace de liberté, pendant les vacances nous éblouit de ses torpeurs, de son insouciance, de sa paresse bienheureuse...

 

 

Les bonheurs de la sieste...
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4 juin 2025 3 04 /06 /juin /2025 09:35
Les Français lisent de moins en moins...

 

"Toujours plus d'écrans, toujours moins de livres, il ne reste plus que 56% de lecteurs réguliers aujourd'hui en France, selon le dernier baromètre du Centre national du livre. Le chiffre le plus bas depuis 10 ans...

 

Dévorer les pages d'un livre n'est plus aussi fréquent qu'avant. Ceux qui décrochent le plus ne sont pas forcément les jeunes, aidés en partie surtout grâce à l'école. Ce sont les 50-64 ans, avec moins 13 points par rapport à 2023.

La lecture chez les Français interrogés baisse, se diversifie de moins en moins.

 

Le roman, lui, fait de la résistance : c'est le genre littéraire le plus lu, loin devant les BD, mangas ou livres d'histoire.

 

Si les librairies avaient connu un regain de visiteurs et de ventes à la sortie de la crise covid, c'est fini. Les lecteurs se tournent maintenant vers les grandes surfaces culturelles.

 

Autre constat : les Français sont de moins en moins concentrés lorsqu'ils lisent un livre, ils sont nombreux à faire autre chose en même temps, comme envoyer des messages ou surfer sur les réseaux sociaux.

 

Et les lecteurs lisent moins sur le format papier, car la lecture au format numérique augmente particulièrement chez les 15-24 ans.

Les liseuses ont la cote pour leur côté pratique mais les écrans restent le principal frein à la lecture : les personnes interrogées restent en moyenne plus de trois heures sur les écrans en dehors du travail contre une demi-heure de lecture par jour.

 

C'est même plus de cinq heures d'écran chez les jeunes, principalement sur Instagram ou TikTok.

 

Mais les réseaux sociaux peuvent aussi inciter à la lecture. 91% des 15-24 ans estiment qu'ils sont influencés par des recommandations en provenance des réseaux sociaux.

Un exemple : La femme de ménage est le roman le plus vendu en France, deux millions d'exemplaires et ce succès est dû en grande partie au bouche à oreille numérique sur TikTok."

 

Mais, selon certains lecteurs, le style de ce roman assez plat et convenu est décevant, les dialogues sont un peu mièvres et les personnages souvent « nunuches » et caricaturaux ! Bref, il semble que ce ne soit pas de la grande littérature...

Tous ces chiffres sont inquiétants car le livre est un outil de culture essentiel :  issu du latin "liber", ce mot comporte le même radical que l'adjectif "liber, libre"... Le livre libère, ouvre des espaces, des horizons nouveaux, il nous fait voyager dans le temps et l'espace...

Il nous fait oublier le tourbillon d'informations dans lequel nous sommes plongés et emportés...

Il nous offre des moments de paix, de réflexion, de repli sur soi, de découvertes...

 

Source :

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/les-francais-lisent-de-moins-en-moins-5644797

Les Français lisent de moins en moins...
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19 mars 2025 3 19 /03 /mars /2025 10:32
Le livre : une désaffection dangereuse...

 

Les adolescents lisent de moins en moins : face à la concurrence des écrans qui se multiplient dans le monde moderne, ils ne trouvent plus le temps de lire...

 

Les réseaux sociaux, les jeux vidéos, les images les accaparent. La lecture est alors fragmentée, pauvre, réduite au minimum sur les réseaux sociaux. L'attention se disperse et les jeunes deviennent incapables de s'adonner un long moment à la lecture...

 

Comme l'écrit Philippe Bloch dans son ouvrage intitulé Jamais sans mon écran, " Le livre est devenu pour les adolescents une contrainte associée à l'école, à l'exception des BD et des mangas qu'ils plébiscitent. Mais rarement un outil d'émancipation ou de réflexion. Pour un tiers d'entre eux, lire ne servirait à rien. Pas même à nourrir notre imagination, faire travailler notre mémoire, ou enrichir notre vocabulaire sans lequel aucune pensée complexe ne peut pourtant exister..."

