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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 14:12
Jolie bergeronnette...

 

 

Jolie bergeronnette, au plumage soyeux, aux doux camaïeux de gris...

 

 

 

Jolie tête curieuse, aux teintes d'opale et de jais...

 

 

 

Elle s'est installée sur le muret, elle prend la pose, elle m'observe, l'oeil attentif...

 

 

 

Elle hume la douceur de l'air qui annonce le printemps...

 

 

 

Autour d'elle, l'eau bleue du canal redessine les arbres, des formes sinueuses, floues...

 

 

 

Autour d'elle, l'eau bleue du canal tisse des formes mystérieuses, des entrelacs, des arantèles, des festons, un somptueux tableau...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Jolie bergeronnette...
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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 12:00
Jean-Pierre Marielle, un comédien si attachant...

 

 

Un acteur très secret qui n'a jamais aimé qu'on parle de ses histoires personnelles... c'est Jean Pierre Marielle.

 

L’essayiste et romancier Stéphane Koechlin vient de publier une biographie de l'acteur intitulé "Jean-Pierre Marielle- Le lyrique et le baroque".

Invité lors du Festival de la Biographie à Nîmes, il a présenté son ouvrage :

"Il m'a fallu quatre ans pour cerner ce grand acteur qui finalement fait partie de l'histoire... il n'est pas qu'un acteur de cinéma, il a fait une grande carrière théâtrale, il a été au début de la télévision, et il a vraiment marqué l'histoire du théâtre, du cinéma, de la télévision, au vingtième siècle."

 

"Jean-Pierre Marielle est mort, il y a quelques mois. On n'a pas l'impression que vous l'ayez rencontré" ? demande le journaliste qui interviewe l'auteur.

"Les gens croient que je suis un vil opportuniste, parce que le livre sort juste après sa mort, mais j'avais commencé le livre il y a 4 ans, et à l'époque, j'espérais le rencontrer, mais finalement, je ne l'ai pas rencontré parce que j'ai appris qu'il avait des problèmes de mémoire... vous savez, il y a une espèce de voile pudique autour de la maladie d'Alzeimher...

 

Et il ne fallait pas le dire parce qu'il tournait encore à l'époque... les assureurs, quand un acteur est malade, ne veulent plus engager l'acteur... donc, il fallait suggérer de manière très délicate qu'il avait peut-être des problèmes de mémoire.

 

Et au moment où je termine le livre, il meurt, ce qui m'a permis finalement d'ajouter un malheureux dernier chapitre.

 

Au début des années 60, il doit tourner un film avec Marina Vlady, il doit jouer un rôle de jeune premier, il renonce alors à un film avec Belmondo, Cartouche, il devait jouer le rôle d'un lieutenant de Belmondo, un second rôle...

 

Et là il a enfin la possibilité de jouer un rôle de séducteur, qui est déchiré entre trois femmes, et il se dit : "C'est le moment où jamais, je vais devenir le nouveau Gérard Philippe, ça va être génial..."

 

Malheureusement, le film est un flop, et on trouve que Jean-Pierre Marielle est dans ce rôle-là d'un ennui abyssal, on le traite de "cow-boy de Bougival", bref, il se fait dégommer par la critique.

 

Et, là, ça va repousser son accession aux premiers rôles de 10 ans en arrière parce que les producteurs penseront que Jean-Pierre Marielle n'est pas capable d'assumer un premier rôle.

Par la suite, Marielle a refusé de jouer un certain nombre de navets : il sélectionnait ses films, à la différence de Galabru, par exemple.

 

Il y a eu des films qui ont marqué, "Les galettes de Pont-Aven", dont la qualité a été reconnue bien des années plus tard, parce que sur le moment, la critique était parfaitement acerbe, et puis, il y a eu cette consécration, alors qu'il est une personne âgée, sur un rôle qu'il ne devait pas avoir, c'est : "Tous les matins du monde..."

"Les Galettes de Pont-Aven", c'est quand même un film assez cru, c'est l'histoire d'un représentant de commerce qui plaque tout pour devenir peintre, il va à Pont-Aven, la capitale de la peinture, et il devient obsédé par les culs de femmes, la première scène est remarquable : il se réveille, il dégage délicatement les fesses de sa femme, il met une lampe et il peint le cul de sa femme...

A l'époque, le film a été très mal reçu, éreinté par la critique.

