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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 12:18
L'espérance folle qui carambole...

 

 

Hommage à un poète qui nous a fait rêver, réfléchir et espérer : Guy Béart...


Une chanson sur l'espérance, ce sentiment qui "nous console" et nous soutient, en maintes occasions, voilà un thème plein de bonheurs et de promesses...

Nous connaissons, tous, cette chanson de Guy Béart : L'espérance folle... et nous l'avons tous fredonnée.

Cette espérance qui nous fait aller de l'avant, qui nous accompagne si souvent... elle nous console de tous les obstacles et toutes les difficultés que nous pouvons rencontrer, dès l'enfance, quand on "tombe du nid..."

Elle peut, aussi, encourager tout créateur, notamment un chanteur, puisqu'elle "prépare, pour (les) guitares, d'autres harmonies".

Elle nous suit à tous moments, comme le suggèrent toutes les indications de temps, dans le deuxième couplet : "le silence de la nuit, les matins, nos soirs"...

On voit l'espérance "s'élever", mouvement ascendant qui suggère une exaltation de bonheur et de joie. Les "matins" heureux qui "chantent" sont personnifiés et comme embellis, dans cette expression, ils arrivent à "enchanter" les soirées "d' aujourdhui".

Le poète nous invite, alors, à une "fête" de l'espoir, avec un impératif réitéré, à quatre reprises : "viens", un verbe de mouvement qui restitue un élan, un enthousiasme.

Ces impératifs peuvent s'adresser, aussi, à une amoureuse, qui a versé "des larmes", mais dont "le sourire" renaissant annonce des beaux jours à venir...

Le refrain s'égrène, alors, et nous montre l'espérance qui "carambole", joli verbe aux sonorités éclatantes et virevoltantes de gutturales, labiale, et de voyelle nasalisée.

"Chaque pierre" s'anime et devient une "lumière" pour des coeurs qui battent... belle image qui transforme des pierres inertes en symboles de vie et d'amour.

L'espérance défie, même, la mort qui se transforme en "blague" et"la vague" de la mer, "l'oiseau qui passe" évoquent une nature immuable, porteuse de renouveau, de bonheur, d'amours : l'adverbe "toujours" vient souligner ce bonheur renouvelé.

L'espérance "danse, vole, au dessus des toits", belle personnification qui suggère, encore, une élévation, une exaltation...

Et on voit, aussi, le poète "s'envoler", lui-même avec celle qu'il a choisie :"je vole avec toi"...

Dans le dernier couplet, on admire, également, le poète en train de gravir des "sommets", "pieds nus", ce qui montre une confiance totale et même une pure folie !

C'est bien, là, l'effet de l'espérance qui nous guide et nous emporte vers des hauteurs devenues "mâts de cocagne", où l'on pourra décrocher la lune... Le verbe "recommencer" montre que l'être humain est prêt à tous les nouveaux départs, quand il est porté par l'espérance.


La mélodie très vive et rythmée nous entraîne dans un tourbillon de mouvements et de notes virevoltantes.

 

 

Le texte de cette chanson : 

http://www.parolesmania.com/paroles_guy_beart_14528/paroles_lesperance_folle_469021.html

 

Deux autres articles sur des chansons de Guy Béart :

Les souliers :

http://rosemar.over-blog.com/article-les-souliers-121740673.html
 

Où vais-je ?

http://rosemar.over-blog.com/article-ou-vais-je-122306114.html

 


 


https://youtu.be/pnO01LMWtsg


 



Photo : rosemar

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 15:32
Elle a cet indéfinissable charme...

 


Un bel hommage à une chanteuse de jazz nommée Ella Fitzgerald, à la voix sublime... tout le monde connaît le thème de cette chanson de Michel Berger, intitulée Ella, elle l'a...

Le texte évoque, d'abord, une sorte de bonheur contenu dans la voix : "une gaieté, un sourire"... puis, il fait allusion à "quelque chose", expression volontairement vague qui traduit le mystère et la magie de cette voix "qui paraît nous dire "viens" 
Qui nous fait sentir étrangement bien..."

On entend un murmure qui apaise, et qui séduit.

Cette voix qui attire irrésistiblement, est, d'ailleurs, admirablement soulignée par la mélodie de Michel Berger, entraînante et légère.

