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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 11:44
Diego, libre dans sa tête...

Une magnifique chanson engagée pour dénoncer les dictatures où est réprimée la simple liberté de s'exprimer... tel est le thème de cette chanson : Diego, libre dans sa tête...

 

Un prisonnier anonyme "derrière des barreaux", est désigné d'abord seulement par le pronom "il" : on ignore son nom comme s' il n'avait déjà plus d'identité...

On connaît seulement le vague motif de son emprisonnement : 

"Pour quelques mots
Qu'il pensait si fort"

Un délit d'opinion, et même un délit de pensée sont ainsi évoqués... une façon de dire tout l'arbitraire de cet emprisonnement... Il est interdit de s'exprimer, il est interdit de penser dans certains pays... Ainsi, ce prisonnier symbolise tous les opposants politiques dont la pensée est réprimée.

 

Et dans cette prison symbolisée par des barreaux, comment ne pas rêver à la liberté des "milliers d'oiseaux" qui eux "s'envolent sans effort"?

Le contraste est saisissant entre le prisonnier et ces oiseaux libres de voler...

 

Le narrateur s'interroge alors, interrogation qui peut traduire une révolte, une indignation : 

"Quel est ce pays
Où frappe la nuit
La loi du plus fort ?"

Un pouvoir tyrannique est suggéré avec le verbe "frapper", associé à la "nuit", comme si les autorités se cachaient dans l'obscurité pour intervenir...

L'expression "La loi du plus fort" vient renforcer la critique et la dénonciation...

 

Dans la strophe suivante, on découvre le prénom du personnage victime de cette loi du plus fort : Diego, un prénom à consonnance espagnole... et Diego nous apparaît ainsi comme un être familier, proche de nous.

Le narrateur évoque alors Diego qui est pourtant "libre dans sa tête", s'il ne l'est pas dans son corps... une façon de magnifier le personnage, de souligner son indépendance, son refus de se plier à des idées qu'on voudrait lui imposer...

Dès lors, on peut imaginer le personnage en train peut-être de s'endormir "Derrière sa fenêtre".

 

Et soudain, le narrateur s'exprime à la première personne, comme pour souligner sa propre chance de vivre en liberté, en contraste avec les destin de Diego :

"Et moi qui danse ma vie
Qui chante et qui ris
Je pense à lui"

Le dernier couplet laisse entendre tout ce que risque le prisonnier : il est "peut-être déjà mort."

En écoutant cette chanson, on ne peut s'empêcher de penser, comme le fait le narrateur, à tous ceux qui subissent ainsi "la loi du plus fort" dans de nombreux pays... Emprisonnés, ils croupissent dans des prisons et sont souvent voués à la mort, comme Diego.

 

La mélodie scandée, lancinante, mélancolique souligne le destin cruel et injuste de "Diego, libre dans sa tête"...

 

Pour mémoire :

 

Diego libre dans sa tête est une chanson écrite par Michel Berger et interprétée en 1981 par France Gall.

Michel Berger l'enregistre à son tour en 1983.

Johnny Hallyday, en 1990, à l'occasion de son spectacle à Bercy, reprend Diego. 

La chanson dénonce la répression exercée par les dictatures d'Amérique latine des années 1980, Diego étant un opposant emprisonné "pour quelques mots qu'il pensait si fort".

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/johnny-hallyday/paroles-diego-libre-dans-sa-tete

 

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21 mai 2025 3 21 /05 /mai /2025 09:42
Des robots devenus fous...

 

"Une séquence a fait le tour du monde, celle d’un robot humanoïde qui est subitement devenu fou, dans une usine en Chine. Alors, que s’est-il réellement passé ?

 

Dans une usine chinoise, immobile et suspendu à un crochet, le robot humanoïde se met subitement à s’agiter, comme s’il voulait s’en prendre violemment à ses créateurs, les deux ingénieurs en charge de sa programmation. Après quelques secondes, ils sont parvenus à maîtriser la machine, plus de peur que de mal donc. Mais la vidéo a fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Il y a ceux qui en plaisantent :

"Je pense que ce robot ne veut pas aller travailler et qu'il préfère partir en vacances..." dit une jeune femme.

"Voici le teaser du prochain terminator".

 

Il y a ceux qui s'interrogent sur les dangers potentiels de ces humanoïdes :

"Voilà pourquoi je ne suis pas confiante avec les robots : ils vont nous remplacer et ce sera la fin du monde..."

 

Le robot incriminé, développé par une entreprise chinoise, est à la pointe de la technologie. Il est capable de mouvements ultrasophistiqués, par exemple un saut périlleux arrière. Le prix de vente sur Internet est d’un peu plus de 80 000 euros.  


