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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 16:48

 

 

balsamine-auteur-jerzy-opiola.JPG

 

Aspioles de vermillons, rosaces de pourpre, balantines de fleurs enroulées sur elles-mêmes...

 

Teintes de feux, soie de papillon fragile et gracile, la balsamine enflamme ses corolles de rouges imprimées d'un blanc de lys... veloutines, pétales largement déployés offerts au regard, la balsamine libère ses éclats de couleurs...

 

Des tiges de veines rouges, des feuilles finement dentelées d'épis légers subliment les fleurs.

 

Les feuilles allongées, panaches élégants, veinées de rouge, lancent leurs flammes de verts autour des pétales, elles s'enroulent autour des fleurs somptueuses.

 

Eclats d'amarante, de blanc, la balsamine découpe ses pétales en ailes de papillons veloutées et subtiles...

 

Balsamine ! Baumes de couleurs, baumes d'élégance, de finesse !

 

Sous la fleur, une tige souple s'évase, aux couleurs de roses, fine, délicate, légère !

Douceur et éclats des teintes ! 

 

Les feuilles d'un vert sombre s'éblouissent des couleurs de la fleur... Fleur de l'ombre, fleur discrète et flamboyante à la fois, la balsamine s'épanouit sous nos yeux, s'arrondit de ses calices feutrés...

 

Elle fait voltiger des papillons de fleurs, des pétales en formes d'ailes aériennes, des rosaces, des volutes, des enroulements de couleurs.

 

Elle déroule des formes voluptueuses, des couleurs contrastées, des tourbillons, des valses qui virevoltent !

 

Sur le vert foncé des feuilles, les pétales flamboient, font exploser leurs couleurs de blanc, de feux !

 

http://youtu.be/w8LL1x6J2rU

 

 http://youtu.be/r2Xdlgii-Rc

 

 

 Balsamina_Impatiens-auteur-vinarayaj.jpg

 

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 14:59

 

livre (2)

 

"On n’a pas évoqué une chose quand on l’a appelée par son nom. Les mots, les mots, on a beau les connaître depuis son enfance, on ne sait pas ce que c’est", a écrit Henri Barbusse, dans L’Enfer...

 

Les mots constituent un réseau, un monde complexe de significations diverses, de sons différents, d'échos, de résonnances, de musiques. Ils nous permettent de penser, de communiquer, de dire, d'exprimer tellement de nuances !

 

D'abord, ils mettent en jeu des sonorités plus ou moins douces, des voyelles plus ou moins aiguës. Les mots associés ne créent-ils pas une sorte d'harmonie musicale ? On peut, grâce à eux, entendre la violence terrifiante et terrible d'un combat, la douceur apaisée d'un soir d'automne, un moment de mélancolie alanguie.

 

On peut entendre un cri de douleur : "Ah longues nuits d'hiver de ma vie bourrelles/ Donnez moi patience et me laissez dormir !", écrit Ronsard, dans un de ses derniers poèmes, où il évoque ses souffrances, ses nuits d'insomnie.

 

Les mots chantent, crient, parlent, racontent : ils ont parfois plusieurs sens : la "grève" nous fait voir une plage qui se déroule à l'infini, ce même mot nous fait entendre des ouvriers en colère qui manifestent, qui hurlent, qui défendent leurs droits.

 

Le nom commun "pompe" désigne tantôt le faste, la magnificence, tantôt un appareil qui sert à pomper de l'eau, il peut, même, évoquer familièrement une paire de chaussures.

 

Certains termes ont un sens péjoratif, d'autres une connotation élogieuse et valorisante : un "bellâtre", une "pécore" nous sont peu sympathiques. D'autres sont dotés de suffixes à valeur affectueuse : une "fillette", une "maisonnette".

 

Les mots peuvent se combiner entre eux : véritables carambolages de mots ! Le verbe "écrabouiller" est bien la contraction de deux vocables : "écraser et bouillie".

 

Les mots comportent aussi de nombreuses connotations par association d'idées : la mer évoque l'immensité, le voyage, la liberté, le mouvement, l'évasion.