Le poète procède par comparaisons, pour mieux nous faire percevoir tout le charme de cette voix qui semble contenir tout un monde et tout un passé culturel : "C'est comme toute l'histoire Du peuple noir..."qui oscille entre "amour et désespoir".
L'antithèse souligne bien toute la richesse et les subtilités de cette voix unique, ainsi que les vicissitudes du peuple noir soumis à l'esclavage, au désarroi, à la misère.

Jouant sur le prénom de la chanteuse, "Ella", Michel Berger met en évidence tous les dons qu'elle possède : "Elle a...Ce je n'sais quoi 
Que d'autres n'ont pas 
Qui nous met dans un drôle d'état..."

On retrouve ce vague de l'expression qui restitue un certain mystère :"ce je ne sais quoi..." qui transforme l'auditeur, le bouscule et provoque une émotion particulière.

Le refrain qui retranscrit ce pouvoir par la répétition du son "ou" nous fait percevoir une sorte d'évasion et de bonheur plein de douceur.

L'auteur évoque aussi "un don du ciel", une voix quasi-divine, accordée par les dieux, qui sublime la chanteuse et la rend "belle".
D'autres expressions viennent compléter cette impression : "ce tout petit supplément d'âme 
Cet indéfinissable charme 
Cette petite flamme".

Des mots pleins d'intensité, "flamme,  charme" traduisent la force de cette voix, son pouvoir infini de séduction et la voyelle "a" répétée semble restituer une forme d'admiration à l'égard de la chanteuse.
Les sonorités de fricative "f", de sifflantes "s et de chuintante "ch" très douces insistent sur une forme d'ensorcellement.

Le couplet, qui suit, montre bien le bonheur de chanter, à partir de rien : "Tape sur des tonneaux 
Sur des pianos 
Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains..."

C'est toute l'âme africaine qui ressort et s'emballe, qui aime à s'extérioriser et chanter aussi bien le bonheur que le chagrin.
Le mot "pouvoirs", employé au pluriel, suggère toute la tessiture de cette voix, qu'il faut chercher au plus profond de soi, un bien précieux qui ne s'achète pas :
"Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi 
Tu vois ça ne s'achète pas 
Quand tu l'as tu l'as..."

Le texte insiste bien sur tous les mystères de cette voix, et la mélodie rythmée, vivante, endiablée, ou plus douce restitue toutes les richesses du talent de la chanteuse...


 

 

 

Photo : rosemar

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 10:17
Par-delà le concert des sanglots et des pleurs...

 

 


Dans un monde où nous sommes assaillis d'images de violence, de haine, où l'actualité nous bouscule et nous entraîne dans un flot incessant d'horreurs, et de tristesse, Jacques Brel, nous invite, dans cette chanson, à regarder la beauté des choses...

Attirés par des écrans de toutes sortes, nous oublions de porter attention à ce qui nous entoure, à des bonheurs simples et ordinaires.

Dès le premier couplet, l'auteur fait référence à une forme de laideur que l'on côtoie, souvent... Différents aspects de la détresse des hommes sont évoqués : "la saleté" qui peut représenter, aussi, toutes les bassesses humaines, la vieillesse, ou la résignation, dans ces expressions : "les yeux plissés, et les visages mous", la révolte est suggérée à travers des "mains qui "se tendent", ou sont "poings levés", les divisions sont symbolisées par des "barbelés", enfin on est submergé par des images de pauvreté et de "misère."

Dans le deuxième couplet, l'auteur nous montre qu'il faut voir, au delà de ces détresses, pour contempler la beauté du monde : des paysages, de jolies filles, un ami, une hirondelle, un bateau, des images très simples emplies de bonheur et d'harmonie.

Le style familier restitue une forme de pureté et de sobriété : "Il nous faut regarder ce qu'il y a de beau."

Le poète nous offre un regard sur la beauté de la nature, en évoquant "un ciel gris ou bleuté", le "vol d'une hirondelle", des spectacles accessibles à tous, des couleurs contrastées, ou encore un soleil sans cesse renouvelé avec cette expression " un soleil de demain", symbole d'espoir. Et il n'oublie pas d'évoquer l'importance d'un "ami fidèle", ou encore le "retour d'un bateau" qui a pu échapper à une tempête... des tableaux empreints de simplicité.

