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25 juillet 2025 5 25 /07 /juillet /2025 12:12
Rimons, rimons tous les deux...

Et si on jouait avec les rimes en associant des idées, avec des jeux de mots ? C'est le jeu subtil auquel se livre Claude Nougaro dans sa chanson Rimes...

 

La chanson est aussi un bel hymne aux joies de la vie dont il faut savoir accepter les limites, les peines, les difficultés...

La chanson débute ainsi par cette déclaration d'amour à la vie :

"J’aime la vie quand elle rime à quelque chose"

Et le poète utilise là une expression familière : "rimer à quelque chose", donc "avoir du sens", avoir une valeur, une utilité... un message qui paraît essentiel...

Et le poète aime même les épines "quand elles riment avec la rose"... voilà un beau symbole de ces difficultés de la vie : les épines qui accompagnent la rose, elle même symbole de beauté et de fragilité...

Et même l'ultime épreuve, la mort qui attend tous les hommes, fait partie de la vie : "J'aimerais même la mort si j'en sais la cause", chante le poète.

 

Dans une deuxième strophe, c'est à la femme aimée qu'il s'adresse directement :

"J'aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche"

Un joli message de tendresse et une occasion de jouer avec les mots tout en évoquant la ville de Paris, emblème de la France...

 

Et même les pleurs sont bienvenus, évoqués à travers une image "la perle des pleurs" et associés à l'oeil des biches...

Et de préciser : "Rimes tristes", la poésie pouvant transmettre des émotions,  comme la tristesse, le désarroi.

Les jeux de mots s'enchaînent, évoquant tour à tour la nature et un conte de fées très connu :

"J'aime les manèges quand ils riment avec la neige
J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige"

 

Tout cela pour en arriver à cette belle invitation, avec la répétition insistante d'un impératif :

"Rimons, rimons tous les deux
Rimons, rimons si tu veux"

Une façon d'inciter à une harmonie, une union parfaite... une invitation à l'amour particulièrement originale et poétique...

Et le poète ajoute même avec humour :

"Même si c'est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s'en fiche"

Le verbe "arrimer" est utilisé comme un jeu de mots, mais il a aussi un sens très fort : "fixer avec des liens, attacher".

 

Plus loin, le verbe "rimer" est repris avec insistance, accompagné d'une apostrophe : "belle dame" :

"Rimons, rimons belle dame
Rimons, rimons jusqu'à l'âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi"

C'est bien une union parfaite et totale qui est évoquée : corps et âme, peau et âme...

Voilà une magnifique célébration de la vie, de la poésie, de l'amour que nous offre Claude Nougaro dans cette chanson ! Sans oublier le phrasé du chanteur qui nous fait savourer les mots de la langue française et toute leur harmonie.

 

La mélodie légère, jazzy, nous emmène dans une ambiance poétique et tendre...

 

Pour mémoire :

 Sortie en 1981, cette chanson est un véritable hommage à la langue française et à la musicalité des mots, tout en reflétant l’amour de Nougaro pour le jazz et la poésie.

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/claude-nougaro/paroles-rimes

 

 

https://www.melo-app.com/notice/rimes

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18 juillet 2025 5 18 /07 /juillet /2025 12:14
Cécile, ma fille...

Une merveille de tendresse et de poésie ! Une  magnifique chanson dédiée par un père à sa fille, Cécile : on la doit à Claude Nougaro...

 

La chanson nous montre comment naît l'amour d'un père pour son enfant, sa fille, tout simplement dans un face à face, une rencontre...

Car curieusement, dès le début de la chanson, le poète déclare son désir ancien de ne pas avoir d'enfant :

"Elle voulait un enfant
Moi je n′en voulais pas"

L'emploi des pronoms "elle", "moi, je" donne une valeur universelle à cette chanson, car les personnages ne sont pas nommés : une femme, un homme avec des volontés qui s'opposent... et en même temps, le texte est très intime et personnel avec l'emploi de la première personne...

Et le père de s'adresser directement à sa fille :

"Mais il lui fut pourtant facile
Avec ses arguments
De te faire un papa"

Voilà une paternité non désirée que la mère sait transformer en un rôle bien assumé...