 

Comment ne pas voir l'immense richesse que contiennent les livres ?

Le livre cultive notre attention, notre imagination, notre créativité... 

 

Et, si on y prête attention : Comment fonctionne l'intelligence artificielle ? C'est par la somme de ses lectures qu'elle acquiert des compétences...

La lecture est donc essentielle dans la formation de l'être humain : il convient de protéger les enfants des écrans dès leur plus jeune âge... de leur montrer l'importance de la lecture, de les former à la lecture, le plus tôt possible.

 

"Pas d'écran avant 3 ans, usage modéré et en famille entre 3 et 6 ans, apprendre à créer avec des écrans et premières explications sur internet entre 6 et 9 ans, monitorage du temps d'écran entre 9 et 12 ans, sans smartphone ; premiers accès aux réseaux sociaux après 13 ans, paramétrés en mode privé. Cela étant, il est intéressant de noter que les enfants des fondateurs de ces nouvelles technologies ont droit, en Californie, à des écoles qui bannissent ces mêmes technologies, ce qui laisse penser que ces parents savent bien la toxicité potentielle de leurs créations.", écrit fort justement Raphaël Gaillard dans son ouvrage L'homme augmenté.

 

Il est important de redonner au livre une place primordiale dans la formation et l'éducation des enfants...

Cela commence par la lecture du soir faite aux jeunes enfants, les parents doivent donner l'envie de lire le plus tôt possible...

 

 

 

 

Le livre : une désaffection dangereuse...
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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 12:41
Donald Trump sous le regard de Platon...

Dans son ouvrage Et si Platon revenait, Roger-Pol Droit imagine que Platon revient et qu'il observe nos sociétés, nos façons de vivre : Platon observe nos smartphones, découvre les attentats terroristes, scrute nos dirigeants politiques.

Et un chapitre est consacré à Donald Trump...

Platon le compare à Thrasymaque, le sophiste... un homme violent qui "transpire, rougit, manie l'injure... il explique comme Trump que la justice, la vraie, consiste dans la domination du plus fort, dans les intérêts de ceux qui imposent aux autres leur puissance."

"Quand ce président exalte les intérêts des Etats-Unis, des riches, des multinationales, des Blancs, des Américains de souche, quand il déclare qu'il est juste de les défendre, eux et eux seuls, il fait du Thrasymaque sans le savoir...

 

Pour Trump et pour ce personnage de Platon, le juste, l'homme à principes, qui vit selon les lois et la morale, est toujours un loser. Son respect des règles assure sa défaite, en toutes circonstances. Son honnêteté scrupuleuse le met en position d'infériorité partout." précise Roger-Pol Droit.

 

Et il rajoute : "Comme Thrasymaque, Trump refuse les vraies discussions, les démonstrations, les débats argumentés. Il ne dialogue pas, il assène. Et quand il ne peut monologuer, marteler ses convictions, il cesse de répondre...

 

Donald Trump paraît plus fruste et plus vulgaire que son alter ego athénien. La vérité n'est jamais son souci. Ou plutôt, il estime pouvoir l'enjoliver, l'agrémenter à sa guise... Il truque la vérité : c'est là une technique de vente. La réalité étant toujours moins bonne que les acheteurs ne le souhaitent, il est indispensable de la présenter améliorée. Ou au contraire plus noire, plus dégradée, quand il s'agit de fourguer un remède...

Rendre le réel plus attirant, plus menaçant, selon les cas, c'est ce que Trump nomme "hyperbole véridique"...

Pour Trump, il s'agit de provoquer, de faire montre de courage, de feindre l'assurance et la détermination, en espérant que cette illusion théâtrale ait quelques effets dans la réalité...

Donc, aucune éthique de la parole, avec Trump..."

 

On le voit bien : Trump est avant tout un homme de spectacle, il fait le show : tous les projecteurs sont tournés vers lui et il adore !

Mais quand la politique devient un spectacle, un show permanent, il y a tout de même de quoi s'inquiéter. Depuis son investiture, il fonctionne à un rythme d’enfer, multipliant les décrets et les déclarations tonitruantes. Trump est souvent dans la boursouflure...

