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9 octobre 2024 3 09 /10 /octobre /2024 09:24
"Le présent, il ne s'appelle pas pour rien le présent : c'est un cadeau..."

 

Kamel Daoud, invité de l'émission La Grande librairie, le mercredi 18 septembre, a délivré un message essentiel...

"Je ne crois pas que le passé existe, je crois à des récits sur le passé et j'ai envie d'avoir le mien... donc, quand on est né dans un pays comme l'Algérie, c'est une véritable question. Est-ce que c'est le passé qui doit vivre, ou est-ce que c'est moi ?"

"Est-ce que c'est une douleur de le regarder, parfois ?" interroge alors Augustin Trapenard.

"Non, c'est de la colère. Les morts prennent parfois trop de place, les sépultures, les monuments... alors que le présent, il ne s'appelle pas pour rien le présent : c'est un cadeau..."

 

Le présent, un cadeau : voilà une magnifique leçon de vie !

Et honorer les ancêtres, tous ceux qui nous ont précédés, c'est vivre avec amour ce présent... habiter pleinement le présent.

"Ma maison, c'est le présent" dit encore Kamel Daoud.

Et il ajoute : "Les morts sont morts pour que nous vivions deux fois, trois fois, quatre fois, dix mille fois, ils ne sont pas morts pour que nous les imitions, ils nous regardent peut-être de l'autre côté pour que nous menions la fête jusqu'au bout, pour qu'on fasse des cérémonies, qu'on fasse des jeux, que l'on boive, que l'on vive, que l'on aime et que l'on se dépense... c'est fait pour ça, et nous devons mener deux vies, chaque fois que l'on perd quelqu'un."

Carpe diem, Cueille le jour ! disaient les anciens... profite de l'instant présent... car seul le présent existe vraiment, le passé est révolu, le futur n'est pas accompli.

"Age quod agis, Fais ce que tu fais..." disaient encore les Romains...

 

 Habiter le présent, n'est-ce pas là une des clefs du bonheur ?

L'habiter avec attention, bien sûr et non pas se laisser aller à l'accélération du temps, à cette frénésie du monde moderne qui nous emporte vers de vaines distractions, des jeux vidéo sans intérêt, des publicités, des films violents, des écrans factices, une consommation débridée...

 

Habiter le présent, c'est sans doute, s'étonner, s'émerveiller devant la nature, se livrer à la contemplation des êtres et des choses qui nous entourent.

Retrouver le bonheur de toutes les sensations visuelle, olfactive, auditive, tactile, gustative... bien souvent, nous nous contentons de la sensation visuelle, en oubliant les autres...

 

Goûter le bonheur de l'instant, savoir savourer une lecture, lire, relire, savoir apprécier une musique, une chanson, un spectacle, un paysage, une oeuvre d'art, prendre le temps de savourer les petits plaisirs de la vie.

S'intéresser aux merveilles de la vie...

 

Source :

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison-17/6457532-emission-du-mercredi-18-septembre-2024.html

 

 

 

"Le présent, il ne s'appelle pas pour rien le présent : c'est un cadeau..."
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22 septembre 2024 7 22 /09 /septembre /2024 11:46
Un paysage de verdures éblouissant !

 

Tout autour, des arbres à foison, un enchevêtrement de cyprès, de pins, de cèdres qui encerclent l'horizon...

 

 

 

Des teintes de verts nuancées, une forêt d'arbres aux formes diverses...les fuseaux rectilignes des cyprès, les rondeurs des pins, les cèdres tourbillonnants...

 

 

 

Un paysage de verdures éblouissant !

 

 

Et ce paysage m'appartient : je peux l'admirer tous les jours du haut de mon belvédère... un paysage champêtre, un foisonnement d'arbres...

 

 

 

Un spectacle si  apaisant... en toutes saisons, un décor de verdures...

 

 

 

 

Quelques maisons aux façades blanches viennent, en plus,  rehausser les teintes de cette verdure environnante...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 juillet 2024 7 28 /07 /juillet /2024 12:50
Eclats de feux d'artifice !

 

Des éclats de feux d'artifice dans l'obscurité de la nuit...

 

 

Des girandoles, des explosions colorées qui traversent le ciel, des fontaines de lumières, des myriades d'étoiles...

 

 

Des envolées d'éclairs, des tableaux colorés qui enflamment les ténèbres.

 

 

 

Comment ne pas être ébloui par ces flammèches qui semblent  surgir du monde de la nuit ?

 

 

 

Des bouquets de couleurs vives dans le ciel sombre : rouge vif, guirlandes d'or, rayons de lumières...

 

 

 

Magie de la nuit qui sublime tous ces bouquets ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 juillet 2024 5 19 /07 /juillet /2024 11:55
Piano à quatre mains : RAVEL, GERSHWIN...

 

Deux pianistes de talent pour ce spectacle musical dans le cadre des Jeudis de Nîmes : Muriel Bonijol, et Cosima Guelfucci... 

On écoute d'abord plusieurs pièces extraites de Ma Mère l'Oye de Ravel.

