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24 janvier 2025 5 24 /01 /janvier /2025 12:43
Siffler sur la colline...

 

Une belle ode à la beauté et aux bienfaits de la nature dans cette chanson du répertoire de Joe Dassin...

La chanson évoque dans le premier couplet la rencontre d'une inconnue, une bergère, dans un cadre champêtre : "près d'un laurier, elle gardait ses blanches brebis"... Le narrateur qui parle à la première personne passe très vite de la perception visuelle : "je l'ai vue", à un compliment direct : "Quand j'ai demandé d'où venait sa peau fraîche...", une façon de restituer un coup de foudre immédiat.

 

Et la réponse ne se fait pas attendre : "elle m'a dit
C'est d'rouler dans la rosée qui rend les bergères jolies..."

Voilà une recette de beauté naturelle, comme une belle exhortation à un retour à la nature et à ses bienfaits.

 

Et aussitôt, le narrateur, bien sûr, saisit l'occasion pour faire une demande audacieuse :

"Mais quand j'ai dit qu'avec elle je voudrais y rouler aussi..."

 

La réponse de la jeune bergère ne se fait pas attendre, le refrain est une invitation à "aller siffler là-haut sur la colline", où il faudra "l'attendre avec un petit bouquet d'églantines".

On retrouve là un décor champêtre, avec la colline, lieu d'élévation, de détachement...

 

Là, on pense tout de même que c'est gagné, comme le pense aussi sans doute le narrateur.

Mais malgré la longue attente suggérée par la répétition : "J'ai attendu, attendu", la jeune fille "n'est jamais venue".

On pourrait alors croire à une déconvenue, une déception profonde... Mais le ton, la mélodie restent enjoués... comme si la leçon donnée, celle de la patience, d'une pause contemplative dans la nature était bénéfique... comme si le fait de siffler permettait un épanouissement, une libération...

 

Nouvelle occasion de rencontre avec la bergère, nouvelle scène de séduction : cette fois, "à la foire du village"... une séduction qui passe à nouveau par une parole toujours pleine d'audace et encore associée à la nature :

"Un jour je lui ai soupiré
Que je voudrais être une pomme suspendue à un pommier
Et qu'à chaque fois qu'elle passe elle vienne me mordre dedans"

Mais la jeune fille se contente de "montrer ses jolies dents" et l'invite à nouveau à "aller siffler sur la colline"... et à "l'attendre avec un bouquet d'églantines", fleurs sauvages, fleurs des poètes...

 

On aime dans cette chanson ce beau message de simplicité et de retour à la nature...

 

De plus, les personnages évoqués sont des figures anonymes ; ils ne sont pas nommés, ni décrits, ce qui leur donne une dimension universelle. On peut facilement s'identifier à eux.

 

La mélodie joyeuse, enlevée, rythmée nous entraîne dans ses tourbillons de notes... que du bonheur !

 

Pour mémoire : c'est une reprise de la chanson italienne Uno tranquillo, interprétée et enregistrée en 1967 par Riccardo Del Turco. Le texte français, sans rapport avec l'original, a été écrit par Jean-Michel Rivat et Frank Thomas.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/joe-dassin/paroles-siffler-sur-la-colline

 

A propos de cette chanson :

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/pop-co/tubes-co-joe-dassin-et-le-rateau-de-la-bergere-zai-zai-zai-zai-4745898

 

 

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17 janvier 2025 5 17 /01 /janvier /2025 13:05
Merci Monsieur le Monde !

 

Un bel hommage à notre planète dans cette chanson de Michel Fugain... Le monde est personnifié dès les premiers vers, dans une apostrophe solennelle :

"Bravo, Monsieur le monde
Chapeau, Monsieur le monde"

Ces expressions redondantes marquent un profond respect et une grande admiration pour notre monde...

Une admiration sans bornes, malgré les gens "qui diront Que vous ne tournez pas toujours très rond."

