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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 08:45
Le sexisme ordinaire...

 

 

En regardant la liste des articles publiés sur Agoravox, on peut constater que la plupart des rédacteurs sont des hommes, comme si les femmes étaient presque exclues de ce cercle réservé à la gent masculine...

Les femmes devraient-elles se cantonner aux tâches ménagères ? N'auraient-elles pas le droit de s'exprimer sur un média comme Agoravox ?

Curieuse inégalité !

 

Mais, au fond, c'est encore le cas dans de nombreux domaines...

Inégalité dans les salaires, inégalité dans les tâches ménagères qui restent trop souvent dévolues en grande partie aux femmes, inégalité dans le travail car certains postes sont réservés presque exclusivement aux hommes, violences subies par les femmes...

Il reste encore bien des progrès à accomplir pour atteindre une égalité...

 

Que dire de certaines persistances culturelles ?

La femme considérée comme une mineure, la femme incapable de réflexion, la femme frivole attachée à des apparences...

Que de clichés persistent encore !

J'ai ainsi reçu des messages insultants et sexistes de la part des modérateurs d'Agoravox...

Par exemple :

"Banalités de collégien... "

"Ce billet traduit un âge mental de 15 ans de l'auteure qui ferait mieux de ne plus écrire car ses textes sont sans intérêt, niveau commentaire de bistrot..."
"C'est le type même de bavardage totalement creux, de l'autoérotisme verbal comme en font celles qui n'ayant jamais rien fait n'ont rien à dire..."

 

Bien évidemment, ces messages outranciers restent anonymes et ne sont même pas signés.

Ils relèvent, à mon sens, d'une forme de sexisme, comme si une femme était inapte à la réflexion, une façon de rabaisser l'autre.

On peut noter la généralisation de l'expression : "ses textes sont sans intérêt", on peut constater des clichés souvent utilisés : "la femme bavarde, celles qui n'ont jamais rien à dire..."

 

Voilà des jugements péremptoires, qui ne sont même pas argumentés... L'insulte n'est aucun cas une argumentation.

Cela relève de l'intimidation,  d'une forme de misogynie et de sexisme ordinaires.

On y perçoit une volonté de dominer, de réduire à néant, d'annihiler l'autre, de le traiter comme un enfant.

C'est ce que l'on appelle du "machisme"...

 

Combien de femmes sont ainsi traitées comme des mineures dans certains pays qui paraissent bien éloignés de notre culture ?

Combien de femmes sont ainsi méprisées, regardées de haut, infantilisées, considérées comme des objets ?

On le voit : même en France, dans notre pays, le machisme a la vie dure.

Je souhaite, pour ma part, que les femmes soient davantage représentées sur un média comme Agoravox.

Je les encourage à ne pas céder devant ces pressions sexistes...

Je les encourage à prendre la parole afin d'exprimer leurs idées, leurs revendications, leurs expériences...

 

 

 

 

 

 

Le sexisme ordinaire...
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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 10:04
L'histoire des mots est passionnante...

 

 

Les mots de notre langue remontent souvent à des origines lointaines : 80 % des mots français viennent du latin et du grec...

 

Le sens premier de ces mots permet de mieux comprendre la signification profonde de notre vocabulaire, de percevoir des évolutions notables.

La langue, les mots façonnent et disent notre rapport au monde : ils reflètent une façon de voir le réel...

 

Ainsi, le nom  "κόσμος, cosmos" a des origines grecques : il désigne l'ordre du monde, une forme d'harmonie et de beauté à laquelle les Grecs étaient sensibles...

On peut remarquer que ce mot a gardé en français la forme exacte qu'il avait en grec ancien, avec sa terminaison en -os bien caractéristique.

Le terme "cosmétique" vient aussi de ce radical, avec une spécialisation de sens.

Ce mot a lui-même pris deux significations : il désigne "un produit qui sert à entretenir la peau, à la rendre belle", et il a aussi un sens ironique : "inefficace, qui n'a d'effet qu'en apparence..."

Chute bien misérable pour ce dérivé d'un mot qui désignait d'abord l'ordre du monde !

 

On connaît de nombreux autres mots qui viennent de ce radical : "microcosme, macrocosme, cosmopolite, cosmogonie, cosmologie, cosmique, cosmonaute..."

Cette famille de mots remonte au grec, et on en voit toute la productivité : même un terme qui désigne une réalité moderne "cosmonaute" vient du grec ! Le cosmonaute étant celui qui navigue dans le cosmos...

