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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 12:51
J'ai quitté mon pays...

 

Une magnifique chanson sur l'exil, une chanson pleine de mélancolie, de nostalgie, d'autant plus touchante que le poète, Enrico Macias évoque une expérience vécue : il emploie la première personne du singulier dès les premiers vers, réitérant le verbe "quitter"....

"J'ai quitté mon pays
J'ai quitté ma maison"

 

Ainsi, l'exil est vécu comme un abandon... un abandon de l'essentiel : le pays natal, la maison de l'enfance, des parents, le cocon familial... un abandon déchirant...

 

A tel point que le poète fait ce constat désespéré :

"Ma vie, ma triste vie
Se traîne sans raison"

Le verbe "se traîner" souligne un désarroi, en insistant sur une forme de prostration... et les sonorités de gutturale "r" traduisent bien ce désarroi.

 

Dans les vers suivants, le poète insiste à nouveau sur l'idée d'abandon : 

 
"J'ai quitté mon soleil
J'ai quitté ma mer bleue"

Les adjectifs possessifs réitérés "mon", "ma" viennent accentuer le déchirement, comme si le soleil, la mer bleue lui appartenaient à lui seul...

 

Et les souvenirs viennent encore raviver la perte, comme pour renouveler la douleur du départ :

"Leurs souvenirs se réveillent
Bien après mon adieu"

 

L'incantation qui suit apparaît comme un cri de douleur :

"Soleil ! Soleil de mon pays perdu"

Et aussitôt surgissent les souvenirs des paysages, des êtres qui peuplaient ce pays perdu :

"Des villes blanches que j'aimais
Des filles que j'ai jadis connues"

La dimension affective renforce le déchirement...

 

Et le souvenir s'individualise, s'attarde sur un visage, celui d'une amie... il se fait alors encore plus douloureux puisque le poète "voit encore ses yeux, Ses yeux mouillés de pluie, De la pluie de l'adieu."

C'est la pluie symbole des larmes qui a remplacé l'évocation du soleil perdu...

Par un retour en arrière, le poète revoit aussi le sourire de son amie "qui faisait resplendir Les soirs de son village.", une belle image du bonheur d'autrefois.

Et cette amie n'est-elle pas aussi la personnification émouvante de l'Algérie, le pays perdu ?

 

Le poète se souvient aussi du moment précis du départ :

"Mais du bord du bateau
Qui m'éloignait du quai
Une chaîne dans l'eau
A claqué comme un fouet"

L'image du fouet restitue bien la douleur terrible de cette séparation...

 

Dans le dernier couplet le poète nous fait ressentir le lent éloignement du bateau qui l'a séparé de son amie, de ses yeux bleus ainsi que la perte irrémédiable avec l'image de la noyade :

"J'ai longtemps regardé
Ses yeux bleus qui fuyaient
La mer les a noyés
Dans le flot du regret"
 

Magnifique métaphore de la fusion de la mer et des yeux bleus qui se confondent dans le souvenir du poète !

Et la dernière image "Dans le flot du regret" vient souligner le chagrin et la douleur du départ...

Cette chanson à valeur universelle nous touche par sa simplicité, elle parle ainsi à tous ceux qui ont dû quitter leur pays...

 

La mélodie triste, lancinante, à tonalité orientale, restitue une douceur mélancolique dans l'évocation des paysages, et aussi toutes les souffrances de l'exil... elle s'anime un peu dans le rappel des souvenirs du passé et dans la mémoire des visages.

 

Les paroles :

 

https://lyrics-on.net/fr/1045510-jai-quitte-mon-pays-lyrics.html

 

Pour mémoire :

En 1962, le drame des pieds-noirs déchire la France. Avec Enrico Macias, les rapatriés d'Algérie se trouvent un porte-parole que, rapidement, Paris a "pris dans ses bras". Mais avant l'accueil, l'adieu…

 


 
 

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 12:29
Fidèle, fidèle...

Une chanson de Charles Trenet qui nous entraîne dans une ronde de souvenirs simples mais si précieux : Fidèle !

Et le poète très attaché à ses souvenirs ne peut s'en séparer et les oublier et il leur voue une fidélité sans faille, ce que souligne bien la répétition insistante de l'adjectif "fidèle" dans le refrain...

 

Fidèle à quoi ? D'abord à des souvenirs associés à la nature : "Un soir d'été, le vol d'une hirondelle". Le poète est bien sûr un observateur de la nature, de ses beautés, des êtres qui la peuplent. 

Puis, c'est "un sourire d'enfant, un rendez-vous", on est sensible à la simplicité de ces évocations, à leur humanité...

