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25 juillet 2025 5 25 /07 /juillet /2025 12:12
Rimons, rimons tous les deux...

Et si on jouait avec les rimes en associant des idées, avec des jeux de mots ? C'est le jeu subtil auquel se livre Claude Nougaro dans sa chanson Rimes...

 

La chanson est aussi un bel hymne aux joies de la vie dont il faut savoir accepter les limites, les peines, les difficultés...

La chanson débute ainsi par cette déclaration d'amour à la vie :

"J’aime la vie quand elle rime à quelque chose"

Et le poète utilise là une expression familière : "rimer à quelque chose", donc "avoir du sens", avoir une valeur, une utilité... un message qui paraît essentiel...

Et le poète aime même les épines "quand elles riment avec la rose"... voilà un beau symbole de ces difficultés de la vie : les épines qui accompagnent la rose, elle même symbole de beauté et de fragilité...

Et même l'ultime épreuve, la mort qui attend tous les hommes, fait partie de la vie : "J'aimerais même la mort si j'en sais la cause", chante le poète.

 

Dans une deuxième strophe, c'est à la femme aimée qu'il s'adresse directement :

"J'aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche"

Un joli message de tendresse et une occasion de jouer avec les mots tout en évoquant la ville de Paris, emblème de la France...

 

Et même les pleurs sont bienvenus, évoqués à travers une image "la perle des pleurs" et associés à l'oeil des biches...

Et de préciser : "Rimes tristes", la poésie pouvant transmettre des émotions,  comme la tristesse, le désarroi.

Les jeux de mots s'enchaînent, évoquant tour à tour la nature et un conte de fées très connu :

"J'aime les manèges quand ils riment avec la neige
J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige"

 

Tout cela pour en arriver à cette belle invitation, avec la répétition insistante d'un impératif :

"Rimons, rimons tous les deux
Rimons, rimons si tu veux"

Une façon d'inciter à une harmonie, une union parfaite... une invitation à l'amour particulièrement originale et poétique...

Et le poète ajoute même avec humour :

"Même si c'est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s'en fiche"

Le verbe "arrimer" est utilisé comme un jeu de mots, mais il a aussi un sens très fort : "fixer avec des liens, attacher".

 

Plus loin, le verbe "rimer" est repris avec insistance, accompagné d'une apostrophe : "belle dame" :

"Rimons, rimons belle dame
Rimons, rimons jusqu'à l'âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi"

C'est bien une union parfaite et totale qui est évoquée : corps et âme, peau et âme...

Voilà une magnifique célébration de la vie, de la poésie, de l'amour que nous offre Claude Nougaro dans cette chanson ! Sans oublier le phrasé du chanteur qui nous fait savourer les mots de la langue française et toute leur harmonie.

 

La mélodie légère, jazzy, nous emmène dans une ambiance poétique et tendre...

 

Pour mémoire :

 Sortie en 1981, cette chanson est un véritable hommage à la langue française et à la musicalité des mots, tout en reflétant l’amour de Nougaro pour le jazz et la poésie.

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/claude-nougaro/paroles-rimes

 

 

https://www.melo-app.com/notice/rimes

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18 juillet 2025 5 18 /07 /juillet /2025 12:14
Cécile, ma fille...

Une merveille de tendresse et de poésie ! Une  magnifique chanson dédiée par un père à sa fille, Cécile : on la doit à Claude Nougaro...

 

La chanson nous montre comment naît l'amour d'un père pour son enfant, sa fille, tout simplement dans un face à face, une rencontre...

Car curieusement, dès le début de la chanson, le poète déclare son désir ancien de ne pas avoir d'enfant :

"Elle voulait un enfant
Moi je n′en voulais pas"

L'emploi des pronoms "elle", "moi, je" donne une valeur universelle à cette chanson, car les personnages ne sont pas nommés : une femme, un homme avec des volontés qui s'opposent... et en même temps, le texte est très intime et personnel avec l'emploi de la première personne...

Et le père de s'adresser directement à sa fille :

"Mais il lui fut pourtant facile
Avec ses arguments
De te faire un papa"

Voilà une paternité non désirée que la mère sait transformer en un rôle bien assumé...

