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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 12:42
Une histoire de talons hauts...

 

 

 

On est, pour le moins, étonné par cette histoire qui se déroule à notre époque, chez nos voisins britanniques : il est vrai que l'ultra-libéralisme d'outre-manche entraîne bien des excès...

Nicola Thorpe réceptionniste de Londres, âgée de 27 ans, a été licenciée, pour un motif qui paraît bien futile : elle refusait de porter des talons hauts de cinq à dix centimètres, conformément au règlement interne de sa société, le cabinet d'audit PwC.
 
C'est pourtant une réalité : porter des talons hauts constitue une véritable torture infligée aux femmes.

Cette torture est, dans certains cas, volontaire et nombre de femmes l'acceptent.

Mais, dans le cas présent, il s'agit d'une torture imposée, et d'un cas de discrimination avérée et caractérisée.
 
Les talons affinent la silhouette, mais à quel prix ? La démarche en devient tortueuse, empêchée, périlleuse, parfois.
 
Quelle est cette mode féminine qui s'affiche dans les magazines, dans les médias ?
Combien de journalistes, de présentatrices de télévision portent, désormais, ces talons d'une taille démesurée !


Mais est-ce que les hommes portent des talons ?

Est-ce qu'on leur impose ce carcan ?
 
Souvent, on voit dans les rues des femmes perchées sur ces plateformes, en déséquilibre permanent, elles s'infligent une véritable torture...
Au nom de quoi ? 
C'est bien la dictature du paraître qui s'impose !
 
Et nombre de femmes s'y soumettent, alors qu'elles pourraient porter des chaussures plus confortables.
 
Mais quand ce diktat aboutit à un licenciement, on est sidéré et on ne peut que constater, une fois de plus, le sexisme qui règne dans nos sociétés.
 
La femme obligée de se soumettre à une mode du paraître, contrainte de se plier à des diktats vestimentaires hors normes, la femme objet de désir et de séduction...

 

On est bien face à un cas de discrimination sexiste : imposer des talons hauts dans le cadre du travail, c'est une façon de transformer la femme en objet, destiné à plaire, à séduire, à paraître...
 

Pourtant, il suffit de voir ces talons cambrés à l'extrême pour prendre conscience de la douleur que peuvent générer de telles chaussures.

 

Décidément, le sexisme s'immisce partout : dans le monde du travail, dans la vie quotidienne, en politique.

 

Et les femmes doivent encore batailler pour obtenir des droits essentiels, pour combler des inégalités qui existent dans bien des domaines : salaires, précarité, pauvreté, monoparentalité...

 

Il est temps de refuser ces diktats d'une mode inconfortable, voire dangereuse, une mode dont l'esthétique est contestable.

Les femmes ont le droit de vivre, au travail et ailleurs, dans des tenues qui leur assurent bien-être et sécurité.


 
 



 

http://www.ouest-france.fr/societe/etude-un-chercheur-breton-demontre-le-pouvoir-des-talons-hauts-3007765

 

 

http://www.lepoint.fr/europe/sexisme-crise-de-nerfs-autour-des-talons-hauts-en-angleterre-12-05-2016-2038890_2626.php

 

http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-femmes-ne-sont-pas-egales-aux-hommes-la-preuve-en-10-chiffres_1447049.html

 

http://www.20minutes.fr/insolite/1487907-20141125-talons-hauts-rendraient-hommes-serviables

 

 

 

 

 

Une histoire de talons hauts...
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:34
L'oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie...

 

 

 

"Ô les oiseaux chantant doux, chantant gai, chantant fort !

Compagnons des saisons sereines, 

Notes de flûtes du printemps

Et du beau temps..." (Traduction de Marguerite Yourcenar)

 

C'est ainsi que le choeur apostrophe les oiseaux, dans une célèbre comédie antique écrite par Aristophane...

 

Aussitôt, le mot "oiseau" dessine des images de délicatesse, de charme, avec sa consonne sifflante "s", emplie de douceur, avec ses voyelles feutrées... Ce nom nous fait ressentir des éclats des plumes, un velouté...
On entrevoit des envols soudains, des arabesques somptueuses dans le ciel, des duvets de lumières, des guipures aériennes sur l'azur.


Ce mot très ancien venu du latin, "aucellus", lui même dérivé de "avicellus", révèle une formation de diminutif, à valeur affective.

