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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 12:26
Honneur à la culture française...

 

 

 


En ces temps de mondialisation où l'on veut nous imposer une uniformisation des cultures, j'affirme ici mon attachement à la culture, à la langue, à l'âme françaises. La culture de mon pays m'a forgée, m'a façonnée : celle d'un pays épris de liberté, aimant la réflexion, la controverse, la pureté de la langue...

La langue de Rabelais au vocabulaire foisonnant, celle de Voltaire aiguisée et acérée, celle de Hugo tour à tour grandiloquente et dépouillée, celle de Baudelaire qui nous emmène au bord du rêve, celle de Zola proche parfois de l'épopée, celle de Montaigne limpide et complexe à la fois, celle de Céline pleine de familiarités et d'inventivités.

La langue des auteurs classiques, La Fontaine, La Bruyère, Molière, Racine... langue épurée, qui exprime l'esssentiel.



J'aime "l'esprit" français, une certaine liberté de ton, une envie de contestation....

J'aime la langue de mon pays, ses sonorités dures ou douces, ses éclats, ses envolées, sa poésie, son charme... la poésie de Verlaine, de Musset, de Hugo, de Racine, Corneille...

J'aime le théâtre de Racine, celui de Molière, de Giraudoux.

Que dire des romans si variés depuis le Moyen âge jusqu'à nos jours ? Romans  de Chrétien De Troyes, Lesage, Marivaux, Balzac, Flaubert, Giono...

J'aime les mots de ma langue, leur variété, leurs nuances infinies, leurs origines, tant de mots venus du latin et du grec.

Des mots familiers ou recherchés, des niveaux de langue très divers....

J'aime les idées de progrès, l'engagement des auteurs, celui de Hugo, de Zola qui défendent le peuple et ses valeurs, celui de Montaigne qui dénonce l'intolérance et les guerres de religion, celui de Montesquieu qui remet en cause la monarchie de droit divin et ses privilèges, celui des poètes de la résistance... 

J'apprécie la peinture plus particulièrement l'impressionnisme, celui de Monet, de Manet, de Cézanne, de Renoir... l'impressionnisme qui a aussi influencé la littérature : certaines descriptions de Maupassant, de Zola en sont imprégnées...
 

Comment ne pas percevoir aussi le génie musical d'Offenbach, de Bizet, de Lully, de Rameau, de Saint Saens ? 
 Comment ne pas être sensible aux chansons et à la poésie de Brassens, de Nougaro, de Brel ?
 
Musique, peinture, littérature autant d'arts dans lesquels se sont illustrés nombre de créateurs de talent !
 
Notre culture est essentielle parce qu'elle constitue nos origines, notre passé, notre ancrage et qu'elle nous permet aussi de mieux comprendre ce que nous sommes, notre originalité, nos spécificités.
 
La culture est l'âme d'un peuple, de tous ceux qui nous ont précédés, leurs pensées, leurs idées, leur idéal... Sans elle, sans ce passé de culture, nous ne serions que des fantômes sans vie, des esprits vides et arides : sans ce passé, nous ne pourrions pas nous construire et progresser...
 
 

 

 

 

 

 

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 15:29
Nuit debout : la honteuse éviction d'Alain Finkielkraut...

 

 

 

 

Exclure une personnalité, un philosophe, d'un débat démocratique, ce n'est pas glorieux, c'est même indigne de cette organisation qui se réclame de la liberté d'expression : Nuit debout.

 

Alain Finkielkraut méritait, sans doute, d'être entendu et accueilli, au sein de ces discussions qui se veulent ouvertes à tous.

 

Pourquoi l'avoir exclu ? Pourquoi l'avoir condamné au silence, pourquoi des insultes ont-elles fusé à son encontre ?

 

C'est une certitude : ce mouvement contestataire s'est discrédité par cette attitude de rejet et de mépris...

 

Cette exclusion peut même rappeler de tristes heures de notre histoire, hélas !

Alain Finkelkraut, penseur, philosophe n'a-t-il plus sa place, en France, dans une libre discussion ?

 

De telles évictions sont dangereuses, mais elles sont fréquentes, surtout quand une foule se laisse entraîner par des réactions primaires, dénuées de réflexion...

La foule, guidée par la haine, peut se laisser aller aux pires dénigrements, la foule n'hésite pas à vilipender, agresser, exclure.

