Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 11:58
Le business des croquettes...

 

 

Propriétaires de chats et de chiens, vous croyez bien nourrir vos animaux avec des croquettes ? Détrompez-vous ! Ces croquettes  payés à prix d'or sont souvent dangereuses et néfastes. C'est une nourriture industrielle dont les effets peuvent être dévastateurs.

Un reportage diffusé sur France 5 analyse le business des croquettes... et voici ce qu'on découvre :

 

 

En France, une famille sur deux possède un animal de compagnie, un record en Europe... de quoi aiguiser l'appétit de bien des fabricants de croquettes pour chats et chiens.

Des emballages soignés, des produits variés : le premium ou haut de gamme se développe de plus en plus. Les gens veulent donner le meilleur à leur animal.

 

L'enjeu est colossal : le rayon animalerie est le deuxième rayon de l'épicerie...

L'offre est pléthorique : du bio, du light, des saveurs insolites à la truite, au lapin, et même des produits très étudiés que l'on dirait tout droit sortis d'un cabinet de vétérinaire.

 

Les emballages permettent d'attirer les clients : les fabricants vantent l'idée de vitalité, des produits sains, naturels, du plaisir.

Ce sont pourtant des produits industriels. Deux géants se partagent le marché : le suisse Nestlé et l'américain Mars. L'an dernier, en France, le chiffre d'affaires du secteur a atteint 3,4 milliards d'euros !

 

Mais quelle est la composition exacte de ces croquettes ?

On y trouve parfois des sous-produits animaux, c'est à dire des restes des abattoirs : les bas morceaux et les carcasses, des foies, des coeurs, des croupions...

Cette marchandise est peu chère. En fait, une entreprise familiale en Normandie à 60 km de Caen est la seule à utiliser ces restes de viandes fraîches.

Dans la plupart des croquettes, on ne trouve pas des morceaux de viandes, mais des protéines animales transformées : les carcasses sont broyées, cuites, séchées, réduites en poudre pour obtenir des farines animales.

Sabots, cornes, peaux, poils, laine entrent dans la composition de ces farines. Pas de muscle, aucun morceau noble...

De plus, des céréales sont utilisées : un mélange de blé, de maïs et de riz. L'amidon sert de colle pour agglomérer les ingrédients.

Les céréales sont encore moins chères que la viande : les fabricants n'hésitent donc pas à forcer la dose.

Mais ces céréales peuvent être très dangereuses pour les animaux, elles peuvent développer des mycotoxines, des moisissures qui ont des conséquences sur la santé des chats et des chiens... démangeaisons, système immunitaire affaibli, problèmes de reproduction, petits mal formés, non viables...

 

De plus, les céréales contiennent des glucides : les chiens et les chats sont des carnivores et n'ont pas besoin de glucides, ils n'ont pas l'anatomie pour absorber des céréales en grande quantité.

Ainsi, certains animaux souffrent de diabète... En France, 27% des chats, 40% des chiens sont obèses. D'autres développent des dermatites.

Les glucides ne sont même pas clairement indiqués sur l'emballage des produits.

 

Ainsi, même nos animaux domestiques sont victimes de l'industrie agro-alimentaire...

 

 

 

 

 

Le business des croquettes...
Partager cet article
Repost0
7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 12:55
Du Caravage à Cartier-Bresson...

 

 

Hugues Romano est un ophtalmologiste, spécialiste de l'imagerie médicale : il pratique depuis longtemps la photo, la peinture et la gravure... il a donné une conférence passionnante à Nîmes, intitulée : "Il a tué la peinture ? Du Caravage à Cartier-Bresson..."

 

Hugues Romano est né à Arles,  il était adolescent au début des rencontres Photos d'Arles, un ami de son père était un des créateurs, une des petites mains de ces rencontres.

Cet ami connaissait bien Cartier-Bresson, le célèbre photographe et Hugues Romano s'est intéressé assez tôt à la photographie, aux images et bien sûr à l'oeuvre de Cartier- Bresson.

Plus tard, il a même rencontré le célèbre photographe...

 

Il nous montre au cours de sa conférence que Cartier-Bresson faisait des photos comme on dessine... cadrer, faire des perspectives, construire l'image comme un graphiste, un peintre...

D'ailleurs, Cartier-Bresson a commencé à faire du dessin et de la peinture, il avait une culture classique picturale vraiment solide...