Pour mémoire :

 Maurice Ravel a composé cette oeuvre  d'après des contes de Charles Perrault (La Belle au bois dormant et Le Petit Poucet extraits des Contes de ma mère l'Oye, 1697), de Madame Leprince de Beaumont (La Belle et la Bête, 1757) et de Madame d'Aulnoy (Le Serpentin vert, 1697). Il existe trois versions principales de cette suite : la première, à l'origine de l'œuvre, est écrite pour piano à quatre mains (entre 1908 et 1910), la deuxième est une partition pour orchestre symphonique (1911), la dernière, plus étoffée, est une adaptation pour ballet, avec une chorégraphie de Jane Hugard. Le compositeur cite d’ailleurs les passages qu’il a précisément illustrés sur la partition. Ravel dédia Ma Mère l’Oye à deux enfants, Jean et Marie Godebski, enfants de ses fidèles amis d’origine polonaise Cipa et Ida. 

 


Thierry Guelfucci présente, au début du spectacle, la Pavane de la Belle au bois dormant avec un extrait du conte de Perrault :


"Il était une fois un Roi et une Reine, qui étaient si fâchés de n'avoir point d'enfants, si fâchés qu'on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde ; voeux, pèlerinages, menues dévotions, tout fut mis en oeuvre, et rien n'y faisait. Enfin pourtant la Reine devint grosse, et accoucha d'une fille : on fit un beau Baptême; on donna pour Marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu'on put trouver dans le Pays (il s'en trouva sept), afin que chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eut par ce moyen toutes les perfections imaginables. Après les cérémonies du Baptême toute la compagnie revint au Palais du Roi, où il y avait un grand festin pour les Fées. On mit devant chacune d'elles un couvert magnifique, avec un étui d'or massif, où il y avait une cuiller, une fourchette, et un couteau de fin or, garni de diamants et de rubis. Mais comme chacun prenait sa place à table, on vit entrer une vieille Fée qu'on n'avait point priée parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était sortie d'une Tour et qu'on la croyait morte, ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n'y eut pas moyen de lui donner un étui d'or massif, comme aux autres, parce que l'on n'en avait fait faire que sept pour les sept Fées. La vieille crut qu'on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents. Une des jeunes Fées qui se trouva auprès d'elle l'entendit, et jugeant qu'elle pourrait donner quelque fâcheux don à la petite Princesse, alla dès qu'on fut sorti de table se cacher derrière la tapisserie, afin de parler la dernière, et de pouvoir réparer autant qu'il lui serait possible le mal que la vieille aurait fait. Cependant les Fées commencèrent à faire leurs dons à la Princesse. La plus jeune lui donna pour don qu'elle serait la plus belle personne du monde, celle d'après qu'elle aurait de l'esprit comme un Ange, la troisième qu'elle aurait une grâce admirable à tout ce qu'elle ferait, la quatrième qu'elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu'elle chanterait comme un Rossignol, et la sixième qu'elle jouerait de toutes sortes d'instruments dans la dernière perfection. Le rang de la vieille Fée étant venu, elle dit, en branlant la tête encore plus de dépit que de vieillesse, que la Princesse se percerait la main d'un fuseau, et qu'elle en mourrait. Ce terrible don fit frémir toute la compagnie, et il n'y eut personne qui ne pleurât. Dans ce moment la jeune Fée sortit de derrière la tapisserie, et dit tout haut ces paroles : "Rassurez-vous, Roi et Reine, votre fille n'en mourra pas; il est vrai que je n'ai pas assez de puissance pour défaire entièrement ce que mon ancienne a fait. La Princesse se percera la main d'un fuseau; mais au lieu d'en mourir, elle tombera seulement dans un profond sommeil qui durera cent ans, au bout desquels le fils d'un Roi viendra la réveiller." Le Roi, pour tâcher d'éviter le malheur annoncé par la vieille, fit publier aussitôt un Edit, par lequel il défendait à toutes personnes de filer au fuseau, ni d'avoir des fuseaux chez soi sur peine de la vie."
 

On est alors séduit par une douce mélodie : Pavane de la Belle au bois dormant, une magnifique invitation à la rêverie... Cette pavane, danse ancienne, noble et lente, nous présente la fée Bégnine berçant de contes le sommeil de la princesse et évolue sur une mélodie transparente. Magnifique !
 

Puis, c'est le Petit Poucet qui nous est conté par Thierry Guelfucci :

"Il était une fois un Bûcheron et une Bûcheronne qui avaient sept enfants tous Garçons. L'aîné n'avait que dix ans, et le plus jeune n'en avait que sept. On s'étonnera que le Bûcheron ait eu tant d'enfants en si peu de temps; mais c'est que sa femme allait vite en besogne, et n'en faisait pas moins que deux à la fois. Ils étaient fort pauvres, et leurs sept enfants les incommodaient beaucoup, parce qu'aucun d'eux ne pouvait encore gagner sa vie. Ce qui les chagrinait encore, c'est que le plus jeune était fort délicat et ne disait mot : prenant pour bêtise ce qui était une marque de la bonté de son esprit. Il était fort petit, et quand il vint au monde, il n'était guère plus gros que le pouce, ce qui fit que l'on l'appela le petit Poucet. Ce pauvre enfant était le souffre-douleur de la maison, et on lui donnait toujours le tort. Cependant il était le plus fin, et le plus avisé de tous ses frères, et s'il parlait peu, il écoutait beaucoup. Il vint une année très fâcheuse, et la famine fut si grande, que ces pauvres gens résolurent de se défaire de leurs enfants. Un soir que ces enfants étaient couchés, et que le Bûcheron était auprès du feu avec sa femme, il lui dit, le coeur serré de douleur :

Tu vois bien que nous ne pouvons plus nourrir nos enfants ; je ne saurais les voir mourir de faim devant mes yeux, et je suis résolu de les mener perdre demain au bois, ce qui sera aisé, car tandis qu'ils s'amuseront à fagoter, nous n'avons qu'à nous enfuir sans qu'ils nous voient."