En début de semaine, Donald Trump avait déclaré que si le Hamas ne libérait pas les 76 otages qu’il détenait samedi à midi, Israël était libre de reprendre les combats et de déchaîner  "l’enfer" sur le groupe terroriste palestinien. Boursouflure...

Dans un discours brutal à Munich, le vice-président américain J D Vance a accusé les Européens de bafouer la liberté d’expression. Boursouflure encore !

Trump est surtout au service du monde de l'argent, des financiers, et de la technologie...

 

Source :

https://www.babelio.com/livres/Droit-Et-si-Platon-revenait/1035060

 

 

 

Donald Trump sous le regard de Platon...
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10 février 2025 1 10 /02 /février /2025 13:19
Les Etats-Unis, une superpuissance face à l'Europe...

Hélène Harter est une historienne française spécialiste de l'Amérique du Nord. Elle est professeur des universités en histoire contemporaine à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, et directrice du Centre de recherches d'histoire nord-américaine (CRHNA) et du Centre de recherches d'études canadiennes.

Elle était invitée lors du Festival de la Biographie, à Nîmes où elle a présenté un de ses ouvrages : Très brève histoire des Etats-Unis, chez Calype. Elle était interrogée par le journaliste Patrice Zehr.

Résumé :
"En 250 ans d'existence, les États-Unis ont dépassé les 330 millions d'habitants, conquis un territoire presque vingt fois plus étendu que la France, inventé un régime démocratique d'une exceptionnelle stabilité et se sont imposés comme une superpuissance incontournable dans le monde. Leurs adversaires dénoncent une civilisation basée sur la violence, l'oppression des Noirs et des Indiens, le messianisme et le matérialisme. Les divisions plus importantes que jamais qui traversent le pays aujourd'hui sont l'occasion pour cette exceptionnelle synthèse d'interroger deux points cruciaux de l'histoire américaine : le rapport du pays à la démocratie et à l'État; son positionnement international et son rapport à la puissance. Aujourd'hui, entre isolationnisme et impérialisme, attachement à leurs valeurs et remise en cause de leurs institutions, les États-Unis sont à la croisée des chemins."

Hélène Harter présente d'abord la collection Calype qui est très originale : "L'idée, c'est d'avoir des ouvrages d'un format resserré, un peu comme les Que Sais-je ? mais qui soient en même temps abordables. Sur chaque volume, on fait appel à un spécialiste, donc ce n'est pas de la vulgarisation tout venant... deux approches : une approche biographique sur les premiers volumes, et puis, depuis cet automne, de nouveaux titres qui tournant autour de l'histoire d'un pays... le but, c'est de faire court, d'essayer de dire des choses originales sans être dans la simplification.

La première idée, c'est d'avoir une question qui va structurer le propos, moi, ce qui m'a intéressée, c'est de me dire : quelle est la culture politique américaine ? Parce que finalement, c'est une démocratie, il y a des parallèles avec la France, il y a des différences. Et donc, qu'est-ce qui fait l'originalité propre du système politiqua américain, qui fait que ce n'est pas la France ?

Autre question que je me suis posée, c'est de me dire : finalement, les Etats-Unis d'aujourd'hui, ils nous interrogent, ils nous surprennent, parfois, ils nous choquent, parfois, ils nous enthousiasment, ils ne nous laissent pas indifférents, en tout état de cause. Comment on va essayer de comprendre, à partir de l'histoire, le monde où on est aujourd'hui... et donc essayer de voir ce qu'il y a de particulièrement original aujourd'hui, mais surtout qu'est ce qui explique dans le passé la situation qu'on connaît aujourd'hui. Donc se dire : l'histoire est intéressante en soi, mais elle nous parle aussi du présent..."

"Les Etats-Unis se sont créés par une vague de migrations assez religieuses venues d'Europe, ça a toujours été une démocratie ? parce qu'on aurait pu penser que cela devienne très vite une théocratie ?", interroge le journaliste.