 

Les mots forment des ensembles, des familles indissociables : clamer, clameur, acclamer, déclamer, s’exclamer, proclamer, réclamer...Clara, clarifier, clarinette, Clarisse, clarté, déclarer...

 

Les mots possèdent une histoire, leur sens évolue, dérive, se modifie à travers le temps.... 

Le nom embonpoint désignait, autrefois, l' état où se trouve une personne qui est "en bon point", c'est à dire en bonne santé.
Le terme enthousiasme évoquait le fait d'être habité par une divinité, théos, en grec, c'était anciennement une "fureur prophétique ou poétique qui transporte l'esprit, et qui lui fait dire des choses surprenantes et extraordinaires."
L'adjectif superbe se disait aussi de"celui qui est orgueilleux, qui a de la présomption, une trop bonne opinion de lui-même."
 
Que de mystères dans les mots ! Que d'énigmes à découvrir, tant leur richesse est infinie !
 

 liseuse fragonard libre

 

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 15:56

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La nature qui entre par la fenêtre, avec deux "branches de tilleul", le ciel personnifié qui "cligne des yeux", des papillons qui dansent la "passacaille", voilà un cadre propice à un duo amoureux. C'est ce cadre familier que décrit Jean Ferrat, dans une de ses chansons, en rendant hommage aux paysages du sud...

 

Toute la nature s'anime et semble participer à la fête, au bonheur de la vie et de l'amour.

 

La passacaille, danse populaire d'origine espagnole qui remonte à la Renaissance évoque un monde d'autrefois, où régnait la lenteur, où l'on prenait le temps de vivre : la voyelle "a" répétée de ce mot crée un rythme plein de charme et d'harmonie.

On voit aussi un "lézard, des genêts, des bruyères", toute une faune et une végétation du sud, une ambiance chaleureuse.

 

Un oxymore, "pays de tendresse et colère" suggère bien les paysages du sud, remplis de soleil, de chaleur où soufflent, parfois, des tempêtes de mistral, pays de contrastes étonnants.

 

Un torrent se permet de "déchirer" le silence du paysage, verbe évocateur très fort qui personnifie le torrent et lui donne une force intense.

 

Et même la fumée d'une cigarette, tenue par la jeune femme s'anime d'une vie particulière, et semble participer à la beauté du décor : la fumée se donne en spectacle, fait des "pirouettes" et souligne les "longs doigts" de l'amoureuse.

 

Le poète intervient, alors, tel un vrai "saltimbanque" qui séduit par ses gestes : il s'adresse à la sensualité même de la jeune fille : "ses bras, sa bouche, ses jambes malignes..."

 

Le mot "saltimbanque", plein de vie, de joie, grâce aux sonorités de voyelles nasalisées, participe au bonheur de la scène.

 

Le pays à la fois "si riche, si pauvre" donne des leçons d'humilité et de vie : on y apprend une certaine liberté, un certain art de vivre, on y devient plus "nôtres", comme le dit si bien Ferrat.

 

Ce nouvel oxymore traduit bien l'ambivalence du sud : pays "riche" de son climat, de sa beauté, de son harmonie, mais pays "pauvre", aussi, dans son aridité, sa rudesse.

 

Le refrain, plein de simplicité et de familiarité, traduit une harmonie, un bien-être infini : "ce qu'on est bien..."

 

C'est là, une invitation à profiter du temps présent, de la nature offerte, des plaisirs les plus simples, c'est là, un poème plein de sensualité : la vision des papillons, l'odeur des tilleuls, le murmure du torrent entremêlent différentes sensations... Les couleurs de vert, de blanc, de genêt flamboyant participent à la beauté du paysage évoqué.

 

La mélodie légère, volatile donne une impression de liberté, de bonheur infini...

 

 

http://youtu.be/ez1yZuwwF7g

 

 

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photos : arbres: rosemar / Creative commons papillon : Véronique Pagnier  / genêt : Pierre Bona / lézard : DC



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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 16:14
calame 2

"Le silence est revenu encore, plein d'ivresse et de lueurs. Par moments, la musique des chalumeaux s'élançait à nouveau, glissait, puis s'éteignait", a écrit J. M. G. Le Clézio, dans un de ses romans les plus célèbres, intitulé Désert.
 