Plus tard :
"Le Petit Poucet croyait trouver aisément son chemin par le moyen de son pain qu’il avait semé partout où il avait passé ; mais il fut bien surpris lorsqu’il n’en put retrouver une seule miette : les oiseaux étaient venus et avaient tout mangé."

On écoute alors la musique de Ravel pleine de mélancolie... Les enfants du bûcheron errent dans le soir tombant. On reconnaît les pas dans l’accompagnement musical du début. Leurs hésitations sont illustrées par des changements de mesures constants (2/4, 3/4, 4/4, 5/4…) et leurs angoisses sont décrites par un dessein sinueux de tierces...

 

Thierry Guelfucci évoque alors une autre histoire moins connue : Laideronnette, Impératrice des Pagodes, d’après le conte Le Serpentin vert (1697) de la comtesse d’Aulnoy.

Laideronnette raconte l'histoire d'une princesse chinoise tombée sous une malédiction qui la transforma en une petite fille laide. Embarrassée par son apparence, Laideronnette s'exile elle-même de sa famille et de son pays. Lors de son voyage, elle est sauvée par un serpent vert. Comme leur amour grandit l'un pour l'autre, la malédiction est levée, et ils vécurent ensuite heureux sur l'île des Pagodes.

" Il était une fois une grande reine qui donna naissance à deux filles jumelles. Toutes les fées du voisinage se retrouvèrent autour du berceau pour les doter de toutes les qualités possibles. Malheureusement Magotine arriva ; c’était la sœur de Carabosse, aussi méchante qu’elle. Elle s’approcha du berceau et dit à l’une des petites filles :
« Tu seras parfaite, mais en laideur ».
« Nous ne pouvons pas changer ce mauvais sort, dirent les autres fées à la reine, mais nous pouvons vous assurer qu’elle sera très heureuse ». La reine appela donc une de ses filles Laideronnette et l’autre Bellotte. Laideronnette était si affreuse qu’il était impossible de la regarder.
Quand elle eut douze ans, elle voulut partir dans un château éloigné, le cœur rempli de tristesse. Dans la forêt, elle rencontra un gros serpent vert qui lui dit : « Laideronnette, tu n’es pas seule malheureuse, vois mon horrible figure ».
Un soir, elle se promenait au bord de la mer, quand elle vit une barque toute dorée s’approcher du bord. Elle y monta, perdit la terre de vue et bientôt, une tempête se leva. Le serpent vert réapparut et lui proposa de la sauver.
Laideronnette s’évanouit et se réveilla dans un merveilleux palais en entendant de la musique.

Les jardins étaient remplis de fleurs, de fontaines, d’arbres rares. Elle vit venir à elle de petits personnages couverts d’or et de pierres précieuses pour la divertir et la servir. Tous les jours à son lever, elle avait de nouveaux habits, de nouvelles dentelles. Elle se déshabillait le matin pour aller au bain. Aussitôt Pagodes et Pagodines se mettaient à chanter et à jouer des instruments. Tels avaient des théorbes faits d’une coquille de noix... tels avaient des violes faites d’une coquille d’amande, car il fallait bien proportionner les instruments à leur taille."
 


Ce conte inspire à Ravel une page séduisante aux sonorités raffinées et surprenantes... Fasciné par l’Orient, Ravel recrée ici une ambiance  exotique en composant un thème bâti sur 5 sons (qui correspondent aux touches noires d’un piano). Ces sons génèrent un mode dit "pentatonique", très fréquent dans les musiques d’Extrême-Orient. Cette couleur particulière fera peut-être dire aux enfants qu’ils ont l’impression d’entendre une musique "chinoise".


 

Thierry Guelfucci  et Muriel Bonijol nous lisent ensuite un passage de Conte mis en musique par Maurice Ravel : Entretiens de la Belle et la Bête...


"Premier entretien :
La Belle : Quand je pense à votre bon cœur, vous ne me paressez pas si laid.
La Bête : Oh, dame oui, j’ai le cœur bon mais je suis un monstre.
La Belle : Il y a bien des hommes qui sont plus monstres que vous.
La Bête : Si j’avais de l’esprit je vous ferais un grand compliment pour vous remercier, mais je ne suis qu’une bête. La Belle, voulez-vous être ma femme ?
La Belle : Non, la bête !
 

Deuxième entretien :
La Bête : Je meurs content puisque j’ai le plaisir de vous revoir encore une fois.
La Belle : Non, ma chère bête, vous ne mourrez pas, vous vivrez pour devenir mon époux…
La Bête avait disparu et elle ne vit plus à ses pieds qu’un prince plus beau que l'Amour qui la remerciait
d'avoir fini son enchantement." Mme Leprince de Beaumont

 


C'est sans doute le moment le plus poétique et le plus descriptif de l’œuvre, Ravel y fait s’entretenir sur un
rythme de valse lente, un dialogue amoureux au cours duquel la Belle  finit par céder aux supplications de la Bête, et se laisse séduire...