 

Et le poète égrène les splendeurs de ce monde, en les saluant de manière admirative :

"Bravo, pour vos montagnes
C'est beau, c'est formidable
Compliments pour vos saisons
Qui nous donnent des idées de chansons"

On aime la simplicité de ces vers : le vocabulaire est lui-même simple, le poète ne décrit pas les montagnes, les saisons, il en suggère seulement la beauté, la pureté... les montagnes, les saisons sont ainsi  mises à l'honneur. Comment ne pas souscrire à cet éloge ? La diversité des saisons n'est-elle pas une merveille ?

Et ces saisons en viennent même à inspirer des poètes qui écrivent des chansons...

 

Le couplet suivant dépeint la splendeur de la mer et ses teintes si nuancées :

"Bravo, la mer
On n'a jamais trouvé un vert plus bleu
Un bleu plus vert"

 

Et comment ne pas évoquer la musique du tonnerre et de la pluie, qu'"aucune symphonie" ne peut égaler ?  Le poète utilise un vocabulaire hyperbolique : "riche d'autant d'harmonie", "un merveilleux tonnerre", et il imagine dans une belle métaphore que "le tonnerre fait l'amour avec la pluie".

 

Le vent n'est pas en reste, lui qui "fait danser les blés, Qui fait trembler les océans", de magnifiques images qui suggèrent splendeur et puissance.

Sans oublier "le soleil, la colère du volcan" qui est aussi valorisée...

 

L'arc-en-ciel est encore applaudi et associé à la joie d'un enfant...

 

Et après ces éloges appuyés, le poète emploie la première personne du pluriel "nous", pour "demander pardon" pour "tous ceux qui abîmeront le monde."

Une sorte d'aveu de culpabilité et de prise de conscience devant les dégradations que les hommes font subir à la nature... la chanson fait ainsi passer un message écologique.

 

Et le poème s'achève aussi sur un message de paix :

"Bravo, pour la colombe
Si vous lui laissez la vie
Nous vous dirons simplement merci"

La colombe symbole de paix, d'amour, d'espérance exige d'être préservée pour le bonheur de l'humanité...

 

La mélodie emplie de douceur, d'harmonie nous fait percevoir toutes les beautés du monde !

 

Pour mémoire : 

Bravo Monsieur le Monde est une chanson emblématique de Michel Fugain, sortie en 1973 sur l'album Fugain et le Big Bazar no 2. Écrite par le célèbre parolier Pierre Delanoë, cette chanson est rapidement devenue l'un des morceaux les plus marquants de Michel Fugain.

 

Les paroles : 

 

https://www.paroles.net/michel-fugain/paroles-bravo-monsieur-le-monde

 

 

 

Photo : Christelle

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30 décembre 2024 1 30 /12 /décembre /2024 13:00
Il est né le divin enfant...

 

Une chanson de Noël que nous connaissons tous : un hymne de joie devant la naissance d'un enfant, symbole de renouveau, d'espoir... d'autant plus que cet enfant est divin...

 

Le chant fait rayonner la nouvelle de cette naissance avec ce vers répété dans le refrain à deux reprises : "Il est né le divin enfant". La formule a une valeur de mise en relief avec le sujet dupliqué, et repris après le verbe.

 

Et cette nouvelle ne peut que susciter un immense bonheur, une envie de musique, de chant... les impératifs utilisés suggèrent bien cet enthousiasme, ce besoin de manifester une joie intense : "Jouez hautbois, résonnez musettes...Chantons tous son avènement"

Un avènement attendu "Depuis plus de quatre mille ans", comme "Nous le promettaient les prophètes." C'est dire si la joie est d'autant plus importante et bienvenue !

 

Et la chanson d'évoquer toute l'humilité qui entoure cette naissance comme le montre cette expression :"Une étable est son logement". On note la simplicité de la phrase avec l'emploi du verbe "être" que l'on retrouve dans le vers suivant : "Un peu de paille est sa couchette".

 

Et dès lors un constat s'impose : "Pour un Dieu quel abaissement".

 

Mais il s'agit de fêter l'événement dignement : sont alors invoqués les "rois de l'orient", dans une apostrophe solennelle : avec des impératifs insistants, ils sont invités à la célébration :

"Partez ô rois de l'orient
Venez vous unir à nos fêtes"

 

Il est aussi question d'union face à cette naissance qui doit être l'occasion de se rassembler... pour "adorer cet enfant", lui rendre hommage.

