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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 14:44
L'écorce devient un paysage chaotique...

 

 



Les pins se craquellent sous les chaleurs de l'été, leurs écorces s'épanchent, parfois, sur le sol et nous font voir des plaques de bois martelées d'éclats de rouille.

On peut admirer des superpositions d'écorces successives, des étagements boisés, en éclats de noirs et de brisures...

Des vagues de reliefs apparaissent, les bois se soulèvent, s'épanouissent, formant des copeaux aux camaieux de gris et de roses.

Les couleurs s'entrelacent, se fondent sur des plages dorées de roux.

Des torsions de bois se font jour, s'étirent, des écailles jaillissent, formant des reliefs étonnants.

L'écorce devient un paysage chaotique, ondoyant.

La croûte du bois se morcelle, fait naître des envolées de reliefs, des coulées de rouilles et de bruns.

Des nuances de gris surgissent, gris léger, anthracite, argent, cendres de lumières !

L'écorce compacte devient falaise de rochers, avec ses teintes brunes, rouges et violacées.

On perçoit comme des terres brûlées, des aridités qui s'emparent du bois et le submergent...

 

L'intérieur révèle des motifs ondoyants, des rouleaux de vagues, des coulées de laves incandescentes.

L'écorce sent, aussi, le bois chauffé par le soleil, elle exhale de douces senteurs de pins...

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

L'écorce devient un paysage chaotique...
L'écorce devient un paysage chaotique...
L'écorce devient un paysage chaotique...
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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 15:02
La force de l'image...

 

 


Oui, l'image a, parfois, plus de poids et de force que les mots, ou les beaux discours. L'image a, d'abord, une valeur universelle : comprise par tous, elle parle à tout le monde, elle a un impact indéniable, et elle peut mener à des prises de conscience.

L'image nous aide, aussi, à comprendre l'essentiel, elle comporte une charge émotive très forte.

La photo de ce petit Syrien Aylan noyé, échoué sur une plage turque a fait le tour du monde : tout le monde a perçu, à travers cette image, l'urgence de la situation et toute la détresse humaine des réfugiés de Syrie...

Un symbole de la misère, du désarroi, des dangers que subissent ces migrants lancés en Méditerranée, à la recherche d'une nouvelle patrie.

A travers cette photo, on perçoit la fragilité, l'innocence de ceux qui sont frappés, des enfants, des femmes, des êtres affaiblis, sans défense, des gens déjà meurtris par la guerre.

Oui, il faut oser regarder cette photo en face, même si elle choque et dérange nos consciences.

La réalité est là, sous nos yeux, terrible, atroce... pourquoi refuserions nous d'être confrontés à cette réalité : celle d'un enfant sacrifié, au nom de l'indifférence humaine ?

Faut-il nous voiler la face, faut-il détourner pudiquement le regard ? Ce serait une lâcheté de plus, un refus de voir la réalité dans toute son horreur.
D'ailleurs, un peu partout, dans le monde, les gens ont réagi devant ce drame : des actions de solidarité ont vu le jour, en France, en Espagne, en Allemagne...

Cette photo a mobilisé les esprits, elle a suscité de nombreuses réactions, elle a, plus que des mots, montré l'urgence de la situation.

Oui, cette image dérange. Comment pourrait-on admettre une telle image ? Elle est un condensé de notre inhumanité, elle nous renvoie à une forme d'inconscience, devant des réalités dont on parle depuis des mois.

Certains voient dans cette photo, un "scoop", une forme "d'instrumentalisation" de l'information ! Mais enfin, des centaines d'enfants meurent, dans ces naufrages en Méditerranée : comment peut-on parler de manipulation ?
Cette photo nous dit que le sort de ces réfugiés est inacceptable, elle nous parle d'une sorte d'indifférence qui est la nôtre, face au destin de ces migrants.

Et cette situation perdure depuis des mois, avec des naufrages successifs, des milliers de victimes.

La force de l'image est indéniable : certaines photos sont fabriquées, retouchées, mais cette image n'est que le reflet d'une terrible réalité. Nous ne pouvons l'occulter, et nous devons trouver des solutions d'urgence pour aider et secourir des gens qui souffrent.

La mort reste un sujet tabou dans nos sociétés, nous refusons de la voir en face, et, encore plus s'il s'agit d'un enfant, mais si cette photo dérange, elle a, aussi, cet objectif : troubler nos consciences, et nous inciter à l'action.