 

Enfin, le Jardin Féerique de Maurice Ravel  est l’une des plus belles œuvres classiques inspirées par la nature...  pour la dernière pièce de ce conte musical où se mêlent les personnages de la Belle et la Bête, d’une impératrice chinoise et du Petit Poucet, il nous faut imaginer un matin de printemps où la nature triomphe...

Maurice Ravel a décrit lui-même la scène qui se joue dans nos oreilles :

"Petit jour. Chants d’oiseaux. Entre le prince charmant, guidé par un Amour. Il aperçoit la princesse endormie. Elle s’éveille en même temps que le jour se lève. Tous les personnages se regroupent autour du prince et de la princesse unis par l’Amour. Apothéose.
D’un baiser, le Prince Charmant a réveillé la princesse, le couple est béni par la fée devant tous les personnages…"
Le Jardin Féérique n’est autre qu’un lent et admirable crescendo interrompu par un palier central. Ravel semble y avoir mis toute sa nostalgie secrète d’un monde de féerie enfantine…


 

Dans une deuxième partie du spectacle, les deux pianistes interprètent la célèbre Rhapsodie in Blue de George GERSHWIN : on se laisse alors emporter par cette mélodie qui combine des éléments de musique classique et de jazz... une musique emplie de lyrisme, entraînante, envoûtante qui nous emmène dans un monde de rêves... un beau moment d'évasion et de pur bonheur...

 

 

 

https://pad.philharmoniedeparis.fr/0933850-ma-mere-loye-de-maurice-ravel.aspx?_lg=fr-FR

 

https://www.orchestredijonbourgogne.fr/downloads/pdf/ODB_DP_Ma-m%C3%A8re-l-oye_Thierry-Weber.pdf

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12 juillet 2024 5 12 /07 /juillet /2024 10:04
Voyage musical en Mongolie...

 

Voulez-vous plonger dans un monde sonore nouveau, envoûtant où les frontières musicales s'effacent et où les cultures se rencontrent ?

C'est un dépaysement garanti...  avec Célia Verseils, bassoniste qui a rencontré l'artiste mongol Dalaijargal Daansuren pour nous proposer une expérience musicale unique... L'Occident et l'Orient réunis sur la scène du Carré d'Art à l'occasion des Jeudis de Nîmes...

 

Les deux musiciens se présentent, lui avec un bandeau sur le front, et un long vêtement traditionnel vert sombre brodé, elle vêtue d'une longue robe noire...

On découvre alors un instrument au son étrange, étonnant : la vièle à tête de cheval... C'est l’instrument le plus populaire en Mongolie qui porte le nom de "Morin khuur” ou vièle à tête de cheval. Il s'agit d'un violon de forme carré avec un long manche droit puis recourbé à l’extrémité et surmonté de la sculpture d'une tête de cheval. Il est censé représenter le mouvement et les sons du cheval.

 

On écoute un premier morceau : on est alors véritablement transporté dans les steppes lointaines de Mongolie... une voix sonore très grave qui semble venue du fond des cavernes, puis un doux sifflement apaisant et mystérieux, comme le souffle du vent. Le son est doux, très oriental... c'est un dépaysement total !

 

Célia Verseils prend alors la parole : elle explique ses liens avec la Mongolie, son immersion dans la vie nomade chez sa correspondante alors qu'elle avait huit ans, ses rencontres avec les chants et les instruments traditionnels ont nourri sa créativité et ont donné naissance à une vision musicale singulière où le timbre de son instrument, le basson, peut s'unir à celui de la morin khuur. Elle nous invite au cours de ce concert à écouter le vent dans les dunes du désert de Gobi, un monde sonore où les cris des animaux, le chant des bergers ne font qu'un...

Magnifique voyage !

 

On est subjugué par ce morceau qui s'intitule : Cheval au galop... une musique envoûtante, on entend le hennissement d'un cheval puis un air très rapide restitués par la vièle, on entend le galop de plus en plus accéléré de l'animal... et la voix du chanteur sur ce rythme rapide.

 

A l'inverse, la musique qui suit est lente, mélancolique, ponctuée par la voix ténébreuse de l'artiste : une évocation majestueuse de la nuit et un hommage à Strauss.

 

Après la nuit, nous sommes invités à assister à un lever de soleil en Mongolie : on entend les vibrations de la vièle à tête de cheval et on voit aussitôt poindre le soleil, tandis que le basson joue un air caverneux qui s'éclaircit peu à peu... un bel hymne au soleil rempli de sensibilité et d'émotion. Une magnifique restitution sonore d'un lever de soleil...

Place à un hommage au musicien Henry Purcell : le basson, d'abord, joue une musique lente, douce, puis on écoute la voix caverneuse et grave du musicien...

Dalaijargal Daansuren nous explique alors ce qu'est le chant diphonique, un monde où les ondes acoustiques diffractent, s'assemblent et se superposent pour créer des tableaux sonores propres aux musiciens interprètes. Il est possible d'imiter ainsi les sons des animaux de la nature, le bruit du vent, le glou glou de la rivière, le bruit de l'ours, d'une cascade ou d'un dragon !

L'artiste nous fait entendre deux vents qui hurlent, et même le vent qui joue "Au clair de la lune." Etonnant !