"Aujourd'hui, de plus en plus, on considère qu'aux Etats-Unis dans l'histoire, il y a des influences différentes, c'est à dire que, vous le disiez très justement, on a tous en tête les puritains, ces hommes qui arrivent au début du 17ème siècle et qui vont colorer la société américaine, mais on se rend compte qu'il y a aussi d'autres influences, par exemple, l'influence des New-Yorkais, le New-Yorkais, lui, n'est pas puritain, il est très cosmopolite, il est porté sur le commerce, sur l'international... Vous avez l'influence des gens de Virginie qui, eux, sont plutôt les héritiers de la gentry britannique, et puis, vous avez ce phénomène qu'on voit de plus en plus, c'est l'importance des hispaniques. Aujourd'hui, ils sont à peu près 20% de la population, et en fait, les premiers à avoir peuplé les Etats-Unis, chez les Européens, ce sont les Espagnols. Cette migration est intrinsèque de cette histoire américaine, elle en fait l'originalité.

Quand vous regardez aujourd'hui : le président des Etats-Unis a une épouse qui finalement a obtenu la nationalité américaine, il y a très peu de temps. L'épouse du vice-président a des parents qui sont nés en Inde. Et donc on voit bien combien cette question migratoire fait partie de cette histoire...

"Il y a eu une partie des Etats-Unis qui a été très française, pas longuement, mais ce qu'on appelle La Louisiane, c'était gigantesque quand ça été vendu par Napoléon.", intervient le journaliste.

"C'est aussi une autre dimension de la culture politique, cette région de la Nouvelle Orléans, dit Hélène Harter... l'empreinte française est allée très loin jusqu'au Dakota, jusqu'en Arkansas, donc, il y a eu une empreinte très importante de la culture française dans certaines régions des Etats-Unis... alors, cela va sur des choses assez anecdotiques : vous allez à Saint-Louis, vous le savez bien, c'est un hommage à un souverain français, Chicago a été fondée par des Français, et puis toujours cette prégnance de cette langue française dans une partie de la Louisiane où ces Américains d'origine française très lointaine sont toujours très attachés au français et notamment à l'enseignement du français à l'école."

"Est-ce que les Etats-Unis, dès le départ, étaient un pays de commerçants ou plutôt un pays isolationniste ?" interroge le journaliste.

Réponse : "Quand j'étais jeune au 20ème siècle, j'ai appris que les Etats-Unis avaient une forte empreinte puritaine, ces puritains étaient préoccupés de religion quasi exclusivement, ce qui est vrai, mais ce qu'on sait aujourd'hui, c'est qu'à côté d'un projet religieux, dès le départ, il y avait un projet économique, une ambition économique... notamment, ces puritains vont investir dans la pêche à la morue, les bénéfices qu'ils vont tirer, ils vont les réinvestir notamment dans la construction, dans le commerce. Et on pourrait généraliser à l'ensemble des colonies américaines qui pensent l'économie et qui la mettent au centre de leur développement, avec là aussi des visions assez différentes qu'on retrouve aujourd'hui encore... une partie de ces Américains considèrent que pour prospérer il faut commercer avec tout le monde... et puis, il y a toute une partie des Etats-Unis qui pense que les produits qui viennent de l'étranger menacent l'économie américaine et qu'il faut protéger cette économie par des droits de douane. Il y a une partition entre les partisans du protectionnisme et ceux qui disent : mais non, il faut être mondialisé et il faut, au contraire, baisser les droits de douane.

Au sud, on veut un commerce mondial qui soit ouvert, on vend du coton et on veut qu'il soit acheté par le plus de pays possible, et avec l'argent que l'on gagne, on va acheter des produits notamment en Europe, donc il faut que le commerce soit ouvert.

Et les gens du nord, eux à l'inverse, sont en train de développer leur industrie, et ils considèrent qu'ils vont protéger cette industrie... il y a alors un débat très vif au congrès pour savoir quelle voie choisir et la voie qui va triompher, c'est celle d'un protectionnisme, et c'est une défaite de ceux qui sont pour l'ouverture.....

Les Etats-Unis sont un état fédéral et cet état fédéral se pose la question : Comment on perçoit Washington ? Est-ce que c'est un lieu où on va prendre les politiques publiques qui vont concourir au bien commun, des politiques sociales, par exemple, ou est-ce qu'à l'inverse c'est un lieu où des politiciens déconnectés vont prendre des décisions qui vont à l'encontre des libertés individuelles et des droits des états ?