 

Le temps de la maternité est évoqué alors avec un certain humour :

"Quand son ventre fut rond
En riant aux éclats
Elle me dit "allons, jubile
Ce sera un garçon""

On assiste là à une scène familière avec le recours au discours direct de la mère qui annonce la venue d'un garçon, aussitôt démentie par le refrain : "Et te voilà Cécile, ma fille"...

 

On perçoit malgré tout l'émerveillement de ce père devant la naissance de cet enfant, devant cette rencontre unique avec un nouvel être :


"Et te voilà et me voici, moi
Moi, j'ai 30 ans, toi, 6 mois
On est nez à nez, les yeux dans les yeux
Quel est le plus étonné des deux"

 

Et curieusement le poète fait alors un retour dans le passé, un passé fait de rencontres féminines faciles, d'amours fugaces, contrastant avec l'amour profond qu'un père peut éprouver pour son enfant , comme un regret :

"Bien avant que je t′aie
Des filles j'en avais eues
Jouant mon cœur à face ou pile
De la brune gagnée
À la blonde perdue"

 

Puis, c'est un bond en avant dans l'avenir qui est évoqué, avec l'emploi du futur, et de l'adverbe de temps "bientôt". Et cette fois, ce sont les "idylles", les amours de la future jeune fille qui sont suggérées :

"Et je sais que bientôt
Toi aussi tu auras
Des idées et puis des idylles
Des mots doux sur tes hauts
Et des mains sur tes bas
Cécile, ma fille"

On perçoit là le thème du temps qui passe inexorablement, car ce père imagine les premiers émois amoureux de sa fille, éprouvant déjà une nostalgie de ce présent qu'il vit  auprès de son enfant...

 

Et on voit toute la sollicitude et l'affection d'un père dans les vers suivants :


"Moi, je t'attendrai toute la nuit
T′entendrai rentrer sans bruit
Mais au matin c′est moi qui rougirai
Devant tes yeux plus clairs que jamais"

Le souhait qui termine la chanson est empli de délicatesse :


"Que toujours on te touche
Comme moi maintenant
Comme mon souffle sur tes cils
Mon baiser sur ta bouche
Dans ton sommeil d'enfant"

Des gestes tendres, pleins de douceur apparaissent, gestes d'amour pour son enfant...

On aime ce texte poétique adressé à sa fille,  qui reste proche de la conversation, ce qui renforce l'intimité du discours.

 

La mélodie et la voix de Claude Nougaro traduisent un amour infini...on a l'impression d'écouter une  douce berceuse adressée à son enfant.

 

Pour mémoire :

 

Cécile, ma fille est une chanson de Claude Nougaro sortie en 1963. Dans la chanson, Nougaro, devenu père en 1962, s'adresse à sa fille de six mois. Il a composé la mélodie a cappella et c'est Jacques Datin qui a finalisé les arrangements.

 

Les paroles :

 

https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Claude-Nougaro/C%C3%A9cile-ma-fille

 

 

 

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11 juillet 2025 5 11 /07 /juillet /2025 10:33
Le matin, je m'éveille en chantant...

Tout un art de vivre dans cette chanson de Guy Béart : Le matin je m'éveille en chantant... Un bel hymne à la joie de vivre contrastant avec le rythme effréné et le productivisme de nos sociétés modernes qui nous incitent à des activités incessantes...

Le narrateur s'exprime dans un discours direct à la première personne, il n'est pas nommé, ce qui donne au texte une valeur universelle... le poète évoque ses journées depuis le matin, jusqu'au soir...

"Le matin, je m’éveille en chantant
Et le soir, je me couche en dansant"

On perçoit dès lors une joie de vivre, un bonheur décuplé d'autant que ces deux phrases sont répétées dans le refrain.

Chanter, danser : deux plaisirs simples accessibles à tous,  associés à la musique qui apaise, qui fait du bien... 