Les sonorités de sifflante "s" ou de fricative "f" nombreuses soulignent la beauté, l'harmonie de ces évocations : "ce qu'il y a, le ciel, les filles, l'ami qu'on sait fidèle, le soleil".

Passant ensuite à la sensation auditive, Jacques Brel rappelle tous les bruits qui nous agressent : "sanglots, pleurs, cris de colère, vacarmes, sirènes d'alarme". Et, dans ce couplet, ce sont les allitérations de gutturales, consonnes assez dures qui dominent.

La peur, le désarroi l'emportent à travers des "jurons de charretiers" qui évoquent des images de guerre et de violences.

En contraste, dans le dernier couplet, le poète nous conseille d'écouter toutes les harmonies sonores de la nature : "l'oiseau au fond des bois, le murmure de l'été, le bruit de la terre qui s'endort. "La nature est, ainsi, personnifiée et magnifiée.

Des bruits légers, doux, à peine perceptibles sont suggérés : il faut être à l'écoute de ces murmures, savoir les apprécier à leur juste valeur.

Pour compléter ce tableau, le poète nous fait entendre, aussi, des voix humaines "les berceuses des mères, les prières des enfants", des évocations pleines de tendresse et de charme.

La mélodie, d'abord assez rude et âpre, s'adoucit, lors de l'évocation des beautés de ce monde.

Chanson sur le regard et sur l'importance de l'écoute, ce poème très simple nous montre que nous oublions souvent de voir et d'apprécier l'essentiel...

Il est important, dans un monde où règne la vitesse, de prendre le temps d'écouter, de regarder tout ce qui nous entoure, d'être attentif à des beautés simples et ordinaires que, souvent, nous ne voyons même plus.

Cette chanson, ce texte de Jacques Brel restent, on le voit, plus que jamais d'actualité.



 

 

https://youtu.be/LIhYPmsp-MU



https://youtu.be/szMDd32OTqY


 



Photo : rosemar

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 10:34
Et les grands oiseaux qui s'amusent...

 

 



Les rêves de voyages hantent les esprits de bien des poètes : on songe à Baudelaire qui évoque, maintes fois, dans les Fleurs du mal, des voyages imaginaires vers des pays exotiques et lointains, des pays inondés de soleils et de lumières, des îles paradisiaques.


C'est aussi le rêve que fait Bernard Dimey, l'auteur de la chanson intitulée Syracuse, interprétée et mise en musique par Henri Salvador : il entrevoit l'espoir d'aller à Syracuse, ville aux sonorités magiques et mystérieuses, ville du Sud, en Sicile. Les consonnes sifflantes sourde et sonore, la finale féminine du mot, les voyelles variées nous entraînent vers un monde de rêves et de bonheur... 

Le conditionnel "j'aimerais tant" montre une forme d'illusion, que le poète souhaiterait voir se concrétiser un jour.

La Sicile, l'île aux trois pointes, la Sicile et ses temples grecs représentent bien ces voyages paradisiaques, ces terres ensoleillées qui suscitent des désirs d'évasion.

 

Le rêve se complète de voyages vers l'île de Pâques et Kairouan... noms pleins d'exotisme et de dépaysement, des lieux remplis de mystère et qui nous transportent de l'Océan Pacifique vers la Tunisie.

 

On songe aux fabuleuses statues de l'îles de Pâques, on est ébloui par le nom exotique "kairouan" qui nous fait voyager vers l'orient, ses mosquées somptueuses, ses oasis.


L'évocation des oiseaux, qui suit, est toute imprégnée de poésie : on voit les oiseaux s'amuser avec le vent et "glisser" majestueusement sous le souflle des alizés... Les oiseaux symbolisent, traditionnellement, un monde de liberté et d'errance associé au voyage.

Les sonorités de sifflantes suggèrent une harmonie, pleine de douceur : "les grands oiseaux qui s'amusent à glisser l'aile sous le vent..."


Le voyage nous emmène, ensuite, vers des mondes lointains et des vestiges du passé : les jardins de Babylone, une des sept merveilles du monde, le palais du grand lama au Tibet, puis la ville de Vérone en Italie et le mont Fuji Yama au Japon... Les sonorités exotiques et lointaines de tous ces noms propres nous font rêver... Le voyage dans l'espace se double, aussi, d'un voyage dans le temps.


