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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 09:10
Napoléon sur le divan... première psychanalyse de l'Empereur...

 

 

Lors du Festival de la Biographie, à Nîmes, Dimitri Casali a présenté son tout dernier livre "Napoléon sur le Divan"  première psychanalyse de l’Empereur comme s’il s’allongeait sur le divan… avec toutes ses facettes : les plus obscures comme les plus lumineuses, bref l’homme comme vous ne l’avez jamais vu...

 

Dimitri Casali rappelle d'abord qu'il a été professeur d'histoire en Zone d'éducation prioritaire, pendant 10 ans :

"J'ai cette envie de transmettre l'histoire au plus grand nombre et surtout aux jeunes qui n'y ont pas accès.... vous savez, aujourd'hui, l'histoire tombe en désuétude... il y a une véritable répulsion que les moins de 18 ans éprouvent envers l'histoire, et mon âme de professeur d'histoire en ZEP est complètement scandalisé par ce fait...

 

J'ai écrit aussi de nombreux manuels scolaires, et ce livre "Napoléon sur le divan" présente ma façon d'apprendre l'histoire, c'est à dire comme disait Hérodote, l'histoire, c'est avant tout des histoires... c'est raconter des histoires..."

 

Dimitri Casali rappelle à l'occasion qu'il a été l'élève de Jean Tulard, le plus grand spécialiste napoléonien :

"Il a toujours su raconter l'histoire... Je me souviens de ses cours à la Sorbonne : c'était extraordinaire quand il nous faisait Robespierre, il n'hésitait pas à monter sur sa chaise et à déclamer les discours de Robespierre, d'une manière unique... et hélas, cette manière d'enseigner l'histoire part en lambeaux, a disparu aujourd'hui.

La plupart des historiens sont des spécialistes et l'histoire est devenue ennuyeuse et poussiéreuse."

 

"Comment écrit-on un ouvrage de vulgarisation ?", interroge alors le journaliste qui mène l'interview.

"Je suis un vulgarisateur dans le sens noble... le mot n'est pas très beau mais je le revendique et je l'accepte, parce qu'aujourd'hui, il faut savoir passer la transmission de notre histoire aux nouvelles générations."

"Napoléon était un insaisissable caméléon,  quel homme Napoléon était-il vraiment ? Était-il raciste ? Homophobe ? Mégalomane ? Pillard ? Islamophile ? Anglophobe ? Restaurateur de l'esclavage ?" 

"200 ans après sa mort, ce livre passe au crible toutes les facettes du personnage."

 

"Napoléon est le français le plus populaire au monde, encore aujourd'hui. Le seul pays où il n'est pas en odeur de sainteté, c'est la France, alors que les Chinois, les Coréens, les Américains sont fous de notre Napoléon... seule la France le boude.

76 000 livres ont été écrits depuis 1821 date de sa mort, un livre par jour !

C'est un personnage qui fascine le monde entier.

 

J'ai décidé d'écrire ce livre pour essayer de mieux le comprendre, de mieux le cerner, avec toutes ses faces sombres, tous ses défauts et il  en a beaucoup, mais aussi toutes ses faces lumineuses et géniales, et il en a beaucoup aussi.

Tous les grands hommes ont ainsi une face sombre et une face lumineuse."

Dimitri Casali évoque ensuite une scène drôle et rigolote : "Napoléon arrive à son mariage avec Joséphine à la mairie du 2ème arrondissement, il arrive avec 4 heures de retard, le maire s'est endormi, le chandelier est sur le point de s'éteindre, tout le monde en a marre, il arrive comme une furie, comme il est toujours extrêmement dynamique, il réveille tout le monde, il dit au maire : "Réveillez-vous, mon brave !"

Le maire sursaute, se réveille et va marier Napoléon.

Il s'est vieilli pour que sa femme Joséphine qui a 7 ans de plus que lui ne paraisse pas si vieille, il a rajeuni Joséphine dans l'acte de mariage et il s'est vieilli..."

Dimitri Casali évoque aussi le traumatisme de son divorce avec Joséphine, cette femme qu'il a tant aimée.

"Il a aimé deux femmes dans sa vie Joséphine et Marie Walewska, il a dû se séparer de Joséphine parce qu'elle ne pouvait pas lui donner l'héritier qu'il espérait tant. Il fallait absolument un héritier pour lui succéder sur le trône impérial.

