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11 octobre 2024 5 11 /10 /octobre /2024 11:44
Mon amie la rose me l'a dit ce matin...

 

Comment peut-on représenter la fragilité de la vie, de la beauté, leur caractère éphémère ?  L'image de la rose n'est -elle pas un parfait raccourci de ce qu'est la vie humaine ?  Le thème de la femme-fleur est récurrent en poésie... On le retrouve dans cette chanson mélancolique interprétée par Françoise Hardy en 1964 : Mon amie la Rose...

"On est bien peu de choses", tels sont les premiers mots de ce poème, une forme de proverbe avec un présent de vérité générale et l'emploi du pronom indéfini "on"... un constat pessimiste et assez désabusé, le mot "choses" ayant aussi une valeur péjorative.

Dès le titre, la rose est personnifiée, et cette personnification se développe dans le premier couplet : la rose est présentée comme une "amie", une confidente qui raconte sa vie éphémère rythmée par "l'aurore, le soleil, la nuit", de brèves indications temporelles qui évoquent bien la fuite rapide du temps...

 

Cette personnification permet à chacun(e) de s'identifier à cette rose qui parle à la première personne, d'autant que les termes utilisés peuvent s'appliquer à une femme comme à une fleur :

"À l'aurore, je suis née
Baptisée de rosée
Je me suis épanouie
Heureuse et amoureuse
Aux rayons du soleil"

Et ainsi, on peut se demander : qui parle ? La rose ou la jeune femme à qui est censée se confier la rose ? On perçoit une ambiguïté savamment cultivée... On a là aussi  un tableau rayonnant de bonheur et de beauté qui contraste fortement avec la chute de ce couplet, sans transition  :

"Me suis fermée la nuit
Me suis réveillée vieille"

Deux vers seulement pour mieux évoquer la déchéance brutale de la rose...

 

Et la rose se met alors à célébrer sa beauté et sa jeunesse d'autrefois, en utilisant l'imparfait qui peut avoir une valeur de durée, comme si elle avait cru cette beauté et cette jeunesse éternelle, ne se méfiant pas du temps qui passe :

"Pourtant, j'étais très belle
Oui, j'étais la plus belle
Des fleurs de ton jardin"

Le refrain revient alors comme un avertissement et une leçon :

"On est bien peu de choses
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin"

 

On retrouve une forme d'ambiguïté dans le couplet suivant avec des termes qui renvoient à une personnification : est-ce une femme ou une fleur qui s'exprime ? 

On assiste alors en direct à la chute et à la déchéance de la fleur : "la tête courbée", "je sens que je tombe", expression réitérée comme pour mieux suggérer une chute inexorable, et enfin : "J'ai un pied dans la tombe Déjà, je ne suis plus"

On retrouve des adverbes de temps dans la suite du texte : "hier, toujours, demain", pour suggérer l'écoulement rapide du temps, et aussi une alternance dans les temps employés : imparfait, futur :

"Tu m'admirais hier
Et je serai poussière
Pour toujours demain"

Dès lors, le refrain revient pour acter la mort de la fleur :
"On est bien peu de choses
Et mon amie la rose
Est morte ce matin"

 

La chanson pourrait se clore sur ce départ définitif. Mais elle se poursuit avec un magnifique tableau nocturne et cosmique :

"La lune, cette nuit
A veillé mon amie"

Et la narratrice raconte un de ses rêves empli d'espoir : "l'âme de la fleur qui dansait et qui lui souriait", des images pleines de gaieté et d'harmonie. Les imparfaits à valeur durative viennent souligner ici une forme de sérénité bienheureuse.

La narratrice énonce cette idée : son besoin d'espoir face à l'anéantissement de la vie et de la rose... un besoin d'espoir auquel se raccrochent la plupart des êtres humains qui ont besoin de "croire".

 

La mélodie très douce, envoûtante contribue à l'émotion suscitée par le destin de la rose...

Cette belle chanson nous touche tous car elle évoque la condition humaine, illustrant comment la vie, malgré toute sa splendeur, est transitoire et vulnérable.

 

Pour mémoire :

"Auteure, compositrice et interprète, Françoise Hardy n'est pas à l'origine de cette chanson Mon amie la rose. On la doit à Cécile Caulier, pour les paroles, sur un boléro arrangé par Jacques Lacome d'Estalenx pour la musique... cette chanson a été inspirée par la mort brutale de l'actrice Sylvia Lopez à l'âge de vingt-six ans."

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/francoise-hardy/paroles-mon-amie-la-rose

 

 

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4 octobre 2024 5 04 /10 /octobre /2024 12:42
Sans amour on n'est rien du tout...

 

Ecoutez la chanson du pauvre Jean ! Ou plutôt "Esgourdez rien qu'un instant La goualante du pauvre Jean", tels sont les premiers mots de cette chanson interprétée par Edith Piaf... et on se croirait alors transporté dans le Paris des années 30, en train d'écouter une chanteuse des rues qui pousse sa goualante... une chanteuse qui nous invite à l'écouter avec un impératif "Esgourdez".

Dès le début de cette chanson, on est subjugué par ce parler populaire si expressif, si haut en couleurs : "Esgourdez la goualante".