Ce robot s’est distingué par le passé par des comportements en apparence violents. En février dernier, il semble vouloir s’en prendre à quelqu’un dans la foule. En réalité, d’après le fabricant, le robot aurait tout simplement trébuché.

 

Alors, faut-il craindre que les robots échappent au contrôle des humains ? Surtout au moment où les plus grandes armées du monde développent des machines pour tuer, dans le cadre de conflits armés.

 

"Le robot déroule simplement un programme qui finalement génère le comportement et le comportement du robot est complètement prédictible. Par contre, une erreur de programmation peut naturellement générer un comportement qui est celui-ci." explique un ingénieur en robotique.

 

Autre risque pointé par les experts : des cyberattaques qui permettraient à des hackers de prendre le contrôle du robot à distance à des fins malveillantes..."

 

C'est là tout le problème de ces nouveaux robots humanoïdes... saura-t-on vraiment se prémunir contre des cyberattaques ? Des risques graves sont à redouter...

 

 

Source :

https://www.franceinfo.fr/monde/chine/technologie-quand-les-robots-deviennent-fous_7253460.html

 

 

 

Des robots devenus fous...
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2 mai 2025 5 02 /05 /mai /2025 12:00
Au point du jour...

 

Encore une merveilleuse chanson dans le répertoire de Jean Ferrat, une chanson intitulée Au point du jour... une magnifique ode au matin qui se lève...

 

Le jour est personnifié dès le premier vers avec cette expression : "Encore un jour qui vient au monde", une naissance saluée comme celle d'un enfant... une naissance ponctuée par des sensations auditives, puis visuelles...

D'abord "le premier moteur qui gronde", puis "le premier enfant qui pleure", "la rumeur du point du jour" que le poète "écoute" : ce verbe restitue une attention portée à tous ces bruits qui caractérisent un début de journée... le poète célèbre ainsi la beauté et la poésie du quotidien à travers des scènes familières. Il nous laisse aussi entrevoir la douleur de la vie humaine avec les pleurs d'un enfant.

 

Les sensations visuelles qui suivent évoquent un matin d'hiver avec "la buée" que "quelqu'un efface sur la vitre du boulanger", avec "les arbres tout détrempés" et "les cheminées qui fument". Et là encore on constate une acuité dans cette attention portée au monde environnant... notamment avec ce geste entrevu sur "la vitre du boulanger".

 

Après ce regard sur l'extérieur, les yeux du poète se tournent vers l'intérieur du logis : 

"Je vois ma rose s'éveiller
ses yeux s'ouvrent sur l'oreiller
ils regardent la fin d'un rêve"

La jeune femme est assimilée à une rose grâce à une image pleine de beauté, d'autant que ses yeux sont soulignés et qu'ils sont encore emplis d'"un rêve": le poète nous convie ainsi à une scène intime pleine de douceur et de sensualité bien loin des bruits extérieurs de la ville...

L'image de la rose vient suggérer aussi traditionnellement toute la fragilité de la vie humaine, son caractère éphémère.

 

On assiste même au lever de la belle... au point du jour, ce qui fait naître un joli tableau plein de sensualité :

"Elle jette bas sa chemise
elle est nue comme une cerise
un rayon de soleil l'inonde
elle est la plus belle du monde"


Le soleil apparaît alors pour la première fois et vient éclairer la beauté rayonnante de la jeune femme... le superlatif vient traduire admiration, amour, tendresse...

 

Le dernier couplet élargit la scène... avec "la radio qui donne des nouvelles du monde" :

"quelque part la vie n' est pas belle
des bombes crient dans le lointain
défense de voir le matin
au point du jour"

Le contraste est saisissant entre la douceur du tableau précédent et l'évocation des nouvelles de la guerre diffusées par la radio avec "des bombes qui crient dans le lointain". La violence fait aussi partie de ce monde. Et certains sont malheureusement privés de ce point du jour, symbole d'espoir, de tendresse et de renouveau... On perçoit là toute la sensibilité du poète face aux malheurs du monde.

Et le poète en vient à éprouver "un peu de honte" de son propre bonheur... Mais l'espérance reste au coeur de la chanson avec ces vers :

"tandis que dans ma chambre monte
la bonne odeur de café noir
encore un jour, la vie, l'espoir
Le point du jour"

Une nouvelle sensation olfactive, cette fois, celle du café noir du matin vient réactiver l'espoir, le bonheur du jour qui recommence...

 

On aime la sensualité de cette chanson, où affleurent de nombreuses sensations associées au bonheur de vivre, et aussi la fragilité de ce bonheur et de la vie.

 

La mélodie emplie de douceur célèbre merveilleusement ce point du jour, avec un crescendo sur cette expression qui revient comme un refrain : "Au point du jour".