 

Le temps de la maternité est évoqué alors avec un certain humour :

"Quand son ventre fut rond
En riant aux éclats
Elle me dit "allons, jubile
Ce sera un garçon""

On assiste là à une scène familière avec le recours au discours direct de la mère qui annonce la venue d'un garçon, aussitôt démentie par le refrain : "Et te voilà Cécile, ma fille"...

 

On perçoit malgré tout l'émerveillement de ce père devant la naissance de cet enfant, devant cette rencontre unique avec un nouvel être :


"Et te voilà et me voici, moi
Moi, j'ai 30 ans, toi, 6 mois
On est nez à nez, les yeux dans les yeux
Quel est le plus étonné des deux"

 

Et curieusement le poète fait alors un retour dans le passé, un passé fait de rencontres féminines faciles, d'amours fugaces, contrastant avec l'amour profond qu'un père peut éprouver pour son enfant , comme un regret :

"Bien avant que je t′aie
Des filles j'en avais eues
Jouant mon cœur à face ou pile
De la brune gagnée
À la blonde perdue"

 

Puis, c'est un bond en avant dans l'avenir qui est évoqué, avec l'emploi du futur, et de l'adverbe de temps "bientôt". Et cette fois, ce sont les "idylles", les amours de la future jeune fille qui sont suggérées :

"Et je sais que bientôt
Toi aussi tu auras
Des idées et puis des idylles
Des mots doux sur tes hauts
Et des mains sur tes bas
Cécile, ma fille"

On perçoit là le thème du temps qui passe inexorablement, car ce père imagine les premiers émois amoureux de sa fille, éprouvant déjà une nostalgie de ce présent qu'il vit  auprès de son enfant...

 

Et on voit toute la sollicitude et l'affection d'un père dans les vers suivants :


"Moi, je t'attendrai toute la nuit
T′entendrai rentrer sans bruit
Mais au matin c′est moi qui rougirai
Devant tes yeux plus clairs que jamais"

Le souhait qui termine la chanson est empli de délicatesse :


"Que toujours on te touche
Comme moi maintenant
Comme mon souffle sur tes cils
Mon baiser sur ta bouche
Dans ton sommeil d'enfant"

Des gestes tendres, pleins de douceur apparaissent, gestes d'amour pour son enfant...

On aime ce texte poétique adressé à sa fille,  qui reste proche de la conversation, ce qui renforce l'intimité du discours.

 

La mélodie et la voix de Claude Nougaro traduisent un amour infini...on a l'impression d'écouter une  douce berceuse adressée à son enfant.

 

Pour mémoire :

 

Cécile, ma fille est une chanson de Claude Nougaro sortie en 1963. Dans la chanson, Nougaro, devenu père en 1962, s'adresse à sa fille de six mois. Il a composé la mélodie a cappella et c'est Jacques Datin qui a finalisé les arrangements.

 

Les paroles :

 

https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Claude-Nougaro/C%C3%A9cile-ma-fille

 

 

 

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11 juillet 2025 5 11 /07 /juillet /2025 10:33
Le matin, je m'éveille en chantant...

Tout un art de vivre dans cette chanson de Guy Béart : Le matin je m'éveille en chantant... Un bel hymne à la joie de vivre contrastant avec le rythme effréné et le productivisme de nos sociétés modernes qui nous incitent à des activités incessantes...

Le narrateur s'exprime dans un discours direct à la première personne, il n'est pas nommé, ce qui donne au texte une valeur universelle... le poète évoque ses journées depuis le matin, jusqu'au soir...

"Le matin, je m’éveille en chantant
Et le soir, je me couche en dansant"

On perçoit dès lors une joie de vivre, un bonheur décuplé d'autant que ces deux phrases sont répétées dans le refrain.

Chanter, danser : deux plaisirs simples accessibles à tous,  associés à la musique qui apaise, qui fait du bien... 

Et comble de bonheur ! "Entre temps, je fais la sieste...", chante le poète... la sieste, encore un bonheur simple à ne pas manquer, d'autant plus si elle se prolonge du matin au soir... on peut  percevoir là une exagération malicieuse de la part du poète.

 

Cette sieste qu'il convient de réhabiliter... "La sieste est un bien précieux, un moment de vie aussi nécessaire que la mise en jachère d'un champ. Tous les experts pointent les risques provoqués par la surproduction comme par le surmenage. On épuise nos sols et on brûle nos âmes. La jachère a du bon, elle est même vitale", écrit Sébastien Spitzer dans Petite Philosophie de la Sieste...

