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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 08:51
Des éponges imbibées d'eau fraîche...


 

Dans un extrait du célèbre Roman de la momie de Théophile Gautier, on voit deux explorateurs utiliser des éponges, pour se rafraîchir et apaiser les chaleurs du désert, juste avant de pénétrer dans une tombe...


"La chaleur devenait si intense que le jeune lord se défit de son paletot blanc, et le docteur de son habit noir, que suivirent bientôt leur gilet et leur chemise ; Argyropoulos, voyant leur souffle s'embarrasser, dit quelques mots à l'oreille d'un fellah, qui courut à l'entrée du souterrain et rapporta deux grosses éponges imbibées d'eau fraîche, que les deux voyageurs, d'après le conseil du Grec, se mirent sur la bouche pour respirer un air plus frais à travers les pores humides, comme cela se pratique aux bains russes quand la vapeur est poussée à outrance.
On attaqua la porte, qui céda bientôt.
Un escalier taillé dans le roc vif se présenta avec sa descente rapide."


Le mot "éponge", si familier, a des origines lointaines et une histoire très ancienne !

Encore un mot venu du passé dont on ne soupçonne pas toute l'ancienneté, la noblesse et le prestige...

L'éponge qui  absorbe les liquides, grâce à sa  substance poreuse, qui revêt de somptueuses couleurs de sable nous séduit et nous étonne !

La douceur de l'éponge, sa rondeur, sa souplesse en font un objet sympathique et bienveillant...

Sa capacité d'absorption surprend : voilà un outil magique qui retient l'eau et la libère, par la simple pression de la main !

Le mot, avec ses consonnes labiale, chuintante n'est-il pas empreint de charme et d'élégance ? La voyelle nasalisée "on" lui confère, aussi, une légèreté infinie.

Les anfractuosités forment comme des remous, des vagues sinueuses sur l'objet, lui donnent des reliefs, des pleins, des déliés, une structure surprenante.

L'éponge, pleine de délicatesse dans sa texture, nous fait percevoir toute sa subtilité, on aime ses aspérités légères, aériennes.

L'éponge peut être d'origine animale, végétale ou synthétique...

L'éponge marine ou "porifera", est la plus étonnante : cet animal aux couleurs variées de rose profond, vert, blanc, mauve, aux formes diverses, nous fait entrer dans l'univers des profondeurs marines, mystérieuses, étranges, secrètes... Et on découvre que les éponges ont, ainsi, toutes sortes de propriétés, elles sont capables de se régénérer, de revivre, de s'associer !

Les éponges pourraient, même, être les plus vieux êtres vivants du monde !

Ces animaux sédentaires ont le pouvoir de vivre et de s'incruster sur différents supports : roche dure, sédiment meuble, coquilles, carapaces de crustacé...

Les éponges peuvent même abriter d'autres animaux, comme des crevettes, ou les larves de certains insectes...

Le mot, lui-même, très ancien nous fait remonter aux origines lointaines de notre langue, le latin et le grec. Le terme latin "spongia" vient du grec "spoggia"...ou "spoggos".


On trouve ce mot dans l'Odyssée d'Homère, par exemple dans cet extrait du chant I au vers 111... On y voit des serviteurs de la maison d'Ulysse nettoyer les tables, grâce à des éponges :

" Athéna part en s'élançant des sommets de l'Olympe et s'arrête au milieu de la population d'Ithaque, devant le vestibule d'Ulysse, sur le seuil de la cour. La déesse, sous les traits de l'étranger Mentes, roi des Taphiens, tient entre ses mains sa lance redoutable ; elle trouve les fiers prétendants se livrant au jeu de dés, couchés sur des peaux de bœufs qu'ils avaient immolés eux-mêmes ; /des hérauts et des serviteurs actifs s'empressaient, les uns de mêler le vin et l'eau dans les cratères, les autres de nettoyer les tables avec des éponges douées et poreuses, de les mettre en place et de diviser les viandes par morceaux. /Le premier qui aperçoit au loin la déesse est Télémaque, semblable à un dieu ; assis parmi les prétendants à la main de sa mère, son cœur est dévoré de chagrins.."


/"κήρυκες δ᾽ αὐτοῖσι καὶ ὀτρηροὶ θεράποντες


οἱ μὲν οἶνον ἔμισγον ἐνὶ κρητῆρσι καὶ ὕδωρ,


οἱ δ᾽ αὖτε σπόγγοισι πολυτρήτοισι τραπέζας


νίζον καὶ πρότιθεν, τοὶ δὲ κρέα πολλὰ δατεῦντο."/


Ainsi, ce mot ancien, utilisé par un des premiers auteurs de la littérature grecque, Homère, nous apparaît d'autant plus précieux, chargé d'histoire, d'un passé prestigieux...