Pour mémoire : 

Le texte de cette chanson sortie en 1967 a été écrit par Henri Gougaud, la musique a été composée par Jean Ferrat.

 

Les paroles :

 

https://genius.com/Jean-ferrat-au-point-du-jour-lyrics

 

Un auteur à découvrir :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Gougaud

 

 

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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 12:11
Trump : le miroir de ce qu'est devenue l'Amérique...

L'argent roi, c'est d'abord ce que représente l'Amérique, la puissance de l'argent y est colossale, et c'est une politique du profit que mène Donald Trump.

Aucun Américain n’a autant utilisé la politique pour augmenter sa richesse personnelle que Donald Trump. Et au vu des millions de personnes prêtes aujourd’hui à acheter quoi que ce soit qui porte sa marque quel qu’en soit le prix, y compris des actions, sa réputation vaut des milliards.

 Trump est déjà le président américain le plus riche de l’histoire. Sa fortune familiale, estimée à 4,3 milliards de dollars par "Fortune" – dont un patrimoine immobilier évalué à 1,1 milliard, contre 570 millions lors de son élection en 2016 – n’a rien de commun avec celle de ses prédécesseurs républicains.

 

On sait aussi le drame que constitue la violence armée aux USA... La plupart des Américains ou des membres de leur famille ont été confrontés à des incidents de violence armée.

En graciant 1 500 émeutiers, Trump a légitimé la violence du 6 janvier 2021... L'assaut du Capitole des États-Unis à Washington le 6 janvier 2021, dans le contexte des contestations des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020, a causé cinq morts dont celle d'un policier.

Cette émeute a été provoquée par Donald Trump, le président sortant récemment battu aux élections, qui rejetait le résultat des suffrages. Elle est considérée comme une tentative de coup d'État.

Des milliers de sympathisants radicaux du président sortant Donald Trump se réunissent alors à son invitation pour "sauver l'Amérique".

 

La violence de Trump s'exerce aussi dans le domaine commercial...

En représailles aux droits de 25 % sur l’acier et l’aluminium imposés par Washington, la Commission européenne a annoncé qu’elle allait taxer une série de produits américains, à partir du 1ᵉʳ avril, une riposte "forte mais proportionnée".

Nouvelle menace de Donald Trump. Il envisage de taxer lourdement, très lourdement l’alcool français et européen. Une taxe douanière de… 200 % ! Cette taxe pourrait s’appliquer sur le champagne et le vin exportés de France et d’Europe vers les États-Unis.

Et que dire de l'hybris du président lors de son second mandat ? Il veut faire main basse sur le Canada, le Groenland, le Panama... pas moins !

 

"Beaucoup d'Américains considèrent qu'il y a une sorte d'exceptionnalisme de leur pays, et que cet exceptionnalisme fait qu'en fait ils se suffisent à eux-mêmes.", rappelle Hélène Harter, historienne, spécialiste de l'Amérique du Nord.

Trump va dans ce sens avec sa politique de taxes douanières : le président américain caresse le rêve d’États-Unis vivant totalement coupés du monde, autosuffisants dans tous les domaines. 

Hélène Harter précise : "André Kaspi a une phrase qui résume tout : "Les Etats-Unis, c'est grand !" Une façon de dire qu'il y a tellement de richesses à l'intérieur qu'on n'a pas besoin des autres, le contact avec les autres, cela dénature, d'une certaine manière, l'expérience américaine qui serait faite d'une pureté, d'une différence, cette idée très américaine qu'on ne veut pas être les Européens."

Avec Trump, cela va encore plus loin : il veut même annexe le Canada, le Groenland, Panama !

 

Sources :

https://information.tv5monde.com/international/donald-trump-et-les-milliardaires-le-roi-dollar-est-de-retour-washington-2749170

 

https://www.lepoint.fr/economie/le-delire-isolationniste-de-donald-trump-11-04-2025-2587061_28.php#xtmc=etats-unis-autosuffisance&xtnp=1&xtcr=1

 

Trump : le miroir de ce qu'est devenue l'Amérique...
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26 mars 2025 3 26 /03 /mars /2025 10:33
Réseaux sociaux : une civilisation de la haine...

 

Sur internet, sur les réseaux sociaux, les haines se déchaînent encore plus qu'ailleurs : c'est parfois le règne de l'ultra violence.

L'anonymat favorise ces comportements indignes, ainsi qu'une enivrante liberté d'expression... la haine, le racisme, le sexisme sans contrainte s'exacerbent.

 

J'ai moi-même reçu des messages haineux sur Agoravox, parfois même des messages qui ressemblaient à des menaces de mort, par exemple : "Vous méritez de mourir."