 

Ce film a tout de même permis à Marielle de s'épanouir artistiquement, mais il faudra effectivement attendre "Tous les matins du monde" pour qu'il soit consacré comme un très grand acteur.

 

Marielle s'est toujours défini comme un acteur de théâtre avant d'être un acteur de cinéma... c'était peut-être une coquetterie, parce que le cinéma n'était pas très gentil avec lui, donc, il s'est dit : bon, je suis acteur de théâtre, et effectivement, très tôt il a commencé à avoir de très bons rôles au théâtre.

C'est lui qui, le premier, a interprété Beckett, tout le théâtre anglais, Harold Pinter....

Il a joué Clérambard de Marcel Aymé, et, là, le succès était énorme.

 

Et Marielle, alors, a toujours dit qu'il ne pensait pas au cinéma. Il y songeait de temps en temps parce que le cinéma lui permettait de mettre du beurre dans les épinards.

Mais le théâtre était pour lui quelque chose de très important.

 

Et d'ailleurs, au Conservatoire, quand un apprenti acteur faisait du cinéma, il était très mal vu... C'était un prostitué, une prostituée parce que le cinéma était assez méprisé dans les années 50, c'était quelque chose de  superficiel, de frivole...

 

Marielle, c'est le rôle du grand imbécile du cinéma français : pathétique, se croyant génial, alors que c'est un crétin fini... il a très bien joué ce rôle, cela lui a plu pendant un certain temps, puis il en en a eu un peu marre de jouer ce type de rôle."

 

L'auteur de sa biographie a rencontré ses femmes, ses proches, son fils... ce qui lui a permis d'approcher mieux le personnage.

 

 

 

 

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 11:58
Nîmes, au fil de l'histoire... une épopée passionnante...

 

 

Deux enseignantes se sont associées pour écrire une histoire de Nîmes... un livre rigoureux, précis, sérieux, rédigé à partir d'archives. Francine Cabane et Danièle Jean ont présenté leur ouvrage lors du festival de la Biographie, à Nîmes, au Carré d'Art.

 

Bien sûr, les auteurs ont dû faire des choix : pour raconter la ville de Nîmes, elles sont parties des lieux et des personnages, pour chaque lieu, un homme ou une femme...

 

Le plus ancien personnage, c'est celle qu'on appelle la Dame de Caissargues : très jeune et très vieille à la fois, la dame de Caissargues a été enterrée à même le sol, avec un collier de coquillages et des pendeloques de dents d'animaux. Elle a été découverte dans les années 1980, elle n'avait que 25 ans, et vivait près de Nîmes, il y a environ 5000 ans.

 

Pour la période romaine, les auteurs ont choisi d'évoquer, lors de leur présentation, le personnage de Plotine, vraisemblablement née à Nîmes, élevée en Espagne, grande impératrice, femme de Trajan qui avait choisi pour successeur Hadrien.

Hadrien a fait édifier à Nîmes une basilique grandiose, en marbre italien, en l'honneur de Plotine... cette basilique a survécu trois siècles avant de disparaître peut-être lors des invasions barbares.

 

Au Moyen Age, c'est un personnage entre légende et histoire qui est mis en vedette : Saint-Baudile venu pour évangéliser les Nîmois... Nîmes devient alors chrétienne...

 

Pour le XVIe siècle, les auteurs évoquent Marguerite de Navarre : grâce à elle, le protestantisme s'est installé à Nîmes.

Nîmes est un des grands pôles du protestantisme dès le XVIe siècle ; les temples nombreux, sont d’anciens édifices catholiques réutilisés, après le Concordat (1801).

 

Au XVIIIe siècle, Francine Cabane et Danièle Jean se sont intéressées à un humaniste : Jean-François Séguier... c'est lui qui a déchiffré l'inscription latine de la Maison Carrée. A l'aide des trous de scellement des lettres disparues, il déchiffre en 1758 la dédicace suivante :

A Caius Caesar, consul et Lucius Caesar, consul désigné, fils d'Auguste, princes de la jeunesse...

La Maison Carrée est donc bien un temple du culte impérial, construit à la mémoire des deux petits fils d'Auguste.

 

Au XIXe siècle, place à la femme d'un riche négociant Nîmois : Irma Zoé Foulc... Le couple Foulc appartient à la riche bourgeoisie protestante. Ces riches négociants ont largement contribué à l'essor de la ville.

