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10 avril 2024 3 10 /04 /avril /2024 09:39
La Russie recrute des soldats dans le monde entier...

 

Guerre en Ukraine : pénurie de soldats dans les deux camps... une guerre qui fait de nombreuses victimes... dès lors, comment recruter de nouveaux soldats ? En Russie, on appâte des étrangers en leur faisant miroiter un salaire confortable... une véritable exploitation de la misère du monde...

"Des soldats venus d'Afrique ou d'Asie : Moscou les recrute en promettant de gros salaires. Des centaines de soldats étrangers recrutés par la Russie se retrouvent ainsi prisonniers en Ukraine

 

Ils sont Indiens, Cubains, Somaliens, Népalais, Sierra Léonais, ils semblent accablés : ils sont désormais prisonniers de guerre en Ukraine...

Ces hommes affirment s'être engagés dans l'armée russe pour gagner de l'argent. Mais ils expliquent avoir signé un contrat disant qu'ils n'iraient pas sur le front, qu'ils seraient, par exemple, agents de sécurité à l'arrière... Pourtant, c'est sur le front, en première ligne, qu'ils ont été faits prisonniers.

"J'avais besoin d'argent pour ma famille, ce n'était pas mon projet de rentrer dans l'armée en Russie", explique l'un d'eux. "Un intermédiaire m'a dit : "Prépare tes papiers" et il m'a caché la réalité, il ne m'a pas dit que je serai en première ligne.

Un autre témoigne : "C'est beaucoup de souffrances, car je suis parti de zéro et je me retrouve encore à zéro, c'est horrible pour ma famille."

 

Tous ont été attirés par des annonces publiées sur les réseaux sociaux, elles promettent des visas pour Moscou et des salaires de 2 000 euros par mois.

Un Indien est un agent recruteur travaillant pour les Russes à Saint Pétersbourg, il vante les mérites de s'engager et assure qu'il ne s'agit pas de combattre sur les fronts :

"Votre travail sera, par exemple, de démolir des immeubles abandonnés, et de récupérer à l'intérieur ce qui serait précieux comme des armes. C'est surtout un emploi de gardiennage et de main d'oeuvre, vous comprenez ?"

Un Africain se retrouve à Kiev en larmes.

Les autorités ukrainiennes ont décidé de communiquer sur ces étrangers qu'ils détiennent : "plusieurs centaines", disent-ils.

"La Russie utilise ces hommes comme de la chair à canon. Leur chance d'avoir vraiment de l'argent est très faible."

Ces hommes ont souvent été piégés par leur pauvreté et leur naïveté. Ils dorment en prison en Ukraine. Les Ukrainiens affirment être en négociation avec l'Inde ou encore le Népal pour tenter de trouver des solutions pour ces prisonniers non Russes. Mais pour l'heure, certains pays comme la Somalie ou la Sierra Leone semblent ne pas se préoccuper du sort de leurs ressortissants."

 

 

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/guerre-en-ukraine-l-armee-russe-recrute-des-soldats-dans-le-monde-entier_6434545.html

La Russie recrute des soldats dans le monde entier...
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3 avril 2024 3 03 /04 /avril /2024 09:38
La propagande russe prend de l'ampleur...

 

"Ambiance de guerre froide avec la Russie, ou de guerre hybride et cela s'illustre avec un faux reportage de RFI : une vidéo laisse croire qu'une épidémie de tuberculose menace la France. Le virus aurait été introduit sur notre territoire par des soldats ukrainiens soignés dans nos hôpitaux...

 

Le logo de Radio France Internationale est bien en vue : l'information est à priori de première importance... La tuberculose a été diagnostiquée chez des soldats ukrainiens envoyés en France pour y être soignés.

Publié sur plusieurs groupes Telegram russes, la vidéo a été vue des dizaines de milliers de fois et semble avoir suscité les sarcasmes de certains Russes :

"Punaises de lit et tuberculose : si seulement je pouvais aller aux Jeux Olympiques en France..."

 

Aussi alarmante qu'elle paraisse, l'information n'a pourtant pas été relayée par d'autres médias...

Cette vidéo a-t-elle été réellement publiée par RFI ?

C'est faux ! Le montage, le logo laissent penser à une vraie publication de la radio. Mais des journalistes russophones de RFI ont alerté : c'est une supercherie...

"RFI  a été la cible d'une nouvelle campagne de fake... ce reportage est un fake russe."

Autre démenti : celui de l'hôpital américain de Paris... c'est là que travaille un docteur qui, dans la vidéo, estime que "la situation est dangereuse."

Contactés, l'hôpital comme la pneumologue assurent n'avoir jamais évoqué cette question et vont porter plainte.

 

La falsification de l'article de RFI par la propagande russe n'est pas une première : elle se rapproche d'une autre opération similaire appelée "sosie". Plusieurs sites français d'information en ont été victimes.

Faux articles empruntant le logo et la police d'écriture pour Le Monde ou Le Parisien : "Un ministre français soutient les meurtres de soldats russes en Ukraine" ou encore "Un exode massif pour échapper à l'esclavage militaire. Des Ukrainiens tentent d'échapper à une mort imminente sur le front."

 

Et on a même vu ce qu'on appelle une deep-fake pour la chaîne France 24, avec l'annonce d'une fausse tentative d'assassinat d'Emmanuel Macron :

"Les autorités ukrainiennes ont prévu de rejeter la responsabilité de l'attaque du président français du côté russe..." Cette voix mécanique a été générée par l'Intelligence artificielle, le journaliste n'a jamais prononcé ces mots et la menace n'existait pas réellement.

Cela n'a pas empêché Dimitri Medvedev, l'ancien président russe, de la reprendre à son compte : "Macron a eu tellement peur d'un assassinat qu'il a annulé son voyage à Kiev."

 

Selon les autorités françaises et européennes, l'offensive de falsification russe prend de l'ampleur, les fausses vidéos et les faux articles pourraient se multiplier, à l'approche des élections européennes."