Le verbe "adorer", très fort, renvoie, lui, à une ferveur religieuse.

 

Dans le dernier couplet, apparaît enfin le nom de cet enfant dans une invocation majestueuse :

"Ô Jésus, ô Roi tout puissant
Tout petit enfant que vous êtes
Ô Jésus, ô Roi tout puissant
Régnez sur nous entièrement"

Qualifié de "Roi", avec une majuscule, alors qu'il n'est qu'un tout petit enfant, Jésus ne peut que susciter le respect, la soumission à son règne.

 

Quelle belle simplicité dans les paroles de ce chant ! Quel beau message d'union ! La mélodie emplie d'entrain, d'enthousiasme, notamment dans le refrain, souligne la joie, l'espoir qui entourent cette naissance...

 

Ce magnifique chant de Noël  apparaît au début du XIXe siècle, dès 1818, et trouve sa place dans plusieurs recueils de cantiques dès la Restauration.

 

 

Le concours des chorales : à 1 heure, 25 minutes : une magnifique version de ce chant

 

https://www.france.tv/france-3/le-grand-concours-des-regions/6764602-quelle-sera-la-meilleure-chorale-de-france.html


 

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6 décembre 2024 5 06 /12 /décembre /2024 13:20
Un grillon dans ma cheminée...

 

Une merveilleuse chanson d'espoir où le poète fait appel à une métaphore : celle du grillon qui se met à chanter, au coeur de l'hiver, dans une cheminée...

Et la chanson commence justement avec une belle évocation de l'hiver personnifié :

"Quand l'hiver a pris sa besace
Que tout s'endort et tout se glace
Dans mon jardin abandonné"

L'hiver est décrit dans toute sa rigueur : météorologique, d'abord avec le froid, la glace, le vent, en l'occurrence "la burle", vent d'hiver soufflant en Ardèche et sa violence : on voit le vent qui "secoue les portes, En balayant les feuilles mortes", et aussi dans sa dimension quasi psychologique avec l'idée d'abandon, de solitude, de sommeil que connaît la nature... alors que "les fantômes envahissent" la "solitude des allées" dans le jardin du poète... soulignant une impression de mélancolie, et de tristesse...

Mais le refrain vient soudain rompre cette impression avec l'évocation du chant d'un grillon : 

"Un grillon un grillon
Un grillon dans ma cheminée
Un grillon un grillon
Un grillon se met à chanter"

Le mot "grillon" répété à six reprises, avec ses sonorités de palatale et de voyelle nasalisée "on", nous fait entendre cette chanson pleine de gaieté... une chanson qui envahit la maison du poète, car le grillon se trouve au coeur même de lu logis : "dans la cheminée." La répétition du mot grillon traduit bien aussi cet envahissement et cette présence. Ce chant est comme un message qu'il faut savoir écouter...

 

Et le poète d'insister sur le dénuement du grillon qui est humanisé et personnifié, lui qui "n'a rien dans son assiette Pas la plus petite herbe verte La plus fragile graminée" : le grillon apparaît ainsi très proche des humains.

Les superlatifs viennent souligner son indigence et la famine qu'il doit subir. Ce grillon peut être aussi l'image de toute une humanité pauvre et souffrante.

Et le poète s'interroge sur le sort de ce grillon et le considère comme son égal, capable de "rêver, de croire", d'espérer peut-être, une façon de magnifier la nature, de la respecter...

 

Le chant devenu un "cri" sous la plume du poète n'est sans doute qu'une façon pour le grillon de manifester "son refus de disparaître", une façon de lutter contre l'hiver et ses intempéries, une façon de survivre malgré tout dans "cet univers désolé", imagine l'auteur.