Et comble de bonheur ! "Entre temps, je fais la sieste...", chante le poète... la sieste, encore un bonheur simple à ne pas manquer, d'autant plus si elle se prolonge du matin au soir... on peut  percevoir là une exagération malicieuse de la part du poète.

 

Cette sieste qu'il convient de réhabiliter... "La sieste est un bien précieux, un moment de vie aussi nécessaire que la mise en jachère d'un champ. Tous les experts pointent les risques provoqués par la surproduction comme par le surmenage. On épuise nos sols et on brûle nos âmes. La jachère a du bon, elle est même vitale", écrit Sébastien Spitzer dans Petite Philosophie de la Sieste...

Et le poète, lui,  en rajoute une couche :

"Voilà tout ce qui me reste
Ou je me fais du café
On ne se soigne jamais assez"

On perçoit là tout un hédonisme : le café après la sieste... une boisson réconfortante et revigorante...

Et le refrain revient, insistant,  avec quelques variantes où on perçoit une attention portée aux gestes ordinaires du quotidien :

"Le matin, je me lave en chantant
Et le soir, je me baigne en dansant
Le matin, je me lave en chantant
Et le soir, je me baigne en dansant"

Et entre temps, le personnage se promène, cette fois, encore une activité simple du quotidien... et de rajouter :

"Une activité moyenne
Me conduit à m’ reposer
On ne se soigne jamais assez"

Il s'agit de prendre soin de soi, et de vivre pleinement le présent...

Après la promenade et le repos, c'est l'amour qui s'invite :

"Le matin, on s’embrasse en chantant
Et le soir, on s’enlace en dansant"

L'hédonisme du personnage est fait aussi de partage, d'amour, de caresses... prendre soin de soi, mais aussi de ses proches, c'est important...

La lenteur est également privilégiée bien loin de nos sociétés qui sont emportées par l'ivresse de la vitesse :

"Y’a vraiment rien qui nous presse
On va même se recoucher
On ne se soigne jamais assez"

Pourtant, dans le dernier couplet, soudain, une idée nouvelle apparaît, menaçante, inquiétante, bien loin du bonheur évoqué tout au long de la chanson :

"Jamais je ne m’intéresse
A la bombe vengeresse
Qui un jour f ’ra tout sauter
On ne nous soigne jamais assez"

Le danger est là avec l'évocation de cette "bombe", mais nous l'oublions pour mieux vivre l'instant présent...

Une chanson pour nous mettre en garde contre l'illusion de la légèreté ? Nous préférons chanter plutôt que de voir une réalité lourde et menaçante ?

A l'inverse, la mélodie est légère, pleine de gaieté, elle fait songer à une comptine de l'enfance...

 

Pour mémoire : cette chanson a été écrite, composée, interprétée par Guy Béart... c'est une chanson de la bande originale du film Pierrot la Tendresse sorti en 1960.

 

Les paroles :

https://www.paroles.net/guy-beart/paroles-le-matin-je-m-eveille-en-chantant

 

https://www.melo-app.com/notice/le-matin-je-meveille-en-chantant

 

Le film : Pierrot la Tendresse

 

https://youtu.be/ueitL2_hT5Y?si=6Fm8hMReMgL5b4gX

 

 

 

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4 juillet 2025 5 04 /07 /juillet /2025 12:10
Nuits d'Espagne...

 

Une belle chanson d'amour hispanisante dans le répertoire de Dalida...

 

La chanson s'ouvre sur un air langoureux et enchanteur : La, la, la, la...

Le texte se présente sous la forme d'un discours direct avec l'emploi de la deuxième personne du singulier : "Te souviens-tu des nuits d'Espagne... ?" On perçoit ainsi une proximité, une intimité...

Le thème du souvenir fait intervenir plusieurs aspects : souvenir auditif, avec l'évocation d'une chanson gitane, souvenir visuel des nuits d'Espagne :"quand tout le ciel brillait Que mille étoiles scintillaient mettant un peu de rêve bleu Dans nos yeux". Ce souvenir semble ainsi particulièrement intense et fort.