 

Source :

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/russie/propagande-russe-une-video-affirme-qu-une-epidemie-de-tuberculose-ukrainienne-menacerait-la-france_6453911.html

 

 

La propagande russe prend de l'ampleur...
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27 mars 2024 3 27 /03 /mars /2024 10:23
Russie : médiatisation et banalisation de la violence...

 

"Des terroristes, des islamistes radicaux arrêtés en Russie par le FSB : quatre premiers suspects ont été présentés devant un juge, trois jours après la fusillade à Moscou qui a tué au moins 139 personnes. Les terroristes présumés ont été passés à tabac durant leur interrogatoire, une pratique courante en Russie.

 

Sur les images, les quatre suspects présentent des visages d’hommes qui ont été durement battus. Il manque un bout d’oreille à l’un d’entre eux. Un autre est figé dans un fauteuil roulant, presque inanimé. En Russie, de nombreux commentateurs ont souligné, sans s’offusquer, ces traces évidentes de torture, une pratique banale dans les commissariats et les prisons russes.

 

"Cela fait vingt ans que je documente des actes de torture à l’électricité sur les parties génitales et d’amputation de bouts d’oreille, observe une défenseure russe des droits humains. En Ukraine et en Syrie, on avait déjà vu des vidéos exposées sur les réseaux sociaux." 

 

Un néonazi notoire appartenant à la milice Roussitch s’est vanté d’avoir coupé un bout de l’oreille d’un des suspects arrêtés dimanche. Il a ensuite mis aux enchères le couteau utilisé avec les traces de sang.

 

Après les attentats du World Trade Center, les États-Unis avaient également été accusés de recourir à des formes de torture (simulation de noyade, exposition au bruit, privations de sommeil, froids ou chaleurs extrêmes…) dans des centres à l’étranger ou à Guantanamo, en utilisant des failles dans le droit national. Les États-Unis comme la Russie ont pourtant ratifié dans les années 1980 la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants."

 

Des pratiques barbares et indignes, des violences d'un autre temps...

En ce qui concerne la Russie, ces violences sont exhibées, montrées en exemple. On a vu les visages tuméfiés de ces suspects arrêtés par les Russes.

Interrogé par les journalistes sur ces allégations de torture, Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine, n’a fait aucun commentaire. "Je laisserai cette question sans réponse", s’est-il contenté de déclarer.

Un refus de s'exprimer sur le sujet... un silence qui en dit long...

 

"La torture par les institutions policières et carcérales est documentée en Russie depuis de longues années grâce aux ONG et aux médias", témoigne Anna Colin Lebedev, chercheuse en sciences politiques et spécialiste des sociétés post-soviétiques...

 

Source :

 

https://www.la-croix.com/international/attentats-de-moscou-la-russie-assume-le-recours-a-la-torture-20240325

 

 

Russie : médiatisation et banalisation de la violence...
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25 mars 2024 1 25 /03 /mars /2024 13:00
Poutine : après le sacre, un terrible attentat près de Moscou...

 

"Un attentat qui intervient moins d'une semaine après la réélection ou plutôt le sacre de Vladimir Poutine, et qui le fragilise dans un contexte où ses services de sécurité étaient accaparés par Kiev et avaient déjà connu un échec lors de l'opération d'Evguéni Prigojine. Le leader du Kremlin a donc souhaité très vite brouiller les pistes lors de sa première déclaration : aucune allusion à l'Etat Islamique... en revanche, il n'a pas hésité à cibler l'Ukraine.

De ses 25 années de règne sans partage, il tire sa toute-puissance, se pensant le mieux à même de protéger son pays, le mieux à même de museler toutes formes de contestations.

L'attaque de terroristes est-elle de nature à faire vaciller, à humilier le maître du Kremlin ?

 

Vladimir Poutine a attendu près de 20 heures après l'attentat, pour enfin prendre la parole...

Dans son allocution, il a désigné à mots à peine couverts l'Ukraine : "Ils ont tenté de se cacher en se dirigeant vers l'Ukraine. Selon nos informations, un chemin avait été préparé du côté ukrainien pour leur permettre de franchir la frontière."

A aucun moment dans son allocution, Vladimir Poutine n'a fait allusion à l'Etat Islamique qui a pourtant, par deux fois, revendiqué l'attaque.

Il y a 15 jours, l'ambassade américaine en Russie alertait d'un  risque d'attentat islamiste imminent. Dans un document officiel, elle recommandait même d'éviter les grands événements, comme les concerts...

Une alerte balayée d'un revers de main par Vladimir Poutine, 3 jours avant la tuerie :

"Les déclarations des occidentaux sur de possibles attaques terroristes en Russie ne sont que de purs chantages.", avait-il déclaré.

 

Toutes ces années, Vladimir Poutine n'a cessé de vanter les services secrets russes "infaillibles." Au lendemain de l'attaque, leur efficacité semble remise en cause même par la rue :

"C'est effrayant, parce que cela signifie que nos services secrets ne font pas leur travail correctement.", affirme un Russe.

Pour éviter d'être déstabilisé, Vladimir Poutine va tenter de capitaliser sur l'attentat, selon certains spécialistes : "Plus il y a des risques, plus il y a des menaces, plus les attentats sont importants, graves, monstrueux, plus Vladimir Poutine va pouvoir se poser en recours et ceux qui ne l'accepteront pas seront considérés immédiatement comme des traîtres et bien évidemment comme des complices de ceux qui ont fomenté l'attentat.", dit Frédéric Encel.

L'opposition redoute déjà un tour de vis et que Vladimir Poutine en profite pour radicaliser un peu plus son pouvoir...

Un casse-tête, une équation difficiles à résoudre politiquement pour le maître du Kremlin : une semaine après son sacre, il se retrouve face à l'attaque la plus sanglante depuis 20 ans. Il a en tout cas tranché en pointant un coupable idéal : l'Ukraine.