Et le poète, lui,  en rajoute une couche :

"Voilà tout ce qui me reste
Ou je me fais du café
On ne se soigne jamais assez"

On perçoit là tout un hédonisme : le café après la sieste... une boisson réconfortante et revigorante...

Et le refrain revient, insistant,  avec quelques variantes où on perçoit une attention portée aux gestes ordinaires du quotidien :

"Le matin, je me lave en chantant
Et le soir, je me baigne en dansant
Le matin, je me lave en chantant
Et le soir, je me baigne en dansant"

Et entre temps, le personnage se promène, cette fois, encore une activité simple du quotidien... et de rajouter :

"Une activité moyenne
Me conduit à m’ reposer
On ne se soigne jamais assez"

Il s'agit de prendre soin de soi, et de vivre pleinement le présent...

Après la promenade et le repos, c'est l'amour qui s'invite :

"Le matin, on s’embrasse en chantant
Et le soir, on s’enlace en dansant"

L'hédonisme du personnage est fait aussi de partage, d'amour, de caresses... prendre soin de soi, mais aussi de ses proches, c'est important...

La lenteur est également privilégiée bien loin de nos sociétés qui sont emportées par l'ivresse de la vitesse :

"Y’a vraiment rien qui nous presse
On va même se recoucher
On ne se soigne jamais assez"

Pourtant, dans le dernier couplet, soudain, une idée nouvelle apparaît, menaçante, inquiétante, bien loin du bonheur évoqué tout au long de la chanson :

"Jamais je ne m’intéresse
A la bombe vengeresse
Qui un jour f ’ra tout sauter
On ne nous soigne jamais assez"

Le danger est là avec l'évocation de cette "bombe", mais nous l'oublions pour mieux vivre l'instant présent...

Une chanson pour nous mettre en garde contre l'illusion de la légèreté ? Nous préférons chanter plutôt que de voir une réalité lourde et menaçante ?

A l'inverse, la mélodie est légère, pleine de gaieté, elle fait songer à une comptine de l'enfance...

 

Pour mémoire : cette chanson a été écrite, composée, interprétée par Guy Béart... c'est une chanson de la bande originale du film Pierrot la Tendresse sorti en 1960.

 

Les paroles :

https://www.paroles.net/guy-beart/paroles-le-matin-je-m-eveille-en-chantant

 

https://www.melo-app.com/notice/le-matin-je-meveille-en-chantant

 

Le film : Pierrot la Tendresse

 

https://youtu.be/ueitL2_hT5Y?si=6Fm8hMReMgL5b4gX

 

 

 

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4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 12:10
Nuits d'Espagne...

 

Une belle chanson d'amour hispanisante dans le répertoire de Dalida...

 

La chanson s'ouvre sur un air langoureux et enchanteur : La, la, la, la...

Le texte se présente sous la forme d'un discours direct avec l'emploi de la deuxième personne du singulier : "Te souviens-tu des nuits d'Espagne... ?" On perçoit ainsi une proximité, une intimité...

Le thème du souvenir fait intervenir plusieurs aspects : souvenir auditif, avec l'évocation d'une chanson gitane, souvenir visuel des nuits d'Espagne :"quand tout le ciel brillait Que mille étoiles scintillaient mettant un peu de rêve bleu Dans nos yeux". Ce souvenir semble ainsi particulièrement intense et fort.

 

Un somptueux tableau de la nuit apparaît... les hyperboles : "tout le ciel brillait, mille étoiles" viennent souligner la splendeur du spectacle... d'autant que les étoiles réunissent les deux amoureux, et se reflètent dans leurs yeux...

Ce souvenir reste gravé dans la mémoire de l'amoureuse et nous fait entrer dans l'intimité des personnages :

"Je n'oublierai jamais que tu m'as serrée chéri dans tes bras
Ce soir-là"

Dans la strophe suivante, on retrouve cette interrogation insistante : 

"Te souviens-tu des nuits d'Espagne
Et de cette chanson gitane"

 

Et l'amoureuse de dérouler le sujet de cette chanson : "Qui racontait l'histoire de cette rose noire Toujours plus belle à l'infini mais qui fleurissait dans la nuit Si jolie"

 

Cette "rose toujours plus belle à l'infini" n'est-elle pas le symbole de l'amour intense qui réunit les deux amoureux ? Un amour né dans la nuit comme la fleur...