L'antithèse "riens" "tout" dans les vers suivants "À des riens qui pour moi font un tout" vient souligner l'importance de ces souvenirs qui s'inscrivent dans la mémoire personnelle du poète, ce que montre l'emploi récurrent de la première personne du singulier : "je", "pour moi".

 

On retrouve l'idée de simplicité dans les évocations suivantes assez éclectiques mais toujours très simples, liés à l'enfance :

"Un vieux toutou, une boîte d'aquarelle
Le port de La Nouvelle au mois d'août."

Car c'est bien le pays natal auquel fait référence ici Trénet... avec ce vers : "Le port de La Nouvelle au mois d'août."

 La commune fait partie du Narbonnais, un pays comprenant Narbonne et sa périphérie, et Charles Trenet est né à Narbonne...

On retrouve des références au pays natal, l'Occitanie, dans la strophe suivante : "Un castillet tout neuf, un Canigou. Une rue d'Béziers"

Le Castillet ou Castellet (en catalan) est un monument de la ville de Perpignan qui fut tour à tour porte de la ville et prison d'État. Trenet a fréquenté un collège à Béziers, et le massif du Canigou est dans la région...

L'emploi de l'article indéfini "Un castillet tout neuf, un Canigou. Une rue d'Béziers" permet de mettre en évidence le caractère unique de ces lieux pour le poète.

 

Les amis, la famille ne sont pas oubliés : 

"Un drôle d'Albert et sa sœur en dentelles... une tante Émilie Une maman partant pour Budapest"

Le poète est attaché à des souvenirs bien éloignés du monde matérialiste dans lequel nous vivons... son attention se porte sur sa "vieille maison", dont on perçoit toute la valeur sentimentale...

 

Dans le couplet suivant, c'est le sentiment amoureux qui est évoqué : une rencontre à Montauban, un premier amour de jeunesse qui reste gravé dans son coeur... on perçoit tout le bonheur de ces instants passés à travers un vocabulaire hyperbolique : "candides ardeurs, si jeunes, plus léger qu'un elfe."

 

Le dernier couplet, à l'inverse, traduit un désarroi, avec, cette fois, une question : "pourquoi rester fidèle", et c'est le thème de la fuite du temps qui l'emporte, avec une succession de subordonnées de temps commençant par "quand"...

"Fidèle, fidèle pourquoi rester fidèle
Quand tout change et s'en va sans regrets
Quand on est seul debout sur la pass'relle
Devant tel ou tel monde qui disparaît"

La solitude, la fuite du temps soulignée par des verbes de mouvement, par l'image des "bateaux qui sombrent" restituent un désenchantement...

La métaphore de l'"ombre fidèle à d'autres ombres" vient renforcer l'idée de désarroi et de solitude...

 

La mélodie swinguée, pleine de légèreté et de tendresse nous entraîne dans tous ces souvenirs... et elle reste joyeuse même dans le dernier couplet empreint de mélancolie...

 

On retrouve dans cette chanson l'optimisme de Charles Trenet : le passé est un trésor qu'il faut savoir préserver... La fidélité dans ce texte n'est pas seulement amoureuse, mais elle s'attache au passé en général, à l'enfance, au pays natal, aux amis, à la famille, à la nature...

Et, ainsi, cette chanson est une vraie leçon de vie et de mémoire... Le procédé de l'énumération permet de donner un rythme, un élan vital au texte...

 

Les paroles :

 

https://www.le-parolier.net/paroles-trenet-fidele.html

 


 

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28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 13:23
Je me souviendrai d'Acapulco...

Une belle chanson dans le répertoire de Luis Mariano : une vision idéalisée d'Acapulco liée à un souvenir amoureux...

Acapulco : n'est-ce pas un nom empli de charme et de poésie, un nom qui fait rêver avec ses sonorités réitérées de voyelle "a" et de consonne gutturale "k", sa finale "o" pleine d'exotisme ?

Un nom et un lieu laissant un souvenir inoubliable au narrateur qui s'exprime à la première personne donnant une tonalité lyrique à cette chanson : le texte se présente ainsi comme une confidence intime et personnelle teintée de mélancolie et de nostalgie...

Un souvenir d'autant plus fort qu'il est associé à des sensations, d'abord une sensation auditive avec l'évocation d'une musique qui résonne comme "un écho" :

"Je me souviendrai d'Acapulco
Et j'entendrai comme un écho
Cette musique"

Plus loin, le narrateur nous fait entendre "la chanson du vent qui se mêle doucement au bruit de l'océan", grâce à un vocabulaire musical, puisqu'il évoque des "mélodies" d'où "naît une symphonie" : des images poétiques associées à la nature.