Et, pendant longtemps, Joséphine a fait croire que c'était lui qui était stérile. Elle disait parfois : "Le sperme de l'empereur, c'est de l'eau." Elle avait cette formule assassine, pour essayer de conserver son rang d'impératrice.

Napoléon se laissait un peu embobiner par Joséphine, il a fini par le croire.

Mais, un beau jour d'octobre 1806, une de ses nombreuses maîtresses (car le pouvoir agit comme un aphrodisiaque... au début, Napoléon ne s'intéressait pas au sexe, et à la fin de sa vie, il était pratiquement obsédé par le sexe...) une de ses maîtresses Eléonore Denuelle lui a donné un fils, le comte Léon, c'est le fils de la chanson :

"Napoléon est mort à Sainte Hélène,
Son fils Léon lui a crevé l'bidon.
On l'a r'trouvé, assis sur une baleine,
En train d'bouffer les fils de son caleçon."

 

Il a compris alors qu'il n'était pas stérile et là, le sort de Joséphine fut scellé.

Napoléon fut bien sûr un grand génie militaire, mais ce qui compte le plus, ce sont les institutions qu'il va donner à la France, les institutions dont  la République va se saisir : le conseil d'état, les préfets, la légion d'honneur, le code du commerce, le code civil...

On ne réalise pas tout ce que Napoléon a apporté à l'Europe, à la France.

C'est aussi Napoléon III son neveu qui a instauré le droit de grève..."

Dimitri Casali rappelle enfin que l'iconographie qui accompagne son livre est capitale : il a utilisé des tableaux, des oeuvres de Picasso, de Salvador Dali, de Magritte, de Turner... Napoléon est ainsi le personnage le plus représenté dans les arts, après le Christ...

 

 

 

 

https://www.souvenirnapoleonien.org/evenements/gretz-armainvilliers-napoleon-sur-le-divan-dimitri-casali/

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 12:40
Anna Gould et Boni de Castellane... vous connaissez ?

 

Anna Gould, jeune héritière américaine, qui épousa le comte Boniface de Castellane, un dandy désargenté de l'aristocratie française... vous connaissez ? C'est la rencontre improbable de deux êtres que tout sépare...

La rencontre et le choc de deux cultures, si différentes, de deux caractères bien trempés, de deux milieux contrastés, de deux personnalités.

 

Boni de Castellane issu d'une illustre et antique lignée originaire de Provence (la Maison de Castellane) est né en 1867... Anna Gould, elle, est une richissime orpheline, la fille de l'homme le plus riche d'Amérique, elle est née en 1875. Ils se marient en 1895.

 

Laure Hillerin a consacré un ouvrage à ces deux vies tumultueuses.

Invitée lors du festival de la Biographie à Nîmes, Laure Hillerin évoque d'abord le Palais Rose...

Quand elle était jeune, elle passait souvent devant le Palais Rose, à Paris, avant sa destruction... "c'est un magnifique hôtel particulier dont la construction a été lancée par Boni de Castellane, à l'angle de l'avenue Foch et de l'avenue Malakoff, dans le 16ème arrondissement... il a été détruit en 1969. C'est une des hontes de l'époque de l'avoir détruit."

 

Ce qui a intéressé aussi Laure Hillerin, "c'est cette espèce de choc entre deux cultures, la culture française dans le sens le plus traditionnel et classique et la culture américaine du self-made man : le père d'Anna Gould était un véritable brigand, il avait fait sa fortune en une génération, ce qui est quand même assez exceptionnel... c'était quelqu'un qui n'avait pas le moindre scrupule. Anna Gould avait été élevée dans ce culte de l'argent et le mépris de tous ceux qui n'étaient pas capables de gagner de l'argent.

 

Lui était l'héritier d'une vieille famille française, il était passionné par l'art et par la politique et il s'était un peu trompé de siècle puisque son siècle de prédilection était le 17 ème siècle, le siècle d'or, le siècle de Louis XIV.

 

Boni de Castellane était un dandy dans le sens héroïque du terme, ces dandys qui font face en toutes circonstances et qui continuent à porter haut, c'était aussi un homme politique puisqu'il a été député pendant 4 mandatures.

Et puis, il avait le culte de l'art et de la beauté. Comme sa famille était ruinée, il avait cherché à épouser une riche américaine, pas vraiment par amour de l'argent mais pour assouvir sa passion de l'art, ses rêves de beauté, d'architecture.