La belle périphrase "le pays du matin calme" évoque la Corée, un pays fait d'harmonie et de beauté, comme le suggère bien l'expression.

Un bonheur idyllique transparaît dans ces vers, d'autant que le poète imagine les plaisirs associés à ces pays lointains :" pêcher le cormoran, s'enivrer de vin de palme... écouter chanter le vent" : on perçoit une vie insouciante et limpide, faite de bonheurs simples et tranquilles.


Dans la dernière strophe, l'auteur fait allusion au temps qui passe et qui est compté, pour chacun : il souhaite partir pour de lointains voyages, avant qu'il ne soit trop tard, avant que sa jeunesse se soit enfuie.


Il espère ainsi garder d'éternels souvenirs de ces découvertes et pouvoir les dérouler dans sa mémoire, tout en restant à Paris : le thème de la fuite du temps qui apparaît, à la fin du texte, donne une touche mélancolique à l'ensemble...


La mélodie très douce, composée par Henri Salvador,  accentue l'idée d'évasion et de rêve associés aux voyages... 


http://youtu.be/223tksvu7uw


 


http://youtu.be/tbY9ZJXdH1

 

 

 

 

 

 

Et les grands oiseaux qui s'amusent...
Et les grands oiseaux qui s'amusent...
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 13:20
Pour la rosée qui tremble au calice des fleurs...

 

 



Cette chanson de Jacques Brel s'ouvre sur l'évocation de la "rosée qui tremble au calice des fleurs", belle image qui personnifie la nature, et qui l'associe au coeur de la femme aimée à laquelle s'adresse le poète...


La fleur tremble de peur "de n'être pas aimée", sentiment que chacun a pu éprouver et que peut ressentir le coeur de la jeune femme..

La pluie se transforme en "clavecin de l'étang, jouant page de lune" et fait songer à la voix et au chant de l'amoureuse... On perçoit, là, une belle évocation qui mêle la nuit, la musique, la nature... on est sensible à une harmonie de sensations visuelles et auditives : la lumière de la lune se retrouve en harmonie avec le chant de la pluie et celui de la femme aimée...

On perçoit, dans ce tableau, un bel effet de clair-obscur, puisque le "noir de la pluie" s'unit à la clarté de la "lune"...

L'aube qui apparaît, hésitante, "lumineuse et fragile " fait songer au front de la belle... Le poète réunit, ainsi, toute la beauté et la délicatesse de la nature et celles de la jeune femme...

Puis, c'est l'aurore "battue par l'aile d'un oiseau" qui symbolise son rire rayonnant...

Le jour qui se lève évoque, aussi, la joie de celle qu'on aime... Ce jour nous fait percevoir des "dentelles de bois", comme si la nature se faisait créatrice de beauté et d'harmonies, en même temps que la jeune femme.

Le jour, encore, annonce le retour tant attendu de l'être aimé, parti et revenu.

Enfin la porte s'ouvre, et l'amour se traduit par un "cri qui jaillit" et qui réunit de nouveau, les deux amoureux.

La chanson, ponctuée, sans cesse, par la déclaration "je t'aime", réitérée à la fin, restitue des sentiments de bonheur, et traduit, à travers la beauté et la fragilité de la nature, un amour fait de limpidité, où le monde est à l'unisson de l'amoureux...

Les images utilisées, tout au long du texte, nous montrent, à la fois, la force et la délicatesse de l'amour.

La mélodie soulignée par des sons de flûte légère traduit bien toute l'harmonie qui réunit la nature et la femme aimée... elle s'intensifie, à la fin, quand les deux amoureux se retrouvent.

On perçoit une alternance de consonnes très douces, fricative "f" et sifflante "s"et de gutturales plus âpres,"r" et "c", une façon de souligner beauté et fragilité...


"Pour la rosée qui tremble au calice des fleurs
De n'être pas aimée et ressemble à ton cœur
Je t'aime
Pour le noir de la pluie au clavecin de l'étang
Jouant page de lune et ressemble à ton chant
Je t'aime..."
 