 

Face à cette photo, nous devons nous montrer solidaires : cette image comporte une forte dimension symbolique à laquelle on ne peut rester insensible...

 

 

 

 

 

 

La force de l'image...
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 14:27
La mort d'un enfant : le choc d'une image...

 

 

 

Enfin, une prise de conscience ! Il a fallu une image d'un enfant syrien mort sur une plage, pour que les hommes politiques prennent conscience du drame qui se noue, tous les jours en Méditerranée.

Il faut souhaiter que ce réveil des consciences soit suivi d'effets et de mesures efficaces pour qu'enfin des solutions humanitaires soient mises en oeuvre.

 Une image qui choque, qui bouleverse, une image qui traduit toute la détresse de ces gens qui fuient, en hâte, leur pays en guerre.

Refuser l'afflux des migrants ! C'est ce que certains clament haut et fort, parlant d'envahisseurs, répandant la peur et la haine, alors que, tous les jours, des hommes, des femmes, des enfants risquent leur vie pour échapper à la misère et à la guerre.

Xénophobie, racisme, intolérance, haine se mettent en place pour dénoncer une "invasion" ! 

Comme, autefois, on stigmatisait les italiens, les espagnols, les portugais qui "colonisaient" la France, on se met à haïr les syriens qui n'ont qu'un seul tort : fuir la guerre et ses massacres, essayer de survivre...

La mort d'un enfant, échoué sur une plage, la détresse d'un père qui a tout perdu, femme, enfants, nous font, encore, percevoir toute l'horreur de cette tragédie qui engloutit des gens, depuis des mois en Méditerranée.

Des milliers de victimes, depuis des mois... mais certains crient, encore, leur peur, leur haine pour ces gens sacrifiés. 

Depuis des mois, des êtres humains errent en Méditerranée pour essayer de fuir des combats atroces qui mettent à feu et à sang leur pays, et certains se permettent encore de déverser un torrent de haine contre ces immigrés.

Quand des enfants meurent noyés, la compassion et le respect s'imposent.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la république François Hollande ont souligné, dans une déclaration commune, l'urgence de la situation : chaque pays doit accueillir un quota de migrants, en fonction de ses possibilités.

Certaines familles allemandes reçoivent, déjà, ces immigrés syriens et les soutiennent moralement et financièrement.
Un bel exemple de solidarité qu'il faudrait imiter, chaque fois que cela est possible, dans tous les pays européens.

Une seule image, celle d'un enfant mort, isolé sur une plage turque, celle d'un enfant fauché par la misère, l'angoisse nous montre un monde déshumanisé, perdu, qui oublie l'essentiel, qui ne perçoit plus sa propre indignité, qui renonce à toute humanité.

Face à notre égoïsme forcené, face à notre indifférence devant le sort de pauvres gens, il est temps de réagir, de dénoncer l'attentisme de certains, leur mépris de la vie humaine.

Des hommes, des femmes, des enfants meurent, tous les jours, dans une indifférence généralisée.

Face à la xénophobie, au rejet, il serait temps de redevenir des êtres humains prêts au partage et à la solidarité, des mots que beaucoup semblent avoir oubliés.

 

 

 

 

 

 

La mort d'un enfant : le choc d'une image...
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 16:24
Le mot alpha nous ouvre des horizons de poésie...

 

 



Alpha, α  la première lettre de l'alphabet grec qui a donné son nom à notre abécédaire, nous séduit par sa graphie ondoyante, qui fait penser au dessin d'un petit poisson et à une boucle légère.

Cette voyelle qui ouvre l'alphabet pouvait être longue ou brève, en grec ancien, c'est à dire être prononcée d'une manière insistante et appuyée ou plus rapide.

Le mot "alpha" nous ouvre des horizons, nous entraîne dans l'univers des lettres, de leurs arabesques mystérieuses....

Ce mot avec sa rime intérieure, qui commence et s'achève par la même voyelle "a" retentit d'échos sonores... La fricative "f" lui donne une douceur particulière.

Nos lettres ne font que reproduire, le plus souvent, le son prononcé, alors qu'en grec chaque lettre porte un nom distinctif plein de charme et de mystères : alpha, bêta, gamma, etc.

Et l'alphabet grec nous conduit du alpha à l'oméga, une autre voyelle qui clôt la liste des lettres grecques.

Le grec connaît pour chaque lettre une graphie minuscule et une autre pour la majuscule : α, Α...