 

Des hyperboles élogieuses viennent compléter ce tableau sensuel et sensible :

"Et sous d'autres cieux
Loin du paradis que l'on trouve ici
Je regretterai la volupté
L'enchantement des nuits d'été
Du pacifique"

On perçoit là une présentation idyllique : un pays que l'on ne peut oublier et qui suscite l'envie d'y revenir... 

Après les sensations auditives, ce sont des sensations visuelles qui sont mises en valeur :

"Sous le soleil couchant
C'est un ravissement
C'est l'heure des amants
Les fleurs ont des couleurs

Les femmes une fraîcheur
Qu'elles n'ont pas ailleurs"

La vision du soleil couchant, celle des fleurs sont encore associées à des hyperboles valorisantes.

C'est là une évocation pleine de sensualité, avec le thème de l'amour et l'éloge sensuel des femmes du pays... 

 

La mélodie douce et entraînante nous invite à la rêverie et nous emmène vers des rivages exotiques, vers une sorte de paradis perdu... elle nous berce et nous fait songer aux langoureux mouvements des vagues... 

 

Pour mémoire :


Cette chanson issue de l'opérette  Le Chanteur de Mexico, créée en 1951 au théâtre du Châtelet  a été écrite par Raymond Vincy et Henri Wernert sur une musique de Francis Lopez...

 

 

Les paroles :

https://www.paroles.net/luis-mariano/paroles-acapulco



 

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17 octobre 2025 5 17 /10 /octobre /2025 12:00
Oui, mais il parle aux oiseaux !

Une magnifique célébration de la nature dans cette chanson interprétée par Gérard Lenorman, intitulée simplement : "IL"...

 

Le personnage anonyme est magnifié dès le premier couplet : désigné simplement par le pronom "IL", en majuscules, et en début de vers à quatre reprises... l'anaphore de ce pronom met le personnage en valeur et  le texte acquiert ainsi une portée universelle.

 

Et pourtant, tout ce qui est dit de lui apparaît plutôt négatif : "IL habite dans le froid IL n'a plus ni père ni mère IL habite dans les bois IL ne connaît que l'hiver..."

Le froid, l'hiver, l'absence de parents, son lieu d'habitation, tous ces détails indiquent une vie misérable, démunie...

 

De plus, la solitude, son jeune âge : "treize ans" font de ce personnage un être fragile voué à "couper son bois" pour survivre et se réchauffer.

 

Mais le refrain vient à nouveau magnifier l'adolescent puisqu'il entre en communication avec la nature, toute la nature... comme si cela suffisait à le combler de tous les bonheurs...

"Oui mais IL parle aux oiseaux
Au soleil et aux forêts
Oui mais IL parle aux ruisseaux
Parfois quand le temps n'est pas trop froid"

 

Le personnage semble se fondre avec les quatre éléments dans une parfaite harmonie et compréhension : l'air représenté par les "oiseaux", le feu symbolisé par le "soleil", la terre qui porte les "forêts", l'eau des "ruisseaux".

La nature est ainsi célébrée car elle apporte son réconfort, sa présence... une écoute attentive... elle est, de plus, personnifiée : le texte donne une conscience, une âme à la nature qui acquiert une forme d'humanité...

 

Dans le couplet suivant, le personnage apparaît, à l'inverse du commun des mortels, détaché du monde de la presse, des médias :

"IL ne lit pas les journaux
IL connaît cela par coeur déjà
IL n'écoute pas la radio
IL préfère couper son bois"

 

Magnifique leçon qui nous est donnée ici, nous qui perdons de plus en plus le contact avec la nature, qui ne savons plus la regarder, à plus forte raison, communiquer avec elle... nous qui vivons devant des écrans et qui oublions trop souvent de voir et d'admirer la splendeur du monde... il est temps de nous reconnecter à la nature, il est temps de lui redonner une vraie place, tel est aussi le message de ce texte...

 

La mélodie douce, mélancolique s'amplifie dans le refrain pour célébrer la merveilleuse complicité du personnage avec la nature...

 

Pour mémoire : 

IL est une chanson enregistrée par Gérard Lenorman en 1971. La musique et les paroles sont signées Guy Skornik. Ce titre est considéré comme le premier vrai succès du jeune Gérard Lenorman, qui avait 26 ans à l’époque.

 

Les paroles :

https://www.paroles.net/gerard-lenorman/paroles-il

 


 

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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 11:53
Les matins d'hiver...