 

Dans les derniers vers, le poète utilise une comparaison qui l'associe et l'assimile au grillon : ainsi l'insecte devient l'image même du poète qui essaie de survivre, malgré tout, malgré les malheurs du monde :

"Pour le meilleur et pour le pire
Il chante comme je respire
Pour ne pas être asphyxié"

Et le texte s'achève sur une nouvelle image : celle de l'aube qui se lève "du coeur de la nuit noire" : message d'espoir porté par le grillon qui chante au coeur de l'hiver glacial... Belle image de l'aurore rayonnante qui naît de la nuit...

"Sait-il au fond de sa mémoire
Que c'est du cœur de la nuit noire
Qu'on peut voir l'aube se lever"

 

La mélodie entraînante, douce, chaleureuse  restitue merveilleusement cet espoir...

 

Pour mémoire : cette chanson, sortie en 1991, a été écrite, composée et bien sûr interprétée par Jean Ferrat...

 

Les paroles :

 

https://www.frmusique.ru/texts/f/ferrat_jean/grillon.htm


 

 

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22 novembre 2024 5 22 /11 /novembre /2024 13:51
L'amour est cerise...

 

Une chanson d'amour sensuelle et même charnelle : un texte de Jean Ferrat empli d'audace et de charme... L'amour est cerise...

 

Le poète s'adresse à une "Belle fiancée", une jeune femme à la fois "Rebelle et soumise"... une antithèse qui souligne la jeunesse de cette fiancée : elle fait preuve d' un esprit de liberté et aussi d'une certaine docilité et de pudeur, ce que suggère aussi l'expression "Paupières baissées."

Avec un impératif, le poète invite la jeune fille à "quitter sa chemise", car "L'amour est cerise", phrase qui donne son titre à la chanson : l'amour est ainsi associé à une cerise, fruit rouge de la passion ardente et impatiente... comme le montre aussi la formule suivante : "Et le temps pressé..."

Tout le reste importe peu dans l'instant... et "C'est partie remise Pour aller danser."

 

Dans la strophe suivante, l'emploi du futur : "Nous irons ensemble", les impératifs "Prête-moi ta bouche, Ouvre-moi ta couche" traduisent encore une urgence de l'amoureux et des prières insistantes, soulignées par l'expression "Pour l'amour de Dieu".

Des prières et aussi des promesses d'aller "ensemble Au-delà de tout"..., promesses de bonheur, d'exaltation, de folie.

Et le poète d'évoquer avec sensualité les plaisirs de l'amour, il s'agit de boire aux plaisirs de l'amour jusqu'à l'ivresse dans ces vers audacieux :

"Laisse-moi sans crainte
Venir à genoux
Goûter ton absinthe
Boire ton vin doux"

L'attitude est humble, celle d'un poète courtois "à genoux", mais l'amour est ici surtout une communion charnelle, pleine de sensualité et de volupté.

 

Et l'amour charnel est fait de contradictions où se mêlent "rires et plaintes", des "mots insensés"...

Peu importent les interdits, les amants se vouent aux plaisirs partagés  de l'amour dans une scène intime de sexe : le vocabulaire hyperbolique traduit une intensité de plaisir dans une sorte d'extase : "Ton plaisir inonde Ma bouche ravie" jusqu'à l'accomplissement de l'acte sexuel.

De quoi atteindre la stratosphère, les astres, la lune avec ces exclamations : "Ô Pierrot de lune Ô monts et merveilles"...

 

Et c'est alors que le sommeil peut gagner les deux amoureux : la plume du poète "tombe de sommeil"... une magnifique comparaison permet d' évoquer la nuit qui protège les amants :

"Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu"

L'amour est ainsi présenté comme un trésor fragile et précieux à préserver...

 

Cette merveilleuse ballade, sensuelle, délicate et coquine à la fois a été écrite et composée par Jean Ferrat...La mélodie est emplie de douceur, d'entrain, de charme, de poésie...

 

Les paroles :

 

http://www.chansons.lespassions.fr/chanson-ferrat-85.html

 

 

 

 

 

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15 novembre 2024 5 15 /11 /novembre /2024 13:20
Tout ce que j'aime...

 

Un bel hymne à la beauté de la nature et à l'espoir en ce monde : on le doit à Philippe Pauletto qui a écrit le texte de cette chanson composée et magnifiquement interprétée par Jean Ferrat... Tout ce que j'aime.