Un article paru sur le journal Le Monde tend à minimiser les faits : "Dans une vidéo, on voit bien un homme cracher en direction de l’académicien... Mais c’est la personne qui tient la caméra qui reçoit le crachat..."

Est-ce là une excuse ? Le crachat a raté sa cible, mais le geste reste odieux et inadmissible...

Comment peut on admettre de tels comportements et les excuser ?

 

Un autre extrait de cet article :

"Selon un billet de blog de plusieurs  participants à la commission accueil et sérénité de la Nuit debout, le philosophe serait resté plus d’une heure  avant d’être pris à partie."

La belle affaire ! Alain Finkielkraut aurait, donc, pu assister à quelques débats, avant de se faire évincer et insulter.

Certains vont jusqu'à imaginer qu'il s'agit d'un "coup monté" de la part d'Alain Finkielkraut, comme si le philosophe était lui-même coupable des invectives qu'il a essuyées !

 

Je le rappelle et le répète : l'insulte ne peut, en aucun cas, servir d'arguments, l'insulte instinctive et primaire est scandaleuse.

 

L'insulte relève du réflexe et s'oppose à une véritable réflexion, si, en plus, elle s'accompagne de crachats, on atteint le comble de l'ignominie.

 

Exclure, invectiver, insulter, cracher ... de telles attitudes concentrent, à la fois, arrogance et mépris.

 

Il faut condamner ces exclusions du débat démocratique : mon expérience m'a démontré tout le mépris dont est capable une foule, tout le déchaînement de violences auquel une foule peut se laisser entraîner...

Le plus souvent, la foule se conformant à des meneurs, ne respecte plus rien.

 

Crachats et insultes sont du même ordre. Crachats et insultes discréditent ceux qui se livrent à ces débordements.

 

 

L'article du journal Le Monde, intitulé "Alain Finkielkraut expulsé de Nuit debout : les faits..."
 

 

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/04/18/alain-finkielkraut-expulse-de-nuit-debout-les-faits_4904275_4355770.html

 

 Selon Caroline De Haas, militante féministe, à l’initiative de la pétition Loi travail, non merci...

"Finkielkraut, en spécialiste de la provocation et de l’invective, a voulu faire un coup"

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/19/finkielkraut-en-specialiste-de-la-provocation-et-de-l-invective-a-voulu-faire-un-coup_4904853_3232.html

 

 

 

 

 

 

 

Nuit debout : la honteuse éviction d'Alain Finkielkraut...
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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 13:14
Après le Sarkozysme... le "fadisme"...

 

 

 

Après des années de Sarkozysme, où le président en exercice suscitait d'âpres commentaires sur sa personnalité envahissante, voilà que François Hollande reçoit la palme du "fadisme" qui lui a été décerné par un de nos philosophes : Michel Onfray...

 

Michel Onfray a trouvé l'intervention télévisée de François Hollande "fade". "Il a inventé le fadisme", a-t-il, ainsi, déclaré... "On écoute, on attend la fin en se disant qu'il y aura peut-être quelque chose, mais on découvre que pendant tout ce temps-là, ça a été un long discours apolitique..."

"Ce n'est pas un président... il n'a rien dit, c'est un bon communicant et non un homme politique..."

 

Le chef de l'état, en cette occasion, subit l'assaut de commentaires très critiques, venus de tous bords.

Michel Onfray ainsi que de nombreux commentateurs, des journalistes ont pourfendu le président, pour sa piètre prestation.

 

Mon but n'est pas, ici, de défendre un président dont le bilan ne brille pas par ses résultats.

Mais, je ne peux m'empêcher de constater l'impasse dans laquelle se trouve notre pays.

 

Nous venons de subir la gouvernance de deux hommes politiques aux tempéraments opposés, et ni l'un ni l'autre n'ont su apporter des solutions aux problèmes de notre société : le chômage, l'éducation, la crise, les migrants aux portes de l'Europe...

Deux hommes différents, mais on ne perçoit pas vraiment des lignes de fracture dans les politiques menées...

Après un hyper-président, François Hollande est décrit, à l'inverse, comme un fantôme de président.

 

"Fadisme ? Sarkozysme ?" D'un côté, comme de l'autre, l'alternance a abouti aux mêmes résultats : de nombreux français excédés par leur président, en fin de mandat.

 

Entre un président fade et un autre hyperactif, les bilans se ressemblent, bien que le mandat de François Hollande ne soit pas encore terminé.