Simplicité, beauté des images, fusion de la nature et de la jeune femme font de ce texte un poème plein de sensibilité...


 



Photo : rosemar

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 16:25
De quoi la nuit rêvent les roses...

 

 

 


Les difficultés de l'amour, un amour non partagé qui fait souffrir, tel est le thème de ce texte écrit par Aragon, mis en musique et interprété par Jean Ferrat.

Le texte s'ouvre sur une question directe, avec l'emploi de la deuxième personne du singulier : 

"Que sais-tu des plus simples choses 
Les jours sont des soleils grimés 
De quoi la nuit rêvent les roses"

Le poète nous fait entrer dans une intimité, il semble s'adresser à chacun de nous, nous montre qu'on ne voit pas, souvent, l'essentiel, "les plus simples choses"... Les roses personnifiées, dotées de rêves deviennent un mystère de plus, une énigme à déchiffrer, belle expression qui évoque tant de sentiments retenus, cachés...

On perçoit une fêlure dans l'expression : "Les jours sont des soleils grimés", comme si la lumière n'existait plus vraiment, avait disparu, pour celui qui ne peut vraiment aimer, dans la plénitude... L'idée est développée dans la phrase qui suit "Tous les feux s'en vont en fumée", les flammes de l'amour, image traditionnelle, sont comme étouffés et ne deviennent que de vaines fumées.

Le refrain résonne, alors : "Que sais-tu du malheur d'aimer ?" L'amour transformé en souffrance est mis en évidence par une question douloureuse, une interrogation, pleine de tourments et de reproches...

La vaine quête amoureuse est soulignée par le verbe "chercher" : "Je t'ai cherché au bout des chambres, Où la lampe était allumée...", une quête qui semble infinie et impossible, comme le suggère l'expression : "au bout des chambres".

On perçoit, aussi, une dissonance dans la phrase "Nos pas n'y sonnaient pas ensemble
Ni nos bras sur nous refermés..." Les négations mettent en évidence une union impossible, un désaccord.
 

Le verbe "chercher" revient, les questions sont redoublées, comme pour intensifier le désarroi : "Je t'ai cherchée à la fenêtre Les parcs en vain sont parfumés Où peux-tu où peux-tu bien être."
Une autre question montre le vide de la vie, notamment, au printemps, saison du renouveau et du bonheur, quand l'amour semble impossible : "A quoi bon vivre au mois de mai"...

Le thème de "l'attente" vient renforcer la douleur, quand la vie se résume à "nommer" quelqu'un sans l'atteindre, un être insaisissable, comme le suggère l'oxymore "toujours même et différente".

Le poète est, de plus, seul responsable de cet amour inaccessible, il ne peut que s'en "blâmer", verbe très fort qui aggrave le malheur.

La quête se transforme en une sorte d'errance immobile, un oubli de la vie et finalement devient synonyme d'une mort qui n'en finit pas...

La mélodie douce et mélancolique s'intensifie dans le refrain, comme pour souligner toutes les souffrances de l'amour...



 

 

Photo : rosemar

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:07
Tant je t'aime que j'en tremble...

 

 



Comment ne pas être sensible à la simplicité d'une chanson d'amour ? Ce texte d'Aragon mis en musique par Jean Ferrat nous est si familier, il évoque l'évidence et la limpidité d'un amour sans fin...

La chanson s'ouvre sur l'évocation de la succession des jours et du temps, avec une énumération "dimanche ou lundi, soir ou matin, minuit, midi", les jours, les heures s'écoulent, des moments de bonheurs, d'harmonie, mais aussi de douleurs et de souffrance, comme le suggère l'antithèse : "Dans l'enfer ou le paradis..."

L'expression au pluriel "les amours aux amours ressemblent" donne une valeur universelle à ce poème, et le mot "amours" réitéré prend ici un relief particulier, gâce à l'inversion.

L'alternance, présent, imparfait, futur traduit bien la fuite du temps mais l'amour reste inaltérable, malgré ce déferlement des jours... "c'était hier et c'est demain, nous dormirons..."

La phrase qui sert de titre à la chanson, "Nous dormirons ensemble" traduit dans sa simplicité une certitude, grâce à l'emploi du futur, certitude d'un amour éternel, certitude, aussi, d'un amour partagé puisque le poète fait appel à la première personne du pluriel "nous", qui réunit les deux amoureux.