Et on est curieux d'écouter cette  "goualante du pauvre Jean Que les femmes n'aimaient pas..."

D'autant que l'histoire de ce personnage ne nous pas racontée aussitôt... Elle est retardée par le refrain où l'on retrouve un impératif adressé aux auditeurs :

"Mais n'oubliez pas
Dans la vie y a qu`une morale
Qu'on soit riche ou sans un sou
Sans amour on n'est rien du tout"

Une leçon de vie nous est donnée avec l'emploi de présents de vérité générale et le pronom indéfini "on": l'amour est essentiel, et l'emporte sur toutes choses...

 

Puis, on revient à l'histoire du personnage où tout dénote richesse et confort symbolisés par "la soie, le velours, de beaux draps". Les  imparfaits : "Il vivait, il pionçait" traduisent, eux, avec leur valeur durative toute sa quiétude et son insouciance... on apprécie, au passage, encore l'emploi du langage familier avec le verbe "pioncer."

Le refrain revient alors avec ses présents de vérité générale et des variations dans l'expression :

"Mais n'oubliez pas
Dans la vie on est peau de balle
Quand notre coeur est au clou
Sans amour on n`est rien du tout"

On savoure à nouveau, dans ces vers, un parler populaire si suggestif, de l'argot... avec toujours la même idée réitérée...

 

Et la vie du personnage nous est détaillée, une vie faite de plaisirs faciles : "becter, guincher, licher" c'est à dire "manger, danser, boire de l'alcool", et toujours dans un langage populaire qui contraste avec les lieux évoqués : "chez les barons, dans les salons".

 

La morale nous est répétée dans le refrain : s'y ajoute une magnifique idée de partage avec de préférence "une belle fille", même si on se contente d'un simple "ragoût"...

"Mais n'oubliez pas
Rien ne vaut une belle fille
Qui partage votre ragoût
Sans amour on n`est rien du tout"

 

Et on retrouve ce langage familier si pittoresque, si vivant, dans le couplet suivant où l'on apprend les origines de la fortune du personnage qui fut "un méchant larron", expression péjorative qui contraste avec la considération qu'on lui porte, l'argent permettant de s'acheter une réputation.

"Pour gagner des picaillons
Il fut un méchant larron
On le saluait bien bas"

 

Mais soudain, on assiste à un brusque revers de fortune magnifiquement rendu par cette expression populaire : "Un jour, on fait la pirouette", et voilà notre héros, le voleur "derrière les verrous".
 

Dans le dernier couplet, on retrouve des impératifs comme autant de conseils adressés aux "jeunes gens" : "Esgourdez, Profitez de vos vingt ans, n'oubliez pas, aimez-vous"... une belle leçon d'épicurisme et de sagesse avec à nouveau l'emploi du présent de vérité générale :

"Plutôt qu'une cordelette
Mieux vaut une femme à son cou"

Une leçon démontrée par l'exemple du "pauvre Jean", lui qui était si riche et qui a tout perdu en raison de sa malhonnêteté... et qui n'a jamais été aimé de manière sincère.

 

Une belle leçon de vie dans cette chanson : oui, l'amour si souvent chanté par Edith Piaf, est indispensable aux êtres humains que nous sommes, l'amour sous toutes ses formes : affection, bienveillance, sympathie, générosité, amitié... l'amour est une vraie richesse...

La mélodie est  joyeuse, vive, pleine d'élan  dans le refrain et se ralentit dans le récit de la vie du personnage...

 

Pour mémoire : 

"La Goualante du Pauvre Jean est une chanson française sur une musique de Marguerite Monnot et des paroles de René Rouzaud.

Édith Piaf enregistre cette chanson le 16 février 1954 avec l'orchestre de Robert Chauvigny et rencontre très rapidement un vif succès. Elle l'enregistre notamment en live durant l'émission La Joie de vivre le 3 avril 1954."

 

Les paroles :

 

https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Edith-Piaf/la-goualante-du-pauvre-jean

 

 

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27 septembre 2024 5 27 /09 /septembre /2024 11:34
Allez, venez Milord...

 

Une chanson qui s'ouvre "in medias res" sur une invitation avec deux impératifs insistants : "Allez, venez", et une apostrophe "Milord"... c'est une invitation chaleureuse à venir s'installer à table... On perçoit le souci de la personne qui s'exprime à l'égard de cet homme riche qui porte ce titre "Milord", avec une majuscule.

Et les mots qui suivent viennent souligner ce souci de l'autre :

"Il fait si froid, dehors
Ici c'est confortable"

On perçoit là une empathie, une connivence, une générosité.

Et l'invitation se fait pressante avec des impératifs encore à valeur d'insistance :

"Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises"

Et ce sera aussi l'occasion d'une forme de consolation, comme le montre la belle expression "Vos peines sur mon coeur" qui évoque un partage avec l'alternance des adjectifs possessifs : "vos peines, mon coeur."

Et pourtant, les vers suivants soulignent la distance qui sépare les deux personnages... socialement très inférieure, la narratrice insiste elle-même sur cet écart :

"Je vous connais, Milord
Vous ne m'avez jamais vue
Je ne suis qu'une fille du port
Qu'une ombre de la rue..."

