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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 15:34
Des éclairs de lumières traversent la rondeur du bois...

 

 

 


Formes oblongues, couleurs de bois veinés, les châtaignes se marbrent de teintes nuancées de bruns.

La surface lisse, brillante, fait miroiter la lumière, des filaments la cernent, l'encerclent de nuées plus sombres ou plus claires.

Des camaïeux apparaissent, tableaux étincelants, des éclairs de lumières traversent la rondeur du bois....

Douce au toucher, la châtaigne se fait plus rugueuse aux extrémités : une pique brumeuse la termine sur un côté, tout autour, des embruns légers se dispersent, formant des éclats irréguliers....

A l'autre extrémité, le bois nous fait découvrir des îlots, sur une surface d'un ovale imparfait, sans éclats, comme une terre brûlée.

La châtaigne bien opaque renferme une chair onctueuse, couleurs de nuages, pleine de saveurs et de douceurs.

La chair d'un blanc de lys, dense, compacte nous fait découvrir, encore, d'autres paysages : des ciels laiteux, des embruns de neige, des lumières brumeuses...

Des nuées d'automne, des écumes marines...

Le fruit répand de douces senteurs automnales, des brouées de parfums aux teintes brûlées, des envolées de sucs chaleureux.

Le fruit nous offre des teintes nuancées de l'automne, rouille, brun, à l'extérieur, ciels brumeux, quand on l'ouvre...


 

 

Photos : rosemar

Des éclairs de lumières traversent la rondeur du bois...
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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 13:39
Elle sent venir une larme de son coeur...

 

 


La solitude du monde moderne n'est-elle pas effrayante ? Alors que les moyens de communication se multiplient et se développent à l'extrême, alors que des gens sont connectés sur leur ordinateur, leur portable en permanence, la modernité conduit à la plus grande solitude, ce qu'Alain Souchon nomme l'Ultra-Moderne Solitude...

L'auteur nous fait, d'abord, percevoir un décor urbain : "Ça s'passe boul'vard Haussman à cinq heures".

Le regard se porte, alors, sur un personnage isolé et anonyme, comme le montre l'emploi du pronom de la troisième personne, au singulier "elle"...

Le thème de la tristesse transparaît, à travers une larme irrépressible, une larme aussitôt effacée, pour affronter le quotidien, une larme qui semble inexplicable et qui survient brutalement, du fond du coeur...

"Elle sent venir une larme de son cœur 
D'un revers de la main elle efface 
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe."

L'auteur s'interroge sur ces "rivières... qui coulent", belle image hyperbolique traduisant un désarroi profond, souligné par l'emploi du pluriel.

Le terme "fourmilière"  restitue bien l'agitation incessante de l'univers dans lequel nous vivons, un monde de fourmis, en perpétuels mouvements, qui ne se rencontrent pas et ne se voient même pas...

Et l'explication de ces larmes est, soudain, donnée dans cette phrase : "C'est l'Ultra Moderne Solitude..."

Les majuscules semblent magnifier cette modernité, alors qu'elle conduit au pire : c'est, là, tout le danger et tout le piège de nos sociétés plongées dans l'excès et la demesure, sans cesse valorisés...

Le couplet suivant nous conduit vers un autre quartier, une autre ville, un autre continent : "Ça s'passe à Manhattan dans un cœur". 

Et l'on retrouve cette même solitude, avec à nouveau l'emploi du singulier "il", un personnage masculin, cette fois, qui éprouve un vague à l'âme et pourtant, il affirme "avoir" tout ce qu'il faut pour être heureux, "amis, soleil, amour, travail..."
"Il sent monter une vague des profondeurs 
Pourtant j'ai des amis sans bye-bye 
Du soleil un amour du travail..." 

L'auteur met ainsi en évidence l'universalité de ce phénomène :"Ça s'passe partout dans l'monde chaque seconde..."

Le pluriel vient, alors, se substituer au singulier, pour montrer que la solitude envahit de plus en plus nos sociétés : "Des visages tout d'un coup s'inondent 
Un revers de la main efface 
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe." 

Le verbe "avoir" répété suggère bien l'importance grandissante de l'argent, des possessions dans cet univers : "On a les panoplies, les hangars /Les tempos, les harmonies, les guitares..."