 

Dès la première strophe, le poète fait appel à des images poétiques pour évoquer les splendeurs et les merveilles de la nature : "La mer et les oiseaux envolés du sommeil" "Roses d'écumes et fruits vermeils", "L'or des poissons".

On peut alors imaginer et  admirer de magnifiques envols d'oiseaux, des éclats dorés qui nimbent les fruits et les poissons...

 

Mais l'homme est aussi présent dans cette première strophe : il est même intimement lié à la nature.... d'abord dans cette expression : "les oiseaux envolés du sommeil", l'envol ayant toujours été un des rêves de l'humanité... puis dans ce vers :  "La pierre du seuil usée par le pas des saisons"... où les saisons sont personnifiées, assimilées à des êtres humains et encore dans cette belle évocation : "Le vent rêvant sur ma maison" où les vents sont ainsi humanisés et associés à la maison du poète.

Enfin, "le soleil", "les moissons" humaines sont cités en fin de strophe, étant indissociables... une façon de souligner toute l'importance de la nature pour notre humanité.

Le mode énumératif utilisé dans la première strophe crée un effet d'abondance, de générosité, de plénitude que l'on trouve illustré dans le refrain :

"Tout ce que j'aime
Tout ce que j'aime au creux des mains"

Et l'on retrouve aussi dans ces vers l'idée que toutes ces merveilles sont offertes et accessibles à l'homme.

 

La deuxième strophe déroule une nouvelle thématique chère à Jean Ferrat : celle du combat pour une vie toujours meilleure... Le mot est ainsi utilisé au pluriel à deux reprises : "Combats d'hier combats toujours recommencés...", une lutte qui se perpétue..., un espoir pour l'avenir restitué par cette belle image : "graines de l'avenir".

Et le but reste le même : "Un pas de plus vers la beauté...", une beauté faite de "rêves qui vont fleurir", une beauté faite d'espoir, d'union, de bonté... On perçoit là tout un humanisme cher à Jean Ferrat.

Et le refrain vient scander cet espoir :

"Tout ce que j'aime
Tout ce que j'aime mène à demain"

 

La dernière strophe égrène encore sur le mode de l'énumération les bonheurs de la vie : "Le goût de vivre sans mesure... l'amour... Deux bras qui s'ouvrent comme un grand livre, une chanson", bien sûr, qui pourra évoquer de "Justes colères" mais aussi la beauté du monde et ses "mystères : la lumière, l'infini"...

Le refrain qui suit apparaît comme une offrande faite à chacun d'entre nous :

"Tout ce que j'aime
Tout ce que j'aime t'appartient"

 

Indéniablement, avec cette chanson on fait un pas de plus vers la beauté et l'harmonie du monde...

La mélodie emplie de douceur invite à la rêverie, et nous entraîne dans son sillage de notes alanguies...

 

Au sujet de Tout ce que j'aime, le biographe Robert Belleret écrit qu'il :

« [...] "est très joliment construit selon une métrique descendante ; à chacun des trois couplets on retrouve deux alexandrins, deux octosyllabes, puis deux vers de quatre pieds et enfin deux de trois."

Ainsi, le poème dessine trois triangles, le triangle est souvent considéré comme une figure divine évoquant l’harmonie, la sagesse...

Pour mémoire :

C'est pour Jean Ferrat que Philippe Pauletto écrit, en 1969, sa chanson Tout ce que j'aime. Cette chanson est enregistrée en décembre de la même année et aussitôt publiée en disque 33 tours, puis en 45 tours en janvier 1970.

 

Les paroles :

 

https://genius.com/Jean-ferrat-tout-ce-que-jaime-lyrics

 

 

 

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8 novembre 2024 5 08 /11 /novembre /2024 12:59
Fandango du pays basque !

 

Fandango : un mot qui chante et qui danse avec ses deux voyelles nasalisées "an", ses consonnes variées, fricative, dentale, gutturale, ses voyelles ouvertes "a", "o" qui peuvent traduire étonnement ou admiration...