Le nom "avis" désigne, en latin, l'oiseau et on perçoit, aussi, toute la légèreté, l'élégance des envols de l'animal dans les sonorités de ce mot ancien...

Le suffixe de diminutif -cellus lui confère une fragilité, une délicatesse supplémentaires. La forme moyenâgeuse de ce terme, "oisel" restitue, également, ce suffixe.

Le mot "oiseau", paraît bien loin de son ancêtre "avicellus", en raison de modifications phonétiques importantes, mais il a gardé une élégante simplicité.

Le nom grec de l'aigle, "aétos" est issu, probablement, de ce même radical ancien "avis".

D'autres termes plus modernes sont venus, au fil du temps, compléter cette famille de mots : "avion, aviateur, aviation"... et curieusement, on retrouve, presque intact, dans ces termes récents, le nom originel "avis".

J'aime ce petit mot d'autrefois qui a donné des dérivés modernes. Ce simple nom "avis" nous fait remonter aux origines les plus anciennes de notre langue, le latin et le grec.


Vivant dans les airs, dans les hautes sphères célestes, les oiseaux étaient, pour les grecs et les romains, considérés comme les messagers des dieux, ainsi leurs cris, leurs chants, leurs mouvements étaient interprétés comme des signes divins...

Les oiseaux messagers célestes aux voix diverses peuplent les arbres, les remplissent de vie, animent, de leurs envols, les jardins.

Les oiseaux virevoltent, dessinent des embruns, des volutes de lumières dans le ciel : leur nom même évoque des figures lumineuses, des tourbillons d'écumes, des envolées de mystères...

Leur nom suggère harmonie, tendresse, finesse, et éclats.

L'oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie : les chants des oiseaux, souvent associés à la poésie, accompagnent et rythment l'éveil de la nature... dès l'aube, ils envahissent les charmilles de leur mélodie radieuse.


L'oiseau dessine des volutes sur l'horizon, il décline toutes les harmonies du monde : douceur, éclats de plumes, murmures soyeux dans les arbres...

Symboles de liberté, d'élégance, les oiseaux côtoient le ciel : ces rois de l'azur représentent une beauté céleste, une part de mystère, et d'harmonie lumineuse...

 

 

 

 

Un autre extrait de la pièce d'Aristophane :

 

 

LA HUPPE, dans le taillis. : Epopopopopopopopopopoï ! Io, Io ! Venez, venez, venez, venez, venez ici, ô mes compagnons ailés ; vous qui paissez les sillons fertiles des laboureurs, tribus innombrables de mangeurs d'orge, famille des cueilleurs de graines, au vol rapide, au gosier mélodieux ; vous qui, dans la plaine labourée, gazouillez, autour de la glèbe, cette chanson d'une voix légère : "Tio, tio, tio, tio, tio, tio, tio, tio ;" et vous aussi qui dans les jardins, sous les feuillages du lierre, faites entendre vos accents ; et vous qui, sur les montagnes, becquetez les olives sauvages et les arbouses, hâtez-vous de voler vers mes chansons. Trioto, trioto, totobrix ! - Et vous, vous encore qui, dans les vallons marécageux, dévorez les cousins à la trompe aiguë, qui habitez les terrains humides de rosée et les prairies aimables de Marathon, francolin au plumage émaillé de mille couleurs, troupe d'alcyons volant sur les flots gonflés de la mer, venez apprendre la nouvelle. Nous rassemblons ici toutes les tribus des oiseaux au long cou. Un vieillard habile est venu, avec des idées neuves et de neuves entreprises. Venez tous à cette conférence, ici, ici, ici, ici. -- Torotorotorotorotix. Kikkabau, kikkabau. Torotorotorotorolililix.

 

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Oiseaux_(Aristophane)





http://www.editionsdelondres.com/Les-oiseaux



https://youtu.be/LZClS79egCM


 






  

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 11:53
Denis Baupin, un nouvel exemple de sexisme en politique, un de plus...

 

 

 

 

Le sexisme est présent partout, dans nos sociétés : dans le métro, dans les rues, où les femmes subissent, parfois, les assauts de harceleurs : injures, menaces, violences, gestes déplacés.

 

Dans le travail, il arrive que les femmes subissent une forme de sexisme de la part de supérieurs hiérarchiques...

Sur internet, le machisme se manifeste, sur de nombreux forums de discussions...

