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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 13:53
Du plus loin qu'il m'en souvienne...

 

 

 


Une chanson d'amour dédiée à un public, c'est rare, et c'est magnifique, surtout quand c'est Barbara qui évoque ce thème dans une de ses chansons les plus célèbres : Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous...


Rappelant ses amours d'autrefois, le "premier rendez-vous, les premières peines", la chanteuse raconte, avec tendresse ses lointains émois amoureux... La jeunesse, l'enfance sont suggérées par des expressions imagées pleines de charme "coeur tout blanc, griffes aux genoux"...

Tendresse et passion alternent dans cette évocation... et les mots répétés "du plus loin" montrent, en fait, que l'empreinte d'un seul amour compte, aujourd'hui, celle du public, ce qui est souligné par le présent de l'indicatif et un superlatif à valeur hyperbolique : "ma plus belle histoire d'amour, c'est vous".


L'emploi de la deuxième personne du pluriel "vous" est une adresse directe à ce public et à chacun d'entre nous...

Avec pudeur, sensibilité, et un peu de provocation, Barbara suggère de multiples amours passées : "c'est vrai, je ne fus pas sage / Et j'ai tourné bien des pages..."

L'image du livre aux pages oubliées est rempli de poésie et de charme, pages devenues "blanches", donc sans importance. Et les amants désignés par l'expression à la fois forte et légère "mes guerriers de passage" se sont évanouis...

Leur visage est éclipsé par l'image du public, maintes fois rencontré, comme le soulignent les imparfaits itératifs : "je refaisais mes bagages et poursuivais mon mirage..."

L'amour est, ainsi, naturellement comparé à un voyage, une route à parcourir :"Sur la longue route qui menait vers vous", d'autant que les tournées d'une chanteuse la contraignent à des déplacements incessants...

L'expression "la longue route" réitérée évoque une quête d'amour qui n'en finit pas, malgré des embûches, le froid, les intempéries : "Le vent de décembre, 
Me gelait au cou, 
Qu´importait décembre, 
Si c´était pour vous..."

Mais "l'amour fou" peut vaincre tous les obstacles, et la route a été franchie : on le perçoit à travers l'emploi des temps variés du passé : "Elle fut longue la route, 
Mais je l´ai faite, la route, 
Celle-là, qui menait jusqu´à vous..."

Toutes les peines et toutes les difficultés importaient peu, face à cette attente et cet amour du public : "quelques mauvais apôtres, ...l'hiver ou la neige à mon cou" ne pouvaient arrêter ce bonheur...

L'énumération qui suit traduit, pourtant, une attente déçue, une sorte de désaffection du public, avec l'emploi de la négation : "Mais tant d'hivers et d'automnes 
De nuits, de jours, et personne, 
Vous n´étiez jamais au rendez-vous". 

Des expressions très fortes restituent, alors, un désarroi :"perdant courage, 
Soudain, me prenait la rage, 
Mon Dieu, que j´avais besoin de vous, Que le Diable vous emporte..."
Dieu et Diable sont, ainsi,  convoqués pour insister sur une forme d'exaspération d'un amour déçu.

La chanteuse renonçait alors, se montrait "infidèle", mais pour revenir vers ce public qui était sa raison de vivre.
Le vocabulaire de l'affectivité fait alterner, ensuite, "larmes et sourire", contraste saisissant qui nous montre les désordres et les tourments de l'amour.

L'adjectif "doux" répété insiste bien sur la force des sentiments associés à un sourire de la foule. Et une "larme" de ce public suscite une sorte de communion puisque la chanteuse elle-même en "pleure d'amour".

Le dernier couplet évoque un moment privilégié, avec l'utilisation du singulier et de l'article indéfini : "un soir, en septembre", la chanteuse a perçu l'attente de ce public, sa confiance "vous étiez venus m'attendre".

Et elle a compris cet amour irrépressible qui était le sien, atteignant une plénitude, un bonheur absolu...

La quête peut, alors s'arrêter "J´avais fini mon voyage, 
Et j´ai posé mes bagages."