 

Et Hugues Romano en voyant certains clichés de Cartier-Bresson n'a pu s'empêcher de penser aux oeuvres du Caravage...

 

Car Le Caravage représente souvent de manière spectaculaire un temps particulièrement court, un instant, il peint des tranches de vie... comme peut le faire un photographe... ce qui fait songer à "l'instant décisif" de Henri Cartier-Bresson.

Une chose étonnante : dans une lettre adressée à un de ses clients et ami, Fréart de Chantelou, Nicolas Poussin avait écrit à propos du Caravage : "Il va tuer la peinture !"

Pourquoi un tel jugement si radical ?

Difficile de l'expliquer... peut-être parce que Le Caravage bouscule les codes picturaux de son époque, il peint avec une technique très moderne.

 

Sur de nombreuses photos de Cartier-Bresson, les personnages sont en mouvement, en action, ils ne sont que de passage, on a l'impression qu'ils se déplacent et vont sortir du cadre.

 

On retrouve ce mouvement dans les toiles du Caravage : ainsi, dans la vocation de Saint-Mathieu, le Christ et Saint Pierre sont au bord du tableau et viennent d'entrer dans la pièce où se trouve Saint-Mathieu, en train de compter son argent avec d'autres acolytes.

 

L'Arrestation du Christ représente un épisode du Nouveau Testament au cours duquel Judas vient à la rencontre de Jésus et l'embrasse afin de le désigner aux soldats qui viennent pour l'arrêter. Sept personnages sont représentés à mi-corps, au sein d'une composition très dense qui joue sur les expressions, les mouvements et les jeux d'ombre et de lumière. Parmi ces personnages apparaît un homme porteur d'une lanterne : il s'agit vraisemblablement d'un autoportrait du peintre lombard.

Dans ce tableau, on retrouve cette même impression de mouvement, le Christ est poussé vers la gauche par des hommes en armes, le porteur de lanterne vient de rentrer dans l'espace de la toile, un autre s'apprête à en sortir...

 

Dans une autre toile Judith décapitant Holopherne, au bord du tableau, se trouve une suivante, une vieille dame, prête à recueillir la tête avec un sac dans les mains : elle rentre dans l'image, elle va en ressortir.

On n'est pas dans un espace global, à l'inverse des peintures de Nicolas Poussin.

 

Dans une autre toile, Saint-Mathieu et l'ange, on voit l'ange qui vient souffler à l'évangéliste ce qu'il fallait qu'il écrive... l'ange rentre dans l'image et lui explique ce qu'il faut faire... et Saint-Mathieu n'a même pas le temps de s'asseoir, il faut aller vite, c'est vraiment l'inspiration du moment.

 

Autre caractéristique : Le Caravage représente souvent ses personnages avec des habits contemporains : on est dans une dynamique théâtrale.

 

On l'a vu : Le Caravage représente souvent des moments, des instants de vie...

Chez les Grecs, le dieu Kairos est un petit dieu ailé de l'opportunité, qu'il faut saisir quand il passe. Il a des ailes, il a un toupet de cheveux : au moment où il passe, on tend la main pour saisir sa touffe de cheveux et on saisit alors l'opportunité... Parfois, on ne le voit pas car il est tout petit, parfois, on le voit, mais on ne fait rien.

Le kairos est le temps du moment opportun. Il qualifie un moment.

Dans le langage courant, on parlerait de point de basculement décisif, avec une notion d'un avant et d'un après.

Ainsi, dans une oeuvre de jeunesse, Le garçon mordu par un lézard, Le Caravage peint le moment où le garçon est agressé, on est bien dans l'instant décisif.

 

Dans Le Souper à Emmaüs, le peintre représente le moment où les pèlerins d'Emmaüs réalisent brutalement qu'ils ont face à eux le Christ ressuscité. Les trois compagnons sont figés dans un effet de surprise...

 

Si le peintre Poussin est dans une narration, Le Caravage, lui, s'intéresse plutôt au visible : des images choc, des instants, il développe un nouveau sens de la réalité lié à ce qu'il voit. Les corps sont ceux de ses modèles, beaux ou laids, les détails sont ceux de la vie quotidienne, les sentiments sont ceux de la douleur et de la violence... un nouveau langage pictural se met en place, questionnant le concept de beauté.