L'éponge ! Mot venu du grec ! Les grecs, peuple de marins, ont dû découvrir, très tôt les propriétés étonnantes de l'éponge et s'en servaient déjà pour nettoyer différents supports !

L'adjectif qui qualifie le mot dans le texte grec, "polytrétos" signifie "aux mille trous", et caractérise bien la nature même de l'objet, couvert de crevasses et d'aspérités...

Voilà un mot qui nous fait découvrir des profondeurs marines, emplies de splendeurs, qui nous fait voyager dans le temps, qui nous charme de sonorités séduisantes !


Voilà un objet aux propriétés magiques, aux contours sinueux, remplis de douceurs !

 

 

 

 

Des éponges imbibées d'eau fraîche...
Des éponges imbibées d'eau fraîche...
Des éponges imbibées d'eau fraîche...
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 11:21
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers...

 

 

 

Les voiles marines ne sont-elles pas le symbole même du voyage, de l'évasion ? Le voyage a inspiré tant de poètes, au 19 ème siècle, depuis les auteurs romantiques, jusqu'à Baudelaire... L'exotisme est un thème récurrent dans la littérature du 19 ème siècle : Chateaubiand est, sans doute, un des initiateurs de cette thématique, avec son Itinéraire de Paris à Jérusalem...



C'est ce thème du voyage maritime que l'on retrouve dans un poème de Lamartine, intitulé Les voiles. Le texte se présente comme une confidence intime, avec l'emploi de la première personne du singulier : "j'étais, j'ouvrais", on perçoit un registre lyrique, marqué, aussi, par le vocabulaire de l'intimité : "mon âme, ma pensée, mes rêves"...


Le voyage est souvent associé à la mer, à ses flots infinis, le poète devient même un oiseau qui ouvre ses ailes, pour mieux goûter à ce bonheur de la découverte et du voyage...


Image de liberté, l'oiseau représente une soif d'absolu, une envie de parcourir le monde, de tout découvrir, comme le suggèrent les nombreux pluriels "tous les vents des mers, les voiles, les flots amers, des continents, des îles..."


La mer est un univers de "rêves", elle emporte l'imagination du poète, elle est liée à des images pleines de beauté et d'harmonie : "les voiles" des navires, la "nef qui blanchit l'écume"... Ainsi, surgissent des tableaux teints de couleurs limpides, le bleu, le blanc de l'écume et des voiles...

Les sonorités de fricatives, pleines de douceur, viennent souligner cette harmonie : "les vents des mers, les voiles, mes rêves flottaient sur les flots"


Le poème developpe, aussi, le thème de la fuite du temps, un lieu commun de la littérature romantique : ainsi, Lamartine oppose constamment le passé et le présent...

On remarque des contrastes évidents, dans les temps employés : l'imparfait, au début du poème, sert à évoquer la jeunesse et ses certitudes triomphantes : "Quand j'étais jeune et fier..."

Le présent apparaît, ensuite, au milieu du poème : "j'aime encore". On trouve, aussi, deux adverbes de temps antithétiques : "maintenant, autrefois".

Le passé était rayonnant, rempli d'espoirs, de rêves, le vocabulaire qui lui est associé valorisant et élogieux, évoque un bonheur débordant : "verdoyants, des continents de vie, de îles de joie"

On y entrevoit des rêves de "gloire et d'amour", un avenir qui semblait, autrefois, prometteur et brillant...

A l'inverse, le présent est triste et montre toutes les déceptions qu'a pu vivre le poète : à la "vie" s'oppose l'idée de "mort", à la verdure s'opposent "des débris"... Les voyages vécus ont apporté déception et désillusions.

Les rêves du poète semblent s'être brisés face à la réalité du monde...

Le poète apparaît meurtri par le temps qui passe, le vocabulaire péjoratif, le champ lexical de la  mort et de la  destruction soulignent une forme de désespoir "morts, débris, brisa, ce bord funeste, ma fortune sombra".

Les rêves de voyages et de bonheur se sont transformés, et ont fait naufrage, ce que suggère bien le verbe "sombrer"...

Les sonorités de gutturales, présentes dans le dernier quatrain mettent en évidence une forme d'amertume et de tristesse : "Cet écueil se brisa, ce bord surgit, ma fortune sombra, la foudre sur moi, chacun de ces flots roule un peu de mon coeur"...

Le poète se confond, à la fin du poème, avec l'élément marin, puisque les flots en viennent à "rouler" et emporter le "coeur" même de Lamartine....