La phrase "je vous remercie de vous", dans sa simplicité, son élégance, restitue toute le gratitude de la chanteuse envers son public.

Le refrain revient inlassablement, pour insister sur cette relation d'exception : "ma plus belle histoire d'amour, c'est vous ".

La mélodie légère et douce, et la voix pleine d'émotions de Barbara soulignent toute la force et la tendresse de cet amour...

 

 

Le texte :
 
http://www.paroles.net/daphne/paroles-ma-plus-belle-histoire-d-amour-c-est-vous





 

 

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 12:32
John Lennon, the dreamer...

 

 

 

 

Un air de musique que tout le monde connaît ou reconnaît, une chanson qui a fait le tour du monde, une chanson dans laquelle le poète rêve d'un monde meilleur...

 

"Imagine !" dit le poète, il suffirait de supprimer de vaines croyances, comme le suggèrent les négations employées : "no heaven, aucun paradis, no hell, aucun enfer."

 

Et il faudrait garder à l'esprit seulement la beauté du ciel, au dessus de nous tous, pour réunir et rassembler le monde... "Above us, only sky."

 

L'utilisation du pluriel "all the people" marque une harmonie retrouvée, un désir d'union, enfin !

 

Et le poète souligne toute l'importance du présent dans lequel il faut vivre, car seuls le présent et la vie comptent :

"Imagine all the people,

Imagine tous les gens,
Living for today...
Vivant pour aujourd'hui..."

 

Le poète déroule, ensuite, tout ce qui sépare et désunit les êtres humains : "no countries, nothing, no religions", et, à nouveau, il a recours à de nombreuses négations, pour mettre en évidence l'inanité de tout ce qui divise les humains, des pays différents, des religions, pour lesquelles certains sont prêts à "tuer ou mourir", "kill or die".

 

Il imagine un monde de "paix."

Le poète se reconnaît comme "un rêveur", "a dreamer", et s'adressant à chacun de nous, grâce à la deuxième personne du singulier, il nous invite à le rejoindre dans ses rêves : 

"I hope some day you'll join us,
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni..."

Rêvons à ce monde "sans possessions", "sans besoin d'avidité ou de faim", un monde de fraternité...

Un monde de partage et d'union...

"Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Sharing all the world...
Partageant tout le monde..."

 

Mais qui ne rêve de cette fraternité, qui ne rêve d'un monde apaisé et serein ?

"Je ne suis pas le seul à faire ce rêve", dit le poète, et "j'espère qu'un jour tu nous rejoindras"...

On perçoit toute l'universalité du texte, à travers cet emploi réitéré de la deuxième personne du singulier. Nous sommes tous concernés par cet appel à l'union, la fraternité...

La mélodie nous invite, aussi, à une forme d'harmonie retrouvée : doucement rythmée, elle nous conduit vers un crescendo d'apaisement.

 

Ecrite et composée en 1971 par John Lennon, cette chanson a été reprise maintes fois...

 

Il suffit juste d'imaginer...


 

 

 

Le texte :

 

http://www.lacoccinelle.net/243444.html

 

 

 

 

 

 

 

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 13:43
Vos siècles d'infini servage pèsent encore lourd sur la terre...

 

 

 

 

La femme soumise à toutes sortes de malédictions, la femme encore et toujours asservie, ravalée au rang d'objet : hélas, la femme connaît, de nos jours, dans nombre de pays, toutes ces tristes réalités.

 

Et l'on a, encore, besoin de chanter, comme le faisait Jean Ferrat, en reprenant un texte d'Aragon : "La femme est l'avenir de l'homme..."

Dans un monde fracturé et divisé à l'extrême, la cause de la femme doit être défendue, en maintes occasions.

 

La femme considérée comme une mineure, dénuée de droits, esclave de l'homme, la femme insultée, battue, avilie, violée, lapidée, mariée de force, meurtrie... le monde est, encore, parcouru de toutes ces détresses.

 

Le poète visionnaire qu'était Aragon percevait le rôle essentiel que peut jouer la femme, et Jean Ferrat écrit, avec cette chanson, un plaidoyer plein de force pour l'égalité des sexes.