 

Un somptueux tableau de la nuit apparaît... les hyperboles : "tout le ciel brillait, mille étoiles" viennent souligner la splendeur du spectacle... d'autant que les étoiles réunissent les deux amoureux, et se reflètent dans leurs yeux...

Ce souvenir reste gravé dans la mémoire de l'amoureuse et nous fait entrer dans l'intimité des personnages :

"Je n'oublierai jamais que tu m'as serrée chéri dans tes bras
Ce soir-là"

Dans la strophe suivante, on retrouve cette interrogation insistante : 

"Te souviens-tu des nuits d'Espagne
Et de cette chanson gitane"

 

Et l'amoureuse de dérouler le sujet de cette chanson : "Qui racontait l'histoire de cette rose noire Toujours plus belle à l'infini mais qui fleurissait dans la nuit Si jolie"

 

Cette "rose toujours plus belle à l'infini" n'est-elle pas le symbole de l'amour intense qui réunit les deux amoureux ? Un amour né dans la nuit comme la fleur...

Et c'est l'occasion d'évoquer le bonheur des amoureux dans un décor de rêve :

"Et sous la lune bleue comme on était heureux
Seuls tous les deux"

 

La fin de la chanson vient conforter cette idée d'un amour infini, éternel :

"C'est depuis ce soir-là que j'ai eu la joie
De t'avoir à moi pour la vie
La, la, la, la, la..."

 

La mélodie radieuse vient souligner tous les bonheurs associés à ces Nuits d'Espagne...

 

Cette chanson sortie en 1961 est une adaptation française d'une chanson de Jerry Leiber et Phil Spector : Spanish Harlem... André Salvet a écrit les paroles françaises.

Les paroles :

https://genius.com/Dalida-nuits-despagne-lyrics

 

 

A propos de la chanson Spanish Harlem :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spanish_Harlem_(chanson)

 

 

Les paroles de Spanish Harlem :

https://www.lacoccinelle.net/262566.html

 

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27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 11:50
L'arlequin de Tolède...

 

Une chanson qui commence sur un magnifique tableau nocturne hispanisant : une guitare ornée d'une rose, un rayon de lune qui éclaire la scène, et qui "joue sur la peau brune" d'un "arlequin de Tolède"...

 

Le tableau s'anime avec ce rayon de lune qui "joue", l'arlequin qui "passe dans la nuit tiède" et qui chante "la sérénade des amants de Grenade."

 

Et déjà dans ce premier couplet, on perçoit plusieurs fragilités : celle de la "rose", symbole de beauté fugace et éphémère, celle que suggère que le verbe "passer" pouvant évoquer aussi le temps qui passe inexorablement, celle de l'amour enfin.

 

Et on retrouve plus précisément et plus intensément ce thème de la fuite du temps dans le refrain avec de nombreuses indications de temps : "hier, printemps, hier, vingt ans, le temps d'un instant", avec une anaphore insistante de l'adverbe de temps "hier".

L'imparfait vient souligner aussi le temps qui a passé : "le printemps, les vingt ans" qui se sont enfuis... et l'amour paraît fragile face au temps qui s'écoule. Cette idée est scandée avec intensité dans le refrain :

"Hier, il avait vingt ans
Mais cela ne dure
Que le temps d'un instant
Car la vie est dure
Pour les jeunes amants
Qui veulent croire aux serments"

Les noms propres qui ponctuent le texte : "Tolède, Grenade, Estrémadure" confèrent un charme exotique à la chanson.

 

Dans le couplet suivant, l'arlequin de Tolède fait naître sur son instrument des images :

"Un écho de mandoline
Il revoit Colombine
Vibrant à la sérénade
D'un Pierrot de Grenade"

Des personnages de la Commedia dell'arte surgissent : Pierrot épris de Colombine, Pierrot qui chante une sérénade, chanson d'amour pour sa Colombine...

 

Le refrain vient briser cette douce ambiance amoureuse avec encore l'évocation du temps qui passe et emporte les serments des amants. On perçoit toute la mélancolie du musicien dans cette phrase : "Hier, c'était lui l'amant, Mais cela ne dure Que le temps d'un serment."