 

Il semble que les clivages droite et gauche se resserrent et n'existent plus vraiment.

Il semble que ce soit l'Europe qui nous gouverne, et nous impose sans arrêt des mesures de rigueur.

La France est bloquée entre la gauche et la droite.

Ces mots "gauche, droite" ont-ils, même, encore un sens ?

Après la loi sur le travail proposé par le gouvernement, on peut en douter...

 

Bien sûr, quelques mesures prises par le gouvernement de François Hollande ont été positives et bénéfiques : la possibilté pour les salariés qui ont à leur actif une carrière longue de prendre leur retraite à 60 ans, le recrutement d'enseignants, par exemple.

 

Mais ces actions restent limitées.

Dans cette impasse, on peut craindre le retour d'une droite dure qui prendra des décisions de plus en plus difficiles...

 

 

 

Michel Onfray sur France Culture :

 

http://www.franceculture.fr/emissions/le-monde-selon-michel-onfray/michel-onfray-le-quinquennat-supprime-la-fonction

 

 

 

 

 

 

Après le Sarkozysme... le "fadisme"...
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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 16:30
Google : une course indécente à l'immortalité...

 

 

 

 

 

Alors que des gens meurent encore de faim et de misère sur cette planète, des programmes de recherche se mettent en place pour que l'homme puisse, un jour, accéder à l'immortalité...

Google est à la pointe de ces recherches, dans le but de nous vendre l'immortalité.

 

Il s'agit, ni plus ni moins, que de transplanter un cerveau humain dans un corps bionique. Avant la mort, on prélèvera le maximum de données sur les volontaires à l'immortalité, la voix, des éléments de la personnalité, l'ADN. Ces données seront, ensuite, réimplantées dans un clone robotique.

Bien évidemment, ce sont les plus riches qui pourront "bénéficier" de cette "merveilleuse" technique...

Bientôt l'immortalité à portée de mains !

Quelle vision d'horreur !

Un robot doté de ma personnalité, de mes idées, de ma vie !

Je n'ose l'imaginer et le concevoir !

L'homme joue, encore une fois, à l'apprenti sorcier...

L'immortalité n'est-elle pas une transgression de l'humanité et de l'humanisme ?

 

Cette forme d'hubris apparaît bien dangereuse : vouloir transgresser les règles de l'humanité vouée à une condition mortelle, c'est une façon de perdre son humanité.

 

Il serait plus judicieux, sans doute, de dépenser de l'argent afin d'éradiquer la faim dans le monde, de secourir les plus démunis....

 

Notre monde ne cesse d'aggraver les inégalités : les plus pauvres toujours plus pauvres, et les plus riches toujours plus riches.

 

Nul doute que l'immortalité sera promise aux gens les plus fortunés, et les plus fous.

Vivre dans le corps d'une machine ? Qui peut l'envisager ?

Devenir un robot humain ? Qui peut le concevoir ?

 

La sagesse antique devrait constituer pour l'humanité une mise en garde : les grecs dénonçaient l'hybris, comme une sorte de défi lancé aux dieux... les grecs savaient que l'hybris conduit l'homme à sa perte.

 

L'hybris, la démesure de l'homme, ses excès de suffisance et d'orgueil peuvent le conduire au pire, à sa propre destruction.

 

Le poète Homère en avait conscience : le personnage d'Ulysse, dans l'Odyssée, refuse, avec sagesse et discernement, l'immortalité que lui offre la déesse Calypso et préfère vivre pleinement sa condition d'homme.

 

 Ulysse pourrait devenir immortel et ainsi  échapper à tous les malheurs de l’humanité. Mais Ulysse a compris que l'éternité bienheureuse des dieux ne lui permettrait pas de trouver le bonheur humain auquel il aspire... un bonheur à la dimension de l'homme : rejoindre sa terre natale, sa famille, ceux qu'il aime.

 

Les scientifiques qui se lancent à la poursuite de l'immortalité devraient méditer ce message...

Cette quête de l'immortalité n'est-elle pas indécente, face à tous les problèmes que rencontre l'humanité ?

 

 

 

 

 

 

 

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1231325

 

 

 

 

 

 

Google : une course indécente à l'immortalité...
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 10:27
Tilia, arbre solaire !

 

 

 

Un bouquet posé dans le jardin... un bouquet de lumières, aux feuilles vert pâle... soudain, comme un éclaboussement de teintes feutrées... 