Enfin, les deux musiciens interprètent encore un morceau créé il y a deux ans : Souvenir de la steppe. Un chant profond, caverneux, lent,  puis un air vif, accéléré joué par les deux instruments qui se répondent, puis le sifflement du vent grâce à la voix du chanteur.

La steppe s'anime sous nos yeux : on s'y croirait !

Magnifique moment de dépaysement et d'évasion !

 

 

 

 

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28 juin 2024 5 28 /06 /juin /2024 12:35
Pour fêter la poésie et la musique avec Eléon Daniel...

 

La poésie est musique, la musique est poésie : on ne peut pas les dissocier... La poésie dit souvent l'essentiel : la beauté du monde, sa fragilité, l'amour, l'amitié, mais aussi les détresses, les malheurs, le désarroi, la souffrance.

A l'occasion de la Fête de la Musique, Eléon Daniel la chante et la met à l'honneur avec un choix de merveilleux poèmes à découvrir ou redécouvrir...

D'abord, le célèbre Dormeur du Val de Rimbaud :

"C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons."

Comment mieux évoquer les splendeurs rayonnantes de la nature ? On sait comment s'achève ce poème : avec une dénonciation des horreurs de la guerre...

Et l'interprétation d'Eléon Daniel vient souligner ce contraste.

 

Puis, on écoute avec délice ce poème plein de fraîcheur de Victor Hugo : La coccinelle... l'histoire d'un rendez-vous manqué...

"Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J'aurais dû - mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l'insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s'envola.

- Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l'insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l'homme."

 

On aime aussi ce bel hommage aux femmes dans ce texte de Victor Hugo : Les femmes sont sur la terre...
 

"Les femmes sont sur la terre
Pour tout idéaliser ;
L’univers est un mystère
Que commente leur baiser.

C’est l’amour qui pour ceinture
A l’onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N’est, au fond, que l’ornement.

Tout ce qui brille, offre à l’âme
Son parfum ou sa couleur ;
Si Dieu n’avait fait la femme,
Il n’aurait pas fait la fleur.

À quoi bon vos étincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux ?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux ;"

 

Et encore cet autre hommage aux femmes de Gérard de Nerval :

 

"Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;
Aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

Courbé par le travail ou par la destinée,
L’homme à sa voix s’élève et son front s’éclaircit ;
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son coeur s’adoucit.

Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
Bien longtemps à l’attendre il faut se résigner.
Mais qui n’aimerait pas, dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?
"

 

Puis, c'est une invitation au voyage avec Le Relais de Gérard de Nerval... Bonheurs, mélancolie au programme...

"En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L’oeil fatigué de voir et le corps engourdi.

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, –
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,
De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux…
Hélas ! une voix crie : « En voiture, messieurs ! »"

 

On écoute encore une magnifique évocation du printemps, toute en nuances, avec ce poème de Nerval : Avril...

Déjà les beaux jours, – la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; –
Et rien de vert : – à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
– Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

 

On est ébloui par ce poème de Victor Hugo, qui raconte l'émerveillement des enfants pour la lecture... Victor Hugo a découvert, très jeune, le bonheur de la lecture : il raconte cette expérience, dans un de ses poèmes les plus connus, extrait des Contemplations, intitulé Aux Feuillantines.
Les Feuillantines étaient un ancien couvent désaffecté où résida la mère de Hugo de 1809 à 1812... Ce poème nous replonge dans le monde merveilleux de l'enfance : Victor Hugo évoque ses deux frères, sa mère, dans une scène familière...


"Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fimes pour l'avoir,
Mais je me souviens bien que c'était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire."

Et comment ne pas être ému par le personnage du mendiant décrit par Hugo ?

"Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre; il s’arrêta devant
Ma porte, que j’ouvris d’une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C’était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l’homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : – Venez vous réchauffer un peu."

 

On écoute encore un des plus célèbres sonnets de Verlaine : Mon rêve familier..., une vision onirique de la femme...

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend..."

 

On aime la sensualité entre désir et retenue de ce poème de Rimbaud : Première soirée :

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

 

On découvre la Chanson des Ingénues de Verlaine :
 

"Nous sommes les Ingénues
Aux bandeaux plats, à l'oeil bleu,
Qui vivons, presque inconnues,
Dans les romans qu'on lit peu.
Nous allons entrelacées,
Et le jour n'est pas plus pur
Que le fond de nos pensées,
Et nos rêves sont d'azur ;
Et nous courons par les prés
Et rions et babillons
Des aubes jusqu'aux vesprées,
Et chassons aux papillons ;
Et des chapeaux de bergères
Défendent notre fraîcheur
Et nos robes - si légères -
Sont d'une extrême blancheur ;"

 

Comment ne pas apprécier la fraîcheur de ce poème de Rimbaud ?

"On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
− Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
− On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, − la ville n’est pas loin -,!
A des parfums de vigne et des parfums de bière…"

 

On est ému par la douce mélancolie de ces vers célèbres de Verlaine :

"Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme!
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit,
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

- Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?"

 

La jeunesse encore chantée par Tristan Corbière :

"Elle était riche de vingt ans,
Moi j'étais jeune de vingt francs,
Et nous fîmes bourse commune,
Placée, à fonds perdu, dans une
Infidèle nuit de printemps...

La lune a fait [un] trou dedans,
Rond comme un écu de cinq francs,
Par où passa notre fortune :
Vingt ans ! vingt francs !... et puis la lune !"