Dans son allocution, Vladimir Poutine a parlé de l'horreur de l'attentat, mais on a le sentiment qu'il veut que les Russes restent très concentrés sur l'ennemi ukrainien. En réalité, dans son allocution, il n'a pas porté d'accusation directe contre Kiev, mais il a dit que les assaillants avaient, selon lui, des complices en Ukraine et il a comparé ces assaillants à l'occupant nazi. Or, il faut savoir qu'aujourd'hui, en Russie, ce terme de "nazis" est fréquemment utilisé pour désigner les Ukrainiens et c'est probablement comme ça que l'aura compris une bonne partie du public qui a regardé cette allocution télévisée."

On le voit : Vladimir Poutine procède par insinuations de manière à charger les Ukrainiens et le camp occidental, alors qu'il vient de connaître un grave échec sécuritaire.

 

Source : à 6 minutes, 38 secondes

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-samedi-23-mars-2024_6407062.html

 

 

Poutine : après le sacre, un terrible attentat près de Moscou...
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20 mars 2024 3 20 /03 /mars /2024 10:25
Justice pour l'Ukraine...

 

Une exposition issue du livre Fichez-nous la paix ! de la collection Cartooning for peace, publiée aux éditions Gallimard. Préfacé par le journaliste Pierre Haski, en partenariat avec Amnesty International et France Médias Monde...

Ce livre réunit 120 dessins de presse... provenant du monde entier, ils permettent de saisir les enjeux de cette guerre aux lourdes conséquences, qu'elles soient humaines, politiques ou économiques.

 

L'exposition présentée à la Maison du Protestantisme de Nîmes réunissait une quinzaine de ces dessins de presse...

L'invasion de l'Ukraine par la Russie, le 24 févier 2022, a marqué le retour de la guerre sur le territoire européen. Plus proche géographiquement, ce conflit a fait irruption dans nos vies : les images et le récit des attaques inondent nos écrans en temps réel, au risque du rejet et de la confusion.

 

On est ému par ce dessin de Chappatte, où l'on voit des soldats dans des tranchées scruter l'horizon : l'un d'entre eux demande : "Tu vois venir quelque chose ?" et un autre lui répond : "Le passé !" La guerre et ses horreurs toujours recommencées : la guerre revient sur le sol européen, avec le retour des tranchées et de ces guerres barbares du passé.

 

Plus loin, une caricature de l'Iranien Mana Neyestani montre Vladimir Poutine sous l'apparence de Napoléon à cheval sur un animal rouge qui représente la Russie et qui dévore l'Ukraine.

 

Un dessin de Kazanevski montre une famille symbolisée par des cibles en carton, visée par un énorme canon : des vies humaines réduites à des cibles, une population civile constamment en danger.

 

Une illustration de Machado (Brésil) évoque les bombardements sur la maternité de Marioupol : on y voit un avion larguer une bombe sur laquelle est écrit "Mother Russia"... un crime de guerre commis par l'armée de Vladimir Poutine.

 

Un dessin de Chaunu dénonce le massacre de Boutcha : on y voit une femme éplorée devant une fosse commune.

 

Nardi, dessinatrice italienne, s'inspire d'une photographie de Nick Ut pour dépeindre les horreurs de cette guerre : une fillette court dans une rue sous un déluge de bombes.

 

Une autre illustration de Osama Hajjaj (Jordanie) montre l'accueil chaleureux fait aux migrants Ukrainiens, alors que les migrants venus d'Orient et d'Afrique sont moins bien traités.

 

Sur un dessin de Stellina ( Taïwan) on voit encore Poutine qui émerge d'un char,  d'où il lance des fake news, tout en tenant un oiseau bleu dans la main.

 

On découvre aussi un dessin de Placide qui évoque cette courageuse journaliste russe qui en plein JT a dénoncé la guerre : Marina Ovsiannikova d'un seul coup a dit NON ! NON à la guerre... C'était le 14 mars 2022 sur un plateau de télévision...

"Cette journaliste est aussitôt arrêtée, licenciée, elle écope d'une amende de 250 euros, elle s'exile ensuite quelques semaines en Allemagne avant de retourner à Moscou pour négocier la garde de ses enfants. Arrêtée, placée en résidence surveillée, elle subit la répression du Kremlin. Elle réussit alors à s'enfuir et se réfugie en France."

 

Une autre illustration de Zlatkovsky (Russie) s'attache à dénoncer la désinformation russe : un lecteur déploie un journal avec des articles qui ont été découpés.

 

L'Italien Emanuele Del Rosso nous montre que dès l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les médias ont déployé d'importants moyens pour rendre compte de cette guerre, lui accordant une couverture que certains jugent disproportionnée en comparaison avec la manière dont les médias traitent d'autres conflits en Afrique ou au Moyen Orient.

 

Une image effrayante, enfin : celle de Poutine jouant à la roulette russe avec la centrale de Zaporijjia... un dessin de Kak.

 

"Ce qu'il y d'intéressant dans ces dessins, c'est qu'ils viennent du monde entier, pas seulement d'Allemagne, de France ou des Etats-Unis, ou d'Ukraine, ils viennent du monde entier et ils montrent la diversité des points de vue, il n'y a pas une sorte d'unanimisme moral, il y a aussi une dénonciation de l'hypocrisie ou du double langage occidental." dit Pierre Haski qui a préfacé ce livre : Fichez-nous la paix !

 

 

 

 

 

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13 mars 2024 3 13 /03 /mars /2024 10:36
Poutine : une élection gagnée d'avance...

Un semblant de démocratie, une illusion de démocratie : mais les apparences sont sauves... 

"Les Russes s'apprêtent à voter pour élire leur président, le réélire plus précisément, car Vladimir Poutine a peu de chances d'échouer : seuls 3 concurrents ont été autorisés à se présenter face à lui.

 

Tous ceux qui s'opposent à la guerre en Ukraine ont été exclus d'office.

En théorie, Vladimir Poutine est un candidat comme les autres... on le voit sur une vidéo sortir son passeport pour le fonctionnaire de la commission électorale chargé d'enregistrer sa candidature...

Mais tout le désigne comme vainqueur. La campagne officielle se fait sous le signe V, symbole du soutien à l'armée dont Vladimir Poutine est le Commandant suprême.

Aucun débat télévisé pour lui, les 3 autres candidats en lice débattent entre eux.

