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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 16:09
Quand Najat Vallaud-Belkacem répond à l'Académie Française !

 


Alors que Hélène Carrère d'Encausse a affirmé, récemment, les réticences de l'Académie face à la nouvelle réforme de l'orthographe, Najat Vallaud-Belkacem lui répond dans une lettre, pour exprimer son étonnement.

"C'est avec intérêt mais également avec un certain étonnement que j'ai pris connaissance de votre réaction publique hostile à l'application, dès la rentrée prochaine, de la réforme de l'orthographe de 1990 décidée par le Conseil supérieur français de la langue française..."


Dans un entretien publié samedi par Le Figaro, Hélène Carrère d’Encausse avait, en effet, déclaré n’avoir "pas compris les raisons qui expliquent l’exhumation d’une réforme de l’orthographe élaborée il y a un quart de siècle et où l’Académie française n’a eu aucune part, à l’inverse de ce qu’on l’on a voulu faire croire."


Mais, enfin ! Si l'on regarde de plus près cette réforme, on en voit, d'emblée, les incohérences, notamment pour ce qui concerne les accents circonflexes...

Tout d'abord, une telle simplification ne résoudra aucunement les énormes difficultés rencontrées par nombre d'élèves en orthographe : fautes d'accord élémentaires, erreurs grammaticales, confusions dans la nature des mots, par exemple entre le démonstratif "ce" et le pronom de la troisième personne réfléchi"se", confusions entre le participe passé et un verbe conjugué, etc.

De plus, il paraît absurde de supprimer certains accents circonflexes sur les voyelles "i" et "u" et de le conserver sur les autres.

On est, là, dans l'arbitraire le plus total, car l'accent circonflexe a aussi une valeur étymologique dans un grand nombre de cas : le mot "bûche" vient d'un nom latin "busca", et l'accent circonflexe s'explique par la disparition de la consonne "s", que l'on retouve dans le terme "bosquet", de la même famille ou dans le mot "bois".

Le verbe "naître" est issu du latin "nascor", et doit être bien sûr, rattaché au nom commun "la naissance"..

Le mot "île" vient du latin "insula" et doit être relié à l'adjectif "insulaire"...

Ainsi, les accents circonflexes constituent, parfois, des repères essentiels dans les familles de mots.

Avec un peu de bon sens, on perçoit les incohérences de cette réforme : Hélène Carrère d'Encausse est bien consciente des aberrations de ces évolutions imposées par le Conseil Supérieur de la langue française et par notre ministre de l'Education Nationale...

Cette réforme ne permettra, en aucune façon, aux élèves de progresser en orthographe, c'est une évidence, elle sera même néfaste pour le repérage de certaines familles de mots qui forment une unité.

Il est étonnant, aussi, que les professeurs de lettres, les premiers concernés, n'aient même pas été consultés dans l'élaboration de cette réforme et des autres...

Si Mme Najat Vallaud-Belkacem s'étonne de la position de l'Académie Française, les enseignants de lettres sont en droit, aussi de s'étonner de telles décisions dans un domaine qu'ils connaissent plus que d'autres...

Oui, les professeurs sont étonnés de ne plus être consultés dans les différentes réformes voulues par le gouvernement et notamment la réforme des collèges, massivement rejetée par les enseignants !

Najat Vallaud-Belkacem devrait, en tant que ministre, prendre conscience des réelles difficultés rencontrées par les élèves, afin d'ajuster ses réformes : les enseignants savent les réalités du terrain, et ils ne sont même pas entendus, quand ils s'opposent à des réformes dangereuses...


 

Des articles sur le sujet :

 

http://www.metronews.fr/info/reforme-de-l-orthographe-entre-najat-vallaud-belkacem-et-l-academie-francaise-qui-dit-vrai/mpbp!hTBrpvrthl1SM/

 

http://www.lepoint.fr/societe/orthographe-najat-vallaud-belkacem-met-les-points-sur-les-i-16-02-2016-2018604_23.php

 

 

http://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/021700932611-orthographe-najat-vallaud-belkacem-ecrit-a-helene-carrere-dencausse-1200660.php

Quand Najat Vallaud-Belkacem répond à l'Académie Française !
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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 12:46
La culture de l'irresponsabilité...

 

 



Notre monde est celui de l'irresponsabilité, dans de nombreux domaines : dans le registre politique, on assiste à une recrudescence de déclarations débridées, intempestives, irréfléchies, je pense aux propos de Nicolas Sarkozy sur le paquet neutre, par exemple, ou encore à la déclaration outrancière de Cécile Duflot évoquant le régime de Vichy, au sujet de la déchéance de nationalité...