Lui est connu, reconnu de tous, alors qu'elle-même se définit comme une "ombre de la rue" et "une fille du port", des termes péjoratifs et dévalorisants. Notoriété de l'un, anonymat de l'autre, titre de noblesse de l'un, dénomination vulgaire de l'autre.... des contrastes très marqués...

Dès lors, l'invitation ne peut que surprendre avec une sorte d'inversion des rôles sociaux...  La narratrice, bien que socialement inférieure, prend le rôle de consolatrice.

Dans le couplet qui suit, la narratrice rappelle un épisode récent : Milord qu'elle a aperçu le jour précédent au bras d'une demoiselle... elle évoque son bonheur triomphant, avec un vocabulaire hyperbolique :

"Vous aviez le beau rôle
On aurait dit le roi...
Vous marchiez en vainqueur"

La narratrice met aussi en évidence la beauté extraordinaire de la demoiselle sur le mode exclamatif, traduisant une intense admiration : 

"Mon Dieu!... Qu'elle était belle...
J'en ai froid dans le coeur..."

C'est un tableau idyllique qui contraste avec le couplet suivant où  il est question du départ d'un navire qui emporte au loin la bien aimée. Le vocabulaire suggère alors la douleur de la séparation avec les verbes "déchirer, briser, pleurer".

Et la narratrice de donner cette leçon de vie :

"Comme quoi l'existence
Ça vous donne toutes les chances
Pour les reprendre après..."

Le refrain intervient alors avec la reprise des impératifs "Allez, venez, Milord ! Laissez-vous faire, Milord".

Milord est comparé à "un môme" et la narratrice par une belle inversion des rôles l'invite dans son "royaume", un royaume fait de chansons, de réconfort : 

"Je soigne les remords
Je chante la romance
Je chante les milords
Qui n'ont pas eu de chance!"

C'est alors que la narratrice lance un nouvel impératif :

"Regardez-moi, Milord
Vous ne m'avez jamais vue..."

Et ces deux vers soulignent encore l'écart social entre les deux personnages : la narratrice, fille des rues anonyme, sans importance qui n'a jamais été vue par Milord, implore un regard.

Et soudain, l'émotion jaillit des yeux de Milord, provoquant la surprise :
..."Mais vous pleurez, Milord?
Ça je l'aurais jamais cru!"

La fin de la chanson est une invite à retrouver le sourire, la joie de vivre, avec une cascade d'impératifs insistants : la chanson met alors en scène les réactions de Milord commentées par la narratrice. On le voit danser, on l'entend chanter...

"Eh bien, voyons, Milord!
Souriez-moi, Milord!
...Mieux que ça! Un petit effort...
Voilà, c'est ça!
Allez, riez, Milord!
Allez, chantez, Milord!
La-la-la
...

Mais oui, dansez, Milord!
La-la-la...
Bravo Milord!"

Voilà une magnifique chanson faite d'empathie, de générosité... et c'est une personne humble qui manifeste cette empathie, une façon de montrer que ce sont souvent les plus humbles qui font preuve de solidarité et de générosité.

La mélodie est enjouée, vive, dans le refrain et se ralentit dans les couplets pour raconter l'histoire de Milord...   elle alterne des passages vifs et des moments plus lents et introspectifs... elle oscille entre mélancolie et espoir...

Que dire de l'interprétation d'Edith Piaf ? Avec sa gouaille, elle nous fait vivre intensément la scène, comme si on l'avait sous les yeux...

 

Pour mémoire : 

 Sortie en 1959 cette chanson a été écrite par Georges Moustaki et composée par Marguerite Monnot.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/edith-piaf/paroles-milord

 

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20 septembre 2024 5 20 /09 /septembre /2024 12:21
Emportés par la foule...

 

Une rencontre éphémère qui laisse pourtant un souvenir inoubliable... tel est le thème de cette chanson célèbre : La foule...  le personnage principal est plongé dans une foule, dans une ambiance de fête et de joie où se mêlent différentes sensations fortes, d'abord une sensation visuelle éblouissante qui reste gravée à jamais dans la mémoire, comme le suggère l'emploi du présent dans la majeure partie du texte :

"Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie"

L'emploi de la première personne du singulier "je" permet à chacun de s'identifier à la narratrice.

Puis, c'est une sensation auditive qui est évoquée avec toujours autant d'acuité, où l'on retrouve tous les éléments de la fête : la musique, les cris, les rires...
"Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi"

Les sonorités de gutturales assez fortes restituent aussi les bruits de cette fête : "musique, cris, rires, qui éclatent, rebondissent autour"

Isolée parmi la foule, la narratrice se retrouve bien seule face à des gens inconnus : l'emploi de la première personne du singulier "je", opposée au pluriel "ces gens" souligne bien l'isolement de la jeune femme.

Elle ne peut échapper à ce mouvement de foule et les termes "Etourdie, désemparée" soulignent son désarroi...

Une rupture intervient alors avec une subordonnée de temps :

"Quand soudain, je me retourne, il se recule
Et la foule vient me jeter entre ses bras"

C'est ainsi  que deux individualités se trouvent et se rencontrent avec l'emploi des pronoms "je", "il" au singulier. Et c'est alors qu'apparaît une nouvelle sensation, tactile cette fois, puisque la narratrice se retrouve entre les bras de l'inconnu...