 

Et puis, comment ne pas évoquer Alphonse Daudet, l'enfant du pays ? On peut voir encore sa maison, située  sur le boulevard Gambetta.

 

Au XXe siècle, les auteurs ont choisi Marcel Encontre, figure peu connue : un résistant, fabriquant de faux papiers, accueillant des enfants juifs. Déporté, il ne revint jamais des camps.

 

Comment pourrait-on oublier aussi le maire Jean Bousquet à qui on doit la construction du Carré d'Art ? Un lieu de culture essentiel dans la ville : il regroupe bibliothèque, médiathèque, musée, centre de documentation, librairie...

 

Pour finir leur présentation, les deux auteurs reviennent sur deux exemples qui figurent dans leur livre...

A l'époque médiévale, la famille Scatisse, des gens riches, des Lombards, venus du Nord de l'Italie : on voit encore la maison de cette famille dans la rue de l'Horloge : une maison impressionnante, avec plusieurs cours, plusieurs puits, des escaliers à vis.

Au XIXe siècle, Ferdinand Girard, maire de Nîmes fut un grand bâtisseur : il favorisa la construction de l'église Saint-Paul.

 

L'ouvrage de Francine Cabane et de Danièle Jean est riche de nombreux autres documents et de nombreux autres exemples de monuments, d'hommes et de femmes qui ont marqué de leur empreinte la cité de Nîmes... car elles racontent une épopée fantastique de plus de 2000 ans : une histoire foisonnante et passionnante...

 

 

 

 

 

Nîmes, au fil de l'histoire... une épopée passionnante...
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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 09:48
Nous avons déclaré la guerre à la planète... nous dit Jean-Claude Carrière...

 

"Nous avons déclaré la guerre à la planète...", écrit Jean-Claude Carrière dans un de ses ouvrages...

Et on peut constater toute la vérité de cette affirmation...

 

L'homme n'a cessé de croître, de se développer, de se multiplier sur la terre : il n'a pas hésité à dévaster des forêts, à coloniser des territoires, à s'en emparer, à bétonner, à polluer la planète.

 

On assiste ainsi à une extinction de certaines espèces animales : la nature dépérit en raison de la présence même de l'homme sur terre, la nature recule, s'efface, est anéantie.

 

C'est une guerre inlassable qui est menée par l'homme, une guerre qui ne cesse de s'aggraver : insecticides, pesticides, épandage de produits toxiques, massacre d'animaux sauvages...

 

Et la nature n'est-elle pas en train de se retourner contre nous ?

On le voit avec le nouveau coronavirus qui a commencé à se développer en Chine.

Le Pangolin, ce drôle d'animal à écailles serait à l'origine de l'épidémie mondiale de coronavirus. 

C'est l'espèce la plus braconnée au monde, beaucoup plus que les éléphants et les rhinocéros : 100.000 pangolins sont abattus chaque année. 

C'est en principe un animal protégé, car il est classé dans les espèces menacées, et même en voie d'extinction en Chine, mais il n'y a pas beaucoup de contrôles et le commerce pourtant illégal rapporte beaucoup d'argent aux trafiquants. On le tue pour sa viande, mais aussi pour ses écailles et ses os qui auraient des vertus médicinales.

 

Ainsi, à force d'anéantir la nature, nous mettons en danger notre propre existence.

Ce coronavirus qui circule si vite, qui se répand, n'est-ce pas une réponse de la nature à notre hybris, à notre démesure, à nos prétentions de vouloir dominer le monde ?

N'est-ce pas là un avertissement ou pire, le début de la fin pour l'être humain ?

On sait aussi que le gouvernement chinois ne s'embarrasse guère des problèmes de pollution : de nombreuses villes chinoises sont noyées sous un brouillard de polluants...

"Nous sommes allés si loin que bientôt, tout retour en arrière nous apparaîtra sans doute impossible. Car dans le domaine nucléaire aussi bien que dans celui des pesticides et insecticides, nous avons perdu tout contrôle...", écrit Jean-Claude Carrière.

 

L'homme victime de sa propre expansion, de sa démesure, risque de payer le prix fort : il court ainsi à sa propre perte.

Est-il encore temps de réagir et d'inverser la tendance ?

 

 

 

 

Nous avons déclaré la guerre à la planète... nous dit Jean-Claude Carrière...
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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 14:04
ça s'appelle une Batucada...