La majuscule est, pour cette lettre, la même qu'en français, nous l'avons, donc, empruntée aux grecs.
La minuscule est utilisée, quant à elle, en mathématiques, pour désigner des angles.

Ce sont les grecs qui ont inventé les voyelles, elles n'existaient pas dans la langue phénicienne.
La lettre "alpha" est, ainsi, éminemment grecque, elle est née dans ce berceau de notre civilisation qu'est le Grèce.


La voyelle "a" ouvre, aussi, notre alphabet, elle est issue du grec et nous rappelle de nombreux mots grecs commençant par cette voyelle "anthos, la fleur", "aggelos, le messager, l'ange", "agora, l'assemblée, la place publique", "agros, le champ", des mots qui nous parlent, car ils sont encore présents dans notre langue, des mots anciens remplis d'histoire et de résonances !

Ce mot "alpha" nous ouvre des horizons de poésie, par sa douceur, son harmonie : il a donné, également, le nom d'une étoile, Alpha du centaure, qui unit le nom de cette lettre à la mythologie.

Ce système de trois étoiles n'est visible que dans l'hémisphère sud. Alpha Centauri est une étoile triple, parmi les plus proches voisines de notre système solaire, un peu plus de quatre années-lumière... Selon une étude récente, une planète autour de l'un de ses soleils serait même propice à la vie.

Visible dans la constellation du Centaure, ces étoiles font partie d'un ensemble plus vaste évoquant la forme d'un centaure, cet être mythique mi-homme, mi-cheval.

Lettre, mythologie, univers stellaire, la voyelle alpha contient tout un univers, elle nous entraîne dans la magie des mots, des mythes anciens, des étoiles...


 

 

 

 

 

Le mot alpha nous ouvre des horizons de poésie...
Le mot alpha nous ouvre des horizons de poésie...
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 16:00
Rentrée scolaire : combien seront-ils ?

 

 


Dès la pré-rentrée, les enseignants reçoivent leur nouvel emploi du temps et prennent connaissance des classes qu'ils auront sous leur responsabilité, tout au long de l'année...

Une question taraude, alors, les enseignants : combien d'élèves dans les classes ?

La tendance est, chaque année, à la hausse : en lycée, les classes comportent souvent 36 élèves, et les enseignants ont des difficultés à gérer cet afflux, d'autant que les classes sont de plus en plus hétérogènes.

Combien seront-ils cette année ?

Quand les classes sont surchargées, les difficultés s'accroissent : problèmes de discipline, d'ambiance, de lourdeur dans la correction des copies, il faut, aussi, dès le début de l'année faire, parfois, connaissance avec plus d'une centaine d'élèves dont il faut apprendre à connaître les noms, les profils, les lacunes...

Face au recrutement de professeurs promis par le ministère, le problème de l'engorgement des classes aurait dû être résolu, mais chaque année, on peut le constater : le nombre d'élèves ne diminue pas.

Dès lors, tout le monde est perdant : les élèves, les professeurs travaillent dans des conditions plus difficiles... le stress, la fatigue sont au rendez-vous.

36 élèves par classe, c'est beaucoup trop, les adolescents noyés dans la masse n'ont pas la possibilité de s'épanouir, de participer de manière efficace.

Voilà un problème que l'on pourrait résoudre, en remettant à l'honneur des soutiens individualisés pour certains élèves, en petits groupes, mais cette aide a été supprimée, il y a quelques années.

On évoque, sans arrêt, de nouvelles réformes des programmes, de l'organisation des cours, mais on n'apporte pas de solutions à cet épineux problème de la surcharge des classes.

Dès lors, malgré tous les efforts fournis par les enseignants, la tâche s'avère de plus en plus difficile, chaque année : les redoublements étant quasiment supprimés, certains élèves paressent, ne fournissent pas les efforts nécessaires, perturbent, parfois, les cours...
Et l'ambiance de la classe et des apprentissages en pâtit, inéluctablement...

Un surplus d'élèves risque, souvent, de nuire à l'ensemble des adolescents : il faut revenir à des classes moins chargées, moins lourdes, imposer, d'abord, un maximum de 30 élèves par classe, puis alléger encore les groupes.

Les apprentissages seront facilités, le suivi des élèves sera bien meilleur...

Mais il semble que le ministère peine à trouver des candidats aux concours d'enseignement. On recrute de moins en moins d'enseignants, si bien que le problème risque de s'aggraver et de perdurer.

