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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 10:38
Pour relire Rabelais... La lettre de Gargantua à son fils Pantagruel...

 

 

 

Il faut lire et relire la magnifique lettre de Gargantua à son fils Pantagruel : un éloge de la connaissance et de la culture qui apportent sérénité et bonheur à tout être humain.

Insérée dans le premier ouvrage de François Rabelais, publié en 1532, cette lettre est un véritable manifeste humaniste qui montre que le savoir est essentiel pour l'homme, qu'il lui permet de progresser et de devenir plus humain...

 

La lettre définit un véritable programme intellectuel, une culture encyclopédique : elle vise à développer la curiosité du jeune Pantagruel et à lui faire comprendre que le savoir est source de bonheur et de sagesse.

 

Il s'agit d'abord pour le jeune garçon de profiter des nouvelles conditions qui sont mises à sa disposition dans le domaine culturel, au XVIème siècle : développement de l'imprimerie, extension de la réflexion et du savoir, remise à l'honneur des langues anciennes.

Et qui ne voit là toute la modernité et l'actualité de cette lettre ? De nos jours, encore, de nouveaux moyens de connaissance sont accessibles grâce à internet et la diffusion du savoir est ainsi multipliée à l'infini.

 

La lettre est constituée d'une succession de recommandations soulignées par l'emploi répété du subjonctif et de l'impératif :

"J'entends et je veux que tu apprennes parfaitement les langues...  que tu formes ton style sur celui de Platon pour le grec, sur celui de Cicéron pour le latin... Qu'il n'y ait pas d'étude scientifique que tu ne gardes présente en ta mémoire...  De l'astronomie, apprends toutes les règles, mais laisse-moi l'astrologie et l'art de Lullius...  Du droit civil, je veux que tu saches par cœur les beaux textes, et que tu me les mettes en parallèle avec la philosophie. Et quant à la connaissance de la nature, je veux que tu t'y donnes avec soin : qu il n'y ait mer, rivière, ni source dont tu ignores les poissons... Puis relis soigneusement les livres des médecins grecs, arabes et latins...

Somme, que je voie un abîme de science..." 

Le texte a ainsi une valeur didactique, et on perçoit une sorte d'enthousiasme et de ferveur pour la culture, grâce à de nombreux procédés : les énumérations, les anaphores à valeur d'insistance, les hyperboles, le vocabulaire plein de fermeté...

 

Un extrait restitue plus particulièrement cet enthousiasme et l'on y retrouve anaphore, énumération, hyperboles, le tout souligné par une antithèse "tous... rien" :

"tous les oiseaux du ciel, tous les arbres, arbustes, et fructices des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tous les pays de l'Orient et du midi, que rien ne te soit inconnu."

 

En plusieurs étapes, sont exprimées les orientations de l'éducation humaniste, les domaines envisagés qui sont divers et multiples, le respect des règles morales et religieuses.

On trouve aussi dans cette lettre deux formules célèbres : "Sapience n'entre point en âme malivole"... "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme".

Deux maximes essentielles qui définissent l'humanisme.

La science doit s'accompagner d'une réflexion, d'une prise de conscience et d'un souci de valeurs morales et éthiques.

Et encore une fois, qui ne voit toute l'actualité de ces maximes ?

Alors que l'homme cherche à dépasser sa condition de mortel, alors qu'il s'applique à polluer la nature, à détruire la terre sur laquelle il vit, il a besoin plus que jamais d'une prise de conscience.

L'homme saccage les écosystèmes, il extermine les espèces animales, il perturbe le climat pour soutenir des choix absurdes, qui ne le rendent même pas heureux.

Le message de Rabelais est plus que jamais d'actualité...

Le savoir, l'humanisme restent de magnifiques projets de vie.

En un temps où le nihilisme gagne du terrain, il est bon de se ressourcer auprès de ce grand humaniste que fut Rabelais, et de relire des messages essentiels pour l'humanité.

La connaissance, le savoir nourrissent l'être humain, le font progresser, à cette condition : le progrès doit avoir pour but le bonheur de l'humanité, il ne doit pas être aliénant, et la connaissance doit rester au service de l'homme.

 

 

Le texte :

 

- François Rabelais, Pantagruel, chapitre VIII, « Comment Pantagruel, étant à Paris, reçut lettres de sonpère Gargantua, et la copie d'icelles » (1532).


Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues rétablies : Grecque, sans laquelle c'est honte qu'une personne se dise savante, Hébraïque, Chaldaïque, Latine (1), les impressions tant élégantes et correctes, en usage,qui ont été inventées de mon âge par inspiration divine, comme, à contre-fil, l'artillerie par suggestion diabolique.
Tout le monde est plein de gens savants, de précepteurs très doctes, de librairies (2) très amples, qu'il m'est avis que, ni au temps de Platon, ni de Cicéron, ni de Papinien (3), n'était telle commodité d'étude qu'on y voit maintenant, et ne se faudra plus dorénavant trouver en place, ni en compagnie, qui ne sera bien expoli en l'officine de Minerve (4).
Je vois les brigands, les bourreaux, les aventuriers, les palefreniers de maintenant plus doctes que les docteurs etprêcheurs de mon temps. Que dirai-je? Les femmes et filles ont aspiré à cette louange et manne céleste de bonne doctrine. Tant y a qu'en âge où je suis, j'ai été contraint d'apprendre les lettres grecques, lesquelles je n'avais
méprisées comme Caton, mais je n'avais eu loisir de comprendre en mon jeune âge ; et volontiers me délecte à lireles Moraux de Plutarque, les beaux Dialogues de Platon, les Monuments de Pausanias et Antiquités d'Atheneus, attendant l'heure qu'il plaira à Dieu, mon Créateur, m'appeler et commander sortir de cette terre.
C'est pourquoi, mon fils, je t'admoneste (5) qu'emploies ta jeunesse à bien profiter en études et en vertus. Tues à Paris, tu as ton précepteur Epistemon, dont l'un par vives et vocales instructions, l'autre par louables exemples, te peuvent endoctriner.


J'entends et veux que tu apprennes les langues parfaitement: premièrement la Grecque, comme le veut Quintilien, secondement la Latine, et puis l'Hébraïque pour les Saintes Lettres, et la Chaldaïque et Arabique pareillement ; et que tu formes ton style, quant à la Grecque, à l'imitation de Platon, quant à la Latine, à Cicéron.
Qu’il n’y ait histoire que tu ne tiennes en mémoire présente, à quoi t'aidera la Cosmographie de ceux qui en ont écrit.


Des arts libéraux : géométrie, arithmétique et musique, je t'en donnai quelque goût quand tu étais encore petit, en l'âge de cinq à six ans ; poursuis le reste, et d'astronomie saches-en tous les canons(6). Laisse-moi l'astrologie divinatrice et l'art de Lullius(7), comme abus et vanités.
Du droit civil, je veux que tu saches par cœur les beaux textes et me les confères avec philosophie.

 Et, quant à la connaissance des faits de nature, je veux que tu t'y adonnes avec soin ; qu'il n’y ait mer, rivière, ni fontaine, dont tu ne connaisses les poissons, tous les oiseaux de l'air, tous les arbres, arbustes et buissons des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au centre des abîmes, les pierreries de tout Orient et
Midi : rien ne te soit inconnu.
Puis, soigneusement pratique les livres des médecins grecs, arabes et latins, sans mépriser les Talmudistes et Cabalistes(8), et par fréquentes anatomies acquiers-toi parfaite connaissance de l'autre monde, qui est l'homme. Et par quelques heures du jour commence à visiter les saintes lettres, premièrement en grec le Nouveau Testament et Épîtres des Apôtres, et puis en Hébreu le Vieux Testament.


Somme, que je voie un abîme de science : car dorénavant que tu deviens homme et te fais grand, il te faudra sortir de cette tranquillité et repos d'étude et apprendre la chevalerie et armes pour défendre ma maison et nos amis secourir en toutes affaires contre les assauts malfaisants.
Et veux que, sans tarder, tu essayes combien tu as profité, ce que tu ne pourras mieux faire que tenant conclusions(9) en tout savoir, publiquement, envers tous et contre tous, et hantant les gens lettrés qui sont tant à Paris qu'ailleurs.


Mais - parce que, selon le sage Salomon, sapience n'entre point en âme malivole et science sans conscience n'est que ruine de l'âme -, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et par foi formée de charité être à lui adjoint, en sorte que jamais n'en sois désemparé par péché. Aie suspects les abus du monde. Ne mets ton cœur à vanité, car cette vie est transitoire, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable à tout ton prochain et l'aime comme toi-même. Révère tes précepteurs. Fuis les compagnies des gens auxquels tu ne veux point ressembler, et les grâces que Dieu t'a données, icelles ne reçois en vain.

Et quand tu connaîtras qu'auras tout le savoir de par delà acquis, retourne vers moi, afin que je te voie et donne ma bénédiction avant de mourir.