 

Tilia ! Arbre solaire, céleste ! Tilia, arbre sacré, peuplé de nymphes rayonnantes !

 

La lumière joue avec les feuilles, l'air léger du printemps les fait bruisser et frissonner de lueurs changeantes...

Les feuilles s'éparpillent sur l'arbre, dans un foisonnement de verdures légères.

 

Les branches sombres se parent de ces éclats de feuilles printanières si douces, si volatiles, comme aériennes et suspendues sur l'arbre.

 

Le tilleul resplendit de sa verdure vaporeuse, subtile, le tilleul illumine l'azur de sa parure évanescente !

 

Un bouquet posé dans le jardin...

 

Un bouquet éblouissant, illuminé de soleil, de bleu d'azur...

 

Les teintes s'entremêlent, tourbillonnent dans l'air du printemps : paille, éclats de blancs, verts, bruns...

 

Tout un éparpillement de touches éclatantes et légères à la fois...

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 13:40
Pour redécouvrir Rabelais... le thème de l'éducation...

 

 

 

Dans le Gargantua, de nombreux chapitres sont consacrés à l'enfance du héros...

 

Aucune oeuvre du 16 ème siècle n'explore autant ce temps de l'enfance : Rabelais évoque la sexualité infantile, la découverte de la propreté, et, bien sûr, le thème de l'éducation, si important pour les humanistes...

Voilà un thème on ne peut plus moderne : l'éducation reste un sujet d'une brûlante actualité, un problème contemporain qui nous concerne tous.

 

Le jeune Gargantua est d'abord confié à un premier maître qui s'appelle "Thubal Holoferne", un grand docteur en théologie, dont le nom biblique a une fonction critique : il révèle l'aspect poussiéreux du personnage....

Ce précepteur représente les théologiens de la Sorbonne, des sophistes qui dissertent dans le vide.

Gargantua est, ensuite, éduqué toujours selon  des méthodes médiévales, par "maître Jobelin Bridé", et ce nom est, encore une fois, un sobriquet qui sert à dénoncer la stupidité de cet éducateur...

 

Ainsi, les noms ont souvent une signification dans l'oeuvre de Rabelais : "nomen est omen", le nom est un présage, disait-on souvent à cette époque.

 

Rabelais s'attache à ridiculiser les méthodes d'éducation vieillissantes et dépassées de ces précepteurs...

 

Il dénonce, avec virulence, la paresse, la vulgarité du jeune Gargantua soumis à ces maîtres : l'élève se réveille tard le matin, puis on le voit se vautrer dans son lit, grâce à une succession de verbes expressifs et évocateurs : "se gambayait, penadait et paillardait parmi le lit" ("il gambadait, bondissait, se vautrait dans son lit.")

 

Les imparfaits à valeur itérative soulignent tout le temps perdu à se livrer à ces vaines activités...

 

La toilette se résume à la plus simple expression :"se peigner de peigne d'Amain, c'était des quatre doigts et le pouce..."

L'hygiène et les exercices physiques sont, ainsi, totalement négligés.

 

Le vocabulaire grossier qui suit souligne le manque d'éducation du jeune élève : "fientait, pissait, rendait sa gorge, rotait, pétait, bâillait, crachait... se morvait en archidiacre..."

 

Gargantua engloutit, ensuite, un repas copieux où la diététique est complètement absente : "belles tripes frites, belles carbonnades, beaux jambons, belles cabirotades, et force soupes de prime..."

L'énumération et les pluriels soulignent la démesure et l'excès de ce déjeuner... Le gigantisme des personnages est, comme souvent dans l'oeuvre de Rabelais, au service de la satire.

 

Et comme Ponocrates, un nouvel éducateur, lui adresse des remontrances, Gargantua lui répond, avec une assurance pleine d' insolence.

Ponocrates, dont le nom signifie "la force du travail", représente, lui, une éducation nouvelle, moderne qui privilégie l'effort et la véritable culture...

 

Gargantua prononce, alors, un discours creux et vain, il se réfère à des autorités, celles de ses maîtres, au lieu d'argumenter en bonne et due forme...

Il montre, ainsi, qu'il ne sait pas réfléchir par lui-même et qu'il se soumet à des autorités...