Belle fusion du poète avec la mer qui conclut ce texte ! La mer, ses vagues semblent à la fois bercer et tourmenter l'auteur... et on retrouve, ainsi, dans le dernier vers, à la fois, la beauté des flots, mais aussi leur agitation permanente, symbole de désarroi.


Dans ce texte, Lamartine met en évidence toutes les désillusions de l'homme face au temps qui passe, il montre, aussi, toutes les beautés et les harmonies de la mer, qui fait rêver tous les hommes, rêves d'infini, de mystères, de liberté.

Le voyage peut représenter, aussi, la vie humaine, traversée d'épreuves, de difficultés, d'obstacles divers, avec "l'écueil, la foudre"...

On perçoit bien toute la mélancolie de ce poème : le voyage devient une métaphore de la vie humaine, tragique, douloureuse...


 


Le poème : 


Les voiles


Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, 
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, 
Les voiles emportaient ma pensée avec elles, 
Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.


Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie 
Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin 
Des continents de vie et des îles de joie 
Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main.


J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume, 
Heureuse d'aspirer au rivage inconnu,
Et maintenant, assis au bord du cap qui fume, 
J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu.


Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées, 
Non plus comme le champ de mes rêves chéris, 
Mais comme un champ de mort où mes ailes semées 
De moi-même partout me montrent les débris.


Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste, 
Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ;
La foudre ici sur moi tomba de l'arc céleste 
Et chacun de ces flots roule un peu de mon coeur.








 

Les ailes de mon âme à tous les vents des mers...
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers...
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 12:26
Les boucles soyeuses...

 

"Sur un signe affirmatif de la jeune femme, elle lui peigna ses cheveux blonds tout en désordre, à la suite des scènes violentes de la veille et des inquiétudes nerveuses de la nuit, en noua les boucles soyeuses avec des nœuds de velours et s’acquitta de sa besogne en coiffeuse qui sait son métier. Elle tira ensuite d’une armoire pratiquée dans le mur plusieurs robes d’une richesse et d’une élégance rares, qui semblaient coupées à la taille d’Isabelle..."

 

Dans cet extrait du Capitaine Fracasse de Théophile Gautier, on voit une servante coiffer les cheveux de l'héroïne, Isabelle, en les attachant avec des noeuds de velours... On perçoit les "boucles soyeuses" de la jeune femme...

 


Issu du nom latin "buccula", "la petite bouche", le mot "boucle" nous enroule dans ses motifs circulaires d'anneaux : boucle-bijou, boucle de cheveux, de ceinture ou figure de voltige aérienne, la boucle nous séduit de maintes façons...


Ce mot pein de sensualité, aux sonorités de labiale initiale, de gutturale prolongée par la consonne "l", avec sa finale féminine, nous fait voir des images variées et harmonieuses.


Une chevelure qui retombe en boucles, des anneaux somptueux, des enroulements de motifs....

Beaux replis de cheveux, belles toisons brunes ou blondes qui s'échappent en rouleaux de vagues somptueuses !

Des bijoux qui encadrent le visage et brillent, scintillent sous les cheveux.

Des dessins de volutes harmonieuses, des arabesques voluptueuses.... Boucles de noirs ou de xanthe, éclats de lumières !

Des vagues somptueuses qui se déroulent sur la grève, parsemées d'écumes, aux senteurs de brume marine.

Les cours d'eau, les ruisseaux, les chemins  forment, parfois, des boucles sinueuses, pleines de charmes et de mystères.

Les origines mêmes du mot qui évoquent la bouche, ses formes d'arrondis nous étonnent et nous emportent dans un monde et un tourbillon de sensations...

La bouche qui goûte la nourriture, mais aussi les mots, leurs arrondis, leurs pleins et leurs déliés, la bouche qui déroule des mots, des phrases, des harmonies musicales si variées !

Les boucles de la bouche qui suggèrent la sensualité, la parole, le partage...

Formation de diminutif, comportant le suffixe -"ula", ce mot a, dès les origines, une valeur affective, pleine de tendresse.

Le terme latin"buccula" dont il est issu est, lui-même, plein d'harmonie....

Les mots écrits ne sont-ils pas, eux aussi, constitués de boucles, d'arrondis, de cercles majesteux ?  La boucle du "o" qui se referme sur elle même, celle de la gutturale "c", en demi-cercle, celle de la consonne "l" qui se noue en hauteur...

La labiale "b" qui se prononce avec les lèvres rapprochées n'est-elle pas associée au baiser ? 

Les boucles des lettres ornent les pages, s'enroulent et nous subjuguent de beautés, d'étonnements, de découvertes....


Beaux arrondis de l'écriture manuscrite qu'il faut préserver, belles boucles, beaux motifs qui décorent et enluminent les pages !