 

Mais le sexisme se manifeste plus particulièrement dans le monde politique où les hommes se sentent maîtres du jeu, où ils exercent depuis longtemps une domination.

 

Ces derniers jours, les langues se délient et plusieurs témoignages accablent Denis Baupin, député écologiste, mari d'Emmanuelle Cosse, actuelle ministre du logement.

Agression, harcèlement sexuel, propos déplacés et graveleux, appels téléphoniques insistants : Denis Baupin n'aurait pas fait "dans la dentelle".

 

Décidément, les hommes politiques investis et imbus de leurs pouvoirs semblent se distinguer par un sexisme exacerbé...

 

Après Dominique Strauss Kahn qui a défrayé le chronique par ses frasques sexuelles, après Eric Raoult, ex-maire UMP du Raincy, après Patrick Balkany, Georges Tron,  c'est au tour de Denis Baupin d'être cerné par des soupçons d'agressions sexuelles.

 

Face aux différents témoignages de femmes harcelées, Denis Baupin a décidé de porter plainte pour diffamation, niant complètement les faits. Il conteste fondamentalement "l'idée de harcèlement sexuel et plus encore d'agression sexuelle, lesquels lui sont totalement étrangers", a notamment déclaré son avocat.

 

Il est vrai que Denis Baupin avait, lui-même participé à une campagne anti-harcèlement !

Dès lors, on ne peut que s'étonner de ces révélations qui mettent en cause un élu qui aurait dû être irréprochable.

Mais, les faux semblants, l'hypocrisie font, souvent, partie du monde politique...

 

Le sexisme, une forme de misogynie se répandent dans les plus hautes instances de la société et les hommes politiques s'en font une spécialité.

La femme considérée comme un jouet, méprisée, bafouée, harcelée : une telle image devrait appartenir à une autre époque.

 

Et, pourtant, les témoignages se sont multipliés à l'encontre de Denis Baupin qui semble s'être comporté, en maintes circonstances, comme un harceleur patenté.

 

Quels exemples nous donnent, donc, les hommes politiques ? Mensonges, déni de réalités, sexisme, machisme...

 

Le pouvoir qu'ils détiennent leur donne l'impression d'avoir tous les droits sur les plus faibles et notamment sur les femmes.

 

Denis Baupin, chaud lapin, aurait eu une conduite déplacée et vulgaire, à l'égard de nombreuses femmes qu'il a côtoyées...

 

Une fois de plus, le monde politique éclaboussé par des agissements sexistes, perd un peu plus de sa crédibilité.

 

 

 

 

 

 

 

Denis Baupin, un nouvel exemple de sexisme en politique, un de plus...
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 15:30
Les propos dangereux d'Emmanuel Todd...

 



Dans une interview accordée au journal Fakir, évoquant le phénomène Nuit debout,  Emmanuel Todd se livre, une fois de plus, à une déclaration plutôt hasardeuse.

Opposant les jeunes et les vieux, dans un schéma simpliste, il a notamment affirmé :

"Enfin ! La société française est sous la coupe des vieux et des banques. Non seulement pour les richesses, mais pour le pouvoir surtout : le suffrage universel devient un mode d’oppression des jeunes par les vieux, qui décident d’un avenir qu’ils n’auront pas à habiter. Je milite pour la mise à mort de ma génération. Donc, l’idée d’un territoire libéré, à la fois des vieux et des banques, ça ne me déplait pas. C’est pour cette raison que l’éviction de Finkielkraut m’est apparue comme une bonne nouvelle. Jusqu’ici, je trouvais les jeunes trop gentils, au vu de la domination qu’ils subissaient."

On perçoit, là, une forme de provocation, sans doute, mais aussi une opposition caricaturale et dangereuse entre jeunes et vieux : les conflits de génération ont toujours peu ou prou existé, mais il paraît maladroit de les souligner en ces termes, comme si les "vieux" détenaient toutes sortes de privilèges.

 

Ainsi, s'il est vrai que le chômage touche les jeunes, il n'en affecte pas moins les personnes plus âgées...


Je songe, par exemple, à ce témoignage d'une secrétaire de direction, expérimentée et diplômée qui galère, depuis 8 ans, pour essayer de retrouver du travail, un témoignage diffusé lors du journal de 20 heures sur France 2, mercredi 4 mai.

Et les exemples de ces chômeurs et chômeuses de plus de 55 ans sont légion...