Un mot bien approprié pour désigner une danse, en l'occurrence  une danse traditionnelle espagnole de couple, d'origine andalouse, accompagnée de castagnettes et de guitare et qui peut être chantée. Les caractéristiques du fandango sont un rythme continu de castagnettes et une accélération constante du tempo.

 

C'est ce rythme vif, endiablé que l'on retrouve dans une chanson interprétée par Luis Mariano, Fandango du pays basque, Luis Mariano étant lui-même originaire du pays basque espagnol.

 

Dès le premier couplet, le Fandango apparaît comme une entité vivante à qui s'adresse le chanteur, dans une apostrophe, en employant le tutoiement :

"Fandango du pays basque
Fandango simple et fantasque
Pour te danser dans les bras d'un garçon
Une fille ne dit jamais non!"

 

Le fandango est décrit aussi comme une danse joyeuse qui favorise les rencontres...la fête, la poésie, l'amour...  c'est une danse qui emporte et entraîne tout le monde dans ses tourbillons, non seulement les êtres humains mais aussi toute la nature environnante... tant est forte l'attraction de cette danse.

On voit ainsi "La montagne flirter avec l'Adour", un fleuve... et l'écho du fandango qui se répand de "Sare à Bilbao" !

Et la nature entière se met à l'unisson de ce "chant d'amour : les oiseaux, le ruisseau"...

 

 Un chant si joyeux qu'il permet toutes les "folies"... un chant interprété  lors de nombreux "mariages"... un chant magnifié grâce au procédé de personnification puisque le poète s'adresse au fandango, en employant la deuxième personne du singulier : "tes accents si joyeux, ton rythme qu'on a dans le sang."

Un chant, une danse si entraînante que "Les mains sur les tambourins bien entrain Rythment ce refrain jusqu'au matin."

Ce fandango grâce à sa vivacité et son entrain a même un effet magique rajeunissant :

"Alors grand-père et grand-mère
Ont des regards qui s'éclairent
En écoutant cet air du bon vieux temps
Il revoient leur printemps de vingt ans!"

 

La mélodie est à l'unisson des paroles : rythmée, joyeuse, virevoltante, elle nous entraîne dans ses tourbillons de notes...

 

Pour mémoire :

La chanson Fandango du pays basque  a été chantée par Luis Mariano dans le film "Fandango", 1948. Les paroles ont été écrites par André Tabet et Gérard Carlier - La musique a été composée par Francis Lopez.
 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/luis-mariano/paroles-fandango-du-pays-basque


 

 

 

 

 

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1 novembre 2024 5 01 /11 /novembre /2024 12:52
Andalucia mia pays d'amour !

 

Andalucia ! Ce nom n'est-il pas à lui tout seul empreint de charme, de poésie, d'exotisme ? Voyelle "a" redondante, réitérée à  trois reprises, son "ou" langoureux, sifflante "c" pleine de douceur... et c'est aussi un mot de cinq syllabes, ample, majestueux qui nous fait voyager vers d'autres contrées du sud...  l'Espagne...

Dès l'ouverture de cette chanson, le son des guitares et des castagnettes nous transporte en Espagne...

 

Un bel hommage au pays d'origine, un bel hommage à l'Andalousie avec cette chanson... car le poète semble évoquer ici sa terre natale en employant ce possessif : "Andalucía mía". Et l'on perçoit aussitôt un attachement profond à cette région.

Ce pays est, dès lors, naturellement associé à l'amour... avec quelques mots de ce champ lexical : "amour, coeur, baiser, lèvre..." un amour fidèle, éternel, comme le suggèrent ces indications de temps : "toujours, que de fois".

Le poète s'adresse aussi à sa terre natale, en employant la deuxième personne du singulier, une façon de la personnifier, et de la magnifier...

 

La description qui suit est élogieuse, faite de perceptions visuelle, olfactive, auditive particulièrement agréables et douces dans ces expressions "ton ciel en fleur, parfum léger de tes doux orangers, J’entends toujours Tous les refrains si fous."... de quoi combler de "bonheur" le  poète...