 

Voilà l'arlequin de Tolède qui "avec cette leçon En a fait une chanson", une sorte de mise en abyme, la chanson évoquée étant aussi celle que nous écoutons...

Et l'arlequin de Tolède d'entendre "sous la lune blonde
Tous les amants du monde
Qui chantent la sérénade
Des amants de Grenade"

Une généralisation de cette sérénade qui apparaît ainsi universelle....

 

Et le refrain de scander encore le thème mélancolique de la fuite du temps : le printemps, les vingt ans, la jeunesse enfuis...

 

Pourtant, la chanson s'achève brusquement sur ces mots, comme une urgence :

"Aujourd'hui c'est l'été
Et vive la liberté!"

C'est le présent qui importe, c'est le présent qu'il faut savourer avec bonheur... La mélancolie s'efface pour laisser la place à un message différent : jouir de l'été, de la liberté qu'il offre, jouir de l'instant... Ce message n'étant au fond que la conséquence du message contenu dans toute la chanson : le temps passe très vite, il faut savoir le savourer...

 

Magnifique chanson qui délivre un message simple mais essentiel !
 

La mélodie très douce, mélancolique s'intensifie dans le refrain comme pour souligner la dureté du temps qui passe...

 

Pour mémoire :

Cette chanson parue en 1960 a été écrite par Jean Dréjac et composée par Hubert Giraud.

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/compagnons-de-la-chanson/paroles-l-arlequin-de-tolede

 

 

 

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20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 12:30
Mes jeunes années courent dans la montagne...

Une chanson emplie de nostalgie de l'enfance et de la jeunesse : une jeunesse vécue au plus près de la nature, une nature sauvage, éblouissante tout en étant pleine de simplicité...

 

Dès le premier couplet, le champ lexical de la nature est amplement développé : "la montagne, les sentiers pleins d'oiseaux et de fleurs, les Pyrénées, au vent d'Espagne..."

On le voit : ce sont des mots simples qui sont ici utilisés...

 

Et l'on perçoit toute la vivacité et l'élan de la jeunesse grâce à l'emploi réitéré du verbe "courir" : "Mes jeunes années courent dans la montagne Courent dans les sentiers"

 

La nature elle-même est personnifiée, présentée comme une entité vivante puisque le poète fait chanter le vent :

"Et les Pyrénées chantent au vent d'Espagne
Chantent la mélodie qui berça mon cœur"

 

Trenet nous emmène parcourir les paysages de sa terre natale, les Pyrénées balayées par le vent d'Espagne : une jolie ballade sentimentale, quasi amoureuse au pays de l'enfance...

 

Le verbe "chanter" employé en début de vers à quatre reprises souligne le bonheur d'autrefois, et ces chants sont emplis de nostalgie de l'enfance disparue. Les mots associés à l'enfance sont pleins de douceur : "berça mon coeur, ma tendre enfance, tous les beaux jours".

Amour, tendresse, beauté : on perçoit là une une vision idyllique et enchantée de l'enfance...

 

Trenet nous fait entendre aussi le chant des bergers des montagnes de France, à travers une comparaison, eux qui "Chantent le ciel léger de son beau pays".

 

Et il nous fait écouter encore le chant des "sources vagabondes, des cascades", avec tant de poésie !

 

Mais le poète est désormais loin "des fraîches chansons des eaux", "loin des sources", "loin des cascades" et l'adverbe "loin" réitéré souligne le regret de ces paysages perdus de l'enfance.

Il "songe" parfois "aux jours bénis des premières saisons." qu'il chante, comme pour essayer de les revivre...

 

Quelle douce  nostalgie dans cette chanson qui évoque le temps béni de l'enfance !

La mélodie enchanteresse nous donne l'impression d'entendre le vent, les cascades, les bruissements de l'eau qui court dans les montagnes...

 

Pour mémoire : cette chanson sortie en 1949  a été écrite et composée par Charles Trenet pour les Compagnons de la Chanson, un ensemble vocal formé dans les années 40.

 

 

Les paroles :

https://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-mes-jeunes-annes

 

 

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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 12:03
Le marchand de bonheur...

