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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 14:18
Balade d'automne sous la pluie...

 

 

 

Une pluie fine s'empare du jardin : des senteurs de terre et de bois s'exhalent dans la douceur de cet après-midi d'automne.

 

La pluie crépite légèrement et scande la promenade... la pluie a chassé les promeneurs et le jardin vide se peuple de ce doux murmure.

 

Les marronniers se couvrent de rouilles, panaches vaporeux aux teintes fauves.

Les troncs noircis par la pluie, couleurs d'ébène, exacerbent la rousseur des arbres.

 

Parfois, des feuilles tourbillonnent lentement et viennent joncher le sol...

 

Parfois, des marrons bousculés par la pluie tombent brusquement, avec un bruit sec.

 

A terre, ils se couvrent d'éclats nouveaux, parés de gouttelettes lumineuses.

 

Les feuilles de marronniers à terre s'illuminent de teintes vernissées : des tons de verts, des dégradés de xanthe et de bruns.

 

Des contrastes étonnants de couleurs qui nous font admirer le déroulement des saisons...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Balade d'automne sous la pluie...
Balade d'automne sous la pluie...
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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 13:53
L'espérance d'un baiser : un témoignage poignant sur les camps de concentration...

 

 

L'émission littéraire La Grande Librairie était l'occasion, le jeudi 28 septembre, d'écouter un témoignage à la fois simple et poignant sur ce que furent les camps de concentration de l'Allemagne nazie...

 

Ce témoignage, on le doit à un des derniers survivants de ces camps, Raphaël Ezrail qui a écrit un récit bouleversant où il évoque ses souffrances.

 

Raphaël Ezrail a été arrêté à l'âge de 18 ans, en 1944 : il est, alors, déporté au camp de Drancy, puis à Auschwitz. Il était résistant et fabriquait de faux papiers pour des juifs.

A Drancy, il rencontre celle qui deviendra sa future femme : Liliane, dont il tombe amoureux au premier coup d'oeil.

 

Raphaël Ezrail raconte les convois de déportés : des enfants qui criaient, la peur, le dénuement...

Il raconte le froid, la morsure de la faim, la crasse, l'humiliation, les coups, des heures à travailler dans le froid par -15 ou -20 degrés.

Il raconte ensuite l'arrivée au camp : 1200 personnes au total sont là.

 

160 hommes rentrent dans Auschwitz, 49 femmes sont envoyées à Birkenau.

Et les autres sont immédiatement expédiés dans les chambres à gaz.

C'est, en fait, un médecin allemand qui désigne ceux qui paraissent aptes au travail. Après cette sélection, mille personnes sont aussitôt gazées .

 

Le lot des survivants, c'est le froid, c'est la faim, une faim terrible qui tenaille les entrailles, à tel point qu'on serait prêt à manger un chien qui vient de mourir.

 

Et tous ces déportés ne sont plus considérés comme des êtres humains : on les met en dehors de l'humanité.

Ils sont humiliés, battus, rabaissés, avilis, ravalés au rang de bêtes, ils ne sont plus rien.

 

Dans de telles conditions, comment survivre ? Raphaël Ezrail a réussi à tenir grâce à cette jeune fille qu'il avait rencontrée à Drançy. Il lui avait, alors, demandé un baiser que la jeune fille devait lui donner à l'arrivée du convoi.

C'est l'espoir de ce baiser qui l'a maintenu en vie.

 

Raphaël Ezrail pose, alors, cette question qui semble évidente : "Comment 20 siècles de civilisation judéo-chrétienne ont pu arriver à faire ce que ces hommes ont été capables de faire ?"

Comment une telle barbarie a-t-elle été possible ?

"Dieu n'était pas à Auschwitz", ajoute Raphaël Ezrail.

Il évoque, enfin, ce poème de Victor Hugo qu'il se récitait au cours de ces heures sombres :

"Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce n'étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?"

 

La littérature était, ainsi, devenue un refuge pour résister aux pires horreurs, la littérature était l'ultime recours pour continuer à survivre : voilà un bel éloge de la poésie et de ses vertus salvatrices...

 

 

 

 

Le poème de Victor Hugo :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/l_expiation.html

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 13:44
Coques de marrons...