Nulle origine grecque, pour ce mot, puisque le terme grec qui désigne la boucle est le nom "plokamos", d'un verbe "pléko, plier, enrouler"...

Mais ce nom "boucle", issu du latin nous parle encore des origines lointaines de notre langue, il évoque, aussi, tant d'images lumineuses !
 

 

 

 

 

 

 

Photo en haut de l'article : Tableau La femme au miroir, Le Titien

Page d'enluminures

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 10:40
Je serais sable dans le vent...

 

 

"Comme un halo de la lune 
Mon souffle entoure le tien 
Et sans la rosée de tes lèvres 
Je serais sable dans le vent."

C'est ainsi que Max-Pol Fouchet évoque l'amour, sa toute puissance, dans un de ses poèmes. Et sans cet amour, il ne serait plus que "sable dans le vent", une belle image qui restitue le désarroi de l'amoureux privé de celle qu'il aime...


Il suffit de prononcer ce mot : "sable !" Et, aussitôt, surgissent des images de poussières qui virevoltent !


Ce nom "sable" traduit légèreté, douceur, éclats, grâce à ses sonorités de sifflante "s" et de labiale "b".

On voit se dresser des dunes, de molles barcanes, dans des déserts d'azur infini, on voit des soleils se refléter, sur des étendues ondoyantes...

La mer déroule ses replis sur le sable, elle le couvre d'écumes sur les bords, créant des tableaux, des éclats de transparences.

Par grand vent, le sable vit, s'agite, tourbillonne, devient cinglant.... ses grains volatiles s'immiscent partout, virevoltent, caracolent avec virulence.

Le sable est violent, agressif sous le mistral du midi, il s'emporte, se disperse, se multiplie à l'infini...
 

Au repos, il s'apaise, redevient douceurs de soie, caresse...

Il se fait source, sous les doigts, il s'échappe, léger, fluide, il s'égrène en pluie de lumières...

Grains de sable, minuscules, éclats de roche, étoiles infimes.

Finesse du mot ! Souplesse, limpidité !

Venu du latin, "sabulum", ce terme ancien, est issu, sans doute, d'un mot grec "psammos" qui désigne, aussi, le sable !

"Psammos !" Quelle légèreté dans les consonnes labiales et les sifflantes, quel souffle aérien !

Aussitôt, on voit la poussière de sable s'envoler dans l'air !

Ne sommes-nous pas tous des grains de sable, fragiles, légers, inconsistants ? Ne sommes-nous pas ces grains de poussières volatiles ?

Le sable doré fait miroiter le soleil, s'en empare, le reproduit et diffuse des lumières éblouissantes.

Chaudes couleurs du sable, pailletées d'or ! Le sable devient fournaise, au coeur de l'été, il s'embrase de feux, il éblouit les regards.

Le sable brûle, il redouble la chaleur de l'été, il la répercute, l'exacerbe et garde longtemps sa brûlure.

Le sable devient, parfois, château auréolé de lumières, il se façonne, se métamorphose...

Malléable, souple, il revêt différentes formes : coquillages, oiseaux, bateaux, enroulements d'escargots, poissons.

Il se marbre d'empreintes, de vagues, de reliefs, sous les flots du rivage, il se teinte de couleurs mordorées....

Sous les vagues, le sable s'irise de reflets lumineux, il se fait ondoyant, il forme des dunes légères et subtiles, il nous fait découvrir de nouveaux paysages...

 

 

 

 

 

Photos : Christelle et  rosemar

Je serais sable dans le vent...
Je serais sable dans le vent...
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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 16:25
De quoi la nuit rêvent les roses...

 

 

 


Les difficultés de l'amour, un amour non partagé qui fait souffrir, tel est le thème de ce texte écrit par Aragon, mis en musique et interprété par Jean Ferrat.

Le texte s'ouvre sur une question directe, avec l'emploi de la deuxième personne du singulier : 

"Que sais-tu des plus simples choses 
Les jours sont des soleils grimés 
De quoi la nuit rêvent les roses"

Le poète nous fait entrer dans une intimité, il semble s'adresser à chacun de nous, nous montre qu'on ne voit pas, souvent, l'essentiel, "les plus simples choses"... Les roses personnifiées, dotées de rêves deviennent un mystère de plus, une énigme à déchiffrer, belle expression qui évoque tant de sentiments retenus, cachés...

On perçoit une fêlure dans l'expression : "Les jours sont des soleils grimés", comme si la lumière n'existait plus vraiment, avait disparu, pour celui qui ne peut vraiment aimer, dans la plénitude... L'idée est développée dans la phrase qui suit "Tous les feux s'en vont en fumée", les flammes de l'amour, image traditionnelle, sont comme étouffés et ne deviennent que de vaines fumées.