Mon fils, la paix et grâce de Notre-Seigneur soit avec toi, amen.
D'Utopie, ce dix-septième jour du mois de mars.
Ton père,
Gargantua.

 


Notes :
1. Variété de l’hébreu employée dans certains passages de la Bible. Erasme avait recommandé l’étude de cette langue. 2.Bibliothèques. 3. Ces écrivains représentent trois âges de la civilisation : après l’âge de la philosophie et celui de l’éloquence, l’âge de Papinien (IIIe siècle après J.-C.) est celui des savants, notamment en droit et en grammaire. 4. Poli, cultivé, en la boutique placée sous la protection de la déesse du savoir, c’est-à-dire à l’école des humanistes. 5. Je te demande solennellement. 6. Règles. 7. L’alchimie (de Raymond Lulle, savant espagnol, (1235-1315). 8. Spécialistes du Talmud (commentaire de la Loi judaïque) et de la kabbale (interprétation symbolique de la Bible). 9. Soutenant des controverses

 

 


 

http://blog.ac-versailles.fr/lelu/public/sciences/rabelais

 

Pour relire Rabelais... La lettre de Gargantua à son fils Pantagruel...
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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 15:06
Pour une orgie de Nutella...

 

 

 

C'est la période des soldes, la grande braderie du mois de Janvier : on solde les chaussures, les vêtements, les machines à laver, les réfrigérateurs, les ordinateurs etc. Tout cela est bien connu et habituel...

Mais voilà que certains se mettent à solder aussi de la nourriture... enfin, on peut se demander, en l'occurrence, si c'est le terme adéquat.

 

Du Nutella soldé : tout le monde connaît cette pâte à tartiner... soupçonné d'être cancérigène, ce produit contient de l'huile de palme, peu chère mais de mauvaise qualité.

Du sucre, du gras, voilà l'essentiel du contenu de cet aliment.

 

Mais, au fond, quoi de plus efficace pour booster les ventes que de brader des pots de Nutella ?

 

Dans les supermarchés, les clients se sont précipités pour acheter cette pâte à tartiner à prix cassé. Des clients appâtés par une offre promotionnelle se sont rués sur des pots de Nutella... ce qui a donné lieu à des scènes de pagaille et de bousculades, filmées dans plusieurs supermarchés de France, c'était une promotion lancée par l'enseigne Intermarché : -70 % sur les pots de Nutella !

 

En voilà de la promotion !

On se demande d'ailleurs comment la grande distribution peut faire ainsi soudain baisser les prix ! De quoi se poser des questions sur la véritable valeur du produit...

Et malgré tout, des clients se sont rués sur la marchandise... Certains sont repartis les bras chargés de Nutella... On les voit sur certaines vidéos en train de s'arracher les pots...

Une orgie de Nutella, une débauche de ces "friandises" au chocolat !

 

Comment peut-on ainsi se laisser gruger par  des publicités tapageuses ?

Est-il possible que des malheureux aillent se battre pour acheter du sucre et du gras !

On atteint là des sommets d'inconscience...

Bagarres, bousculades, la gendarmerie a dû intervenir pour calmer les clients qui échangeaient des coups autour du Nutella.

Comment se fait-il que  des gens en viennent ainsi à débouler dans les supermarchés pour acheter des produits frelatés, de mauvaise qualité ?

Faut-il que la pauvreté les y pousse ?

 

Mais quelle pauvreté ! Celle qui incite les gens à ne plus réfléchir, à avoir l'esprit vide, celle qui assèche les cervelles, et les rend impropres à la réflexion ?

Celle qui, abreuvée de slogans publicitaires, se laisse aller aux pires excès et à la bêtise la plus crasse ?

 

 

 

Un reportage sur France 2 :

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/polemique-une-promotion-sur-la-pate-a-tartiner-cree-la-pagaille_2579488.html

 

 

 

Pour une orgie de Nutella...
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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 13:04
Quand les médecins deviennent des fonctionnaires...

 

 

Avez-vous fait ce constat, vous aussi ? Les médecins sont devenus des fonctionnaires...

Aussitôt que l'on entre dans leur cabinet, ils réclament à leur patient ce fameux sésame : la carte vitale... 

 

D'ailleurs, dès que le patient commence à évoquer ses problèmes de santé, le médecin l'interrompt et exige de lui ce passeport indispensable pour la suite de la visite.

Une fois la carte vitale insérée dans l'ordinateur, voilà notre médecin rassuré, il sait qu'il pourra percevoir sa rémunération.