Une belle chanson dans le répertoire de Gérard Lenorman, une chanson qui évoque des souvenirs d'enfance : le poète se remémore sa vie d'écolier d'autrefois, il emploie la première personne du singulier, ce qui donne au texte une allure de confidence intime, et une tonalité lyrique :

"Je me souviens de ces matins d´hiver
Dans la nuit sombre et glacée"

Le tableau de l'hiver est assez rude, et le chemin qu'empruntent le narrateur et son frère pour se rendre à l'école est marqué par la dureté de l'hiver : "Dans la nuit sombre et glacée, nos membres encore tout engourdis De sommeil, grelottaient sous les assauts du vent..."

Le vent, le froid, l'obscurité restituent bien la rigueur de l'hiver et les difficultés que rencontrent les enfants...

Pourtant, c'est la joie qui l'emporte, on voit les enfants sur le chemin de l'école se battre "à grands coups de boules de neige En riant..." et c'est comme si la complicité entre les deux enfants effaçait les rigueurs de l'hiver.

Mais l'arrivée "dans la salle de classe" marque la séparation des deux frères et une certaine tristesse : finis les jeux, finies la communication et la complicité entre les deux enfants...

Ils se retrouvent alors par l'imagination et le rêve :

"Puis bercés par les vagues d´une douce chaleur
Que nous prodiguait le vieux poêle
Nos esprits s´élevaient pour se rejoindre ailleurs
Vers des plages"

 Comment ne pas être sensible à cette évocation d'une salle de classe d'autrefois avec son vieux poêle ?

A la faveur de la chaleur du "vieux poêle", les voici partis en rêve vers des climats pleins de douceur...

Et le refrain vient suggérer une vie rêvée sur "des plages 
Où il fait toujours beau, où tous les jours sont chauds
Où l´on passe sa vie à jouer
Sans songer à l´école, en pleine liberté,
Pour rêver"

Et c'est bien une utopie qui est évoquée ici : un été permanent, une vie de jeux, sans école, avec une liberté totale... Les hyperboles "toujours, tous les jours, en pleine liberté" traduisent bien un idéal, une perfection, un rêve ! Un rêve qui fait du bien, un rêve d'évasion qui apaise...

Puis, le poète revient à l'évocation de la salle de classe dans le couplet suivant. Des souvenirs précis surgissent grâce à différentes sensations : olfactive, d'abord, avec "l'odeur fade et chaude de notre classe calfeutrée" puis visuelle dans cette expression "Des premières lueurs de l'aube A travers les vitres givrées.", et même auditive, plus loin :

"Je revois les yeux tendres et les visages tristes
Qui autour de moi écoutaient
Et pendant les leçons dans mon coin je rêvais"

Une façon de restituer toute une ambiance de cette classe d'autrefois : on a l'impression d'y être et de voir tous ces visages d'enfant...

Et le rêve d'évasion revient dans le refrain pour enchanter l'enfant...

On aime la simplicité et l'authenticité de ces souvenirs d'enfance... et on perçoit toute la nostalgie du poète qui se souvient de cette époque lointaine.

 

La mélodie douce, légère s'amplifie dans le refrain comme pour souligner ce désir de l'enfant et ce besoin de s'évader en oubliant la réalité quotidienne et l'enfermement de l'école...

 

Pour mémoire : Daniel Seff a composé la musique, Richard Seff a écrit les paroles de cette chanson sortie en 1972, interprétée par Gérard Lenorman.

 

Les paroles :

 

https://www.musixmatch.com/fr/paroles/G%C3%A9rard-Lenorman/Les-Matins-d-hiver

 

 

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3 octobre 2025 5 03 /10 /octobre /2025 11:55
Capitaine abandonné...

 

Cette chanson emplie d'émotions, intitulée Capitaine abandonné est un bel hommage aux aventuriers, à ceux qui, ivres de liberté, partent sur les vastes océans... ces conquérants des mers qui "sont partis pour gagner"... et à travers cette expression, ils apparaissent bien comme des conquérants...

Hélas, le constat est désolant : "Mais ils ne sont jamais rentrés".

 

Ils ont affronté des périls extrêmes : "Les rugissants du Pacifique Les remous des torrents d'Afrique"... l'allitération de gutturales "r", "k" restitue bien la virulence de ces dangers liés aux vents, à l'eau et ses tourbillons...

Et voilà que ces périls "ont brisé le rêve magique" de leur vie. On retrouve dans cette expression les mêmes sonorités de gutturales pleines d'âpreté : "r", "k".

 

Et c'est la tristesse qui l'emporte dans ce constat simple et terrible : "Ils sont tombés".