 

A l'époque, on se moque souvent d'Anna Gould, de sa laideur avec ce bon mot : "Elle est plus belle vue de dot".

 

Boni de Casttellane a commencé par acheter un magnifique château dans les Yvelines, le château du Marais. Il avait été élevé dans le goût de la beauté classique, il avait beaucoup d'admiration pour Versailles et ses jardins.

La première chose qu'il a faite, après son mariage, c'est d'acheter des terrains pour faire construire le Palais Rose avec l'argent de sa femme...

L'idée était de ressusciter le Trianon et en même temps d'y loger l'escalier des ambassadeurs de Versailles, construit par Louis XIV."

 

Le mariage, d'intérêt et non d'amour, ne fut jamais heureux.

 

Anna Gould, bientôt lassé des frasques de son mari quitte le Palais Rose, avec ses 3 enfants. En janvier 1906, elle demande la séparation de corps. Le divorce est prononcé le 5 novembre 1906.

Boni quitte aussi le palais Rose inachevé, et il n'y remettra plus les pieds. Il devient courtier en objets d’art où son goût inné fait merveille...

Anna Gould se remarie civilement le 7 juillet 1908 avec un cousin de son premier mari, Hélie de Talleyrand-Périgord (1859-1937), prince de Sagan, puis duc de Talleyrand. Elle meurt en 1961, à l'âge de 86 ans.

Boni de Castellane meurt à Paris en 1932, à l'âge de 65 ans.

"On évoque souvent les relations de Boni avec Marcel Proust : l'écrivain avait besoin de lui pour certains aspects du personnage de Charlus, car Boni était un grand spécialiste de la politique étrangère, c'était une amitié téléguidée, ils ont échangé une vingtaine de lettres et se sont vus pendant deux ans...

Faut-il lire les mémoires de Boni de Castellane ? Il a écrit ses mémoires en deux tomes, le premier : Comment j'ai découvert l'Amérique ? Ce volume là est très drôle...

Dans le second dont le titre est formidable : L'art d'être pauvre et c'est vrai qu'il a eu l'art d'être pauvre, car après, il s'est retrouvé sans un rond, séparé de ses enfants, il a rebondi en faisant l'antiquaire parce qu'il avait un goût extraordinaire, le second volume est assez prudent et moins amusant. Comme disait un de ses amis, "l'humour est resté dans l'encrier"...

Anna Gould, elle, avait un gros problème avec l'écriture. Elle a beaucoup écrit à ses fils pendant la guerre, mais elle écrivait à peu près comme une enfant de 6 ans, elle avait un vocabulaire très limité."

 

Donc, ils étaient on ne peut plus mal assortis : lui était un homme très élégant, très cultivé, elle est toujours resté avec son côté très fière d'être américaine... "personne n'arrive à la cheville des américains, ceux qui n'ont pas d'argent sont méprisables..."

 

Etonnante rencontre de deux êtres que tout séparait ! La culture, l'aspect physique, l'argent... deux mondes si différents !

 

 

 

 

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 12:48
Lumières d'un soir d'hiver...

 

 

Des lumières dorées sur le canal... des reflets d'or sur les murets, dans l'eau, dans le ciel...

 

 

Ces éclats somptueux font vivre les arbres, leurs branches légères et diffuses sur l'azur...

 

 

Sur un fond d'éclat solaire, en cette fin de journée, les branches des arbres deviennent des écheveaux, des toiles subtiles, des arantèles cernées de dorures...

 

 

Les arbres scintillent de luminosités...

 

 

Cliquetis muets de branches qui s'entrecroisent...

 

 

Bouquets d'ombres évanescentes au bout du boulevard... 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Lumières d'un soir d'hiver...
Lumières d'un soir d'hiver...
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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 11:35
Un couple mythique : Scott et Zelda Fitzgerald...

 

 

Une histoire qui peut faire rêver, tout en étant tragique et sulfureuse, c'est bien celle du couple que formaient Scott et Zelda Fitzgerald...

 Ils ont tout : la beauté, la gloire, l’amour, l’argent et pourtant, la fin de leur vie a été particulièrement sinistre.

Invité au festival de la biographie, Stéphane Maltère a présenté le livre qu'il a consacré à ce couple célèbre.

 

"Quand on parle de Scott Fitzgerald, on ne peut que parler de Zelda : c'est son inspiratrice première. C'est elle qui fournit, par ses lettres, par ses carnets, par sa manière de parler, l'inspiration à son époux, Scott.