 

Comme l'écrit Philippe Bloch " Pour la première fois de l'histoire humaine, nous sommes tous sur un pied d'égalité quant à notre capacité à nous exprimer et à interagir avec les autres, dès lors que nous avons accès à un smartphone et à une connexion internet. Un immense progrès pour la démocratie. Mais aussi un grave danger potentiel, quand cette liberté s'exerce à visage et à identité masquées, ce qui est de plus en plus fréquent.

Car comment faire société aujourd'hui et trouver des repères collectifs quand chacun de nous se sent libre de décider et d'établir ce qui sépare le vrai du faux, le bien du mal, le beau du moche, le rationnel de l'irrationnel ?"

 

On ne peut que dénoncer, comme le fait Philippe Bloch, la lâcheté qui caractérise de plus en plus "l'Homo numericus".

Messages haineux concernant le physique, la sexualité, la couleur de peau, la religion, la foi, les croyances, un éventuel handicap... tout cela est inadmissible...

 

"Car chacun sait combien les mots peuvent être plus violents et plus destructeurs que les armes" rajoute Philippe Boch. Et notamment pour des adolescents...

On connaît des cas de suicides à la suite de harcèlement sur internet. Le harcèlement scolaire a toujours existé, mais le phénomène s'amplifie avec le développement d'internet, les réseaux dits sociaux, Facebook, tweeter...

 Le harcèlement fait intervenir un groupe qui se ligue contre une seule personne : il fait des dégâts considérables sur des adolescents fragiles, influençables...

Les insultes, les brimades, les vexations se répandent d'autant plus facilement qu'internet permet un anonymat confortable, derrière lequel certains se cachent pour humilier, dénigrer, diminuer autrui. 


Sur internet, les adultes devraient, eux-mêmes, éviter les insultes, les propos méprisants et malveillants. Quand des adultes donnent le mauvais exemple, c'est un comble !

Sur la toile, le sens de la responsabilité se délite, hélas !

La vie réelle n'est pas un jeu vidéo où tous les coups sont permis..

 

 

 

Réseaux sociaux : une civilisation de la haine...
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14 mars 2025 5 14 /03 /mars /2025 12:53
Les belles étrangères qui vont aux corridas...

 

Une chanson qui évoque la corrida, toute en nuances... une chanson interprétée par Jean Ferrat...

La mélodie joyeuse nous entraîne, dès le début, dans l'ambiance festive d'une corrida... un sifflet empli de gaieté, d'enthousiasme ouvre la chanson.

 

Le regard se porte alors sur "Les belles étrangères Qui vont aux corridas", une vision idyllique d'un spectacle qui attire un public de choix, des femmes venues sans doute de loin pour assister à la corrida, des femmes riches puisque le regard s'attarde aussi sur "leur chapeau huppé". La corrida est ainsi associée à la beauté, à la musique, elle est aussi présentée comme un loisir pour touristes riches.

On  voit même ces belles étrangères "se pâmer d'aise devant la muleta", une expression très forte, une hyperbole qui traduit un ravissement infini, une admiration sans bornes.

 

Et, pourtant, la fin du premier couplet révèle une autre réalité : soudain, ces belles étrangères "Ont le teint qui s'altère À l'heure de l'épée".

Sous les apparences festives, elles découvrent l'horreur de la corrida simplement suggérée par l'évocation de l'épée destinée à tuer le taureau... tout un art de la suggestion !

 

Et soudain, on entend une voix qui pourrait être celle d'un défenseur et d'un amateur de la corrida, qui se moque de la sensibilité des détracteurs de ce spectacle : 

"Allons, laissez-moi rire
On chasse on tue on mange
On taille dans le cuir
Des chaussures, on s'arrange"

L'emploi du pronom indéfini "on" suggère que tous les hommes s'accommodent bien de la mort des animaux, dans d'autres circonstances : la chasse, la nourriture, l'utilisation du cuir...

Et l'évocation des "abattoirs" vient compléter cet argumentaire, d'autant que les boeufs y sont "traînés"... et alors "La mort ne vaut guère mieux Qu'aux arènes le soir"...

 

Mais le regard se porte à nouveau sur les belles étrangères, alors que "montent les clameurs de la foule"... on retrouve une ambiance festive et voilà que ces étrangères "se lèvent les premières En se tenant le coeur..."

Le coeur symbole qui représente traditionnellement le centre des émotions, de l'affectivité est évoqué pour mettre en évidence le trouble produit par le spectacle qui se déroule dans les arènes.

Et dès lors, plus question pour elles de rêver  au plus célèbre des toreros, Ordóñez.