 

Jean Ferrat y dénonce le poids des croyances anciennes, celle de la bible, de l'ancien et du nouveau testament, où la femme, depuis la nuit des temps est "maudite".

 

Le vocabulaire religieux apparaît : " l'ancien et le nouveau, la bible, l'ancienne oraison, l'image d'Eve et de la pomme, vieilles malédictions..."

Et certains "décrètent encore par la bible", comme si c'était une référence intangible.

Le poète perçoit bien ce lourd héritage qui pèse encore sur la femme...

 

Et même si, dans nos sociétés, des progrès ont été accomplis, le fait de pouvoir "accoucher sans la souffrance, le contrôle des naissances", il reste encore tant à faire pour combler des "millénaires et des siècles d'infini servage".

Le vocabulaire est dénonciateur et virulent : on peut bien parler de "servage", d'un véritable esclavage qui anéantit, encore, les femmes, dans nombre de pays.

 

Le poète, lui, voudrait annoncer un renouveau, à travers cette belle image de "la floraison d'autres amours".

 

Un autre avenir est possible, sans doute, à condition de "remettre à l'endroit la chanson" et de redonner à la femme toute la place qu'elle mérite, elle qui "est l'avenir de l'homme."

 

Le poète conçoit, aussi, toute la difficulté de l'entreprise : "Il faudra réapprendre à vivre", affirme-t-il.

Il faudra réécrire "un nouveau livre", afin de balayer toutes les croyances millénaires qui accablent la femme.

 

Pour ce faire, "le partage" est essentiel, un partage qui doit être équitable, alors que, le plus souvent, il ne l'est pas encore, ne serait-ce que pour la répartition des tâches dans le couple.

 

Il faut, dès lors, envisager une reconstruction du monde, comme le suggère le préfixe "re" qui marque un renouveau dans les verbes "remettre, réapprendre, redécouvrir".

Et, de fait, il reste, encore, beaucoup de chemin à parcourir pour parvenir à rétablir des équilibres perdus, depuis des siècles.

"Le poète a toujours raison" , affirme Jean Ferrat, car la poésie se veut dénonciatrice et pleine de force, de résonances.

Le poète a raison, car il perçoit tant d'injustices et il les condamne, avec virulence.

La mélodie alterne une grande douceur dans le refrain, avec la vision du poète, et une certaine âpreté, dans l'évocation des douleurs, des luttes accomplies par les femmes...

Ce bel hymne à la femme, écrit et composé par Jean Ferrat en 1975, reste, encore, plus que jamais, d'actualité.

 

 

 

 

 

 

Vos siècles d'infini servage pèsent encore lourd sur la terre...
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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 10:27
Je chante un baiser... osé...

 

 


Les poètes du 16 ème siècle célébraient le corps de la femme, dans des blasons où ils faisaient l'éloge d'un détail anatomique du corps féminin : les yeux, la bouche, les cheveux, le beau tétin...

Alain Souchon, poète du XXI ème siècle, quant à lui, chante, dans un texte célèbre, un baiser inattendu, au hasard d'une rencontre, sur une plage du Nord, en hiver...

Le mot "baiser" réitéré magnifie ce moment magique qu'a connu le poète, ce terme scande, comme un leit-motiv, le refrain de la chanson.

Le décor embellit, de sa "brume" incertaine, le bonheur de cet instant fugace : on entrevoit des "dunes, une plage, la mer du Nord"..., bonheur d'autant plus fort que le personnage qui s'exprime semble sortir d'une aventure douloureuse, comme le suggère l'expression : "le coeur démoli par une..."

Le paysage s'anime sous nos yeux, puisque la mer est personnifiée dans cette expression :"elle sortait ses éléphants gris, verts". On perçoit une mer moutonnante et démontée, aux teintes variées, et l'image restitue bien le déchaînement des flots de la mer du Nord, en hiver.

La plage accueille des passants sympathiques, des "Adamos" bien couverts, une référence au chanteur célèbre dont le nom devient, à cette occasion, un nom commun pour désigner des gens à l'allure débonnaire qui rendent le décor agréable...