Et bien sûr, les tableaux du Caravage font songer à ce que sera la photo de reportage.

Réalisme, force dramatique, cadrage, effets de surprise, l'oeuvre du Caravage est d'une modernité absolue.

 

 


Hugues ROMANO

Il propose aussi régulièrement des conférences mêlant histoire de l’Art et histoire des Sciences autour de thèmes unissant l’image et les phénomènes visuels ( par exemple « la couleur à Florence à la Renaissance », « l’œil et la vision chez Léonard De Vinci », « la parabole des aveugles chez Bruegel », etc.), à l’occasion de congrès médicaux ou de toute autre manifestation (conférences à Carré d’Art à Nîmes, dans le cadre d’universités populaires, etc.)

 

 

 

Du Caravage à Cartier-Bresson...
Du Caravage à Cartier-Bresson...
Du Caravage à Cartier-Bresson...
Partager cet article
Repost0
6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 12:43
L'arbre de l'automne...

 

 

Superbe marronnier de l'automne ! Il déploie ses branches sombres et déroule ses feuilles aux teintes de rouilles et de xanthe.

 

 

Il rayonne sur un ciel bleu d'azur, il éclaire le jardin de ses couleurs chaleureuses...

 

 

Quelques feuilles vertes encore, mais le roux, le brun-brûlé, des teintes de feux s'épanchent sur l'arbre....

 

 

Des camaïeux de bruns, des éclats dorés, des brouées de lumières...

 

 

 

Sous le soleil, les feuilles s'embrasent, resplendissent, prennent des teintes mordorées...

 

Sous le soleil, l'arbre aux couleurs du couchant flamboie...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

L'arbre de l'automne...
Partager cet article
Repost0
4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 12:42
Désormais, on ne marche plus, on roule...

 

Il devient périlleux, parfois, de marcher sur un trottoir... Soudain, un engin électrique déboule : une trottinette arrive à toute allure... Tout juste le temps de se garer pour laisser passer l'engin...

 

Parfois, c'est une bicyclette qui soudain se profile sur le trottoir... là encore, on s'efface pour que le cycliste puisse circuler...

 

Plus rarement, c'est un skate qui vous surprend dans votre déambulation...

 

Il peut arriver aussi que l'engin arrive par l'arrière : on ne le voit pas !

On sent un frôlement, et on découvre avec surprise que le trottoir ne nous appartient pas... un simple écart dans la démarche et un accident est si vite arrivé...

 

De nouveaux moyens de locomotion envahissent les trottoirs. Bientôt, les piétons n'auront plus droit de cité...

De nos jours, il convient de se déplacer rapidement, de ne pas perdre de temps... on est bien loin du temps virgilien dont parle Michel Onfray dans son ouvrage intitulé Cosmos... La marche appartient au monde de la lenteur, au vieux monde...

 

Les rues de nos villes sont depuis longtemps très encombrées... désormais, même les trottoirs sont saturés de véhicules de toutes sortes.

Bientôt, les gyropodes vont s'imposer et envahir nos villes... puis les gyroroues, les gyroskates... et puis encore d'autres inventions à venir...

Bientôt, les piétons n'auront plus leur place sur les trottoirs. 

 

Il serait temps de réapprendre à marcher... en dehors du vélo qui demande des efforts, les autres moyens de locomotion ne font pas vraiment travailler le corps.

Il serait temps d'adopter une démarche écologique.

 

Marcher plutôt que rouler, retrouver le bonheur de déambuler en ville, sans être inquiété par des engins qui déboulent à toute allure...

Marcher sur un trottoir en toute quiétude, se promener, se hâter si on le veut, ou flâner si on le souhaite...


Comme l'écrit le philosophe Frédéric Gros, "Marcher, c'est résister fortement à la part maudite de la modernité (obsession pathologique de le performance, culte de la vitesse, existences parallèles dans des univers numériques )."

 

 

 

 

 

 

Désormais, on ne marche plus, on roule...
Partager cet article
Repost0
2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 10:31
Le retour de la grammaire ?

 

J'ai reçu dernièrement dans ma boîte mail une publicité d'un éditeur scolaire : "Travailler la grammaire en toute sérénité... Découvrez nos cahiers de langue française et expression pour s'entraîner et progresser toute l'année..."

