
L'Europe me donne, de plus en plus, l'impression d'être un château de cartes : les derniers événements, les négociations entre la Grèce et l'Eurogroupe ont montré une volonté de préserver l'unité de l'Europe : on a voulu maintenir la Grèce dans le giron européen et des concessions ont été faites in extremis de part et d'autre, pour faire en sorte que la Grèce ne soit pas exclue de la zone euro...
La construction est si fragile que l'on redoute, tout de même, une défection : si la Grèce sort de la zone euro, d'autres pays pourraient avoir la tentation de le faire...
Je songe, en priorité, à l'Italie dont l'économie est au bord du gouffre, ou encore à l'Espagne dont les électeurs sont tentés par un nouveau parti de gauche, Podémos...
Les instances européennes peuvent redouter un effet "boule de neige", une défection en entraînant une autre.
La Grèce reste attachée à l'Europe, et veut encore y demeurer mais ne peut supporter des mesures d'austérité qui ont étouffé les Grecs, ces dernières années.
On perçoit des difficultés dans de nombreux pays européens, et on voit bien que les politiques d'austérité détruisent des emplois, précarisent de plus en plus de travailleurs.
C'est une Europe de la pauvreté que l'on est en train de construire...
Une Europe fragile qui, peut s'effondrer,comme un château de cartes, une Europe qui n'ouvre pas de perspectives sur l'avenir, une Europe qui détruit des emplois, qui précarise des salariés.
L'Allemagne doit prendre la mesure de la situation : une trop grande austérité en Europe conduit au désastre : le chômage est galopant dans un grand nombre de pays européens, les salaires sont, parfois, dérisoires : un smic à 750 euros en Espagne : qui peut vivre décemment avec si peu d'argent ?
C'est indigne et indécent !
Dans des démocraties dignes de ce nom, le travail doit être correctement rémunéré, et chaque pays doit pouvoir offrir du travail à tous...
Sinon, l'horizon est fermé, et l'avenir s'assombrit irrémédiablement.
On a parlé, ces derniers jours, de "sursis" accordé à la Grèce : ce mot n'est pas très rassurant, et il semble que les grecs vont devoir, encore, se plier à des règles drastiques imposées par les pouvoirs européens...
Dès lors, tout semble à rejouer et à refaire : il reste à voir si l'Italie va pouvoir se maintenir dans la construction européennne, et les mois prochains seront décisifs pour voir la suite des événements...
Selon Jacques Sapir, l'Italie, en récession, devrait sortir de la zone euro, d'ici le mois de juin, car sa situation est intenable en l'état actuel de l'Europe...
Ainsi, l'Europe paraît bien fragilisée car de nombreux pays connaissent des difficultés : on se rend compte aussi que face à l'Europe, la marge de manoeuvre des gouvernements est limitée : le nouveau gouvernement Tsipras est en train de découvrir cette réalité...
Les peuples européens ont-ils encore un pouvoir de décision face aux instances européennes qui imposent leurs lois ?
A quoi servent dorénavant les élections organisées dans chaque pays, si l'Europe anéantit les résultats de ces élections ?