Et voyez que c'est une question qui se rejoue périodiquement : on voit très bien aujourd'hui, entre les démocrates qui disent : il faut un gouvernement central, il faut des politiques sociales, on a besoin d'état, il faut investir dans de grands équipements financés par l'état, il faut une politique commune autour du Covid, et puis ceux qui disent : non, l'état central est une menace pour ma liberté, moi je crois à l'initiative individuelle, je crois à mon libre arbitre et je dois me débrouiller tout seul, donc, je ne veux pas de Sécurité Sociale, je ne veux pas que l'état me dise ce que j'ai à faire et je crois plus à la libre entreprise, au rôle des hommes d'affaires...

Donald Trump n'a pas oublié un président : il a décidé de renommer une montagne américaine, la plus élevée du nom de Mc Kinley, un nom qui évoque peu de choses en France, mais aux Etats-Unis, c'est un président qui a marqué l'histoire : il a été élu en 1896 et il porte une politique d'internationalisation, de puissance, de grandeur, il veut que son pays soit une grande puissance économique et que son pays compte dans le concert des nations. C'est lui qui va dire : On abandonne la politique de l'isolationnisme, et on fait une politique de la puissance. Il va ainsi entraîner son pays dans la guerre contre l'Espagne, à propos de Cuba, et c'est de cette guerre que les Américains vont gagner le contrôle de Cuba, des Philippines, et qu'ils vont devenir une puissance des Caraïbes et qu'ils vont aussi devenir une puissance du Pacifique.

Beaucoup d'Américains considèrent qu'il y a une sorte d'exceptionnalisme de leur pays, et que cet exceptionnalisme fait qu'en fait ils se suffisent à eux-mêmes.

André Kaspi a une phrase qui résume tout : "Les Etats-Unis, c'est grand !" Une façon de dire qu'il y a tellement de richesses à l'intérieur qu'on n'a pas besoin des autres, le contact avec les autres, cela dénature, d'une certaine manière, l'expérience américaine qui serait faite d'une pureté, d'une différence, cette idée très américaine qu'on ne veut pas être les Européens.

Et donc, vous avez de manière récurrente, des Américains qui vont se retrouver derrière l'isolationnisme et considérer qu'on n'a pas besoin des autres, qu'on n'a pas besoin de se lier avec les Européens, notamment. Je précise et je nuance : politiquement et militairement, c'est à dire, ils ne disent pas : je ne veux pas faire de commerce mais ils disent qu'ils ne peuvent pas être liés par des alliances politiques contraignantes, par des alliances militaires, je pense évidemment à l'OTAN, ils ne veulent pas être membres de l'OMS, des accords sur le climat, parce qu'ils estiment que ces accords limitent leur liberté d'action.

Trump est donc là dans la continuité d'une certaine vision américaine...

"Est-ce que vous avez été surprise par la victoire de Trump ?" interroge le journaliste.

"Non" répond Hélène Harter, car l'Amérique est très diverse et on la connaît mal.

Autre question : "Est-ce que vous avez été surprise par le ralliement de la Tech ?"

"Marc Zuckerberg, lui, est un rallié de la dernière heure, par intérêt. Ce qui est très intéressant, c'est quand même le ralliement d'Elon Musk. Je laisse de côté son côté libertarien qui explique son ralliement, mais je crois fondamentalement que cela renvoie à cette question qui est le rôle et la centralité des hommes d'affaires dans la société et la culture américaine... en France, un homme ou une femme d'affaires, surtout s'il réussit, s'il gagne de l'argent, c'est toujours un peu suspect... l'argent, on n'en parle pas, on n'étale pas sa richesse...

Aux Etats-Unis, c'est l'inverse : c'est vraiment un modèle sociétal et cette réussite, c'est quelque chose qui parle à beaucoup d'Américains : la plupart des entreprises américaines sont des TPE, c'est à dire très souvent un homme ou une femme qui a fondé une petite entreprise, qui a un employé, parfois c'est le conjoint et cela ne va pas plus loin.