La crise vaut pour tous, hélas : d'ailleurs, les personnes âgées ont elles-mêmes des enfants, des petits enfants et se sentent concernées par le sort qui leur est réservé.

Souvent, la solidarité joue : les parents ont à coeur d'aider les jeunes en difficulté, quand ils le peuvent.

Les vieux, les jeunes... ces distinctions sont absurdes et n'ont pas de sens : les jeunes d'aujourd'hui seront les vieux de demain, et s'ils rencontrent des difficultés, ils bénéficient, aussi, de progrès considérables : internet leur offre toutes sortes de possibilités que les personnes âgées n'ont pas connues.

De tels clivages ne sont pas cohérents.

Si certains vieux détiennent richesses et pouvoir, les jeunes bénéficient, pour la plupart, d'un confort inégalé qui n'existait pas dans les années cinquante ou soixante.

Il ne faut pas oublier, aussi que beaucoup de personnes d'un certain âge sont déjà affectées par le recul de l'âge de la retraite.

Quant à l'éviction d'Alain Finkielkraut de Nuit debout, si c'est une bonne nouvelle pour Emmanuel Todd, on ne peut que le regretter.

Cette éviction s'est faite sous des insultes, des injures dégradantes et indignes.

Et elle ne peut, en aucun cas, grandir ceux qui s'y sont prêtés.

Alors que les insultes prennent de l'ampleur, un peu partout, sur la toile et ailleurs, alors que les insultes remplacent souvent les arguments, il convient de les condamner...

Que peut-on, donc, retenir des affirmations d'Emmanuel Todd ?

La primauté des banques, le pouvoir de l'argent qui sont scandaleux... c'est indéniable et Emmanuel Todd les fustige, à juste titre.

Mais, pour le reste, il vaut mieux oublier cette déclaration du sociologue, car, en se livrant à des oppositions caricaturales, Emmanuel Todd ne fait pas vraiment progresser le débat.

 

Voulant soutenir le mouvement Nuit debout, il use d'une argumentation simpliste : s'il a raison de dénoncer le pouvoir de l'argent, sa réflexion paraît néanmoins bien sommaire et réductrice.


 

La déclaration d'Emmanuel Todd :

 
http://www.fakirpresse.info/emmanuel-todd-nuit-debout-contre-le-grand-vide


Le reportage du journal de 20 heures sur France 2 :
 
http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/recherche-d-emploi-les-difficultes-d-une-senior_1435910.html

 

Une chanson de Brassens :

 https://youtu.be/KJECg66AgGY


 

 

Les propos dangereux d'Emmanuel Todd...
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 13:30
Pour Antoine Leiris, le partage de la culture est essentiel...

 

 

 

"La culture nous fait avancer, elle nous fait grandir... à force de la refuser, cette culture, à force de la mettre de côté... on finit par en priver une grande partie des gens qui ont pourtant ce désir là de s'élever... il y a un désir profond d'élévation, et l'élévation, c'est par la culture..."

 

On doit cette profession de foi en la culture à Antoine Leiris, ce journaliste qui a écrit un récit bouleversant après la mort de sa femme, assassinée le 13 novembre, lors de l'attaque terroriste du Bataclan.

 

Invité sur le plateau de l'émission On n'est pas couché, Antoine Leiris,  a livré un témoignage rempli d'émotion et a expliqué la raison d'être de son livre, Vous n'aurez pas ma haine.

 

Antoine Leiris le dit clairement, il ne pardonne pas, il n'oublie pas mais il refuse de céder à la tentation de la haine destructrice : pour son fils, il choisit d'aller de l'avant, de se projeter dans l'avenir.

Ainsi,  la culture permet cette projection pour progresser sans cesse dans la compréhensionu du monde.

 

La culture contient une humanité, elle nous offre une multitude de pensées, une diversité sans fin, elle nous ouvre des horizons différents, elle développe la curiosité, une envie renouvelée de découvertes...

Oui, la culture est multiple...

La culture, c'est, aussi, l'amour de la terre que nous habitons et de la nature, ce n'est pas un hasard si le mot "culture" désigne aussi l 'action de cultiver la terre.

 

La culture nous permet de mettre en oeuvre cette osmose avec la nature et le monde qui nous entoure : le déroulement des saisons, les paysages qui suivent ce rythme, les arbres qui changent d'aspect....

 

La culture, c'est aussi l'univers des livres, celui des mots, de leur précision, de leur origine, de leur valeur.