Sur internet, ce sont des insultes qui fusent, des messages de haine ou de mépris que certains affichent, sans vergogne : il suffit de se rendre sur certains forums de discussion, pour voir fleurir toutes sortes d'invectives et de sottises.

Dans le domaine éducatif, les parents d'élèves s'en prennent souvent aux enseignants, quand leurs progénitures obtiennent de mauvaises notes dans telle ou telle discipline, rejetant ainsi la responsabilité de l'échec de leurs enfants sur le corps professoral.

Les élèves eux-mêmes n'hésitent pas à mentir à leurs parents pour falsifier leurs notes et il leur arrive même d'incriminer un professeur, en l'accusant d'avoir commis une erreur sur un bulletin scolaire.

Certains programmes de télévision diffusent des images qui frisent la stupidité, le délire...

Partout, règne cette culture désolante de l'irresponsabilité : c'est inquiétant, car on y perçoit une forme d'inconscience et d'aveuglement qui touchent l'ensemble de la société...

Il est vrai que notre monde est celui de la consommation rapide, irréfléchie, irraisonnée, et il semble que les individus se laissent aller à une sorte d'apathie, d'égocentrisme, oubliant les règles élémentaires de la vie en société.

Il est vrai que certains, désoeuvrés, peuvent passer beaucoup de temps, sur internet, sur des sites peu intéressants.

Non, on ne peut pas dire n'importe quoi, au mépris de la morale, non, notre société ne peut devenir un monde de barbarie, sans espoir, et sans humanité.

Et c'est bien le monde que nous risquons de mettre en place, si les individus en restent à ce niveau d'irresponsabilité.

Les conflits se multiplient, la défiance s'installe, l'espoir s'amenuise, quand les êtres humains se montrent, ainsi, irresponsables.

A chacun de se montrer responsable dans sa vie, son comportement, son travail, à chacun de mettre en oeuvre ce principe de responsabilité, si essentiel.

A chacun de prendre conscience de la portée de ses propos...

Internet occupe une place de plus en plus importante dans le monde, et ce média devient le creuset de toutes les outrances et de tous les débordements.

La culture de l'irresponsabilité envahit la toile, elle se répand partout : cultivée par les hommes politiques, il semble même qu'elle devienne un exemple !

Où sont passées la raison, la réflexion, le bon sens ? 

On assiste à une déferlante inhumaine de paroles, voire de conduites irresponsables.

Face à ces outrances, il convient à chacun de prendre conscience des propos qu'il tient, chacun doit faire preuve de responsabilité, de discernement.


 

 

 

 

Tableau de Simon de Vos : Minerve et Mercure contre l'ignorance et la calomnie

Tableau de Simon de Vos : Minerve et Mercure contre l'ignorance et la calomnie

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 09:59
La mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur...

 



Plante des lieux humides, la mousse nous fait rêver, avec ses sonorités de labiale "m", de sifflante "s", sa voyelle "ou" langoureuse...

Le mot célèbre et souligne la splendeur moelleuse de la texture, les entrelacs soyeux de cette herbe de l'hiver.

Epaisse, légère, la mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur, des fils de verdure chatoyants... Elle enlace ses fibrilles aux teintes nuancées, elle répand des senteurs terreuses, des parfums pleins de charme.

Elle dessine des prairies, des étangs, des fleurs, des montagnes, des lacs, elle soulève des vagues, des embruns, des écumes ondoyantes....

Des roulis de verdures s'emparent des arbres et des pierres...

La mousse cache ou révèle des brindilles, des chenilles de verdures, des dentelles, des arabesques, des volutes mystérieuses.

Elle évoque la peau douce, le miel, des senteurs de genêts, de bruyère...

Elle suggère un baiser, un chuchotement, un murmure léger, une onde pure, une fontaine ruisselante....

La mousse fait naître la caresse, le confort, l'apaisement, au coeur même de l'hiver.

Miel de l'hiver, ce nom vient probablement du mot latin "mulsum" qui désigne un vin miellé.

Miel doré, brun, aux reflets de soleil, substance divine !

 

La mousse reflète les éclats ambrés du miel.

J'aime ce mot simple, aux douces sonorités, qui apporte sa tendresse aux rigueurs de l'hiver, qui le tempère, l'adoucit, le rend plus docile...