 

Et la candidature du seul prétendant ouvertement opposé à lui a été rejetée.

Les sondages ne laissent aucun doute : Vladimir Poutine est devant, avec 75% de votes, et les autres très loin derrière.

 

Une journaliste interroge une jeune femme Russe : "Il peut y avoir une surprise ?"

Réponse : "Non, je ne pense pas, parce qu'il n'y aura aucune surprise."

Deux autres Russes témoignent : "Les autres, ils n'ont pas beaucoup de chances, car ils sont moins connus. Et le Président, il a fait tellement pour le pays ! Les autres ne peuvent pas en faire autant..."

 

Dans son clip de campagne, le candidat communiste veut y croire : "Comment ça, où je vais ? Ben au travail, au Kremlin."

Dans les faits, le candidat ne fait rien qui puisse barrer la route de Vladimir Poutine.

Ce jour-là, il parraine un convoi de camions, en soutien à l'opération militaire en Ukraine.

Les journalistes lui ont demandé quel genre d'opposant il est...

"Nous sommes dans l'opposition constructive, nous ne sommes pas un parti qui appelle à la destruction, casser et mettre le feu. Nous suggérons comment il faut faire pour que ce soit bien."

Les communistes appellent toujours à la fin du capitalisme mais pas à la fin de la guerre.

"Le Parti Communiste soutient la position de notre Commandant suprême, Vladimir Poutine, nous sommes obligés de nous unir avec un parti dirigeant, celui qui est au pouvoir, sur des questions de politique extérieure.", déclare une Russe.

 

Président et candidat : la confusion des rôles de Vladimir Poutine conduit à sa surexposition médiatique bien supérieure à celle de ses concurrents.

Mais pour la commission électorale, il reste de la compétition dans cette campagne...

 

La nouveauté, ce pourrait être le score d'un homme : Vladislav Davankov, représentant d'un parti qui demande plus de libertés mais sans attaquer le Président.

Pour le moment, il est en deuxième position, avec moins de 10% des intentions de vote..."

Autant dire que l'élection est pliée d'avance !

 

Source :

 

à 16 minutes, 58 secondes

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-lundi-11-mars-2024_6378898.html

 

Poutine : une élection gagnée d'avance...
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11 mars 2024 1 11 /03 /mars /2024 13:25
Des artistes russes opposés à la guerre contraints de s'exiler...

 

"Des artistes russes sont opposés à la guerre en Ukraine : dans quelle mesure parviennent-ils encore à se produire ?

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, les artistes russes pro-Poutine, comme le chef d'orchestre Valéry Gergiev, n'ont aucun mal à se produire en Russie. Mais qu'en est-il de ceux qui sont contre la guerre ? Un certain nombre de musiciens russes opposés au conflit tentent leur chance à l'étranger, en France, notamment. Car jouer en Russie n'est pour eux plus concevable.

Lorsque nous rencontrions Ivan Velikanov en septembre, il avait pour projet de s'installer à Paris. Aujourd'hui, le chef d'orchestre habite entre la France, le Monténégro et la Russie, un pays où il dirige toujours des concerts mais de moins en moins car il s'exprime ouvertement contre la guerre...

"Je suis interdit, on peut dire presque officiellement, à Moscou. Dans quelques mois, je serai interdit absolument en Russie..."

Il cherche donc des opportunités ailleurs. "En France et dans toute l'Europe parce que je dois vivre... j'ai des enfants. Je ne veux pas fermer ma bouche. Et en Russie, c'est très probablement pas possible."

 

S'il continue de se produire en Russie, c'est hors de question pour d'autres artistes réfugiés en France depuis deux ans.

"Je vivais avec ma famille, avec trois enfants, ça a pris du temps et des efforts pour commencer à trouver des connexions avec une nouvelle situation, un nouveau pays..." témoigne un autre compositeur de musique contemporaine, il a fait une croix sur la Russie.

"On ne va pas rentrer, on est installé ici, pour les enfants, c'est très important, ils parlent français déjà... on ne veut pas les bouger, les stresser encore."

Ce compositeur russe reçoit toujours des commandes en France, des propositions pour enseigner, peut-être même plus qu'il y a deux ans, dit-il tout comme Nikita Mndoyants, établi à Wissembourg en Alsace, il a décroché comme beaucoup d'artistes russes, le passeport Talent.

"C'est un statut très important pour les artistes, ça me permet de développer mes activités ici en France."

Le pianiste vient de sortir un album consacré à Prokofiev, son compositeur préféré, en attendant la fin d'une guerre qui semble interminable.

"Il y a deux ans, on peut penser que ça va se terminer vite mais maintenant on voit que ça dure longtemps. J'espère qu'un jour je pourrai continuer mon activité dans mon pays natal. On verra."

 

Les musiciens russes continuent d'affluer en France. Judith Depaule dirige l'Atelier des artistes en exil, une association qui leur vient en aide...

"Cela s'est énormément durci pour certaines parties de la population, notamment pour la population LGBT qui a été déclarée comme une organisation terroriste."

Elle lit un mail parmi les nombreux qu'elle reçoit chaque jour :

"Bonjour, excusez-moi pour mon mauvais français, je n'ai pas parlé français depuis longtemps. Je vis en Russie et je suis un artiste numérique queer. Je recherche des opportunités car la vie en Russie devient de plus en plus difficile, particulièrement après le meurtre de Navalny et la loi sur les transgenres."

Les libertés individuelles et de création sont de plus en plus verrouillées en Russie et l'exil pour les artistes interrogés semble définitif, en tous cas tant que Poutine sera au pouvoir..."

 

On le voit : nos démocraties peuvent devenir des lieux d'accueil pour des artistes qui apprécient un climat de liberté permettant à leur talent de s'épanouir.

 

 

 

Source :

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-jeudi-22-fevrier-2024-8203474

 

 

 

Des artistes russes opposés à la guerre contraints de s'exiler...
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4 mars 2024 1 04 /03 /mars /2024 12:56
"Non à la guerre ! La Russie sans Poutine !"