Les sonorités de fricative "f" contribuent aussi à cette impression d'infinie douceur...

Si bien que ce pays devient un paradis dans une apostrophe hyperbolique "Ô divin paradis".

 

Pourtant, ce paradis est jugé "frivole" par l'opinion commune, comme le montre la relative "que l'on dit frivole".

Mais, ce n'est là qu'une fausse réputation corrigée aussitôt dans les vers suivants :

"Tu m'as appris
Le prix d'une parole
Quand on jura chez moi
De s'aimer d'amour"

Le tutoiement familier traduit encore une complicité et le vocabulaire suggère une fidélité à toute épreuve.

Le refrain est de nouveau une déclaration d'amour réitérée :

"Andalucía mía
C'est pour toujours !
Andalucía mía
Pays d'amour !"

Le dernier couplet est une évocation des filles d'Andalousie : on les entend chanter des refrains qui sont magnifiquement  comparés à des "bijoux". Et le poète fait aussi l'éloge de leur baiser inoubliable :

"Et je frémis encore
Au baiser si fort
De leur lèvre qui mord !"

 

Cette chanson est ainsi une magnifique ode à la sensualité : tous les sens sont sollicités. L'amour du pays devient aussi au fil du texte l'amour des filles de ce pays...

La musique joyeuse, rythmée et douce à la fois restitue bien cette atmosphère sensuelle et voluptueuse...

 

Pour mémoire :

Cette chanson a été écrite par Raymond Vincy et Albert Willemetz, la musique composée par Francis Lopez. La mélodie est inspirée d'une pièce symphonique connue : Andaluza du compositeur : Enrique Granados.

 

Les paroles :


https://greatsong.net/PAROLES-LUIS-MARIANO,ANDALOUSIE,107597786.html

 

 

 

 

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25 octobre 2024 5 25 /10 /octobre /2024 12:12
La Belle de Cadix a des yeux de velours...

 

Une chanson qui évoque une femme fatale : comme souvent, elle n'est pas vraiment décrite mais représente un idéal de beauté. Elle n'est pas nommée, elle est seulement désignée par une périphrase : "la Belle de Cadix", avec un article défini, donc forcément la plus belle...

 

Seuls ses yeux, son sourire sont soulignés et mis en valeur : des "yeux de velours, des yeux langoureux, ses jolis yeux noirs, son sourire". La jeune femme est aussi associée à l'amour... et l'auditeur est pris à témoin avec l'emploi de la deuxième personne du pluriel : "La Belle de Cadix vous invite à l'amour".

Une scène est alors esquissée : la danse de la Belle dans une "posada", une auberge, dès lors les cavaliers s'empressent pour la voir danser, et "viennent tenter leur chance." Les pluriels "les caballeros, les hidalgos" suggèrent une foule venue pour courtiser la jolie jeune fille.

 

Mais le commentaire qui suit ne laisse aucun espoir à tous ces prétendants : "La Belle de Cadix ne veut pas d'un amant !"

 

Le thème de la femme fatale est de nouveau exploité dans le couplet suivant... on voit la jeune femme entourée de "beaucoup d'amoureux". Deux d'entre eux sont nommés et évoqués : "Juanito de Cristobal", et "Pedro le matador"... deux hommes prêts à tout pour conquérir la belle, l'un serait prêt à "tuer un rival", et l'autre à "donner sa fortune" pour l'amour de la Belle.

Ainsi la femme fatale est souvent associée au malheur, à la mort, à la déchéance...

 

Sauf que la Belle de Cadix, elle, n'a jamais eu d'amant ! Elle n'est donc pas vraiment une séductrice comme l'archétype de la femme fatale...

 

Dans le couplet suivant, on assiste au départ de la Belle, après une folle nuit de danse : on la voit danser "Dans le monde et le bruit Toutes les seguidillas" !

Dès lors, qui pourrait penser que la jeune femme "a pris le chemin Qui mène à  Santa Filla" ? Qui pourrait penser qu'elle "est entrée au couvent" ?