On présente alors deux manuels, l'un pour la classe de seconde, l'autre pour le niveau première.

Avec cet argumentaire :

"300 activités pour travailler la langue : vocabulaire, orthographe, synthaxe... (sic)  (le mot syntaxe a été mal orthographié, un comble pour une publicité qui met en avant des exercices orthographiques !)

Pour un usage en classe ou à la maison...

Un outil clé en main pour développer l'autonomie des élèves..."

 

La grammaire remise à l'honneur ? Il serait temps...

Pendant des années, on a négligé cet enseignement dans les écoles et les collèges.

Pendant des années, on a mis au rebut l'orthographe et la grammaire.

Et voilà qu'on veut à nouveau l'enseigner au lycée...

 

En fait, ne serait-il pas plus cohérent de renforcer cette discipline dès l'école primaire et le collège, afin que les élèves puissent arriver au lycée avec des bases solides ?

 

Ainsi, de réforme en réforme scolaire, les enseignants sont pris dans des réseaux de contradictions... C'est absurde ! On a pendant des années négligé la grammaire, on y revient bien tardivement...

 

Il bien évident que la grammaire est fondamentale dans l'apprentissage de la langue... Par quelle lubie pédagogiste a-t-on voulu l'évincer de l'institution scolaire ?

Et voilà qu'on fait marche arrière et que l'on prend conscience de l'utilité de cette discipline.

 

Hélas ! l'éducation connaît cette maladie : la manie de la réformite...

Que d'incohérences ! Que d'aller-retours !

Les enseignants sont considérés comme des girouettes. Et les élèves subissent les conséquences de ces réformes mal pensées. Ils ont des difficultés à rédiger, à construire des phrases correctes, ils ne maîtrisent pas leur propre langue...

 

C'est dès l'école primaire qu'il faut enseigner avec rigueur l'orthographe et la grammaire car c'est par le langage que s'acquiert la réflexion et que se développe la curiosité.

 

 

 

 

Le retour de la grammaire ?
Partager cet article
Repost0
30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 12:54
Quand la pudeur disparaît...

 

 

Les adolescents sont le reflet de nos sociétés : il faut voir certains élèves se comporter en classe comme s'ils étaient devant leur poste de télévision...

 

Inattentifs, bavards, affalés sur leur bureau, certains toussent, bâillent sans aucune retenue, certains mâchent du chewing-gum, d'autres, des filles, se coiffent et se regardent dans un miroir, d'autres sortent plus ou moins ostensiblement leur portable.

Où est passée la pudeur ? Qu'est devenue la retenue ?

 

Certains élèves refusent de prendre des notes, arrivent systématiquement en retard, se permettent de commenter haut et fort la tenue de l'enseignant ou de l'enseignante...

 

Certains sont incapables de tenir en place pendant une heure de cours : il leur faut bouger, aller aux toilettes ou à l'infirmerie pour le moindre prétexte.

Comme si l'école, l'éducation qui leur sont accessibles et gratuites n'étaient pas une chance pour eux...

 

Trop de permissivité a été accordée aux élèves : il convient que la classe soit "vivante, débridée, active !', tel est le credo des inspecteurs.

Mais, bien sûr, ces inspecteurs ne sont pas tous les jours à la tâche devant les élèves. Ils sont même bien éloignés du terrain et n'en connaissent même plus les réalités.

 

Le cours magistral n'est plus à la mode, les élèves doivent participer... 

Certes, ils doivent être actifs, mais encore faut-il qu'ils écoutent et soient concentrés ! Encore faut-il qu'ils respectent l'enseignant !

 

Désormais, les jeunes croient détenir la science infuse grâce à internet, certains d'entre eux ne se privent pas d'ailleurs de faire des copiés-collés.

S'imaginant détenteurs du savoir, ils pensent qu'il est inutile d'apprendre...

 

De nombreux parents eux-mêmes ne respectent plus l'institution scolaire. Comment leurs enfants pourraient-ils le faire ?

C'est aussi le règne de la permissivité qui s'instaure dans de nombreuses familles. A l'enfant tout est dû, l'enfant-roi a désormais tous les droits.

 

La pudeur n'est plus à la mode... elle est désuète, dévalorisée, honteuse même, les réseaux sociaux cultivent le scandale, l'impudence... dès lors, comment inculquer la pudeur et la retenue à des adolescents ?