Et l'image qui suit nous fait percevoir un manque de bonheur, un désespoir dans un monde qui a perdu du sens, où la solitude l'emporte, malgré tout : " la musique est, ainsi, mouillée", mouillée de larmes et de tristesse...

Et l'auteur s'interroge, à nouveau, sur ce mystère,

"Pourquoi ce mystère 

Malgré la chaleur des foules 
Dans les yeux divers..."

C'est Laurent Voulzy qui a signé la musique de cette chanson, une mélodie tendre, douce et triste qui restitue un univers lisse et désespéré, à la fois...

Le texte met bien en évidence tout le paradoxe de nos sociétés, à travers les questions qui sont posées : une immense solitude, dans la foule, un immense désarroi, au milieu de tant de richesses....



 

 

 

 

 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 13:37
Pour vaincre le harcèlement...

 



Le harcèlement est une plaie du monde moderne : il s'organise de manière insidieuse, dans les entreprises, sur internet, et même à l'école...

Internet, les reseaux dits "sociaux" favorisent ce phénomène, d'autant que l'anonymat permet d'insulter, sans être inquiété.

Internet devient le lieu privilégié de la calomnie, du verbe insultant, de l'invective : le cyber-harcèlement fait des ravages, auprès des jeunes notamment...

Dépressions, suicides sont le résultat lamentable de ces comportements infâmes, d'autant que le groupe de harceleurs agit, souvent, de concert, en foule...

Le harcèlement traduit une forme de lâcheté, surtout quand il s'attaque à de jeunes esprits, facilement influençables.

Il faut que les adultes eux-mêmes ne donnent pas l'exemple de cette attitude irresponsable et délétère...

Or, sur internet, il n'est pas rare de lire de plus en plus de propos insultants, outranciers, et qui peuvent être dévastateurs pour ceux qui en sont la cible...

Internet est un outil fabuleux mais quand il devient un instrument de haines, d'invectives et d'injures gratuites, quand il sert des intentions purement malveillantes, quand il se fait le réceptacle d'ignominies, de jalousies stupides, il se transforme en un objet très dangereux.

A chacun de veiller au respect, à une forme de dignité dans les propos qu'il tient....

A chacun de ne pas suivre la masse qui harcèle, à chacun de ne pas suivre un meneur qui organise le harcèlement.

A chacun de mesurer les conséquences de ses propres actes et de ses paroles.

En classe et ailleurs, le harcèlement s'attaque au plus faible, à celui ou à celle qui est isolée, qui a des difficultés, qui est déjà affaiblie...

Haro sur le baudet ! La tentation est grande d'anéantir celui qui est sans force, ou encore celui qui brille par son intelligence, le premier de la classe.

On exclut, encore plus, celui qui est à part, on le jalouse ou on le méprise...

Les jeunes enfants, les adolescents sont particulièrement exposés à ce phénomène du harcèlement : fragiles, sensibles, ils éprouvent de grandes difficultés, pour faire face à ce déchaînement de violences verbales, et parfois même physiques....

Il convient aux adultes de montrer, par leur comportement, une forme d'exemple : si les adultes ne montrent pas la voie, si les adultes se livrent au harcèlement, comment les jeunes peuvent-ils, eux-mêmes, réagir ?


Il convient de dénoncer toute forme de harcèlement, d'où qu'il vienne, il convient, aussi, à chacun de se comporter en adulte responsable et digne...

Les parents, les adultes, dans leur ensemble, ont, aussi, un rôle à jouer, ils doivent dénoncer et stigmatiser toute la violence que comporte le harcèlement.

 

Six choses à savoir sur le harcèlement :

 
http://www.gouvernement.fr/6-choses-que-vous-devez-savoir-sur-le-harcelement-a-l-ecole-nah


 

http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/


 



 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 12:17
Petit cordonnier, tu me fais tourner la tête !

 

 

 

Le mot "cordonnier" nous est si familier, alors que ce nom de métier tend à disparaître, en ce monde où les chaussures ne se font plus guère réparer...

Nous achetons et nous jetons rapidement les chaussures, car elle sont souvent fabriquées, pour ne durer qu'une saison.