Le vent de Belgique personnifié, lui aussi, contribue à une ambiance de fête, puisqu'il "transporte des flonflons à la française, des fancy-fair à la fraise"...
Les sonorités de fricative "f"  et de sifflante "s" viennent souligner cette atmosphère de douceur et d'harmonie dans laquelle se trouve le poète.

Soudain ELLE apparaît, sans avoir été décrite, un geste affectueux et tendre accompagne le baiser : "Autour de moi, elle a mis ses bras croisés..."

Le poète interpelle, alors, le lecteur et l'auditeur, avec une certaine familiarité : "Jugez ma fortune", car il est soudain enveloppé par une "écharpe de boucles brunes", une belle image qui traduit une douceur, un réconfort, tandis que le poète affirme, avec humour : "en blondes, j'ai des lacunes..."
Et aussitôt, le vent se met à tournoyer, comme pour restituer l'éblouissement de cet instant : "Oh le grand air
Tournez le vent la dune à l'envers
Tournez le ciel et tournez la terre
Tournez tournez le grand air.."
Le poète est comme emporté et transporté dans un tourbillon : le vent se fait le complice de son émotion et de son trouble, le personnage s'adresse, alors, familièrement à la jeune inconnue pour la remercier de ce moment de liberté, et de bonheur partagé :

"Toi qui a mis
Sur ma langue ta langue amie
Et dans mon cœur un décalcomanie
Marqué liberté liberté chérie
Je donne des parts
Pour ce moment délicieux hasard..."

Les répétitions de mots semblent restituer un accord parfait entre le poète et sa belle inconnue, et le chanteur affirme donner des "milliards de dollars", pour avoir vécu un tel instant de partage.

Le poète encense cet instant de grâce fugitive, dans une vie où "tout est moyen".

La jeune femme s'éloigne, telle "une reine alanguie", belle comparaison qui sert à la magnifier, elle devient "un petit point parti dans l'audi de son mari..."

"Ah son mari ! ", ne peut s'empêcher de s'exclamer, alors, le poète, non sans un peu de regret et de légère amertume !

La mélodie nous berce doucement et vient souligner ce moment unique de bonheur, lors d'un jour d'hiver, sur la plage de Malo Bray-Dunes...


La modernité du style, du vocabulaire, une forme de discrétion et d'élégance, le paysage qui s'anime et se met à l'unisson du poète, la liberté du ton donnent à ce baiser une dimension à la fois légère et intense, un moment inoubliable...


https://youtu.be/P5weqdVaChQ


 


https://youtu.be/1W8VskzeLuM


 

 

Illustration : Photo de Marie-Jo L    creative commons

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:02
Lorsque descend le crépuscule...

 


"Hue ! Yop !", c'est avec ces interjections qu'on entre dans l'ambiance emplie d'entrain de cette chanson intitulée Reginella Campagnola, interprétée par Tino Rossi.


Un personnage de contrebandier qui tire sa mule, en empruntant des sentiers de montagne, tel est le héros familier de cette mélodie au rythme dansant, pleine de joie.

On croirait suivre le trot et la cadence sautillante de la mule, d'autant que le texte au présent nous donne l'impression d'assister à la scène...

Ce contrebandier s'appelle "Pietro" et grâce à ce prénom, on a l'impression de le connaître, il attire toute notre sympathie.

Pietro est "jeune" et bien sûr, il chante, sur le chemin... Il chante forcément une chanson d'amour dédiée à sa belle.

Dans une apostrophe, il s'adresse à elle, "o bella reginella"... Est-ce un prénom ou un surnom ? En tout cas, le mot "reginella" évoque une petite reine, à qui le contrebandier dédie une prochaine "villanella", destinée à proclamer tout son amour pour la jeune fille, une véritable vénération, en fait, comme le montre l'emploi du verbe "adorer", un terme très fort quasi-religieux...

La villanelle, petite poésie pastorale convient bien au cadre champêtre de cette chanson, elle sert à exprimer des sentiments amoureux dans de douces rêveries.

Les adverbes de temps "encore, toujours" viennent souligner cette déclaration d'amour...