Dès lors, il a tout le loisir de vous écouter... encore le fait-il le plus souvent d'une oreille assez distraite.

 

N'ayez pas la prétention de lui faire savoir quelles sont les pathologies dont vous souffrez, car de toutes façons, vous n'y comprenez rien, vous n'avez pas fait d'études de médecine, vous êtes un Béotien stupide et ignare.

Et puis, de toutes façons, la carte vitale lui donne tous les renseignements dont il a besoin.

Vous êtes donc invité à vous taire...

Il consentira  ensuite peut-être à vous examiner : peut-être vérifiera-t-il votre tension, votre rythme cardiaque ?

Mais ce n'est pas sûr... et s'il le fait, il peut arriver qu'il vous dise : "votre rythme cardiaque est rapide mais mon appareil n'est pas trop fiable..." De quoi décontenancer et déstabiliser complètement le patient...

 

Mais, ce n'est pas grave car le patient doit être dans tous les cas satisfait du service rendu. Le patient, comme l'indique son nom, est là pour supporter et subir toutes sortes de brimades.

 

N'ayez surtout pas l'audace d'émettre des hypothèses sur le mal dont vous souffrez : c'est inutile, et si vous énumérez les symptômes que vous ressentez, c'est ennuyeux, sans intérêt... C'est lassant, c'est trop long, il faut vraiment abréger la séance.

 

Le médecin refuse aussi d'évoquer les effets secondaires des médicaments, comme s'ils n'existaient pas. Il faut que le patient se débrouille avec ces "désagréments" et fasse en sorte de ne pas trop se plaindre et récriminer.

Dans tous les cas, le patient doit être content et satisfait du traitement qui lui est appliqué...

Qu'il n'ose surtout pas se plaindre des effets secondaires ! Ils n'existent pas !

Et même s'ils existent, le médicament soigne la pathologie dont souffre le patient, peu importe si d'autres pathologies surviennent !

 

Ainsi, le médecin ne prend plus le temps de dialoguer avec son patient, il devient un fonctionnaire froid, lointain, inaccessible.

Il perd tout sens du contact humain : il devient une machine à encaisser des émoluments...

Il devient une mécanique, un robot sans âme, sans conscience....

Triste simulacre de médecine qui ne tient plus compte de l'humain ! Triste médecine qui n'est plus à l'écoute du patient !

 

 

 

 

 

 

 

Quand les médecins deviennent des fonctionnaires...
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 14:32
Une classe de seconde...

 

 

 

J'ai sous ma responsabilité, une classe de seconde qui comporte 36 élèves : j'ai l'impression que ces élèves n'ont aucun sens du savoir vivre, de la politesse, comme si leurs parents ne les avaient pas éduqués : ils rentrent en classe bruyamment, ils bavardent, certains oublient leurs affaires ou les perdent, certains me lancent des bonjours tonitruants et appuyés qui dénotent un irrespect total.

 

Quand je fais l'appel, certains oublient de répondre, d'autres discutent...

J'ai déjà sanctionné par des heures de retenue deux élèves : l'un avait encore oublié son livre, l'autre refusait de relire sa prise de notes...

On le voit : l'année promet encore d'être sportive... une jeune stagiaire en sciences économiques n'arrive même pas à faire cours à ces élèves, la progression est sans cesse empêchée par des bavardages..

La plupart de ces adolescents ne sont pas issus d'un milieu défavorisé : fils et filles d'avocat, de médecin, de pharmacien, de notaire, de chef d'entreprise etc.

 

On perçoit chez eux, une envie permanente de s'amuser, de se distraire : aucune retenue, aucune sensibilité, aucune reconnaissance pour le travail fourni par les enseignants.

On pourrait croire que le français, discipline que j'enseigne, ne les tente guère mais ils ont exactement le même comportement avec leur professeur de mathématiques..

.

Mon rôle étant d'enseigner le français, j'estime inadmissible tant de laisser aller dans le comportement : j'ai donc décidé de sévir dès le début de l'année... pour autant, à crier et tempêter contre les élèves, on perd beaucoup de son énergie.

La lutte sera âpre, heureusement, ma collègue de mathématiques adopte la même attitude : la sévérité, des sanctions...

 

Nous sommes solidaires face à cette classe, même si nous travaillons séparément, et nous refusons ce laxisme dans le comportement et le travail...

 

Devant ces difficultés, je me pose, tout de même, bien des questions : quelle éducation les parents ont-ils donnée à ces enfants ? On a l'impression d'être devant des sauvages, qui n'ont pas de repères, qui sont là pour prendre du bon temps...