 

"Vendredi 1er mars : jour des funérailles d'Alexeï Navalny et jour de courage pour des milliers d'opposants qui ont tenu à sortir dans les rues de Moscou, malgré les recommandations du Kremlin...

Une foule s'est rassemblée dans la banlieue sud de Moscou : plusieurs milliers de Russes sont venus défier la menace de répression du Kremlin. Vladimir Poutine pensait éteindre cette opposition, ce jour-là, elle s'est au contraire éveillée...

Ils sont venus par milliers pour déposer une fleur sur le cercueil, mais seule une infime minorité d'entre eux a pu finalement entrer dans l'église. Bien trop nombreux pour une cérémonie qui a duré moins d'une heure.

"Même si on n'entre pas, l'important, c'est d'honorer sa mémoire.", dit une femme dans la foule.

A l'intérieur, le visage du défunt est visible dans son cercueil ouvert. Vêtue d'un fouloir noir, la mère d'Alexeï Navalny est là, assise face à son fils mort en prison à 47 ans.

Pour être sûrs de rentrer, certains sont venus trois heures en avance, des Russes de tous âges.

'Ce n'est pas un peu dangereux d'être ici ?", interroge une journaliste.

"C'est impossible de ne faire qu'avoir peur, on en a assez d'avoir peur", répond un jeune Russe.

"Navalny, c'était une personne qui a inculqué aux gens dans notre pays cette envie de politique, d'action, cette idée qu'on peut ne pas être d'accord et qu'on doit aider notre société pour former une société civile.", témoigne un autre.

"Je pense que l'important est de ne pas abandonner, d'aller plus loin...", dit un autre, reprenant les propos de Navalny dans une interview testament, enregistrée avant son retour en Russie en 2021...

"Je n'ai qu'une chose à dire : il ne faut pas abandonner, si ça arrive, cela veut dire que nous sommes extraordinairement forts, s'ils ont décidé de me tuer.", avait-il déclaré.

 

Devant l'église, plusieurs ambassadeurs dont les représentants de la France, des Etats-Unis et de l'Allemagne, se sont retrouvés pour un hommage silencieux.

Après la cérémonie, la famille est sortie avec le cercueil, et derrière eux, une foule immense s'est dirigée vers le cimetière.

Sur le chemin, la foule criait : "Non à la guerre !" On entendait encore : "La Russie sans Poutine !" et "Nous ne pardonnerons pas..."

Ce sont aussi des messages politiques qui ont accompagné Alexeï Navalny en terre, des messages risqués aujourd'hui en Russie. Selon un média d'opposition, 56 personnes ont été arrêtées dans le cadre des hommages rendus à Alexeï Navalny.

Il y a donc une Russie qui soutient Poutine, une autre qui subit et se tait et puis cette opposition qui, malgré les menaces, s'insurge et exprime son émotion...

Que risquent ces hommes et ces femmes qui ont fait ce choix de sortir dans la rue et qui ont pu être identifiés par les hommes du FSB ?

Ils risquent la prison, en tout cas pour ceux qui ont scandé : "Non à la guerre!", car ce slogan est interdit en Russie.

Ce qu'on a vu au cours de ces funérailles, ce n'est pas anecdotique : quelques milliers de personnes, cela peut nous paraître peu à nous occidentaux, mais dans la Russie d'aujourd'hui, c'est beaucoup. On n'avait pas vu autant de monde contre Poutine, au moins depuis le début de la guerre en Ukraine. Cela ne veut pas dire pour autant que le pouvoir de Vladimir Poutine est directement menacé et ici tout le monde est convaincu que dans deux semaines, lors de l'élection présidentielle, il sera reconduit au Kremlin car la grande majorité des Russes, soit elle soutient Vladimir Poutine, soit elle se tait et tout cela est savamment entretenu par la télévision russe qui n'a pas dit un seul mot de l'enterrement d'Alexeï Navalny dans les grands JT."

 

Surtout, pas de vagues ! Montrer des opposants qui défilent en masse, même cette simple image peut être considérée comme un danger pour le pouvoir de Vladimir Poutine.

 

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-vendredi-1-mars-2024_6357103.html

 

 

 

"Non à la guerre ! La Russie sans Poutine !"
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28 février 2024 3 28 /02 /février /2024 10:34
Goulag et colonies pénitentiaires...

 

"Historiquement, bien entendu, le goulag a une existence limitée dans le temps de l'URSS entre les années 1920 et les années 1960.

Pourtant, la mort récente d'Alexeï Navalny dans une colonie pénitentiaire de l'Arctique a rappelé, ne serait-ce que géographiquement, l'implantation des camps de travail de la période stalinienne. C'est le durcissement du régime de Vladimir Poutine vis à vis de ses opposants qui provoque aujourd'hui une réflexion renouvelée sur les méthodes répressives utilisées dans la Russie contemporaine.

 

"Mon message, dans le cas où je serais tué, est très simple : Ne pas abandonner. Ecoutez, j'ai quelque chose de très important à vous dire : je vous interdis d'abandonner. S'ils décident de me tuer, cela signifie que nous sommes extrêmement puissants... nous devons faire usage de ce pouvoir, ne pas oublier, nous souvenir que nous sommes un immense pouvoir. Un pouvoir qui est oppressé par ces mauvaises personnes. Nous ne nous rendons pas compte de la force que nous possédons. C'est la passivité des personnes justes qui permet au mal de triompher. Donc, ne restez pas sans rien faire."

C'est ainsi que s'exprimait Alexeï Navalny dans sa lutte contre la répression du régime russe...

 

Sa mère a enfin réussi à voir le cadavre de son fils, mais elle accuse les enquêteurs russes de chantage à propos des funérailles d'Alexeï Navalny, déclarant qu'ils tentaient de la forcer d'enterrer son fils en secret, sans cérémonie, ce qu'elle dit avoir refusé...

Une question se pose alors : Peut-on encore parler de goulag dans la Russie actuelle ?

