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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 15:16
Quand Windows 10 s'empare de nos ordinateurs...

 

 

Le nouveau système d'exploitation appelé Windows 10 est, indubitablement, imposé aux utilisateurs d'internet.

C'est comme si on ne pouvait pas y échapper : encore "un progrès" auquel il faut se soumettre, de gré ou de force.

Pour ma part, je disposais, il y a peu, d'un ordinateur sous windows 7, mais soudain, de nombreux messages d'alerte ont déferlé sur mon PC pour m'inciter à changer de système : un véritable harcèlement publicitaire !

Pendant des mois, j'ai résisté à ces sollicitations incessantes, me méfiant de ces méthodes. Une véritable offensive et un matraquage publicitaire indécent !

Puis, un jour, j'ai reçu un autre message très ambigu, où l'on me proposait de programmer une installation de windows 10 : maladroitement, j'ai cliqué sur une case et la programmation a été enregistrée, sans que je l'aie vraiment décidée.

 

Quelques jours plus tard, mon ordinateur s'est mis à télécharger ce nouveau système : impossible de l'arrêter et d'empêcher le processus.

 

Le lendemain, plusieurs fonctionnalités avaient disparu : mon imprimante n'était plus disponible, je n'avais plus accès sur Google à certains sites, notamment ma boîte mail.

Il me fallait utiliser Mozilla Firefox pour retrouver ces sites, bref, mon ordinateur était complètement chamboulé.

Quelques jours après, j'ai pu récupérer Google, mais toujours pas mon imprimante.

 

Ainsi, Microsoft nous contraint à adopter un système dont on connaît, maintenant, les défauts : Microsoft se livre à une collecte massive de données, traçant les utilisateurs et leur vie privée.

La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, la CNIL a mis en demeure Microsoft, ce jeudi 20 juillet, de "cesser la collecte excessive de données et le suivi de navigation des utilisateurs sans leur consentement".

Un voeu pieux, sans doute ! Car Microsoft semble avoir la main mise sur internet et sur nos ordinateurs.

 

On imagine comment peuvent être exploitées toutes ces données : publicités ciblées, par exemple, en fonction du profil de l'utilisateur.

 

Dans tous les cas, les méthodes utilisées par Microsoft sont indignes : finalement, nous n'avons plus vraiment la possibilité de choisir le système d'exploitation qui nous convient.

Il nous faut suivre les évolutions et les "progrès", de gré ou de force.

 

Il est, d'ailleurs, probable que, bientôt, un nouveau système d'exploitation verra le jour et qu'il nous sera à nouveau imposé.

 

De la même façon qu'on nous oblige à posséder un téléphone portable, on nous vend toutes sortes de produits que l'on nous "inflige"

.

Certes, le système Windows 10 que j'utilise maintenant est attrayant et performant, mais on aimerait avoir la possibilité de choisir et j'ai de plus en plus l'impression que de nombreuses nouveautés nous sont, ainsi, imposées.

 

Ainsi, s'établit le règne de BIG BROTHER : un monde où nos moindres faits et gestes sont épiés, à des fins mercantiles ou peut-être dans des buts plus pervers que nous ne connaissons pas encore.

 

 

 

Quand Windows 10 s'empare de nos ordinateurs...
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 12:04
Les grands lézards chauds des feux du midi...

 

 

Pour le plaisir des mots : le lézard !


"Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
 Dans l'air lourd, immobile et saturé de mouches,
 Pendent, et, s'enroulant en bas parmi les souches,
 Bercent le perroquet splendide et querelleur,
 L'araignée au dos jaune et les singes farouches.
 C'est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
 Le long des vieux troncs morts à l'écorce moussue,
 Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
 Il va, frottant ses reins musculeux qu'il bossue ;
 Et, du mufle béant par la soif alourdi,
 Un souffle rauque et bref, d'une brusque secousse,
 Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
 Dont la fuite étincelle à travers l'herbe rousse.
 En un creux du bois sombre interdit au soleil
 Il s'affaisse, allongé sur quelque roche plate ;"
 


C'est ainsi que Leconte de Lisle évoque le jaguar, sa silhouette sombre et imposante qui fait fuir soudainement les lézards, dans un poème intitulé Rêve de jaguar...


Le lézard nous fait admirer ses formes sinueuses, au coeur de l'été : un corps fuselé et marqueté de marbrures et de motifs variés....