Le refrain résonne, alors : "Que sais-tu du malheur d'aimer ?" L'amour transformé en souffrance est mis en évidence par une question douloureuse, une interrogation, pleine de tourments et de reproches...

La vaine quête amoureuse est soulignée par le verbe "chercher" : "Je t'ai cherché au bout des chambres, Où la lampe était allumée...", une quête qui semble infinie et impossible, comme le suggère l'expression : "au bout des chambres".

On perçoit, aussi, une dissonance dans la phrase "Nos pas n'y sonnaient pas ensemble
Ni nos bras sur nous refermés..." Les négations mettent en évidence une union impossible, un désaccord.
 

Le verbe "chercher" revient, les questions sont redoublées, comme pour intensifier le désarroi : "Je t'ai cherchée à la fenêtre Les parcs en vain sont parfumés Où peux-tu où peux-tu bien être."
Une autre question montre le vide de la vie, notamment, au printemps, saison du renouveau et du bonheur, quand l'amour semble impossible : "A quoi bon vivre au mois de mai"...

Le thème de "l'attente" vient renforcer la douleur, quand la vie se résume à "nommer" quelqu'un sans l'atteindre, un être insaisissable, comme le suggère l'oxymore "toujours même et différente".

Le poète est, de plus, seul responsable de cet amour inaccessible, il ne peut que s'en "blâmer", verbe très fort qui aggrave le malheur.

La quête se transforme en une sorte d'errance immobile, un oubli de la vie et finalement devient synonyme d'une mort qui n'en finit pas...

La mélodie douce et mélancolique s'intensifie dans le refrain, comme pour souligner toutes les souffrances de l'amour...



 

 

Photo : rosemar

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 15:05
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...

 

 

 

Venu directement du grec, "sandalon", le mot "sandale" est très proche de son ancêtre hellénique...


Voilà un mot qui a traversé les siècles, resté proche du nom originel : on trouve ce terme dans les hymnes homériques, notamment dans l'hymne à Hermès : il désigne, dans ce texte, des sandales de bois fixées par des courroies.

Hermès, messager des dieux dans la mythologie grecque, possède des sandales ailées qui lui permettent de franchir les mers et les terres avec rapidité... Dans l'Odyssée, on le voit "nouer sous ses pieds ses divines sandales brodées de bel or".

Le terme utilisé par Homère est un autre mot "pédilon"qui désigne une semelle attachée sous le pied...

Le nom "sandalon" est employé, lui, dans les hymnes homériques, oeuvres moins connues.

Les Hymnes homériques sont, en fait, constitués d'une collection de trente-quatre courts poèmes épiques. 

 

Chacun des hymnes dédié à un dieu était destiné à être chanté par un aède en guise de prélude, avant de passer à une œuvre plus longue. Les Hymnes homériques varient par leur sujet, leur longueur, leur époque de rédaction, ils ont été écrits entre le VIIe s. av. J.-C. et le IVe siècle de notre ère : un ensemble hétérogène, disparate, une compilation de poèmes variés.
L'épithète "homérique", qui leur est attribuée, n'est due qu'à leur mètre commun, l'hexamètre dactylique, qui est le vers par excellence de l'épopée.


En grec ancien, le mot "sandalon" est de genre neutre, comme de nombreux noms d'objets. Le français a perdu ce genre ancien, mais en conserve quelques résidus dans des mots comme : "cela, ça, ce, l'utile, l'agréable..."

Le mot devenu féminin, en français, traduit une délicatesse, une élégance, un raffinement.


Le nom "sandale" nous séduit par ses sonorités de sifflante "s", de dentale éclatante "d", par sa voyelle nasalisée "an" qui restitue et suggère une forme de légèreté...

La sandale dénudée laisse voir le pied, lui donne une sorte de liberté.

Les sandales se portent en été, elles offrent une respiration, un bonheur de pouvoir marcher dans des chaussures aérées, légères.

On oublie, alors, les carcans des chaussures fermées, on se libère des contraintes de l'hiver, on retrouve un confort oublié, une respiration nouvelle.

Les sandales prennent des formes diverses : élégantes, confortables, elles nous apportent  des possibilités infinies.

Souples, légères, colorées, les sandales sont un des bonheurs de l'été, une libération !

Spartiates, tongs, mules, nu-pieds, elles se déclinent en plusieurs modèles.

Les tongs connaissent, ainsi, un succès considérable, dans la mesure où le pied est complètement dénudé.

Les spartiates sont nommées ainsi, en raison de leur simplicité, car la ville grecque de Sparte était réputée pour ses moeurs austères.