 

 

 

Les marronniers se couvrent désormais de toutes les teintes fauves de l'automne : ils laissent tomber sur le sol des coques qui s'ouvrent et révèlent des marrons aux teintes de bois, aux veines circulaires et ondoyantes...

 

Jolis tableaux de l'automne posés sur le sol...

 

Les éclats du bois rayonnent, des dégradés de bruns s'épanouissent sur le fruit qui renvoie la lumière.

 

Les coques se hérissent de piquants et nous font voir des teintes d'opales et de bruns...

Les coques ouvertes s'illuminent d'éclats de lys, ombrés de brumes légères.

 

Des rondeurs apparaissent, des camaïeux se dessinent...

 

Les coques éclatées se parent de légers copeaux qui forment des corolles...

 

Belle harmonie de teintes et de formes... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Coques de marrons...
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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 14:23
Un extrait de l'Odyssée : une scène familière au bord de l'eau...

 

 


On connaît certains épisodes célèbres de l'Odyssée : les sirènes, le cyclope Polyphème, la magicienne Circé, mais on connaît moins certains passages plus intimistes de cette épopée primitive...

 

Notamment cet extrait du Chant VI où l'on voit la jeune Nausicaa aller laver du linge au bord d'un fleuve... Une scène familière et si précieuse pour comprendre la vie quotidienne à l'époque d'Homère...

 

La scène se situe en Phéacie, une sorte d'utopie, un pays d'abondance où échoue Ulysse, après une tempête, déchaînée par le dieu Poseidon.

 

La jeune Nausicaa, fille du roi Alkinoos, pressée par un songe envoyé par Athéna, se rend, avec ses suivantes, au bord d'un fleuve afin de laver son linge...

 

C'est là, en jouant à la balle après le labeur qu'elle aperçoit Ulysse.

 

La description du fleuve est élogieuse grâce à l'emploi d' un équivalent de superlatif : "périkaléa, très beau..."

Un monde d'abondance est évoqué : les lavoirs sont intarissables, l'eau est abondante... et le champ lexical de l'eau est particulièrement développé : "le courant, le fleuve, les lavoirs, l'eau..."

 

Homère décrit, dans cet extrait, un univers paradisiaque, quasi-divin : la scène est pleine de gaieté et d'harmonie, Nausicaa et ses compagnes agissent ensemble, elles sont associées dans l'énoncé.

 

Homère nous fait voir, aussi, une scène de la vie quotidienne : on apprend comment on lavait le linge, à cette époque lointaine...

Au bord d'un fleuve, ce sont les femmes qui foulent le linge dans des bassins, puis elles l'étendent sur la grève.

Elles en profitent aussi pour se laver elles-mêmes et oindre leur corps d'huile...

 

On perçoit ici une scène de la vie quotidienne, une succession de gestes simples : on dételle les mules, on leur fait brouter l'herbe, on sort les vêtements, on les lave, avec empressement et ardeur à la tâche.

 

La Phéacie apparaît comme un pays civilisé, où la propreté est essentielle : celle du linge et celle des corps, un pays d'abondance, également : l'eau coule à flots, l'herbe y est "douce comme le miel".

 

Après avoir travaillé, les jeunes filles se détendent, prennent un repas, puis jouent à la balle, dans une harmonie parfaite. C'est alors que Nausicaa aperçoit Ulysse qu'elle ramène au palais de son père.

 

Ainsi, l'épopée n'est pas faite seulement d'épisodes héroïques, mettant en valeur le courage des personnages, l'épopée restitue aussi la vie ordinaire et quotidienne...

 

C'est ce qui en fait toute la valeur : on aime cette scène empreinte de simplicité et de vie.

On aime la poésie des épithètes homériques : "le fleuve au beau cours, "l'herbe douce comme le miel", "Nausicaa, aux bras blancs"...

 

Nausicaa est dans l'Odyssée une figure de la séduction  : c'est une princesse à la figure d'immortelle et Homère la compare, après cet extrait, à la déesse Artémis.

