ROSEMAR
Oppède, tel est le nom de ce vieux village de Provence bâti, comme on le faisait, autrefois, sur un éperon rocheux, sur les contreforts du Luberon... Le nom même de ce village évoque ses origines anciennes, puisqu'il est probablement issu du mot latin "oppidum", la place forte.
On aperçoit de loin, sur la hauteur, l'église ancienne rénovée, les ruines d'un château qui date du Moyen Age.
Le dédale des rues qui conduit au sommet du village est pittoresque : de vieilles maisons de pierres, des portes aux décors anciens, des poutres, des échauguettes, des voûtes, des gargouilles s'offrent au regard des visiteurs.
Les toits de tuiles des habitations font voir des teintes variées d'ocre, de rose, de rouille...
La montée vers le village permet de découvrir une multitude d'essences variées : pins, cyprès, cistes, aubépines, genévriers, lauriers tins, acacias... Lors de la promenade, en plein été, l'odeur des pins s'exacerbe et emplit l'air d'une saveur prégnante et enivrante.
Dans le lointain, entre deux cyprès, on peut entrevoir le Mont Ventoux et ses sommets enneigés...
Lors de l'ascension, on ne peut que s'émerveiller devant ces bâtisses de pierres, aux formes variées, aux portes en bois, voûtées... Les rues pavées à l'ancienne se hissent vers le sommet du village, d'où l'on découvre un ruissellement de cèdres et de pins qui dévalent la colline, dans un murmure incessant de cigales.
La vue est vertigineuse, éblouissante, étourdissante : on entre dans un monde nouveau, on est bercé par une vision de bleus et de verts...
L'époque est à la morosité... on insiste, sans arrêt, sur les échecs de la France : le chômage, la crise, la croissance qui est faible...
Et pourtant, la France possède d'innombrables atouts... en 2013, la France a été le pays le plus visité, au monde : elle a attiré de nombreux touristes, venus des autres pays européens, de la Chine, des USA.
Nos voisins allemands ont été 13 millions à visiter le pays, suivis des Britanniques, environ 12,6 millions...
Les premiers clients extra-européens de la France se trouvent en Amérique du Nord, avec une hausse de 5,8% des arrivées de touristes.
Les Chinois sont, aussi, attirés par la France : 1,7 million de Chinois sont venus en France, soit une hausse de 23,4%.
La France se distingue par une très grande diversité : diversité des paysages, garrigues provençales, calanques méditerranéennes, montagnes du sud, beau Lubéron aux falaises abruptes, le mont Ventoux et ses sommets enneigés, les immenses plages de sable de la côte Atlantique, de la Bretagne, de la Normandie.
La France se caractérise par la variété de ses reliefs, des paysages volcaniques aux formes adoucies du Massif Central, aux pics acrobatiques des Alpes et des Pyrénées.
La France, c'est, aussi, un passé riche d'histoire qui a laissé des traces innombrables : monuments romains, amphithéâtres, arcs, ponts, temples romains, villages du Moyen-Age, châteaux de la Loire, Versailles et sa magnificence...
La France nous fait admirer des côtes variées, des milliers de kilomètres de côtes aux escarpements pittoresques, elle nous permet d'apprécier son terroir, ses traditions locales, culinaires si variées !
La France, c'est une langue pleine de ressources et de richesses, une littérature d'une inventivité inouie : la verve de Rabelais, les réflexions de Montaigne, Montesquieu, la poésie de Musset, Lamartine, de Rimbaud, Verlaine, Racine, l'universalité de Molière, ce sont des écrivains que le monde entier nous envie...
La France, c'est une culture, un art de cultiver et de tailler la vigne, c'est encore une diversité agricole qui s'oriente, de plus en plus, vers une agriculture biologique, saine.
La France, c'est une envie de s'ouvrir au monde, d'apprendre, de se cultiver... c'est le plaisir et le bonheur d'une langue savoureuse, riche d'apports culturels multiples, c'est la magie du verbe...
La France, c'est Rabelais, sa soif de connaissances, c'est Montaigne, son goût des paradoxes, c'est la langue poétique d'un Racine, d'un Corneille, c'est la poésie vénéneuse et somptueuse d'un Baudelaire, c'est Hugo, auteur d'une oeuvre colossale, c'est, aussi, la prose poétique d'un Chateaubriand.
C'est une langue riche d'histoire, de dérivations, d'inventions, riche de mots à l'étymologie lointaine et mystérieuse.
La France est belle, diverse : on n'a jamais fini d'en découvrir toutes les ressources...
Comment ne pas être sensible à ce pays de vents, d'océans, de monts, de mers, et de lumières ? Comment ne pas aimer cette terre de France ?
Ce n'est pas un hasard si la France attire tant d'étrangers, venus visiter tant de régions qui ont su garder leurs caractères, leurs spécificités.
La France, mon pays, reste une terre aux multiples attraits, c'est le plus beau pays du monde !
Photos : rosemar
L'amour qui s'enfuit, l'amour qui s'altère, la difficulté d'aimer, tels sont les thèmes de cette chanson d'Alain Souchon, L'amour à la machine... thèmes, maintes fois, traités, mais le poète a su renouveler ces lieux communs et créer un texte original et plein de modernité.