 

Quelles valeurs leur ont été inculquées ? Sûrement pas celles du travail, du respect, mais celles qui consistent à se détendre, s'amuser, quitte à mépriser le travail d'autrui...

 

Ces élèves s'arrogent tous les droits et ne se soumettent parfois à aucune discipline : telle une horde, ils se lâchent, et n'ont aucune retenue...

Effectivement, les parents devraient se sentir responsables du comportement de leurs enfants en classe.

Et on a l'impression qu'ils se déchargent de toute responsabilité : l'éducation commence pourtant dès le plus jeune âge, et les parents se doivent de l'assumer et d'assurer leur rôle d'éducateurs.


Il est vrai que notre monde est celui de la consommation rapide, irréfléchie, irraisonnée, et il semble que les individus se laissent aller à une sorte d'apathie, d'égocentrisme, oubliant les règles élémentaires de la vie en société.
 

 

  
 

 

 

 

Une classe de seconde...
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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 10:58
Toilette au bord de l'eau...

 

 

 

Plumage marbré de gris et de beige, bleu de Chine bordé de noir, éclats d'émeraude sur le col, l'oiseau aux teintes flamboyantes lisse ses plumes au bord de l'eau...

 

Pattes rouges, col vert aux reflets chatoyants, l'oiseau rejoint précautionneusement la surface de l'eau, se glisse avec élégance sur l'onde aux reflets moirés.

 

Tout autour, des sillons lumineux qui encerclent l'animal...

 

Tout autour, les replis de l'eau ondoyante...

 

Le col vert aux couleurs irisées semble mimer la surface de l'eau.

 

Le col vert décline des nuances infinies de moires étincelantes...

 

L'oiseau, au coeur de l'hiver, nous éblouit de ses teintes contrastées, de ses éclats de verts soyeux et chatoyants...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 11:42
Une lectrice passionnée...

 

 

Pour célébrer la nuit de la lecture...

 


Dans un extrait de son autobiogaphie intitulée Enfance, Nathalie Sarraute rappelle ses souvenirs de jeune lectrice : elle évoque sa passion de la lecture, son plaisir de lire des romans d'aventures, peuplés de héros extraordinaires. Que lisait-elle, alors ? Elle se délectait des romans de Ponson du Terrail, mettant en scène les exploits de ce personnage, au nom célèbre, Rocambole..

 

On ne lit plus aujourd'hui les romans de Ponson du Terrail : beaucoup ignorent même le nom de cet auteur, mais tout le monde connaît cet adjectif aux sonorités éclatantes : "rocambolesque".

 

Qui est ce personnage au nom retentissant ? Qui est Rocambole ? Ce héros d'un roman-feuilleton du 19ème siècle fait, d'abord, partie d'une association criminelle "le club des valets de coeur" : c'est un criminel dangereux, prêt à tout pour faire fortune : il vole, il tue, et souvent, avec panache et humour... Finalement interpellé et envoyé au bagne, il en sort repenti et se met, alors, au service du bien : on assiste, alors, à un renversement complet de situation...

 

La narratrice analyse, en tant que lectrice, les liens qui la rattachent aux personnages... Nathalie Sarraute décrit ces liens comme une force invisible, comparable à un courant contre lequel on ne peut lutter : "je m'y jette, je tombe, impossible de me laisser arrêter... un courant invisible m'entraîne..."

 

Nathalie Sarraute évoque, aussi, un partage des aventures, des souffrances, des difficultés rencontrées par les héros de l'histoire, et aussi un partage de bonheurs. Elle s'identifie aux personnages du roman, elle devient elle même une héroïne et emploie la première personne : "je dois avec eux affronter des désastres, courir d'atroces dangers, lutter au bord de précipices, recevoir dans le dos des coups de poignard, être séquestrée, maltraitée... menacée..."

 

L'emploi du pronom "nous" est révélateur d'une véritable assimilation de la lectrice aux héros de l'histoire qu'elle lit. Cela la conduit à se reconnaître, comme à eux, des qualités héroïques, surhumaines : "un courage insensé, la noblesse, l'intelligence"...

 

On perçoit, aussi, l'angoisse vécue par la narratrice, à travers le lexique de la peur "les transes, les affres, craindre". Ce vocabulaire, très fort restitue une vive inquiétude. La ponctuation, les nombreux points de suspension traduisent cette angoisse.

 

Les situations sont vécues de manière intense, la narratrice vit avec les personnages, partage leurs angoisses et leurs émotions.

 

Les énumérations, les hyperboles, la ponctuation haletante soulignent l'intensité et les rebondissements de l'histoire.