 

Rythme brésilien, percussions, danses endiablées, costumes colorés, ça s'appelle une batucada... un nom aux sonorités exotiques qui nous fait voyager...

 

La batucada est un genre de musique avec des percussions traditionnelles du Brésil dont les formules rythmiques en font un sous-genre de la samba. Par extension, on utilise en France le mot « batucada » pour désigner un groupe de musiciens pratiquant ce genre musical. La batucada est née à Rio de Janeiro. 

 

Une batucada a eu lieu lors de la Feria de Nîmes dans un cadre somptueux : devant le Carré d'Art, en face de la Maison Carrée.

Costumes colorés, musiciens vêtus de rouge et de noir, danseurs et danseuses perchés sur des échasses... le spectacle a attiré une foule de spectateurs...

 

Les danseurs et danseuses ont d'abord évolué sur le parvis du Carré d'Art : des sauts, des pirouettes acrobatiques... il ont ensuite franchi les marches du parvis avec aisance et un sens inouï de l'équilibre, puis ils ont déambulé dans la ville pour le plus grand bonheur des spectateurs...

 

Beaucoup de gaieté et d'enthousiasme dans cette batucada : une musique tonitruante qui donne envie de danser, des costumes de fête, des plumes, des maquillages somptueux.

 

On a pu admirer l'habileté des circassiens : perchés sur leurs échasses, ils se déplacent avec aisance, ils dansent, bondissent, tapent des mains, entraînent le public dans leur sillage...

Ils répandent tout autour d'eux la joie, ils saluent les enfants émerveillés de leurs danses...

 

En face, la Maison Carrée offrait un décor magnifique à cette batucada... 

Ainsi, soudain, le passé et la modernité s'unissent, se rejoignent dans une harmonie étonnante...

Le monument reprend vie, résonne et rayonne d'une musique éclatante...

La ville de Nîmes riche de son passé accueille ainsi de nombreux spectacles dans des vestiges prestigieux : les Arènes, la Maison Carrée, les Jardins de la Fontaine, le temple de Diane...

 

 

A mes lecteurs : vous pouvez commenter sur You-tube... car Overblog est en panne pour les commentaires...

 

Photo et vidéos : rosemar

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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 09:48
Bâtir un empire... une étonnante exposition au Musée de la Romanité à Nîmes...

 

 

Voyager en Italie, en Espagne, en Libye, en Turquie, en Arménie, en Tunisie, en Syrie, et découvrir des sites antiques de l'Empire romain, c'est possible grâce à une exposition temporaire présentée au Musée de la Romanité, à Nîmes...

 

Le Musée de la Romanité propose, du 20 décembre 2019 au 8 mars 2020, une étonnante exploration virtuelle de l'Empire romain.

 

"Grâce aux formidables capacités des nouvelles techniques de numérisation, l’exposition « Bâtir un Empire » nous invite à un voyage historique, immersif et sensoriel, au fil de projections spectaculaires des plus grands sites archéologiques méditerranéens."

 

Baelio Claudia en Espagne, Pompéi en Italie, Carthage en Tunisie, Leptis Magna en Libye, Garni en Arménie,  Palmyre en Syrie, Aphrodisias en Turquie...

 

Le visiteur peut visualiser ces sites antiques grâce aux techniques innovantes de numérisation de notre patrimoine : le musée de la Romanité a fait appel à Iconem, une entreprise française spécialisée dans ce domaine.

A l'aide de drones, appareils photos et algorithmes, Iconem a produit les modèles 3D de plusieurs sites romains antiques.

 

On peut ainsi admirer les Propylées du site d'Aphrodisias, portes monumentales du sanctuaire d'Aphrodite qui a donné son nom à la cité, un vaste ensemble thermal construit sous le règne d'Hadrien, au 2ème siècle après JC, un sanctuaire consacré au culte d'Auguste, ou encore un magnifique théâtre...

 

On peut visiter Leptis Magna, le forum, avec des portiques dont les colonnes sont ornées de têtes de Gorgone, en l'honneur de l'empereur Septime Sévère, une basilique, un amphithéâtre creusé au sein d'une colline, un marché avec ses kiosques circulaires, un arc de triomphe consacré à Septime Sévère.