Et plus on découvre, plus on éprouve le besoin de découvrir, de s'enrichir de mots, de réflexions.

 

Oui, la culture est une occasion de s'élever, car elle apporte de multiples possibilités, elle nous offre tant de sujets de réflexion dans différents domaines : sciences, phiolosophie, arts, littérature...

 

Elle devient, ainsi, une quête incessante, une façon de vivre dans l'éveil, dans l'attention aux choses et aux autres.

Elle aiguise l'esprit, elle avive la compréhension du monde, et ce faisant, elle rend plus heureux.

 

La culture, c'est le contraire de la haine, c'est un amour de la vie et du monde qui nous entoure.

La culture est une force : s'appuyant sur le passé, elle nous guide vers le futur, et nous donne des repères essentiels...

 

Ainsi, le livre d'Antoine Leiris, loin de la haine barbare des terroristes du Bataclan, est rempli d'amour, pour sa femme disparue et pour son fils...

Il est rempli d'espoir en l'avenir...

 

Prenant le contre-pied des terroristes, Antoine Leiris refuse leur haine et leur violence, et nous donne, aussi, une magnifique leçon de vie et d'espérance.

 

 

 

http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/vous-naurez-pas-ma-haine-le-recit-bouleversant-dantoine-leiris-sur-le-plateau-donpc/

 

 

 

 

 

 

Sur la vidéo : Antoine Leiris évoque la culture à 17 minutes...

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 10:50
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers...

 

 




On est tous bouleversés par cette chanson qui évoque la plus grande infamie, la plus grande tragédie du XXème siècle : les déportations, toutes leurs horreurs, la peur, l'angoisse d'êtres humains qu'on a voués à la mort.


La chanson s'ouvre sur l'évocation du nombre des victimes : "vingt et cent, des milliers". La gradation met en évidence l'ampleur du massacre. On ne voit plus des êtres humains, mais une masse informe de silhouettes, designées par le pronom "ils", et ces êtres "nus, maigres et tremblants" enfermés dans "des wagons plombés" sont l'image même du désarroi : sans défense, humiliés par la nudité et la peur, on les voit "déchirer la nuit de leurs ongles battants". Cette image terrible restitue une sorte de révolte impossible et inutile, puisqu'elle s'acharne sur une ombre, une entité inconnue, et obscure... 


On a enlevé à ces hommes, devenus "des nombres", toute humanité et toute espérance, car leur destin était fixé par leurs origines mêmes : "Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés", expression irrémédiable qui suggère qu'on ne leur a laissé aucune échappatoire...

On leur a ôté tout avenir de bonheur, symbolisé par l'été qu'ils ne devaient plus revoir...

La description de ces convois de la mort est associée à la fuite monotone du temps, à l'obsession de survivre, malgré tout. Les énumérations restituent une attente interminable et terrible :"un jour, une heure, obstinément Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs."

Quelques prénoms sont, enfin, cités : "Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel", ces êtres nous semblent, alors, d'autant plus proches et familiers, on perçoit une diversité de religions dans les destinataires de leurs prières : "Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou.", d'autres ne prient pas, mais tous refusent la soumission qu'on leur a imposée, marquée par une expression imagée et forte, "vivre à genoux..."


La mort au bout du chemin pour beaucoup et un désespoir sans fin pour ceux qui en sont revenus, tel était le sort qui leur était réservé... La question posée : "ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux ?" suggère une impossibilité irrémédiable.


Les veines devenues si bleues sur leur bras, après toutes ces épreuves, soulignent encore les souffrances et les détresses vécues dans les camps.


L'évocation des miradors où guettaient les allemands suffit à dessiner le décor lugubre de ces camps : la surveillance, la peur permanente, marquée par le silence..."la lune se taisait comme vous vous taisiez", comme si le paysage se mettait à l'unisson de la douleur des déportés....


L'espoir de l'évasion se traduit par le verbe "regarder" répété...  le regard porte au loin, dans une envie de fuir ces lieux sinistres, mais la présence des chiens policiers apparaît menaçante dans l'expression contrastée : "Votre chair était tendre à leurs chiens policiers."


Certains voudraient oublier tous ces événements, les taire, mais le poète affirme la nécessité de dire l'atroce réailté, même à travers une chanson... oui, pour de telles causes, l'engagement est nécessaire, pour éviter l'oubli, car "le sang sèche vite en entrant dans l'histoire".