 

Ils se mariés en avril 1920, donc il y a bientôt cent ans. Ils sont bien assortis physiquement, mais leur rencontre fait qu'ils vont se détruire l'un et l'autre..."

"C'est bonheur et destruction", commente le journaliste qui interroge l'auteur.

 

"Il flotte dans l'existence du couple un air de fête permanent qui scandalise et qui fascine, en même temps.

Zelda est scandaleuse, dès son enfance : elle vit dans une famille assez rigide, assez froide, son père est juge d'instruction. Elle, c'est la petite dernière, capricieuse, elle se fait remarquer... elle fait des sports pour garçons, elle saute nue de plongeoirs... elle a une attitude de scandaleuse.

Elle est l'incarnation de la garçonne, celle qui va se moquer des convenances, des conventions, celle qui va vivre librement sa vie de femme.

 

Scott, lui, rêve de devenir un écrivain coûte que coûte et de séduire les plus belles filles par tous les moyens. Etre romancier est pour lui un atout supplémentaire de séduction.

Zelda est attiré par ce garçon qui est beau physiquement, qui fait penser à un ange quand il apparaît pour la première fois. Elle voit en lui aussi un auteur, elle se voit la femme d'un écrivain prometteur.

Scott et Zealda se marient en 1920 et 5 ans après, il publie son best-seller : "Gatsby le magnifique"...

C'est son livre le plus fulgurant, le plus court, le mieux construit, c'est celui qui va droit au but, il ne s'est pas perdu dans des méandres comme dans d'autres romans... c'est un roman plutôt classique par rapport à ses autres romans qui sont assez composites.

Le couple qu'il forme avec Zelda est un couple libre... c'est une fête permanente, constituée de bonheurs éphémères, d'extravagances...

Par exemple, un jour, elle parcourt les rues de New-York sur le capot d'une voiture, elle finit avec une douche de champagne dans les fontaines de la ville...

Leur fille est confiée très rapidement à l'agent de Fitzgerald qui va l'éduquer plus que son père et sa mère.

 

Comment expliquer la descente aux enfers de ce couple ?

Zelda se rend compte qu'elle est sous l'influence ou la coupe de Scott, qu'elle ne peut pas s'épanouir dans aucun art, elle aimerait écrire, elle va finalement choisir une discipline qui est la danse.

Sur la côte d'azur, elle rencontre un bel aviateur français, pendant que Scott est en train d'écrire "Gatsby".

Scott fait une crise de jalousie, il est prêt à l'enfermer... pourtant  jusqu'alors tous les flirts qu'ils ont pu avoir l'un et l'autre ont été acceptés.

Là, il sent un danger : que Zelda, son inspiratrice, sa muse lui échappe.

A partir de là, Zelda va sombrer peu à peu dans la folie, dans l'alcool. Elle va faire tout un parcours dans les asiles psychiatriques de l'époque.

Pour Scott, la descente aux enfers est lié principalement à l'alcool... il se sent dépossédé de son oeuvre, il ne peut pas être écrivain, car il doit écrire des articles, des nouvelles pour financer les séjours de sa femme à l'hôpital.

Scott meurt en 1940 à l'âge de 44 ans : une courte vie, une courte carrière."

Il est le symbole d'une génération perdue d'entre les deux guerres.

Sa femme Zelda meurt quelques années plus tard en 1948.

En écoutant le récit de ces deux vies, on se dit que la quête de la gloire et de l'argent peut conduire au pire. Quels destins tragiques ! Des vies si éphémères !

 

 

 

http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio-biographies/Scott-et-Zelda-Fitzgerald

 

http://madame.lefigaro.fr/celebrites/scott-et-zelda-fitzgerald-rencontre-mariage-histoire-du-couple-maudit-decrivains-190619-165675

 

 

 

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 11:26
Les aventuriers du pouvoir : de Morny à Macron.... portraits critiques des hommes politiques...

 

 

Jean-Marie Rouart a la dent dure quand il évoque les hommes de pouvoir qu'il a côtoyés...

 

Il a réuni dans son ouvrage intitulé "Les aventuriers du pouvoir" trois essais biographiques : "Napoléon ou la Destinée, Bernis, le cardinal des plaisirs, Morny, un voluptueux au pouvoir." Il les raconte moins en historien qu’en écrivain qui tente de percer leurs motivations et le mystère de leur destinée.