Le nom "kosmos" ne nous montre-t-il pas toute l'admiration qu'éprouvaient les Grecs pour l'agencement du monde ? Une admiration que nous avons quelque peu perdue... hélas !

Nous oublions, de nos jours, de contempler le monde et ses merveilles, nous ne percevons plus les leçons qu'il nous délivre...

 

Il est utile aussi parfois de connaître l'origine des mots pour mieux comprendre la réalité qu'ils désignent : ainsi, le nom "théâtre" est bâti sur le radical d'un verbe "θεάομαι, theáomai voir, regarder"... on perçoit aussitôt ce qu'est l'art théâtral : un art visuel qui se prête à une mise en scène.

Le nom de la "poésie" est, quant à lui, issu d'un verbe grec : "ποιεῖν poiein", "faire, créer".

On conçoit  bien que la poésie est l'art de créer un nouveau langage qui n'est pas le parler ordinaire.

Ainsi, l'étymologie nous révèle parfois l'essence même des mots.

Autre exemple : la plupart des noms d'arbres nous viennent du latin ou du grec :  "πλάτανος, platanos, platanus, le platane", "populus, le peuplier", "laurus, le laurier", "alnus, l'aulne", "arbutus, l'arbousier", "cedrus, le cèdre", "κυπάρισσος, le cyprès", "ficus, le figuier"...

Le nom générique de l'arbre est lui-même issu d'un terme latin "arbor".

Et tous ces substantifs sont anciennement de genre féminin, les arbres étant reliés à la terre nourricière.

Les anciens pensaient que chaque arbre était habité par une nymphe, chaque arbre était considéré comme un être vivant.

On perçoit ainsi tout le respect qu'avaient nos ancêtres pour la nature, un respect que nous avons, hélas, tendance à négliger, de nos jours.

Les mots ont une histoire révélatrice : ils mettent en évidence la signification profonde de notre vocabulaire, ils traduisent aussi des valeurs, une façon de concevoir le monde...

 

 

 

 

 

L'histoire des mots est passionnante...
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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 09:53
Google m'a souhaité un bon anniversaire...

 

 

J'ai eu la surprise, le jour de mon anniversaire, de voir sur l'écran de mon ordinateur, sur la page d'accueil de Google, un gâteau décoré de bougies, avec ce message : "Bon anniversaire"...

Les flammes des bougies vacillaient sur le gâteau, donnant une impression de réalisme à l'image.

 

Quand une machine vous souhaite un bon anniversaire, il y a de quoi se poser des questions, de quoi s'interroger sur les pouvoirs de la machine...

Ainsi, Google connaît ma date de naissance ? Et que sait-il encore ?

 

Google voit tout, entend tout et utilise tout, surtout pour son profit.

Notre société est ainsi transformée en un immense "camp de consommation", où chacun d'entre nous est ciblé par des publicités.

Toutes les activités sont enregistrées et stockées minute par minute : Bienvenue dans le monde de Big Brother !

Ainsi Google connaît mes goûts, mes sites préférés, mes idées, mes centres d'intérêt.

Sans doute Google connaît-il  aussi mes opinions politiques...

 

Nous sommes ainsi sans cesse surveillés, épiés dans nos moindres activités.

Et cela se fait, avec notre consentement, sans que nous nous en apercevions vraiment.

Nous devenons esclaves de la machine, nous lui offrons même toutes nos données, nous nous livrons à elle, sans en avoir vraiment conscience.

Et nous devenons les acteurs de notre propre aliénation.

 

On peut  imaginer toutes les données recueillies par Google.

Google doit connaître ma profession, mes loisirs, les contours de ma personnalité, où je suis née, où j'habite.

Et quoi d'autre encore ?

Google sait tout de ma vie, une sorte de viol consenti...

Google peut nous suivre aussi dans tous nos déplacements : les portables connectés permettent de repérer toutes nos allées et venues.

Bien sûr, il nous est loisible d'utiliser un autre moteur de recherche, mais Google sait s'imposer en proposant de nombreux services...

Google devient presque incontournable : performant, efficace, il nous accompagne partout.

De plus, Google ne respecte pas le droit à l'oubli, il se sert de nos données intimes à des fins mercantiles.

Et que dire de la politique d'optimisation fiscale dont Google use et abuse ? Google paie toujours moins d'impôts, grâce aux paradis fiscaux. 