Le lézard surgit soudain d'une roche et nous surprend par sa rapidité ét sa vivacité car il est prompt à s'évanouir, aussi vite qu'il est apparu...

Beau reptile qu'on aimerait observer plus longuement, belle marqueterie de fins réseaux entrelacés...

Le mot aux sonorités de sifflante "z", de gutturale "r" semble montrer à la fois beauté et inquiétude, douceur et rudesse.

Le lézard évoque des animaux primitifs et lointains, des monstres originels qui fascinent et terrorisent.

Le lézard, un mur qui se lézarde, un mur en ruines qui s'écroule...

Le lézard suggère aussi cette menace, cette déchirure...

Le mot fait surgir les chaleurs lourdes de l'été, lorsqu'on aperçoit, au détour d'un chemin, sa longue silhouette, ses mouvements vifs, sa cambrure élégante.

Vision fugitive, éclats de lumières sous le soleil accablant de Provence, alors que les cigales répercutent leurs voix redoublées et intenses sur les paysages...

Vision éblouissante qui s'évanouit...

Ombre légère sur les pierres, le lézard fugitif laisse les empreintes de son image : des teintes de gris, de verts, des fuseaux subtils qui ondoient et disparaissent.

Il s'attarde, parfois, sur les murs embrasés des feux de l'été : il se laisse dorer par le soleil, devient bijou de lumières.

Le mot "lézard", venu du latin "lacertus" a des origines anciennes. Le poète Virgile utilise ce nom dans les Bucoliques : on voit, ainsi, dans un extrait de cet ouvrage, un lézard rechercher l'ombre des ronces pour échapper à la lourde chaleur qui enflamme les paysages....

Le lézard est associé au sud, à la Méditerranée, il aime les éboulis de pierres, les calanques.


Le lézard nous séduit par ses formes, ses couleurs, ses danses ondoyantes et légères, ses mosaïques surprenantes.





 

Les grands lézards chauds des feux du midi...
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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 13:10
Blue Jasmine, un miroir de notre société...

 

 



Les films de Woody Allen sont souvent verbeux, les personnages s'y expriment abondamment, comme si la parole était un exutoire aux malheurs de ce monde...


L'héroïne de Blue Jasmine, incarnée par Kate Blanchett est de cette veine : dès la première scène du film, on la voit, dans un avion, parler à une inconnue, racontant sa vie, sa rencontre avec son mari, dans un flot ininterrompu de paroles.

Notre monde n'est-il pas celui du verbe triomphant ? Les êtres humains veulent de plus en plus une forme de reconnaissance qui passe par la parole écrite ou verbale...

Sur internet, sur Facebook, sur Tweeter, la parole est permanente, elle déborde, parfois, dans un flux incontrôlé...


Le film de Woody Allen met en scène une femme déchue qui a connu un passé frivole, fait de mondanités, de luxe facile, d'illusions...

Une vie factice, où la réflexion n'avait pas sa place, une vie, sans intérêt, sans profondeur...


Mariée à un homme d'affaires véreux, Jasmine a vécu, dans l'ombre de ce mari, sans même voir ses nombreuses infidélités, ou refusant peut-être de les voir, pour conserver un confort de vie agréable.

La lâcheté, l'aveuglement de Jasmine, le manque de réflexion, des défauts très humains, souvent fustigés par des satiristes, sont au centre de ce film.


Après l'arrestation de son mari, qu'elle a provoquée, par vengeance, l'héroïne sombre dans le marasme et la dépression, elle quitte New York pour aller se réfugier chez sa soeur, à San Francisco.

Woody Allen joue, alors, du contraste entre ces deux soeurs, l'une grande bourgeoise, blonde, aux allures de déesse, l'autre, simple fille du peuple, brunette, au physique plus terne et plus effacé...


Ce contraste quelque peu simpliste n'est pas la meilleure trouvaille de ce film.

La satire, et le message délivré sont plus intéressants, même si on peut voir un certain manque de réalisme dans l'arrestation du mari de Jasmine, cet homme d'affaire véreux : dans la réalité, le mari de Jasmine, homme d'influence pourrait, sans doute, échapper à la justice, grâce à son argent, ses appuis...