La chanson sera même répercutée par les échos des montagnes, et la "brise" personnifiée pourra redire la force de cet amour à la jeune Reginella : la nature se met, ainsi, à l'unisson de ce contrebandier.

La brise pourra "griser" la belle "de son frisson"... et se transformer en complice de l'amoureux...

Le cadre champêtre est encore évoqué : "Apercevant les campanules /Grimpant le long d'un mur tout blanc /Pietro vient d'arrêter sa mule..." Le personnage semble se rassurer en s'attardant pour admirer ce décor, et il ne se presse pas comme l'indiquent ses propres paroles :

"Chiva piano, piano, piano, piano
Chiva piano, piano, piano, va sano
Chiva sano, sano, sano, sano, va lontano..."

Le refrain fait entendre une nouvelle apostrophe à la jeune fille :"O bella Réginella,
Entends ma villanella !"

Et aussitôt, la belle apparaît, illuminant le cadre : "son front rayonne" et et elle se laisse séduire, comme le suggère l'expression imagée :"son coeur frissonne" .

La chanson s'achève sur une déclaration d'amour réitérée, avec des hyperboles, pour évoquer un amour éternel : " toujours... je t'adore, ma reine des montagnes".

La mélodie entraînante, le sifflet du personnage  parviennent  à restituer le bonheur de Pietro et le cheminement cahotique de sa mule  dans les sentiers des montagnes.



Les paroles ont été écrites par Jean Rodor et Louis Poterat, la musique composée par Di Lazzaro.

 

 

Le texte de la chanson :

 

http://gauterdo.com/ref/rr/reginella.html

 


 

 

Photo : rosemar

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:49
Ce soyeux cortège tout en larmes blanches...

 

 

Il suffit, parfois, de peu, d'une inversion du sujet, pour que naisse la poésie d'un texte, pour que l'on perçoive plus intensément, encore, un phénomène...

C'est cette magie des mots que l'on ressent, en écoutant cette célèbre chanson de Adamo... Tombe la neige...

Tombe la neige... et ausssitôt, une certitude apparaît, marquée par le futur de l'indicatif : "Tu ne viendras pas ce soir".

La négation souligne l'absence, le vide, le manque.

Le contraste saisissant entre la blancheur de la neige et le coeur du poète qui "s'habille de noir", vient souligner une infinie tristesse.

La neige devenue "soyeux cortège" semble rythmer la mélancolie et la renforcer par sa beauté immuable, d'autant qu'elle se métamorphose en "larmes blanches", belle image qui restitue un désarroi.

L'expression "soyeux cortège" réunit des sonorités contrastées : gutturales "c", "r", pleines d'âpreté et sifflante "s", chuintante "g" très douces, comme pour mimer, à la fois, la cruauté et l'harmonie créée par la neige.

Un oiseau vient même mêler ses pleurs et sa tristesse à celle du poète.

Cet oiseau n'est-il pas, d'ailleurs, l'image même du poète qui "pleure le sortilège", comme s'il était victime d'un mauvais sort ?

Le refrain s'égrène, avec cette simple phrase réitérée " Tu ne viendras pas ce soir...", phrase lancée par le désespoir du poète, qui est, ainsi, personnifié et qui semble encore plus intense et fort.

Le désespoir devient une entité extérieure qui accable l'auteur, dans une sorte de fatalité inexorable.

La neige se transforme, alors, en un "impassible manège", insensible à la douleur du poète.


Le paysage évoqué restitue, pourtant, l'état d'âme du poète :"tout est blanc de désespoir".

Le froid et l'absence viennent renforcer la douleur, ainsi que le silence qui en devient "odieux"....

Et la "blanche solitude" vient ajouter à la détresse du poète...

On ne peut qu'être sensible à l'harmonie des images utilisées dans ce poème, à une forme d'évidence et de simplicité qui nous touchent.

Effets de contrastes ou de fusion avec le paysage, on se laisse bercer et emporter par la tristesse lancinante de la mélodie....

L'auteur réussit à nous faire ressentir toute la beauté et l'âpreté de la neige associée au froid de l'hiver.
 