Les chaussures en cuir se font, aussi, rares, d'autres matériaux moins nobles sont utilisés, comme le plastique, le polyester, différents textiles.
Et, pourtant, quels charmes avaient le cordonnier et son échoppe aux bonnes odeurs de cuir !

Le mot révèle, d'ailleurs, les nombreux talents de cet artisan : gutturales "c" et "r", dentale "d" restituent à la fois l'âpreté de son travail et les éclats du cuir, si doux au toucher, si confortable...
La voyelle "o" réitérée suggère les formes arrondies des chaussures, leurs brillances, leur lustre....

De nombreux petits métiers ont, ainsi, disparu, le vitrier qui passait dans les rues, en se signalant par ses cris "VITRIER, VITRIER !", le chapelier, le crieur de journaux, l'étameur, le cordonnier...

Il reste bien des magasins où l'on fabrique des clés, où l'on répare quelques chaussures, mais l'activité se perd, à l'ère de la chaussure jetable.

 

Autrefois, on faisait ravauder des cartables, des sacs, des souliers en cuir.
Doénavant, on jette ces objets très rapidement et on les remplace par d'autres.
La réparation n'est plus à la mode, tout se consomme et se consume, très rapidement...

Le cuir souple offre, pourtant, un confort, un bien-être inégalable, il renvoie la lumière, répand des arômes pleins d'élégance...

Le mot "cordonnier" est, d'ailleurs bien lié à cette matière noble, puisque ce nom vient de l'ancien français "cordoan, cuir de Cordoue"... Cordoue, ville espagnole, dont le cuir était, autrefois, très réputé !

Voilà une origine étonnante, et pleine d'éclats ! Une origine qui nous emmène en Andalousie, près du Guadalquivir... Cordoba, ville ibérique, au passé prestigieux !

Ville du cuir, du textile, du papier et des livres, Cordoue a rayonné de toutes ces activités, par le passé.

Et voilà qu'un simple cordonnier fait surgir des images d'une ville somptueuse, aux jardins bordés par le Guadalquivir !

Voilà qu'un simple cordonnier nous fait rêver à des paysages lointains, pleins de charmes et de poésie !

Cordoue, ville du sud de l'Espagne, Cordoue, ancienne ville romaine, Cordoue ville musulmane au patrimoine si riche et si divers !

Cordoba au nom si éclatant, avec sa voyelle "o" redondante ! Le Gualdalquivir, terme empreint d'exotisme, nous fait voyager vers des rives lointaines...




https://youtu.be/HagdXFPNghE


 
 

Petit cordonnier, tu me fais tourner la tête !
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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 18:01
Le gigantisme moderne...

 

 

 

Par curiosité, je suis allée voir, ces jours-ci, le rayon "télévisions" dans un grand magasin, et là, comme ailleurs, c'est le règne du gigantisme qui s'impose : des écrans "led" impressionnants, ultra-plats, certes, mais aux dimensions écrasantes.


Qui peut avoir envie d'acquérir des appareils si envahissants ?

Pour ma part, je me refuse à une telle mégalomanie, à cette gabegie technologique, qui n'a aucune utilité.

En passant dans les allées du magasin, on se sent comme écrasé par cette débauche d'écrans surdimensionnés. C'est un monde effrayant où les écrans dévorent l'espace, où les objets s'emparent de l'environnement, où l'on se sent minuscule...


Des téléviseurs de plus d'un mètre, parfois un mètre cinquante, qui sont si encombrants qu'on en est, à la fois, étonné et inquiet.

Pourquoi tant de démesure et d'hybris ? Notre monde est déjà envahi d'écrans en tous genres : tablettes, ordinateurs, téléphones... Pourquoi fabriquer des téléviseurs de cette dimension surhumaine ?

Bientôt, on ne trouvera plus de télévisions de dimensions modestes, on nous imposera une démesure dont nul n'a besoin.

Les voitures ont, aussi, tendance à prendre du volume : les nouveaux modèles sont souvent beaucoup plus imposants que les anciens...

Et là encore, on nous oblige à une sophistication, une démesure dont nous ne voulons pas.