Ne s'achemine-t-on pas, ainsi, vers une forme de totalitarisme consenti ?

 

 

 

 

http://www.europe1.fr/emissions/axel-de-tarle-vous-parle-economie/toujours-plus-doptimisation-fiscale-pour-google-3535772

 

 

 

Google m'a souhaité un bon anniversaire...
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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 11:01
Pin ouaté de neige...

 

 

Surprise de l'hiver ! Une neige éblouissante encercle le pin qui rayonne sous un ciel laiteux... des ombelles lumineuses sur l'arbre...

 

Les aiguilles chargées de flocons compacts s'alourdissent de blancheurs nouvelles... éclats de lys sur les branches damasquinées de clartés d'opale...

 

Les teintes de vert s'estompent et s'évanouissent bientôt sous les flocons qui tourbillonnent dans l'air vif de l'hiver.

 

Les flocons tissent sur le paysage un rideau somptueux aux embruns de lumières.

 

Des guirlandes, des cascatelles de neige sur le pin, des festons et des guillochis soyeux sur  les cèdres...

 

Des enluminures ouatées et nuageuses sur le pin, les arbres... Un voile duveteux qui envahit le ciel...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Pin ouaté de neige...
Pin ouaté de neige...
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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 14:58
Remettre la poésie à l'honneur...

 

 

 

En un temps où la parole déborde et éructe, abondante, volubile, à une époque où les réseaux sociaux frémissent et résonnent de propos débridés, il semble opportun de remettre la poésie à l'honneur....

La poésie n'est-elle pas recherche de beauté et d'harmonie musicale ?

 

"La concision, la retenue, la condensation, la cristallisation... toute une lignée de poètes diamantaires nous ont offert des joyaux..", nous dit François Cheng, poète d'origine chinoise qui dans son dernier ouvrage intitulé Enfin le royaume, distille de courtes poésies sous forme de quatrains...

Le quatrain n'est-il pas un condensé, une quintessence de la forme poétique ?

Une forme épurée qui dit tout en quelques mots...

 

La poésie est ainsi bien à l'inverse du discours et du bavardage, on peut la définir comme une pensée profonde venue de l'âme.

La poésie s'accommode de formes brèves, car elle dit l'essentiel en peu de mots.

 

Voilà un genre littéraire qui dès les origines, associé à la musique, doit être longuement maturé, réfléchi.

 

La poésie nous renvoie à une intériorité... Une intériorité qui s'émousse en un temps où nous sommes sans cesse accaparés par des sollicitations extérieures, par toutes sortes d'écrans et de distractions futiles.

La poésie est aussi une pause dans un monde d'accélération vertigineuse.

 

Notre monde matérialiste valorise la vitesse, la quantité, le chiffre, la rentabilité.

Et on en oublie l'importance de la spiritualité et de l'intériorité : bousculés par un monde qui va de plus en plus vite, nous ne prenons plus le temps de savourer, d'observer, de regarder, de percevoir...

La poésie des êtres et des choses nous échappe... Le regard s'émousse, la pensée s'étiole et s'évanouit.

 

La poésie nous ramène à l'essentiel : elle dit la vie, ses blessures, ses beautés, sa fragilité...

Elle peut dénoncer, vitupérer, s'insurger contre les injustices et les détresses humaines...

Elle peut nous faire redécouvrir la beauté du monde, son harmonie.

Elle nous invite à la réflexion, elle nous invite à porter un regard attentif sur la nature et tous les spectacles qu'elle nous offre...

 

 

Le roi Cheng sur France Culture :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/le-roi-cheng

 

Un quatrain à méditer :

 


"Nous rions, nous trinquons. En nous défilent les blessés,
Les meurtris ; nous leur devons mémoire et vie. Car vivre,
C’est savoir que tout instant de vie est rayon d’or
Sur une mer de ténèbres, c’est savoir dire merci."

 

 

 

 

Un autre :

 

"Le sort de la bougie est de brûler

Quand monte l'ultime volute de fumée

Elle lance une invite en guise d'adieu

Entre deux feux, sois celui qui éclaire..."

 

 

 

 

 

 

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 16:35
Les naufragés de l'autoroute A9 : la société Vinci incapable de gérer la situation ?

 

 

2000 automobilistes bloqués sur l'Autoroute A9, alors que l'épisode neigeux qui a affecté le département de l'Hérault avait été annoncé...