 

Et voici que s'élève, cette fois, la voix d'un opposant à la corrida, répondant à l'amateur de ce spectacle... on retrouve la même formule de dérision au début :

"Allons laissez-moi rire
Quand le toro s'avance
Ce n'est pas par plaisir
Que le torero danse"

Cet opposant fustige le principe même de la corrida : le danger, la mort érigés en spectacle de "danse".

L'explication qui est donnée de cet engouement pour la corrida, c'est qu'elle a une dimension sociale : en Espagne, on envoie des enfants risquer leur vie dans les arènes pour essayer d'échapper à la misère...

Le choix qui leur est donné se résume alors à cette alternative scandaleuse : "La faim ou le toro".

 

Dans les derniers vers, on voit "Les belles étrangères Quitter leur banc de pierre Au milieu du combat".

On perçoit là tout un art du sous entendu : elles ne peuvent supporter la violence et l'horreur de ce spectacle sanguinolent et elles quittent les arènes.

Le narrateur ne décrit pas l'horreur de ce spectacle mais en suggère ainsi d'autant mieux toute la brutalité et l'ignominie...

Et comment ne pas voir une note d'humour dans cette qualification appliquée aux belles étrangères : "Végétariennes ou pas" ?

C'est là comme un écho contre les arguments des défenseurs de la corrida qui se moquent de la sensibilité des anti corridas...

Sans être végétarien, on peut percevoir l'horreur de ce spectacle où la mort est longuement préparée et mise en scène...

 

La mélodie emplie de gaieté nous transporte dans l'ambiance d'une corrida, mais elle se ralentit et s'interrompt même lors de l'évocation de la mort dans les arènes et lors du rappel de la misère sociale qui pousse le torero à combattre des toros.

 

Magnifique chanson qui met en évidence le fait que, sous des apparences clinquantes (beauté, richesse, musique) se cachent la mort, la peur, l'horreur, la misère de la corrida...

 

Pour mémoire : 

Les paroles de cette chanson sortie en 1965 ont été écrites par Michelle Senlis, la musique composée par Jean Ferrat.

 

Les paroles : 

https://genius.com/Jean-ferrat-les-belles-etrangeres-lyrics

 

Vidéo :

https://youtu.be/Gf-UmwOAHpE?si=isopkn1OqjXO52-_

 

D'autres chansons sur la corrida : 

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/ces-chansons-qui-font-l-actu/ces-chansons-qui-font-l-actu-le-taureau-ou-le-torero-de-quel-cote-est-la-chanson_4366563.html

 

 Et d'autres belles chansons de Ferrat :

 

https://rosemar.over-blog.com/search/ferrat/

 

 

https://rosemar.over-blog.com/2016/09/pourtant-que-la-montagne-est-belle.html

 

https://rosemar.over-blog.com/2016/03/vos-siecles-d-infini-servage-pesent-encore-lourd-sur-la-terre.html

https://rosemar.over-blog.com/2018/01/je-n-en-finirai-pas-d-ecrire-ta-chanson-ma-france.html

 

https://rosemar.over-blog.com/2020/03/deux-branches-de-tilleul-entrent-par-la-fenetre.html

 

https://rosemar.over-blog.com/article-les-saisons-122821567.html

 

https://rosemar.over-blog.com/article-j-ai-froid-114968871.html

 

https://rosemar.over-blog.com/2024/11/l-amour-est-cerise.html

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12 mars 2025 3 12 /03 /mars /2025 10:40
Nous commençons à être hybridés avec des machines...

 

Un début d'hybridation : c'est le constat que fait Raphaël Gaillard dans son ouvrage, L'homme augmenté...

Nos smartphones ne nous quittent plus : ils nous accompagnent dans nos déplacements, et il nous est difficile de nous en passer... Ils deviennent notre mémoire : nous y stockons tous nos numéros de téléphone, et nous perdons ainsi l'habitude d'utiliser notre propre mémoire...

 

De plus en plus, on voit des jeunes, dans la rue, leur portable à la main... certains marchent même en le consultant, au risque d'avoir un accident...

Le smartphone devient le prolongement de leur corps, de leur bras, de leur main, de leur cerveau...

Des objets qui font partie de nous-mêmes. Qui peut se passer maintenant d'un portable ?

On voit même des gens dans la rue qui semblent parler tout seuls... la miniaturisation des oreillettes nous donnent cette impression.

 

Désormais, la plupart des adolescents possèdent un téléphone portable... qui ne leur sert plus à téléphoner.

Cet objet semble avoir perdu parfois sa fonction première : il devient appareil-photo, ordinateur, téléviseur, baladeur pour écouter de la musique.

Il devient outil de divertissement, où l'adolescent capte essentiellement des images, de la musique.

 

Bien sûr, cet outil permet d'accéder à toutes sortes de connaissances, il peut favoriser aussi la création, l'imagination.