 

 

 

Le texte :

 

 Αἱ δ᾽ ὅτε δὴ ποταμοῖο ῥόον περικαλλέ᾽ ἵκοντο, 85
ἔνθ᾽ ἦ τοι πλυνοὶ ἦσαν ἐπηετανοί, πολὺ δ᾽ ὕδωρ
 καλὸν ὑπεκπρόρεεν μάλα περ ῥυπόωντα καθῆραι,
ἔνθ᾽ αἵ γ᾽ ἡμιόνους μὲν ὑπεκπροέλυσαν ἀπήνης.
Καὶ τὰς μὲν σεῦαν ποταμὸν πάρα δινήεντα
 τρώγειν ἄγρωστιν μελιηδέα· ταὶ δ᾽ ἀπ᾽ ἀπήνης 90
εἵματα χερσὶν ἕλοντο καὶ ἐσφόρεον μέλαν ὕδωρ,
στεῖβον δ᾽ ἐν βόθροισι θοῶς ἔριδα προφέρουσαι.
Αὐτὰρ ἐπεὶ πλῦνάν τε κάθηράν τε ῥύπα πάντα,
ἑξείης πέτασαν παρὰ θῖν᾽ ἁλός, ἧχι μάλιστα
 λάιγγας ποτὶ χέρσον ἀποπλύνεσκε θάλασσα. 95
Αἱ δὲ λοεσσάμεναι καὶ χρισάμεναι λίπ᾽ ἐλαίῳ
 δεῖπνον ἔπειθ᾽ εἵλοντο παρ᾽ ὄχθῃσιν ποταμοῖο,
εἵματα δ᾽ ἠελίοιο μένον τερσήμεναι αὐγῇ.
Αὐτὰρ ἐπεὶ σίτου τάρφθεν δμῳαί τε καὶ αὐτή,
σφαίρῃ ταὶ δ᾽ ἄρ᾽ ἔπαιζον, ἀπὸ κρήδεμνα βαλοῦσαι· 100


 

Traduction :

 

"On atteignit le fleuve aux belles eaux courantes, près duquel sont des lavoirs où monte en toute saison une eau claire et abondante, telle qu'il faut pour blanchir même le linge le plus souillé. Les femmes détachèrent les mules de la charrette et les poussèrent le long des rapides du fleuve pour y paître l’herbe douce comme le miel. Puis, à pleins bras, elles enlevèrent le linge de la charrette et le portèrent dans l’eau sombre des bassins, où elles le foulèrent, rivalisant entre elles d’activité. Quand elles l’eurent bien lavé et qu'il ne resta plus aucune tache, elles l’étendirent sur la grève, là où la mer forme une ligne épaisse de galets rejetés. Puis elles se baignèrent, s'oignirent d'huile brillante et prirent leur repas au bord du fleuve, tandis que les vêtements séchaient au grand soleil. Après qu'elles se furent rassasiées, elles ôtèrent leurs voiles pour jouer à la balle."

 


 


  Une conférence de Luc Ferry sur L'Odyssée :

 

https://youtu.be/RzjVWUjRYLA

 
 

 

Un extrait de l'Odyssée : une scène familière au bord de l'eau...
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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 12:08
C'est le moment de lire Teintes d'automne de Thoreau...

 

 

L'automne nous offre de magnifiques spectacles : des arbres empanachés de rousseurs et de lumières, des nuances chaleureuses... Le philosophe Henry D. Thoreau nous invite à observer cette nature automnale aux couleurs flamboyantes dans un de ses ouvrages intitulé Teintes d'automne.

 

Thoreau s'attache à décrire, avec une précision digne d'un peintre, les herbes, les arbres, l'érable rouge, l'orme, l'érable à sucre, le chêne écarlate...

 

Les couleurs, les métaphores, les comparaisons nous font percevoir une nature somptueuse.

Thoreau fait exploser sous nos yeux "un embrasement jaune, écarlate, cramoisi de toutes les couleurs."

Il dépeint les formes des arbres, des feuilles et, ce faisant, il nous invite à mieux contempler le spectacle de l'automne.

 

Thoreau s'émerveille, notamment, de ces juxtapositions de couleurs propres à l'automne : le vert des pins qui rehausse les teintes flamboyantes des arbres.

 

Grâce à l'automne, la nature nous entraîne dans une véritable fête des couleurs, un festival varié, changeant, au fil de la saison...

 

Les "splendeurs automnales" inspirent à Thoreau des descriptions incandescentes : on voit des "camaïeux de jaunes et de rouges", "le jaune du chrome chaud des peupliers, des airelles d'un rouge intense..." "des arbres écarlates en plein embrasement, des teintes cuivrées..."