 

On est séduit par ce poème intitulé Impression fausse de Verlaine, entre prison et rêve de liberté :
 

"Dame souris trotte,
Noire dans le gris du soir,
Dame souris trotte
Grise dans le noir.
 
On sonne la cloche,
Dormez, les bons prisonniers !
On sonne la cloche :
Faut que vous dormiez.
 
Pas de mauvais rêve,
Ne pensez qu’à vos amours.
Pas de mauvais rêve :
Les belles toujours !
 
Le grand clair de lune !
On ronfle ferme à côté.
Le grand clair de lune
En réalité !
 
Un nuage passe,
Il fait noir comme en un four.
Un nuage passe.
Tiens, le petit jour !
 
Dame souris trotte,
Rose dans les rayons bleus.
Dame souris trotte :
Debout, paresseux !"

 

Et quelle fraîcheur dans ce texte de Hugo: La pauvre Fleur disait au papillon céleste !

 

Enfin, un bel hymne à la nature, limpide, empli de simplicité, avec un poème de George Sand : A Aurore...

"La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même."

 

 

Bravo et merci à Eléon Daniel pour ce joli moment, pour la mise en musique et l'interprétation de toutes ces poésies, dans des conditions difficiles : le vent, le bruit de la circulation, les passants de la rue...

 

 

 

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21 juin 2024 5 21 /06 /juin /2024 12:21
L'agriculture à l'honneur !

 

Une ferme grandeur nature, des produits du terroir, vins, bières, miels, confitures, huiles essentielles, safran, plantes aromatiques et médicinales, des animations gratuites pour ces Journées Méditerranéennes des Saveurs, qui se déroulaient à Nîmes, près des Jardins de la Fontaine...

L'occasion de découvrir des races variées de vaches, de moutons, de lapins, de poules, de canards...

Pour les vaches, l'Aubrac, la  Limousine, la Salers, la Gasconne, la Charolaise, la Longhorn...

La Longhorn est la plus ancienne pure race britannique. Elle arbore une robe mouchetée rouge, noire ou rouanne avec une ligne dorsale et un ventre blancs. Elle porte de splendides cornes incurvées en roue vers la face. 

Pour les ovins, étaient présentées des brebis rouges du Roussillon, tête et membres roux...

 

On pouvait aussi admirer une ancienne machine à vapeur datant de la fin du 19 ème siècle, elle fut utilisée dans le Gard pour différents travaux agricoles jusque dans les années 30. En 1933, elle fut vendue en Lozère pour faire fonctionner une scierie.

Des engins agricoles étaient exposés : tracteurs, machines pour extraire le blé, l'orge, distillateur pour huiles essentielles, une machine à vendanger...

 

On découvrait le roseau de Camargue... Si les roselières abritent une grande diversité d’oiseaux, elles sont aussi une source de matière première avec la coupe annuelle du roseau, appelée la «sagne».
C’est une activité traditionnelle que seules quelques dizaines de personnes continuent de pratiquer dans les marais de la Camargue.

 

Canards, poules, pigeons, lapins étaient exposés dans des cages : des canards de barbarie blancs, une magnifique poule pékin fauve de couleur rousse... ou encore d'énormes lapins californiens à la robe blanche, aux oreilles grises... une poule Araucana, originaire d'Amérique du Sud... des canards coureurs indiens capables de réguler les limaces au potager... des poules de Marans de couleur sombre, des poules Serama toutes blanches avec une crête d'un rouge vif...

Des poules Sabelpoot, petites poules hollandaises tachetées : on les surnomme “Mille-fleurs” à cause de leur plumage original. Leur nom, Sabelpoot, signifie pattes de vautour... plus loin des lapins tête de lion : une race vraiment unique, avec une crinière qui part du front, jusqu’aux oreilles, en passant entre les omoplates. 

Des pigeons lahore noirs,  à l'apparence harmonieuse, plutôt hauts sur pattes, à l'allure fière...

Les enfants, émerveillés devant toutes ces découvertes, manifestaient leur joie et leur curiosité...

 

Les enfants étaient invités aussi à guider des ânes dans différents parcours, ils pouvaient s'initier à l'équitation sur des poneys ou des chevaux...

Une carriole tirée par des chevaux offrait aux enfants l'occasion d' une balade rustique...

De bonnes odeurs de campagne flottaient dans l'air environnant...

Ces journées ont permis à chacun de se reconnecter avec la nature, de percevoir la rudesse du métier d'éleveur, d'admirer toute la beauté de ces espèces animales que nous ne côtoyons plus.

 

 

https://www.lepoint.fr/video/decouvrez-le-romain-qui-va-sauver-la-planete-la-minute-antique-19-06-2024-2563444_738.php

 

 

 

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31 mai 2024 5 31 /05 /mai /2024 11:46
Sous le soleil bat le coeur des guitares...

 

La générosité, le bonheur du partage, c'est ce que nous offre "le coeur des guitares"...

On connaît la passion des gitans pour la guitare, cet instrument qui évoque des images de liberté, le sud, la lumière, la douceur, cet instrument que caresse le musicien, et dont il fait naître tant d'harmonies.

 

 La guitare suggère tant d'images ! Le bois travaillé, sculpté, vernis, des formes élégantes, des arrondis, des gestes précis, des mains souples et agiles sur les cordes...