 

Un bel  hymne à la générosité...Distribuer du bonheur ! Tout un programme ! Tel est le thème de cette chanson célèbre dans le répertoire des Compagnons de la Chanson : Le marchand de bonheur...

 

Le texte se présente sous la forme d'un discours direct à la première personne :

"Je suis le vagabond, le marchand de bonheur,
Je n'ai que des chansons à mettre dans les cœurs"

Le personnage qui s'exprime nous paraît ainsi aussitôt familier et proche, même s'il n'est qu'un "vagabond" sans fortune mais il nous offre le réconfort de ses "chansons" et on sait que la musique génère nombre de bienfaits.

 

Le vagabond s'adresse à chacun d'entre nous, annonçant son passage "au bon vent de l'amour", belle expression imagée et poétique qui associe la nature à un sentiment bénéfique et précieux.

 

Et que possède ce vagabond ? Rien, si ce n'est la nature environnante : "le vent, les quatre saisons, le ciel, la mer". Et c'est comme s'il nous offrait et nous faisait découvrir cette nature qui lui permet de "semer des moissons de baisers", belle image qui suggère toutes les richesses de la nature, et les bonheurs infinis qu'elle peut nous procurer.

Le bonheur n'est pas ici associé à l'argent, à des biens matériels, mais à la beauté, la diversité de la nature.

Ainsi, les saisons, les éléments de la nature sont présentés dans une énumération, une façon d'en souligner l'abondance, la richesse :

"J'ai l'automne et l'hiver, le ciel et la mer,
Le printemps et l'été pour chanter."

La nature apparaît aussi comme une source d'inspiration inépuisable pour "chanter" et elle offre l'occasion de célébrer toutes ses beautés.

 

Et le vagabond de s'adresser à la foule :

"Vous êtes des enfants qui vous donnez du mal
Du mal pour vous aimer et du mal pour pleurer"

Le mot "mal" répété souligne la détresse humaine, et le terme "enfants" renvoie à une forme d'immaturité car ce mal vient des hommes eux-mêmes qui ne savent pas bien gérer leurs sentiments...

Mais le marchand de bonheur est là "Pour aller réparer ce que vous déchirez." Et de rappeler : 

"J'ai les quatre saisons pour sécher vos pleurs
Et changer l'horizon de vos cœurs"

Les saisons, leur variété, la nature sont convoqués pour apporter un réconfort à tous ceux qui sont dans la peine.

 

Dans le couplet suivant, c'est le "rire" qui est offert en partage, et c'est une invitation à l'optimisme qui est lancée :

"Je donne à bon marché de quoi rire de tout
De quoi rire de tout plutôt que d'en pleurer"

Le verbe "donner" utilisé au début et à la fin du dernier couplet souligne bien la générosité du personnage. La musique, le chant sont présentés comme ayant un pouvoir réconfortant et apaisant... l'art étant une source de bonheur.

 

Voilà une belle critique de nos sociétés de consommation matérialistes : le bonheur y est envisagé comme un don et un partage de musique, d'émotions, de rires.

 

La mélodie rythmée, entraînante nous emporte dans une ambiance joyeuse.

 

Pour mémoire :

 

Cette chanson sortie en 1959 a été écrite par Jean Broussole, la musique a été composée par Jean-pierre Calvet.

 

Les paroles :

 

https://lyricstranslate.com/fr/les-compagnons-de-la-chanson-le-marchand-de-bonheur-lyrics.html

 

 

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30 mai 2025 5 30 /05 /mai /2025 12:10
Tombé du ciel !

 

Une chanson pour célébrer la terre et ses merveilles : et quel meilleur procédé pour la célébrer que celui du regard neuf ou naïf ? Le regard de quelqu'un qui tombe du ciel et qui découvre pour la première fois la terre...

Est-ce un ange tombé du ciel comme il est dit dans le premier couplet qui n'apparaît pourtant pas dans la version chantée par Charles Trenet, l'auteur de cette chanson ?