Le chalumeau... tout le monde connaît cet instrument, utilisé, de nos jours, par les soudeurs, et qui produit une flamme très chaude par la combustion, sous pression, d’un mélange de gaz et d’oxygène...
Mais, le chalumeau a été, d'abord, un simple roseau, le mot vient d'un terme grec κάλαμος, kálamos, repris et transcrit en latin, calamus qui désigne le roseau... ce mot évoque, aussi, un instrument de musique pastorale qui était, à l'origine, un roseau percé de plusieurs trous.
 
C'est le diminutif latin, calamellus " petit roseau " qui a donné le français chalumeau, au sens devenu désuet de " flûte de berger ".
 
Le "chaume" est issu de ce même radical et désigne une tige herbacée, creuse, simple, garnie de nœuds, propre aux graminées, telles que le blé, l’avoine...
 
Le terme " roseau ", lui, est dérivé de l'ancien français, ros, "roseau ", auquel on a ajouté un suffixe de diminutif... Terme moins évocateur par ses origines, il fait penser, néanmoins, à un nom de fleur, à une belle végétation... 
 
Le chalumeau originel nous fait songer, quant à lui, à un monde pastoral ancien, à un univers simple, rustique : joli instrument fait d'un roseau, il évoque des bergers entourés de leurs troupeaux, se livrant à des plaisirs musicaux, jouant des airs champêtres. Dans le texte de Le Clézio, le chalumeau et sa musique pastorale font vivre et animent la solitude du désert.
 
Chuintante, labiale, voyelles variées, le mot nous fait entendre un petit air de flûte apaisant et doux.
 
Le calame, ou roseau taillé servait, aussi, dans l'antiquité pour l'écriture : à sec, sur de l'argile, ou trempé dans une encre, sur un papyrus.
 
Instrument de musique, outil précieux pour l'écriture, le calame avait des usages variés... 
 
Le chalumeau, lui, a perdu son sens premier : l'étymologie en restitue le sens, permet de retrouver l'essence même de ce mot, son origine lointaine.
 
L'étymologie nous fait remonter à des temps très anciens, au début de l'écriture, à un monde de bergers, de paysans pour lesquels le roseau offrait l'opportunité de créer de la musique, de fabriquer des toitures de maisons, des paniers, des objets divers...
 
Le chalumeau, voilà un mot dont le sens a évolué avec les progrès et la modernité, un mot dont on aime les significations anciennes si riches de créativité : musique, écriture, artisanat réunis en un seul mot !
 
Art, littérature, vannerie, voilà un mot riche d'histoire et d'inventivité !
 
 
 
 
 
calame auteur bibilio municip stanislas nancy
calame Naxi Dongba scripture
calame



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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 16:43

 

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Le supermarché : voilà un lieu banal et ordinaire, que tout le monde fréquente, même les pauvres, même des SDF, on en voit de plus en plus errer dans les galeries ou à l'intérieur du magasin.

 

Le supermarché nous fait, parfaitement, découvrir ce que sont devenues nos sociétés... un monde d'inégalités permanentes : le rayon discount côtoie le rayon bio, réservé aux plus riches. 

 

Le supermarché est savamment organisé et orchestré pour inciter à l'achat compulsif : à l'entrée du magasin, on trouve une sorte de sas qui a pour but de monopoliser l'attention sur l'actualité du moment, Noël, le printemps qui arrive, Pâques, la Toussaint, le premier mai etc.

 

Le rayon beauté est habilement placé après l'entrée, puis viennent celui des vêtements et enfin celui des achats plus ordinaires et quotidiens.

La musique rythme le passage des clients, une musique d'ambiance souvent assez douce pour créer une impression agréable.

 

Le client flâne dans les rayons, choisit lui-même ses fruits, ses légumes, y passe de plus en plus de temps, tout semble offert et si accessible !