Face à la pénurie d'enseignants, on préfère se livrer à des réformes hasardeuses, hâtives, mal conçues, plutôt que de s'attaquer aux vraies difficultés.

 

La réforme des collèges prévoit des accompagnements dits "personnalisés", mais s'ils se déroulent en classe entière, comme c'est le cas en lycée, on peut dire que le ministère s'emploie à masquer les réalités du terrain, par de la poudre aux yeux, et il faut craindre une recrudescence des problèmes rencontrés par les élèves...

 

 

 

 

 

 

Rentrée scolaire : combien seront-ils ?
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 08:44
Rentrée scolaire : le rôle des enseignants est essentiel...

 

 

 

La rentrée scolaire est un moment important pour nombre d'enfants, d'adolescents et d'enseignants. Et, on perçoit, à cette occasion, toute la dimension que revêt ce métier de transmission.

 
Le rôle des enseignants est capital et essentiel : ils ont la charge d'enfants ou d'adolescents, depuis leur plus jeune âge jusqu’à l’âge adulte.

 

Les professeurs ont pour fonction de transmettre des savoirs, des connaissances indispensables, pour permettre aux élèves de s’épanouir dans la société, mais ils ont, aussi, une fonction éducative, ils inculquent des valeurs aux élèves, le respect des autres, la tolérance... ils doivent, donner l’exemple du travail, de la rigueur.
 
Sans les enseignants, que deviendraient les enfants, livrés à eux-mêmes, sans cadre, sans structure ? Les parents qui travaillent ne pourraient assurer ces multiples rôles de l’enseignant… Il faut bien se rendre compte que les enseignants s’occupent des enfants, tous les jours, tout au long de la semaine, qu'ils les prennent en charge.
 
Tâche complexe et difficile car les élèves sont regroupés, en grand nombre, dans des classes, parfois, surchargées. 
 
Le travail ne se limite pas, d’ailleurs, à la transmission de valeurs et de connaissances : l’enseignant doit veiller à aider, soutenir, encourager les élèves en difficulté, leur montrer l’importance du travail dans la progression, répondre à leurs questions qui peuvent être multiples, à leurs attentes, répondre aussi aux questions des parents…
 
On accuse l’école de bien des maux, mais elle joue un rôle essentiel dans la formation des individus : elle apporte un cadre, des règles de vie, c’est une préparation à la vie active, au travail, avec ses contraintes et ses bonheurs : il faut se lever tôt, il faut apprendre, il faut se soumettre à une certaine discipline, mais l’école est aussi faite de partages, d’échanges avec tous les autres, élèves et enseignants, ce sont, parfois, des connivences, des éclats de rire, des enthousiasmes, des colères, des angoisses : le reflet même de la vie…
 
Que l’école soit une contrainte, c’est indéniable : mais la vie est faite, aussi, de contraintes et de difficultés multiples et l’école permet de se préparer à la vie d'adultes.
 
On dit, parfois, que l’école est une garderie : il est vrai que les enseignants ont pour fonction de garder et d’occuper les élèves, mais surtout de les former, dans certaines classes difficiles, les professeurs doivent même leur inculquer la politesse, le savoir- vivre... et aussi, bien sûr, transmettre, susciter la réflexion, éveiller les esprits…
 
Noble tâche que celle qui consiste à susciter l’intérêt des élèves, à leur donner le goût de la lecture et du savoir !
 
Tâche difficile, aussi, car le monde moderne sollicite les jeunes vers d’autres activités : les jeux vidéo, les téléphones portables, les réseaux sociaux sur internet.
 
L’école n’est pas parfaite, mais sa fonction reste fondamentale : sans l’école, plus de cadre, sans enseignants, plus de formation des élèves... il faut bien prendre conscience de cette réalité toute simple, si on ne trouve plus d’enseignants, pour exercer ce métier, qui pourra se charger de l’éducation et de la formation des jeunes ?
 
Peut-on envisager un enseignement sur ordinateur et à distance ? La dimension sociale de l’école se déliterait alors…
 
Va-t-on vers une société où l’ordinateur va primer et s’imposer à nous dans l’apprentissage, dans le travail ? Va-t-on vers une société où les gens vivront, apprendront, travailleront, chez eux, sans contact avec l’extérieur ?
 