Les fabriquants seraient bien inspirés, s'ils veulent vendre leurs produits, de laisser le choix aux consommateurs d'une certaine modestie, d'une certaine modération et même d'une discrétion bienvenue, en maintes circonstances...

Non, je n'aime pas l'excès, la démesure, je suis favorable à un monde qui garde des dimensions humaines.

Refusons d'acheter n'importe quoi ! Refusons un progrès qui est parfois néfaste, où le clinquant l'emporte sur la commodité des objets.

La 3 D, la smart TV, les écrans incurvés, trop de sophistication annihile le plaisir, restons dans une certaine authenticité...

Cette complexité grandissante est inquiétante, elle peut même créer des problèmes de pannes.

Le gigantisme s'impose, dans bien des domaines : les grandes surfaces deviennent démesurées, les "boutiques" d'autrefois perdent de leur caractère intimiste : les locaux donnent une impression impersonnelle, ils ont des dimensions écrasantes et l'on s'y sent, parfois, mal à l'aise.

Les miroirs, eux-mêmes, s'étalent jusqu'aux plafonds et paraissent encombrants, inutiles...

Ce gigantisme moderne révèle, aussi, nos sociétés : une envie de briller, de dominer s'empare des consommateurs et ils se laissent appâter par ces produits hors normes, ils se laissent happer par cette démesure qui envahit les magasins.


"Méden agan, rien de trop", disait un proverbe, en grec ancien : les excès sont néfastes, dans tous les cas, et un monde qui privilégie, ainsi, la démesure ne va-t-il pas à sa perte, inéluctablement ?


 

 

 

 

 

Le gigantisme moderne...
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 16:30
A la rencontre de Pétrarque et de René Char...



"Quiconques voit de la Sorgue profonde 
L'étrange lieu, et plus étrange source, 
La dit soudain grand merveille du monde, 
Tant pour ses eaux que pour sa raide course."

Maurice Scève

 



Pétrarque, René Char : mais qu'est ce qui peut réunir ces deux poètes qui appartiennent à des époques si lointaines et si différentes ?

Tous deux sont, en fait, liés à un site célèbre par ses hautes falaises rocheuses, ses eaux tumultueuses et limpides qui surgissent du coeur de la terre de Provence : Fontaine de Vaucluse...

Le poète italien Pétrarque séjourna près de 15 ans en Vaucluse où il fut attiré et ému par ce site d'exception.

René Char, quant à lui, est originaire de la région, puisqu'il est né en 1907, à l' Isle sur la Sorgue, et il a aimé passionnément ces lieux connus de tous.

Un musée, situé à l'entrée du site, est consacré à ces deux écrivains, Pétrarque et le poète René Char, son lointain successeur : une maison de style provençal, où l'on peut admirer des sols à l'ancienne, garnis de tomettes, un escalier en colimaçon, orné d'une balustrade en fer forgé.

Ce musée nous permet de découvrir ce poète inspiré que fut Pétrarque : on peut y admirer des dessins, des estampes et des tableaux représentant Pétrarque, Laure de Noves qui fut son inspiratrice, des paysages de Fontaine-de-Vaucluse, on peut découvrir des éditions anciennes des œuvres de Pétrarque et de pétrarquistes français et italiens, ainsi qu'une bibliothèque.

On est ému par ces ouvrages anciens, ces livres du passé, conservés précieusement dans ce musée...

C'est dans ce cadre que l’écrivain italien écrivit ses œuvres les plus célèbres dont ses fameux poèmes à Laure de Noves. Pétrarque situe la rencontre avec Laure dans le décor grandiose de Fontaine de Vaucluse. 

Mais c'est, en fait, dans la ville d'Avignon qu'il tombe amoureux fou de la jeune femme ; il éprouve pour elle un amour violent, idéalisé mais sans espoir, puisque Laure est mariée à Hugues de Sade, ancêtre du célèbre marquis... il écrit, alors, de nombreux sonnets sur ce thème. La mort de Laure, en 1348, lui inspire ses plus belles oeuvres. Il évoque la beauté de Laure, il raconte la mélancolie de leurs séparations successives et dépeint, aussi, cette nature où vécut sa bien-aimée.

Pétrarque, auteur du 14 ème siècle, fut un grand humaniste, nourri de culture antique, il apprit le latin, et fut largement influencé par des auteurs comme Cicéron, Sénèque, ou Virgile...