Les deux personnages sont malgré eux emportés dans le tourbillon de la foule, à tel point qu'ils deviennent "un seul corps", dans une union et une fusion parfaite.

"Emportés, écrasés", les personnages éprouvent pourtant le comble du bonheur, comme le montre ce rythme ternaire insistant : "tous deux épanouis, enivrés et heureux". Ce contraste dans le vocabulaire souligne bien l'attraction irrésistible que connaissent les personnages.

Dans le couplet suivant, on perçoit un élan, un enthousiasme et un bien être de se trouver dans cette foule en train de s'élancer et de danser une folle farandole : les sonorités de voyelles nasalisées "an" peuvent restituer cette envolée de bonheur... et les termes utilisés très forts montrent encore une union volontaire cette fois, et partagée par les deux personnages : "nos deux mains restent soudées, nos deux corps enlacés".

Les corps qui s'envolent restituent une envolée de bonheur, une exaltation. Et la joie se propage entre les deux personnages, le vocabulaire  hyperbolique et imagé vient souligner l'intensité de cette joie qui irradie et se transmet avec force :

"Et la joie éclaboussée par son sourire
Me transperce et rejaillit au fond de moi"

Le cri poussé par la jeune femme dans le vers suivant est d'autant plus surprenant et inattendu dans cette ambiance de joie.

L'explication est donnée dans la subordonnée de temps :

"Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne, nous éloigne l'un de l'autre"

Triste ironie du sort ! La foule qui a d'abord rapproché les deux personnages, qui a permis leur rencontre, les sépare irrémédiablement. Dès lors, la joie intense laisse place à des sentiments totalement opposés tout aussi intenses : "douleur, fureur, rage".

Et alors que la foule continue à danser dans une atmosphère de rires et de fête, en contraste, la douleur de la narratrice est d'autant plus forte...

On la voit "crisper (ses) poings, maudissant la foule qui (lui) vole
L'homme qu'elle (lui) avait donné qu'(elle) n'a jamais retrouvé"

 

La chanson décrit bien la magie d'un instant de rencontre, un instant inoubliable et intense... et la désillusion de la séparation. Et bien sûr, on perçoit l'indifférence de la foule face au déchirement de cette absence soudaine qui passe inaperçu au regard de la foule... amour, solitude, force irrésistible de la foule, anonymat du monde moderne et de nos sociétés, fragilité des rencontres et du bonheur, de nombreux thèmes sont perceptibles dans cette chanson...

 

La mélodie restitue merveilleusement les mouvements irrésistibles de cette foule qui danse...

 

 

 Pour mémoire :

La Foule est une chanson enregistrée par Édith Piaf en 1958. Les paroles sont de Michel Rivgauche et la musique d'Ángel Cabral. Il s'agit de l'adaptation de Que nadie sepa mi sufrir, valse péruvienne rendue populaire par des chanteurs argentins, et composée en 1936 par Ángel Cabral sur des paroles d'Enrique Dizeo. Après le succès de l'adaptation française, la version originale a été remise à la mode sous le titre espagnol Amor de mis amores. La chanson a été reprise par de nombreux artistes, en français comme en espagnol, mais aussi dans d'autres langues.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/edith-piaf/paroles-la-foule

 

 

 

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13 septembre 2024 5 13 /09 /septembre /2024 12:35
J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main...

 

Une bien jolie déclaration d'amour dans cette chanson de Georges Brassens : La non-demande en mariage... le texte commence par une tendre apostrophe : "Ma mie", une formule ancienne, un peu désuète, aux douces sonorités de labiales, images mêmes du baiser amoureux.

Le poète adresse une curieuse supplique à sa dame de coeur :

"Ma mie, de grâce, ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flèche"

Il est question d'amour bien sûr avec cette référence mythologique à  la flèche de Cupidon, une flèche qui devient une menace pour Cupidon lui-même... un tue-l'amour, en quelque sorte, comme le prouvent les vers suivants et l'expérience de "tant d'amoureux" : le pluriel vient ici souligner les conventions auxquelles se conforment la plupart des gens... alors que le "bonheur" n'est pas au rendez-vous.

Par un renversement amusant, le mariage conventionnel n'est plus alors un sacrement, mais il devient un "sacrilège"...

Même renversement amusant dans le refrain : les formules traditionnelles sont corrigées avec l'emploi de la négation à deux reprises :

"J'ai l'honneur de
Ne pas te de-
Mander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin"

L'important, c'est la liberté représentée par l'image de l'oiseau dans le couplet suivant, la liberté et la confiance en l'autre, avec l'importance de la parole donnée.  Le mariage est vu, lui, comme une véritable prison, particulièrement pour les femmes, réduites à des rôles domestiques, symbolisés par "des casseroles".

 

L'image de la déesse Vénus qui perd ses attraits et vieillit face aux tâches ménagères est encore une dénonciation du mariage qui impose à la femme le rôle de cuisinière, comme le montre le champ lexical de la cuisine : " maîtresses queux, des casseroles, la lèchefrite, le pot-au-feu." On apprécie au passage l'humour de l'expression "Vénus... perd son latin devant la lèchefrite."