 

Mais il comporte des risques et on en voit déjà les effets...

L'attention se disperse, elle ne peut pas se maintenir au delà de quelques secondes devant ce flot d'images qui se renouvellent... Les messages se réduisent comme peau de chagrin, avec l'usage des SMS... La communication s'atrophie.

La mémoire elle aussi devient superflue puisqu'on trouve tout sur la mémoire illimitée du Web.

Le vocabulaire s'appauvrit ainsi que la syntaxe... et quand le langage s'appauvrit, on peut redouter que la pensée elle-même soit fortement limitée.

Et n'oublions pas les effets émotionnels de ces outils : 

On connaît ces cas de suicides d'adolescents harcelés sur internet par des messages liés à la dépression, au suicide.

Internet peut créer aussi des frustrations, des envies face à l'opulence qu'affichent certains internautes...

Et la connexion à une multitude d'amis (ce terme est-il vraiment adapté ?) rend l'adolescent encore plus vulnérable à leur jugement.

On peut redouter encore les effets de bulle créés par les réseaux sociaux...

Et que dire de la violence des propos favorisée par l'anonymat ?

 

Ainsi, au bout du compte, l'homme augmenté court le risque d'être, en fait, diminué...

 

 

Source :

 

https://www.babelio.com/livres/Gaillard-Lhomme-augmente/1589806

Nous commençons à être hybridés avec des machines...
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10 mars 2025 1 10 /03 /mars /2025 13:10
Donald Trump : les mots (et les maux) du fascisme...

Olivier Manonni a publié en 2022 : Traduire Hitler, et en octobre dernier Coulée brune. Comment le fascisme inonde notre langue.

Il était l'invité de France Culture lors de l'émission Questions du soir, le débat...

 Olivier Manonni : "Je me suis aperçu qu'aux Etats-Unis, notamment dans les discours de campagne de Donald Trump, revenaient des phrases que j'avais traduites dans Mein Kampf et qui revenaient littéralement... ce n'étaient même plus des analogies, c'étaient des phrases qui sortaient de ce livre épouvantable, que j'ai essayé de faire ressortir dans le contexte. Une phrase isolée ne veut absolument rien dire, mais quand elles sont trois, quatre ou cinq et quand elles correspondent à un certain nombre d'idées qui sont propagées par un responsable, on peut commencer à se poser des questions..."

 

"Est-ce que Trump a quelque chose d'Hitler ?" interroge alors le journaliste.

Olivier Manonni : "Quelque chose d'Hitler, je n'irai pas jusque là. C'est plus complexe que cela. Ce que je sais, c'est que dans son langage s'est imposée, au fil du temps, une terminologie qui est directement celle d'extrême droite fascisante et depuis peu de temps, depuis quelques mois, une terminologie qui vient directement du nazisme.

J'en donne des exemples dans mon livre : parler de migrants comme d'animaux, dire qu'ils vont contaminer le sang des Etats-Unis, ce sont des expressions qui sortent directement de la phraséologie nazie et des termes utilisés dans Mein Kampf.

La question que je me pose, c'est dans quel but il fait ça et surtout qui l'incite à le faire, parce que je doute très fortement que Donald Trump ait lu Mein Kampf... et aussi qu'est-ce que cela veut dire concrètement.

Et quand on aligne ces citations avec les actes qu'il a accomplis ou qu'il veut accomplir, on arrive tout de même à un tableau très inquiétant.

Il y a six mois quand mon livre est sorti, les gens me disaient : "Mais vous dites n'importe quoi..." Aujourd'hui, il est quand même près d'envahir le Panama, le Groenland et le Canada. C'est quand même des éléments qui, avec ce langage là derrière, peuvent poser de très sérieuses questions sur ses intentions...

C'est quelqu'un qui en général exprime ce qu'il veut faire. La présence de ces traces très nombreuses, maintenant, de langage fasciste ou nazi dans son discours et les actes qui suivent sont, pour moi, très inquiétants...

"Nous ne sommes pas dans des structures de pouvoir comparables sur un parti unique, les SA, les SS, etc... mais il y avait un charisme de Hitler et il y a aussi un charisme de Trump, c'est ça qui est le plus troublant." complète Olivier Wieviorka, autre invité de l'émission.

Un discours de Trump est ensuite diffusé pour analyse : "Avec votre aide, votre amour et votre vote, nous ferons passer l'Amérique en premier... nous vous promettons d'éradiquer les communistes, les marxistes, les fascistes et les voyous de la gauche radicale qui vivent comme de la vermine dans les confins de notre pays, qui mentent, volent et trichent lors des élections et qui feront tout ce qui est possible, légalement ou illégalement pour détruire l'Amérique et le rêve américain."