Mais la satire et le message délivré sont plus intéressants : l'univers factice dans lequel vivent certains êtres humains, entourés d'un luxe éhonté, de distractions tapageuses et coûteuses, paraît insensé, absurde, face à la misère du monde.


Ces gens en oublient la réalité, sont hors du monde.

Ces gens très riches, trop riches construisent leur fortune sur des malversations, n'hésitant pas, au passage, à anéantir la vie des autres.

Vivant dans le mensonge, la tromperie permanente, ils n'ont pas accès à un vrai bonheur...


Ce bonheur fait de pacotilles, de bling-bling, de faux-semblants est, au fond, assez pitoyable, et ne peut satisfaire personne : la morale s'efface, n'a plus sa place dans un tel univers, et les plaisirs simples, ordinaires ne sont même plus accessibles à ces nantis. 


L'héroïne du film Jasmine vit dans un mensonge permanent et quand elle rencontre une nouvelle possibilité de bonheur, avec un autre homme, elle retombe dans ses travers : le mensonge et la duplicité... Elle ne pourra reconstruire un avenir heureux.

Belle dénonciation du monde de la finance, ce film de Woody Allen nous invite à réfléchir sur le sens de la vie et sur les apparences : le vrai  bonheur est constitué d'efforts, de labeur et de plaisirs simples, il ne peut s'accommoder de compromissions.


 


 

 

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 10:24
Attentat de Nice : la grande curée verbale a commencé...

 

 

 

Les morts sont à peine tombés, les victimes n'ont même pas encore été identifiées, et les hypothèses les plus farfelues sur les attentats de Nice circulent, déjà, sur la toile !

Chacun y va de ses solutions, de ses certitudes, sans attendre la suite de l'enquête.

 

Un peu de pudeur et de retenue seraient les bienvenues !

 

Certains affirment à grands cris qu'il ne peut s'agir d'un attentat terroriste : "c'est l'oeuvre d'un fou, d'un désaxé, d'un paumé, en instance de divorce !"

 

Comment expliquer, dès lors, la préméditation, puisque ce massacre a été préparé longtemps à l'avance ?

Comment expliquer la date du 14 juillet, un symbole fort, notre fête nationale qui représente, pour tous les français, la fête de la  liberté, le refus d'un pouvoir arbitraire ?

Cette date n'a sûrement pas été choisie, par hasard : c'est une façon de frapper la France dans ses fondements les plus forts.

Une façon de contester des valeurs qui, pour nous, sont essentielles...

Cet attentat vient même d'être revendiqué par Daesh : est-ce une récupération ? On peut en douter, car les revendications de cette organisation terroriste sont, en général, fiables.

 

La liberté ! Elle est accordée à chacun, dans ce pays, et chacun a le droit d'exprimer ce qu'il pense.

La liberté, un bien précieux dont on oublie toute la valeur !

La culture, aussi, notre culture que beaucoup s'appliquent à dénigrer !

 

Il s'agit, bien sûr, de clouer au pilori le gouvernement en place qui utiliserait cet attentat pour maintenir l'état d'urgence.

Il s'agit de détruire toutes les institutions, de les mettre à bas.

Les théories du complot se propagent, et sont favorisées par toutes sortes de publications sur internet.

Les insultes, les propos arrogants pleuvent, chacun déverse sa haine, son mépris, ses rancoeurs.

Chacun y va de sa diatribe, au lieu de se livrer à une réflexion sereine et pondérée.

Chacun prétend détenir la vérité, la sienne.

Les victimes des attentats, leurs familles sont en droit d'attendre un minimum de respect et de décence.

Leur colère, leur désarroi sont légitimes.

 

Mais on assiste, sur internet, à un déferlement de violences verbales inouies, et c'est comme si la violence entraînait la violence, comme si elle exerçait une sorte de fascination sur des lecteurs toujours plus avides de sensations.

La grossièreté, l'insulte sont aussi des formes de violences modernes, et sur la toile, il n'est pas rare de voir ce déchaînement et ce défoulement d'injures.

 

L'heure est au "défouloir" , à la grande braderie verbale, au grand déballage d'idées lancées dans le vide, au hasard.

La grande curée verbale a commencé et elle n'est pas près de s'arrêter !

 

 

 

 

 

 

Attentat de Nice : la grande curée verbale a commencé...
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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 12:10
L'arbre aux reflets...

 

 

Bois, ombres, lumières !