 

L'image de "la marguerite effeuillée dans le pot au feu" est encore à la fois amusante et dénonciatrice : elle  renvoie encore à cette image de la femme mariée, avant tout bonne cuisinière, vouée à des tâches domestiques.

Brassens fait ensuite référence littéraire à la légende de Mélusine : Brassens indique ainsi que selon lui, l'amour ne peut durer qu'en respectant le jardin secret de l'autre... et il revient sur l'idée que l'amour s'étiole dans la routine de la vie quotidienne, quand la femme mariée est cantonnée le plus souvent au rôle de cuisinière.

Encore une référence littéraire, biblique, cette fois, dans la strophe suivante :

"Il peut sembler de tout repos
De mettre à l'ombre, au fond d'un pot
De confiture
La jolie pomme défendue
Mais elle est cuite, elle a perdu
Son goût "nature""

Le mariage est présenté à nouveau comme un enfermement avec l'image de "la jolie pomme défendue, mise à l'ombre, au fond d'un pot."

Et le dernier couplet insiste encore sur le rôle que joue souvent la femme dans le mariage, devenue une "servante" dévolue au ménage et aux soins de la maison... Brassens refuse cette servitude imposée aux femmes depuis des siècles. La femme doit rester une "éternelle fiancée" aux yeux de son amoureux, une bien jolie expression qui suppose de conserver toujours la fraîcheur du sentiment amoureux. La femme idéalisée suscite un amour fait de respect... L'expression "la dame de mes pensées" fait songer à l'amour courtois, tel qu'il était pratiqué au Moyen -Age.

"De servante n'ai pas besoin
Et du ménage et de ses soins
Je te dispense...
Qu'en éternelle fiancée
À la dame de mes pensées
Toujours je pense..."

 

Voilà un bel hymne à l'amour, une magnifique ode à la femme soulignée par le son mélodieux et tendre de la contrebasse.

On découvre aussi dans ce texte une pensée non conformiste, et résolument féministe : Brassens apparaît soucieux de l'émancipation de la femme, de son bonheur, de sa liberté.

 

 

Hélas ! On peut constater que les mentalités n'ont guère évolué : la femme mariée reste encore très souvent vouée aux tâches ménagères, la cuisine, le ménage, les soins aux enfants....

 

Les paroles :

 

https://genius.com/Georges-brassens-la-non-demande-en-mariage-lyrics

 

Un article sur la charge mentale qui pèse encore sur les femmes :

https://www.huffingtonpost.fr/life/article/pour-ces-meres-les-grandes-vacances-ont-ete-si-epuisantes-que-la-rentree-est-presque-bienvenue_238942.html

 

 

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6 septembre 2024 5 06 /09 /septembre /2024 11:42
Auprès de mon arbre, Je vivais heureux...

 

Un bel hommage à la nature et à la simplicité dans cette chanson de Georges Brassens, intitulée Auprès de mon arbre...  une chanson qui nous dit aussi la nostalgie d'une présence aimée, le regret d'un bonheur passé, simple et sans prétention...

Le poète personnifie son arbre, son chêne, dès le premier couplet, une façon de le magnifier et de mettre en évidence toute son importance :

"J'ai plaqué mon chêne
Comme un saligaud,
Mon copain le chêne,
Mon alter ego..."

Il le présente comme un ami familier qu'il a trahi en utilisant un langage à la fois populaire et savant : c'est là une des caractéristiques et une des saveurs de la poésie de Brassens.... Le verbe "plaquer" est à la fois fort et familier, ainsi que l'adjectif "saligaud" alors que l'expression latine "Mon alter ego" appartient, elle, à un registre soutenu.

Et cet ami le chêne était d'autant plus proche que le poète pouvait se confondre avec lui comme le suggère cette image : "On était du même bois", une belle image qui associe l'homme et l'arbre en une fusion parfaite.

C'est aussi un ami simple, "un peu rustique, un peu brut" qui est évoqué... un ami sincère, sans artifices... et donc d'autant plus précieux.

 

En opposant l'imparfait, temps du passé au présent, le poète suggère déjà le regret d'un bonheur révolu :

"J'ai maint'nant des frênes,
Des arbres de Judée,
Tous de bonne graine,
De haute futaie..."

Le poète reste, certes, entouré d'une multiplicité d'arbres plus raffinés, mais il a perdu une relation intime, unique avec son ami le chêne, ce que montrent bien le tutoiement dans le vers suivant et les belles images valorisantes associées à l'arbre :

"Mais, toi, tu manque' à l'appel,
Ma vieill' branche de campagne,
Mon seul arbre de Noël,
Mon mât de cocagne !"

Les adjectifs possessifs "ma", "mon" restituent aussi  une relation privilégiée.

 

Le refrain réitéré avec l'emploi de l'imparfait rappelle le bonheur inoubliable d'autrefois qui a été perdu et les conditionnels passés traduisent le regret :

"Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre...
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais dû le quitter des yeux..."