 

Le supermarché devient un vrai temple de la consommation, avec ses rites, ses habitudes : le choix du caddie, les sacs à emporter pour récupérer les marchandises, les achats, souvent, dans le même ordre immuable, le paiement en caisse, avec, parfois, des files d'attentes.

 

Le paiement s'effectue, désormais, le plus souvent, par carte bancaire, parfois par chèque, plus rarement en liquide...

 

Le supermarché n'est-il pas un condensé de nos sociétés, n'est-il pas un révélateur ? On ne voit pas la couleur de l'argent mais c'est bien l'argent qui est au centre du système : la carte bancaire facilite les achats... plus de compte savant à faire, plus de rendu de monnaie, tout semble si accessible, si facile : il suffit de taper toujours le même numéro pour payer ses achats.

 

Le supermarché s'embourgeoise : on y trouve, de plus en plus, des produits de luxe regroupés dans un même rayon : des produits rares, exotiques, biologiques, et évidemment les prix se hissent à la hauteur de ces marchandises d'exception.

 

Les rayons sont spacieux, larges et permettent une bonne circulation des caddies, le client est habilement cerné par toutes sortes de produits qui s'étalent et s'étagent.

Les prix sont, sans cesse, revus à la hausse : d'ailleurs la note, en fin de parcours, est de plus en plus salée : dans ce lieu de consommation, on use de tous les moyens pour inciter les gens à acheter, à se sentir bien, à apprécier l'ambiance...

 

Le supermarché ne nous donne-t-il pas une impression d'autonomie, de liberté totale ? On choisit les produits, on les pèse sur des balances prévues à cet effet au rayon fruits et légumes, mais en fait, les gens sont canalisés, robotisés, conditionnés pour l'achat.

 

Les couleurs, les affiches voyantes dirigent les regards, les orientent : l'homme devient un robot acheteur et ne peut guère y échapper...

Bercés par la musique, éblouis par les emballages, les clients suivent docilement l'ordre des rayons.

 

Le supermarché nous permet de regrouper nos achats : pratique, spacieux, entouré de galeries marchandes, d'un parking pour se garer, il devient un lieu incontournable, indispensable : qui pourrait désormais, s'en passer ?

 

Notre monde est devenu celui des super et des hypermarchés : monde de démesure, de consommation, de confort, oui, le supermarché résume parfaitement nos sociétés...

 

Luxe, pauvreté, apparences trompeuses, inconscience, aveuglement, hubris,argent caché, secret, abondance, surabondance, gaspillage, tout y est.

 

 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 16:17

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Spinelles éclatantes de rouge sombre, perlées de roses ! Canetilles de carmin éclaboussé de blanc ! Des effluves subtils s'épanchent des fleurs froissées... 

 

La fleur des dieux répand une douce odeur sucrée : petite fleur divine, aux pétales diaprés et veloutés de rose-rouge, le Dianthus nous éblouit de ses couleurs de flammèches éclatantes, de ses pampres de feux...

 

Quelles teintes d'amarante ! quels parfums subtils !

 

Les feuilles légères, souples, minces filets de verts entourent les fleurs et les boutons de leurs flots d'opaline...

La fleur rayonne de pointes pourprées et empourprées, les pétales dessinent des trames de velours aux teintes nuancées...

 

La fleur devient satin et velours de soie, elle se pare de brouées de rose, de rouges flamboyants.

La fleur devient pétales de feux, éclats de cinabre, un assemblage inoui de couleurs où le blanc s'illumine de pourpres...

 

Les pétales serrés, denses forment un tourbillon de teintes qui s'enroulent, volubiles...

Des senteurs enivrantes se volatilisent dans l'air, des senteurs de printemps envahissent l'espace...

 

Fleur de Zeus, fleur des dieux, fleur du jour rayonnant, le dianthus nous exalte de ses éclats !

Fleur divine ! Fleur de rouges vifs ! Nuées et écumes rougeoyantes ! Parviflore aux teintes éblouissantes !

 

Des vagues de rose-rouge déferlent sur la fleur et laissent leur empreinte de couleurs estompées sur les pétales...

 

Des vagues de parfums s'enroulent autour des fleurs !