Cette chanson, a, de plus, une valeur universelle : elle parle à chacun d'entre nous, grâce à l'emploi du pronom de la deuxième personne,"tu" qui reste très vague.

 

 

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 16:41
Elles s'en allaient vers le midi, la Méditerranée...

 

 

 

Le texte de cette chanson de Michel Delpech, intitulée Le chasseur, débute comme un récit, avec des circonstances de temps et de lieu : "cinq heures du matin... Dans les marais couverts de brumes...", avec un verbe d'action : "on avançait..."

Le narrateur qui parle, ensuite, à la première personne, se présente "avec un fusil dans les mains." Mais le personnage reste passif.

Et, aussitôt, du récit, on passe à la description du paysage environnant, comme si ce spectacle fascinait le regard du personnage...

"Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 
Dans les roseaux." 

L'oeil est attentif à la beauté d'un envol d'oiseau qui s'élève dans le ciel, puis aux chiens qui accompagnent les chasseurs. L'imparfait à valeur durative restitue cette envie d'observer la nature, et une forme de plénitude.

Le verbe "voir" suggère une sensibilité à la beauté du monde environnant, représentée par "un étang, des oies sauvages". Le regard s'élève vers le ciel, symbole de liberté, comme le montrent les verbes de mouvement :"passer, elles s'en allaient..."

La destination de ces oies sauvages ne fait-elle pas rêver ? Le poète évoque "le midi, la Méditerranée".


Des "perdreaux qui montent dans les nuages" traduisent, aussi, une envie de liberté, alors que la forêt est personnifiée dans cette expression : "la forêt chantait". La nature, pleine de vie, le soleil qui "brille"incitent le chasseur à abandonner sa quête de gibier pour partir "en promenade".

Le "fusil dans les mains" semble, dès lors, inutile et le poète se sent "un peu coupable", devant tant de beautés révélées par la nature.

Il s'éloigne, alors, des autres chasseurs : la solitude lui permet de vivre pleinement ses sensations : il "regarde" le "bleu du ciel, les oiseaux, les nuages". L'observation se fait plus attentive et s'élève encore un peu plus vers les hauteurs.

Le chanteur rejoint, ainsi, l'harmonie de la nature comme le suggère ce parallélisme : "J'étais bien, les oiseaux qui étaient si bien..."

D'ailleurs, le poète aspire à rejoindre ces oiseaux dans leur voyage, à les accompagner dans leur quête de bonheur, de soleil et de liberté.

La mélodie, qui va crescendo, restitue l'enchantement et l'émerveillement croissant du chasseur qui observe le paysage...

Au fil du texte les sonorités se font plus douces : on perçoit, au début, de nombreuses gutturales "r" qui traduisent une âpreté : 

"On avançait dans les marais 
Couverts de brume 
J'avais mon fusil dans les mains 
Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 
Dans les roseaux ..."


Par la suite, ce sont les sonorités de sifflantes "s", et de chuintantes qui dominent, notamment, grâce à la rime féminine en "-age", dans les mots "sauvages, nuages, marécages, voyage."

La simplicité du style, l'évocation d'une nature sauvage, symbole d'évasion et de liberté nous donnent une leçon de vie, d'humanité, de paix et d'harmonie : comment ne pas y être sensible ? 

Comment ne pas suivre les pas de ce chasseur qui oublie son fusil, pour devenir poète et se livrer à une observation attentive des beautés de ce monde ?


 Le texte :


 http://www.lacoccinelle.net/950212.html


 


 

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 15:51
J'ai fait un rêve merveilleux...

 

 

 

Un prénom "Ramona" reste dans la mémoire de chacun d'entre nous, grâce à cette chanson que tout le monde a entendue ou fredonnée, un jour.

Un prénom plein de charmes grâce à des sonorités redondantes et contrastées : la voyelle "a" réitérée, comme dans un écho, la gutturale "r" assez âpre, et la labiale "m", empreinte de sensualité et de séduction...

Un prénom associé à "un rêve merveilleux", un rêve de bonheur à deux, un rêve de voyage comme le suggèrent les verbes de mouvement : "Nous étions partis, nous allions..."