 

Et on retrouve l'idée de simplicité, d'absence d'artifices dans le couplet suivant, avec, cette fois, l'évocation de la pipe en bois elle aussi personnifiée et valorisée, une pipe complice des jours difficiles :

"Je suis un pauv' type,
J'aurai plus de joie :
J'ai jeté ma pipe,
Ma vieill' pipe en bois,
Qui' avait fumé sans s' fâcher,
Sans jamais m' brûler la lippe,
L' tabac d' la vache enragée
Dans sa bonn' vieill' têt' de pipe..."

Le pluriel dans les vers suivants souligne, à l'inverse,  une certaine aisance, ainsi que les ornements et la qualité de ces objets : 

"J'ai des pip's d'écume
Orné's de fleurons,
De ces pip's qu'on fume
En levant le front"

Mais "lever le front", c'est prendre un air supérieur et arrogant, bien loin de la simplicité de la vieille pipe en bois que regrette le poète...

 

Nouveau couplet, nouvel abandon : cette fois, c'est la femme du poète qui en a fait les frais, et l'on retrouve ce mélange amusant de langage familier et de vocabulaire soutenu :

"Le surnom d'infâme
Me va comme un gant :
D'avecque ma femme
J'ai foutu le camp,
Parc' que, depuis tant d'anné's,
C'était pas un' sinécure
De lui voir tout l' temps le nez
Au milieu de la figure..."

Et le poète se voit donc obligé de chercher une nouvelle compagne aussi attentionnée...
 

Dernière infidélité du poète, avec l'évocation du logement : "une mansarde avec des lézardes Sur le firmament..." qui avait donc l'avantage d'une ouverture sur le ciel et ses splendeurs, notamment la Grande Ourse, et qui permettait au poète d'inviter "des belles de nuit" à faire un tour sur la Grande Ourse.

 

Désormais protégé de la pluie, le poète regrette ce ciel ouvert sur le ciel, sur le spectacle des étoiles... mais on peut bien sûr percevoir un sens plus coquin dans les derniers vers de la chanson : "monter aux cieux", ce peut-être "monter au septième ciel", et dans l'expression : Y' a cent sept ans, qui dit mieux, Qu' j'ai pas vu la lune !", on peut voir encore une allusion coquine.

 

La mélodie est simple, limpide, lumineuse, à l'image des idées exprimées.

 

Un message essentiel dans cette chanson : le bonheur est fait de choses simples, et d'une certaine fidélité à ce que l'on aime... Ce classique de Brassens sorti en 1956 qui vante les valeurs simples et solides est d'une brûlante actualité et pourrait être médité dans notre monde d'apparences : ne devrions-nous pas nous engager sur le chemin d'une simplicité volontaire et enfin préférer l'essentiel à l'accessoire ?

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/georges-brassens/paroles-aupres-de-mon-arbre

 

 

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30 août 2024 5 30 /08 /août /2024 12:02
Viens, je t'emmène...

 

Une chanson d'amour peu ordinaire : dès le début, on entend un tutoiement familier qui semble être adressé à chacun d'entre nous..."Toi qui as posé les yeux sur moi", une expression très générale... ce qui donne au texte une valeur universelle... aucun nom, aucune description... 

L'amour semble ainsi naître d'un simple regard, une attention portée à l'autre... mais cet amour est aussi fait de communication, et de prévenance, de souci de l'autre avec ces mots : "Toi qui me parles pour que j'aie moins froid".

L'amour se fait alors offrande, partage :

"Je te donne tout ce que j'ai à moi
La clé d'un monde qui n'existe pas"

Commence ensuite une invitation à voyager dans un monde de rêve, invitation soulignée par un impératif :

"Viens, je t'emmène
Où les étoiles retrouvent la lune en secret"

C'est à un voyage céleste que nous sommes invités : à la rencontre des étoiles qui sont personnifiées et qui  ont un rendez-vous secret avec la lune, une belle vision onirique...

 

Une invitation réitérée, avec ces vers où l'on retrouve, cette fois, une personnification du soleil, et encore une belle image poétique toute simple :

"Viens, je t'emmène
Où le soleil le soir va se reposer"

 

C'est vers un univers de rêve que nous sommes entraînés, vers un univers secret, intimiste, comme le suggère l'emploi de la première personne du singulier :

"J'ai tell'ment fermé les yeux
J'ai tell'ment rêvé
Que j'y suis arrivée"

 

On est ébloui par de nouvelles personnifications, celles des rivières et des nuages dans le couplet suivant :

"Viens, je t'emmène
Où les rivières vont boire et vont se cacher
Viens, je t'emmène
Où les nuages tristes vont s'amuser"

Ces belles images suggèrent une nature humanisée, très proche de nous... une nature idéalisée aussi où des nuages "tristes" parviennent à "s'amuser" : le contraste vient souligner un monde enchanté où la tristesse se transforme en joie de vivre.

 

Et c'est un lieu tellement secret qu'il est bien plus loin que certaines contrées aux noms exotiques et mystérieux : 

"Plus loin, plus loin, plus loin que la baie de Yen Thaî
Plus loin, plus loin, plus loin que la mer de corail"

Un pays de conte fées est enfin évoqué dans le couplet suivant :

"Viens, je t'emmène
Derrière le miroir de l'autre côté
Viens, je t'emmène
Au pays du vent au pays des fées"

Encore une belle invitation à découvrir un monde imaginaire qui fait référence à la douceur de l'enfance...