 

http://youtu.be/w8LL1x6J2rU

 

 

 http://youtu.be/eaPJKz1o0R4

 

 

 

-Dianthus auteur nordzee23

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 19:54

 

arbre des fées

 

 

"Elle arrivait aux lignes d’avant-garde, la nourriture, honteusement rampante et lourde, en longs cortèges boiteux de carrioles précaires, gonflées de viande, de prisonniers, de blessés, d’avoine, de riz et de gendarme et de pinard aussi, en bonbonnes de pinard, qui rappellent si bien la gaudriole, cahotantes et pansues."

C'est ainsi que Céline évoque dans son célèbre roman, Le voyage au bout de la nuit, la nourriture acheminée pour approvisionner les soldats pendant la guerre de 14 : s'entassent pêle-mêle des blessés, du ravitaillement, du vin ou du pinard associé à la gaudriole.

 

Etonnant, ce mot "gaudriole" dans ce contexte de violence et de guerre ! Mais le vin ne permettait-il pas d'oublier toutes les misères des combats, et de se livrer à la gaudriole ? Le vin offert aux combattants n'était-il pas une façon de les entraîner, malgré tout, dans toutes les horreurs et les déviances de la guerre ?

 

Nul doute que les soldats sur le front avaient besoin de vin et de gaudrioles, pour occulter et masquer toutes les atrocités de la guerre : plaisanteries lestes, les gaudrioles ont pour but d'amuser : le mot vient, d'ailleurs, d'un nom latin, "gaudium", la joie...

 

Curieusement, le terme "joie" est issu, aussi, directement du latin "gaudium" avec une évolution phonétique notable : la consonne "g" est devenue "j".
 
On le voit : la gaudriole, la joie sont issues d'un même radical, alors que les mots ne se ressemblent guère ! Curieuse parenté de mots si différents dans leurs sonorités !
 
Les mots de cette famille sont nombreux et divers : se gausser, gausserie, joyeuseté, joyeux, jubilation, jubiler, jubilatoire.
 
La gaudriole a pour but de faire rire...propos licencieux, grivoiserie, gauloiserie, elle vise à créer une bonne ambiance.

La gaudriole comporte, cependant, parfois, une certaine lourdeur, elle manque de subtilités, car elle fait appel à des mots grossiers et crus assez faciles.

 

En tout cas, le mot est sympathique avec le son"o" répété, comme un écho de rires qui éclatent, avec le suffixe -ole qui peut avoir une valeur d'atténuation, ou qui marque un terme populaire, comme dans le mot "bagnole".

 

Le nom "gaudriole" appartient à un niveau de langue familier et nous fait penser à d'autres termes argotiques : "bagnole,mariole, torgnole", des mots pleins de saveur et de pittoresque.

 
"Gaudriole, torgnole, bagnole", voilà des mots familiers que Louis Ferdinand Céline utilise volontiers ! Des termes hauts en couleurs, aux sonorités qui résonnent, qui chantent !
 
Je trouve le nom "torgnole" particulièrement savoureux, bien qu'il désigne une réalité assez dure ! Le terme "gaudriole" me plaît aussi, même si les gaudrioles ne sont pas toujours de très bon goût !
 
Voilà des mots jubilatoires ! Voilà des mots qui étonnent, amusent, nous font sourire, attirent notre attention...
 
 
 
 
 
 
 
 
 Rire Beach Grün
 
Rire - Caran d'Ache

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 16:17
Laisse tomber l'éventail !

   

 

Qui n'a jamais rêvé de laisser tomber l'éventail ?

 

Suivre le vent, se laisser emporter par un souffle de liberté, échapper aux contraintes de ce monde : qui n'en a jamais rêvé ?

 

Dans cette chanson de liberté, d'évasion, Angelo Branduardi lance un invitation à suivre le vent, symbole même de délivrance et d'une certaine audace...

 

Le poème s'adresse à une femme, désignée par le terme "belle" : on perçoit un éloge appuyé de la beauté féminine... La jeune femme, présentée "dans la poussière de rails" qui représentent une voie toute tracée, mille fois empruntée, est sommée de laisser tomber son éventail, image de l'artifice, de la vie sociale, faite de masques et de représentations.