On ignore alors même le lieu exact de leur disparition,  "Vers quel océan secret Ouh, ouh, ouh, Le vent les a emportés"...

Leur mort est ainsi auréolée de mystères, ce qui leur confère une dimension légendaire.

Et la chanson célèbre leur quête d'absolu, leur recherche d'un idéal, puisque, malgré la mort,  "Ils ont retrouvé la lumière Ouh... La liberté".

 

Le refrain exalte encore leur audace et leur désir de liberté :

"Ohé, ohé, capitaine abandonné
Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier
Sonnez, sonnez, les sirènes au vent salé
Sonnez, sonnez, la dernière traversée"

L'image des "ailes" assimile le voilier de ce capitaine à un oiseau, symbole de liberté, d'évasion vers l'infini... si bien que les sirènes "au vent salé" sont invités par des impératifs réitérés à célébrer la dernière traversée du conquérant des mers... comme une victoire sur l'adversité...

Ce refrain "Ohé, ohé, capitaine abandonné" peut symboliser la solitude et l’abandon ressenti en haute mer...

La référence aux sirènes peut participer à donner une dimension mythique à l'épopée marine de ce capitaine : on songe à Ulysse et au fameux épisode des sirènes...

 

Dans le couplet suivant, ces navigateurs intrépides sont même magnifiés, assimilés à des "dieux" grâce à une métaphore. Le poète s'adresse alors familièrement à chacun d'entre nous en employant la deuxième personne du singulier :

"Si tous ces dieux t'ont fait rêver
Ouh, ouh, ouh,
Tu peux toujours t'embarquer..."

Ces aventuriers deviennent ainsi des modèles qui font rêver, qui peuvent même susciter des vocations...

Avec, bien sûr, le risque d'être enlevé par la tempête... tout en songeant à ce désir de liberté essentiel pour ceux qui s'aventurent sur les mers... un magnifique appel à la liberté !

"Mais si la tempête t'enlève
A l'heure où ton rêve s'achève
Garde bien ces mots sur tes lèvres
Ouh...
Ta liberté"

 

La chanson s'ouvre sur des cris d'oiseaux et des sirènes de bateaux. La mélodie rythmée évoque bien le triomphe de ces conquérants intrépides, malgré les dangers, la mort affrontée avec panache !

 

Pour mémoire :

Capitaine abandonné est un des grands succès de Gold. Sorti en 1986 dans l’album du même nom, ce titre est un véritable carton. Son single se vend à près de 700 000 exemplaires. Cette fois-ci, à travers des mots bien choisis, le groupe entend rendre hommage à deux personnes connues à l’époque en raison de leurs exploits, Philippe de Dieuleveult et Arnaud de Rosnay. Le premier était animateur d’un jeu d’aventure, le second un sportif. Ils ont en commun d’avoir péri en mer.

La chanson Capitaine abandonné a été écrite par Jacques Cardona, sur une musique des membres de Gold, Bernard Mazauric et Émile Wandelmer. 

 

 

Les paroles :

https://www.paroles.net/gold/paroles-capitaine-abandonne

 


 

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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 12:12
La Symphonie des éclairs...

 

Ecouter dans le ciel la symphonie des éclairs, tel est le rêve formulé dans cette chanson... un rêve fou qui paraît inaccessible... et ce rêve, curieusement, n'est pas d'atteindre la stratosphère où "Il fait toujours beau au dessus des nuages..." Ce n'est pas l'harmonie du beau temps qui est recherché... c'est le mauvais temps, c'est la tempête... "l'orage, la pluie".

Le rêve c'est de se transformer en oiseau, comme le montre la subordonnée de condition : "Mais moi si j'étais un oiseau"..., et le rêve c'est de "danser sous l'orage", de "traverser les nuages", pour aller "écouter sous la pluie la symphonie des éclairs." L'oiseau, symbole de liberté peut représenter la capacité à surmonter les obstacles et les difficultés de la vie et à trouver la force intérieure pour danser même sous la pluie.

Etrange rêve ! Un rêve de turbulences qui semblent valorisées comme le montrent le verbe "danser" et la belle image de la "symphonie des éclairs" : le terme symphonie évoquant un ensemble musical harmonieux.

 La "symphonie des éclairs" et les "mélodies qui s'échappent du vent" symbolisent, en fait, la capacité de transformer la douleur et les difficultés en art et en beauté. La musique devient ainsi un moyen d'expression pour partager ses émotions et toucher les autres.

Ce rêve de turbulences est assumé et affirmé avec force puisque la première strophe qui est en même temps le refrain fait intervenir la première personne du singulier : "moi, je".