L'arbre, sur le canal, est habité de reflets ondoyants de lumières... penché sur l'eau, il s'abreuve de ces doux éclats qui le parcourent.

 

Il frémit de ces transparences d'eau qu'il reflète et répercute...

 

Les feuilles, les branches s'illuminent de ces vagues de clartés soudaines et fugitives.

L'arbre vit de ces enluminures subtiles, il s'anime, devient arbre de fête, il se pare d'argent...

 

Il rayonne et devient, lui-même, eau miroitante, agitée de frissons.

Il devient fluidité, ondoyances, source de lumières.

Le tronc, le feuillage ruissellent d'éclats.

 

Arbre magique et mytérieux ! L'arbre se peuple de nymphes, dryades, hamadryades, alséïdes.

 

Le marronnier se peuple de sylphes légers, aux tulles ondoyants.

Le tronc sombre se pare de cannetilles, les feuilles s'embrasent de lumières, comme si des déesses, au visage d'or, avaient surgi de l'onde.

Naïades sur l'arbre qui s'en emparent !

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 16:03
I give her all my love...

 

 



L'amour a souvent inspiré les poètes : Ronsard, Gérard de Nerval, Victor Hugo, Verlaine, Aragon ont écrit leurs plus beaux textes sur ce thème éternel...


Parfois, c'est la simplicité évidente d'une chanson d'amour qui nous touche et nous émeut : un texte des Beatles "And I love her" restitue et traduit, ainsi, un amour limpide, plein d'évidence.

Le poème s'ouvre sur une offrande, avec le verbe "donner" : "I give her all my love".

Et cet amour semble suffire à combler toute une vie : "that's all i do". On perçoit, là, une plénitude, un absolu, grâce à l'emploi de ce pronom "all", "tout"... 


La subordonnée de condition qui suit : "If you saw my love" traduit une volonté de partager cet amour démesuré... Le poète, en utilisant la deuxième personne, semble vouloir communiquer à tous des sentiments si tendres.

Le verbe "give", "donner" revient comme un partage, puisque c'est la jeune fille qui en devient, ensuite, le sujet... Ce verbe est doublé et complété par un autre verbe de sens proche, répété à deux reprises : "to bring, apporter"

Le vocabulaire affectif souligne les propos "tenderly, kiss", "tendrement, baiser..."

L'évocation du ciel noir, des étoiles brillantes immuables souligne aussi cet amour sans faille, des images, certes conventionnelles, mais pleines d'harmonie et de simplicité...

L'adverbe "never"vient encore mettre en valeur une idée d'absolu : 

"A love like ours
 Could never die..."

Le refrain réitéré en fin de strophe "and i love her", suggère la permanence de cet amour.
 

La mélodie pleine de douceur complète le texte et le rythme d'une empreinte délicate et tendre...

Le mot "love" repris plusieurs fois, sous une forme verbale ou nominale souligne cette émouvante déclaration.

La simplicité du vocabulaire, de la syntaxe traduit une évidence, et l'on est sensible au charme de cette chanson.

Le pronom personnel "her" est mis en valeur par une prononciation prolongée et insistante, comme pour magnifier la jeune femme et en montrer toue l'importance.

La guitare qui accompagne ce morceau égrène des sons pleins de clarté et de limpidité...


Essentiellement écrite par Paul McCartney, cette chanson a été publiée le 10 juillet 1964 dans l'album A Hard Day's Night.



 

Le texte :


I give her all my love
 That's all I do
 And if you saw my love
 You'd love her too
 I love her


She gives me everything
 And tenderly
 The kiss my lover brings
 She brings to me
 And I love her


A love like ours
 Could never die
 As long as I
 Have you near me


Bright are the stars that shine
 Dark is the sky
 I know this love of mine
 Will never die
 And I love her


Bright are the stars that shine
 Dark is the sky
 I know this love of mine
 Will never die
 And I love her


Songwriters
 LENNON, JOHN / MCCARTNEY, PAUL



 

 

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 12:29
Nuit d'horreur à Nice

 

 

 

Difficile, aujourd'hui, d'évoquer un autre sujet, tant l'émotion, la colère sont grandes, après ce qui s'est passé à Nice, hier.

Le terrorisme a encore frappé : un individu, connu pour être un délinquant de droit commun, a semé la mort, hier, à Nice, en utilisant un camion qu'il a lancé sur la foule.