Pour Olivier Manonni, c'est "un texte absolument terrifiant... d'abord, ce terme de l'Amérique au dessus de tout, c'est un écho d'un extrait de l'hymne allemand que les nazis avaient porté au pinacle, c'est le premier point.

Deuxième point : dans ce que dit Trump, au delà de la violence extrême de ce qu'il dit, il traite ses adversaires, pas des ennemis, de vermines et quand il parle de cela, il utilise deux mots que je connais très bien : en anglais, il dit "éradiquer", c'est le calque du mot allemand qui était un des euphémismes utilisés par des nazis pour parler de l'extermination des juifs. Le terme de "vermine" sort aussi directement de la phraséologie nazie.

Donc, outre la violence, cela fait partie de ces très nombreuses influences qui remontent de cette période qu'on décèle dans les textes, dans les discours de Donald Trump.

Tout cela est profondément pensé, par exemple, par quelqu'un comme Steve Bannon. Et il y a aussi les dérapages gestuels : on a ce geste qu'a fait Elon Musk qui était à mon avis sans aucune espèce de doute un salut nazi, destiné à ses partisans, puis le geste de Steve Bannon qui a récidivé pendant le congrès des conservateurs...

On lit de plus en plus sur les réseaux sociaux cette phrase : "Finalement Hitler, il a fait du travail."

Ils utilisent cette phraséologie pour s'ouvrir les portes d'un pouvoir absolu. Ce n'est pas un retour du nazisme mais je pense qu'on utilise ces courants qui sont extrêmement dangereux pour justifier des choses qui, à terme, vont aussi pouvoir être abominables : on parle quand même d'expulser 11 millions de personnes des Etats-Unis, on parle de déporter 2 millions de Gazaouis hors de leur pays pour les mettre on ne sait où. On est, dans les faits annoncés, dans des choses d'une violence qui ne se limite pas du tout aux mots...

Hyperpersonnalisation du pouvoir, pouvoir très autoritaire... si ce n'est pas du fascisme, disons que ça y ressemble beaucoup..." rajoute Olivier Mannoni.

 

 

Source :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-le-debat/1938-2025-est-il-sense-de-comparer-les-deux-periodes-8301730

 

 

 

Donald Trump : les mots (et les maux) du fascisme...
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3 mars 2025 1 03 /03 /mars /2025 12:45
Ils ont organisé une humiliation publique...

 

Ils ont organisé une humiliation publique pour le président Ukrainien, Volodymyr Zelensky : dans le bureau ovale, tout commence par une question d'un journaliste, membre de la chaîne d’extrême droite « Real America’s voice », sur la tenue vestimentaire du Président ukrainien : 

"Pourquoi vous ne portez pas de costume ? Vous êtes dans le bureau le plus important de ce pays et vous refusez de porter un costume. Est-ce que vous possédez un costume ?"

Et il enchaîne : "Beaucoup d'Américains ont des problèmes avec le fait que vous manquiez de respect à ce bureau..."

 

Manque de respect ! On a vu cette thématique revenir inlassablement lors de l'entretien entre Volodymyr Zelensky, Donald Trump et JD Vance dans le bureau ovale...

 

Une leçon de respect donné à Zelensky comme s'il était un petit garçon à qui il faudrait faire la morale !

 

Mais, en l'occurrence, la réponse du président ukrainien a été remplie de dignité et de modestie : "Je porterai un costume quand cette guerre sera terminée... Peut-être quelque chose comme le vôtre, oui. Peut-être quelque chose de mieux. Je ne sais pas..." provoquant ainsi les rires de l'assistance.

"Nous verrons... peut-être quelque chose de moins cher... Merci !" ajoute-t-il.

 

Et la suite de l'entretien sera à l'identique.

Trump reproche à Volodymyr Zelensky de ne pas dire merci, de manquer de gratitude...

Trump assène : "Il va être très difficile de faire des affaires comme ça. Encore une fois, dites simplement merci."
Volodymyr Zelensky répond : "J’ai exprimé à maintes reprises ma gratitude au peuple américain."

Encore une fois, Volodymyr Zelensky est sermonné comme s'il était un petit garçon pris en faute !

En l'occurrence, qui manque de respect ?

La rencontre dans le bureau ovale a tourné au pugilat, entre violence, férocité et intimidations, d'autant que Donald Trump était secondé par son vice-président JD Vance dans cette entreprise d'humiliation et de déstabilisation...

Depuis le début de son mandat, Donald Trump ne cesse ainsi de créer des polémiques, attirant sans cesse l'attention sur lui : il avait, par exemple, traité Zelensky de "dictateur sans élections..."