 

On est sensible à la poésie de ces évocations : des images surgissent : " les futailles diffusent un éclat pareil à la pourpre du couchant..." Les frondaisons deviennent "des nuages jaunes et écarlates, volutes, après volutes"...

Voilà qu'un "arbre tout entier ressemble à un beau fruit mûr débordant de jus savoureux..."

 

Les descriptions de Thoreau font, ainsi, appel à tous les sens : la vue avec le chatoiement des couleurs, le toucher, le goût, l'ouie, avec le léger bruit des feuilles qui tombent, ou celles qui déjà à terre, "bruissent sous les pas"...

 

Thoreau perçoit même dans la nature automnale des leçons philosophiques : décrivant la chute des feuilles "résignées à se laisser décomposer au pied de l'arbre, afin de fournir la nourriture à de nouvelles générations de leur espèce", il affirme : "Elles nous apprennent à mourir."

 

L'ensemble de cet ouvrage très bref oscille entre science et poésie : Thoreau s'intéresse à l'ordinaire, il cherche à éduquer le regard des lecteurs.

Il parvient à poétiser ce qui nous est proche, de simples arbres, des paysages...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

C'est le moment de lire Teintes d'automne de Thoreau...
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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 14:01
Le partage des eaux à Fontaine de Vaucluse....

 

 

Le partage des eaux... c'est un lieu champêtre où la Sorgue lumineuse se divise en deux bras distincts...

 

Entre les arbres et les frondaisons verdoyantes, la source qui naît à Fontaine de Vaucluse s'écoule et laisse voir ses transparences limpides.

 

Des algues frissonnantes s'épanouissent dans le courant, nymphes ondoyantes dont les longues chevelures s'étirent dans l'eau...

 

L'endroit invite au recueillement : l'eau, ses murmures, ses reflets, les pierres et les rochers qui affleurent l'eau... le soleil qui illumine et dore les ondes...

 

Les rives verdoyantes forment un décor somptueux et luxuriant près de la rivière.

 

Des kayaks s'approchent parfois : on voit leurs couleurs bariolés dans le lointain... ils franchissent le barrage dans des éclats d'eaux étincelants.

 

Les remous dessinent des motifs d'écumes d'une blancheur éclatante.

 

L'eau s'irise de teintes merveilleuses : des camaïeux de verts tendres ou plus sombres, ponctués de vagues frémissantes.

 

L'eau scintille, tourbillonne, se plisse, révèle des fonds caillouteux et des mosaïques somptueuses...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Le partage des eaux à Fontaine de Vaucluse....
Le partage des eaux à Fontaine de Vaucluse....
Le partage des eaux à Fontaine de Vaucluse....
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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 14:08
Les arbres déjà roux...

 

 

Dans le jardin, des panaches de rousseur et de rouille mêlés à des verdures...

 

Les arbres déclinent toutes sortes de teintes sur l'azur :  paille, bruns, verts, roux.

 

Certains arbres déjà flamboyants se détachent sur l'azur, alors que d'autres se parent encore d'une verdure printanière.

 

La lumière encore vive de l'été fait resplendir toutes ces couleurs...

 

Les marronniers peignent des camaïeux de verts et de roux.

 

Les tilleuls révèlent quelques feuilles dorées.

 

Des cascades de couleurs sur les arbres... les feuilles brûlées dessinent des déchirures, des éclats lumineux sur l'azur.

 

Les arbres déjà roux se parent de toutes les teintes de l'automne.

 

Les arbres déjà roux aux branches sombres s'éclairent de lueurs de xanthes.

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les arbres déjà roux...
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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 14:17
Ciel bleu et feuilles brûlées...

 

 

La fin de l'été approche : le ciel tisse encore, sous nos yeux, des teintes d'un bleu éclatant de lapis-lazuli...

 

Les bords brûlés, les feuilles de marronniers s'enivrent de ces couleurs d'un bleu profond.

 

Les feuilles rayonnent sur l'azur, deviennent étoiles lumineuses sous le soleil encore ardent de l'été...

 

Les feuilles déclinent des teintes variées : vert pâle, xanthe, brun brûlé...