 

On entre dans l'antique cité de Palmyre, avec son arc monumental à trois baies en partie détruit et qui marquait l'entrée de la ville, on découvre le sanctuaire du Dieu Bél : hélas, seule subsiste la porte d'accès du temple... le site de Palmyre a été durement touché par les exactions de l'organisation Etat Islamique en 2016 et 2017.

 

A Garni, on découvre un temple bâti sur un podium, qui rappelle la Maison Carrée de Nîmes...

 

A Baelo Claudia, une basilique donne de plain pied sur le coeur du forum, un théâtre s'intègre parfaitement dans l'urbanisme octogonal...

 

On est ébloui par ces monuments venus du passé, témoins menacés par le temps, par les hommes, par le tourisme de masse, par le changement climatique, la pollution, par les conflits armés.

 

Il est donc essentiel de les préserver et de les documenter.

En utilisant ces modèles 3D, la communauté scientifique peut étudier à distance ces monuments et préparer des opérations de restauration ou de reconstruction...

Cette exposition temporaire offre au visiteur un magnifique voyage dans le temps et l'espace... 

 

 

 

 

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 10:21
Les Beatles... toute une époque !

 

Les Beatles... toute une époque !

Nous avons tous fredonné leurs chansons... Help!, Yesterday, Penny Lane, All You Need Is Love, Hey Jude... que de titres nous viennent à l'esprit !

Le plus grand groupe de tous les temps et de son époque, un groupe mythique !

 

Frédéric Granier nous raconte leur histoire dans une biographie intitulée : "Les Beatles - Quatre garçons dans le siècle..."

Invité lors du Festival de la Biographie à Nîmes, il a présenté son ouvrage devant un public nombreux et passionné.

 

 Formé en 1960, et composé de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Richard Starkey, dit Ringo Starr,  le groupe est considéré comme le plus populaire et le plus influent de l'histoire du rock.

 

"Comment se sont passés les débuts ?

Cela s'est passé de manière un peu  chaotique... ce sont quatre garçons qui sont sortis des bouges de Liverpool, c'étaient plutôt des bad boys, un peu des prolétaires issus d'un milieu très modeste. Ils se sont rassemblés autour d'une passion : le rock'n' roll...

 

Ils se sont retrouvés dans les petites salles de Liverpool et ils ont petit à petit gravi tous les échelons du succès. Ils ne sont pas immédiatement passés des petites caves de Liverpool jusqu'au numéro un de tous les tops. Il y a eu de longues années d'initiation : ainsi, ils ont passé plusieurs années dans les clubs de Hambourg à jouer du rock'n roll pour quelques deutschemarks et quelques bières qu'on leur offrait.

 

Après l'essor de la Beatlemania au Royaume-Uni et ensuite en Europe, les Beatles connaissent le succès en Amérique du Nord à partir de 1964, puis rapidement dans le monde entier. 

La reine les a anoblis en 1965, ça été une surprise.

C'est un moment très ambigu : on ne sait pas si eux essaient de faire une sorte de happening, en se moquant un peu de l'establishment anglais ou si c'est une manière de rentrer finalement dans le rang ?

 

La conquête de l'Amérique s'est faite fin 1963.

Ils ont essayé de sortir des disques, plusieurs fois, en Amérique... aucun succès : on se demandait qui étaient ces quatre adolescents avec des accents à couper au couteau, avec des espèces de choucroutes sur la tête...

 

On s'est demandé : "Mais c'est qui ces gens-là ?", d'autant plus qu'il y avait déjà des stars locales, il y avait les Beach Boys, d'autres groupes,  il y avait la soul.

 

Et puis, en 1963,  Kennedy a été assassiné, et les Beatles ont servi finalement de palliatif, de pansement dans une Amérique meurtrie.

Les jeunes Américains noirs et blancs ( parce qu'il y avait encore la ségrégation à l'époque) ont compris que c'était une musique qui transcendait les frontières, les couleurs de peau.

 

Et ça a été un extraordinaire exutoire et pour beaucoup de gens que j'ai interviewés, les Américains qui avaient connu cette époque, ils associent mentalement la mort de Kennedy, cette tristesse et ce retour de la joie avec le premier grand succès des Beatles aux Etats-Unis : I want to hold your hand.

 

Alors, il y a deux années très importantes, décembre 1980 : assassinat de John Lennon, et novembre 2001 : la mort de Georges Harrison.