 

La satire de l'éducation religieuse est à la fois savoureuse et virulente : le bréviaire, le livre de messes est lourd, gros pesant, difficilement maniable, couvert de crasse... l'objet perd sa valeur première, objet de culture il devient, ici, gênant pour l'esprit : son contenu n'est même pas évoqué, mais seulement son poids : "onze quintaux, six livres"... De plus, il est "empantoflé", c'est à dire enfermé dans une housse, il n'a pas pour vocation d'être ouvert, il ne sert à rien... 

 

Le nombre de messes est impressionnant "vingt six ou trente messes..." ce qui aboutit à un véritable abrutissement de l'individu...

 

Le "diseur d'heures", l'homme d'église est, aussi, ridiculisé : comparé  à une "duppe", c'est à dire une"huppe", il est déshumanisé, de plus, c'est un ivrogne qui se donne des excuses : il boit pour immuniser son haleine "à force sirop vignolat."

Le vocabulaire médical prête à sourire en la circonstance... On peut remarquer la savoureuse périphrase d'apothicaire désignant ici le vin  : "le sirop vignolat"!

 

Les prières sont "marmonnées" : on les répète machinalement, sans vraiment les comprendre. Le verbe "éplucher" souligne l'aspect mécanique de cette récitation de prières, un verbe concret étant utilisé pour une activité spirituelle.

 

Les "patenôtres", ou les chapelets ont des dimensions extraordinaires, chaque grain ayant la taille d'une tête d'homme. Là encore, c'est le poids de l'objet qui l'emporte sur toute autre considération.

 

Rabelais, en se livrant à une caricature, dénonce le type d'éducation délivrée au Moyen âge : à aucun moment l'élève n'est invité à comprendre, à assimiler des connaissances, il en devient totalement passif, inculte et paresseux...

Ponocrates aura fort à faire, pour réparer toutes les errances d'une telle éducation...

 

A suivre...

 

 

Chapitre 21....

 

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/rabelais_gargantua.htm

 

Le texte :

 

 
"Il dispensoit doncques son temps en telle façon que ordinairement il s'esveilloit entre huyt et neuf heures, feust jour ou non; ainsi l'avoient ordonné ses regens antiques, alleguans ce que dict David : Vanum est vobis ante lucem surgere.
 
Puis se guambayoit, penadoit et paillardoit parmy le lict quelque temps pour mieulx esbaudir ses esperitz animaulx ; et se habiloit selon la saison, mais voluntiers portoit il une grande et longue robbe de grosse frize fourrée de renards; après se peignoit du peigne de Almain, c'estoit des quatre doigtz et le poulce, car ses precepteurs disoient que soy aultrement pigner, laver et nettoyer estoit perdre temps en ce monde.
 
Puis fiantoit, pissoyt, rendoyt sa gorge, rottoit, pettoyt, baisloyt, crachoyt, toussoyt, sangloutoyt, esternuoit et se morvoyt en archidiacre , et desjeunoyt pour abatre la rouzée et maulvais aer : belles tripes frites, belles charbonnades, beaulx jambons, belles cabirotades et forces soupes de prime .
 
Ponocrates luy remonstroit que tant soubdain ne debvoit repaistre au partir du lict sans avoir premierement faict quelque exercice. Gargantua respondit :
 
« Quoy ! n'ay je faict suffisant exercice ? Je me suis vaultré six ou sept tours parmi le lict davant que me lever. Ne est ce assez? Le pape Alexandre ainsi faisoit, par le conseil de son medicin Juif, et vesquit jusques à la mort en despit des envieux. Mes premiers maistres me y ont acoustumé, disans que le desjeuner faisoit bonne memoire; pour tant y beuvoient les premiers. Je m'en trouve fort bien et n'en disne que mieulx. Et me disoit Maistre Tubal (qui feut premier de sa licence à Paris) que ce n'est tout l'advantaige de courir bien toust, mais bien de partir de bonne heure; aussi n'est ce la santé totale de nostre humanité boyre à tas, à tas, à tas, comme canes, mais ouy bien de boyre matin; unde versus :
 
Lever matin n'est poinct bon heur;
Boire matin est le meilleur.
 
Après avoir bien à poinct desjeuné, alloit à l'église, et luy pourtoit on dedans un grand penier un gros breviaire empantophlé, pesant, tant en gresse que en fremoirs et parchemin, poy plus poy moins, unze quintaulx six livres. Là oyoit vingt et six ou trente messes. Ce pendent venoit son diseur d'heures en place empaletocqué comme une duppe, et très bien antidoté son alaine à force syrop vignolat; avecques icelluy marmonnoit toutes ces kyrielles, et tant curieusement les espluchoit qu'il n'en tomboit un seul grain en terre.
 