Au poète engagé, les chansons d'amour ne suffisent pas, quoi que puisse dire la foule représentée ici par le pronom "on".


Le poète veut crier au monde ce qui s'est passé, il refuse l'oubli et personne ne l'arrêtera :"Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?" La question oratoire montre la force d'une conviction, et le poète est prêt à "twister" les mots pour faire entendre sa voix et perpétuer la mémoire de ces êtres humains, parfois oubliés...


Jean Ferrat redonne vie à toutes ces victimes de la barbarie, en employant dans le dernier couplet le pronom "vous", il rappelle à l'humanité ces êtres martyrisés, il semble vouloir, aussi,  abolir leur anonymat...



 

 

 



https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_et_Brouillard_(chanson)
 



 

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 13:44
Le narcissisme triomphant...

 

 

 

 

Les vies privées qui s'affichent sur les réseaux sociaux, le culte de la beauté, et du corps, les selfies, les clichés de SOI qui envahissent la toile, le MOI JE qui déborde... notre monde est bien celui du narcissisme triomphant...

 

Certains publient, sans vergogne, leur Curriculum vitae sur internet, se présentant de manière avantageuse, mettant en avant leurs diverses compétences, parfois même des diplômes réels ou imaginaires... 

On a l'impression que chacun veut se "vendre" et faire sa propre promotion !

 

Il est vrai que la publicité nous cerne et nous encercle : sommes-nous à ce point influencés et aveuglés par l'univers publicitaire ?

Sommes-nous tous devenus des "vendeurs" de rêves ?

Sommes-nous tous englués dans une société de consommation sans âme ?

 

Les hommes politiques eux-mêmes n'hésitent pas à faire étalage de leurs prétendues qualités : c'est Bruno Lemaire qui considère que son intelligence est un obstacle dans la course à l'élection présidentielle, par exemple...

C'est François Hollande qui lors de sa campagne déclamait : "MOI, président..."

C'est Nicolas Sarkozy qui affiche, sans cesse, une forme d'autosatisfaction et de suffisance démesurées...

Le débat d'idées tend à s'évanouir au profit d'un affrontement d'EGO. C'est l'image qui prime sur les idées.

 

Les adolescents, eux, passent leur temps à se photographier, à échanger des photos sur les différents réseaux sociaux. Accrochés à leur portable, ils sont sollicités, sans cesse, par des écrans.

 

Sur certains sites, des individus se donnent de l'importance, s'enflent de qualités, prétendent même donner des leçons aux autres.

L'EGO se répand sur la toile, à tel point que tout un chacun se satisfait de soi-même, et que certains se gargarisent de leurs propres discours.

 

Et quand l'EGO triomphe, l'autre n'existe plus, l'autre s'efface et disparaît.

 

Nous vivons dans une société où l'individualisme se développe : il faut parler plus que les autres, s'imposer par le verbe, si bien que certains ne savent même plus écouter !

 

Ils se complaisent dans un verbiage incessant, refusant la parole aux autres.

 

Et pourtant, l'écoute et le respect des autres sont essentiels :  ils ont, pourtant, tendance à être dévalorisés.

Le mépris, l'orgueil, la suffisance s'imposent sur la toile... ce qui va, souvent, de pair avec un manque de réflexion...

 

Les gens s'isolent devant leur écran : "googuelisés", ils n'ont qu'une envie... dominer, gagner, triompher de l'autre, dans une compétition d'EGO permanente.

 

Ne serait-il pas temps de revenir à une forme d'attention aux autres, à un respect, une forme de modération ?

 

Les réseaux sociaux, internet ne devraient pas servir à annihiler les autres, ils devraient, au contraire, constituer un lien...

 

Or, le plus souvent, hélas, c'est la compétition qui l'emporte. C'est l'EGO qui s'impose et qui triomphe !

 

 

 

 

http://www.marianne.net/dictature-du-moi-je-les-reseaux-sociaux-nous-menent-superficialite-100242595.html

 

 

 

 

Le narcissisme triomphant...
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 13:36
Effleurer, quelle évanescence dans ce mot !

 

 

 

 

Pour le plaisir des mots : "effleurer" !


"Les anges portent des ailes invisibles qui viennent par inadvertance effleurer la peau de ceux qu'ils protègent... les picotements, les chatouillements, ce sont eux."