J'aime les reflets verts de la mousse, ses motifs d'une incroyable variété, ses éclats, ses teintes brûlées ou flamboyantes.

Légers frissons de la mousse, vaguelettes qui la traversent, la soulèvent, l'animent, lui donnent des formes si variées...


 

 

 

 

Photos : rosemar

 

 

La mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur...
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 11:04
On ne dira jamais assez les bienfaits d'une bouillotte...

 

 

 

On ne dira jamais assez les bienfaits d'une bouillotte : au coeur de l'hiver, elle réchauffe les draps et apporte un réconfort indispensable : les pieds posés sur une bouillotte, on apprécie un moment de détente...

 

La bouillotte rend les nuits d'hiver plus douces, plus chaleureuses, elle offre un confort moelleux, tant que durent les froideurs de la saison hivernale.

 

Le mot lui-même nous fait rêver à de douces nuits, avec sa labiale initiale "b", si sensuelle, sa palatale qui réchauffe et ensoleille l'hiver, sa dentale "t", pleine d'éclats.

Le son "ou", accentué par la palatale, semble prolonger le bonheur procuré par cet objet de l'hiver...

 

Il suffit de remplir le récipient d'eau bien chaude pour apprécier une douce ambiance qui se diffuse à travers l'enveloppe de caoutchouc.

Douceur de bouillotte !

Elle nous fait apprécier les longues nuits d'hiver, elle rend le contact des draps si agréable !

La bouillotte se modernise parfois : elle devient pour les enfants, peluche soyeuse, que l'on réchauffe au four micro-ondes.

 

Mais je préfère, de loin, la bouillotte ancestrale et traditionnelle, aux flancs de caoutchouc, aux replis ondoyants, la bouillotte qui "glougloute", quand on la remplit ou quand on la vide...

La bouillotte qui chante et frémit de l'eau qu'elle contient...

 

La bouillotte, c'est la chaleur retrouvée, au coeur de l'hiver, c'est le bonheur d'un rituel immuable : il faut préparer la bouillotte, la remplir soigneusement d'eau, bien refermer le flacon, puis placer l'objet sous les draps avant de se glisser dans le lit.

 

La bouillotte, toute seule, fait, alors, son oeuvre, remplit son office, sans qu'on la sollicite.

 

Puis, vient le moment de se couler et de se lover dans les draps pour ressentir la douce tiédeur de l'objet, et s'endormir dans une ambiance chaleureuse.

 

On ne dira jamais assez les bienfaits d'une bouillotte : voilà un mot sympathique, aux sonorités suggestives, voilà un objet simple, pratique.

 

Dans un monde où la sophistication s'impose dans de nombreux domaines, il semble utile et indispensable de réhabiliter la bouillotte, de la remettre au goût du jour...

Vive la bouillotte qui réchauffe les pieds et le corps tout entier !

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 10:18
Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ?

 

 



Le "myope", c'est celui qui ferme les yeux pour mieux voir, telle est l'étymologie du mot dont l'origine remonte au grec... Le verbe "muo" signifie "fermer".

Il s'agirait, en fait, anciennement, d'une onomatopée pour exprimer qu'on joint les lèvres, soit pour se taire, soit pour exprimer un son sourd...

Le myope ne ferme-t-il pas légèrement les yeux afin d' affiner son regard ?

Quelle expressivité dans ce terme qui évoque un geste ! Les termes "muet, mutisme, mystère" sont issus de ce même radical.

Curieusement, le "myope" et le "muet" sont, donc, voisins et font partie de la même famille !

Et, la "mouche", elle même, "muia", en grec, appartient à une espèce proche, le mot étant une onomatopée que l'on prononce en rapprochant les lèvres et qui  servirait à imiter le bourdonnement de l'insecte : "mmmmmm" !

Le mot "myope" suggère bien ce clignement des yeux soudain et brusque, propre à ceux qui sont atteints de ce défaut de vision.

Sa briéveté, les voyelles qui se suivent, fermée, puis plus ouverte, semblent imiter le mouvement des yeux...

Le terme "myope" comporte, dans sa deuxième partie, un autre radical '"ops", qui désigne, en grec, l'oeil.

De là viennent quelques mots : "optique, opticien, ophtalmologique, cyclope", et par l'intermédiaire du latin "oculus", les termes :" oculiste, oculaire, binoculaire, monoculaire, monocle, binocles, binoclard..."