Et c'est l'occasion d'évoquer le bonheur des amoureux dans un décor de rêve :

"Et sous la lune bleue comme on était heureux
Seuls tous les deux"

 

La fin de la chanson vient conforter cette idée d'un amour infini, éternel :

"C'est depuis ce soir-là que j'ai eu la joie
De t'avoir à moi pour la vie
La, la, la, la, la..."

 

La mélodie radieuse vient souligner tous les bonheurs associés à ces Nuits d'Espagne...

 

Cette chanson sortie en 1961 est une adaptation française d'une chanson de Jerry Leiber et Phil Spector : Spanish Harlem... André Salvet a écrit les paroles françaises.

Les paroles :

https://genius.com/Dalida-nuits-despagne-lyrics

 

 

A propos de la chanson Spanish Harlem :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spanish_Harlem_(chanson)

 

 

Les paroles de Spanish Harlem :

https://www.lacoccinelle.net/262566.html

 

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27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 11:50
L'arlequin de Tolède...

 

Une chanson qui commence sur un magnifique tableau nocturne hispanisant : une guitare ornée d'une rose, un rayon de lune qui éclaire la scène, et qui "joue sur la peau brune" d'un "arlequin de Tolède"...

 

Le tableau s'anime avec ce rayon de lune qui "joue", l'arlequin qui "passe dans la nuit tiède" et qui chante "la sérénade des amants de Grenade."

 

Et déjà dans ce premier couplet, on perçoit plusieurs fragilités : celle de la "rose", symbole de beauté fugace et éphémère, celle que suggère que le verbe "passer" pouvant évoquer aussi le temps qui passe inexorablement, celle de l'amour enfin.

 

Et on retrouve plus précisément et plus intensément ce thème de la fuite du temps dans le refrain avec de nombreuses indications de temps : "hier, printemps, hier, vingt ans, le temps d'un instant", avec une anaphore insistante de l'adverbe de temps "hier".

L'imparfait vient souligner aussi le temps qui a passé : "le printemps, les vingt ans" qui se sont enfuis... et l'amour paraît fragile face au temps qui s'écoule. Cette idée est scandée avec intensité dans le refrain :

"Hier, il avait vingt ans
Mais cela ne dure
Que le temps d'un instant
Car la vie est dure
Pour les jeunes amants
Qui veulent croire aux serments"

Les noms propres qui ponctuent le texte : "Tolède, Grenade, Estrémadure" confèrent un charme exotique à la chanson.

 

Dans le couplet suivant, l'arlequin de Tolède fait naître sur son instrument des images :

"Un écho de mandoline
Il revoit Colombine
Vibrant à la sérénade
D'un Pierrot de Grenade"

Des personnages de la Commedia dell'arte surgissent : Pierrot épris de Colombine, Pierrot qui chante une sérénade, chanson d'amour pour sa Colombine...

 

Le refrain vient briser cette douce ambiance amoureuse avec encore l'évocation du temps qui passe et emporte les serments des amants. On perçoit toute la mélancolie du musicien dans cette phrase : "Hier, c'était lui l'amant, Mais cela ne dure Que le temps d'un serment."

 

Voilà l'arlequin de Tolède qui "avec cette leçon En a fait une chanson", une sorte de mise en abyme, la chanson évoquée étant aussi celle que nous écoutons...

Et l'arlequin de Tolède d'entendre "sous la lune blonde
Tous les amants du monde
Qui chantent la sérénade
Des amants de Grenade"

Une généralisation de cette sérénade qui apparaît ainsi universelle....

 

Et le refrain de scander encore le thème mélancolique de la fuite du temps : le printemps, les vingt ans, la jeunesse enfuis...

 

Pourtant, la chanson s'achève brusquement sur ces mots, comme une urgence :

"Aujourd'hui c'est l'été
Et vive la liberté!"

C'est le présent qui importe, c'est le présent qu'il faut savourer avec bonheur... La mélancolie s'efface pour laisser la place à un message différent : jouir de l'été, de la liberté qu'il offre, jouir de l'instant... Ce message n'étant au fond que la conséquence du message contenu dans toute la chanson : le temps passe très vite, il faut savoir le savourer...