Lui, c'est un homme d'affaires, il n'est pas dans le salariat, et il rêve de réussir. Et les réussites à la Elon Musk, c'est cela qui est extrêmement porteur, de se dire : aujourd'hui, je gagne peut-être 3000 dollars, mais demain, je peux être millionnaire ou milliardaire.

Et c'est aussi la dimension de la recherche, de la technologie, cette croyance dans le progrès... le fait qu'on puisse aller sur Mars, la conquête spatiale : tout cela, ça parle à beaucoup d'Américains.

Pour un certain nombre d'Américains, qui peut d'ailleurs déplorer les outrances de ces deux personnages, on est dans le rêve américain.

"Alors, ce monde américain que vous connaissez bien, quel regard il a sur l'Europe ?" interroge encore le journaliste.

"Déjà , l'Asie et la Chine, c'est la priorité, dit Hélène Harter, l'Europe intéresse peu, elle intéresse de moins en moins parce qu'il faut reconnaître aussi : économiquement, nous sommes moins dynamiques que nous l'avons été, parce que l'immigration est de moins en moins européenne, aussi. Elle est surtout asiatique, je pense à l'Inde, c'est quand même remarquable : je l'ai citée, l'épouse du vice-président, mais aussi Kamala Harris a des origines indiennes... les grandes vagues migratoires, c'est aussi le monde latino américain.

Mais il y a des Américains pour qui l'Europe, c'est toujours quelque chose d'inspirant, les élites, en particulier, les intellectuels. Faire un voyage en Europe, venir à Paris, c'est un fantasme, toujours... On voit bien l'intérêt que les Américains ont porté à Notre-Dame, au delà de la question religieuse... le fait que Donald Trump vienne pour la réouverture. Donc, on voit bien qu'il y a une séduction toujours de cette Europe, mais ce n'est pas forcément un partenaire qu'ils considèrent à égalité, économiquement et politiquement, et j'ai envie de dire, depuis fort longtemps. Déjà au temps d'Eisenhower, on voit bien qu'il y a une super puissance et puis une puissance secondaire. Au temps de Richard Nixon, c'est exactement pareil, donc finalement ce n'est pas quelque chose de nouveau, c'est une chose que nous autres Français nous découvrons avec retard mais pour un Américain, depuis 1945, il y a les super puissances et il y a les puissances secondaires."

"Quelle attitude il faudrait avoir pour les Européens avec Trump ?", telle est la dernière question posée par le journaliste.

"Comprendre la culture politique américaine, c'est à dire ne pas plaquer nos schémas français sur une réalité américaine et considérer que lui est dans une logique de la négociation commerciale permanente et que c'est son mode d'action. Il nous faut devenir une puissance..." répond Hélène Harter.

De fait, on le découvre tous les jours : Trump se livre à une guerre commerciale tous azimuts, il fait du chantage aux droits de douane... quels seront les résultats ? Trump ne court-il pas le risque de créer des instabilités économiques graves ?

 

 

 

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23 décembre 2024 1 23 /12 /décembre /2024 12:44
Une magnifique leçon d'étoiles...

 

Une belle idée : illuminer l'horloge du lycée Daudet à Nîmes pour une adaptation libre, poétique du récit intitulé Les Etoiles, extrait du recueil Les Lettres de mon moulin, d'Alphonse Daudet, justement...

 

Dans le premier tableau, apparaît le jeune berger, héros de cette histoire : assis sur l'herbe près de son chien, on voit se dessiner au dessus de lui de hautes montagnes, les Alpages, et près du berger, son troupeau de moutons...

 

Puis, la pluie, l'orage se déchaînent et rayent le paysage... soudain, l'obscurité, et le jeune berger est alors accompagné d'une silhouette féminine, en robe blanche... Il s'agit de Stéphanette, la fille de ses maîtres...

Le berger solitaire, occupé à garder ses bêtes sur Le Luberon, pendant le mois de Juillet, a reçu la visite inhabituelle de Stéphanette  qui lui a apporté ses "vivres de quinzaine."

Bloquée par l'orage, la jeune fille est contrainte de passer la nuit auprès du berger. 