Pétrarque inspira, aussi, de nombreux autres auteurs : il est à l'origine de ce mouvement littéraire nommé "le pétrarquisme", fondé sur l'imitation, un amour idéalisé, des images et des métaphores qui insistent sur la force de la passion amoureuse.

 Les poètes français de la Pléiade ont, d'abord, imité Pétrarque, avant de s'en détacher...

Quant à René Char, originaire de la région, il sut magnifier, dans ses poèmes, les eaux de la Sorgue et de Fontaine de Vaucluse : 

« Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer,
Où les étoiles ont cette ombre qu'elles refusent à la mer.

Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux,
De l'ouragan qui mord la vigne et annonce le vin nouveau.

Rivière au cœur jamais détruit dans ce monde fou de prison,
Garde-nous violent et ami des abeilles de l'horizon. »

René Char a, comme Pétrarque, chanté l'amour, l'a parfois vécu, mais l'a également idéalisé.

René Char, a, comme Pétrarque, lu et admiré des auteurs anciens, notamment Héraclite d'Ephèse.

Ainsi, ces deux poètes se rejoignent, par delà les siècles : tous deux férus de culture antique, tous deux amoureux de l'amour et d'un lieu fascinant, ils sont réunis dans ce musée qui se trouve à l'entrée du site de Fontaine de Vaucluse.

On voit se côtoyer, ici, des poèmes de René Char illustrés par Georges Braque, des ouvrages de Pétrarque...

Modernité, surréalisme et humanisme sont profondément liés, et se complètent dans ce musée très riche de documents divers : livres, peintures, dessins, poèmes...

 

 

Des poèmes de Pétrarque :

 

Béni soit le jour..
Béni soit le jour, bénis le mois, l'année
Et la saison, et le moment et l'heure, et la minute
Béni soit le pays, et la place où j'ai fait rencontre
De ces deux yeux si beaux qu'ils m'ont ensorcelé.


Et béni soit le premier doux tourment
Que je sentis pour être captif d'Amour
Et bénis soient l'arc, le trait dont il me transperça
Et bénie soit la plaie que je porte en mon coeur


Bénies soient toutes les paroles semées
A proclamer le nom de celle qui est ma Dame
Bénis soient les soupirs, les pleurs et le désir.


Et bénis soient les poèmes
De quoi je sculpte sa gloire, et ma pensée
Tendue vers elle seule, étrangère à nulle autre


Francesco Petrarca (1304-1374)



 

 



A LA FONTAINE DE VAUCLUSE
CANZONE
Eau claire, fraîche et bienfaisante
Où la dame, unique à mes yeux,
Baignait ses membres gracieux;
Gentil rameau sur qui sa main charmante,
Je tressaille à ce souvenir,
Se plaisait à se soutenir;
Gazon fleuri sur lequel s'étendirent
Sa jupe et son beau sein ; air pur où sans retour
Ses yeux adorables ouvrirent
L'accès de mon cœur à l'amour;
Soyez tous attentifs à ma plainte dernière.
Si tel doit être mon destin
Et si le ciel exauce ma prière
C'est en ces lieux, qu'à mes pleurs mettant fin
L'amour fermera ma paupière.
Si quelque honneur doit recouvrir encor
Parmi vous mon corps périssable,
Et si mon âme doit prendre l'essor
Vers sa demeure véritable,
Avec un tel espoir la mort
Dans ce pas incertain me sera moins pénible,
Car mon esprit lassé n'a pas de meilleur port
Et ma chair et mes os de fosse plus paisible.
Peut-être reverrai-je encore en ce séjour,
Comme autrefois dans un bienheureux jour,
Cette beauté cruelle et pourtant si charmante,
Elle tourne vers moi joyeuse et séduisante