 

La mélodie à la fois douce, entraînante et rythmée nous emporte dans son sillage... et on se laisse guider vers ce monde idéal...

 

Cette chanson parue en mars 1978 a été écrite et composée par Michel Berger.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/france-gall/paroles-viens-je-t-emmene

 

 

 

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23 août 2024 5 23 /08 /août /2024 11:53
Musique !

 

Un bel hommage encore à la musique et à la chanson avec ce titre interprété par France Gall : Musique !

Le texte empli de dynamisme prend la forme d'une invitation collective avec un impératif : "Quittons", une invitation à fuir les bruits stressants et assourdissants de la ville symbolisés par "des pelles mécaniques qui construisent quoi..."

Les sonorités de gutturales "k" et "r" restituent parfaitement ici le monde bruyant de la ville...

"Quittons dans ce monde insolite
Le bruit des pelles mécaniques
Qui construisent quoi..."

Un autre impératif est une invitation à chasser la mélancolie pour laisser place au rythme et à la joie...

"Faisons taire les mélancoliques
Avec notre propre rythmique et notre joie"

 

Dans le refrain, le rythme s'accélère et  on retrouve une exclamation à valeur d'impératif : Musique ! suivie d'une invitation à chanter, à se "laisser emporter" et à danser pour s'unir à autrui, comme le suggèrent les verbes "serré, enlacé" et l'expression réitérée "tout contre l'autre".

Une invitation à se rapprocher, à renouer le contact... ainsi la musique est présentée comme un moyen de cohésion, d'harmonie et d'union... ce que suggère bien aussi l'emploi de la première personne du pluriel, dans une grande partie du texte...

 

Et l'invitation s'amplifie avec l'évocation des "orchestres" au pluriel :" Que les orchestres se mettent à jouer..."

La musique de ces orchestres est alors associée aux rêves, au voyage, à un monde d'évasion infinie et de détente dans les corps qui peuvent se laisser aller à "flotter"...

La condition humaine est ensuite résumée en quelques mots simples : "trop faible, trop seul, trop mal, trop rien", ce qui devrait annihiler la volonté de "s'entretuer, de se détester, de se déchirer".

 

Ainsi, la musique devrait servir de rempart contre les guerres et les haines... La musique nous rassemble, dans un monde où règnent une compétition acharnée, des luttes d'influence féroces...

Et la chanson débouche alors sur un beau message politique :


"Déposons nos armes à nos pieds
Renvoyons chez elles nos armées
Jetons à terre nos boucliers
Claquons des doigts et frappons du pied
Hou houhouhou"

Danser, battre la mesure plutôt que guerroyer... voilà un beau message de paix...

La chanson s'achève sur une impression d'infinie douceur... avec la répétition insistante de l'adjectif "douce" associé au nom "musique."

 

La mélodie d'abord assez lente s'intensifie et pleine de gaieté, très rythmée, nous invite à danser...

 

Pour mémoire :

Musique est une chanson écrite et composée par Michel Berger, interprétée par France Gall, parue sur l'album Dancing Disco et sortie en single en mai 1977.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/france-gall/paroles-musique

 

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9 août 2024 5 09 /08 /août /2024 11:36
C'est la romance de Paris...

 

Une chanson célèbre, associée à la ville de Paris : on la doit à Charles Trenet... elle est l'un des plus grands succès de son  répertoire, ainsi que l'un des classiques de la chanson française, des valses musettes et des chansons sur Paris.

 

La chanson commence avec l'évocation d'un couple d'amoureux totalement anonymes, désignés simplement par le pronom "ils". On peut ainsi facilement s'identifier à ces personnages qui ne sont pas décrits. On apprend que leur amour vient d'éclore "depuis deux jours à peine", mais cet amour semble voué à se prolonger, comme le suggère l'imparfait à valeur durative : "Ils s'aimaient."

Leur amour est associé au bonheur, à des images valorisantes qui font songer à autant de clichés : "un rêve bleu comme les anges... un vrai printemps"... l'occasion d'évoquer la jeunesse de ces amoureux :  "leurs tendres vingt ans." Et cet amour efface aussi toutes les peines et tous les malheurs.

On a là une vision totalement idyllique, ce que suggère bien d'ailleurs le refrain de la chanson : "C'est la romance de Paris"... le terme de romance désignant souvent une "bluette sentimentale d’inspiration populaire et naïve".

Une romance qui se répand comme le suggère bien une image encore conventionnelle : celle de la romance qui "fleurit, au coin des rues."

Une romance qui fait du bien, malgré tout, même si c'est du rêve et une illusion :

"Ça met au coeur des amoureux
Un peu de rêve et de ciel bleu"

On retrouve le cliché du "ciel bleu" déjà utilisé.

Et on retrouve aussi une idéalisation dans les vers qui suivent, l'adverbe "gentiment" étant souligné par un intensif, et un vocabulaire hyperbolique étant associé à l'amour :

"Ce doux refrain de nos faubourgs
Parle si gentiment d'amour
Que tout le monde en est épris"

Et la vision idyllique se poursuit dans le couplet suivant qui décrit "la fin de semaine des amoureux" : on les voit "partir en banlieue, cueillir du muguet dans les bois, naviguer, boire du vin blanc dans les guinguettes, et s'embrasser"... Les verbes à l'imparfait : "ils partaient, ils buvaient, il lui prenait un baiser" traduisent un bonheur qui s'éternise et se répète inlassablement.