 

Magnifique chanson qui délivre un message simple mais essentiel !
 

La mélodie très douce, mélancolique s'intensifie dans le refrain comme pour souligner la dureté du temps qui passe...

 

Pour mémoire :

Cette chanson parue en 1960 a été écrite par Jean Dréjac et composée par Hubert Giraud.

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/compagnons-de-la-chanson/paroles-l-arlequin-de-tolede

 

 

 

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30 mai 2025 5 30 /05 /mai /2025 12:10
Tombé du ciel !

 

Une chanson pour célébrer la terre et ses merveilles : et quel meilleur procédé pour la célébrer que celui du regard neuf ou naïf ? Le regard de quelqu'un qui tombe du ciel et qui découvre pour la première fois la terre...

Est-ce un ange tombé du ciel comme il est dit dans le premier couplet qui n'apparaît pourtant pas dans la version chantée par Charles Trenet, l'auteur de cette chanson ?

 

Peu importe... cette chute est vécue comme un "destin providentiel". Car elle permet une découverte de la terre où "Tout est charmant" et le terme a ici son sens fort : c'est un charme magique, envoûtant qui séduit et ravit le personnage dont on suit le regard... 

Le voici qui s'émerveille devant le printemps : c'est une nature animée, vivante qui est décrite : "les étangs Pleins de lumière...  un oiseau se pose Sur un roseau morose."

La nature est ainsi humanisée, avec ce roseau qui a des états d'âme, et c'est comme si l'oiseau était là pour le réconforter...

 

Dans la suite du texte, c'est "un nuage d'orage" qui est personnifié et semble doté de la parole puisqu'il "Semble vous dire : ami, J’éclate en voyage…"

Un nuage bienveillant tout de même puisqu'il prévient de l'orage à venir...

 

Et la pluie elle-même paraît bienvenue, elle tombe en rythme, créant une forme de musique :

"La pluie qui tombe du ciel
C’est le rythme éternel"

 

Dans le dernier couplet, c'est l'amour qui est célébré et il apparaît comme tombé du ciel, tel un oiseau qui "se pose sur un destin morose", il est célébré comme une chance à saisir, un bonheur à découvrir...

Et il est une source de beauté symbolisée par une "rose" :

 "cette rose
C’est notre amour, amie,
Que nos larmes arrosent…"

Larmes de bonheur, sans doute, larmes de joie pour cet amour qui tombe du ciel...

 

Il est bon d'écouter cette chanson en ces temps où nous sommes de plus en plus déconnectés de la nature, et où nous oublions de la regarder, et de l'admirer...

 

Voilà un bel hymne poétique à la nature et à l'amour sur une mélodie emplie de douceur et rythmée en même temps qui restitue magnifiquement tout l' émerveillement du personnage... 

 

Les paroles :

http://www.charles-trenet.net/chansons/tombe_ciel.html

 

 

Une émission consacrée à Charles Trenet sur France Musique :

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/retour-de-plage/charles-trenet-la-joie-eternelle-4868421

 

 


 

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23 mai 2025 5 23 /05 /mai /2025 12:32
J'ai ta main dans ma main...

 

Une belle ode à la nature dans cette magnifique chanson d'amour qui se déroule dans un cadre champêtre : J'ai ta main dans ma main... on la doit à Charles Trenet... 

Deux amoureux sont réunis "allongés sur l'herbe de l'été". La nature se met alors à l'unisson de l'amour et des amoureux :

"On entend chanter
Des amoureux et des oiseaux."

Le monde des humains et celui des oiseaux sont ainsi associés et réunis dans une belle harmonie... La nature participe  à ce tableau qui réunit les deux amoureux.

Et même le vent, la montagne personnifiés sont là pour accompagner les amoureux dans leur idylle : 

"On entend chuchoter
Le vent dans la campagne.
On entend chanter la montagne."

Les verbes "chuchoter, chanter" avec leurs douces sonorités restituent bien cette complicité avec les amoureux. C'est comme si la nature était là pour célébrer l'amour des deux personnages...