Les adverbes de temps "hier, demain" soulignent ce caractère intangible des sentiments qui animent le poète et sa compagne.

La jeune femme comparée à un "chemin" devient une sorte de guide unique, comme si l'amour remplissait toute la vie.

On perçoit une confiance absolue dans ce vers : "J'ai mis mon coeur entre tes mains..."

La belle expression "aller l'amble" restitue une harmonie de deux coeurs qui vont à l'unisson et qui ne peuvent se séparer.

L'absolu de cet amour se traduit par les mots très forts : " Tout ce qu'il a de temps humain, Nous dormirons ensemble".

Le ciel assimilé à un "drap" devient le décor qui embellit cet amour : "Le ciel est sur nous comme un drap." Le geste, plein de tendresse, "J'ai refermé mes bras sur toi" montre une volonté de garder et préserver cet amour, de le protéger.

L'amour est si fort qu'il se manifeste par des émotions intenses, qui se traduisent physiquement, comme le montre le verbe "trembler".

L'adverbe d'intensité "tant" souligne la violence des sentiments éprouvés et la volonté de les partager, en accord avec l'être que l'on aime, sans contraintes.

Ce texte empreint de lyrisme et d'émotion, faisant alterner première et deuxième personne, se présente comme une déclaration d'amour et une confidence.

La mélodie emplie de tendresse et d'émotion traduit une sorte d'harmonie immuable... Les sonorités de sifflante et de labiales soulignent cette impression de douceur, de bonheur partagé...

La simplicité des mots, le thème de la fuite du temps, la valeur universelle de ce texte parlent à chacun d'entre nous...
 


 https://youtu.be/Ejvg0hDhYkQ



Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
Louis Aragon



 





Photo : rosemar

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 14:55
Comme une vieille nostalgie...

 

 

 


La rumba, danse cubaine, née au 19ème siècle, symbolise bien une forme de nostalgie, un passé révolu, plein de charmes...

C'est ce symbole qu'a choisi Alain Souchon, dans une de ses chansons les plus célèbres, Y a de la rumba dans l'air.

Un air de musique évoque des décors, des images, un "smoking de travers", un casino devenu "tas de pierres".

Mais le poète semble dire à un autre personnage qu' il ne faut pas se laisser enfermer dans un passé trop lointain : il refuse de céder à cette fuite vers un autrefois perdu, comme  le suggèrent les négations dans les expressions : "'J te suis pas dans cett' galèr' Ta vie tu peux pas la r'fair'.

Les sonorités de gutturales "r" assez dures soulignent une forme de tristesse, liée à la nostalgie.

Le poète s'adresse, familièrement, à un interlocuteur, en le tutoyant, en l'appelant "pépère". Ainsi, la chanson revêt un caractère universel.

La belle expression  "chercher des morceaux d'hier" traduit bien cette quête du passé, de manière imagée et concrète, d'autant qu'il s'agit de fouiller dans "des gravats d'avant guerre."

On voit aussi un "casino" devenu "un tas de pierres." Le thème des ruines évoque, immanquablement, un passé ancien et très lointain.

Et l'auteur invite son interlocuteur à "brancher ses écouteurs par ici", à vivre, enfin, dans le présent, au lieu de se retourner vers le passé...

D'autres évocations sont liées à ce passé : la "bugatti", les "soirées de gala sur la Riviera." Et on perçoit le bonheur de celui qui se réfugie dans ces souvenirs, comme le suggèrent les mots "guili, guili", l'interjection "o la la."

Mais, pour le poète, tout cela n'est qu'illusion et il n'y voit qu'une "galère". Ce terme péjoratif et familier souligne le fait que la nostalgie peut, aussi, être source de souffrance.
 
Une autre évocation nostalgique apparaît : des amours perdues, semble-t-il avec l'image de ces " yeux de grand's fill's bleu marin's Tout's alanguies pour nuits de Chine Sur les banquettes de molesquine des Limousin's."
 
On voit, là, un monde ancien, révolu, fait de luxe, de rareté, de paresse.
 