Voilà un mot connu des grecs, "la sandale", qui désigne une réalité encore moderne : j'aime ce mot venu d'ailleurs, d'une autre époque, mais si actuel !

Ce mot nous parle du passé, du présent, il évoque la langue grecque à laquelle on doit tant de mots de notre vocabulaire !

Il nous ramène vers un passé mythique, rempli de dieux et de déesses, il nous fait remonter aux sources de notre langue, à nos origines...

Les grecs de l'époque homérique portaient déjà des sandales : ils nous ont légué le mot et cet objet pratique, aéré, qui nous donnerait presque des ailes !




 

 

 

Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 16:28
Le Grec, ce pelé, ce galeux...

 

 

 

Les clichés ont la vie dure : les grecs présentés comme des paresseux, des voleurs, des menteurs, des tricheurs... Qui peut le croire ?

Comment le peuple grec peut-il être, ainsi, vilipendé ? Accepteriez-vous de telles calomnies, si vous en étiez la cible ?

Après cinq années d'austérité, les grecs ont voté pour un nouveau parti, Syriza,  afin de  sortir de cette impasse qui les mène vers le désespoir, ils ont choisi une autre route.

L'Europe les a acculés vers un gouffre, un abîme de misères et de désarrois : ils ne sont pas les seuls à être accablés par ces diktats implacables d'un eurogroupe intransigeant : les espagnols subissent, de plein fouet, la crise et se tournent, eux aussi, vers d'autres voies : Podémos représente, pour eux, un espoir d'échapper à des mesures d'austérité qui les ont accablés, d'autant que le gouvernement de Mariano Rajoy baigne dans un océan de corruptions...

Les Grecs, plus que d'autres, ont souffert de cures d'austérité implacables : ce petit pays, de tradition agricole, se voit maintenant la cible de toutes les critiques.

Coupables de tous les maux, jugés responsables d'une dette impossible à acquitter, montrés du doigt, les grecs sur la sellette n'ont fait qu'essayer de sortir d'une impasse...

 

L'impasse, c'est l'Europe, telle qu'elle a été conçue : une Europe de la dette qui enrichit les banquiers et appauvrit le peuple.

Qui peut vouloir de cette Europe ?

Le grec, ce pelé, ce galeux, ce misérable doit être sacrifié sur l'autel de la dette : "Haro sur le baudet !", comme l'écrivait La Fontaine, dans sa célèbre fable, Les animaux malades de la peste.

La commission européenne souveraine a décidé que les Grecs étaient coupables et devaient être punis, comme l'âne de la fable...

Encore plus d'austérité et de misères ! Encore plus de détresses !

Peu importe, si le peuple souffre : n'est-il pas fait pour souffrir depuis la nuit des temps ?
Peu importe, si les injustices triomphent, il faut que les plus riches prospèrent et que les plus pauvres se soumettent...

Encore et toujours, la loi du plus fort ! Décidément le monde n'évolue guère...

"La raison du plus fort est toujours la meilleure", écrivait, aussi, La Fontaine...

Est-il possible de se rebeller contre cet ordre établi ? Est-il possible de lutter contre la commission européenne, de contester ses décisions ?

Est-il possible de consulter le peuple par un référendum ? Sacrilège !

Crime de lèse-majesté ! Les peuples sont là pour obéir et cette règle semble intangible !

L'Europe a sacrifié ses peuples, mais elle n'est pas coupable, elle a anéanti des vies, provoqué des suicides, des exils, mais elle n'est pas coupable...

Le Grec, lui, a tenté de survivre dans des conditions difficiles : coupes budgétaires, baisse des salaires, des pensions, restrictions.

Qu'il soit maudit, lui qui n'accepte pas l'austérité de la dette !


Qu'il soit maudit, ce pelé, ce galeux, ce misérable !



 

 

La fable de La Fontaine : Les animaux malades de la peste

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_animaux_malades_de_la_peste.html

 

 

 

Le Grec, ce pelé, ce galeux...
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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:07
Tant je t'aime que j'en tremble...

 

 



Comment ne pas être sensible à la simplicité d'une chanson d'amour ? Ce texte d'Aragon mis en musique par Jean Ferrat nous est si familier, il évoque l'évidence et la limpidité d'un amour sans fin...

La chanson s'ouvre sur l'évocation de la succession des jours et du temps, avec une énumération "dimanche ou lundi, soir ou matin, minuit, midi", les jours, les heures s'écoulent, des moments de bonheurs, d'harmonie, mais aussi de douleurs et de souffrance, comme le suggère l'antithèse : "Dans l'enfer ou le paradis..."

L'expression au pluriel "les amours aux amours ressemblent" donne une valeur universelle à ce poème, et le mot "amours" réitéré prend ici un relief particulier, gâce à l'inversion.