L'auteur imagine de passer un amour ancien à la machine, pour restaurer le bonheur d'antan, symbolisé par des "couleurs d'origine"... Voilà une idée étonnante qui surprend et amuse à la fois !
Il imagine, aussi, d'utiliser de l'eau de javel pour retrouver une "pureté originelle" !
L'idée de "blancheur éternelle " renvoie à des sentiments d'autrefois qui se sont étiolés et qu'il faudrait renouveler.
Des couleurs se sont perdues : "le rose d'une joue a pâli, le bleu des baisers" a disparu, belles images de teintes associées traditionnellement à l'amour...
La couleur bleue évoque, immanquablement, Matisse et ses tableaux, mais aussi la difficulté de la vie, des bleus à l'âme, les caresses font naître des images d'ardeur et de rouge mais le soleil les anéantit, les "tabasse", terme très fort.
L'auteur semble vouloir inventer des recettes pour résoudre d'autres problèmes : le désarroi des gens âgés, le racisme, l'intolérance.
On peut imaginer, aussi, que du "rouge" puisse faire disparaître la misère des gens âgés, que des "mains noires" soient associées à des "boucles blondes", pour réunir des gens venus d'horizons différents...
Le texte se présente comme une recette, une expérience à tenter pour faire ressurgir un amour disparu : l'auteur emploie des impératifs :" passez, faites le bouillir, allez."
On retrouve, dans ce texte, un thème éternel : celui du temps qui passe, qui affaiblit les sentiments et les ternit : mais quelle modernité et quelle originalité dans la façon d'évoquer ces couleurs disparues et qui pourraient être ravivées par un simple lavage !
Vaine illusion, vaine recette ! La machine à laver évoque et suggère, aussi, immanquablement la vie quotidienne qui use et érode les sentiments...
L'alternance de vers longs et de vers très courts crée des effets de surprise, des décalages entre le présent et le passé : l'averbe de temps "avant" est ainsi rejeté dans un autre vers, en fin de phrase.
Le rythme de la mélodie très vif semble restituer la rapidité du temps qui passe, une accélération de la vie, à laquelle personne n'échappe.
A travers cette chanson, Alain Souchon renouvelle complètement un thème éternel : la fuite du temps qui nous emporte dans ses tourbillons et qui altère les sentiments, les affadit.
Notre société de consommation perd tous ses repères : la dernière nouveauté annoncée paraît incroyable... On pourra bientôt lire, sur des étiquettes de lingerie, grâce à un portable ou une tablette, de courtes nouvelles écrites par des écrivains en vogue.
Mélanger littérature et nuisettes, voilà qui a de quoi surprendre... On cherche, de plus en plus, à nous vendre des nouveautés à tout prix, il s'agit de lancer, sans cesse, de nouveaux produits, pour inciter à l'achat.
On voit bien toutes les dérives vers lesquelles nous entraînent nos sociétés...
Après les jeans taille basse qui laissent entrevoir la naissance des fesses, et qui incitent les jeunes à acheter des slips toujours plus colorés et plus chamarrés, destinés à être visibles de tous, après les jeans troués, après les i-pods qui polluent les oreilles des adolescents, après les slips "qui sentent bon, cent pour cent made in France", comme l'affirme la publicité, voilà que débarque la lingerie dite "intelligente."
On perçoit, là, comme une fuite en avant, dans le domaine de l'innovation...
Les publicitaires n'ont pas froid aux yeux, quand ils affirment à propos des slips parfumés : "Vous voulez changer le monde, vous voulez changer les choses, commencez par changer de slip !"
La marque française de lingerie Etam veut, quant à elle, lancer des chemises de nuit et nuisettes, avec étiquettes équipées de "codes QR". Ces petits codes barres à flasher permettront de lire des auteurs comme Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, Laurent Seksik, prix du meilleur roman français du Parisien en 2013, ou encore Marie Desplechin, prix Medicis 2005, autant de romanciers qui ont accepté de se prêter au jeu.
De tels produits sont-ils voués à remporter du succès ? Tout est possible : on a bien vu l'engouement des jeunes pour les boissons énergisantes, comme le Red Bull, lancé à grand renfort de publicités.
On a bien vu le succès de toutes les innovations dans le domaine des i-phones, un modèle toujours plus performant en remplaçant un autre.
Les dérives de nos sociétés de consommation sont nombreuses, et il semble qu'on atteigne, désormais, des sommets...
Il paraîtrait que la lingerie "intelligente" pourrait inciter les jeunes à la lecture, mais on perçoit, là, un artifice de vente.
Nos sociétés de croissance tentent, sans arrêt, de mettre sur le marché de nouveaux produits sans réelle utilité.
Vers quels délires nous conduisent-elles , vers quels sommets de futilité veut-on nous emmener ?
Ne faut-il pas s'inquiéter de ces dérives, ne faut-il pas redouter cette course effrénée vers des nouveautés toujours plus extravagantes les unes que les autres ?
Comment doit-on réagir face à cette tendance ? Les publicitaires font en sorte de créer des frustrations et des insatisfactions, notamment chez les jeunes, mais cette fuite perpétuelle en avant nous conduit vers des excès néfastes....
Ne faudrait-il pas introduire une certaine mesure dans nos sociétés de croissance ? La croissance à l'infini est-elle encore souhaitable et même envisageable ?
Source : Le Monde
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