Trop beau pour être vrai !

Et le narrateur de jouer avec la belle histoire qu'il nous raconte, intervenant même en employant la première personne et interpellant l'auditeur :

"C'est ici que s'arrête mon histoire
Vous aurez de la peine à me croire?"

D'autant que le poète évoque ensuite un amour éternel malgré le temps qui passe : "il s'aimèrent chaque jour... ils vieillirent avec leur tendre amour". On retrouve l'emploi de termes hyperboliques : "ils fondèrent une famille admirable, ils eurent des enfants adorables."

Et même la mort des amoureux se déroule "gentiment." Une vraie romance ! Un beau conte de fées qui nous transporte dans un monde idéal fait de ciel bleu, de bonheur intangible...

Mais qui peut y croire ? C'est la romance de Paris qui nous fait rêver ! Et ce n'est déjà pas si mal !

Peut-être aussi une façon très moderne de tourner en dérision la romance dont on nous berce souvent...

 

La mélodie elle-même nous fait rêver : emplie de douceur, de gaieté, et de charme...

 

Pour mémoire :

"Influencé par l'important succès populaire des accordéons, des flonflons des guinguettes et bals musettes parisiens d'alors, et par le style fleur bleue des années 1930, Charles Trenet évoque avec sa chanson composée en 1941 (en pleine période très sombre et très grave de guerre mondiale, d'occupation nazie, et de film noir) la romance amoureuse idyllique heureuse de deux jeunes amoureux parisiens, qui s'aimèrent toute leur vie."

 

 



 

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2 août 2024 5 02 /08 /août /2024 10:58
Douce France... un bel hommage au pays natal...

 

Un bel hommage à la France, empli de nostalgie, un bel hommage aussi à l'enfance, au pays natal... On le doit à Charles Trénet...

La chanson s'ouvre justement sur des souvenirs d'enfance pleins de simplicité : le statut "d'écolier, le vêtement, la blouse noire, le chemin de l'école..."

L'emploi de l'imparfait à deux reprises "j'étais écolier... je chantais" indique bien ce retour dans un passé bienheureux... que le poète semble vouloir prolonger grâce à ces imparfaits à valeur durative...

"Il revient à ma mémoire
Des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire
Lorsque j'étais écolier..."

Le poète évoque là des souvenirs qui l'ont marqué, et qui restent très présents dans sa mémoire : on relève une perception visuelle avec la blouse noire et aussi une perception auditive, puisque le poète se souvient aussi des chansons qu'il fredonnait sur le chemin de l'école : "Des romances sans paroles, Vieilles chansons d'autrefois."

 

Commence alors un bel hommage à la France magnifiée par des adjectifs valorisants : "Douce France, Cher pays.", la France associée bien sûr à l' insouciance de l' enfance...

Et le poète s'adresse à elle en employant la deuxième personne du singulier, en la personnifiant dans une véritable déclaration d'amour: "Je t'ai gardée dans mon coeur..." et plus loin "je t'aime."

Les douces sonorités de sifflantes, de voyelles nasalisées viennent souligner cette déclaration.

 

Le poète évoque alors ce qui constitue son attachement à la France : le village natal esquissé en quelques mots simples et les amis d'enfance :

"Mon village au clocher aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur."

 

La déclaration d'amour est ensuite réitérée de manière directe, avec insistance : "Oui, je t'aime." et elle s'accompagne d'une offrande : le poème, la chanson elle-même que le poète dédie à la France.

"Oui, je t'aime
Dans la joie ou la douleur.", insiste le poète.

L'antithèse vient ici souligner cet amour absolu à l'égard de la France...

 

Et le poète d'évoquer alors "de lointains voyages", avec des "soleils merveilleux." Mais rien de comparable avec ce que représente pour lui la France : un univers familier qu'il connaît si bien, un univers auquel il est viscéralement attaché, ce que suggère bien la répétition de l'adjectif possessif de la première personne :

"Mon ciel bleu mon horizon
Ma grande route et ma rivière
Ma prairie et ma maison."

On aime ici  la simplicité des décors évoqués sans fioriture...

 

La mélodie très douce, lumineuse est une merveille d'émotions et de sensibilité...

 

Pour mémoire :

"Douce France est une chanson française écrite et interprétée par Charles Trenet en 1943, composée avec Léo Chauliac, un des grands succès de son répertoire et de la chanson française."

"La date n’est pas anodine. La France, comme beaucoup d’autres pays, vit au rythme de l’occupation depuis trois ans. S’inspirant d’une tirade de la « Chanson de Roland » où ce dernier, mourant, s’adresse à sa Dulce France, Charles Trenet interprète ce titre pour la première fois sur la scène des Folies Bergère. En temps de guerre, cette chanson est reçue par beaucoup comme un acte de résistance. Autrement dit, une ode à une France non occupée qui manque à son peuple."

 

Les paroles :

 

http://www.charles-trenet.net/chansons/doucefrance.html

 

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