L'alternance, présent, imparfait, futur traduit bien la fuite du temps mais l'amour reste inaltérable, malgré ce déferlement des jours... "c'était hier et c'est demain, nous dormirons..."

La phrase qui sert de titre à la chanson, "Nous dormirons ensemble" traduit dans sa simplicité une certitude, grâce à l'emploi du futur, certitude d'un amour éternel, certitude, aussi, d'un amour partagé puisque le poète fait appel à la première personne du pluriel "nous", qui réunit les deux amoureux.

Les adverbes de temps "hier, demain" soulignent ce caractère intangible des sentiments qui animent le poète et sa compagne.

La jeune femme comparée à un "chemin" devient une sorte de guide unique, comme si l'amour remplissait toute la vie.

On perçoit une confiance absolue dans ce vers : "J'ai mis mon coeur entre tes mains..."

La belle expression "aller l'amble" restitue une harmonie de deux coeurs qui vont à l'unisson et qui ne peuvent se séparer.

L'absolu de cet amour se traduit par les mots très forts : " Tout ce qu'il a de temps humain, Nous dormirons ensemble".

Le ciel assimilé à un "drap" devient le décor qui embellit cet amour : "Le ciel est sur nous comme un drap." Le geste, plein de tendresse, "J'ai refermé mes bras sur toi" montre une volonté de garder et préserver cet amour, de le protéger.

L'amour est si fort qu'il se manifeste par des émotions intenses, qui se traduisent physiquement, comme le montre le verbe "trembler".

L'adverbe d'intensité "tant" souligne la violence des sentiments éprouvés et la volonté de les partager, en accord avec l'être que l'on aime, sans contraintes.

Ce texte empreint de lyrisme et d'émotion, faisant alterner première et deuxième personne, se présente comme une déclaration d'amour et une confidence.

La mélodie emplie de tendresse et d'émotion traduit une sorte d'harmonie immuable... Les sonorités de sifflante et de labiales soulignent cette impression de douceur, de bonheur partagé...

La simplicité des mots, le thème de la fuite du temps, la valeur universelle de ce texte parlent à chacun d'entre nous...
 


 https://youtu.be/Ejvg0hDhYkQ



Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
Louis Aragon



 





Photo : rosemar

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 14:55
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...

 

 



« J'ai un pressentiment que nous trouverons dans la vallée de Biban-el-Molouk une tombe inviolée, disait à un jeune Anglais de haute mine un personnage beaucoup plus humble, en essuyant d'un gros mouchoir à carreaux bleus son front chauve où perlaient des gouttes de sueur, comme s'il eût été modelé en argile poreuse et rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette de Thèbes.

- Qu'Osiris vous entende, répondit au docteur allemand le jeune lord : c'est une invocation qu'on peut se permettre en face de l'ancienne Diospolis magna ; mais bien des fois déjà nous avons été déçus ; les chercheurs de trésors nous ont toujours devancés."

Tels sont les premiers mots de l'oeuvre de Théophile Gautier, Le roman de la momie. Un des deux personnages transpire abondamment et son visage qui laisse perler de la sueur est comparé à une "gargoulette".


Le mot "gargoulette" rayonne de sonorités du sud : ce récipient poreux en terre cuite est utilisé pour conserver l'eau fraîche, dans les régions du sud, notamment dans le midi de la France.

Avec ses consonnes gutturales redondantes, "g" et "r", ce mot nous fait entendre un bruit d'eau qui s'écoule.

Le son "ou" prolonge ce bruissement d'eau, la finale de diminutif "-ette" donne un air sympathique à ce vase.

Le bec étroit de la gargoulette permet de diriger le jet directement vers le fond de la gorge, tout en maintenant le bec à distance de la bouche. De là vient l'expression "boire à la gargoulette", synonyme de "boire à la régalade". Il n'est pas facile de boire à la gargoulette et cela demande une technique particulière mais on perçoit dans ces expressions tout un bonheur de s'abreuver et de goûter une eau fraîche.

La gargoulette évoque des images du sud, des paysages incendiés de soleil, une eau apaisante au coeur de l'été, un plaisir de boire à l'ancienne, comme on le faisait autrefois avec des récipients rustiques de terre cuite.

La gargoulette suggère des sources limpides, où l'on puise l'eau pour s'abreuver en été, elle nous fait voir des formes élégantes, une matière naturelle, aux couleurs de terre cuite...

La base pansue s'épanouit, les anses se déroulent voluptueusement autour du vase et l'encerclent de formes pleines de douceurs et d'harmonie.

 

La gargoulette ressemble à un objet d'art, aux teintes vernissées ou mates...