2000 naufragés de la route, laissés à l'abandon pendant 24 heures...

Des enfants en bas âge, des personnes âgées coincées dans leurs véhicules....

 

Un cauchemar, une pagaille impressionnante, un véritable chaos : il suffit de regarder les images pour faire ce constat... des camions immobilisés au milieu de la route, des voitures bloquées pendant des heures...

 

Et les automobilistes n'ont même pas été informés de la suite des événements ni même secourus par Vinci.

Tout juste si certains ont reçu une petite bouteille d'eau, pour ne pas mourir de soif...

D'après les témoignages, les pompiers, eux, sont réellement intervenus pour porter secours à ces naufragés de la route.

"On est totalement prisonniers, l’organisation est pitoyable. Nous n’avons eu ni secours ni information précise, que des approximations sur Radio Vinci", explique un de ces naufragés de l'autoroute A9.

 

On comprend la colère et l'incompréhension de ces Français qui se sont retrouvés coincés en pleine nuit, dans le froid et la neige.

Pourtant, les automobilistes qui empruntent ces autoroutes gérées par Vinci paient le prix fort pour pouvoir accéder à ces infrastructures.

Dans un communiqué publié jeudi matin, Vinci Autoroutes a dénoncé "le non-respect par de nombreux poids lourds des mesures d'interdiction de circulation" prises mercredi, afin d'expliquer le blocage pendant des heures de centaines d'automobilistes sur l'A9 lors de l'épisode neigeux prévu de la veille. 

Il faut bien trouver des coupables...

 

Mais pourquoi Vinci n'a pas tout mis en oeuvre pour faire respecter cette interdiction ?

Pourquoi les accès à l'autoroute n'ont-ils pas été fermés aux camions ?

La société d'autoroute Vinci n'est pas en reste pour récupérer l'argent des usagers, mais elle n'est pas capable d'assurer le déneigement et surtout la sécurité des automobilistes...

 

Et, chaque fois, les mêmes épisodes se reproduisent... chaque fois, on ne tire pas les leçons de ces épisodes neigeux...

La neige en vient à paralyser une ville, tout un département, une région, le pays entier !

 

 

 

 

 

 

 

Les naufragés de l'autoroute A9 : la société Vinci incapable de gérer la situation ?
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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 09:18
Une question d'héritage...

 

 

Est-il possible de faire du passé table rase ? Non, bien sûr : nous sommes tous les héritiers d'une culture, d'un passé riche d'événements.

La France est ainsi l'héritière d'une culture millénaire...

Il n'est pas étonnant que nous soyons attachés à cette culture si ancienne... Il n'est pas étonnant que dans le droit français, il soit interdit de déshériter ses propres enfants, car les enfants sont ceux qui sont le plus à même de transmettre ensuite cet héritage.

 

Ce n'est d'ailleurs pas le cas aux Etats-Unis, où certains milliardaires peuvent déshériter leurs enfants pour leur apprendre à ne compter que sur eux-mêmes.

Aux Etats-Unis, le lien avec le passé est plus accessoire... sans doute parce que c'est un pays dont l'histoire est très récente.

 

On l'a vu avec le débat sur le testament de Johnny Halliday : le chanteur a exclu de la succession son fils et sa fille biologiques, et a tout légué à son épouse.

"On ne déshérite pas ses enfants, ça ne se fait pas..." a déclaré notamment Jacques Dutronc, un des amis du chanteur.

Eddy Mitchell, une autre "vieille canaille" a exprimé le même point de vue : "Je ne comprends pas que l'on puisse déshériter ses enfants."

Un tel héritage n'est pas dans la tradition française sans doute aussi parce que notre pays est attaché au principe d'égalité...

Bien sûr, Laura Smet et David Halliday ont déjà reçu une infime partie de cet héritage, grâce à des donations.

Bien sûr, ils ne sont pas dans le besoin.

 

Mais on comprend leur tristesse : ils doivent se sentir rejetés et désavoués par leur propre père, puisqu'ils sont écartés de la succession.

 

Désormais, une bataille judiciaire et médiatique est engagée : deux clans s'opposent irrémédiablement.

Une famille éclatée et déchirée, des années de procédure qui s'annoncent, des déclarations contradictoires : voilà le résultat de dispositions testamentaires qui créent la division et l'incompréhension.

Le mal est fait : les commentaires vont bon train, les fans prennent parti pour l'un ou l'autre clan.