Au partir de l'eglise, on luy amenoit sur une traine à beufz un faratz de patenostres de Sainct Claude, aussi grosses chascune qu'est le moulle d'un bonnet, et, se pourmenant par les cloistres, galeries ou jardin, en disoit plus que seze hermites.
 
Puis estudioit quelque meschante demye heure, les yeulx assis dessus son livre; mais (comme dict le comicque) son ame estoit en la cuysine.
 
Pissant doncq plein urinal, se asseoyt à table, et, par ce qu'il estoit naturellement phlegmaticque, commençoit son repas par quelques douzeines de jambons, de langues de beuf fumées, de boutargues, d'andouilles, et telz aultres avant coureurs de vin."
 

 

 

 

Pour redécouvrir Rabelais... le thème de l'éducation...
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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 13:23
Un p’tit coin d’ parapluie...

 

 

 

Les orages, la pluie ont inspiré de magnifiques chansons à Georges Brassens... Comment ne pas être sensible au charme, à l'évidence, à la simplicité de ce texte : Un p'tit coin d' parapluie ?

 

Une inconnue rencontrée sur le chemin offre au poète un moment de rêve.

Désignée par le pronom "elle", la jeune inconnue apparaît d'autant plus énigmatique et secrète : on ne connaîtra pas son nom, comme le poète l'ignorera aussi...

 

La pluie intense favorise la rencontre amoureuse.

Privée de parapluie, la belle inconnue a forcément besoin de secours, un secours que s'empresse de lui apporter le poète.

 

Le verbe "courir" souligne cet empressement, et le poète propose "un peu d'abri", grâce à un parapluie qu'il a volé, le matin même, à un ami.

On reconnaît bien, là, dans cette remarque, la désinvolture et l'indolence d'un poète.

 

La réponse de la belle inconnue ne se fait pas attendre... Elle accepte la proposition, avec un geste rempli de séduction :"en séchant l'eau de sa frimousse..."

 

Le refrain transforme alors la jeune fille en "ange" et le "coin de parapluie" devient "un coin de paradis".... L'inversion et la reprise de ces mots traduit bien le ravissement du narrateur.

Et le poète peut, dès lors, constater familièrement : "je ne perdais pas au change, pardi !"

Le vocabulaire religieux : "ange, paradis" transforme la jeune inconnue en une déesse, un être divin, aux attraits envoûtants.

 

La promenade sous la pluie nous permet de percevoir  "le chant joli que l'eau du ciel faisait entendre..."

La pluie personnifiée semble, alors, devenir complice du poète en berçant les personnages de son doux chant...

 

Et celui-ci commente, avec tendresse et humour, son désir de voir la pluie se prolonger à l'infini et devenir "un déluge".

"J'aurais voulu comme au déluge, 
Voir sans arrêt tomber la pluie, 
Pour la garder sous mon refuge..."

 

Le poète se veut protecteur, car le parapluie se transforme en un véritable"toit", en un "refuge".

 

Mais le rêve s'achève avec le bout du chemin qui conduit au pays de la belle...

Les routes personnifiées conduisent "bêtement" vers des pays et le poète voit sa "folie" interrompue par la fin du voyage.

La jeune fille s'éloigne, alors... après un remerciement et on la voit devenir lointaine "toute petite", vision quasi-cinématographique du personnage qui disparaît, symbolisant, pour l'inconnue, l'oubli de ce moment qui reste si intense dans l'esprit et la mémoire du poète.

 

Le refrain rythmé de sonorités de labiales, dentales, et de gutturales assez fortes nous donne l'impression d'entendre la pluie qui s'égrène sur le toit du parapluie.

Le vocabulaire familier :"rescousse, frimousse, pardi", les interventions du narrateur à la première personne, une certaine auto-dérision donnent à cette chanson une allure de confidence, remplie de charmes.

On retrouve, comme souvent dans les chansons de Brassens un subtil mélange de culture et de familiarité : l'allusion à l'épisode biblique du déluge nous fait sourire...

 

La mélodie pleine de fluidité, de limpidité restitue un moment de bonheur inoubliable...

 

 


 

 

Photo : rosemar

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 11:56
Un cartable de prof...

 

 

 



On parle beaucoup des cartables chargés des élèves et très peu de ceux des enseignants... Pourtant, eux aussi ne peuvent se passer d'un cartable, pour y mettre livres, copies, cours, photocopies, trousse, stylos, feutres, craies, cahier, papiers...