 

 

 

 

 

 

Quand la pudeur disparaît...
Partager cet article
Repost0
29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 14:21
Automne sur le canal...

 

 

 

Sur le barrage, des feuilles échouées dessinent des brouées automnales, des camaïeux de rouilles et de rouge hyacinthe, des embruns de xanthe.

 

 

Les feuilles vernissées brillent sous l'eau ruisselante, étoiles éphémères qui s'offrent aux regards du passant...

 

 

Le canal s'illumine de ces teintes chaleureuses, de ces tableaux colorés qui surgissent au fil de l'eau...

 

 

 

Les miroir de l'eau se peuple de reflets, de verdures ondoyantes, de vagues, de tourbillons, d'arabesques lumineuses...

 

 

Le miroir de l'eau se teinte de bleu et de verts comme pour sublimer les couleurs chatoyantes de l'automne...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Automne sur le canal...
Partager cet article
Repost0
27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 12:29
Un spectacle empli d'émotions : Victor Hugo, un géant dans son siècle...

 

Ecouter la voix de Victor Hugo, l'écouter raconter son parcours, l'entendre dire ses poèmes : c'est là le sujet d'un spectacle plein d'émotions qui évoque la vie et l'oeuvre d'un des plus grands poètes que la France ait connu.

  A la fin de sa vie, le poète se raconte. Né en 1802, il mourra en 1885, embrassant à lui seul ce XIXe siècle à la fois corseté moralement et génial sur le plan culturel. 

 

Le spectacle est ponctué par des extraits de poèmes et des airs d'accordéon qui viennent souligner les événements de la vie de l'écrivain.

"Je m'appelle Hugo Victor-Marie, je suis né le 26 février 1802 à Besançon..." c'est ainsi que se présente l'écrivain...

 

"Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. "

 

"Mon père alors capitaine sera plus tard général et Comte de l'empire, il épouse en 1797 Sophie Trébuchet à Paris, mes parents auront deux autres fils, Abel et Eugène..."

 

Et le père entraîne toute sa famille sur les routes de France  et d'Europe et l'emmène dans ses campagnes, en Italie, en Espagne...

Le jeune Hugo n'aura que des contacts épisodiques avec son père dont la séparation avec sa mère a été difficile à vivre, même si ce père restera à jamais pour Victor un héros...

 

On entend alors ce poème célèbre :

"Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père."

 

Victor Hugo passe aussi une partie de son enfance à Paris au 8 rue des Feuillantines dans cet ancien couvent vendu comme bien national à la Révolution.

 

Et c'est aux Feuillantines que le jeune Hugo découvre avec ses frères les merveilles de la lecture :

"Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait: jouez, mais je défends
Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles.

Abel était l'aîné, j'étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d'elles.

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d'une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l'avoir,
Mais je me souviens bien que c'était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s'ils ont pris un oiseau des cieux,
S'appellent en riant et s'étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes."

 

Le poète évoque aussi ses débuts littéraires, son mariage avec Adèle Foucher qu'il avait rencontrée aux Feuillantines alors qu'il avait huit ans. Cinq enfants naîtront de cette union : Léopold, Léopoldine, Charles, François-Victor et Adèle.

 

Puis, c'est le récit détaillé et haut en couleurs de la bataille d'Hernani... en 1830, les représentations de la pièce resteront célèbres comme terrain d'affrontement entre classiques et la nouvelle génération des romantiques qui aspirent à une révolution de l'art...

 

Bien sûr, Hugo raconte aussi sa rencontre avec Juliette Drouet, le début d'une merveilleuse histoire d'amour...

Puis, les romans Bug-Jargal, Claude Gueux, Le dernier jour d'un condamné, Notre Dame de Paris, Les Misérables, l'Homme qui rit...

 

1843 : une année terrible, Léopoldine meurt tragiquement dans la Seine à Villequiers, noyée avec son mari, Charles Vacquerie.

Et on est ému par un des plus célèbres poèmes de Victor Hugo : Demain, dès l'aube...

 

Cette même année, Hugo tombe éperdument amoureux de Léonie d'Auney, avec qui il va avoir une liaison de 7 ans.

 

Puis, Hugo commence à s'intéresser à la politique et aux questions sociales, nommé maire du huitième arrondissement de Paris et député de la deuxième république en 1848, en 1849, il est élu à l'assemblée législative.