Elle tourne vers moi joyeuse et séduisante
Ses yeux en me cherchant; elle voit se creuser
La terre et, n'écoutant que l'amour qui l'inspire,
Elle semble oublier le ciel et s'accuser,
Tant son cœur tristement soupire,
Et de son voile elle étanche ses pleurs.
Des beaux rameaux incessamment des fleurs
Pleuvaient sur son beau corps; assise et bienheureuse
On la voyait pourtant jouir modestement
De sa gloire et déjà cette pluie amoureuse
La recouvrait complètement;
Telle fleur se posait au bord du vêtement,
Telle autre sur ses tresses blondes,
Comme des perles sur de l'or;
Telle atteignait la terre et telle autre les ondes;
Et, plus audacieuse encor,
Telle autre, tournoyant lentement, semblait dire :
De l'amour c'est ici l'empire.
Combien de fois effrayé je me dis :
« Elle naquit sans doute au paradis. »
Son port divin, sa voix, ses traits et son sourire
M'avaient troublé l'esprit, tout m'était devenu
Incertain et confus, et j'en vins à me dire :
Comment suis-je en ces lieux, quand y suis-je venu ?
Me croyant dans le ciel; aussi dans mon délire
Sur ces gazons je me plais désormais
Et c'est là seulement que je trouve la paix.
 


 

 

 

Photos : rosemar

Le site de Fontaine de Vaucluse sur une gravure ancienne

Le site de Fontaine de Vaucluse sur une gravure ancienne

Poème de René Char illustré par Georges Braque

Poème de René Char illustré par Georges Braque

Laure de Noves

Laure de Noves

La paix du soir  poème de René Char La paix du soir aborde chaque pierre y jette l’ancre de douleur Puis vient la nuit grosse de batailles.

La paix du soir poème de René Char La paix du soir aborde chaque pierre y jette l’ancre de douleur Puis vient la nuit grosse de batailles.

Poème de René Char

Poème de René Char

A la rencontre de Pétrarque et de René Char...
A la rencontre de Pétrarque et de René Char...
A la rencontre de Pétrarque et de René Char...
Le musée

Le musée

La Sorgue à Fontaine de Vaucluse

La Sorgue à Fontaine de Vaucluse

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 15:06
Humble et royal à la fois, tel est le cèpe !

 

 


Couleurs mordorées, moires de bruns, le cèpe est un petit monument : il se dresse sur sa colonne marbrée de terre...

Le pied, strié de lignes, hausse la couronne ample, aux couleurs de cuir bruni...

 

Le chapeau gondole de plis et de replis, le chapeau penche en pente douce et donne un air familier au champignon....


Humble, le cèpe côtoie la terre, s'en imprègne, revêt ses couleurs sombres, se pare d'embruns de brumes, de senteurs d'arbres et de feuilles....

Le cèpe semble avoir mille ans, avec ses teintes racornies, sa peau qui fait songer à un vieux parchemin, aux recoins brûlés...


Rugueux au toucher, le cèpe révèle pourtant des éclats lumineux, des envolées de dorures...

Cippus d'autrefois, colonne antique !

Le mot révèle des origines pleines de noblesse... colonne de temple qui se dresse vers le ciel !

Le mot rayonne de ses consonnes sifflante et labiale aux sonorités emplies de séduction... Le mot bref révèle, aussi, toute la modestie dont il se pare...


Humble et royal à la fois, tel est le cèpe !


 

 

 

 

Photos : rosemar

Humble et royal à la fois, tel est le cèpe !

h

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 14:29
Célébrons la citrouille !

 


Les citrouilles sont revenues ! Dans les rayons des magasins, elles tiennent une place de choix et imposent leurs formes volumineuses, leurs couleurs de rouilles, des arrondis superbes, des brillances orangées...

Les citrouilles sont de retour pour fêter le coeur de l'automne, elles se parent de teintes vives et étonnent tous les regards !

Associée à la fête de Samonios, aux origines celtes, la citrouille s'embellit de lumières, elle devient même lampe magique...

Ce mot nous fait entendre des sonorités lumineuses, sifflante initiale, emplie de douceur, dentale "t" éclatante, gutturale "r" qui restitue la dureté du fruit, palatale qui prolonge le son "ou" pour suggérer des couleurs rayonnantes...

La citrouille aux teintes de soleil, aux formes volumineuses est un fruit de contrastes étonnants : beauté des couleurs, ampleur et volume exorbitant des cucurbitacées...

Le mot venu du latin "citrium, le cédrat, le citron", par analogie de couleurs, est à la fois plein de charmes et de dérision.