 

Un seul camion a suffi pour commettre un carnage : indistinctement, ont été massacrés des hommes, des femmes, des enfants.

La mort a fauché des victimes innocentes, encore une fois.

 

Et l'état d'urgence n'a pas suffi pour empêcher ce massacre. Pourquoi ? Pourquoi et comment ce camion a-t-il pu accéder à la Promenade des Anglais où était rassemblée une foule compacte venue assister au feu d'artifice du 14 juillet ?

L'enquête en cours devra apporter des réponses à cette question.

 

"Le terrorisme est une menace qui pèse lourdement sur la France. La France va devoir vivre avec le terrorisme", a déclaré le premier ministre Manuel Valls, appelant à l'unité nationale.

Le bilan est terrible : 84 morts, de nombreux blessés dont certains, 18 sont gravement atteints.

Face à un tel bilan, face au mode opératoire utilisé, un camion, on perçoit toutes les difficultés de la lutte contre le terrorisme.

 

Pourtant, on comprend mal qu'un soir de 14 juillet, alors qu'une foule importante était réunie, aucun moyen n'ait été mis en place pour empêcher cet attentat.

Hier, la panique s'est emparée de la foule, et manifestement, des failles dans la sécurité se sont révélées.

L'application Alerte Attentat n'a même pas fonctionné : pourquoi ?

Le moment choisi, le soir de la Fête nationale devait inviter les autorités à prendre des mesures pour protéger les gens.

 

L'auteur de cet attentat, un tunisien qui résidait à Nice était connu pour des faits de droit commun : trafics, violences conjugales. vols, menaces.

La délinquance et le terrorisme font souvent bon ménage, même si cet individu n'était pas connu des services de renseignement.

 

On savait que des attentats étaient en préparation : l'Euro de football était, notamment, visé, mais on voit bien l'impuissance de l'état à protéger les citoyens, dans des circonstances qui appelaient, pourtant, aux précautions les plus grandes.

 

Bien sûr, l'heure n'est pas à la polémique : on songe à toutes les victimes, à leurs familles, mais après 3 attentats qui se sont succédé, en France, en 18 mois, de nombreuses questions se posent.

 

Manifestement, cet attentat a été possible, car aucun moyen n'avait été prévu pour empêcher un camion d'accéder à une voie piétonnière.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nuit d'horreur à Nice
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 08:35
Pour célébrer la fête du 14 Juillet : le verbe "pétarader" !

 



"Pétarader" ! Il suffit de prononcer ce verbe pour entendre des bruits tonitruants et répétés...

Les moteurs d'autrefois pétaradaient souvent au démarrage et c'était un festival de sonorités éclatantes... On entend, encore, parfois, certains de ces engins bruyants, des grosses motos qui produisent des sons démesurés.


Les feux d'artifices, aussi, pétaradent vivement dans des envolées de poudre étincelantes et rayonnantes...

On voit des girandoles, des explosions colorées qui traversent le ciel, on perçoit des fontaines de lumières dans l'obscurité de la nuit.

On admire des éclats, des envolées d'éclairs, des tableaux éblouissants qui enflamment les ténèbres.

On est ébloui et subjugué par des flammèches qui semblent surgir du monde de la nuit...

Ce verbe aux sonorités évocatrices nous fait percevoir des crépitements soudains, avec sa labiale initiale, ses dentales "t" et d", sa gutturale "r", et sa voyelle réitérée "a".

Des échos semblent se répondre, se répandre, envahir l'espace, dans ce verbe plein d'expressivité...

Dérivé d'un verbe latin, "pedo", ce mot appartient à la même famille que les termes "pet, péter, pétard, pétoire, pétarade, pétoche, contrepèterie".

On perçoit toute la familiarité de ces mots qui évoquent des réalités du corps ordinaires ou encore des objets de fête, comme le "pétard", ou un outil usagé comme la "pétoire", qui est un vieux fusil...

On connaît aussi l'interjection "pétard !", qui marque la surprise, l'étonnement, une forme de stupéfaction soudaine... On utilise volontiers dans le sud, à Marseille, cette exclamation familière : "Pétard ! Que c'est beau !"


On ne peut manquer d'évoquer, en cette occasion, Rabelais, passé maître en l'art du pet et de la contrepèterie, on songe à la verve et à la truculence rabelaisienne, à des jeux de mots qui rebondissent, on songe au jeune Gargantua "barytonnant du cul".