 

Soudain, sans transition, c'est la troisième personne du singulier "elle" qui est utilisée dans le couplet suivant, comme une distanciation qui se fait, avec un retour sur le passé, et sur le temps de la "plus tendre enfance"... et c'est une sorte de tempête intérieure qui est, cette fois, suggérée avec le verbe "crier" repris par le nom "ces cris", et par le mot "larmes".... une tempête irrépressible, qui déborde, un trop plein d'émotions, de sensibilité que l'on ne peut "retenir", "pas faute d'essayer".

On suit ensuite l'évolution de l'enfant avec cette expression : "En grandissant, rien ne s'est calmé", et les images de tempête, de pluie reviennent inlassablement...  dès lors cette étrangeté, cette hypersensibilité deviennent un obstacle à la rencontre des autres, à l'amour.

La chanson est donc l’histoire d’une enfant tourmentée, agitée, au point de se nommer elle-même "petite tempête". Ici, contrairement aux vibrations positives du refrain, on est dans les émotions négatives : "larmes, crier, pleurer, ne pas savoir parler, ne pas savoir qui pourrait l’aimer…"

La réflexion s'élargit dans les vers : 

"Personne n'aimerait se retrouver
Au cœur d'une tempête, avouez
Il y a des raisons de pleurer"

La fin de la chanson évoque les pouvoirs libérateurs de l'art et de la musique, car l'art est un partage de sensibilité et d'émotions, l'art, la création  soignent et apaisent...

L'art, la musique parviennent à toucher le coeur des gens : dès lors, les pleurs, la tourmente peuvent devenir sources de créations, de bonheur, de partage.

Dès lors, la tempête, le vent, les pleurs, la tourmente sont associés à des termes valorisants et joyeux : "des mélodies, le coeur des gens, je ferai danser les gens, réchauffer les coeurs, réchauffer mon coeur..."

 

Et le dernier refrain marque la victoire, le triomphe de la lumière et de la joie retrouvée : l'indicatif  a remplacé le conditionnel du premier refrain. L'artiste est devenue un de "ces oiseaux qui nous font danser sous l'orage."

"Il fait toujours beau au-dessus des nuages
Mais moi je suis de ces oiseaux qui nous font danser sous l'orage
Je traverserai tous les nuages pour trouver la lumière
En chantant sous la pluie, la symphonie des éclairs"

 

‍La mélodie oscille entre un rythme haché, heurté dans les couplets et douceur, harmonie, apaisement dans le refrain....

Magnifique chanson, magnifique célébration des pouvoirs de l'art, de la musique qui apaisent !

 

Pour mémoire :

La Symphonie des éclairs est une chanson de l'auteure-compositrice-interprète française Zaho de Sagazan. Elle est sortie le 31 mars 2023 en tant que quatrième titre de son premier album studio éponyme. 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/zaho-de-sagazan/paroles-la-symphonie-des-eclairs

 

 

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19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 11:53
Je viens du sud...

Une magnifique chanson sur l'attachement à la terre natale, aux racines, aux origines : Je viens du Sud...

Le texte se présente comme une confidence, dès le premier vers, avec l'emploi de la première personne du singulier :

"J'ai dans le cœur, quelque part,
De la mélancolie,
Mélange de sang barbare
Et de vin d'ltalie"

Une confidence aussi puisqu'il est question du "coeur", siège des sentiments, de l'affection, de l'amour... le poète révèle sa "mélancolie", une forme de tristesse indéfinissable associée à du "sang barbare" qui peut renvoyer à une sorte de violence intérieure, alors que le "vin d'Italie" évoquerait plutôt une forme de griserie, de joie, de fête...

On perçoit là des sentiments variés, et même contradictoires, pouvant traduire le tempérament impétueux et passionné des gens du sud...

La suite de la chanson déroule des images, des souvenirs lointains :

"Un mariage à la campagne
Tiré par deux chevaux,
Un sentier dans la montagne
Pour aller puiser l'eau."

C'est la nature qui s'impose dans sa simplicité à travers ces tableaux : une vie humble proche de la nature est suggérée...

Et d'autres souvenirs intimes surgissent :

"J'ai au fond de ma mémoire
Des lumières d'autrefois
Qu'une très vieille femme en noir
Illuminait pour moi
Une maison toute en pierres
Que la mer a rongée
Au-dessus d'un cimetière
Où les croix sont penchées."

On retrouve là une vision contrastée entre ce souvenir d'une "vieille femme en noir"  et la lumière qu'elle apporte... "La maison toute en pierres" peut symboliser la famille, le foyer de l'enfance, et la présence de la mer suggère un paysage méditerranéen... on perçoit à travers toutes ces images la nostalgie d'un monde révolu...