 

Les intrigues romanesques font, bien sûr, appel à des schémas stéréotypés : alternance de malheurs et de bonheurs, une vision manichéenne du monde, une lutte constante entre les méchants et les gentils, des courses poursuites, des assassinats, des malheurs extrêmes.

 

Quant aux héros mis en scène dans ces oeuvres romanesques, ils sont dotés de toutes les qualités : de nombreux termes élogieux sont utilisés : "bonté, beauté, grâce, noblesse"...

Ces héros sont montrés en action : ils sont sujets de verbes d'action et de mouvement, et ils sont en opposition totale avec les êtres humains de l'environnement familial de la narratrice : ces êtres réels sont, quant à eux, associés à un vocabulaire péjoratif "gens petits raisonnables, prudents". Ils vivent dans un univers "étriqué".

 

Ainsi, Nathalie Sarraute décrit bien dans cet extrait les effets magiques de ses lectures : on perçoit une évasion, un dépaysement total, un oubli de la réalité.

On perçoit une passion dévorante pour la lecture...

 

Certes, ce type d'ouvrage n'apporte pas de véritable réflexion sur le monde, ce sont des romans de divertissement et d'évasion. D'ailleurs, on peut percevoir une intention parodique : Nathalie Sarraute, adulte, met, ainsi, en évidence une certaine inconsistance de ces romans d'aventures...

 

Mais ces oeuvres peuvent donner, dans un premier temps, le goût de la lecture et ce n'est pas négligeable, à notre époque où les adolescents, les yeux vissés sur leur portable, ne lisent plus...

 

Le texte :

 

 "Voici enfin le moment attendu où je peux étaler le volume sur mon lit, l'ouvrir à l'endroit où j'ai été forcée de l'abandonner… je m'y jette, je tombe… impossible de me laisser arrêter, retenir par les mots, par leur sens, leur aspect, par le déroulement des phrases, un courant invisible m'entraîne avec ceux à qui de tout mon être imparfait mais avide de perfection je suis attachée, à eux qui sont la bonté, la beauté, la grâce, la noblesse, la pureté, le courage mêmes… je dois avec eux affronter des désastres, courir d'atroces dangers, lutter au bord de précipices, recevoir dans le dos des coups de poignard, être séquestrée, maltraitée par d'affreuses mégères, menacée d'être perdue à jamais… et chaque fois, quand nous sommes tout au bout de ce que je peux endurer, quand il n'y a plus le moindre espoir, plus la légère possibilité, la plus fragile vraisemblance… cela nous arrive… un courage insensé, la noblesse, l'intelligence parviennent juste à temps à nous sauver…

C'est un moment de bonheur intense… toujours très bref… bientôt les transes, les affres me reprennent… évidemment les plus valeureux, les plus beaux, les plus purs ont jusqu'ici eu la vie sauve… jusqu'à présent… mais comment ne pas craindre que cette fois… il est arrivé à des êtres à peine moins parfaits… si, tout de même, ils l'étaient moins, et ils étaient moins séduisants, j'y étais moins attachée, mais j'espérais que pour eux aussi, ils le méritaient, se produirait au dernier moment… eh bien non, ils étaient, et avec eux une part arrachée à moi même, précipités du haut des falaises, broyés, noyés, mortellement blessés… car le Mal est là, partout, toujours prêt à frapper… Il est aussi fort que le Bien, il est à tout moment sur le point de vaincre… et cette fois tout est perdu, tout ce qu'il peut y avoir sur cette terre de plus noble, de plus beau… le Mal s'est installé solidement, il n'a négligé aucune précaution, il n'a plus rien à craindre, il savoure à l'avance son triomphe, il prend son temps… et c'est à ce moment-là qu'il faut répondre à des voix d'un autre monde…

« Mais on t'appelle, c'est servi, tu n'entends pas ? »… il faut aller au milieu de ces gens petits, raisonnables, prudents, rien ne leur arrive, que peut-il arriver là où ils vivent… là tout est si étriqué, mesquin, parcimonieux… alors que chez nous là-bas, on voit à chaque instant des palais, des hôtels, des meubles, des objets, des jardins, des équipages de toute beauté, comme on n'en voit jamais ici, des flots de pièces d'or, des rivières de diamants…

« Qu'est-ce qu'il arrive à Natacha ? » j'entends une amie venue dîner poser tout bas cette question à mon père… mon air absent, hagard, peut-être dédaigneux a dû la frapper… et mon père lui chuchote à l'oreille… « Elle est plongée dans Rocambole ! » L'amie hoche la tête d'un air qui signifie : « Ah, je comprends… » Mais qu'est-ce qu'ils peuvent comprendre… »"


Nathalie SARRAUTE, Enfance
  


 

 

 

 

 

 

 

 

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 13:51
Sous le règne de l'esbroufe...