C'est pourtant la chute surprenante de cette chanson... une chute qui laisse ses amoureux désarçonnés et déconfits... ce que l'on perçoit dans les cris joyeux du refrain qui se ralentissent à la fin de la chanson...

 

La mélodie joyeuse, rythmée nous invite à visualiser la danse de la Belle, et les prétendants qui l'entourent et la courtisent avec ferveur...

 

Pour mémoire : La musique a été composée par Francis Lopez, les paroles écrites par Maurice Vandair.

"La Belle de Cadix" est aussi une opérette : c'est la première opérette à connaître un grand succès dans l'immédiat après-guerre. Elle est créée à la va-vite fin décembre 1945, et restera à l'affiche pendant 2 ans. Elle renouvelle un peu le genre de l'opérette d'avant-guerre, avec ce côté exotique à la mode dans les années 1950.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/luis-mariano/paroles-la-belle-de-cadix

 

 

 

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18 octobre 2024 5 18 /10 /octobre /2024 12:18
Rossignol, rossignol de mes amours...

 

Une chanson en forme de conte, avec tous les ingrédients d'un conte traditionnel : la formule initiale intemporelle "Il était une fois", et les personnages,  une belle princesse, un oiseau, un prince charmant...

Nous voici entraînés dans l'univers de l'enfance et des belles histoires enchantées... et dans un univers mythique et lointain, le conte ayant une valeur universelle.

 

Dès le premier couplet, on découvre "une fille de roi Enfermée nuit et jour Au sommet d'une tour", un personnage stéréotypé, comme souvent dans les contes, elle n'est pas décrite, ni nommée, on apprend seulement qu'elle est triste et qu'elle est même un symbole de la tristesse, comme le suggèrent ces hyperboles : "Au coeur plein de tristesse, Elle pleurait toujours". On ne sait même pas pourquoi elle est enfermée si rudement.

 

Après des imparfaits duratifs, intervient soudain une rupture avec cette indication de temps "Un jour" suivie d'un passé simple à valeur ponctuelle :

"Un gentil rossignol
Vint dire à la princesse"

Comme souvent, le conte fait alors intervenir le merveilleux, ici le rossignol qui est personnifié s'exprime : 

"Je t'apporte l'espoir" dit-il.

 

Ce rossignol peut représenter la nature, la liberté, une ouverture bénéfique sur l'extérieur, comme une respiration dans un monde clos. Le rossignol et son chant symbolisent, aussi, traditionnellement l'amour.

 

Dès lors, la princesse n'a qu'un souhait : revoir le rossignol et elle l'appelle tous les soirs de ses voeux, en chantant...

Le refrain nous fait entendre cette douce et mélodieuse chanson..., c'est un appel pressant, insistant comme le montre la double répétition de l'apostrophe "Rossignol, rossignol de mes amours", et du verbe venir à l'impératif : "viens, reviens".

 

La princesse l'invite à venir chanter sous sa fenêtre, à minuit, "quand la lune brillera"..., elle réclame donc une sorte de sérénade nocturne, un chant qui permettra à son chagrin de "s'envoler", belle métaphore qui évoque encore l'oiseau...

Le chant, la musique comme thérapie : voilà une magnifique évocation des pouvoirs magiques de la musique !

 

Et le voeu de la belle est exaucé : on assiste au retour du rossignol, et à des gestes d'affection et d'amour : "Elle le caressa et elle l'embrassa". Et voilà le rossignol métamorphosé en prince charmant, encore un élément merveilleux et traditionnel des contes de notre enfance. La belle a trouvé l'amour...

 

Les derniers vers de la chanson nous présentent une sorte de généralisation : la recette est reprise par "Les filles du pays" qui "Chantent toutes les nuits", espérant elles aussi trouver l'amour !

Une belle conclusion, une belle morale : on perçoit là une belle évocation des pouvoirs de la musique et du chant...

 

La mélodie est pleine de gaieté, de douceur, de légèreté, de charme notamment dans le refrain...

 

Pour mémoire : Cette chanson interprétée par Luis Mariano a été écrite par Raymond Vincy, Francis Lopez a composé la musique.

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/luis-mariano/paroles-rossignol

 

 

 

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