Ce mot fait "gargouiller" l'eau, il nous éblouit par son expressivité, ses sonorités du sud, ses éclats de voyelles.

D'ailleurs, ce mot provient, sans doute, de l’occitan "gargoleta, le cruchon" ou de l'ancien français "garoule, gargouille" et peut-être, plus anciennement, du grec "γαργαρίζειν, gargarízein, se gargariser", il serait apparenté au latin "gula, gosier, gorge".

La "gargoulette" possède bien un "gosier", par lequel s'écoule l'eau.

Objet anthropomorphe, la gargoulette nous séduit par ses formes, son utilisation, sa beauté d'oeuvre d'art.

Ce mot, aux origines lointaines nous fait entendre la langue originelle, le grec, langue du sud aux sonorités familières et étranges, à la fois.

La gargoulette nous fait goûter la langue et l'accent du sud, celui de Pagnol, de Giono qui décrivent la Provence, la racontent, et soulignent la beauté et la rudesse de ses paysages.

La gargoulette nous fait voir la garrigue, des senteurs du sud, du thym qui serpente sur les chemins, qui exalte les collines et enivre les promeneurs.

Elle dessine des ciels bleus, balayés par le mistral, des envolées de nuages qui se dispersent soudain, une source qui bruisse dans la campagne, des parfums de menthe, de romarins...



 

 

 

 

 

Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 17:04
La pâle pierre de tes ongles...

 

 

"Je suis affamé de ton rire de cascade, et de tes mains couleur de grenier furieux, oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles, je veux manger ta peau comme une amande intacte."

Voilà une belle déclaration d'amour que l'on doit à Pablo Néruda, dans son ouvrage intitulé La Centaine d'amour...
 


"L'ongle" ! On perçoit, là, un mot si ordinaire et si familier qu'on n'y prête plus attention : surface transparente et translucide, l'ongle au bout des doigts révèle des teintes ombrées de roses....

Ce nom entre, même, dans des expressions familières : "se battre, bec et ongles... connaître, savoir jusqu'au bout des ongles".

L'ongle se pare, parfois, de vernis colorés. Le mot suggère, à la fois, la légèreté et la dureté de cette partie du corps : la voyelle nasalisée "on" nous fait voir une sorte d'évanescence, la gutturale "g" restitue la force de l'ongle.

Les ongles qui finissent les doigts s'ornent de lunules d'opales, de jolies teintes nuancées de roses.

Le mot vient d'une formation de diminutif "ungula", issue du nom latin "unguis", "l'ongle."

Diminutif à valeur hypocoristique, ce terme comporte, anciennement, une nuance affective.

Comment ne pas admirer ces petites surfaces translucides au bout des doigts ? Elles ressemblent à des pierres précieuses...

D'ailleurs, ce nom a, aussi, des origines grecques, plus lointaines : "onux", en grec, désigne "l'ongle", mais aussi, une pierre précieuse, "l'onyx", avec laquelle les grecs fabriquaient des boîtes à parfums ou des vases à boire.

L'onyx était très utilisé dans l'antiquité... Avec ses couleurs nuancées de verts, de roses, rouilles, bruns, blancs, l'onyx offre une variété de pierres aux glacis de lumières...

Ongle et pierre précieuse sont, ainsi, associées.

Belle étymologie pour ce nom issu du latin et du grec, belle origine puisque ce mot nous fait, encore, remonter aux sources de notre langue !

Hésiode, Eschyle, Xénophon utilisaient ce terme et il nous est parvenu, par l'intermédiaire du latin, avec des modifications phonétiques.

J'aime ce mot simple, "l'ongle", qui nous vient de l'antiquité, dont on ne soupçonne pas l'ancienneté.

Terme plein d'élégance, l'onyx nous fait, aussi, voir un monde de pierres précieuses brillantes, lumineuses, éclatantes !

L'onyx s'orne de lignes sinueuses, de sillons harmonieux, de vagues éblouissantes, sur des fonds de roses et de rouges... Les pierres s'illuminent de reflets, renvoient la lumière, la répercutent...

Le terme "onyx", avec le "i" grec, la consonne "x" révèle une sorte de rareté précieuse.

L'ongle et l'onyx se rejoignent par une forme d'élégance, de finesse, de douceur.

 

L'ongle et l'onyx se signalent, aussi, par leur résistance et leur dureté : l'ongle qui finit le doigt permet de griffer, de s'agripper.

A la fois utile et plein d'agréments, l'ongle nous séduit par ses teintes douces et nuancées, par sa solidité.

Il renvoie la lumière, brille, se teinte de lueurs de roses qui évoquent l'aurore....

 




 

 

 

 

La pâle pierre de tes ongles...
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