 

Il a adjoint à ces biographies des "Portraits acides" parfois un peu vifs, certains même acerbes, d’hommes politiques contemporains qu'il a été amené à fréquenter. 

 

Invité lors du festival de la Biographie qui s'est déroulé à Nîmes, Jean-Marie Rouart a présenté son ouvrage.

Il évoque d'abord le personnage de Napoléon élevé au rang de mythe, et selon lui, nous avons besoin de mythes.

 

Puis, le cardinal de Bernis est l'image de l'honnête homme : " Le jour où Madame de Pompadour a décidé d'entreprendre la guerre de sept ans, il s'est dit que cette guerre serait une catastrophe pour la France, eh bien, il a dit : non !" 

"Il a été exilé, il l'a payé très cher. C'est ce que j'ai aimé chez lui, en plus, c'est un homme qui croit en l'amitié, c'est un homme qui n'a trahi personne..."

 

"Morny, lui, fut l'homme de toutes les séductions. Morny a fasciné ses contemporains. Sa vie aventureuse, ses passions, l'énigme de sa naissance n'ont pas cessé de nourrir l'imagination des romanciers acharnés à percer son secret. Balzac s'est inspiré de lui pour créer le fastueux et cynique Marsay ; Daudet en a fait un héros du Nabab ; Zola le dépeint comme un érotomane. 

C'est avec Napoléon III, son demi-frère, la personnalité la plus passionnante et la plus mystérieuse du Second Empire."

 

Puis, le journaliste qui interroge Jean-Marie Rouart évoque les portraits acides qui complètent son ouvrage : "La plume de Jean-Marie Rouart trempe dans du cyanure..."dit-il.

Jugez plutôt :

"De Gaulle, un fou qui se prenait pour la France, Mitterrand : Raminagrobis à l'Elysée, Giscard d'Estaing : le pharaon en quête d'amour, Sarkozy : l'homme qui en voulait trop, Macron : le syndic de faillite de la 5ème République..."
Aussitôt, applaudissements nourris dans la salle...

 

"C'est d'une violence terrible. Qu'est ce qui vous a pris d'être aussi violent ?" interroge le journaliste.

"Mais, qu'est ce qui crée la violence ? Ce sont les hommes politiques... Je ne fais que transmettre ce sentiment que l'on éprouve même envers les hommes politiques de très haut niveau...

 

Je vais vous donner un exemple, il se trouve que je suis un grand admirateur du Général De Gaulle mais je ne lui pardonne pas les harkis... Comment cet homme d'honneur a pu se déshonorer, déshonorer la France, en livrant les harkis au FLN ? C'est monstrueux !

 

Pourquoi est-ce que je leur ferais des mamours à tous ces hommes qui ont déclenché des guerres, qui ont fait massacrer, qui ont fait beaucoup de conneries ? mais, non, je considère que le devoir d'un écrivain, c'est d'être libre et de dire ce qu'il pense... sinon, vous n'auriez jamais eu Saint Simon, vous n'auriez jamais eu aucun mémorialiste."

 

Jean-Marie Rouart dénonce aussi la froideur, l'inhumanité criante de Valéry Giscard d'Estaing.

 

Sans oublier François Hollande, "le machiavel de Tulle". "Qu'un homme politique fasse des pieds et des mains pour se faire élire, et qu'ensuite, à la fin de son mandat il n'ose même plus se représenter, moi, je trouve ça complètement nul..."

Jean-Marie Rouart habille aussi au passage Ségolène Royal : "un caractère de dogue, une pétroleuse..."

Ainsi, en ne mâchant pas ses mots, il provoque l'adhésion du public.

Jean-Marie Rouart peint ainsi des portraits très critiques des hommes et des femmes politiques : il met en évidence leurs défauts et dénonce leur manque d'efficacité...

 

 

 

https://www.rtl.fr/culture/cine-series/jean-marie-rouart-les-hommes-politiques-d-aujourd-hui-sont-notre-mythologie-7799608223

 

 

 

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 11:46
Le monde selon Trump.... Nicole Bacharan dresse un portrait terrifiant du président américain...

 

 

Qui est vraiment Donald Trump ? A-t-il un projet, une idée du monde ? En rassemblant ses tweets, ses interviews et ses discours, Nicole Bacharan historienne, politologue,  nous révèle la vraie nature de ce président redoutable mais pas si incohérent qu’on pourrait le croire, et met en lumière les stratagèmes utilisés par les leaders populistes.