C'est alors qu'intervient le refrain :

"J'ai ta main dans ma main.
Je joue avec tes doigts.
J'ai mes yeux dans tes yeux"

On remarque une sensations tactile, puis visuelle, un parfait accord, une complicité entre les amoureux, grâce au jeu des adjectifs possessifs et aux noms qui se répondent... Ce refrain est constitué uniquement de monosyllabes qui viennent scander le bonheur des amants enlacés.

Et "la belle nuit" les recouvre de son ciel "Qui fleurit", jolie métaphore qui suggère les étoiles, un ciel "tour à tour tendre et mystérieux" donc à même d'accompagner et de réunir les étreintes des amoureux. Le cosmos se fait le complice des deux amants.

L'amour, la beauté apparaissent ainsi indissociables.

Dans les vers suivants, l'amoureux se montre empressé avec l'emploi d'impératifs : "Viens plus près... et dis-moi". Le vocabulaire amoureux se précise avec les expressions "mon amour", "Ton coeur contre mon coeur". Le discours utilisé se veut pressant au point d'exiger une déclaration  :
"Et dis-moi qu'il n'est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main."

L'on découvre ensuite que les deux amoureux sont "deux vagabonds", démunis : 

"Ta robe est déchirée.
Je n'ai plus de maison.
Je n'ai plus que la belle saison"

Mais, c'est comme si l'amour comblait ces manques, puisque le poète enchaîne avec le refrain : 

"Et ta main dans ma main
Qui joue avec mes doigts.
J'ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l'on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Qui fleurit, tour à tour, tendre et mystérieux."

 

L'amour, la complicité, la tendresse et la beauté apparaissent ainsi comme essentiels.

Comment ne pas aimer la simplicité de ce texte, la fusion intime des deux amoureux, avec une belle évocation de la nature ?

 

La mélodie emplie de douceur devient plus rythmée et joyeuse encore dans le refrain pour suggérer tout le bonheur des gestes d'intimité entre les deux amants.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-j-ai-ta-main

 

A propos de cette chanson :

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/1936-conges-enchantes/j-ai-ta-main-charles-trenet-6304201

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16 mai 2025 5 16 /05 /mai /2025 11:32
Maman, papa !

Une chanson de Georges Brassens qui nous touche tous parce qu'elle évoque l'amour filial, les souvenirs des parents qui nous sont chers...

De plus, cette chanson prend la forme d'un discours direct adressé familièrement à "maman, papa" où le poète évoque son enfance et comme par magie, le voici "redevenu petit garçon".

Et chacun peut alors se reconnaître dans les propos adressés à "Maman", avec tous les indices du discours : l'emploi de la première et de la deuxième personne du singulier, le temps du présent :

"Alors je suis sage en classe
Et, pour te faire plaisir
J'obtiens les meilleures places
Ton désir"

De jolies résolutions qu'on a tous un jour voulu tenir pour "faire plaisir"...

 

De la tendresse encore dans les vers suivants avec un besoin de proximité, tendresse de la voix féminine de la maman et de ses "refrains charmants", proximité avec cette volonté de "demeurer sur ses genoux" plutôt que se livrer à "des jeux fous".

 

La répétition du mot "maman", ce mot d'enfant restitue aussi tout l'amour du monde : c'est bien le premier mot qui vient à la bouche des enfants, le premier mot que l'on apprend à écrire, aussi. C'est un doux murmure apaisant, un mot empli d'échos sonores : labiale "m" réitérée, voyelle "a" redoublée d'une voyelle nasalisée "an".

 

Et papa n'est pas oublié, un papa bienveillant qui cherche à donner du réconfort et "du courage" à ses enfants quand gronde "l'orage", en déployant "tout son humour".

Un père protecteur est ainsi évoqué, une image traditionnelle...

Et là encore, le mot "papa" est réitéré, un mot d'enfant pour mieux restituer ce retour dans le passé... comme un besoin de nostalgie...

 

On perçoit aussi une certaine pudeur, et retenue dans cette relation au père, encore une vision traditionnelle du père : 

"Papa, papa, il n'y eut pas entre nous
Papa, papa, de tendresse ou de mots doux"

 

La chanson débouche sur une prise de conscience face aux "sacrifices" accomplis par les deux parents, une forme de reconnaissance et de gratitude... 