C'est là qu'il prononce le magnifique discours sur la misère :

 

"Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ;  car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli. 

La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?"

 

 

Le poète raconte aussi l'exil, la fuite à Bruxelles, à Jersey, Guernesey... la dénonciation de la tyrannie de Napoléon III dans les Châtiments...

Puis, les derniers recueils de poèmes : Les Contemplations, La légende des siècles, L'art d'être grand-père...

 

Ce spectacle écrit et interprété par Pierre Jouvencel fait revivre un des plus grands écrivains français : poète, romancier, dramaturge, pamphlétaire, Hugo a excellé dans tous les genres littéraires.

Pierre Jouvencel incarne à merveille le poète, il nous fait partager toutes sortes d'émotions, on est particulièrement ému par le discours sur la misère qui reste, hélas, par bien des aspects encore d'actualité...

 

 

 

Discours sur la misère :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9truire_la_mis%C3%A8re,_Discours_%C3%A0_l%27Assembl%C3%A9e_nationale_l%C3%A9gislative_9_juillet_1849_(extrait)

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 08:25
Le bonheur de ne rien faire...

 

Nous vivons une époque où nous sommes invités à occuper nos loisirs de toutes sortes d'activités : sport, sorties, cinéma, mondanités, internet... plus notre emploi du temps est rempli, plus nous sommes satisfaits.

Et même le temps que nous consacrons au travail s'allonge : recherche de rentabilité, réorganisations, restructurations, recul de l'âge de la retraite...

 

 

Et nous ne prenons plus le temps de nous poser, de rêver, de ne rien faire...

Nous ne prenons plus le temps de lire, de marcher...

Nous ne prenons plus le temps de savourer l'instant. On en arrive à se sentir coupable, si l'on ne fait rien.

 

Qui est désormais capable de passer une journée sans technologie, sans internet ?

Nous sommes sans arrêt connectés pour répondre à toutes sortes de messages, de sollicitations...

Certains passent des heures sur internet, devant des séries ou des jeux débiles : quel intérêt ?

 

Retrouvons ces plaisirs simples : marcher, rêver, admirer le spectacle de la nature.

 

Les enfants et les adolescents eux aussi doivent être sans cesse occupés : cours de sport, de musique, de danse... Pourtant, les enfants ont besoin de passer du temps à ne rien faire : c'est une porte ouverte vers le rêve et l'imaginaire. Il est bon de s'ennuyer quelquefois, ce qui permet de développer l'imagination.

 

En fait, c'est la société de consommation qui nous invite sans arrêt  à ne pas rester inoccupés.

Les publicités nous incitent à acheter toutes sortes de produits connectés, des vêtements, des loisirs onéreux, alors qu'on peut fort bien s'en passer.

Pourquoi certains magasins ont-ils désormais la possibilité d'ouvrir leurs portes le dimanche ?

Il s'agit d'inciter les gens à passer leurs loisirs dans les nouveaux temples de la consommation.

Nous devenons ainsi des consommateurs dociles, nous nous laissons happer par un système qui nous entraîne vers toujours plus de besoins et d'insatisfactions.

 

Le vrai bonheur est ailleurs : il convient de retrouver des plaisirs simples, accessibles à tous, gratuits.

Il convient de retrouver le bonheur de ne rien faire...

 

 

 

Deux articles sur le droit à la paresse :

 

https://www.liberation.fr/societe/2011/11/28/le-droit-a-la-paresse-a-relire-d-urgence_777701

 

https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/eloge-de-la-paresse/

 

 

 

 

 

Le bonheur de ne rien faire...
Partager cet article
Repost0
23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 12:06
Giorgio Cacchi dans ses oeuvres... au bord de l'étang et ailleurs...

 

 

Un récital de guitare et de musique électroacoustique surprenant et original...

Le guitariste utilise des enregistrements, des machines, des sons réels qui ponctuent ses compositions.

"Vous serez surpris, par moments..." annonce Giorgio Cacchi aux spectateurs...

 

Premier tableau, première journée : au bord de l'étang...

Dans ce premier morceau intitulé Aqua, Giorgio Cacchi nous fait percevoir le son de l'eau, goutte d'eau ou neige qui tombe... On écoute une mélodie très légère, douce, on entend les gouttes d'eau... puis, grâce à une machine acoustique, le son est amplifié avec des effets d'échos... on écoute encore la guitare et on entend la musique de l'eau... légèreté, transparence, délicatesse...