 

Déjà, apparaissent les couleurs de l'automne...

 

Déjà, les arbres se parent de teintes éblouissantes.

 

Et le ciel bleu brode une toile somptueuse autour des feuilles qui s'étiolent...

 

Et le ciel bleu s'auréole de teintes vives pour célébrer les feuilles aux dégradés subtils de roux. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Ciel bleu et feuilles brûlées...
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 12:30
J 'voudrais travailler encore avec mes mains d'or...

 

 


Le chômage, les usines qui ferment, telles sont les dures réalités de notre monde moderne : Bernard Lavilliers nous raconte cette tragédie qui anéantit les hommes dans une de ses plus célèbres chansons : Les mains d'or...

Le poète nous montre, d'abord, "Un grand soleil noir (qui) tourne sur la vallée..."

L'oxymore "soleil noir" symbolise le travail perdu, des usines abandonnées où la vie a disparu...

Un décor désolé apparaît, alors :

"Cheminées muettes - portails verrouillés 
Wagons immobiles - tours abandonnées 
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé..."

Les cheminées personnifiées, devenues "muettes", semblent comme muselées, l'énumération des noms, sans verbe conjugué, restitue un désarroi, d'autant qu'ils sont accompagnés de termes négatifs.

La strophe suivante fait intervenir une comparaison : "On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts 
Bouffés par les ronces - le gel et la mort ".

Un décor fantomatique est décrit, un décor à la fois somptueux et désolé.... Le verbe imagé et familier "bouffés" traduit une violence inouïe.

 

Ces lieux effrayants sont comme pétrifiés et anéantis dans une immobilité terrifiante.

Seul "un grand vent glacial" anime cette usine, faisant "grincer les dents" d'une machine à l'arrêt, devenu "monstre de métal dérivant".

 

Le refrain à la première personne est un hymne au travail bien fait : le personnage exprime une volonté de retrouver du travail, de manière insistante et réitérée.

"J'voudrais travailler encore - travailler encore 
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or 
Travailler encore - travailler encore 
Acier rouge et mains d'or..."

 

L'expression "mes mains d'or" donne toute sa valeur au travail de l'ouvrier qui sculpte l'acier et le dompte.

 

L'ouvrier évoque, alors, sa vie passée dans ce "laminoir", un terme terrible, à double sens, le propre et le figuré, une vie consacrée à un dur labeur, une vie difficile...

 

L'énumération qui suit mêle mots concrets et abstraits : "Mes poumons - mon sang et mes colères noires 
Horizons barrés là - les soleils très rares..." Cette succession chaotique de mots insiste sur la dureté du travail de l'homme : il y a tout mis, ses poumons, son sang, sa vie, ses indignations... sans beaucoup d'espoir puisque les horizons sont barrés...

 

Le laminoir est même comparé à une "tranchée rouge", image guerrière très forte qui vient encore souligner l'âpreté du travail. On voit apparaître, aussi, une "saignée rouge sur l'espoir"...

 

La strophe qui suit est à nouveau métaphorique : l'usine abandonnée suggère des images de "navires de guerre 
Battus par les vagues - rongés par la mer 
Tombés sur le flanc - giflés des marées..." 
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier..."

 

Ces navires échoués, balayés par la mer viennent alourdir le désarroi et la détresse du narrateur.

On voit, pour la première fois, apparaître, dans la chanson, le thème de l'argent, du profit : le texte est, ainsi, une dénonciation du monde de la finance qui délocalise, ferme des usines, au mépris de la vie des gens.

La toute puissance de l'argent est bien mise en évidence par cette évocation de ces navires anéantis et vaincus par l'argent...

 

L'ouvrier constate, alors, son inutilité : les négations se multiplient, évoquant un vide de l'existence....
"J'peux plus exister là 
J'peux plus habiter là 
Je sers plus à rien - moi 
Y'a plus rien à faire..."

 

Il en vient même à souligner un paradoxe vers lequel le conduit ce monde absurde de la finance :
"Quand je fais plus rien - moi 
Je coûte moins cher - moi 
Que quand je travaillais - moi 
D'après les experts..." 

 

Et, pourtant, l'ouvrier travaillait dur, il se "tuait" à la tâche, pour "gagner des clous...", expression familière qui accentue l'idée de misère sociale.