 

Dans deux contextes très différents : Lennon est assassiné en 1980, beaucoup de gens s'en souviennent, ça a été un choc... pour des raisons musicales parce qu'on s'est dit que plus jamais on n'entendrait de trésors de la part de Lennon, un choc aussi parce qu'on a compris qu'il n'y aurait plus jamais de reformation possible. A l'époque c'était le fantasme... tous les ans, on disait : "Et si les Beatles se reformaient, et si les Beatles se reformaient..."

Et puis aussi, parce qu'on est passé de la fin d'un idéal, celui des années 60/ 70 à la décennie 80 qui est la décennie de Thatcher, celle de Reagan, c'est l'ère du libéralisme à tout crin, et tout d'un coup on avait l'impression de tourner la page des années Flower Power et de l'espoir porté par les Beatles.

 

Mais, malgré le temps qui passe, les Beatles ont toujours du succès...

La vente des disques a de l'avenir : 47 % des auditeurs en 2019 ont entre 18 et 29 ans. C'est remarquable !"

L'auteur Frédéric Granier témoigne encore : "Ma fille a 10 ans et je peux vous assurer que je mets un disque des Beatles, et tout de suite, son regard s'illumine."

 

 

 

https://www.lisez.com/livre-grand-format/les-beatles/9782262077235

 

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 09:25
Tina Modotti... profession : les hommes...

 

Tina Modotti : quel destin étonnant ! Quelle vie éphémère !

La jeune Tina nait en 1896 près de Venise, à Udine, dans une famille très pauvre qui se voit contrainte d'émigrer aux États-Unis pour survivre. Tina fascine très tôt par sa beauté et sa forte personnalité.

Pour ma part, je ne connaissais même pas le nom de cette femme photographe : j'ai découvert sa vie d'errances au cours du festival de la Biographie à Nîmes.

Gérard de Cortanze, invité du festival, a écrit une biographie intitulée : "Moi Tina Modotti, heureuse parce que libre..."

L'auteur est interrogé par un journaliste : "Comment Tina Modotti est-elle arrivée dans votre vie ?"

 

"En fait, j'ai écrit beaucoup de livres sur Frida Kahlo, je connais bien le Mexique... et quand vous travaillez sur Frida Kahlo, vous tombez automatiquement sur Tina Modotti.

 

Tina Modotti a quelques années de plus que Frida. Elle a eu comme amant Diego Rivera.

Lorsque Tina Modotti vit au Mexique, elle dirige une sorte de salon, elle reçoit tout Mexico, et un jour, elle reçoit une très jeune fille qui a 16 ans : elle s'appelle Frida Kahlo. Elle va l'initier à la politique... et surtout, elle va lui présenter son ex amant : Diego Rivera, et on connaît la suite de l'histoire : Diego Rivera et Frida Kahlo se marieront deux fois...

"Mon amie Tina a changé ma vie", disait Frida...

En effet, c'est elle qui lui présente son premier mari, c'est elle aussi qui lui a donné l'idée de son engagement politique.

 

Il y a deux types d'engagement dans le couple Rivera-Frida Kahlo : il y a le côté dogmatique de Diego Rivera, ils s'engagent tous les deux dans le parti communiste mais Diego est un homme d'appareil, Frida Kahlo, elle, n'est pas une femme d'appareil...

 

Ce qui l'intéresse, c'est de se battre pour les démunis, pour les pauvres, pour les ouvriers. Il y a un vrai engagement politique, c'est l'aube du parti communiste en quelque sorte... c'est là où il y a des liens avec le christianisme, c'est à dire l'amour des autres.

 

Et on retrouve ce même combat chez Tina Modotti... Lorsqu'elle s'engage au parti communiste mexicain, elle est très jeune. Elle ne s'engage pas pour des raisons de dogme, elle n'est pas stalinienne. Elle s'engage pour les pauvres et ça, ça va la suivre toute la vie.

 

Elle a d'abord travaillé dans une usine de filature, dès l'âge de 10 ans. A l'âge de 17 ans, elle va retrouver son père qui est parti aux Etats-Unis, afin de reconstruire la ville de San Francisco qui avait été détruite par un tremblement de terre.

San Francisco a été reconstruit en partie par une colonie italienne...

 

La première chose étonnante de cette biographie, c'est ce voyage qu'entreprend cette jeune fille... il faut imaginer : elle a 17 ans, elle part à San Francisco avec une petite valise, 50 dollars en poche, un petit chapeau, parce qu'on lui a dit : "Si tu vas aux Etats-Unis, il faut que tu aies un chapeau..."