Ainsi, le myope nous permet de constituer des familles de mots liés à l'idée de fermeture et de regard... Ainsi, le "myope" et le "binoclard" se rejoignent, de manière amusante.

Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ? Un flou, un clignement d'oeil sympathique,  le mot lui-même nous séduit par son ancienneté, ses origines, ses accointances avec de nombreux termes.

Les myopes nous offrent des regards pleins de mystères, leurs yeux sont, en général, plus grands et... ils nous séduisent d'autant plus, quand ils plissent les yeux.

 

Voilà encore un mot ancien dont on ne soupçonne pas les origines lointaines, un mot plein d'attrait qui nous relie au passé, qui nous montre tout un réseau de significations, qui nous parle des racines de notre langue : le latin et le grec...

 

 



 

Photo : rosemar

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 10:29
Sa houppelande retombait en plis majestueux...

 

 

"Ah ! Gringoire, qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande !..."

 

Tout le monde a en mémoire cette description élogieuse de la chèvre de Monsieur Seguin, dans les lettres de mon moulin de Daudet...

 
Une houppelande ! Quel mot étonnant, étrange, envoûtant ! Un mot rare, aux sonorités éblouissantes !

Ce long manteau, à manches évasées, était un vêtement dont se couvraient, autrefois, les bergers.

 
Voilà un mot qui chante, avec des sonorités si claires, éclatantes ! Voilà un mot dont on aimerait connaître l'origine... or, l'étymologie en est incertaine.
 
Ce nom, employé par Daudet, permet de personnifier l'animal : revêtue d'un long manteau, la chèvre se pare d'une toison qui se voit... le mot, grâce à sa longueur, ses quatre syllabes, semble, aussi, nous montrer toute l'ampleur du manteau.
 
La voyelle nasalisée "an", le son "ou" donnent une impression de majesté, de grandeur. La labiale, la dentale suggèrent, à la fois, séduction, élégance et éclats...
 
Quelle poésie dans ce seul mot ! Quelles résonances ! 
 
La houppelande semble  recouvrir le petit animal de son épaisseur ouatée. L'animal est, ainsi, magnifié sous son épaisse toison !
 
D'ailleurs, Daudet emploie de nombreuses exclamations qui traduisent l'admiration : on remarque plusieurs termes élogieux : "jolie, doux, luisants..." 
 
La houppelande avec son "h" aspiré attire notre attention : ce manteau de poils donne à l'animal une allure rustique et noble à la fois !
 
Un simple mot... et on entrevoit tant de significations, tant de connotations ! La houppelande est campagnarde mais aussi pleine d'élégance avec ses longues manches, son tissu épais et ouaté...

La houppelande évoque, aussi, des tenues et des matières somptueuses, soie, velours, satin, fourrures.
 
Ce mot nous fait voir des images du passé : un berger vêtu d'un long manteau... je revois, ainsi, un santon de la crèche de mes parents : un berger portant une houppelande couleur d'amarante, un bâton entre les mains, il était entouré de ses moutons frisés à la blancheur cotonneuse, il était coiffé d'un chapeau noir d'autrefois, à l'allure rustique.
 
Sa houppelande retombait en plis majestueux, sa stature imposante, son air tranquille révélaient un paysan d'expérience.
 
Sa houppelande le grandissait, lui donnait de la prestance !
 
Les houppelandes ont disparu, on n'en voit plus ni dans les villes, ni dans les campagnes, mais ce mot résonne en nous comme un vêtement à la fois modeste et somptueux.
 
 
 

 

 

 

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 14:31
Voici le premier jour de l'hiver...

 

 

 

 


Voici venu le premier jour de l'hiver, le jour le plus court de l'année, celui qui annonce le froid, celui qui nous promet, aussi, un renouveau, des lumières qui vont s'accroître au fil du temps.

Le mot "hiver", avec sa fricative très douce, sa gutturale pleine d'âpreté, sa voyelle aiguë "i", nous emporte vers un univers glacé où règnent le vent, la neige, les frimas...

Les rigueurs de l'hiver ! Ses beautés blanches et neigeuses ! Le mot résume bien les splendeurs et les tourments de cette saison.

Aussitôt, surgissent des paysages couverts de gel, balayés par un air vif, des embruns de blancs sur les arbres et le sol, des matins embrumés...

La neige nous fait voir ses tourbillons lumineux, elle virevolte dans l'air, elle encercle les jardins de ses replis soyeux.

Elle transforme les paysages, les remodèle, les capture des ses envolées de lys.