Puis, il s'est rétracté quand un journaliste lui a posé cette question : "Pensez-vous toujours que M. Zelensky est un dictateur ?"

"J'ai dit ça ? Je ne peux pas croire que j'ai dit ça ? Question suivante..." avait-il rétorqué.

 

Plus aucune responsabilité, plus aucune éthique dans la parole d'un Président du plus  puissant état de la planète... C'est très inquiétant...

 

 

 

https://www.marianne.net/monde/geopolitique/menaces-ordres-et-intimidations-le-texte-integral-de-l-echange-entre-trump-vance-et-zelensky

 

https://www.huffingtonpost.fr/international/article/cette-declaration-du-kremlin-sonne-comme-un-remerciement-envers-trump_246894.html

 

 

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12 février 2025 3 12 /02 /février /2025 10:42
La liberté de tout dire selon Elon Musk...

 

Pour Elon Musk, la liberté d'expression est sacrée : on peut tout dire, absolument tout et même n'importe quoi !

Plus aucune censure sur les réseaux sociaux : on peut alors insulter, injurier, diffamer, tenir des propos ouvertement racistes, ou encore refaire l'histoire, par exemple nier l'existence de la Shoah ?

Les réseaux sociaux sont souvent des déversoirs de haine, mais selon Elon Musk, aucune limite n'est nécessaire... On connaît maintenant les dangers des réseaux sociaux : addictions, manipulations, harcèlement, suicides... et les victimes sont le plus souvent des jeunes, des adolescents...

Or, les limites sont indispensables dans de nombreux domaines : c'est la thèse que défendent Monique Atlan et Roger-Pol Droit dans leur ouvrage intitulé Le sens des limites...

 

Il est bon de rappeler à cette occasion cette maxime fondamentale de la sagesse grecque antique : "Méden agan, rien de trop"
Cette formule grecque ΜΗΔΕΝ ΑΓΑΝ (Méden Agan) était l’une des maximes inscrites sur le fronton du temple de Delphes.

Ce sens de la mesure condamnant l’excès que les Grecs appelaient hybris (démesure), est une attitude que nous avons souvent tendance à oublier complètement, comme le démontrent Monique Atlan et Roger-Pol Droit.

 

Dans nos sociétés de consommation débridée, nous n'avons plus de limites, nous sommes constamment dans la démesure.

Plus de limite à la consommation, à la vitesse, plus de limite à la production, plus de limite aux gaspillages, aux innovations, etc.

"Il faut faire l'éloge de l'interdit. Nous avons tant pris l'habitude de croire que "vivre sans temps mort et jouir sans entraves" était un but suprême, le pli s'est tellement pris de considérer les interdits comme arbitraires, conventionnels, voire absurdes... que nous avons fini par oublier complètement combien la limite -celle qui dit non, exclut et ne transige pas- possède une indispensable fonction de structuration." écrivent Monique Atlan et Roger-Pol Droit.

Et ils rajoutent : "En séparant permis et interdit, licite et illicite, faisable et infaisable, la limite interdictrice organise le monde. Elle élabore la vie, la pensée et les gestes. Elle aménage selon sa règle la sexualité, l'alimentation, l'hygiène, les travaux et les jours, les relations entre sexes, entre puissants et démunis, parents et enfants... La maxime "Tout n'est pas permis" est la condition première pour qu'un système fonctionne- qu'il s'agisse des relations de parenté, des fondements de la morale, des règles de la vie commune."

 

"Nous avons tenté de mettre en relief la nécessité vitale de la limite, sa fonction décisive pour le fonctionnement d'une société, d'une civilisation. Une nécessité à laquelle nous devons nous soumettre, pour faire société, pour entrer en relation avec les autres... La limite appartient au monde adulte, et devrait en être la marque. C'est à ce titre qu'elle devrait être reconnue." précisent encore les deux auteurs.

Et ils rajoutent encore : "Bien entendu, on peut et doit abolir des censures, laisser dire, laisser faire. Mais à la condition impérative, que des limites soient posées... Sans limites, pas d'autres, pas d'éthique, pas de tolérance."

 

Alors, le règne de l'insulte, le règne de la force, de la puissance de l'argent, la quête de performance, de profits, de domination : ce sont là des constantes qui caractérisent Donald Trump et Elon Musk... ils n'ont pas de limite et c'est dangereux.

 

Sources :

 

https://www.babelio.com/livres/Droit-Le-sens-des-limites/1304724

 

https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20220426-elon-musk-et-twitter-la-libert%C3%A9-d-expression-absolue-%C3%A0-g%C3%A9om%C3%A9trie-variable

 

https://www.tiktok.com/@chloe.ridel/video/7458272225825688854

 

 

La liberté de tout dire selon Elon Musk...
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