Elle part en carriole de Udine à Gênes, en bateau de Gênes à New-York, en train de New-York à San Francisco... 45 jours de voyage...

 

Sa vie, ce sont des voyages incessants...

 

Une fois qu'elle est arrivée à San Francisco, elle est très jolie, magnifique, totalement charismatique, elle intègre une troupe de théâtre italien, elle devient une vedette, actrice de cinéma, car le cinéma hollywoodien va pomper des acteurs dans les troupes italiennes... les hommes sont des bellâtres, les femmes sont des séductrices qui brisent les couples...

 

Mais très vite, elle en a absolument marre de cette vie là... au fond, ça pourrait être une vie mondaine, mais elle va très vite abandonner ce côté mondain, totalement superficiel qu'elle ne peut pas supporter.

 

Elle part au Mexique où elle apprend le métier de photographe, elle devient une immense photographe, elle s'inscrit au parti communiste, elle est expulsée des Etats-Unis, elle va faire le coup de poing contre les nazis à Berlin, puis elle va à Moscou, elle fait toute la guerre d'Espagne comme infirmière, elle revient en 42 au Mexique, puis aux Etats-Unis, puis à Barcelone : c'est une des dernières à fuir Barcelone encerclée par les franquistes.

 

On perçoit chez elle une hésitation permanente entre l'art et la vie...

Elle a réussi dans la photographie puisque c'est une grande photographe de son temps, elle a fait des émules, il y a des expositions partout, sauf en France, autour de Tina Modotti.

 

Elle ne cesse de relier la politique à l'esthétique, c'est ce qui va créer la séparation inéluctable avec son amant Edward Weston un immense photographe américain qui, lui, ne fait que des photos esthétiques et des photos de nus.

 

Elle une vie courte, elle est morte à l'âge de 45 ans : elle a une mort tragique, elle meurt seule dans un taxi à Mexico, en pleine nuit.

 

Elle a une vie compliquée : on n'a cessé de traîner cette femme dans la boue... parce qu'elle était libre. 

 

Pourquoi la connaît-on aussi mal ? Parce que c'est une femme photographe... un homme photographe, on en parlerait beaucoup plus.

 

Le problème de Tina Modotti, comme d'un certain nombre de femmes de cette époque qui sont libres, sexuellement, économiquement, qui sont tout à fait scandaleuses, c'est que ce sont des femmes.

 

On lui a reproché d'être trop belle... une femme si elle est trop belle, c'est qu'elle est idiote, bien entendu... donc, elle a passé sa vie à être rejetée par tout le monde.

 

Quand on lui demandait : "Quelle est votre profession ?" Elle répondait : "Les hommes"...

Il y a deux idées là dedans : la première, c'est "les hommes" parce qu'elle a eu beaucoup d'amants, et pourquoi n'en aurait-elle pas ?

C'est bien connu : les hommes qui ont des amantes, ce sont des Don Juan, les femmes qui ont beaucoup d'amants, ce sont des putes...

Mais il faut entendre aussi, derrière cette réponse de Tina Modotti : "Les hommes", "l'humanité", son engagement politique, elle aimait l'être humain."

 

 

 

 

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/moi-tina-modotti-heureuse-parce-que-libre-9782226439765

 

https://www.franceculture.fr/photographie/tina-modotti-et-edward-weston-lhistoire-dune-rencontre-photographique

 

 

 

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 14:52
Arbres d'hiver sur un horizon de nuées...

 

 

Le soir tombe : des arbres se profilent sur l'azur, longues silhouettes dépouillées, branches en forme d'arabesques sinueuses...

 

 

Festons graciles, ténus, légers, jolies volutes sur un ciel de nuées vaporeuses...

 

 

Bouffées de nuages derrière les arbres, aux teintes nuancées de rose, de nacre et de gris...

 

 

Les nuées s'accrochent aux branches qui les déchirent... les nuées se dispersent en éclats de lumières...

 

 

Les branches ténébreuses déploient leurs motifs d'ombres chinoises...

 

 

Danse, sarabande des branches sur l'horizon...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Arbres d'hiver sur un horizon de nuées...
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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 11:23
Vertige de l'amour... selon Bashung...

 

 

 Une chanson qui nous entraîne dans les vertiges de l'amour... par son rythme endiablé, par ses paroles déjantées... c'est une chanson célèbre de Bashung.