"C'est moi qui délire 
Ou qui devient fou 
J'peux plus exister là...", conclut, ainsi l'ouvrier face à ce monde qui inverse les valeurs. 

 

Un monde qui rend les gens fous, qui les anéantit, leur enlève jusqu'à l'espoir de travailler pour un salaire de misère...

La mélodie rythmée et lancinante restitue la douleur et le tourment de celui à qui on a enlevé sa raison de vivre...
 

 

https://youtu.be/C_FrCekiYSY

 

 

 

 

 

 

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 13:12
Nous sommes les descendants d'Homère...

 


 

On ne sait rien ou presque rien de ce poète qui a composé des milliers de vers, deux épopées qui nous sont parvenues par delà les siècles : l'Iliade et l'Odyssée...

 

On ne sait rien de celui qui nous a légué des poèmes d'une grande humanité, des histoires d'amour, de guerre et de paix : Homère.

 

A-t-il même existé ou bien ces épopées sont-elles l'oeuvre de plusieurs auteurs ? L'énigme reste entière.

 

Depuis 30 siècles, les textes d'Homère restent dans l'Histoire, ils sont gravés dans notre mémoire. Et pourtant cet auteur n'a jamais écrit une ligne... Il chantait. Il jouait. Il récitait, il déclamait ses poèmes au son d'un instrument de musique.

Et c'est postérieurement que ses oeuvres ont été fixées par écrit.

 

On connaît tous l'histoire de ce héros, Ulysse qui, après la guerre de Troie, erre pendant dix longues années sur la mer, affronte de multiples épreuves, avant de rejoindre sa patrie, l'île d' Ithaque.

On garde en mémoire certains épisodes célèbres : les sirènes, le Cyclope, Charybde et Scylla, les Lotophages, Circé la magicienne, la nymphe Calypso...

 

C'est Homère qui nous a transmis un art de raconter, avec une certaine rationalité, tout en imaginant des aventures extraordinaires.

C'est Homère qui invente la poésie... C'est Homère qui nous rend perceptible tout ce qui tend à nous échapper : il nous fait voir toute la beauté du monde...

 

"L'aurore aux doigts de rose, la mer vineuse, les rênes luisantes, Nausicaa aux bras blancs, la brumeuse mer... l'Aurore en robe de safran s'épand sur toute la terre, quand voici Zeus tonnant qui assemble les dieux sur le plus haut sommet de l'Olympe aux cimes sans nombre..." C'est ainsi qu'Homère nous rend sensible la beauté des êtres et des choses...

 

Le monde est plus riche de sens qu'il ne nous paraît : grâce à Homère, le monde se révèle plus grand, plus beau, plus intéressant que nous ne le supposions, car Homère transfigure le monde...

Homère est un de ces artistes qui nous délivrent d'une forme d'infirmité et d'étroitesse d'esprit.

 

Homère nous a transmis un héritage qui a inspiré de nombreux écrivains. Des tragiques, de nombreux auteurs ont repris les personnages, les thèmes traités dans l'Iliade et l'Odyssée...

 

Comment oublier aussi, les leçons d'humanité et d'humanisme que nous donne Homère ? L'hospitalité est une valeur cardinale dans les poèmes homériques : chacun se doit d'accueillir les inconnus, les étrangers. Le devoir d'hospitalité n'est-il pas omniprésent dans l'Odyssée ? Ainsi, Ulysse, après avoir été malmené par une tempête, est reçu avec tous les honneurs chez les Phéaciens...

Et les Grecs perpétuent encore de nos jours cette tradition ancestrale.

 

Les héros d'Homère ne sont-ils pas, aussi, des figures à valeur de symbole ? Ils représentent nos faiblesses, nos potentialités, nos peurs.

 

Homère a traversé les siècles car son message est essentiel : c'est l'amour, l'amour des siens et l'amour des autres, le respect que l'on doit à tout être humain... ce sont là les racines de notre civilisation.

 

L'oeuvre d'Homère reste, ainsi, une référence majeure.

Poésie, art du récit, leçons de vie, les textes d'Homère sont fondateurs et restent encore d'une brûlante actualité...

 

 

Source : une émission diffusée sur France Culture :

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-celui-que-lon-appelle-homere

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes les descendants d'Homère...
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