 

Invitée au Festival de la Biographie à Nîmes, Nicole Bacharan dresse un portrait assez inquiétant du personnage :

"On le dit imprévisible, mais, au fond, Trump n'a jamais changé : il est très prévisible, il fonctionne tout d'un bloc, toujours de la même manière... il est constant dans son amoralité, et dans sa brutalité... il lui arrive de mentir...

Une des phrases les plus violentes qu'il ait prononcées : " J'ai le droit absolu de me gracier moi-même..."

L'homme affole la planète et même son plus proche entourage... Il fonctionne et trouve son existence dans le chaos, les affrontements, les rapports brutaux....

 

Ce qui est inquiétant, c'est qu'il manifeste une grande ignorance des institutions de son propre pays.

 

C'est un passionné des tweets, si bien qu'il a déclaré un jour : "Je suis le Ernest Hemingway des 140 signes..."

 

Pourtant, ses électeurs apprécient son mode de fonctionnement : il se vend comme une marque de lessive... Il dit de lui-même : "Le monde entier n'a jamais connu un tel président !"

 

Et bien sûr, il ne supporte pas la moindre critique...

 

C'est un président faible qui mine son pays : c'est une marque de faiblesse quand on dit qu'on est le plus fort... Ainsi, sur la scène internationale, les USA laissent la place à la Russie, à la Chine.

Certes, l'économie est florissante, mais c'est grâce à l'industrie du charbon et du gaz de schiste, car Trump se soucie fort peu d'écologie et c'est dramatique.

 

Avec Trump, on assiste aussi à une dégradation de l'expression politique : il s'attaque au physique des gens, il tient des propos épouvantables sur les femmes.

Ce qui est étonnant, c'est que tout en étant richissime, il a réussi à se faire passer pour le président du peuple... Il aime montrer son argent, il l'affiche, comme une preuve de sa réussite sociale.

Il a tout de même réussi à faire croire aux gens modestes qu'il était leur porte-parole. Il est vrai qu'aux USA, faire fortune, c'est montrer qu'on a réussi.

 

Sa manière de parler flatte les gens du peuple : il méprise les intellectuels, les élites, les immigrés.

 

Il faudra de grandes ressources démocratiques pour se remettre de la présidence de Trump car il dégrade la parole politique, les institutions subissent un stress test.

Trump sort de la décence commune : sa coiffure, son fond de teint sont moqués par ceux qui le détestent."

Ainsi, le portrait d'une Amérique d'aujourd'hui, populiste et xénophobe, se dessine à travers les mensonges, les insultes, les invectives de Donald Trump.

 Donald Trump, nous dit Nicole Bacharan, n'est pas une aberration de l'Histoire. Il s'inscrit dans le droit fil d'un courant réactionnaire et xénophobe, présent depuis les origines des Etats-Unis. 

 

 

 

https://www.rts.ch/play/radio/sous-les-paves/audio/nicole-bacharan-le-monde-selon-trump?id=10973088

 

 

 

Le monde selon Trump.... Nicole Bacharan dresse un portrait terrifiant du président américain...
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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 14:59
Dentelles de l'hiver...

 

 

L'arbre dépouillé déploie ses branches nues... dentelles de l'hiver sur un ciel d'azur...

 

 

Une explosion de ramilles qui se dispersent... branches ténues, graciles... un envol de résilles qui éblouissent le regard...

 

 

L'arbre dessine des festons, des motifs acrobatiques, des arabesques de lumières...

 

 

 

L'arbre fait resplendir de somptueux entrelacs, des mailles improbables...

 

 

Quelques nuées cotonneuses, légères viennent se poser délicatement entre les branches...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Dentelles de l'hiver...
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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 11:19
Les Rita Mitsouko : le bonheur de l'anticonformisme....

 

Les Rita Mitsouko... tout le monde connaît ce duo d'auteurs-compositeurs-interprètes pop-rock formé en 1979,  composé de Catherine Ringer et Fred Chichin. Le groupe, révélé en 1985 par le tube Marcia Baïla, est l'un des plus populaires dans les années 1980. 

Et pourtant, aucune biographie ne leur avait été jusque là consacrée... 

