ROSEMAR
L'horizon s'embrume d'or. C'est l'hiver, le jour de Noël : dans la campagne, au pied du Luberon, le soleil lance ses derniers éclats... dans le lointain, les silhouettes obscures des arbres détachent leurs motifs d'ombres étranges...
Le ciel se couvre d'or : les sapins, les cyprès se dessinent en embruns de fumerolles, montrant des épis, des hérissements ténébreux...
Le ciel se pare de teintes d'or et de roses : des traces lumineuses de nuées viennent sillonner l'azur pâli, de leurs éclats de blancs.
Le soleil se couche, entre les branches d'un arbre désséché : un embrasement de feux et de lueurs s'en empare.... L'arbre flamboie, jette des rayons, l'arbre rayonne.
Les rayons irradient le paysage, les rameaux se divisent, lancent leurs subtils entrelacs sur l'azur...
L'arbre devient soleil, il répand des éclats éblouissants, il s'illumine des douces splendeurs du couchant.
L'arbre devient rayon de lunes, il s'embrase sous nos yeux...
Une auréole éclatante apparaît dans les branches.
Le spectacle du ciel nous apaise, des odeurs légères de mousses, de thym, de terre, de lichen nous accompagnent, sur le chemin.
Les couleurs roussies de quelques arbres s'arrondissent, autour de nous, des alignements de végétations aux teintes de rouilles, d'ocres, de blonds...
De fins nuages gris flottent dans l'air, sur l'horizon, la terre et le ciel forment des contrastes étonnants : l'azur encore lumineux, clair et le sol, les arbres dans la pénombre avec quelques irradiations de lumières...
Les arbres s'entourent de ces auréoles du soir... des flammèches orangées, des chrysanlines les enlacent de leurs éclats...
Photos : Bruno et rosemar
La datte, rêves de soleils, de lumières, de pays du sud, aux déserts de sables ! La datte nous fait admirer, au coeur de l'hiver, des paysages exotiques et lointains, aux charmes orientaux... L'Egypte, ses oasis au bord du Nil, la Tunisie, ses caravansérails, ses marchés...
Des mosquées, des hérissements de minarets, des coupoles, des palais, des dunes, des barcanes, des oasis, du sable à perte de vue...
Fruit oblong aux couleurs d'ambre et de miel, la datte gorgée de soleil, de douceurs, de lumières, nous éblouit de ses teintes nuancées...
Sa texture moelleuse, ses éclats dorés et brillants ravissent tous les sens.
Le mot lui-même, très simple, avec ses deux dentales éclatantes "d" et "t" suscite la curiosité...
L'homonymie avec cet autre mot, "date" nous intrigue, aussi.
La datte, fruit du soleil semble reproduire les couleurs mêmes de l'astre du jour : elle est parfois mate, mais, aussi, brillante, comme brunie par le soleil !
Parcouru de vaguelettes, le fruit semble simuler des embruns de sillons sur les dunes...
L'intérieur fait rayonner des fibres plus claires, aux saveurs de lumières.
D'où vient ce mot, "datte" ? Quelle est son étymologie ? Curieusement, ce terme est issu directement du grec "dactylos", qui désigne le "doigt". C'est la forme allongée du fruit qui lui a donné son nom...
Cette origine est bien lointaine, d'autant que le mot a perdu sa forme initiale, et que la dernière syllabe s'est effacée.
On connaît d'autres dérivés plus facilement reconnaissables : "dactylographie, dactyle, ptérodactyle"...
La datte, doigt solaire, effilée, élancée suggère, encore, par ses stries, la surface de la peau.
Ce simple mot nous permet de remonter aux origines de notre langue : le grec... et l'on est étonné de découvrir le sens premier de ce terme.
La datte nous emmène, aussi, vers l'Orient, vers l'univers des Contes des mille et une nuits : elle nous raconte les douceurs orientales, un monde raffiné, lointain et mystérieux, un monde secret...
Celui des sultans et des califes, celui de Sindbad, le marin, celui de Shéhérazade.... Des villes orientales surgissent dans nos mémoires : Bagdad, Bassora, Babylone, noms aux sonorités étranges et remplies d'exotisme...
Symbole de fertilité, de prospérité, de bonheur, le palmier dattier est un arbre sacré dans la tradition orientale.
Selon cette tradition, il faut manger sept dattes, le matin, au petit déjeuner, pour profiter de tous les bienfaits de ce fruit divin...
La datte fait, aussi, partie des treize desserts provençaux de Noël : ce fruit venu d'Orient symbolise donc le partage, les dattes pourraient représenter les présents apportés par les rois mages à l'enfant Jésus...