" Tu n'as rien dans la citrouille, j'ai la tête comme une citrouille" ! On perçoit, à travers ces expressions toute l'ironie que peut contenir ce terme.

La "cucurbite" a de quoi séduire, mais elle peut aussi marquer une forme de moquerie.

Voilà encore un mot plein de saveurs, par ses sonorités redondantes, ses échos, ses consonnes variées, gutturales, labiale, dentale...


Les cucurbitacées sont multiples : coloquinte, concombre, courge, melon, pastèque, potiron.... Une variété de mots tous si expressifs !


La citrouille, aux formes généreuses, aux tranches bien marquées, est aussi, une plante volubile : elle nous parle des teintes de l'automne, elle nous raconte des légendes, des contes dans lesquels des citrouilles se transforment en carrosses, elle nous montre, à travers une fable, que la nature est souvent bien faite et qu'il vaut mieux l'accepter telle qu'elle est...

La citrouille nous parle, aussi, de traditions venues d'ailleurs : Halloween et ses peurs ancestrales, des fantômes, des sorcières, des monstres de la nuit, elle nous fait voir des feux de joie, elle évoque un temps où l'on communiquait avec l'autre monde, des démons, des dieux, le mois de Samonios qui va s'ouvrir....

Fêtons Samonios, célébrons les citrouilles !

Rendons hommage aux citrouilles, coloquintes, courges, potirons ! Ces beaux fruits de l'automne nous montrent toute la diversité de la nature, des merveilles de formes, de couleurs, des embruns étonnants d'éclats...


 

 

 

Une fable de La Fontaine : Le gland et la citrouille 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/le_gland_et_la_citrouille.html

 

Le conte de Perrault : Cendrillon

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Contes_de_Perrault_(%C3%A9d._1902)/Cendrillon_ou_la_petite_Pantoufle_de_verre

 

 

Photos : Creative commons

En haut de l'article  auteur : Joe Mabel

Sous l'article   auteur : Juliancolto

Célébrons la citrouille !
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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 16:57
La cave, décidément un lieu symbolique...

 

 

 

Mon dernier article paru sur Agoravox, intitulé La cave, avait provoqué un tollé de réactions négatives : devant les insultes, le mépris, j'ai pris la décision de ne plus publier sur ce journal...

Et la cave restera, ainsi, un lieu plein de symboles, comme je l'évoquais au cours de cet article.

La cave, lieu de souvenirs, de peur, d'angoisses enfantines, est aussi le lieu du repli, où l'on peut se mettre à l'abri de la vindicte populaire...

Je ne suis pas remontée de la cave, pour éviter ce déchaînement verbal : il est vrai que cet article avait révélé, aussi, le désoeuvrement de certains agoranautes venus se défouler sur un article qui évoquait, pourtant, des réalités auxquelles tout le monde peut être sensible : des peurs enfantines, le manque de commodités et de confort qui était la caractéristique de nombreuses maisons d'autrefois...

Au lieu de commenter l'article, certains l'avaient jugé d'emblée, sans intérêt...

Attitude de mépris hautaine, effet de foule, aussi, et réactions en chaîne bien connues dans le phénomène de harcèlement...

La cave, lieu de l'obscurité et de la pénombre, lieu du repli, du souvenir n'a pas eu l'heur de plaire à certains lecteurs...

Pour ma part, je trouve, désormais, après ces réactions, que la cave est un lieu éminemment symbolique. Je me souviens qu'un des commentateurs m'avait demandé quelques jours plus tard si j'allais remonter de la cave.

Eh bien, non ! Je ne suis pas remontée de la cave, de manière symbolique, bien sûr, car j'ai pu à cette occasion, mieux profiter, encore, de mon temps de loisir, m'attarder au jardin, me balader, au lieu de répondre à des lecteurs hargneux et méprisants...

Et la cave, dernier article sur agoravox signe une sorte de renouveau, je me consacre désormais à mon blog et je m'adonne encore au plaisir d'écrire sur toutes sortes de sujets, en pensant que l'éclectisme est essentiel et que tous les sujets méritent d'être traités...