La chanson s'achève sur des regrets :

"Maman, papa, toujours je regretterai
Maman, papa, de vous avoir fait pleurer
Au temps où nos coeurs ne se comprenaient encore pas"

Et là encore, comment ne pas être touché par ces regrets ? Car nous avons tous pu éprouver ce sentiment d'avoir un jour blessé nos parents, de n'avoir pas su les comprendre...

 

La mélodie légère, au swing sautillant nous transporte dans le monde de l'enfance... Un bijou !

 

Pour mémoire :

 

Cette chanson fut interprétée en duo avec Patachou le 23 décembre 1952.
Composée au camp de Basdorf en 1943  alors que Brassens effectue son STO et jamais interprétée sur scène, cette chanson fut la première véritable composition du grand Georges...

 

Les paroles :

 

https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Patachou-Georges-Brassens/Maman-papa

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2 mai 2025 5 02 /05 /mai /2025 12:00
Au point du jour...

 

Encore une merveilleuse chanson dans le répertoire de Jean Ferrat, une chanson intitulée Au point du jour... une magnifique ode au matin qui se lève...

 

Le jour est personnifié dès le premier vers avec cette expression : "Encore un jour qui vient au monde", une naissance saluée comme celle d'un enfant... une naissance ponctuée par des sensations auditives, puis visuelles...

D'abord "le premier moteur qui gronde", puis "le premier enfant qui pleure", "la rumeur du point du jour" que le poète "écoute" : ce verbe restitue une attention portée à tous ces bruits qui caractérisent un début de journée... le poète célèbre ainsi la beauté et la poésie du quotidien à travers des scènes familières. Il nous laisse aussi entrevoir la douleur de la vie humaine avec les pleurs d'un enfant.

 

Les sensations visuelles qui suivent évoquent un matin d'hiver avec "la buée" que "quelqu'un efface sur la vitre du boulanger", avec "les arbres tout détrempés" et "les cheminées qui fument". Et là encore on constate une acuité dans cette attention portée au monde environnant... notamment avec ce geste entrevu sur "la vitre du boulanger".

 

Après ce regard sur l'extérieur, les yeux du poète se tournent vers l'intérieur du logis : 

"Je vois ma rose s'éveiller
ses yeux s'ouvrent sur l'oreiller
ils regardent la fin d'un rêve"

La jeune femme est assimilée à une rose grâce à une image pleine de beauté, d'autant que ses yeux sont soulignés et qu'ils sont encore emplis d'"un rêve": le poète nous convie ainsi à une scène intime pleine de douceur et de sensualité bien loin des bruits extérieurs de la ville...

L'image de la rose vient suggérer aussi traditionnellement toute la fragilité de la vie humaine, son caractère éphémère.

 

On assiste même au lever de la belle... au point du jour, ce qui fait naître un joli tableau plein de sensualité :

"Elle jette bas sa chemise
elle est nue comme une cerise
un rayon de soleil l'inonde
elle est la plus belle du monde"


Le soleil apparaît alors pour la première fois et vient éclairer la beauté rayonnante de la jeune femme... le superlatif vient traduire admiration, amour, tendresse...

 

Le dernier couplet élargit la scène... avec "la radio qui donne des nouvelles du monde" :

"quelque part la vie n' est pas belle
des bombes crient dans le lointain
défense de voir le matin
au point du jour"

Le contraste est saisissant entre la douceur du tableau précédent et l'évocation des nouvelles de la guerre diffusées par la radio avec "des bombes qui crient dans le lointain". La violence fait aussi partie de ce monde. Et certains sont malheureusement privés de ce point du jour, symbole d'espoir, de tendresse et de renouveau... On perçoit là toute la sensibilité du poète face aux malheurs du monde.

Et le poète en vient à éprouver "un peu de honte" de son propre bonheur... Mais l'espérance reste au coeur de la chanson avec ces vers :

"tandis que dans ma chambre monte
la bonne odeur de café noir
encore un jour, la vie, l'espoir
Le point du jour"

Une nouvelle sensation olfactive, cette fois, celle du café noir du matin vient réactiver l'espoir, le bonheur du jour qui recommence...

 

On aime la sensualité de cette chanson, où affleurent de nombreuses sensations associées au bonheur de vivre, et aussi la fragilité de ce bonheur et de la vie.