Photos de dattes : creative commons en haut de l'article : auteur : Madhif
Sous l'article photo 1 auteur : Madhif photo 3 : Med Dhifallah
Autres : illustrations des Contes des Mille et une nuits
Le mot "papillote" évoque la fête de Noël : les enfants se voient offrir, en cette occasion, des papillotes, ces friandises entourées de papier brillant, aux éclats d'argent...
Les papillotes font miroiter leurs teintes vives, des étoiles lumineuses, des volutes et des dentelles...
Avec sa labiale"p" redoublée, sa dentale finale "t", ses éclats de voyelles variées, son suffixe de diminutif, ce mot fait rayonner des lumières...
Des rayons de rouges, de verts, de bleu, de jaune explosent, sous nos yeux...
Emerveillements des enfants, les papillotes sont une référence aux ailes chatoyantes des papillons.
Le papier découpé en petites lamelles offre des friselis dorés ou argentés, et entoure la friandise de ses reflets ondoyants.
Le mot "papillote" est issu de l'ancien français "papillot" qui désigne le petit papillon...
Le nom "papillon" pourrait, lui-même, provenir d'un verbe grec, "pallo", palpiter, agiter vivement, mouvoir légèrement et rapidement.
On voit aussitôt le vol léger du papillon, ses envolées palpitantes, ses couleurs d'ocre, de rouille...
Avec les papillotes, on entre dans une ambiance de fêtes, on est ébloui par des dorures, des brillances.
Traditionnellement, la papillote contient, aussi, une devinette, une blague, une citation amusante, parfois, un pétard.
La légende veut que les papillotes soient nées à Lyon à la fin du XVIIIe siècle, quand le jeune commis d'un confiseur eut l'idée, pour séduire une jeune fille, de lui envoyer des petits mots d'amour, enveloppés autour d'une confiserie.
Voilà une jolie légende qui fait de la papillote un message de tendresse, qui lui confère une part de séduction supplémentaire...
Enfants, nous avons tous rêvé de papillotes : les couleurs, la surprise du contenu, les papiers étincelants nous promettaient tous les bonheurs du monde !
Voilà un mot d'enfance qui nous rappelle des Noëls d'autrefois, qui éveille, en nous, des souvenirs colorés et brillants !


Cette chanson, au rythme endiablé, célèbre l'hiver et ses paysages : la neige, le vent, la bise glacée... L'auteur en est James Lord Pierpont, compositeur et maître de chapelle de Boston, la chanson a été publiée pour la première fois en 1857, sous le titre de « The One-Horse Open Sleigh ». Deux années plus tard, le compositeur de Boston publie une nouvelle version de son chant avec un nouveau titre : « Jingle Bells ».
La chanson a été, ensuite, adaptée, en 1948, par Francis Blanche qui ajoute des paroles françaises, totalement différentes de celles d’origine...
Dès le début, on voit un "long chemin" couvert de neige : la redondance "tout blanc de neige blanche" souligne l'épaisseur du tapis qui recouvre le sol, transformant le paysage en une nuée éclatante...
On perçoit le lent cheminement d'un vieux monsieur qui avance péniblement avec sa canne, image traditionnelle du père Noël.
Le vent personnifié se met à chanter une "romance", comme pour encourager le personnage.
Le vent semble, même, lui remémorer un chant de son enfance, pour lui insuffler de l'énergie : VIVE LE VENT !
Les sonorités de fricatives, de sifflantes donnent un air de fête et de bonheur à ce chant...
Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d´hiver
Qui s´en va sifflant, soufflant
Dans les grands sapins verts...
Oh ! Vive le temps, vive le temps
Vive le temps d´hiver
Les voyelles nasalisées "an" ajoutent une note de gaieté à l'ensemble...
Le décor est évoqué : de grands sapins verts, des boules de neige, l'approche du jour de l'an, l'occasion de souhaiter une bonne année à une grand-mère...
On suit le personnage du père Noël qui descend vers le village : la description de l'intérieur des maisons est pleine de charmes, on voit "l'ombre qui danse au coin du feu", une ambiance de Noël, un feu de cheminée qui crépite, qui apporte chaleur et lumière, qui fait virevolter les silhouettes, et qui magnifie le décor.
On entrevoit une atmosphère de fête et de convivialité, puisque la table est prête pour recevoir des invités...
Cette chanson de Noël insuffle à tous une impression de bonheur et de gaieté : on est comme entraîné par le souffle du vent, on ressent cette bise glacée et vivifiante...
La mélodie exaltante nous fait ressentir toutes les joies de l'hiver : beauté des paysages, vents qui tourbillonnent et nous poussent à lutter, à réagir.
Voilà un bel hymne à l'hiver et surtout à ses fêtes : Noël, le jour de l'an, occasions de se réunir, dans une ambiance chaleureuse autour d'un feu de bois...