 

Peu importe... cette chute est vécue comme un "destin providentiel". Car elle permet une découverte de la terre où "Tout est charmant" et le terme a ici son sens fort : c'est un charme magique, envoûtant qui séduit et ravit le personnage dont on suit le regard... 

Le voici qui s'émerveille devant le printemps : c'est une nature animée, vivante qui est décrite : "les étangs Pleins de lumière...  un oiseau se pose Sur un roseau morose."

La nature est ainsi humanisée, avec ce roseau qui a des états d'âme, et c'est comme si l'oiseau était là pour le réconforter...

 

Dans la suite du texte, c'est "un nuage d'orage" qui est personnifié et semble doté de la parole puisqu'il "Semble vous dire : ami, J’éclate en voyage…"

Un nuage bienveillant tout de même puisqu'il prévient de l'orage à venir...

 

Et la pluie elle-même paraît bienvenue, elle tombe en rythme, créant une forme de musique :

"La pluie qui tombe du ciel
C’est le rythme éternel"

 

Dans le dernier couplet, c'est l'amour qui est célébré et il apparaît comme tombé du ciel, tel un oiseau qui "se pose sur un destin morose", il est célébré comme une chance à saisir, un bonheur à découvrir...

Et il est une source de beauté symbolisée par une "rose" :

 "cette rose
C’est notre amour, amie,
Que nos larmes arrosent…"

Larmes de bonheur, sans doute, larmes de joie pour cet amour qui tombe du ciel...

 

Il est bon d'écouter cette chanson en ces temps où nous sommes de plus en plus déconnectés de la nature, et où nous oublions de la regarder, et de l'admirer...

 

Voilà un bel hymne poétique à la nature et à l'amour sur une mélodie emplie de douceur et rythmée en même temps qui restitue magnifiquement tout l' émerveillement du personnage... 

 

Les paroles :

http://www.charles-trenet.net/chansons/tombe_ciel.html

 

 

Une émission consacrée à Charles Trenet sur France Musique :

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/retour-de-plage/charles-trenet-la-joie-eternelle-4868421

 

 


 

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23 mai 2025 5 23 /05 /mai /2025 12:32
J'ai ta main dans ma main...

 

Une belle ode à la nature dans cette magnifique chanson d'amour qui se déroule dans un cadre champêtre : J'ai ta main dans ma main... on la doit à Charles Trenet... 

Deux amoureux sont réunis "allongés sur l'herbe de l'été". La nature se met alors à l'unisson de l'amour et des amoureux :

"On entend chanter
Des amoureux et des oiseaux."

Le monde des humains et celui des oiseaux sont ainsi associés et réunis dans une belle harmonie... La nature participe  à ce tableau qui réunit les deux amoureux.

Et même le vent, la montagne personnifiés sont là pour accompagner les amoureux dans leur idylle : 

"On entend chuchoter
Le vent dans la campagne.
On entend chanter la montagne."

Les verbes "chuchoter, chanter" avec leurs douces sonorités restituent bien cette complicité avec les amoureux. C'est comme si la nature était là pour célébrer l'amour des deux personnages...

C'est alors qu'intervient le refrain :

"J'ai ta main dans ma main.
Je joue avec tes doigts.
J'ai mes yeux dans tes yeux"

On remarque une sensations tactile, puis visuelle, un parfait accord, une complicité entre les amoureux, grâce au jeu des adjectifs possessifs et aux noms qui se répondent... Ce refrain est constitué uniquement de monosyllabes qui viennent scander le bonheur des amants enlacés.

Et "la belle nuit" les recouvre de son ciel "Qui fleurit", jolie métaphore qui suggère les étoiles, un ciel "tour à tour tendre et mystérieux" donc à même d'accompagner et de réunir les étreintes des amoureux. Le cosmos se fait le complice des deux amants.

L'amour, la beauté apparaissent ainsi indissociables.

Dans les vers suivants, l'amoureux se montre empressé avec l'emploi d'impératifs : "Viens plus près... et dis-moi". Le vocabulaire amoureux se précise avec les expressions "mon amour", "Ton coeur contre mon coeur". Le discours utilisé se veut pressant au point d'exiger une déclaration  :
"Et dis-moi qu'il n'est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main."