 

Tout un bric à brac nécessaire pour assurer correctement les cours d'une journée...

Impensable, pour moi, de donner un cours de grec ou de latin, sans écrire au tableau et sans avoir à disposition ces outils essentiels : craies ou feutres, livres...


Je me souviens avoir acquis, à mes débuts, un superbe cartable en cuir marron clair, avec des dorures, un cartable aux bonnes odeurs de cuir, qui reflétait la lumière et qui suscitait l'admiration de tous, mais, très rapidement, le cuir s'est élimé, la boucle de fermeture s'est détériorée, la poignée s'est déchirée.


J'ai compris, alors, qu'il fallait privilégier l'achat d'un cartable plus ordinaire, qui, de toutes façons, allait vite se détériorer, sous le poids des livres, des copies, des photocopies....


C'est donc un simple cartable noir qui est devenu mon compagnon de travail, un cartable en tissu ou en nylon, assez ordinaire.


Et bien sûr, il est indispensable de renouveler ce cartable, tous les 4 ou 5 ans, car l'objet est assez vite crevassé, tordu, abîmé, avec une fermeture qui ne fonctionne plus.


Incroyable ! Depuis mon enfance, j'ai toujours possédé un cartable, celui de mes études, puis celui de ma fonction d'enseignante.


Et ce cartable est essentiel dans une vie d'enseignante : une fois, une seule fois, au cours d'une journée de fatigue, j'ai laissé et oublié mon cartable sur un trottoir, pour aller regarer ma voiture sur le parking du lycée.


Lorsque je m'en suis aperçue, en arrivant au lycée, je suis revenue à mon point de départ pour le récupérer, mais le cartable avait disparu !


J'étais saisie d'angoisse et de panique ! J'avais perdu mon outil de travail, mon cahier de notes, mes répertoires d'élèves, mes cours, des livres.

Je suis rapidement passée au CDI du lycée pour prendre les livres qui me manquaient, et j'ai assuré mes cours, sans mes notes habituelles.


J'étais tout de même catastrophée et perdue : mon répertoire de notes ayant disparu, je me trouvais plutôt désemparée... Comment récupérer les notes de tous mes élèves ?

Heureusement, le soir même, un coup de fil miraculeux... une personne avait trouvé mon cartable sur le trottoir, avait lu mon nom sur des documents qui étaient à l'intérieur  et avait cherché mon numéro sur l'annuaire !

Un vrai soulagement et une joie intense de retrouver cet outil de travail ! Mes livres, mes cours et surtout mon répertoire de notes.


Ce fut un bonheur de pouvoir, à nouveau, tenir en mains, ce cartable, de le redécouvrir... 

Depuis ce jour, je n'ai plus jamais oublié mon cartable, et j'en ai pris un soin plus particulier...


    



 

Un cartable de prof...
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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 12:32
L'industrie agro-alimentaire au service de l'industrie pharmaceutique ?

 

 

 

Notre alimentation bourrée d'additifs, de colorants, de conservateurs, nos fruits et nos légumes pollués par des pesticides, nos viandes menacées par des importations d'animaux transgéniques, nos poissons saturés de mercure ou d'autres produits polluants qui sont déversés dans les mers et les océans... Voilà un  tableau terrifiant... 

Nous sommes, ainsi, voués à une nourriture qui nuit gravement à la santé.

 

Les industriels de l'agro-alimentaire seraient-ils, donc, complices de l'industrie pharmaceutique ?

On peut se poser la question face au nombre croissant de substances toxiques contenues dans nos aliments...

Biscuits, gâteaux, sodas remplis de sucres, glycérol, arômes artificiels venus d'on ne sait où, acidifiants, gélifiants, citrates de sodium etc.

 

Notre nourriture nous rend malades... le nombre de gens obèses, de diabétiques ne cesse de croître sur notre planète...

 

Une manne pour l'industrie pharmaceutique !

Une bénédiction pour cette industrie qui profite grassement de tous ces malades mal nourris...

Les laboratoires peuvent prendre le relai et proposer aux consommateurs des "remèdes" pour soigner leurs nombreuses pathologies.

 

Face à ce problème, à chacun de se prendre en main et de refuser ces diktats d'une nourriture frelatée qui produit les pires effets sur la santé.