Ce serait, sans doute, dommageable car une société s’organise autour de contacts, même si ces contacts se révèlent, parfois, difficiles.
 
L’école est imparfaite, comme l’homme l’est, mais elle a encore une dimension sociale capitale : on y apprend à vivre avec les autres, on forme son esprit, on se cultive, on progresse...

 

 

 

 

 

 

Rentrée scolaire : le rôle des enseignants est essentiel...
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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 16:07
Un apologue à méditer... la suite...

 

 


« Ne marche pas de travers, disait une écrevisse à sa fille, et ne frotte pas tes flancs contre le roc humide. — Mère, répliqua-t-elle, toi qui veux m’instruire, marche droit ; je te regarderai et t’imiterai. »


Quand on reprend les autres, il convient qu’on vive et marche droit, avant d’en faire leçon.

On doit ce court apologue à Esope, poète grec, inventeur de ce genre littéraire qu'est la fable...

Esope a vécu entre le 7ème siècle et le 6ème avant JC et il nous donne là une leçon universelle que chacun devrait méditer...

La suite :

Notre monde n'est-il pas celui des donneurs de leçons ? Les hommes politiques ne sont-ils pas les premiers à en donner et pourtant, sont-ils eux-mêmes exemplaires ?

Mensonges, corruption, détournements de fonds, privilèges exorbitants, les hommes politiques se rendent coupables des pires abus...

Désormais, sur la toile, on trouve, aussi, des donneurs de leçons, partout : à les en croire, ils détiennent la vérité, le bon goût, ils affirment de manière péremptoire des idées douteuses, n'hésitent pas à user d' amalgames.

Les donneurs de leçons sont eux-mêmes loin d'être exemplaires : le mensonge, la fatuité, l'arrogance, la vanité fleurissent en tous lieux, sur internet et ailleurs....

L'agressivité est partout et ceux-là même qui la réprouvent haut et fort, s'y livrent avec la plus grande délectation !
L'essentiel pour ceux-là est de ne pas être la victime de cette agressivité qu'ils dénoncent hautement, par ailleurs !

Voilà bien les contradictions humaines !

Si l'on veut que les enfants, les adolescents évitent de faire des fautes d'orthographe, il est préférable que les enseignants eux-mêmes soient irréprochables dans ce domaine, si un père de famille veut que ses enfants soient honnêtes, il vaut mieux qu'il en donne lui-même l'exemple...

Or, à tous les niveaux, les donneurs de leçons ne mettent pas en pratique leurs propres idées, seuls les autres sont montrés du doigt, eux-mêmes s'exemptent de toute règle de vie et de mesure.

Cette façon de faire se généralise, et on voit toute l'actualité de la fable d'Esope : au fond, le monde n'a pas changé, les donneurs de leçons se perpétuent dans toutes les sphères de la société, et même les plus hautes !

Vous n'aimez pas être insulté gratuitement ? N'insultez donc pas les autres, avec hauteur et dédain, sans raison.
Vous n'appréciez pas les menteurs, les gens malhonnêtes ? Ne soyez pas vous-mêmes menteurs ou malhonnêtes !
Vous n'aimez pas les gens qui trichent, qui détournent de l'argent, qui ne paient pas leurs impôts ? Soyez vous-mêmes honnêtes et sincères !

Dans le cas contraire, si vous aimez mentir, tricher, invectiver, ne donnez pas de leçons aux autres !

C'est, là, le sens de la fable d'Esope : l'homme n'a, parfois, même pas conscience de son propre comportement et se permet, ainsi, de fustiger les autres, avec la plus grande décontraction.

L'inconscience humaine est terrifiante, et elle n'a plus de limites dans le monde actuel, où les gens se comportent souvent comme des êtres irresponsables, incapables de se réfréner.

Et, en plus, ce sont souvent les gens les plus retors qui donnent des leçons à autrui : ils n'hésitent pas à condamner chez les autres des comportements dont ils se rendent eux-mêmes coupables.

Je vois déjà venir des contradicteurs : on va m'accuser moi-même de donner des leçons d'honnêteté, de droiture, de sincérité, mais au moins  puis-je dire que j'applique, le plus rigoureusement possible, tous ces principes et que 
je m'abstiens de toute malhonnêteté morale et intellectuelle...


 

 

 

 

 

 

Un apologue à méditer... la suite...
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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 10:17
Par-delà le concert des sanglots et des pleurs...