L'hiver et ses bonheurs, l'hiver et ses tourmentes s'annoncent...

Ce mot ancien, venu de l'adjectif latin "hibernus", est formé sur le nom "hiems", "l'hiver"...

Et l'ancêtre grec "kheimon" désigne, aussi, cette saison.

On retrouve, dans tous ces mots, la consonne "h" qui traduit, en grec, une aspiration, et une forme de rudesse.

L'hiver, le bien nommé, doit être, évidemment, rapproché du nom de la neige, en grec ancien, "khion", avec cette même aspiration.

Le mot nous fait ressentir, par ses sonorités, sa brièveté, un froid âpre, dur, perçant.

L'hiver arrive, il se fait vents tempétueux, mistral virulent, il glace, rugit, s'emporte, bouscule les paysages.

L'hiver s'adoucit, parfois, pour nous donner, aussi, de belles journées ensoleillées, il fait croître progressivement la luminosité et prépare, ainsi, l'arrivée du printemps...



 

 

 

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 12:58
Le lutrin, un mot empli de mystères...

 



Le mot "lutrin" nous intrigue : que signifie ce nom qui chante avec sa voyelle nasalisée finale ? Terme peu employé, associé à la liturgie et à la religion, ce nom apparaît d'autant plus mystérieux et étrange...

Le "lutrin", voilà un mot qui semble lointain, obscur, opaque : qui possède un lutrin, qui s'en sert ?

Bel objet en bois luisant, le lutrin brille de ses reflets dans les églises... éclairé par des cierges, le lutrin nous fait voir ses veines boisées, il reçoit le livre sacré, à l'épaisse reliure, aux odeurs de papier ancien.

Objet religieux, sur lequel on pose le livre saint, le livre par excellence, la Bible, le lutrin permet la lecture...

Le radical du mot vient du verbe latin, "legere, lire", auquel on a ajouté un suffixe à valeur d'instrument, -trum.
Le lutrin nous fait accéder à des lieux sacrés, à des lectures chargées de symboles, à une ambiance feutrée, remplie de mystère, des odeurs d'encens, d'eau bénite, des obscurités apaisantes...

Ce mot empreint de rareté, aux sonorités de dentale, de gutturale, à la voyelle finale nasalisée nous fait rêver.

Placé dans la pénombre, il éveille la curiosité, il suscite l'intérêt, on a envie de tourner le pages du livre sacré, de sentir sous les doigts, le lourd papier, de déchiffrer certains messages.

Les chants liturgiques résonnent, alors, dans les replis des ténèbres...

Chants de Noel, chants de fêtes... On perçoit des airs connus et mystérieux à la fois, Adeste fideles, Veni creator, Gloria.

Chants en latin, aux éclats de consonnes, ces musiques nous éblouissent, nous exaltent...

Choeurs célestes, ces chants nous apaisent aussi, et nous apportent un réconfort.

Le lutrin associé à des éclats de musique, à des chants de Noël nous permet d'accéder à une forme de pureté originelle, celle de voix célestes, au charme envoûtant...


 

http://youtu.be/EAxT6GcXYQw



http://youtu.be/2Yquo5W8YBw


 


 

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 16:38
Nous devenons des marionnettes...

 


Le mot "marionnette" issu du prénom Marion, diminutif de Marie, désignait à l'origine une petite figurine de la Vierge. Ce terme a donc des origines religieuses, mais on connaît le sens actuel de ce nom : une figurine que l’on fait mouvoir, ordinairement par des fils, quelquefois par des ressorts, quelquefois simplement avec la main.

La marionnette est un jouet merveilleux pour des enfants, car elle permet une créativité : on peut inventer des histoires, des personnages, les faire se mouvoir, les faire parler.

On peut fabriquer des marionnettes en chiffons, avec des morceaux de bois articulés, des bouts de tissus.

On peut créer de véritables petites pièces de théâtre, les mettre en scène dans un décor...

Ce mot, avec son suffixe de diminutif, renvoie bien à l'enfance : labiale initiale, gutturale, dentale, voyelles variées, "a", "i", "o", la marionnette semble virevolter sans cesse et s'agiter sous nos yeux : image de mobilité permanente, pirouettes, envols...

Personnages mécanisés, les marionnettes symbolisent, aussi, une forme de manipulation.

Ne sommes-nous pas tous des marionnettes ? Manipulés par les médias, par la société de consommation, conditionnés pour acheter, nous devenons, souvent, des pantins dans une société de masse.