 

Il est important de privilégier des aliments biologiques de qualité, de manger moins, pour se nourrir mieux. Evitons tous les produits transformés vendus dans les supermarchés et les grandes surfaces!

Soyons vigilants et veillons à pratiquer une consommation raisonnée de produits naturels : fruits, légumes de saison...

De plus en plus d'aliments préparés comportent des additifs néfastes pour la santé, il faut en prendre conscience. Il convient de se nourrir plus sainement de fruits, de graines, de légumes, de les cuisiner avec soin.

 

Existe-t-il une collusion entre les industriels de l'agro-alimentaire et l'industrie pharmaceutique ?

 

Tout est possible,  en un temps où l'argent est roi, où des profits colossaux sont en jeu.

 

Ne sommes-nous pas malades de notre nourriture ? Les maladies cardio-vasculaires, les cancers, l'obésité se développent.

 

Et les laboratoires pharmaceutiques se chargent de nous proposer toutes sortes de traitements pour traiter ces pathologies graves : ils accroissent ainsi leurs chiffres d'affaires et prospèrent à grand renfort de publicités.

 

Certains "médicaments" produisent, même, des effets néfastes et dévastateurs : ils sont à l'origine de nouveaux désordres et de nouvelles maladies.

 

Devant ce cycle infernal qui nous emporte vers la consommation de produits toxiques, nous nous devons d'adopter une nourriture plus saine et plus naturelle : il y va de notre bien être et de notre santé.

 

 

 

 

 

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 13:07
Le voile, un signe de décence ?

 

 

 

 

Il suffit de se promener dans les rues ou les jardins de nos villes pour apercevoir des femmes en groupe, voilées du haut jusqu'en bas : tenues longues, cheveux couverts d'un voile qui ne laisse rien dépasser.

 

On peut le constater : le port du voile se développe, s'amplifie, et il devient même une mode, puisque des marques de grands magasins proposent, dorénavant, différents modèles de ces vêtements issus de la religion.

 

Il n'est pas question, ici, de condamner ces femmes qui se conforment à ces impératifs vestimentaires.

 

Ce serait, pour elles, une double peine : elles qui se soumettent à des codes religieux stricts seraient, en plus, montrées du doigt, vilipendées, et condamnées.

 

Le voile n'en est pas moins aliénant, il contraint la femme à s'habiller à l'ancienne, en cachant toutes les parties du corps.

Le voile serait-il, donc, une marque et un signe de décence ?

Dans ce cas, comment concilier notre façon de nous habiller très librement avec cette conception du voile ?

 

Pour nous, le voile n'est pas une signe de décence ou de pudeur, mais il symbolise un  enfermement de la femme, soumise à des diktats et des impératifs religieux.

Est-ce que les hommes portent le voile ? Les hommes subissent-ils ces contraintes vestimentaires ?

Les hommes sont-ils décents quand ils montrent leurs bras, leur corps, alors que les femmes ne le seraient pas ?

 

Pourquoi cette discrimination ? Qu'est ce qui condamne les femmes à vivre cachées, à s'enfermer dans des vêtements couvrants et longs ?

Pourquoi seraient-elle contraintes de mettre un burkini pour aller à la plage ?

Ainsi, le voile constitue une barrière, un obstacle qui sépare les communautés, et les divise.

Comment concilier nos bikinis avec ces voiles encombrants ?

 

Sommes-nous des femmes impudiques, pour tout bon musulman qui voit dans la chair un appel irrépressible des sens ?

 

Sommes-nous coupables d'impudeur et d'indécence, parce que nous dévoilons nos bras, nos jambes, nos cheveux ?

 

Dans ce cas, il sera difficile de concilier des façons de vivre et de s'habiller si différentes.

C'est pourquoi, une évolution du monde musulman paraît indispensable... d'ailleurs, quelques femmes de confession musulmane ont renoncé au voile, à ces vêtements marqués par la religion qui nient les droits des femmes et les infériorisent.

Certaines femmes se sont libérées de ces contraintes vestimentaires...

 

Il paraît essentiel de les encourager à suivre cette tendance, à abandonner tout ce qui relève de la soumission, de l'injonction religieuse.

Il paraît essentiel que les femmes soient, enfin, libérées de ces carcans vestimentaires d'un autre temps, souvent peu pratiques, et contraignants.

 

 

 

 

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Soufiane-Zitouni-Le-voile-est-l-etendard-de-l-islam-941307

 

 

 

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