Luba Jurgenson, professeur de littérature russe  analyse les similitudes qui permettent de rapprocher le goulag du XXe siècle du système pénitentiaire actuel : "L'institution cesse d'exister après la mort de Staline, mais les pratiques sont toujours là à l'époque de Khrouchtchev, de Brejnev, et finalement ne se sont jamais totalement éteintes. Et certaines de ces pratiques sont aujourd'hui recyclées. En sachant encore une fois que les goulags pouvaient être très différents. Donc lorsque l’on parle de cette postérité, on parle d'un éventail de pratiques très diverses. Mais la première chose qui fait penser au goulag, c'est la géographie. Il s'agit d'éloigner les personnes indésirables et de les mettre dans des conditions de vie vraiment extrêmes, aussi bien climatiques que sur le plan du traitement.

La configuration des espaces fait aussi penser au camp du goulag, puisqu'on est dans des colonies pénitentiaires qui ressemblent à des sortes de camps... il y a bien sûr des différences : les colonies pénitentiaires d'aujourd'hui ne sont pas un acteur économique de la vie russe, au même titre que l'était le goulag qui était une véritable force économique, elles sont en revanche un acteur de la guerre, puisqu'on y recrute des criminels de droit commun pour les envoyer au front en Ukraine... aujourd'hui, le gouvernement russe utilise des techniques de communication qui étaient inconnues à l'époque soviétique, mais sa propagande est différente : on ne prétend pas rééduquer les personnes qui sont aujourd'hui dans ces colonies. Leur rôle est purement punitif. Et on simule une espèce de transparence, c'est à dire, par exemple, Navalny a pu communiquer avec ses proches... ce qui ne voulait absolument rien dire quant au traitement qui lui était réservé...

Emilia Koustova, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Strasbourg, explique : "On retrouve la géographie du goulag dans le système pénitentiaire contemporain dans toute sa complexité, d'une part, il y a bien sûr l'usage de la distance, des distances immenses, l'usage de cette immensité de l'espace russe pour isoler, briser, punir davantage. C'était le cas déjà à l'époque stalinienne, cela reste le cas aujourd'hui. Quand on est envoyé au-delà du cercle polaire, il y a le climat très rude, l'absence de soleil... Et quand Alexeï Navalny est resté pendant plusieurs mois dans une colonie située dans une région proche de Moscou, les conditions de détention y ont été épouvantables, et c'est probablement là que sa santé a été fragilisée par l'envoi régulier dans la cellule d'isolement.

Il est toutefois certain qu' il y a beaucoup moins de détenus dans ces colonies qu'au moment de la mort de Staline."

Elsa Vidal, rédactrice en chef de la rédaction en langue russe de RFI, complète cette analyse en insistant sur l’usage de la répression : "Pour traiter de ce sujet, il s’agit de parler de la répression, de l'enfermement et de l'éloignement des minorités dissidentes, à la marge, et qui sont dans une posture de transgression vis-à-vis de la norme. Et cette norme, à l'époque soviétique comme à l'époque actuelle, était édictée à partir d'un centre du pouvoir au Kremlin, peut-être un peu plus collectif à certaines années de l'Union soviétique, mais en tout cas très centralisée au Kremlin. Et c'est encore le cas aujourd'hui. Je pense surtout que ce système est vraiment réactivé par les autorités et les dirigeants russes de manière à entraîner des réactions dans la population d'analogie immédiate avec l'époque soviétique et avec le goulag. Il est même pensé en direction de ces segments de la population qui ont une culture soviétique, pas tellement pour la population des moins de 30 ans, et des moins de 40 ans, qui eux se sont éveillés à la politique en 2011, au moment des manifestations justement emmenées notamment par Alexeï Navalny, qui consistent à demander des comptes au pouvoir..."

 

Selon Luba Jurgenson, professeur de littérature russe à la Sorbonne, dans les livres d'histoire russes, "on minimise le nombre de victimes, l'ampleur du phénomène est minimisée également, c'est surtout le rôle que jouait le goulag dans l'ensemble de la vie soviétique qui est minimisé... A l'époque de Staline, il n'y avait pas besoin d'être dissident ou opposant pour aller au goulag. Il y avait une multitude de gens qui étaient inculpés pour des crimes qu'ils n'avaient pas commis, alors que, par la suite, c'était surtout la dissidence qui était visée par cet appareil pénitentiaire... l'appareil s'est vraiment durci depuis l'invasion, avec l'apparition de nouveaux dispositifs juridiques, depuis les deux derniers mandats de Poutine, avec une centaine de lois répressives qui ont été promulguées ou sorties des oubliettes."

 

Emilia Koustova rajoute : "Il faut souligner la continuité et les liens directs entre la période post stalinienne et  celle d'aujourd'hui. Je pense que Vladimir Poutine n'est pas un héritier direct de Staline, mais c'est bien un héritier fidèle, loyal à Andropov qu'il présente comme son maître, maître du KGB, en l'occurrence, et si on regarde le fonctionnement de la justice, de la police politique, des colonies pénitentiaires dans les années 50-60-70, on retrouve beaucoup de similitudes avec ce qui se passe aujourd'hui. Ce sont des façons de torturer, d'humilier, de menacer..."

 

Selon Elsa Vidal, "Vladimir Poutine est l'héritier d'une pratique guébiste, comme on le dit parfois du pouvoir, et on voit très bien que cette orientation s'est accélérée et renforcée... il y a plusieurs milliers de Russes qui ont contesté leur mobilisation dans le cadre du droit et la justice leur a donné raison pour 9000 d'entre eux... et ce sont les magistrats qui s'opposent à une instrumentalisation du droit par le pouvoir politique.

Luba Jurgenson vient compléter le tableau des colonies pénitentiaires : "Il y a l'isolement, des tortures psychologiques et physiques, c'est la marque du régime poutinien.

En 2008-2009, une militante de l'opposition avait été internée de force, pour la faire taire, dans le grand Nord, nous sommes allés la chercher avec d'autres amis, nous sommes allés l'extraire... La psychiatrie punitive n'a jamais complètement disparu. En revanche, ce n'était plus utilisé de manière régulière jusqu'aux manifestations de 2011-2012, où on a vu de nouveau des manifestants arrêtés et condamnés à des peines d'internement en hôpital psychiatrique. Le retour à ce type de dispositif répressif date déjà d'au moins dix ans...