 

Cet oubli a été enfin réparé puisque Stan Cuesta, auteur, journaliste, musicien français, a écrit un ouvrage qui leur est dédié : "Catherine Ringer et les Rita Mitsouko"... un livre abondamment illustré.

 

Invité lors du Festival de la biographie à Nîmes, le journaliste a évoqué la carrière, les débuts du groupe...

 

L'enfance de Catherine Ringer est placé sous le signe de la créativité, de l'éclectisme : elle s'intéresse à beaucoup de choses, elle a fait sa culture musicale aussi bien avec Brassens que David Bowie ou Dalida.

 

"En fait, elle n'a jamais pris de cours de chant, elle écoutait la radio, elle chantait par dessus les chanteurs à la radio... elle changeait sa voix parce qu'elle imitait la voix des chanteurs, par exemple, elle imitait beaucoup Dalida  en prenant son accent, cette espèce d'accent italien, égyptien, on ne sait pas trop...

 

Elle adore prendre des voix, par exemple, dans Marcia Baïla, c'est une chanson qu'elle chante avec un faux accent espagnol... ça lui vient de son enfance.

 

Très jeune, Catherine Ringer se distingue par son anticonformisme : par exemple, elle a fréquenté l'université de Vincennes réputée pour son esprit de liberté... elle a côtoyé beaucoup l'underground, l'art contemporain, le théâtre contemporain.

 

Elle a quitté le domicile familial à l'âge de 13 ans pour vivre avec un homme plus âgé qu'elle : c'est quelqu'un qui a lui servi de maître spirituel, qui l'a initié au théâtre contemporain. Mais, en fait, aujourd'hui, quand elle en parle, elle dit que c'était un pervers narcissique et qu'elle était sous son emprise.

 

Cela lui a permis de faire du théâtre contemporain avec Michael Lonsdale, de chanter avec Yannis Xénakis, et en même temps de faire du cinéma porno...

C'était une époque de liberté, celle des années 70."

Elle s'en gargarisait avec son côté provocateur en disant : "J'adorais passer de Yannis Xénakis, le matin à un film porno, le soir."

 

L'auteur évoque ensuite sa rencontre avec Fred Chichin : ils avaient beaucoup d'atomes crochus, notamment cette envie d'innover dans le domaine musical.

"Ils composent des musiques haletantes, des boîtes à rythme rouillé où des synthétiseurs dissonants soutiennent de leur bip bip des guitares cradingues, le tout magistralement survolé par la voix de chanteuse d'opéra déjantée de Catherine Ringer."

 

Dans toute la carrière des Rita Mitsouko, ce qui prédomine, c'est l'absence de concession aux modes, au show business. Ainsi, ils ont toujours refusé de participer à une tournée internationale parce qu'ils avaient des enfants en bas âge qui allaient à l'école.

Stan Cuesta, à travers dix temps forts, retrace la carrière de la chanteuse, avec Fred Chichin au sein des Rita Mitsouko, puis en solo.

Une carrière placée sous le signe de la liberté, de l'originalité et de l'anticonformisme...

 

 

 

 

 

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 10:50
Le schmock... la bête revient ?

 

Dans son roman intitulé Le Schmock, Franz-Olivier Giesbert aborde la question de la montée du nazisme dans les années 1930. Pourquoi les Allemands respectables ont-ils fait preuve de légèreté à l'égard d'Hitler ? Et pourquoi les juifs ont-ils autant tardé à fuir ?

 

Le Schmock, titre de son nouveau livre, est en effet un surnom gratiné du dictateur. En yiddish, "ce mot yiddish veut dire trois choses, un mot qui veut dire con, qui veut dire salaud et qui veut dire pénis, mais un pénis du genre ramollo", précise Franz-Olivier Giesbert.

 

À travers ce roman, Giesbert nous alerte sur le bégaiement de l’histoire et la perte de mémoire de l’humanité...

 

Interrogé par Thomas Rabino, journaliste à Marianne, lors du festival de la Biographie à Nîmes, l'auteur fait d'abord un éloge appuyé du roman :

"Pourquoi avoir choisi le genre romanesque ?", demande le journliste... Franz-Olivier Giesbert rappelle que dans un roman, on peut tout mettre : de la documentation, de la poésie, de la philosophie, du théâtre... on peut tout faire...

A travers le roman, on peut transmettre aussi des sentiments, des sensations, ce qui ne l'a pas empêché d'évoquer la trame historique sur laquelle il a beaucoup travaillé.