Le cimetière, quant à lui, peut représenter l'attachement aux ancêtres, l'importance des liens familiaux...

Le refrain vient alors scander cet attachement à la terre natale : 

"Je viens du sud
Et par tous les chemins,
J'y reviens..."

Dans le couplet suivant, on retrouve cette idée de violence, de virulence dans le tempérament qui s'exprime par "quelque chose qui crie dans la voix", "Mélange d'un chant barbare Et d'un ciel d'Italie", puis par "Des colères monumentales Que les vents m'ont soufflées..."

Comment ne pas songer à ce vent violent qui souffle sur les terres du sud : le Mistral ?

Le dernier couplet se présente justement comme un retour aux sources, un besoin de retourner vers cette terre natale du sud, avec cette belle expression imagée : "L'envie de remettre à l'heure Les horloges de ma vie".

On perçoit l'envie de retrouver une vie simple, près de la nature, avec un champ lexical développé : "un sentier dans la montagne, l'eau, un jardin dans la campagne, la mer..."

Sans oublier l'attachement au lien familial avec la référence :  "un cimetière Où mon père est couché."

Cette chanson émouvante nous touche car elle aborde des thèmes universels : la quête des racines, la nostalgie du passé, l'hommage au père, aux ancêtres, à ceux qui nous ont précédés...

La mélodie, douce, intimiste au début s'intensifie au fil de la chanson pour exprimer et affirmer une volonté d'identité profonde...

 

 

Pour mémoire : 


Les paroles de Je viens du sud ont été écrites par Pierre Delanoë / Michel Sardou et la musique composée par Jacques Revaux.
Le titre Je viens du Sud a été enregistré par Michel Sardou en 1981 pour l'album : Les Lacs du Connemara.

La chanson a été reprise par Chimène Badi en 2004.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/michel-sardou/paroles-je-viens-du-sud

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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 12:54
Elle m'oublie...

 

Une belle chanson d'amour mélancolique, car c'est un amour perdu qui est évoqué à travers ce refrain lancinant : "Elle m'oublie..."

 

Elle est déjà partie loin, et l'amoureux ne peut s'empêcher de penser à celle qui l'a quitté : on entend alors son monologue où il s'exprime à la première personne :

"A l'heure qu'il est je sais qu'il est déjà trop tard
Elle aura sûrement pris le premier autocar"

 

On entre ainsi dans la peau et les pensées du personnage, il nous paraît d'autant plus familier, proche de nous.

Et à quoi pense-t-il ? Bien sûr, à celle qu'il aime toujours et qui est partie... il imagine alors ce qu'elle fait, ce qu'elle voit, ce qu'elle a en tête... 

Et de dérouler les paysages qu'elle contemple : "sur la nationale sur les bords de Loire".

La chanson nous fait voir le départ et le voyage de la jeune femme comme dans un film, et c'est d'autant plus poignant.

L'emploi du pronom "elle" sans que soient cités le prénom ou le nom de la jeune femme donne une valeur universelle à ce thème d'un amour perdu...

 

Le refrain réitéré à trois reprises : "Elle m'oublie, elle m'oublie, elle m'oublie" vient souligner le désarroi du personnage qui ne peut s'empêcher d'imaginer le voyage et le trajet de son amoureuse perdue.

 

Il la revoit alors : "Ses cheveux blonds serrés dans un chignon mal fait", le portrait reste vague et s'attache à un détail intime et poursuivant son monologue, l'amoureux imagine la suite de son voyage, une façon de la rendre présente malgré son absence :

"Elle pense à Dieu sait quoi, le soleil disparaît
Et la nuit va venir, le chauffeur fatigué
Cherche un vieux restaurant et elle voudra dîner"

 

Dans le couplet suivant, le personnage évoque sa solitude, comme le souligne l'emploi du pronom mis en relief "Et moi", au début de vers. On le voit en train de vouloir noyer son chagrin dans l'alcool : "je vais finir cette bouteille de vin"

Et ce ne sont pas de beaux paysages qu'il regarde mais seulement la table qui est devant lui, "en se tordant les mains", geste qui traduit son désarroi. Le contraste est saisissant entre celle qui est partie en mouvement, et celui qui reste seul, figé, passif, abandonné, malheureux.

Le voilà seul dans le jardin, à compter les étoiles comme pour se consoler et il essaie même de se persuader que "ça ira mieux demain..."

 

Mais l'imagination galope inévitablement et le personnage poursuit son monologue et ses pensées : il imagine le retour de la jeune femme à Paris, et la voici entourée de "ses parents, de ses amis", encore un contraste saisissant avec la solitude du narrateur.