 

La mélodie emplie de douceur célèbre merveilleusement ce point du jour, avec un crescendo sur cette expression qui revient comme un refrain : "Au point du jour".

Pour mémoire : 

Le texte de cette chanson sortie en 1967 a été écrit par Henri Gougaud, la musique a été composée par Jean Ferrat.

 

Les paroles :

 

https://genius.com/Jean-ferrat-au-point-du-jour-lyrics

 

Un auteur à découvrir :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Gougaud

 

 

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25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 11:45
Méditerranéenne...

 

Une belle déclaration d'amour à la Méditerranée et aux femmes du sud dans cette chanson interprétée par Hervé Vilard...

Les premiers mots sont un aveu d'amour total et éternel, avec l'emploi du futur de l'indicatif, et l'équivalence établie entre "ma vie" et "la tienne".

L'apostrophe qui suit : "Méditerranéenne" évoque l'origine de la femme aimée, comme étant une identité forte et importante, comme si la Méditerranée laissait son empreinte sur la personnalité.

Le lieu d'origine est ensuite précisé : "Aux Saintes-Maries que j'aime...", la capitale de la Camargue est ainsi célébrée. 

Pourtant,  dit l'amoureux : "Y a danger pour l'étranger", comme si la femme ne pouvait être approchée par un inconnu... passion et prudence étant soulignées dans cette déclaration.

 

Le poète décrit alors la jeune femme dans un discours qui lui est adressé, ce qui donne au texte ardeur et vivacité :

"T'as sur le front la croix de ton village
Et deux grands yeux noirs qui me dévisagent"

Son visage est marqué par une forme de sainteté qui contraste avec son regard effronté : et ce contraste ne peut que susciter la curiosité et l'attention.

 

La femme est aussi associée à la nature grâce à un champ lexical amplement développé : "les vignes et les champs d'oliviers, les orages, les flamants roses et les chevaux sauvages", et à la fin de la chanson "la mer qui est dans la plaine", autant de détails qui font penser à la beauté de la Camargue...

 

L'amoureux admire encore le "déhanché" de la belle..., la comparant ainsi à une oeuvre d'art.

Le portrait se précise dans les vers suivants tout en restant assez vague, ce qui lui confère une valeur universelle :

"Éparpillée, ensoleillée, ensorcelée
Comme le sont tous les gens du voyage"

Associée au soleil, à la sorcellerie, la belle gitane apparaît d'autant plus mystérieuse...

 

Et l'amoureux n'hésite pourtant pas à l'inviter,  de manière audacieuse, avec un impératif  : "Viens me rejoindre à la nuit", tout en lui signifiant tout de même d'être prudente car son frère veille face à l'étranger...

 

Les compliments se multiplient, magnifiant la beauté de la jeune femme, dans un style exclamatif : "Mais qu'est-ce que tu es belle". Et le poète va même jusqu'à évoquer "ce parfum de bohème", cet esprit de liberté qu'il aime et aimera grâce à une réciprocité dans l'amour.

Ainsi l'amoureux est lui-même saisi d'une envie folle de liberté au point d'avoir "envie de courir dans les vagues", "Et de crier sous le ciel de Camargue". Les verbes "courir", "crier" viennent souligner par leur intensité ce désir de liberté.

 

Et les compliments reviennent pour magnifier la jeune femme : l'amoureux évoque sa "majesté D'être nu-pied au milieu des gitanes". Le contraste entre le terme "majesté" et le fait d'être "nu-pied" vient renforcer le compliment.

 

Et la chanson s'achève sur un magnifique tableau nocturne d'un feu de camp où "les flammes
Raniment l'amour dans le cœur des femmes", un tableau accompagné par des musiciens "un guitariste, un violoniste" qui "jouent du vague à l'âme" : la musique au coeur de ce tableau apparaît comme une source de réconfort. Et on sait l'importance de la musique dans la culture gitane et méditerranéenne.

 

La mélodie rythmée, joyeuse, pleine d'entrain nous entraîne vers les rives ensoleillées de la Méditerranée...

 

Pour mémoire : 

La musique de cette chanson sortie en 1983 a été composée par Toto Cutugno sous le titre L'Italiano, les paroles écrites par Didier Barbelivien et Hervé Vilard.

 

Les paroles :

https://www.paroles.net/herve-vilard/paroles-mediterraneenne

 

 

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