On peut imaginer aussi la tristesse des deux fillettes Jade et Joy prises dans une tempête médiatique.

Cette famille recomposée ne pourra pas retrouver une harmonie perdue.

 

Que reste-t-il de la belle union affichée lors des obsèques de la star ?

Que reste-t-il des liens familiaux tissés entre les enfants de Johnny ?

Quel gâchis !

"L'héritage qu'il soit matériel ou immatériel est ce qui nous inscrit dans une généalogie..." nous rappelle Natacha Polony dans un de ses ouvrages.

L'héritage permet de se construire : comment ne pas comprendre le désarroi de ceux qui ont été déshérités ?

 

 

 

 

 

 

 

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 08:53
En France, on meurt encore de froid...

 

 

En France, à notre époque, au XXIème siècle, on meurt encore de froid...

Est-ce possible ? Est-ce concevable ?

Alors que tant d'appartements, tant de maisons, tant de locaux restent inoccupés, des gens privés de logement risquent de perdre la santé et la vie, meurtris par le froid.

 

Un sans-abri de 35 ans a été ainsi retrouvé mort dimanche matin par deux autres SDF, probablement en raison du froid, à Valence où le thermomètre est descendu jusqu'à - 3 degrés dans la nuit.

Ce mort passe presque inaperçu dans les journaux : pudiquement, on ferme les yeux devant ce fait inacceptable dans une société moderne et civilisée.

Pudiquement, on préfère occulter ce qui dérange notre petit confort.

A peine un petit entrefilet publié sur le journal Le Point...

Quelques mots qui énoncent les faits, comme si c'était chose banale et ordinaire...

 

Alors que le plan Grand froid a été activé, alors que la France connaît une vague de froid polaire, venu de Moscou, des hommes, des femmes, des enfants  restent encore démunis et abandonnés, face aux morsures de l'hiver.

Comment résister à ce froid intense accentué par un vent du Nord ?

Comment se protéger d'un froid si  terrible quand on vit dans la rue ?

 

Comme chaque année, des SDF sont victimes des rigueurs de l'hiver.

Comme chaque année, le problème se pose toujours plus aigu et terrible.

 

Certains vont jusqu'à dire que de nombreux SDF refusent des hébergements...

Mais pourquoi les refusent-ils si ce n'est parce que la promiscuité rend ces logements invivables ?

Il faut revoir la politique d'hébergement, offrir la possibilité à chacun d'être en chambre individuelle et de pouvoir passer des nuits tranquilles et sereines.

 

Un homme de 35 ans est mort, une vie sacrifiée dans l' indifférence générale.

Un homme jeune a perdu la vie à cause de l'individualisme qui caractérise nos sociétés.

Vendredi dernier, c'était un homme de 62 ans logé dans une cabane qui était retrouvé mort dans les Yvelines.

 

Et bien sûr, il est probable que la liste des victimes du froid va encore s'alourdir.

Dans la rue, les SDF fragilisés par la précarité ont une espérance de vie de 49 ans en moyenne : et le froid n'est pas le seul responsable... violence, maladie, agression, accident, détresse...

 

 

 

 

 

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 14:26
Soleil embrumé d'hiver...

 

 

Ciel gris perlé et ouaté de blanc... des nuées s'étagent sur l'horizon en couches superposées, si légères... Des teintes douces de camaïeux...

 

Le ciel s'illumine d'un soleil brumeux qui diffuse une clarté subtile.

 

Du bleu, du blanc, du gris, une palette nuancée de couleurs atténuées...

 

Le soleil s'effiloche sur la toile du ciel... il sombre doucement dans les nuées qui s'étirent...

 

Le soleil chavire et s'estompe lentement sur l'horizon...

 

Un arbre majestueux déroule ses branches nues, ramilles ténébreuses... il tisse des mailles sombres, des motifs d'arabesques aux ombres de brumes.

 

Un marronnier échevelé se hérisse de griffes aux contours sinueux, festons aériens et mélancoliques sur le ciel...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Soleil embrumé d'hiver...
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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 14:23
L'oeil rond du Cyclope...

 

 

 

Le mot "cyclope" évoque les origines mêmes de notre littérature et un des plus célèbres épisodes de l'Odyssée d'Homère, un des plus effrayants aussi : celui du Cyclope Polyphème... on se souvient de ce monstre cruel qui dévore les compagnons d'Ulysse, méprisant, ainsi, les lois sacrées de l'hospitalité, si chères aux grecs.