Il va jusqu'à l'imaginer à nouveau "amoureuse" et "heureuse" ! On perçoit toute la cruauté de ces pensées.

 

Dans le dernier couplet, le personnage en vient à évoquer d'autres préoccupations liées à un travail agricole avec ses soucis, ses contraintes :

"Il y a un champ de blé à faner quelque part
Le tracteur est cassé, ça fait tout une histoire
Il faudrait bien penser à soigner ce cheval"

Et là encore ces évocations de soucis agricoles liées à la fin de l'été peuvent être aussi des images de la fin de la relation amoureuse.

Et aussitôt reviennent la pensée obsédante de l'absente et l'expression d'une souffrance infinie :

"C'est la fin de l'été, elle m'oublie et j'ai mal"

 

La mélodie mélancolique devient un lamento rempli d'émotion dans les refrains, notamment grâce à l'interprétation sensible et incarnée de Johnny Halliday.

 

Pour mémoire :

 

Cette chanson, sortie en 1978, a été écrite et composée par Didier Barbelivien.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/johnny-hallyday/paroles-elle-m-oublie

 

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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 11:44
Diego, libre dans sa tête...

Une magnifique chanson engagée pour dénoncer les dictatures où est réprimée la simple liberté de s'exprimer... tel est le thème de cette chanson : Diego, libre dans sa tête...

 

Un prisonnier anonyme "derrière des barreaux", est désigné d'abord seulement par le pronom "il" : on ignore son nom comme s' il n'avait déjà plus d'identité...

On connaît seulement le vague motif de son emprisonnement : 

"Pour quelques mots
Qu'il pensait si fort"

Un délit d'opinion, et même un délit de pensée sont ainsi évoqués... une façon de dire tout l'arbitraire de cet emprisonnement... Il est interdit de s'exprimer, il est interdit de penser dans certains pays... Ainsi, ce prisonnier symbolise tous les opposants politiques dont la pensée est réprimée.

 

Et dans cette prison symbolisée par des barreaux, comment ne pas rêver à la liberté des "milliers d'oiseaux" qui eux "s'envolent sans effort"?

Le contraste est saisissant entre le prisonnier et ces oiseaux libres de voler...

 

Le narrateur s'interroge alors, interrogation qui peut traduire une révolte, une indignation : 

"Quel est ce pays
Où frappe la nuit
La loi du plus fort ?"

Un pouvoir tyrannique est suggéré avec le verbe "frapper", associé à la "nuit", comme si les autorités se cachaient dans l'obscurité pour intervenir...

L'expression "La loi du plus fort" vient renforcer la critique et la dénonciation...

 

Dans la strophe suivante, on découvre le prénom du personnage victime de cette loi du plus fort : Diego, un prénom à consonnance espagnole... et Diego nous apparaît ainsi comme un être familier, proche de nous.

Le narrateur évoque alors Diego qui est pourtant "libre dans sa tête", s'il ne l'est pas dans son corps... une façon de magnifier le personnage, de souligner son indépendance, son refus de se plier à des idées qu'on voudrait lui imposer...

Dès lors, on peut imaginer le personnage en train peut-être de s'endormir "Derrière sa fenêtre".

 

Et soudain, le narrateur s'exprime à la première personne, comme pour souligner sa propre chance de vivre en liberté, en contraste avec les destin de Diego :

"Et moi qui danse ma vie
Qui chante et qui ris
Je pense à lui"

Le dernier couplet laisse entendre tout ce que risque le prisonnier : il est "peut-être déjà mort."

En écoutant cette chanson, on ne peut s'empêcher de penser, comme le fait le narrateur, à tous ceux qui subissent ainsi "la loi du plus fort" dans de nombreux pays... Emprisonnés, ils croupissent dans des prisons et sont souvent voués à la mort, comme Diego.

 

La mélodie scandée, lancinante, mélancolique souligne le destin cruel et injuste de "Diego, libre dans sa tête"...

 

Pour mémoire :

 

Diego libre dans sa tête est une chanson écrite par Michel Berger et interprétée en 1981 par France Gall.

Michel Berger l'enregistre à son tour en 1983.

Johnny Hallyday, en 1990, à l'occasion de son spectacle à Bercy, reprend Diego. 

La chanson dénonce la répression exercée par les dictatures d'Amérique latine des années 1980, Diego étant un opposant emprisonné "pour quelques mots qu'il pensait si fort".

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/johnny-hallyday/paroles-diego-libre-dans-sa-tete

 

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