 

 

Nous vivons sous l'emprise et sous le règne de l'esbroufe...

Partout, on nous en met plein la vue : partout, c'est le clinquant qui s'affiche.

 

Pendant les fêtes de fin d'année, les supermarchés nous vendent toutes sortes de produits : des bûches aux décors somptueux, colorés, des canapés en forme de petits sapins, des foies gras enveloppés de papiers dorés...

Les emballages se veulent attractifs, éclatants.

Dans tous les cas, il s'agit d'attirer l'oeil, de séduire les consommateurs grâce à toutes sortes d'artifices...

Peu importe, au fond, la composition du produit, c'est l'apparence qui s'impose : des bûches recouvertes de chantilly, de crèmes aux couleurs criardes, des amuse-gueules aux formes géométriques séduisantes....

De plus en plus, les supermarchés se spécialisent dans ces aliments ultra-transformés...

L'industrie agro-alimentaire nous vend des produits artificiels qui perdent leur authenticité.

Additifs, colorants, gélatine ont pour but de donner un aspect attractif et plaisant à la marchandise.

Mais qu'est-ce qui se cache derrière ces apparences trompeuses ? Des produits frelatés qui n'ont plus rien de naturel.

 

Dans un autre domaine, régulièrement des soldes de vêtements nous sont proposées par les commerçants : soudain, à cette occasion, les prix baissent, comme par miracle... des rabais qui peuvent atteindre 60, voire 70 % !

Ainsi, on prend conscience que les prix sont forcément initialement surévalués...

Là encore, le consommateur n'est-il pas victime d'une sorte d'esbroufe ?

 

La mode elle-même fait appel au bling-bling : frou-frou, volants, dentelles, couleurs flashy...

 

Les voitures qu'on nous vend sont de plus en plus sophistiquées et clinquantes, par leurs formes, leurs couleurs... Elles sont bourrées de technologies innovantes, suréquipées : GPS, électronique... Elles seront bientôt connectées et les conducteurs seront ainsi surveillés, contrôlés, observés dans leurs moindres déplacements.

 

Sur Facebook, certains éprouvent aussi le besoin de s'afficher, d'exposer des photos, de briller...

 

Et que dire des hommes politiques ?

Eux aussi sont le plus souvent dans l'esbroufe et la représentation...

Ils nous servent de beaux discours, nous promettent une augmentation du pouvoir d'achat... Ils annoncent que tous les SDF auront un toit...

Une fois qu'ils sont arrivés au pouvoir, nous découvrons que les prix de l'énergie flambent...

Et nous constatons que les SDF sont toujours aussi nombreux dans les rues...

 

L'esbroufe : c'est bien là un ressort essentiel de nos sociétés d'apparence.

Le bling-bling, les faux-semblants, le tape-à-l'oeil font recette, hélas !

 

 

 

 

 

Sous le règne de l'esbroufe...
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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 09:35
Amazon et Alexa à la conquête du monde...

 

 

Alexa : un doux nom qui fait rêver... On croirait qu'il s'agit là d'une héroïne de roman, mais non, c'est une des dernières inventions de la firme Amazon...

Il s'agit d'un IPA, ou Internet Personal Assistant, une solution de reconnaissance vocale matérialisée dans une enceinte ou sur un écran.

C'est de l'intelligence artificielle au service du commerce...

 

Cet assistant permet de choisir de la musique, de sélectionner un film, de moduler la température, et aussi de faire ses courses.

Déjà il est possible de faire des recherches vocales sur internet et cet usage va sans doute se développer dans les années qui viennent...

 

Alexa et d'autres assistants vocaux, comme Google Home, Siri de Apple, permettront à tout un chacun de passer commande pour toutes sortes de produits, et notamment dans le domaine alimentaire.

 

Amazon se charge même de livrer les commandes à domicile : et les produits peuvent être déposés chez le client, en son absence, grâce à un système de clé sécurisée...

 

La grande distribution traditionnelle est ainsi menacée par ce géant mondial du commerce qu'est devenu Amazon.

Plus besoin d'aller dans un magasin ou un supermarché pour s'approvisionner, plus besoin de pousser un caddie, plus besoin d'attendre aux caisses : c'est un gain de temps pour tous.