 

Le compositeur utilise aussi des chants d'oiseaux enregistrés, puis la guitare vient évoquer ces chants : légèreté, gaieté, bonheur au programme... le musicien nous fait vraiment entendre avec son instrument les voix des oiseaux...

 

Deuxième jour : un séjour dans un château du 19ème siècle... On écoute des bruits de portes qui craquent, et la mélodie de la guitare se fait plus sombre, avec des sonorités plus graves.

"Rassurez-vous, je suis normal dans la vie de tous les jours...", nous déclare avec humour le musicien.

 

Troisième jour : l'orage...

Le guitariste nous fait entendre le tonnerre : puis, c'est sa guitare qui gronde...

 

Quatrième jour : une promenade sur une allée de graviers... On entend les sons réels puis la guitare vient suggérer une marche lente, mesurée, douce...

 

Cinquième jour : qu'est ce qui peut bien arriver ? Le silence ! On apprécie, alors, une mélodie apaisante, au cours de laquelle le musicien berce sa guitare...

 

"Mais, la nuit, c'est quelque chose de particulier, je compose la nuit..", nous confie Giorgio Cacchi.

"Un soir d'insomnie, quand on ne dort pas, des objets prennent des proportions particulières..." Le musicien exhibe alors une énorme montre rouge, dont on entend le TIC TAC bruyant, avec un son amplifié.

"Quand on ne dort pas, cela devient insupportable...", et c'est le sujet du morceau suivant intitulé Insomnia.

Avec le TIC TAC de la montre, le guitariste nous joue un air obsédant, amplifié, qui résonne de plus en plus fort, jusqu'au vrombissement...

 

Puis, le musicien évoque un de ses professeurs qui lui a fait aimer la musique : il a alors composé un morceau pour le remercier : une jolie mélodie intitulée Carrousel dans laquelle on perçoit toute la reconnaissance et la gratitude de l'auteur...

"Je lui envoie la partition pour qu'il la corrige, et il me répond avec un autre morceau La ronde", le musicien nous joue, alors, une mélodie virevoltante, pleine de virtuosité et d'élégance...

 

Soudain, on passe à une autre évocation : "Il y a 50 ans, le premier homme sur la lune... aujourd'hui, on peut trouver cela un peu ringard, on ne sait pas si c'est bien vrai, toute cette histoire."

"Mais, il y a quelque chose de mystérieux dans l'espace..."

Et c'est là la partie la plus étonnante de ce concert.

Car le musicien nous fait revivre l'événement : grâce à une guitare électrique avec archet électronique, on entend comme une sonorité de sirène, on écoute aussi l'enregistrement de conversations entre les cosmonautes Aldrin, Armstrong et la NASA.

Puis, c'est le compte à rebours :  ten, nine, eight, seven...

On est vraiment dans l'ambiance. Et c'est alors que le musicien se met au piano pour jouer une mélodie sombre, ténébreuse comme l'espace : on ressent alors toute la beauté et le mystère de l'univers.

Le compositeur revient à sa guitare qu'il frappe de la main, et sur laquelle il interprète un air envoûtant...

 

On passe ensuite à une toute autre ambiance : "Je ne suis jamais allé à Cuba, mais en écoutant des musiques cubaines, j'ai composé ce morceau..."

On est alors saisi par le rythme enjoué de la mélodie : un rythme de bossa nova qui donne envie de danser...

 

On est encore étonné par un dernier morceau... "Quand je suis arrivé dans cette région, j'ai été surpris par le vent, sa violence..." Et le musicien nous joue la musique du vent, d'abord assez douce puis tonitruante, en frappant sa guitare.

 

 Avec sa bonhomie, son accent italien chantant, et avec son  talent de musicien,  Giorgio Cacchi a suscité la curiosité et emporté l’adhésion des nombreux spectateurs venus écouter son récital.

Ce spectacle s'est déroulé au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes...

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de rosemar
  • : Pour le plaisir des mots : poésie, chanson, littérature, actualités, politique, éducation...
  • Contact

Profil

  • rosemar
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire

Texte Libre

fleurs 4fleurs 3coqulicot

Recherche

Https://Fatizo.over-Blog.com/