Un" long baiser" symbolise, aussi, ce monde fait d'oisiveté, de bonheur perpétuel. Et d'ailleurs, ce baiser est désormais "fini", impossible.
 
Alain Souchon arrive à restituer toute l'ambivalence de la nostalgie : faite de bonheur et de désarroi, elle ne doit pas envahir l'esprit...

La mélodie douce, tendre et balancée, composée par Laurent Voulzy, suggère, aussi, ce mélange de bonheur révolu et de mélancolie...

 

Cette chanson au style imagé, familier nous berce d'une musique pleine de réminiscences : chacun d'entre nous regarde, avec tendresse et émotion, son passé, a même, parfois,  tendance à le magnifier...
 
http://youtu.be/ZgDpyppaa74
 
 
 
 
 
http://youtu.be/DvoVOJwVhJM
 
 
 
 

Photo : rosemar

 

 

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 17:03
Comme s'ils venaient au monde...

 

 

"La mer sans arrêt, Roulait ses galets... ", tout le monde connaît le début de cette célèbre chanson, interprétée et composée par Jean Ferrat, Deux enfants au soleil.

Poème d'amour et de liberté, ce texte mêle l'évocation de la mer à l'innocence de sentiments naissants qui réunissent deux adolescents... 
Dès les premiers mots, on croirait entendre le roulis des vagues sur la grève, grâce aux sonorités  réitérées de gutturale "r".

L'emploi du pronom "ils", au pluriel, dès le premier couplet, donne une valeur générale au texte, les personnages n'étant pas nommés, ni caractérisés.

Le regard des deux amoureux qui se découvrent est souligné, à deux reprises, par un imparfait à valeur durative et itérative : "Ils se regardaient".

Le décor marin, qui sert de cadre à cette rencontre, est suggéré par quelques détails :"l'odeur des pins, du sable et du thym", belle harmonie de senteurs qui enivre les sens.

Ces parfums envahissent la plage, comme le montre l'emploi inversé du verbe "baigner", dans l'expression :"l'odeur qui baignait la plage."

Le décor et les personnages en viennent à se confondre : "Ils se regardaient, comme s'ils buvaient l'eau de leurs visages", belle image qui restitue cette fusion des deux amoureux et de la nature.

On assiste, alors, à une sorte de renaissance liée à la rencontre : "c'était comme si tout recommençait..."

L'innocence des deux jeunes gens est mise en valeur par l'emploi du verbe "trembler" qui traduit une émotion intense, celle du "miracle de l'amour".

Le terme religieux "miraculeux" associé au nom "voyage", montre toute la force de cet amour.

La "nuit" survenue  saisit les deux personnages, et ils se laissent bercer par la mer... Le texte empreint de pudeur suggère, plus qu'il ne dit, et les deux amoureux se réveillent "comme s'ils venaient au monde Dans le premier matin du monde..."

Ces images, pleines de fraîcheur, soulignent une idée de renouveau et de renaissance, liée à l'amour.

Le refrain déroule, alors, à nouveau les galets de la plage et l'on voit les deux enfants "courir dans l'eau, les pieds nus", images de liberté et d'insouciance.

Des gestes tendres apparaissent : "ils se sont pris la main Et sans se défendre Sont tombés dans l'eau Comme deux oiseaux."

Cette comparaison avec deux oiseaux relie encore les deux personnages à la nature et ils semblent, ainsi, se fondre harmonieusement en elle...
Les sonorités de sifflantes "s" et de fricative "f", empreintes de douceur, suggèrent toute la tendresse et la simplicité de cette évocation.

"L'ombre des pins" semble, aussi, veiller sur les amoureux et les protéger.

Un baiser plein de fougue et de tendresse les réunit, dans ce décor idyllique, fait de liberté et de bonheur...

La mélodie tendre et lyrique s'amplifie avec l'évocation du renouveau et du "voyage miraculeux de l'amour."

Simplicité, bonheur des sens, harmonie, cette chanson de Jean Ferrat nous emmène dans un univers empli de pureté, d'innocence.

Ce poème restitue aussi une intimité : les deux amoureux sont comme isolés sur cette plage : le monde alentour disparaît ou se met à l'unisson des deux jeunes gens.