On imagine pourtant les conséquences de ce nouveau commerce en ligne...

Une certaine uniformisation, une déshumanisation aussi puisque les gens ne seront plus en contact avec des commerçants...

 

Les centres commerciaux vont subir une concurrence féroce et on peut redouter une désaffection encore plus grande de la clientèle.

 

Amazon part à la conquête du monde : Amazon est partout et vend toutes sortes de produits...  vêtements, chaussures, livres, montres, services...

Amazon est ainsi devenu le 6ème site internet le plus visité de France et les délais de livraison sont de plus en plus rapides.

L'ère du numérique a commencé et se développe très rapidement.

 

Le fonctionnement d'Alexa repose aussi sur une importante et inquiétante récolte de données personnelles.

 Pourra-t-on encore protéger notre vie privée et notre anonymat ? 

Saura-t-on résister à ce déferlement de technologies du numérique ??

Alexa, cet assistant virtuel d'Amazon, possède une voix suave, pleine de charme : de quoi séduire nombre d'utilisateurs...

Mais, n'est-il pas dangereux de  laisser une machine s'immiscer dans notre intimité et surveiller nos moindres activités ?

 

 

 

 

 

 

Source : un article paru sur le journal Marianne

Amazon et Alexa à la conquête du monde...
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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 13:59
Des voeux manuscrits qui se perdent...

 

 

Avec internet, les voeux sont désormais adressés par mail : on en oublie les cartes de voeux écrites à la main.

Des cartes magnifiques, lumineuses, aux couleurs chatoyantes...

 

On reçoit le plus souvent des messages de voeux groupés qui n'ont plus grande valeur ou signification...

Ce sont des copiés-collés qui manquent de sincérité, de vérité...

 

Ces voeux sont en général accompagnés de photos où l'on se met en scène, de manière artificielle.

On vit, ainsi,  à l'heure de l'immédiateté, de la rapidité : on ne choisit plus ses mots pour écrire, on balance des formules toutes faites et toutes prêtes...

Les voeux ne sont plus personnalisés, ils deviennent mécaniques, impersonnels, artificiels.

 

On perd aussi le geste de l'écriture manuscrite, beau geste qui permet de former chacune des lettres.

La modernité, les ordinateurs nous conduisent ainsi vers une forme d'uniformisation et de déshumanisation dangereuse.

 

Bien sûr, l'outil est pratique, il permet de communiquer rapidement et instantanément à des milliers de kilomètres de distance.

Mais il peut aussi nous entraîner vers des réflexes faciles : ainsi, la réflexion se délite, disparaît au profit d'automatismes primaires.

 

Souhaiter le meilleur à ceux qu'on aime, c'est du bonheur que l'on s'accorde aussi à soi-même... 

On peut le faire par mail, bien sûr, mais sans oublier de personnaliser ses envois.

Sinon, on a l'impression d'envois contraints et obligés... de formules creuses, de rituels vidés de sens...

 

C'est certain : les voeux manuscrits sont démodés, avec l'avènement d'internet.

Mais ils conservent tout leur charme, quand on y songe : ils sont une marque d'attention particulière, ils rompent avec les habitudes d'immédiateté du monde moderne, ils permettent de retrouver le plaisir de l'écriture manuelle...

 

Ils font retrouver des rituels d'autrefois, le bonheur de choisir une carte, de prendre en main un stylo, de tracer des lettres en s'appliquant, de penser et de peser chacun de ses mots...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

Des voeux manuscrits qui se perdent...
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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 15:37
Ciel d'hiver aux teintes douces...

 

 

 

Par dessus les arbres, marronniers aux silhouettes sombres sur l'azur, le ciel se nimbe de nuées aux teintes de rose-gris...

 

Le ciel si doux en cet après midi d'hiver illumine les ramures des arbres, leurs entrelacs somptueux.

Ombres brunes, ramilles échevelées, éclats de branches sur l'horizon...

 

Le ciel s'alanguit, éparpille sur l'azur des nuées légères, vaporeuses, les colore de nuances si subtiles...

 

On dirait l'aurore aux doigts de rose comme si les arbres flottaient dans un océan de douceur...

 

Les ramures dépouillées des arbres disent l'hiver et ses rigueurs tandis que le ciel s'illumine de délicates clartés.

 

Quelle douceur au coeur de l'hiver ! Quelle sérénité ! 

 

Le paysage du ciel déroule des teintes laiteuses, des camaïeux pleins de charme et d'harmonie...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Ciel d'hiver aux teintes douces...
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