 La virtuosité des doigts qui forment, dans une harmonie, les notes, la dextérité, la limpidité de la musique.

La précision, l'attention du musicien qui tient en mains son instrument, qui le caresse, le fait vibrer de mille harmonies.

 La beauté du geste ! Les sons qui s'envolent, comme par magie, de la guitare, des trilles, des éclats de soie, des murmures qui s'emportent soudain.

L'émotion provoquée par un simple instrument, la tristesse, la joie, la mélancolie, la révolte, le désarroi, le bonheur.

 

Et on entend monter ce chant "des errants qui n'ont pas de frontières"...

Un coeur des guitares chaleureux, festif qui rassemble et réunit les spectateurs autour de la musique...

Une vingtaine de guitaristes étaient réunis pour un concert donné à la Placette où un village gitan avait été installé avec roulotte, chevaux...

Et très vite, des spectateurs deviennent acteurs et se mettent à danser au son des guitares et des chants des gitans.

Les bras s'enroulent, se déroulent au rythme de la musique... une spectatrice entre dans la danse... puis une autre, puis une autre, et d'autres encore... et la foule bat la mesure... et la foule applaudit le coeur des guitares.

Un spectacle convivial, fait de bonne humeur, de simplicité, de chaleur humaine...

 

"Simplicité, vérité, pure présence au monde, jouissance voluptueuse d'un temps lent, naturel...", comme l'écrit Michel Onfray dans son ouvrage intitulé Cosmos, quand il évoque les Tziganes.

 

Un moment de détente passé en compagnie de ce groupe de musiciens et chanteurs... sourires, complicité entre les guitaristes et avec le public...

Les guitares vibrent, les chants s'élèvent vers les grands micocouliers qui peuplent la place.

Des airs dansants, entraînants envahissent la Placette... On danse, on chante, on boit, on rit sous le soleil du sud.

 

La foule se met à danser : une "fiesta" générale sur la place... le coeur des guitares entraîne tout le monde...

 

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2024 5 24 /05 /mai /2024 11:42
Un spectacle burlesque dans un cadre champêtre : les Jardins de la Fontaine...

 

Un spectacle burlesque en déambulation dans un cadre champêtre et prestigieux : les Jardins de la Fontaine à Nîmes, l'occasion de découvrir aussi ce lieu chargé d'Histoire, le canal, la source, le temple de Diane... un spectacle savoureux qui mêlait humour et culture... 

Ce spectacle a été présenté lors des Journées Romaines de Nîmes... par la Compagnie Art Scène Lutin.

Dans l'allée principale des Jardins, cette farce intitulée TRAHISON s'ouvrait sur un contrôle d'identité à la romaine : la Police Prétorienne interpelle une femme qui, apeurée, décline péniblement son identité : "Je m'appelle Polyvalencia, je suis guide touristique..." un contrôle suivi d'un "alcooletum testum".

Une scène amusante où l'un des policiers se révèle lui-même positif à ce test d'alcoolémie, un procédé comique : un renversement de situation... qui provoque les rires des acteurs et du public...

 

Arrive alors un autre personnage, un Romain qui se présente : "Mythomarcius Balivernus, narrateur et grand historien de Rome..." On sourit, bien sûr, de ce nom parodique à souhait...

Balivernus présente aussi sa complice : "Polyvalencia, issue des tribus ibériques de barbares, comme on dit...", appellation aussitôt contestée par l'intéressée.

"Je suis venu pour vous dire que rien ne va plus dans notre Rome tant aimée. Des Romains haut placés complotent dans l'ombre et rien ne va plus", poursuit Balivernus.

"Tout a commencé en l'an 8 après JC", précise Polyvalencia. "Et on va vous narrer toute la petite histoire qui a fait que c'est devenu la grande et qui a fait que c'est devenu le déclin de l'Empire."

Et Balivernus ajoute :"Alors, il y a des espions partout, nous sommes sur le qui vive, alors moi, Balivernus, je vais vous donner un secret pour ne jamais être contrôlé par la garde prétorienne. Dès que vous avez le soupçon sur qui que ce soit, il vous suffit de faire ce que l'on appelle : "l'extase."

Comique de gestes à l'appui : pied droit en avant, bras ouverts, buste penché en arrière, tout cela souligné par un "ooooh !" prolongé...

La foule participe au spectacle et se prête aussi au jeu de l'extase...

 

Le spectacle se poursuit dans un autre lieu des Jardins : près du canal que nous présente Balivernus :

"Vous êtes ici devant ce que l'on appelle non pas des bains, non pas un bassin, mais une chose extrêmement importante : le canal qui va amener les eaux jusqu'à la ville de Nemausus. Pourquoi il est intéressant de s'arrêter ici ? Le canal alimente des fontaines, des abreuvoirs, etc. Mais je dois vous révéler une chose : nous avons réglé un petit problème qui prenait beaucoup d'ampleur... figurez-vous que le canal, on l'a submergé, car on pouvait marcher entre les arcades et s'y promener. Et voyant cela, nous avons mis des poissons, et pour éviter que les gens ne s'y promènent, ce sont des piranhas... le moindre petit doigt, le moindre pied qui s'aventureraient dans le canal seraient immédiatement dévorés... alors, vous allez me dire : "Pourquoi vous avez fait ça ?" Eh bien, c'est assez simple : la jeunesse de Nemausus, pleine de vigueur, pleine d'amour, venait le soir, à la nuit tombée, se promener en dessous, ils amenaient de la nourriture, ils amenaient du vin, ils s'enivraient, on pouvait dire que c'étaient les premières boîtes de nuit, et ça faisait du bruit !