 Tous ces mots remonteraient au grec "bdéo" "péter"... Aristophane utilise ce verbe dans certaines de ses comédies...

On voit ici toute la richesse de dérivation des mots, toute leur expressivité dans les sonorités !


Comment ne pas être sensible à la bonhomie de tous ces termes familiers, qui appartiennent au langage populaire, qui nous font entendre la voix du peuple ?


J'aime ces mots simples, ordinaires et si expressifs...

Ils nous font apprécier la langue française, sa diversité, ils nous font percevoir des sons, des images variées qui appartiennent au passé ou au présent, ils évoquent des souvenirs, une vieille guimbarde d'un grand-père paysan, qui ne pouvait démarrer qu'avec un tour de manivelle, un vieux fusil de chasseur usagé, des feux d'artifice éblouissants sur l'eau...

Des feux d'artifice, symboles de fêtes et de célébrations... des éclats lumineux qui rebondissent, retentissent et se répercutent dans l'ombre de la nuit...
 


 


 

Pour célébrer la fête du 14 Juillet : le verbe "pétarader" !
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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 12:23
Déesse charmante, hâte-toi...

 

 

 

 

Chateaubriand reproduit, dans un extrait de son oeuvre, Les Mémoires d'outre-tombe, des poèmes de sa soeur Lucile : l'un d'entre eux est consacré à l'Aurore, ce moment particulier d'une journée où le monde s'éveille et se dore de teintes nouvelles... sublime poème empreint de sensibilité et de beauté.

Voici le texte de ce poème en prose :

 

L’AURORE.
« Quelle douce clarté vient éclairer l’Orient ! Est-ce la jeune Aurore qui entr’ouvre au monde ses beaux yeux chargés des langueurs du sommeil ? Déesse charmante, hâte-toi ! quitte la couche nuptiale, prends la robe de pourpre ; qu’une ceinture moelleuse la retienne dans ses nœuds ; que nulle chaussure ne presse tes pieds délicats ; qu’aucun ornement ne profane tes belles mains faites pour entr’ouvrir les portes du jour. Mais tu te lèves déjà sur la colline ombreuse. Tes cheveux d’or tombent en boucles humides sur ton col de rose. De ta bouche s’exhale un souffle pur et parfumé. Tendre déité, toute la nature sourit à ta présence ; toi seule verses des larmes, et les fleurs naissent. »

 

 

Comme dans la mythologie grecque, l'Aurore est personnifiée, grâce à l'emploi de la majuscule, elle est, aussi, présentée comme une déesse, une entité vivante dont elle a tous les attributs : "des beaux yeux, une robe, une ceinture, des pieds délicats, de belles mains, des cheveux d'or, une bouche..."

 

La personnification se poursuit avec l'utilisation de la deuxième personne et de l'impératif : "hâte-toi, quitte, prends", on entrevoit comme une impatience de la part de celle qui parle, comme si elle s'adressait familièrement à une enfant : l'Aurore apparaît si proche, si présente, si jeune.

 

Le portrait est à la fois vague et particulièrement élogieux, comme le suggèrent de nombreux adjectifs valorisants : "beaux yeux, déesse charmante, pieds délicats, belles mains, souffle pur et parfumé." On perçoit une beauté idéalisée, mais si vivante et si naturelle : les artifices ne sont pas utiles pour embellir la jeune femme.

Dès la première phrase, l'exclamation souligne, aussi, l'éloge...

 

L'auteur décrit l'aurore comme une jeune femme surprise à son réveil, qui ouvre des yeux encore embrumés de sommeil.

Chargée d'ouvrir les portes du jour, la déesse apparaît très humaine dans toute cette évocation.

Des couleurs chaleureuses et douces lui sont associées : "la robe de pourpre, tes cheveux d'or, ton col de rose"...

Et, aussitôt, on voit apparaître, sous nos yeux, toutes les teintes d'un jour naissant. 

Une sensation à la fois olfactive et tactile vient s'ajouter à cette sensation visuelle : "un souffle pur et parfumé", si bien que cette description apparaît très sensuelle.

L'Aurore suscite, enfin, la joie dès qu'elle apparaît : elle éclaire le monde, la nature et les hommes, de ses couleurs tendres ou éclatantes.