 

F. O. Giesbert s'est attaché à décrire la réalité, mais il a essayé  de la dépasser avec ses personnages.

 

Bien sûr, l'amour tient une place importante dans son livre : car l'amour était essentiel durant cette période... la mort était si proche que les histoires d'amour étaient très intenses.

Et, dans les camps, c'était encore plus important car les gens étaient séparés et cette séparation renforçait l'amour.

 

Franz-Olivier Giesbert en vient ensuite à évoquer l'antisémitisme qui ressurgit à notre époque.

Les exemples sont multiples , mais il en cite un qui l'a marqué : Alain Finkielkraut insulté par un salafiste... "Fout le camp, t'es pas chez toi, retourne en Israël..." une image violente et très forte.

Avec le durcissement du conflit israélo-palestinien qui ravive les haines communautaires, la fièvre antisémite refait surface dans l'Hexagone. 

Cimetières juifs recouverts de croix gammées, profanations, insultes, caricatures de mauvais goût, tags haineux, meurtres...

Un site en mémoire d’Ilan Halimi profané, des croix gammées sur des portraits de Simone Veil, des inscriptions antisémites à plusieurs endroits de la capitale, Mireille Knoll, ancienne rescapée de la rafle du Vel d'Hiv, tuée à coups de couteau dans son appartement du 11e arrondissement de Paris le 23 mars 2018...

 

Les actes antisémites ont progressé en France de 74% : hélas, la bête est toujours vivante, rappelle Franz-Olivier Giesbert.

Il faut donc encore dénoncer, s'indigner, stigmatiser.

 

 

 

https://www.lepoint.fr/societe/denise-rescapee-d-auschwitz-j-ai-peur-que-la-memoire-s-eteigne-26-01-2020-2359655_23.php

 

https://youtu.be/BnXbb0SFlKg

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 13:55
Redonner sa voix à une momie : quelle absurdité !

 

 

Des chercheurs ont réussi l'exploit de reproduire l'empreinte vocale d'un prêtre de l'ancienne Egypte, nommé Nesyamun, plus de 3 000 ans après son enterrement à Karnak, explique la BBC. 

 

Une voix qui a traversé les âges, ressuscitée par l'usage des nouvelles technologies. Les Britanniques Daniel Howard, John Schofield et Joann Fletcher des universités de Londres et de York ont réussi à reproduire l'appareil vocal du prêtre Nesyamun, l'une des plus célèbres momies du monde...

 

Oui, mais si on écoute l'enregistrement, on est pour le moins déçu : il ne s'agit que d'une syllabe... On entend un son "ééé..." et c'est tout.

On se dit alors que notre monde se perd dans des recherches stériles et inutiles.

 

Alors que tant de problèmes surgissent sur notre planète, la misère, la faim, les guerres, la pollution, le dérèglement climatique, comment peut-on consacrer du temps et de l'argent à des recherches de ce type ?

Il s'agirait de ressusciter l'histoire ! Mais de qui se moque-t-on ?

Restituer un timbre de voix, ce n'est pas faire un pas vers la connaissance du passé : on ne connaît pas alors les propos du personnage...

Oui, notre monde est fou et absurde : il se perd dans des projets dispendieux, on assiste à une perte des repères.

Les chercheurs espèrent pouvoir recréer ensuite des phrases complètes avec la voix de Nesyamun. 

Et bientôt, sera tourné un film pour mettre en scène le prêtre avec sa voix venue du passé ? Une superproduction hollywoodienne lancée à grands renforts de publicité ?

 

La modernité nous mène vers des incohérences...

L'argent dépensé pour ces recherches serait mieux utilisé au service de l'humanité souffrante.

Assez de gaspillages inutiles ! Assez de vains projets !

 

Notre monde se perd dans la quête de technologies de plus en plus sophistiquées : toujours plus vite, toujours plus innovant, au mépris de l'humain.

La 5G, les hologrammes, la reconnaissance faciale, les enceintes connectées... et puis quoi, encore ?

 

C'est à sauvegarder notre planète qu'il faut s'attacher : elle est menacée par la présence de l'homme qui risque ainsi de s'anéantir lui-même...

 

 

 

https://www.lepoint.fr/sciences-nature/un-prete-momifie-de-l-egypte-ancienne-retrouve-la-voix-24-01-2020-2359401_1924.php

 

 

 

 

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