 

C'est alors que commence une nuit magique à la belle étoile, une nuit au cours de laquelle le berger donne une leçon d'étoiles à Stéphanette...

Le jeune homme amoureux est ravi de cette opportunité qui lui permet de mieux faire connaissance avec la demoiselle.

Il  raconte alors la nuit et ses mystères... Un monde poétique où l'obscurité amplifie les bruits, les lumières qui brillent... "un monde mystérieux s'éveille dans la solitude et le silence..."

La nature se met à vivre plus intensément : "les sources chantent bien plus clair, les étangs allument de petites flammes". Personnifiée, la nature est ainsi magnifiée par ce berger poète qui évoque "les esprits de la montagne qui vont et viennent librement".

 

Une nuée d'étoiles, la Voie lactée surgissent sur la tour de l'horloge... des lueurs se dessinent dans la nuit, puis un chapelet d'étoiles, la Grande Ourse ou le "Char des âmes".

Des noms surgissent dans la nuit, emplis de symboles et de poésie.

Les étoiles ouvrent des chemins, font naître des images de char lumineux, prennent vie, deviennent des personnages, "un Charretier, Trois Rois, Jean de Milan, le flambeau des astres"...

Des étoiles filantes traversent l'espace de la nuit...

 

La scène s'achève dans une ambiance de complicité entre les deux personnages puisque la jeune fille pose sa tête sur l'épaule du berger et s'endort. Les étoiles comparées à un troupeau se meuvent dans le ciel et le berger imagine alors qu'une étoile "la plus fine, la plus brillante" vient de se poser sur son épaule...

 

 

Rappel : une leçon d'étoiles avec le texte de Daudet :

 

http://rosemar.over-blog.com/2018/12/une-lecon-d-etoiles.html

 

Il faut relire le récit intitulé Les étoiles, inséré dans le recueil d'Alphonse Daudet, Les lettres de mon moulin...

 

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30 octobre 2024 3 30 /10 /octobre /2024 10:35
Las Vegas ou l'effondrement du rêve américain...

"C'est la ville de l'opulence au milieu du désert : La Vegas... sa démesure attire des millions de touristes chaque année. Folklore, strass et paillettes d'une Amérique fortunée... C'est la face visible, celle qu'on nous montre : celle d'une ville entière tournée vers le luxe.

Mais on oublie la face cachée : il y a tous ceux qui peinent à se nourrir et à se loger...

Las Vegas ou l'Amérique à deux vitesses...

Taylor Patterson est chauffeur de limousine depuis 10 ans. Il connaît les moindres recoins du boulevard principal, le coeur battant de la ville. Il y a déposé toutes les stars ou presque.

"Alors, comment vont les affaires en ce moment à Las Vegas ?" interroge une journaliste.

"ça va, j'ai plein de réservations." répond le chauffeur.

Mais tout n'est pas aussi flamboyant qu'avant... depuis le Covid, il travaille plus pour gagner le même salaire. Les prix ont explosé partout, notamment à la pompe.

"J'avais l'habitude de dépenser 2000 dollars par mois d'essence, maintenant je paye 3500 dollars. Je suis obligé de travailler tout le temps et je n'ai guère le temps de voir mes enfants." témoigne ce chauffeur.

 

Le coût de la vie est devenu un thème central de la campagne pour l'élection présidentielle.

Au petit matin, La Vegas dévoile un tout autre visage : celui que l'on ne voit jamais dans les publicités, loin du bling-bling... la misère.

A quelques kilomètres seulement de l'artère principale de La Vegas, le long des routes, on découvre des dizaines de sans-abris... épuisés, piégés par les promesses d'une ville devenue à leurs yeux un simple décor de fête pour les touristes.

Ils sont de plus en plus nombreux à pousser la porte de la banque alimentaire. La hausse record de l'inflation, 20% depuis quatre ans, n'a épargné personne.

"J'ai 15 dollars d'aide par semaine pour manger, je ne peux rien acheter avec ça, j'ai 74 ans, c'est très difficile, et j'ai travaillé toute ma vie", témoigne une Américaine.