Avec humour, poésie et tendresse, Yves Simon évoque ainsi , dans un extrait de son roman Les Novices, les anges protecteurs qui nous entourent et nous signalent leur présence, en nous effleurant...

 

Le verbe "effleurer"restitue une légèreté, une évanescence, grâce à ses voyelles feutrées, il nous entraîne dans un univers empli de délicatesse...
 

Formé du préfixe ex- et du nom "fleur", ce verbe signifie d'abord "dépouiller de ses fleurs"...

 

Il suffit parfois d'un geste très léger et anodin pour faire tomber les pétales d'une fleur...

 

Ce verbe, aux sonorités contrastées de fricative "f"  très douce et de gutturale "r" plus âpre, restitue bien le sens premier : le mouvement est ténu, subtil, mais la fleur tombe inexorablement et meurt sous nos yeux...

 

On peut aussi effleurer une peau, une joue, dans un geste tendre et caressant...

 

De nombreux mots appartiennent à cette famille : "fleurir, fleuriste, fleuron, fleurette, fleuret, affleurer, flore, floraison, floréal, florilège, floral, fioriture"...

 

On perçoit des images de beauté, à l'évocation de ces mots, on perçoit des couleurs, des harmonies, des éclats et on comprend toute la richesse des dérivations françaises, grâce à l'ajout de préfixes ou de suffixes.

 

C'est un seul nom latin, "flos", "la fleur" qui est à l'origine de tous ces mots..

"Flos" ! Ce terme générique traduit bien, dans sa brièveté, fragilité, douceur, harmonie.

 

Le verbe "effleurer" a quelque peu perdu son sens étymologique : il signifie maintenant "toucher légèrement", mais le mot fleur qu'il contient suggère toute la tendresse du nom originel.

 

"Effleurer, affleurer", ces deux verbes qui se ressemblent sont empreints de douceur...

On aimerait croire ce qu'affirme Yves Simon : les anges nous effleurent chaque fois que nous ressentons des picotements !

On aimerait que des anges nous caressent aussi souvent !

 

Il est doux d'effleurer du sable fin, des galets lisses, des fossiles aux formes mystérieuses, aux enroulements voluptueux.

 

Il est doux de se laisser effleurer par des vagues ondoyantes, par des embruns légers, par des brises marines.

 

Ce verbe plein de volupté, de légèreté nous séduit, nous entraîne dans une ambiance apaisée, bienheureuse.

 

Dans notre monde empli de hargne et de virulence, ce mot nous fait percevoir une douceur, un bien-être, un réconfort.

 

On a envie d'effleurer de la mousse, du velours, de la dentelle, de la soie...

On aime effleurer des cheveux, une joue, une peau dorée...

 

Ce verbe lié à la sensation tactile nous emporte, aussi, dans une harmonie des sens : couleurs, teintes, senteurs de fleurs si variées, douceur du toucher...

 

Ce verbe nous emmène dans un univers poétique, celui des correspondances baudelairiennes, où les sensations se rejoignent...


 

 

 

 

 

 


 

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 15:32
Tout le charme d'une chapelle : la colline Saint Jacques, à Cavaillon...

 



La colline Saint Jacques domine la ville de Cavaillon : bloc rocheux calcaire, cette colline abrite une chapelle du XII ème siècle, dans le plus pur style roman...

L'édifice de dimensions modestes, encadré par un cyprès et deux pins nous fait voir une architecture simple, dépouillée, pleine de charmes : trois voûtes sont visibles dans l'entrée dans une harmonie et un équilibre apaisant, la voûte centrale étant plus haute que les deux autres...

Les murs de pierre contribuent à l'allure rustique de l'ensemble...

Le cadre champêtre, la simplicité primitive de l'édifice accentuent l'impression de paix qui se dégage de ce monument religieux.

On est sensible à des contrastes de couleurs : le vert de la végétation fait ressortir la pureté des murs aux teintes d'opale de la chapelle.

La vue que nous offrent les hauteurs de la colline Saint Jacques est magnifique : les toits et les tuiles aux couleurs d'ocre de Cavaillon, le Lubéron, le mont Ventoux, la Durance...

Le panorama permet d'enlacer du regard le paysage environnant, avec ses constructions humaines et une nature intacte.


L'ascension de la colline offre, aussi, de beaux moments de paix : le bloc rocheux se gravit d'abord grâce à des escaliers, puis un chemin pierreux et pentu.