 

Elle est invitée à "danser la vie", à se libérer du poids des mots, ceux qui enchaînent, ceux qui pèsent de leurs faux semblants : il faut suivre le rythme du monde, se laisser aller.

 

Il faut, aussi, sur les ondes, ne pas se laisser guider par un gouvernail qui peut représenter une forme de carcan, car il impose une direction.

Le poème est, enfin, une incitation à l'aventure de l'amour : "Serre le bien fort dans tes bras, le premier qui te sourira..."

 

Il faut vivre l'amour, comme un espoir, ne pas le laisser passer, et en accepter les incertitudes, voilà ce que suggère le poème.

 

Le refrain, avec ses verbes de mouvements répétés : "Va où le vent te mène" insiste sur l'idée de liberté.

 

Les nombreux impératifs adressés à la jeune femme sont autant de conseils pour l'inviter à s'évader, sortir des sentiers battus.

 

La mélodie, légère, enlevée, virevoltante nous entraîne dans ses tourbillons ! Les sonorités de fricatives "v" dans le refrain contribuent à cette légèreté... Les verbes de mouvement incitent à une évasion, une délivrance, un élan...

 

Mais, on peut se demander si nous sommes encore capables de suivre le vent dans notre monde encadré, surveillé.

Sommes-nous assez libres pour suivre nos instincts ? Souvent, c'est la prudence qui nous guide, qui nous paralyse...

 

Suivre le vent ! Est-ce encore possible ? Il faudrait l'espérer !

 

Dans un monde de surveillance, de précautions, est-il permis de suivre le vent et d'oublier toutes les contraintes de nos sociétés ?

 

Belle chanson rythmée, hymne à la liberté, ce texte d'Angelo Branduardi nous donne envie de larguer les amarres, de fuir les servitudes étouffantes de la vie ! 

 

 

http://youtu.be/wNnQi5RIjEc

 

 

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:03

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Peut-on parler d'un "nouveau" gouvernement ? Pas vraiment, car on  retrouve de nombreux ministres de l'équipe précédente. Les seules innovations réelles sont la nomination du premier ministre et celle du ministre de l'éducation.

 

Manuel Valls, ayant été nommé premier ministre , il fallait bien "gauchir" la tendance, et nommer un "vrai" ministre de gauche, en la personne de Benoît Hamon au ministère de l'éducation nationale !

 

On savait déjà l'ancien ministre, Vincent Peillon sur le départ : il se préparait à une reconversion et à une carrière européenne, en vue des prochaines élections... On percevait, d'ailleurs, une désertion de ce ministre, au vu des piètres résultats qu'il avait obtenus...

A n'en pas douter, la tâche de Benoît Hamon au ministère de l'éducation se révèlera difficile, semé d'embûches : il récupère un état des lieux qui n'est pas reluisant.

 

Après de nombreuses promesses, les réformes de Vincent Peillon ont suscité la contestation et bien des controverses, notamment la réforme des rythmes scolaires.

 

Au fond, ce "nouveau" gouvernement qui oscille entre droite et gauche répond bien à l'inclination générale de la politique française : droite et gauche conciliés et réconciliés pour mener la France au désastre...

 

Droite et gauche réunies dans un même gouvernement pour donner l'illusion de trouver des solutions : n'est-on pas toujours dans la manoeuvre, les manigances, l'art des apparences ?

 

Benoît Hamon présenté comme un homme à gauche du parti socialiste saura-t-il redresser une situation périlleuse ? On peut légitimement exprimer des doutes : saura-t-il tenir les promesses électorales de la "gauche" ? Des créations de postes seront-elles encore à l'ordre du jour ?

 

L'éducation a-t-elle vraiment été une priorité, comme l'avait annoncé François Hollande lors de la campagne des élections présidentielles ? Qu'est-ce qui a changé ? On ne sait pas trop, on cherche, on ne trouve pas...