La cave reste, pour moi, un lieu plein d'ambiguité : le mot, d'ailleurs, en lui-même, rassemble une gutturale assez rude, une fricative plus douce...

Lieu du souvenir, de la peur, des angoisses, le mot semble révéler ces aspects contrastés...

A la fois lieu protecteur (nos parents et grands parents qui ont connu la guerre peuvent en témoigner) et lieu de terreurs, la cave est bien un espace riche de symboles et de significations...

La cave nous fait, aussi, remonter le temps, on y rédécouvre de vieux objets, des souvenirs qui ressurgissent. Certains auteurs de science fiction ont, ainsi, imaginé un voyage dans le temps.

Eh bien, la cave nous offre cette possibilité : on remonte les années, on retrouve des souvenirs perdus, une vieille valise de voyage, une malle pleine de livres, des cahiers d'autrefois, tant de vestiges du passé.

La cave nous permet de redécouvrir des moments qu'on avait oubliés, des objets qu'on a mis au rebut et dont on perçoit parfois à nouveau la valeur, de vieux dessins, des tableaux....

Au fond, on peut se passer de moyens sophistiqués pour remonter le temps, la cave nous donne l'opportunité de le faire, ainsi que tous les souvenirs que nous avons engrangés et accumulés, tout au long des années...


 

 

 

 

La cave, décidément un lieu symbolique...
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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 17:27
Toute la tendresse d'un tableau d'Elisabeth Vigée Le Brun...

 

 

On la connaît surtout parce qu'elle fut la portraitiste officielle de Marie-Antoinette, et qu'elle a accédé ainsi, aux plus hautes sphères de la société...

 

Mais Elisabeth Vigée Le Brun a peint aussi des tableaux plus intimistes...

 

L'un d'entre eux retient plus particulièrement notre attention... Intitulé La tendresse maternelle, ce tableau représente l'artiste et sa fille Julie.

Assise sur un sofa, la jeune mère tient dans ses bras son enfant, dans un geste protecteur, rempli d'affection.

 

La jeune femme vêtue d'une robe soyeuse aux teintes de gris et d'ocre rayonne de bonheur, son sourire est léger mais on y perçoit une infinie tendresse...

 

La petite Julie se tient blottie dans les bras de sa mère, sa robe longue de couleur blanche se fond et se confond avec le corsage de la jeune femme, lui même, de teinte claire...

On est étonné par la vérité et l'émotion simple qui se dégagent de cette peinture.

Le regard des deux personnages traduit un épanouissement intense, les yeux grands ouverts restituent un bonheur, une envie de découvrir le monde.

On perçoit toute l'élégance de ce peintre du 18ème siècle : les traits sont fins, lumineux, les mains de la jeune femme enserrent l'enfant, avec tendresse...

Que de grâce dans ce tableau ! On ressent, en voyant cette oeuvre d'art, tous les sentiments qui unissent une mère et sa fille...

Les tenues chatoyantes restent, pourtant, simples : la coiffe de la jeune femme,  une sorte de bonnet soyeux, nous laisse entrevoir ses cheveux légèrement bouclés.

On est sensible à un naturel, une simplicité dans les vêtements et l'agencement de la coiffure.

On entrevoit une harmonie dans les regards, les tenues des deux personnages.

 

Le petite fille et sa mère semblent nous observer, nous croisons leurs regards emplis de tendresse.

Le fond gris du tableau et du sofa fait ressortir la robe blanche de la fillette qui attire tous les regards.

L'enfant se blottit dans les bras de sa mère et on perçoit une confiance, une relation privilégiée qui unit les deux personnages.

Les mains de la jeune femme posées avec délicatesse autour de l'enfant traduisent un geste protecteur plein de force.

 

On sait que les relations de la mère et de la fille furent, plus tard, tumultueuses : Julie, brouillée avec sa mère, atteinte de syphilis, meurt en 1819, à l'âge de 39 ans...

 

 

Une exposition consacrée à ce peintre au Grand Palais :

http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/elisabeth-louise-vigee-le-brun

 

Une biographie passionnante de ce peintre (un extrait):

 

 

https://youtu.be/2uQIbbNm33g

 

 

 

 

 

 

 

Toute la tendresse d'un tableau d'Elisabeth Vigée Le Brun...
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