"C'est devenu difficile y compris pour la classe moyenne, de nombreuses personnes perdent leur travail. Quand on parle de Las Vegas, on met toujours l'accent sur le glamour, les paillettes, les hôtels. J'ai l'impression que nous qui vivons ici, on est mis de côté." explique un pasteur.

A La Vegas, il y a aussi une autre crise qui touche de plein fouet les habitants.

Dans une banlieue, 20 à 30% des logements sont vides et les maisons ne trouvent pas preneurs. Le marché de l'immobilier s'effondre. Les maisons sont devenues hors de prix, malgré l'offre, beaucoup ne peuvent plus acheter.

Le Nevada est l'un des sept états clés où va se jouer le scrutin, où l'économie vacille, les préoccupations sont grandes... un restaurateur mexicain a fait fortune en venant à Las Vegas, il y a 40 ans. Face à la flambée des prix, il ne lui reste plus beaucoup d'options. Il est à la tête de 5 restaurants, si la situation n'évolue pas, il devra en fermer trois.

En août dernier, il a accueilli Donald Trump dans son restaurant, il a tout de suite été séduit.

"C'est quelqu'un d'intelligent, il sait ce qu'il y a de mieux pour le pays, parce que c'est un homme d'affaires." dit ce restaurateur.

En repartant, Trump a même fait une proposition : finies les taxes sur les pourboires. L'annonce a fait mouche.

Dans cet état, les démocrates ont remporté les quatre dernières élections mais les récents sondages montrent que leur popularité a chuté, précisément à cause des problèmes économiques.

"Je ne vais pas voter pour cet homme fou", dit cependant une Américaine.

"Je pense que Kamala Harris peut faire la différence. Je ne pense pas qu'on aille vers une récession, on va remonter la pente." déclare une autre.

"Donald Trump n'a pas eu à gérer la pandémie, c'est pour ça que tout a augmenté, tout le pays s'est arrêté pendant des mois.", dit un autre.

Deux piliers du rêve américain : la réussite financière et l'accès à la propriété se sont affaissés à Las Vegas, laissant beaucoup d'habitants errer vers un avenir encore plus incertain..."

 

Et que dire de la situation à San Francisco ? Alain Damasio en fait une description saisissante dans son ouvrage Vallée du Silicium :

"A Tenderloin, quartier le plus pauvre de San Francisco, à deux blocs du siège de Twitter, à touche-touche de la richesse la plus brutale, la folie est partout -liquide, tranquille, visqueuse- elle coule à travers les rues et arpente la place des Nations-Unies. Elle coagule plus loin au bord des trottoirs, contre une poubelle ou sur un banc... La réputation libérale de la ville (de gauche, donc, dans la classification américaine) en a fait un aimant à SDF, que les deux années de covid ont encore renforcé.

En France, nous avons évidemment des sans-abris. Ici, nous sommes au stade supérieur, non seulement parce qu’ils sont beaucoup plus nombreux et hantent le centre ville, mais surtout parce qu’ils sont beaucoup plus atteints et détruits.  En les regardant, surgit l'intuition : c'est de là qu'est venue la prégnance des zombies dans l'imaginaire américain- leur regard de vitre, leur démarche à disloque, leurs plaies, leurs bras mutilés...

Au dernier décompte des ultrariches, la Silicon Valley toute proche abrite pourtant 78 milliardaires. Et alors ? Alors, 1% de la richesse d'un seul de ces milliardaires suffirait sans doute à soigner ces sans-abris, ces psychotiques laissés à eux-mêmes et ces drogués que les dealers fabriquent. Une infime miette de cette fortune incompréhensible suffirait à rémunérer une action sociale de long terme digne de ce nom...

Comment peut-on adosser, accoler presque, la richesse la plus obscène à la pauvreté la plus féroce ?

Comment pouvons-nous accepter cette juxtaposition ?"

 

Les Etats-Unis sont-ils devenus le royaume des inégalités ?

 

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/derriere-les-paillettes-la-face-cachee-de-las-vegas_6855797.html

 

Alain Damasio : Vallée du Silicium

 

Las Vegas ou l'effondrement du rêve américain...
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