Les paroles de cette chanson, parue en 1961, ont été écrites par Claude Delécluse, parolière à qui on doit de nombeux textes interprétés par Jean Ferrat, Juliette Gréco, Isabelle Aubret, Léo Ferré, Fabienne Thibault et Hugues Aufray.


 


 https://youtu.be/ydQfmmon3tA


 https://youtu.be/8RrRHdRg2a8


 


 

Photo : Christelle

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 15:45
Je n'ai pas le coeur à le dire...

 

 

Le temps qui passe irrémédiablement a inspiré tant de poètes célèbres, depuis Ronsard jusqu'à Baudelaire...

Une chanson de Jean Ferrat reprend ce thème traditionnel, avec simplicité, déchirement et pudeur..."On ne voit pas le temps passer", c'est bien, là, une constatation que chacun de nous a pu faire.

La chanson s'ouvre sur l'évocation d'un mariage à "vingt ans", la naissance immédiate des enfants, le temps occupé qui dévore la vie, des activités quotidiennes que tout le monde connaît : "les courses, la vaisselle, le ménage, le déjeuner", l'énumération venant souligner la monotonie uniforme de la vie.

Le pronom indéfini "on", employé dans ce début de poème, permet de donner une valeur générale au texte.

Emporté par ce tourbillon, on ne voit même plus le monde extérieur, les soucis personnels empêchent d'observer tout le reste, impression que chacun de nous a pu éprouver... Le monde assimilé, dans une belle image, à un oiseau blessé devient pour nous invisible...

"Le monde peut battre de l'aile
On n'a pas le temps d'y penser."

Avec cet emploi de la négation, le temps semble nous échapper inexorablement...

Le refrain fait intervenir des questions contrastées : "Faut-il pleurer, faut-il en rire, Fait-elle envie ou bien pitié ?" Mais, le poète se contente de prononcer ces mots : "Je n'ai pas le coeur à le dire", comme si la réponse était évidente, mais aussi douloureuse et difficile à exprimer.

On perçoit, ainsi, comme souvent, dans les chansons de Ferrat, une forme de pudeur dans l'expression des idées.

On remarque l'emploi de la première personne qui souligne un commentaire du poète, plein de retenue.

On peut noter l'utilisation du pronom "elle" dans ce refrain : la femme semble plus particulièrement concernée par ce temps qui passe et qui l'écrase de contraintes, de tâches de toutes sortes...

L'évocation de la vie quotidienne qui suit montre, à la fois, le bonheur et le côté dérisoire de ces activités, des tableaux familiers, empreints de simplicité sont suggérés...
"Une odeur de café qui fume
Et voilà tout son univers
Les enfants jouent, le mari fume."

Le temps semble, aussi, s'inverser, comme le montre l'expression : "Les jours s'écoulent à l'envers..." Un raccourci saisissant souligne la fuite du temps : 

"A peine voit-on ses enfants naître 

Qu'il faut déjà les embrasser..."

Le départ des enfants est, ici, simplement suggéré, avec émotion, par cette expression, "il faut les embrasser..."


Une phrase  restitue le temps qui s'écoule en mêlant des activités quotidiennes à l'idée d'une jeunesse enfuie :
"Et l'on n'étend plus aux fenêtres
Qu'une jeunesse à repasser..."

Le couplet suivant revient sur le destin de la femme vouée, le "dimanche", au repassage de "costumes", à des "fleurs" qui peuvent décorer la maison. 

On voit, aussi, un univers limité et réduit qui est celui de la plupart des gens simples : un monde qui se réduit à "une table et une armoire"...

Comparés à un "marteau et une enclume", ces éléments du mobilier deviennent l'image même de l'enfermement, d'autant que la vie se résume à "des millions de pas dérisoires" entre l'un et l'autre.

Cette chanson constituée d'octosyllabes restitue le balancement régulier des jours qui se déroulent de manière immuable.

La mélodie à la guitare oscille entre tendresse et mélancolie... La simplicité des mots utilisés et des images nous touche : Ferrat sait nous décrire le quotidien et nous émouvoir par un texte plein d'une verité que nous avons tous pu éprouver...


 


https://youtu.be/wVakFLNMaIU


https://youtu.be/-svx2X4c2N8


 


 

 

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Published by rosemar - dans chanson poésie
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