 

Et qu'est-ce qui peut changer avec le nouveau ministre ? Que peut-on espérer ? Les classes de lycées sont de plus en plus lourdes, parfois jusqu'à 36 élèves venus d'horizons différents, avec des niveaux très divers.

 

Les enseignants ont vraiment l'impression que la situation ne fait que se dégrader : on leur a, ainsi, demandé, contre toute logique, de rattraper une journée de pré-rentrée qui avait bien été effectuée : il a même fallu organiser des cours lors de mercredis après midis, ce qui a considérablement alourdi les emplois du temps des élèves !

 

Incohérence, mépris des enseignants, le ministère a trahi la confiance des professeurs : déception et amertume l'emportent. Le changement annoncé n'a pas eu lieu...

 

Certes, la gouvernance de Nicolas Sarkozy avait été catastrophique dans le domaine de l'éducation, avec de nombreuses suppressions de postes, des restrictions dans les budgets, mais le gouvernement de François Hollande n'a pas résolu les problèmes.

 

Valls à droite, Valls à gauche, encore une fois, toutes ces politiques se ressemblent !

 

 

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 17:47

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Voilà une brillante idée du ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon : organiser la pré-rentrée des professeurs à la fin du mois d'août ! Quels sont donc l'objectif et la finalité de cette "innovation" ? Il s'agit, bien sûr, d'augmenter le nombre de journées de classe pour les élèves qui pourront effectuer leur rentrée dès le début du mois de septembre.

 

Pour qui travaille sur le terrain, pour tous les enseignants, il est évident que le nombre de journées de travail sur une année n'est pas l'essentiel : ce qui compte, c'est la qualité du travail mis en oeuvre : et pour ce faire, il faut, en priorité, réduire le nombre d'élèves par classe.

 

Il est bon de rappeler les chiffres : 36 élèves par classe en lycée, des élèves qui, souvent, ont des difficultés à se concentrer, qui manquent d'attention et de discipline...

 

On vit dans une société où la quantité prime sur la qualité, on le sait bien, mais sans qualité dans les conditions de travail, les performances des élèves ne sauraient s'améliorer !

 

Assez de gadgets inutiles ! C'est la discipline qu'il faut restaurer, c'est la qualité du travail qu'il faut remettre à l'honneur !

 

Il faut, aussi, rétablir l'heure d'aide individualisée pour les élèves de seconde en français, en mathématiques, disciplines fondamentales : cette heure permettait aux professeurs de prendre en charge et d'encadrer, vraiment, un petit nombre d'adolescents qui éprouvent des difficultés.

 

Cette heure, pourtant essentielle dans les apprentissages, a été remplacée par une heure dénommée pompeusement et faussement "accompagnement personnalisé " : ce n'est qu'un leurre puisque les élèves sont regroupés en classe entière et ne peuvent bénéficier d'aucun soutien personnel !

 

Assez de faux semblants, assez de mensonges ! Augmenter le nombre d'heures de cours des élèves ne résoudra aucun problème si les classes sont toujours chargées au maximum.

 

Nous enseignants, nous qui sommes sur le terrain, nous voyons que certains élèves ont besoin d'un suivi plus personnel, et l'augmentation des heures en classe complète ne supprimera aucunement leurs difficultés...

 

 En 2014, selon le calendrier prévu par le ministère, la rentrée des enseignants devrait avoir lieu le vendredi 29 août et l'année suivante, élèves et professeurs rentreront avant le 1er septembre. Une pétition a été lancée par plusieurs syndicats contre cette rentrée précoce : elle a, déjà, recueilli plus de 10.000 signatures.
 
Nul doute que l'objectif est d'instaurer une rentrée des élèves au mois d'août, depuis très longtemps réservé aux vacances...
 
Faute de s'attaquer aux vrais problèmes, classes surchargées, élèves mal orientés, mal encadrés, le ministère fait semblant d'innover et de trouver des solutions qui n'en sont pas...
 
Faute de percevoir les réalités du terrain, le ministre de l'éducation prèfère se livrer à de faux-semblants, sans même tenir compte de l'avis des principaux intéressés : les élèves, les parents, les enseignants...
Voici la pétition :
 
 
profs



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