 

Le Cyclope nous fait voir la rondeur de sa voyelle "o" en son centre, et, aussitôt, on entrevoit l'oeil rond et unique de cet être fruste.

Ce personnage est décrit, dans l'Odyssée, comme l'envers de l'humanité : cruel, impitoyable, il se comporte comme un monstre avide de sang humain, une sorte d'ogre féroce...

Il fait partie d'un peuple de pasteurs qui  ne pratiquent pas l'agriculture, vivant de ce que la nature leur procure ; ce sont des bergers mangeurs de fromages et de grands consommateurs de viande. Ils n'ont aucune organisation politique.

 

L'œil unique pourrait être le symbole d'un état primitif de l'évolution et de l'intelligence. Dans la mythologie grecque, les Cyclopes sont parmi les premières créatures de l'univers, créatures imparfaites. Ce sont des forces primitives de nature explosive, volcanique, d'où leurs rapports étroits avec Héphaïstos, le dieu des volcans.

 

Le Cyclope inquiète et fascine, en même temps : le mot déroule, d'ailleurs, des consonnes variées, une sifflante initiale pleine de douceur, une gutturale plus âpre, une labiale empreinte de séduction.

Il représente une force brutale, et il aime tout de même les plaisirs de la vie : on le voit s'enivrer du vin que lui a offert Ulysse, afin de le dompter. Grâce à cette ruse, Ulysse parvient à aveugler le monstre et à sauver sa vie et celle de ses compagnons survivants...

 

Ainsi, le Cyclope semble subir un juste châtiment, lui qui n'a pas su respecter le lois saintes et sacrées de l'hospitalité : il n'a pas su accueillir des étrangers, les a méprisés et tués... Ce monstre anthropophage se comporte avec la plus grande sauvagerie.

Privé de son oeil unique, Polyphème crie alors son désespoir et sa haine...

 

Le mot "cyclope" évoque bien la rondeur de cet oeil unique : il est composé de deux éléments : "kuklos, le cercle" et "ops, l'oeil."

On reconnaît le premier radical de ce mot, dans les noms "cycle, cyclique, cyclomoteur, bicyclette." Et on retrouve le terme "ops" dans ces vocables "optique, opticien, ophtalmologie..."

 

L'oeil rond du Cyclope fait de ce personnage un être à part, une sorte de monstre qui n'a pas d'humanité et qui se conduit de manière indigne.

 

Confronté à ce géant hors norme, Ulysse montre toute son habileté et son inventivité : il parvient à abuser Polyphème, prétendant qu'il se nomme "personne", "outis", en grec, et quand les autres Cyclopes l'interrogent, au moment où le monstre aveuglé lance des appels de détresse désespérés, il s'écrie : "c'est personne !"

Et les autres Cyclopes le laissent seul face à son désespoir...

 

En tout cas, voilà un personnage digne de figurer dans les contes de notre enfance : effrayant, mystérieux, il suscite une peur panique.

On le voit : ce personnage est, en fait, un symbole, il représente une forme d'inhumanité...

Insensible à la pitié, il refuse de se plier à des règles de respect, de convivialité.

 

Ulysse confronté à cette altérité totale, à un être d'une grande cruauté, peut grâce à cet épisode évoluer...

Cette rencontre lui permet de surmonter et de vaincre ses peurs et ses angoisses.

 

Ainsi, l'Odyssée apparaît comme un véritable voyage initiatique qui offre au héros la possibilité de progresser.

Nous éprouvons tous des peurs qu'il nous faut dépasser pour mieux vivre...

L'Odyssée est bien une leçon de vie : le sage est celui qui parvient à dompter ses peurs, il peut alors accepter  la finitude humaine car il  arrive à vaincre la peur ultime, celle  de la mort.

 

 

 

 


"L'histoire d'Ulysse est celle d'un homme qui va de la guerre à la paix, de la haine à l'amour, du chaos à l'harmonie, de l'exil au retour chez soi, bref, il va de la vie mauvaise à la vie bonne. Ce n'est donc pas seulement une épopée magnifique, dont les épisodes sont encore enseignés dans les écoles du monde entier vingt-huit siècles après sa première apparition, mais c'est surtout la matrice de toute l'histoire de la philosophie." Luc Ferry

 
 

 

 

 

 

 

Photos : wikipédia

L'oeil rond du Cyclope...
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