 

Le poète nous emmène dès les premiers mots dans un monde onirique, celui de ses propres rêves, comme le montre l'emploi de la première personne...

"J'ai crevé l'oreiller

J'ai dû rêver trop fort..."

Ce sont des rêves pleins d'intensité, ce que suggère bien l'expression contenant un verbe très familier : "J'ai crevé l'oreiller". On rentre ainsi dans l'intimité de l'auteur qui nous confie ses rêves et ses fantasmes.

 

Une indication de temps "les jours fériés" évoque un moment de liberté propice aux rêves, à l'amour, à la liberté... une liberté rendue possible aussi peut-être par le départ de "Gisèle", quand elle "clape dehors."

 

Vertige de l'amour nous raconte ainsi les rêves érotiques d'un homme blotti contre son oreiller. 

Les images délirantes se succèdent comme dans un rêve : on voit successivement apparaître une "rouquine carmélite", une "mère sup", "Dieu qui porte un kilt".

Dans cette chanson d’amour atypique, l’auteur décrit ses sentiments dans un langage onirique. Il raconte les tourments provoqués par l’amour. Il les compare aussi à un vertige. Il accuse même peut-être le ciel de conspirer contre lui car selon lui, ‘’Dieu aurait mis un kilt’’. Il vivrait une histoire torride avec une carmélite et chaque fois, ils doivent se cacher en priant pour éviter les foudres de la mère supérieure.

"J’aurais pas du ouvrir
A la rouquine Carmélite
La mère sup’m’a vu v’nir
Dieu avait mis un kilt
Y’a du y’a voir des fuites..."

 

L'amour lui fait perdre la raison, comme le montre l'expression imagée et familière : "Mes circuits sont niqués... L' courant peut plus passer", on a l'impression qu'il est devenu un objet, un jouet victime de l'amour... et on perçoit à travers cette image toute la force du sentiment amoureux.

 

Dès lors, le poète souhaite peut-être passer dans une autre dimension : "Non mais t’as vu c’qui passe
J’veux l’feuill’ton à la place..."

 

La suite du texte est tout aussi délirante et étrange comme dans un rêve : 

"Tu t’chop’ des suées à Saïgon
J’m’écris des cartes postales du front..."

"Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour..."

 

L'auteur explore le champ de l'imaginaire qui est infini.  Avec le parolier Boris Bergman, Bashung utilise un langage fait d'écriture automatique, d'images abstraites, de double-sens, de propos surréalistes et de calembours.

Par exemple : "si ça continue j'vais m'découper" au lieu de "j'vais me casser", puis il ajoute : « suivant les pointillés ».

 

L'amour est associé aussi à la folie du désir : on retrouve là un thème traditionnel... qui est bien sûr renouvelé dans l'expression :

"Désir fou que rien ne chasse
L’cœur transi reste sourd
Aux cris du marchand d’glaces..."

 

La suite est encore plus délirante : 

"Mon légionnaire attend qu’on l’chunte
Et la tranchée vient d’être repeinte écoutez"

 

Ainsi, cette chanson nous fait ressentir tous les vertiges de l'amour, sa folie, ses éblouissements et ses égarements... 

La mélodie  nous berce et nous enchante de son rythme "rock'n roll".

 

Le texte :

 

"J’ai crevé l’oreiller
J’ai du rêver trop fort
Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors
J’aurais pas du ouvrir
A la rouquine Carmélite
La mère sup’m’a vu v’nir
Dieu avait mis un kilt
Y’a du y’a voir des fuites
Vertige de l’amour

Mes circuits sont niqués
D’puis y’a un truc qui fait masse
L’courant peut plus passer
Non mai t’as vu c’qui passe
J’veux l’feuill’ton à la place
Vertige de l’amour

Tu t’chop’ des suées à Saïgon
J’m’écris des cartes postales du front
Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour

Désir fou que rien ne chasse
L’cœur transi reste sourd
Aux cris du marchand d’glaces
Non mai t’as vu c’qui s’passe
J’veux l’feuilleton à la place
Vertige de l’amour

Mon légionnaire attend qu’on l’chunte
Et le tranchée vient d’être repeinte écoutez
Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour

J’ai crevé l’oreillé
J’ai du rêver trop fort,
Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors

Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors
J’ai crevé l’oreillé
J’ai du rêver trop fort"

 
 

 

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