On est dans un contexte mondial où on constate le recul de la démocratie, même en Europe, on l'a vu avec l'exemple polonais ou encore hongrois, sans parler d'autres contrées dans le monde, le régime poutinien surfe bien sûr sur cette tendance, par exemple avec une politique répressive contre les communautés LGBT.

Emilia Koutova précise : "Il y a beaucoup moins de prisonniers qu'il n'y en avait dans la période soviétique... mais il y a des dizaines voire des centaines de milliers de détenus qui se sont enrôlés d'abord chez Wagner, puis auprès du ministère de la défense russe pour aller faire la guerre en Ukraine.

La situation est bien meilleure qu'à l'époque soviétique, mais il y a les règles qui sont écrites, et puis il y a aussi la pratique, la réalité qui, elle, laisse une large place à de la torture, à des humiliations, l'isolement, etc. Cela ne se limite pas aux prisonniers politiques, il y a aussi des centaines de milliers de prisonniers ordinaires, de droit commun, qui sont victimes de ce système. Et c'est là quelque chose qui est hérité de l'époque soviétique."

"La culture de la violence de Poutine, sa vision pessimiste de la nature humaine, la répression qui s'exerçait, les changements à l'intérieur du régime poutinien et ses évolutions extrêmement dramatiques que nous connaissons aujourd'hui, ainsi que la guerre comme instrument de la puissance russe, tout cela, c'est ce qu'on n'a pas vu..." explique Elsa Vidal.

 

 

Source :

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-temps-du-debat/le-goulag-existe-t-il-encore-6631927

Goulag et colonies pénitentiaires...
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26 février 2024 1 26 /02 /février /2024 13:32
Une journaliste face à la guerre...

 

Quel courage !

Elle s'appelle Patricia Allémonière, elle est reporter de guerre, elle est venue présenter un de ses ouvrages, intitulé Au coeur du chaos,  lors du Festival de la Biographie. Grand reporter au service international de TF1  pendant trente ans, Patricia Allémonière a couvert les guerres contemporaines les plus meurtrières. 

Elle raconte alors son parcours :

"J'ai commencé comme pigiste dans de petites rédactions, puis très vite j'ai eu beaucoup de chance, je suis rentrée à TF1 et là, d'abord, j'ai fait des petits boulots, mon premier reportage, c'était l'histoire de la pomme Golden... donc très loin du grand reportage...

Et puis après, je suis arrivée dans un service économique, parce que j'avais fait sciences Po, section Eco, on m'a casée là en tant que pigiste, et très vite ils ont vu que France 2 employait des filles grands reporters, ils se sont dit : ce n'est pas possible, à TF1, il nous faut aussi des filles. Donc, ils ont lancé un appel d'offres, et je suis rentrée comme ça à TF1.

Et très vite, je suis partie sur les terrains de guerre... premier terrain de guerre : Le Mozambique, une guerre civile qui a fait un million de morts, dont personne n'a jamais parlé, dont tout le monde s'est moqué.

Deuxième terrain de guerre : le Tchad, l'armée française, l'armée libyenne, et très vite, j'ai été confrontée aux premières horreurs, il n'y avait pas d'école pour nous former à ça... et puis j'ai continué jusqu'à ce que j'aie un enfant.

Aujourd'hui, il y a plus de femmes grands reporters ; en fait, on les remarque davantage que les hommes. Au moment de la guerre du Golfe, il y a eu beaucoup plus de femmes, ils se sont aperçus que l'audience était beaucoup plus forte quand il y avait des femmes, donc c'était intéressant d'employer des femmes. D'autant qu'on savait parler de la guerre, comme les hommes, et on savait être courageuse, comme les hommes.

Et à un moment, il y avait plus de femmes effectivement que d'hommes, ils se sont dit : "Non, ce n'est pas possible." Ils ont rééquilibré et aujourd'hui, à TF1, il y a plus d'hommes que de femmes mais pas à LCI.

Je n'ai pas souffert du fait d'être une femme, je n'ai pas fait partie des femmes qui ont eu à subir un ostracisme masculin... mais il a fallu se battre, et à partir du moment où on se bat, on ne sent pas forcément l'ostracisme... simplement, il fallait toujours être disponible et comme on voulait vraiment se faire reconnaître, on était toujours disponible.

Disponibilité, qualité du travail : c'est tout ce qui compte.

Quand j'ai eu un enfant, j'avais déjà été en poste à Jérusalem comme correspondante permanente, et là j'étais à Londres, et voilà qu'avec mon enfant nous voulions rentrer avec le père de l'enfant qui est Britannique, diplomate, lui rentrait à l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris, et moi à Paris avec un bébé.

Une femme, avec un bébé, là ce n'était pas possible... alors, je ne dis pas du tout que c'était de l'ostracisme, c'est qu'ils étaient inquiets. Je leur ai dit : "En quoi la mort d'une maman est plus grave que la mort d'un papa ? Un papa, cela compte autant qu'une maman..."

Donc, ils n'étaient pas très contents, on ne m'a pas mis de bureau pendant trois mois, on m'envoyait pour la quatrième ou la cinquième relève... à la cinquième relève, tous les reportages ont été faits, donc il n'y avait plus grand chose à faire...

Pendant la guerre civile d'Algérie, personne ne voulait y aller, alors, je me suis portée volontaire... on ma dit : "Mais dis donc, ta fille, elle a quel âge ?" (Elle avait alors un an et demi)...Une guerre à connotation de massacres et on ne savait pas qui tue qui... c'étaient ou les djihadistes ou l'armée, les militaires. Donc, comme moi je ne savais pas dire, j'avais décidé de parler d'actes terroristes mais pas de terroristes, les dits terroristes, je les appelais "groupes armés", ne sachant pas qui tuait...