 

 


Dans un monde où nous sommes assaillis d'images de violence, de haine, où l'actualité nous bouscule et nous entraîne dans un flot incessant d'horreurs, et de tristesse, Jacques Brel, nous invite, dans cette chanson, à regarder la beauté des choses...

Attirés par des écrans de toutes sortes, nous oublions de porter attention à ce qui nous entoure, à des bonheurs simples et ordinaires.

Dès le premier couplet, l'auteur fait référence à une forme de laideur que l'on côtoie, souvent... Différents aspects de la détresse des hommes sont évoqués : "la saleté" qui peut représenter, aussi, toutes les bassesses humaines, la vieillesse, ou la résignation, dans ces expressions : "les yeux plissés, et les visages mous", la révolte est suggérée à travers des "mains qui "se tendent", ou sont "poings levés", les divisions sont symbolisées par des "barbelés", enfin on est submergé par des images de pauvreté et de "misère."

Dans le deuxième couplet, l'auteur nous montre qu'il faut voir, au delà de ces détresses, pour contempler la beauté du monde : des paysages, de jolies filles, un ami, une hirondelle, un bateau, des images très simples emplies de bonheur et d'harmonie.

Le style familier restitue une forme de pureté et de sobriété : "Il nous faut regarder ce qu'il y a de beau."

Le poète nous offre un regard sur la beauté de la nature, en évoquant "un ciel gris ou bleuté", le "vol d'une hirondelle", des spectacles accessibles à tous, des couleurs contrastées, ou encore un soleil sans cesse renouvelé avec cette expression " un soleil de demain", symbole d'espoir. Et il n'oublie pas d'évoquer l'importance d'un "ami fidèle", ou encore le "retour d'un bateau" qui a pu échapper à une tempête... des tableaux empreints de simplicité.

Les sonorités de sifflante "s" ou de fricative "f" nombreuses soulignent la beauté, l'harmonie de ces évocations : "ce qu'il y a, le ciel, les filles, l'ami qu'on sait fidèle, le soleil".

Passant ensuite à la sensation auditive, Jacques Brel rappelle tous les bruits qui nous agressent : "sanglots, pleurs, cris de colère, vacarmes, sirènes d'alarme". Et, dans ce couplet, ce sont les allitérations de gutturales, consonnes assez dures qui dominent.

La peur, le désarroi l'emportent à travers des "jurons de charretiers" qui évoquent des images de guerre et de violences.

En contraste, dans le dernier couplet, le poète nous conseille d'écouter toutes les harmonies sonores de la nature : "l'oiseau au fond des bois, le murmure de l'été, le bruit de la terre qui s'endort. "La nature est, ainsi, personnifiée et magnifiée.

Des bruits légers, doux, à peine perceptibles sont suggérés : il faut être à l'écoute de ces murmures, savoir les apprécier à leur juste valeur.

Pour compléter ce tableau, le poète nous fait entendre, aussi, des voix humaines "les berceuses des mères, les prières des enfants", des évocations pleines de tendresse et de charme.

La mélodie, d'abord assez rude et âpre, s'adoucit, lors de l'évocation des beautés de ce monde.

Chanson sur le regard et sur l'importance de l'écoute, ce poème très simple nous montre que nous oublions souvent de voir et d'apprécier l'essentiel...

Il est important, dans un monde où règne la vitesse, de prendre le temps d'écouter, de regarder tout ce qui nous entoure, d'être attentif à des beautés simples et ordinaires que, souvent, nous ne voyons même plus.

Cette chanson, ce texte de Jacques Brel restent, on le voit, plus que jamais d'actualité.



 

 

https://youtu.be/LIhYPmsp-MU



https://youtu.be/szMDd32OTqY


 



Photo : rosemar

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 09:04
Des coquillages cernés de cannetilles...

 




Le mot "coquillage" nous emporte vers des rives marines, des paysages d'été, au bord de la mer, sur des plages de sable ou de galets, où l'on goûte aux bonheurs d'une nature retrouvée, où l'on peut apprécier une harmonie première : une baignade dans les calanques, au petit matin, alors que les cigales commencent déjà à répandre, sur les pins, leurs voix apaisantes.

Dès lors, on peut admirer, dans la fluidité de l'eau, sur les bords, toutes sortes de coquillages lumineux qui attirent l'oeil....

Le mot lui-même nous éblouit par ses sonorités de gutturales réitérées et éclatantes, par sa palatale étincelante, par sa consonne chuintante pleine de douceur...