Nous sommes comme mus par des ressorts : nous subissons l'envahissement des écrans, nous sommes comme happés par les médias, les portables, les ordinateurs.

Nous sommes dépendants d'ojets divers dont nous ne pouvons plus nous passer : voiture, télévison, ordinateur, tablettes...

Véritables marionnettes des temps modernes, nous ne réfléchissons plus par nous mêmes, nous devenons des objets, des jouets facilement manipulables.

Les médias nous façonnent, nous formatent, et même si nous sommes abreuvés d'informations, nous n'avons plus le temps de faire le tri, de choisir.

Les publicités font de nous des pantins de la consommation : nous sommes conditionnés pour gagner de l'argent et le dépenser le plus rapidement possible.

Les hommes politiques nous manipulent sans cesse, par des discours trompeurs et fallacieux : vaines promesses qui ne sont jamais tenues.

Nous devenons des jouets, nous ne savons plus vers qui nous tourner pour ne pas être manipulés.

Oui, nous sommes tous des marionnettes : sans cesse surveillés, épiés, nos faits et gestes semblent être contrôlés.

Il nous faut réagir contre cet envahissement des médias, par la lecture, la culture, l'ouverture sur les autres...

Il nous faut préserver nos libertés de penser, de juger, de réfléchir.

 




 

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 09:53
Petite pelote de laine soyeuse...

 

 



"Un oiseau s'est posé sur mon balcon, un instant de bonheur gracile et fragile... Un petit oiseau aux couleurs noires et cendrées, transi par le froid s'est posé sur la balustrade de mon balcon, prenant quelques instants la pose, sous mes yeux éblouis et ébahis...
 
Dans la splendeur de l'hiver glacial, l'oiseau en quelques bonds agiles a traversé l'espace...
 
Soudain, le cadre de ma fenêtre est devenu le cadre d'un merveilleux tableau, aux couleurs d'azur, sur lequel se détachait l'oiseau sombre et frêle.
 
L'oiseau s'est ensuite envolé mais est resté là, gravé dans ma mémoire, image de splendeurs, de rêves, de voyages. L'oiseau s'est envolé mais je revois sa silhouette légère de plumes irisées par le soleil... l'oiseau s'est échappé... et a laissé sa forme et sa rondeur de plumes dans mon esprit, petite pelote de laine soyeuse et grise, soie duveteuse si douce et si frêle."

C'est ainsi que je décrivais, dans un de mes articles, l'apparition d'un oiseau sur la balustrade de mon balcon, un matin d'hiver.

Le mot "pelote" évoque, souvent, une forme ronde, celle d'un petit oiseau, aux plumes légères.
Ce nom familier nous charme, avec sa labiale, pleine de séduction et d'attrait, avec sa dentale, aux éclats lumineux.

La pelote suggère des souplesses de laines, aux teintes variées, des fils soyeux, ondoyants, des enroulements voluptueux, des formes pleines de douceurs.

Les oiseaux, les nuages font songer à des pelotes soyeuses et délicates, la mousse des bois nous fait admirer, parfois, des pelotes irisées de verts et d'ocres.

Certaines fleurs ressemblent à des pelotes, petites boules de couleurs claires, aux filaments légers.

Les aiguilles de pin deviennent, aussi, pelotes lumineuses, sous le soleil du midi...

Les pelotes de laine colorées servaient à confectionner, autrefois, des écharpes, des tricots, des bonnets, des chaussettes... et dorénavant, les pelotes ont tendance à disparaître, car l'art du tricot se perd peu à peu.

On n'entend plus le cliquetis des aiguilles à tricoter, le soir, et ce bruit familier s'efface...

La pelote évoque de petites formes, c'est, d'ailleurs, une formation ancienne de diminutif.

Le mot viendrait du latin "pilotta", diminutif du terme "pila", "la balle".

J'aime ce mot ancien, qui peut désigner des objets, des oiseaux duveteux, des végétaux qui s'ébouriffent de soies légères et délicates.

La pelote fait surgir des images élégantes, fragiles.

La pelote si douce évoque des idées pleines de finesse, elle nous parle de couleurs, mais aussi de légèreté, de souplesse.

Elle parle à nos sens visuel, tactile, elle nous fait toucher du doigt toute la tendresse du monde...



 

 

http://rosemar.over-blog.com/article-un-oiseau-s-est-pose-sur-mon-balcon-113892328.html

 

Petite pelote de laine soyeuse...
Petite pelote de laine soyeuse...
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