L'emploi de la première personne du pluriel "nous" réunit les deux amoureux dans une harmonie bienheureuse.

Et l'amour semble devoir éviter les "regards jaloux", pour être vécu pleinement...

Ainsi, les "deux amants" ont connu, dans ce rêve, un bonheur idéal, une sorte d'absolu, comme le montrent l'adverbe  de temps "jamais" et l'adverbe d'intensité "plus":

"Et jamais deux amants 
N'avaient connu de soir plus doux."


L'amoureux peut aimer, avec une plénitude de sensations visuelle, olfactive, et avec toute sa sensualité :"Ramona, je pouvais alors me griser 
De tes yeux, de ton parfum, de tes baisers..."

Le poète ne rêve que de retrouver ces moments vécus autrefois.

La simplicité du texte, de la syntaxe, du vocabulaire, sa brièveté nous séduisent, la mélodie très enlevée traduit un bonheur plein de légèreté, celle d'un rêve...

On est comme emporté par cet air empli de gaieté.

Mon père fredonnait, souvent, cette chanson, comme, d'ailleurs, d'autres chansons interprétées par Tino Rossi.

Et quand j'entends cette mélodie, ressurgissent des souvenirs d'autrefois...

Ce prénom "Ramona" quelque peu oublié, doit évoquer, pour beaucoup de gens, cette chanson au rythme balancé et radieux...

La mélodie pleine d'entrain nous transporte dans un univers idéal, celui du rêve...

Cette chanson a été écrite par Gilbert Wolfe, en 1927, dans une première version, en anglais, Mabel Wayne en a composé la musique, pour un film de Edwin Carewe, intitulé Ramona. Traduite en français, elle a été rendue populaire en France par Tino Rossi et de nombreux autres chanteurs, comme Patrick Bruel.

 

 

La version originale chantée par Dolorès Del Rio dans le film Ramona : 

 

https://www.youtube.com/watch?v=7WXASMlUvV8

 

 

 

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Published by rosemar - dans chanson poésie musique
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:26
Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer...

 

 



Le départ d'une amoureuse, une séparation, et tout peut basculer, c'est ce qui arrive à "Jim", le héros de cette chanson écrite et interprétée par Alain Souchon : La ballade de Jim...

La mélodie commence sur des chapeaux de roue, entraînante et vive : on entrevoit l'énervement de l'amoureux qui a perdu son "héroïne".

Il se grise de "gin dans sa chrysler", il roule dans sa voiture, et même le paysage ne le séduit plus : "La presqu'île, le boulevard de la mer est con."

L'expression réitérée "comme elle est partie" traduit une sorte d' obsession, et le personnage est complètement déboussolé, ce qui est bien suggéré par la formule familière :"Jimmy tourne en rond"...
Le personnage de Jim apparaît très proche de nous, par cette dénomination même, un prénom, et même un diminutif.

Vitesse, griserie, alcool, désarroi viennent souligner la détresse du héros.

Le souvenir de la dernière soirée passée avec la belle semble exacerber, encore, la douleur  : "Hier soir encore, son héroïne / Le serrait si fort en disant Jim."

La jeune femme assimilée à un "calmant, un alcool profond" lui permettait de vivre une passion enivrante.

On perçoit, au passage, toute la modernité et l'originalité de ce texte, dans le vocabulaire, dans la façon de traiter ce thème de la séparation, si souvent abordé par nombre d'auteurs...

Soudain, l'auteur s'adresse simplement et directement à "Jim" en le tutoyant "Jimmy, t'es fort, mais tu pleures Sur le cuir de ta Chrysler..."

La belle voiture, le courage n'empêchent pas la tristesse qui déborde et même le paysage se met à l'unisson de l'amoureux éconduit : "Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer..." Le coucher de soleil se transforme en un effondrement qui est aussi celui du héros de cette histoire.

L'auteur rappelle, alors, à Jim, tous les dangers de l'amour, qui, comme "l'alcool et les révolvers", peuvent faire "tomber par terre", après avoir "sauté en l'air..."