On a l'air de dire aujourd'hui : "C'est terrible, il n'y a jamais eu autant de conflits", mais en fait, il y a toujours eu autant de conflits. Ce qui est étonnant, c'est que tous les conflits dont je parle dans mon livre perdurent, ils sont devenus des conflits de basse intensité : Irak, Syrie, Iran, Afrique, Kosovo. Tout est là.

Mais, aujourd'hui, ce qui est très intéressant, ce qui nous passionne nous, ce sont les gros conflits où le bon et le méchant s'affrontent. Vous voyez qui je veux dire ? Les Américains et les Russes, les bons et les méchants... il faut des conflits où il y a les bons et les méchants et où l'un des grands protagonistes est impliqué... les petits conflits, on s'en moque, on s'en fout, on s'en tape... ils peuvent crever, ce n'est pas notre problème. Je dis ça vulgairement...

La guerre terrible du Yémen n'intéresse que depuis qu'ils bombardent la Mer Rouge... une guerre qui dure depuis 1994 ! Les Iraniens s'intéressent au Yémen depuis 2003-2004. Les Américains, eux, avaient sous-traité le conflit aux Saoudiens. : "Vous gérez le conflit avec les Houthis, nous, on s'en n'occupe pas, ce n'est pas intéressant."

Et pourquoi ce n'est pas intéressant ? Parce que ni les Russes, ni les Chinois n'étaient dans le coin. Ce qu'ils avaient oublié, c'est que l'Iran, lui, était dans le coin, ils commençaient à fournir des armes. Comme les Houthis avaient une position très anti-américaine et très anti-israélienne, ils sont rentrés dans le conflit... comme il était question d'Israël, les Américains sont intervenus et maintenant tout le monde s'intéresse aux Houthis, alors qu'avant, personne ne s'y intéressait et pourtant il y a eu une sale guerre, avec de nombreux morts, et de nombreux enfants sont morts de faim."

Patricia Allémonière évoque ensuite ses relations avec sa fille, alors qu'elle était reporter de guerre...

Puis, elle aborde la façon de traiter les informations dans les rédactions :

"Il y a des fake news, et des images détournées : on a appris à déchiffrer ces images... il y a aussi les deepfakes où on fait dire à n'importe qui des choses qu'il n'a jamais dites..."

Le journaliste qui interroge Patricia Allémonière lui pose alors cette question : "Est-ce que le manichéisme, les gentils d'un côté, les méchants de l'autre, ça ne s'est pas un peu aggravé avec le temps ?" 

Réponse : "Alors, aujourd'hui, on ne s'intéresse qu'aux gros conflits qui opposent dans la tête de la plupart des gens le bon et le méchant. Et chacun souvent se retrouve plus du côté de l'un ou du côté de l'autre... parce que le bon et le méchant ne sont pas les mêmes pour tout le monde...

Par exemple, prenons le conflit israélo-palestinien, si vous êtes hors de l'occident, le bon, ce n'est pas l'Amérique, ce n'est pas nous, nous, nous sommes presque des terroristes... Les perceptions varient complètement, en fonction de l'endroit où on est.

Mais il est vrai qu'en ce moment, notre monde a tendance à une simplification, on simplifie tout.

Et pourquoi ces conflits bons et méchants qui vont dans notre simplification quotidienne ? Parce que c'est simple à comprendre, donc facile, on ne va pas se casser la tête pour comprendre la complexité, il faut aller vite et comme ces bons et ces méchants, c'est ce qui nous plaît, les médias ne traitent que les bons et les méchants, c'est à dire qu'on va traiter les gros conflits, parce que ces conflits attirent de l'audience, donc entraînent une rentabilité... parce que, sans argent, on ne fait pas de couverture... c'est vous qui sanctionnez les médias, les journaux et internet. Si vous ne regardez pas, ils vont se dire : "Pourquoi ils ne regardent pas ?"

Par exemple, le Pape ne fait pas d'audience, alors que Poutine, lui, il cartonne ! Donc on va beaucoup plus traiter ce genre de sujet. Parce que les chaînes ont besoin d'argent, internet a besoin d'argent, les petites chaînes sur internet ont besoin de pubs..."

Patricia Allémonière évoque ensuite les risques de son métier : elle a été blessée le 7 septembre 2011 alors qu'elle suivait une opération de l'armée française dans la vallée d'Alasay, en Afghanistan. Malgré ses blessures, rester sur le terrain s'est imposé comme une évidence afin de poursuivre son travail.

'L'information des grandes chaînes comme TF1 et France 2, ce sont des chaînes qui doivent avoir le maximum d'audiences... qui dit maximum d'audiences dit ne pas cliver, donc en faire le minimum sur les sujets qui clivent, pas de position vous apporte le maximum d'audiences...

Sur les autres chaînes (et cela nous vient des Etats-Unis), il y a un public à prendre du côté de ceux qui aiment le buzz et les chaînes d'opinion, ils adorent le buzz, il y a une audience, un marché à capter.

BFM qui voulait faire du factuel baisse, LCI a fait un tournant éditorial avec l'Ukraine : ils ont traité l'Ukraine comme une série, c'est à dire : attendez, vous allez voir ce qui se passe ! L'information est traitée comme une série : on vous accroche et on vous dit : "Tout à l'heure, on va vous parler de Poutine ou de Wagner..." Donc, comme dans un bon film policier, vous voulez voir la suite... Ils traitent beaucoup plus l'Ukraine que le conflit israélo-palestinien... pourquoi ? Parce que ce conflit israélo-palestinien clive...

Il faut savoir que ce qui s'est passé là à Gaza se passe encore aujourd'hui tous les jours en Afrique et bien pire : femmes éventrées, etc."

Enfin, une spectatrice pose une question à la journaliste : "Est-ce que vous êtes prête à repartir en reportage ?"

Et Patricia Allémonière de répondre : "Je repars bientôt en Afrique, au Sahel..."  Le journaliste qui l'interroge ironise alors : "C'est bien, parce que les Français sont très bien vus, en ce moment... vous serez bien accueillie."

On ne peut qu'admirer le courage de ces femmes reporters de guerre, confrontées à des massacres, à l'horreur absolue...

 

 

 

 

 

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