Des oliviers, des chênes, des pins s'accrochent sur la pente, répandant des senteurs enivrantes, des effluves d'une nature sauvage.


On aperçoit d'en bas la chapelle qui domine la colline de son clocher : éclairée par le soleil, les murs de pierre de l'édifice attirent tous les regards et donnent envie d'atteindre ce monument placé en hauteur...

 

Construite au XIIème siècle sur une place forte naturelle,  la chapelle Saint-Jacques est un charmant petit édifice au décor sobre, à l’image des chapelles rurales. Son hôte le plus célèbre fut César de Bus (1544-1607), fondateur d’une congrégation qui se consacra à l’enseignement de la doctrine chrétienne.

La colline, lieu de fondation de la ville, fut d'abord un oppidum gaulois....
 

L'ascension un peu rude pour le souffle promet de belles découvertes...


Et, de fait, quand on arrive au sommet, la vue de la chapelle, son charme pastoral sont comme un éblouissement : on perçoit, là, un bonheur évident, des lignes sans fioritures, un ensemble harmonieux...


Les lumières du couchant contribuent à cette harmonie : elles éclairent l'édifice de douces teintes, le subliment d'éclats pleins de délicatesse...


Les yeux remplis de toutes ces images, nous redescendons la colline, émerveillés, ravis et étonnés par ce lieu rustique empreint de poésie...


    

 

 

 

 

Photos : rosemar

Tout le charme d'une chapelle : la colline Saint Jacques, à Cavaillon...
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 13:21
Rêves de profs...

 

 

 

 

Rêves de profs... ou plutôt cauchemars, car les nuits des enseignants sont parfois agitées et houleuses, notamment en fin de trimestre, quand la fatigue se fait plus pesante...

 

Ce métier prenant qui envahit l'esprit nous poursuit, parfois, jusque dans notre sommeil : élèves agités, bavards, indisciplinés peuvent hanter nos pensées, même pendant la nuit.

Dans ces visions nocturnes, voilà que je me sens dépassée par la situation, incapable de contrôler une classe, je me sens débordée, complètement écrasée par le poids des responsabilités...

 

Il m'est arrivé de me réveiller, en pleine nuit, en sursaut, en criant : TAISEZ-VOUS !

D'autres fois, je perdais des copies d'élèves... c'est, là, une des angoisses des profs les plus fréquentes, car on réceptionne, souvent, un nombre impressionnant de devoirs à corriger...

D'autres fois, pressée par le temps, je n'arrivais pas à remplir les bulletins de fin de trimestre et  j'étais prise de panique...

 

Certains élèves dissipés, voire perturbateurs nous amènent, aussi, à élaborer des stratégies nocturnes.

Punitions à prévoir, mesures de rétorsions, sanctions diverses...

 

Parfois, c'est la préparation d'un cours qui envahit nos nuits : soudain, de nouvelles idées viennent à l'esprit et permettent de compléter un travail entrepris.

 

Les enseignants peuvent aussi faire des cauchemars d'inspecteurs : inspecteurs tyranniques et virulents qui font preuve d'abus d'autorité.

 

La hiérarchie peut débouler dans nos nuits agitées : une convocation dans le bureau du proviseur peut entraîner des soucis qui génèrent des nuits agitées.

 

Les parents d'élèves viennent, parfois, même, au coeur de la nuit, me demander des comptes, et me poursuivent de leurs récriminations...

 

Des notes trop sévères, des punitions qui seraient injustifiées, trop de travail pour les élèves, le défilé des parents peut être cauchemardesque...

 

Non, je ne rêve même pas de ces cours merveilleux où les élèves participent avec bonheur, où ils me montrent tout l'intérêt qu'ils portent à mon enseignement.

 

Je ne rêve pas de ces moments de complicité où les rires fusent, où l'on éprouve un bien-être et un enchantement face à certaines classes.

 

Le plus souvent, ce sont les soucis qui prennent le dessus et qui envahissent l'espace nocturne.

Le plus souvent, la nuit apporte son lot d'inquiétudes et d'angoisses renouvelées.

 

D'autres métiers génèrent, sans doute, des tourments, mais l'enseignement reste une des professions les plus exposées à ces troubles nocturnes.

De quoi rêvent les profs ?

Ce métier qui accapare l'esprit revient, parfois, hanter nos nuits, et réveiller des peurs primaires.

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

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