Un soudain retour en arrière nous montre tous les rêves et les espoirs de Jimmy : "Depuis deux ans, sûr, Jim bossait fort 
Pour que sa starlette bronze en hors-bord 
Avec elle, il voulait un bébé, sans rire..."

Travail, argent, passion, espoir de fonder une famille n'ont, pourtant, pas suffi à retenir la belle.
L'envie de mourir effleure, alors, l'amoureux qui a perdu tous ses espoirs.

La vitesse, les pleurs, le parfum de la jeune femme qui traîne dans l'air... et c'est l'accident inéluctable, "La Chrysler s'envole dans les fougères et les nénuphars..."

La fin de la chanson, comme le suggére déjà la poésie de cette évocation des "fougères et nénuphars", montre que, malgré tout, la vie continue et que le personnage garde confiance en l'avenir, puisque la rencontre d'une belle infirmière lui redonne le goût de vivre et d'aimer, d'autant qu'elle lui sourit.

L'hôpital se transforme, alors, en un univers idyllique et paradisiaque, et l'infirmière devient "un ange".

Belle chute pleine d'optimisme et de renouveau !

Cette chanson, emplie de vivacité dans la mélodie, s'achève sur une note d'espoir, et traduit, malgré le thème abordé, une joie de vivre infinie.

C'est aussi ce qui fait tout le charme de ce texte écrit par Alain Souchon : la vie recommence soudain, grâce à une autre rencontre amoureuse...

La "ballade"de Jim lui a permis de découvrir un nouvel amour.




 

 

 

 

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Published by rosemar - dans chanson musique poésie
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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 15:27
Dans cette nuit de rêve...

 

 

Une musique associée à un couple d'amoureux, dans la nuit, un violon qui lance sa mélodie pour les accompagner, voilà un thème plein de romantisme qui nous envoûte, dans cette chanson interprétée par Tino Rossi.

Le violon semble jouer tout seul, comme par magie, pour les deux amoureux : le musicien est occulté et n'apparaît pas : "Dans la nuit un violon joue presque en sourdine /Pour nous seuls, sa mélodie tendre et câline."


La mélodie, elle-même, véritable exhortation à l'amour, semble s'animer, vivre d'elle même, elle devient une invitation à l'amour : personnifiée, elle est sujet de verbes de mouvement et d'action : "Elle nous dit l'espoir d'aimer, Elle nous prend et nous enivre".

Et le poète, insistant, utilise des impératifs, pour mieux séduire sa belle : "écoutons-la, viens, ce soir, la murmurer entre mes bras".

Le soir, l'obscurité offrent un cadre propice à l'intimité et à l'amour...

Le refrain s'égrène, alors, et le poète invite, de manière insistante, la jeune fille à chanter, grâce à des impératifs : "chante, chante pour moi."

Et la voix de l'amoureuse est, alors, valorisée, avec les termes : "douceur, bercer", d'autant qu'elle rend le monde "plus beau, plus merveilleux"...

Mais le départ inexpliqué de la jeune femmme a brisé le rêve de cette nuit, et l'amoureux évoque sa douleur, en des termes qui marquent un accablement : "le fardeau de mon chagrin et de mes peines".

Le poète, dès lors, n' a de cesse de retrouver ces moments de joie, comme le suggèrent bien ces verbes comportant le même préfixe : "il faut que je revienne, retrouver."

Le violon renouvelle, alors, cet air d'autrefois et ressuscite tant de souvenirs...

Les sensations auditive et olfactive se mêlent pour faire ressurgir le bonheur passé : "cet air qui me poursuit, parfum des joies anciennes."

Et aussitôt, le refrain égrène à nouveau ces impératifs insistants "Chante, chante pour moi".

Cette fois, c'est une voix plus lointaine qui est perçue, comme le montre l'emploi de l'article indéfini "une voix".

Mais ce souvenir permet de restituer le bonheur, qui "refleurit", alors, belle image servant à retranscrire une sorte de renouveau espéré.

La mélodie nous entraîne et nous emporte dans un tango rempli de langueur et de tendresse.

La musique a été composée, en 1935, par Cesare Bixio, les paroles écrites par Henri Varna et Marc Cab.


 

 

 

 

 

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