Et l'on voit soudain, à la fin du poème, les larmes de l'aurore qui peuvent symboliser la rosée du matin, dernière touche mélancolique et poétique du texte.

Les sonorités de sifflante et de chuintante qui ponctuent le texte contribuent à la douceur de cette évocation : "douce clarté... est-ce la jeune aurore, ses beaux yeux chargés des langueurs du sommeil... déesse charmante... la couche nuptiale... une ceinture... nulle chaussure ne presse..."

 

Imprégné de culture antique, ce poème écrit par la soeur de Chateaubriand suscite le rêve : un personnage divin prend vie sous nos yeux, il s'anime, devient une présence humaine.

 

 

Voici le commentaire de Chateaubriand lui-même sur les poèmes de sa soeur, Lucile :

"Les pensées de Lucile n'étaient que des sentiments; elles sortaient avec difficulté de son âme ; mais, quand elle parvenait à les exprimer, il n'y avait rien au-dessus. 


Elle a laissé une trentaine de pages manuscrites ; il est impossible de les lire sans être profondément ému. 
L'élégance, la suavité, la rêverie, la sensibilité passionnée de ces pages offrent un mélange du génie grec et du génie germanique." 

 

Mémoires d'Outre-Tombe



La biographie de Lucile de Chateaubriand :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucile_de_Chateaubriand

 

 

 

Photo : rosemar

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 12:16
Euro de football : après le rire, les larmes...

 

 

 

Que d'outrances dans cet Euro de fooball qui s'achève sur une "défaite" des Bleus !

 

Et aujourd'hui, encore, la presse en fait des tonnes soulignant la déception, "la cruauté" de cette finale entre le Portugal et la France.

Une finale assez ennuyeuse et crispante comme le sont beaucoup de matchs de football, d'après les commentaires que j'ai pu lire...

 

Les rêves de gloire s'étiolent... mais dans cette affaire, la gloire tient à fort peu de choses, un ballon qui rentre miraculeusement dans un but, un tir mal évalué par un gardien, etc.

 

L'équipe de France avait eu, jusqu'alors, une certaine chance dans cette compétition, et la chance a tourné hier soir.

 

Les médias sont là pour maintenir l'intérêt d'une compétition tapageuse, racoleuse : tout est fait pour attirer le public vers cet euro de foot : publicités, fan zones, titres des journaux.

 

Par curiosité, j'ai simplement regardé la "cérémonie d'ouverture" de cette finale annoncée comme épique.

Fanfare, musique pompeuse autour d'un trophée géant, puis David Guetta qui se trémousse dans une ambiance survoltée, puis l'arrivée d'une suédoise blonde platine qui chante l'hymne de l'Euro.

Une cérémonie très kitsch, un show à l'américaine, une façon de chauffer la foule en délire qui agite des drapeaux français...

Que d'artifices ! "Nous allons vivre une très très grande finale ! Ce France-Portugal promet énormément", annonce le présentateur !

L'hyperbole est partout dans le spectacle et dans les commentaires.

 

En fait, ce match n'a séduit personne, il a généré l'ennui et le jeu a été assez terne.

 

L'Euro s'achève enfin dans les larmes, disent certains.

Encore et toujours cette démesure !

Il ne faut pas s'en étonner : elle fait partie de notre monde, elle est partout, cette hybris.

Et le football, un des sports préférés des français, n'y échappe pas.

 

Bon, tout n'est pas perdu pour les joueurs de l'équipe de France : ils recevront chacun la coquette somme de 250 000 euros ! Voilà de quoi consoler les footballeurs de leur défaite, voilà de quoi les rassurer ! "Oh les pauvres ! Ils ont perdu la finale !" Mais ils ont tout de même empoché une prime conséquente...

Un pactole qui fait rêver en période de crise...

On peut remarquer, aussi, que le battage médiatique a bien fonctionné puisque plus de 20 millions de spectateurs ont regardé cette finale... encore un record qui a été battu !

La chaîne M6 qui a diffusé ce match a pu vendre des écrans publicitaires supplémentaires, une bonne affaire !

 

Le sport devient un enjeu, un argument de vente essentiel.

Quant à la performance sportive, elle est reléguée au second plan : dommage !

 

 

 

 

 

 

Euro de football : après le rire, les larmes...
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