L'on découvre ensuite que les deux amoureux sont "deux vagabonds", démunis : 

"Ta robe est déchirée.
Je n'ai plus de maison.
Je n'ai plus que la belle saison"

Mais, c'est comme si l'amour comblait ces manques, puisque le poète enchaîne avec le refrain : 

"Et ta main dans ma main
Qui joue avec mes doigts.
J'ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l'on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Qui fleurit, tour à tour, tendre et mystérieux."

 

L'amour, la complicité, la tendresse et la beauté apparaissent ainsi comme essentiels.

Comment ne pas aimer la simplicité de ce texte, la fusion intime des deux amoureux, avec une belle évocation de la nature ?

 

La mélodie emplie de douceur devient plus rythmée et joyeuse encore dans le refrain pour suggérer tout le bonheur des gestes d'intimité entre les deux amants.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-j-ai-ta-main

 

A propos de cette chanson :

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/1936-conges-enchantes/j-ai-ta-main-charles-trenet-6304201

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16 mai 2025 5 16 /05 /mai /2025 11:32
Maman, papa !

Une chanson de Georges Brassens qui nous touche tous parce qu'elle évoque l'amour filial, les souvenirs des parents qui nous sont chers...

De plus, cette chanson prend la forme d'un discours direct adressé familièrement à "maman, papa" où le poète évoque son enfance et comme par magie, le voici "redevenu petit garçon".

Et chacun peut alors se reconnaître dans les propos adressés à "Maman", avec tous les indices du discours : l'emploi de la première et de la deuxième personne du singulier, le temps du présent :

"Alors je suis sage en classe
Et, pour te faire plaisir
J'obtiens les meilleures places
Ton désir"

De jolies résolutions qu'on a tous un jour voulu tenir pour "faire plaisir"...

 

De la tendresse encore dans les vers suivants avec un besoin de proximité, tendresse de la voix féminine de la maman et de ses "refrains charmants", proximité avec cette volonté de "demeurer sur ses genoux" plutôt que se livrer à "des jeux fous".

 

La répétition du mot "maman", ce mot d'enfant restitue aussi tout l'amour du monde : c'est bien le premier mot qui vient à la bouche des enfants, le premier mot que l'on apprend à écrire, aussi. C'est un doux murmure apaisant, un mot empli d'échos sonores : labiale "m" réitérée, voyelle "a" redoublée d'une voyelle nasalisée "an".

 

Et papa n'est pas oublié, un papa bienveillant qui cherche à donner du réconfort et "du courage" à ses enfants quand gronde "l'orage", en déployant "tout son humour".

Un père protecteur est ainsi évoqué, une image traditionnelle...

Et là encore, le mot "papa" est réitéré, un mot d'enfant pour mieux restituer ce retour dans le passé... comme un besoin de nostalgie...

 

On perçoit aussi une certaine pudeur, et retenue dans cette relation au père, encore une vision traditionnelle du père : 

"Papa, papa, il n'y eut pas entre nous
Papa, papa, de tendresse ou de mots doux"

 

La chanson débouche sur une prise de conscience face aux "sacrifices" accomplis par les deux parents, une forme de reconnaissance et de gratitude... 

La chanson s'achève sur des regrets :

"Maman, papa, toujours je regretterai
Maman, papa, de vous avoir fait pleurer
Au temps où nos coeurs ne se comprenaient encore pas"

Et là encore, comment ne pas être touché par ces regrets ? Car nous avons tous pu éprouver ce sentiment d'avoir un jour blessé nos parents, de n'avoir pas su les comprendre...

 

La mélodie légère, au swing sautillant nous transporte dans le monde de l'enfance... Un bijou !

 

Pour mémoire :

 

Cette chanson fut interprétée en duo avec Patachou le 23 décembre 1952.
Composée au camp de Basdorf en 1943  alors que Brassens effectue son STO et jamais interprétée sur scène, cette chanson fut la première véritable composition du grand Georges...

 

Les paroles :

 

https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Patachou-Georges-Brassens/Maman-papa

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