Le mot déroule quatre syllabes, comme pour suggérer les formes arrondies des coquillages.

Les voyelles variées évoquent, aussi, tant de formes et de couleurs !

Coquillages aux teintes de miel, ou d'embruns marins, coquillages striés de gris, de bruns, d'ocres, rondeurs de coquilles...

Coquillages dorés, couleurs de rouille, coquillages cernés de cannetilles.

Certaines coquilles font penser à des éventails en reliefs, aux teintes variées de bruns, de gris, de blancs.

On voit apparaître des camaieux et des dégradés de beiges sur les bords...

Et sous les reflets irisés de l'eau, les coquillages magnifiés se nimbent de transparences, semblent vivre sous les flots, ondoyer sous les vagues.

Ce mot "coquille", venu du latin conchylium et du grec cogkhulion, est une formation de diminutif qui désigne le petit coquillage. Il en acquiert plus de délicatesse, d'élégance, de finesse....

En français, le suffixe -"age" a été rajouté secondairement pour forger ce mot et lui donner un charme poétique supplémentaire...

Les coquillages ressemblent, souvent, à des objets d'art, aux teintes somptueuses ou plus modestes.
Des embruns de nacre viennent, parfois, les embellir de nuances moirées étonnantes.

J'aime ce mot, j'aime ces objets simples et si peu ordinaires, en même temps.
J'aime ce mot venu d'un passé lointain, riche d'histoire, aux sonorités éclatantes.
J'aime ce mot, associé à la mer, à ses murmures infinis, à ses parfums iodés et vivifiants.

Le coquillage évoque la Méditerranée de mon enfance, des paysages familiers, les collines de l'Estaque, les calanques, des odeurs d"embruns marins.

Le coquillage est associé à l'été, le temps du temps retrouvé, des bonheurs simples, de la liberté...



 

 

 

Photos : Christelle et rosemar

Des coquillages cernés de cannetilles...
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 08:40
Une cascade américaine...

 

 


Carnet de voyage : depuis la réserve Indienne d'Havasupai, située dans la partie la plus à l'ouest du Grand Canyon....

 

Havasupai ! Le nom lui-même fait rêver ! La randonnée fut longue, rude, éprouvante, en raison d'une chaleur accablante, d'un chemin caillouteux et incertain. Mais quel éblouissement, en bas des chutes !

Une vision époustouflante !

De l'aplomb des rochers, coule un long ruban blanc vaporeux, les couleurs ocres de la roche font resplendir l'éclat de lys de la chute....
Le cadre grandiose, la hauteur des roches, la splendeur de la chute, le fracas et la fraîcheur des eaux subjuguent tous les sens !

Les rochers délavés semblent s'écouler eux-mêmes en cascades, formant des concrétions, des stalactites de bruns et de rouilles...

Sur l'à-pic, des anfractuosités, où se nichent des bouquets de verdures, se dessinent, cavernes obscures et ténébreuses.

La roche semble abriter des grottes secrètes, des mystères aux ombres noires... 

La chute d'eau majestueuse tourbillonne de remous éclatants de blancheur.
En bas, l'eau turquoise révèle un lac qui semble irréel, dans ses tons de bleus resplendissants.
En bas, l'eau bouillonne, retentit d'éclats, et s'éblouit de ce bleu qu'elle côtoie....

Tout autour, les roches brunes, roses forment un cadre époustouflant, dans les formes ondoyantes, les couleurs.

La roche se fait elle-même ondoyance, façonnée par l'eau, elle la reproduit, en mime les contours et les remous...
La roche effritée semble s'écouler en vagues de reliefs, on y voit comme des filets d'eau creusés dans la pierre, des ruisseaux, des rivières.

Des bouquets d'arbres verts viennent colorer, encore, le tableau de nuances nouvelles : l'ocre, le vert, le turquoise se mêlent dans une harmonie de teintes éblouissantes....

Le lac turquoise, aux teintes céruléennes, resplendit de bleu, sous l'écume jaillissante de l'eau...

 

Une vidéo :

https://youtu.be/6f3ZQmd1ucQ
 


https://youtu.be/brkiknamxZg


Quelques infos sur la réserve Havasupai :

http://www.sunsetbld.com/havasupai-indian-reservation.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Havasupai 

 

Photos : Christelle

Une cascade américaine...
Une cascade américaine...
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