Et donc, ce canal est situé en contrebas de la colline d'en face et, quand les jeunes se donnaient rendez-vous, ils disaient : "On se retrouve ce soir au canal, on se retrouve ce soir au BAS CANAL" aux Bacchanales, vous savez ce que c'est que les Bacchanales ? C'est un lieu de perdition, où on boit, où on mange... les enfants, bouchez-vous les oreilles ! Et il y a également des hommes nus."

"Où ça ?" demande, intéressée, Polyvalencia.

"Et aussi des femmes nues et ça batifole, et ça batifole, d'où l'expression, grâce au canal des Jardins de la Fontaine de Nemausus : "Allons faire une bas canale, bacchanale"...

Voilà une étymologie originale, étonnante qui provoque le rire des spectateurs...

 

Nouvelle scène, cette fois devant le temple de Diane...

"La plupart d'entre vous pensent qu'ici c'est le temple de Diane, c'est normal,  c'est écrit sur les prospectus, partout... mais que nenni, pas du tout ! car c'est un Augusteum, un hommage à Auguste, nous, on va dire que c'est un Augusteum..." explique alors Polyvalencia.

"Tu as tout à fait raison, Polyvalencia... nous allons descendre... en bande organisée." poursuit Balivernus.

Rires de la foule devant cette expression empruntée au droit, en complet décalage avec le contexte...

"Alors, comme vous le disait Polyvalencia, ce ne peut pas être le temple de Diane, je vous rappelle que maintenant nous sommes en l'an 9 après JC, et là ce ne peut être qu'un Augusteum, car je connais personnellement l'empereur Auguste, premier empereur de Rome ! Et quand il est venu ici en villégiature, de passage, il m'a dit : "Balivernus, sois la mémoire de mon passage à Nemausus et fais donner en mon honneur une cérémonie de façon à ce qu'ils s'en souviennent toujours. Nous sommes arrivés à la date fatidique, ça se produit tous les 200 ans, c'est pour vous dire que vous avez beaucoup de chance !"

S'ensuit une cérémonie avec fumées, danses des Vestales transformées pour la circonstance en pom-pom girls, battement de tambour...

Balivernus mène la cérémonie : "Oh grand Augustus, tus, tus ! Là, je fais l'écho, parce que je vous explique : avant, il y avait des murs, et malheureusement, après un terrible incendie, tout s'est écroulé, mais avant, ça résonnait fort, très fort ! Donc vous allez faire aussi l'écho avec moi."

Et le public participe à la création de l'écho : 

"Oh grand Augustus !" TUS, TUS, crie la foule. Premier empereur des Romains, MAIN, MAIN ! Prends nos enfants par la main, MAIN, MAIN ! Pour les emmener vers demain, MAIN, MAIN !

Et la scène s'achève avec une version parodique et décalée de la chanson d'Yves Duteil : Prendre un enfant par la main, entonnée par la foule et avec une séance d'extase...

Plus loin, Balivernus remonte le temps et fait un cours d'histoire sur Jules César qui n'a jamais été empereur, il a été gouverneur de Rome, grand commandant en chef  de toutes les armées, avec des pouvoirs économiques, politiques. Et Balivernus évoque, de manière pittoresque, le complot fomenté par Brutus pour assassiner César.

Dernière volonté de César : "Je veux que celui qui me remplace s'appelle Octave..." Octave qui deviendra Auguste, premier empereur de Rome.

 

Nouveau tableau devant la source de Nemausus, dieu celte qui a donné son nom à la ville : "Les celtes ont ont été les premiers à venir s'installer ici", explique Polyvalencia...

"Ils sont venus pas par hasard mais parce qu'il y a des résurgences d'eau de pluie qui s'infiltrent dans le sol et qui font qu'ils avaient de l'eau..."

Et Balivernus en vient à raconter sa rencontre avec les nymphes de la source, un soir de pleine lune :

"Derrière moi, sur le côté, j'entends : "Balivernus ! Balivernus !" Je me retourne, un peu interloqué, qui m'appelle ? Et j'entends une autre voix : "Balivernus ! Comme tu es beau !" Et une troisième voix : "Balivernus ! Balivernus ! On t'aime !"

Je me retourne et je regarde et qu'est-ce que je vois ? A la surface de l'eau, trois nymphes... et je dis : "Mais que faites vous là ?" 

"Mais c'est parce qu'on voulait te voir et l'une d'entre nous voulait te faire un cadeau..."

"Ces nymphes s'appellent Oxygénia, Métania, Azotia...

Mais elles souffrent d'un problème, nous dit Balivernus : elles font de l'aérophagie, et ces trois nymphes pètent dans l'eau, et si vous voyez des bulles revenir à la surface, c'est qu'elles sont là.

Et Oxygénia est la fille de Chronos et là elle me dit : "Tiens Balivernus, ceci est un de mes présents. C'est mon père qui l'a fabriqué... cette chose que j'ai dans la main me permet d'arrêter le temps, quand je le veux, je peux le bloquer, le débloquer, le rebloquer, le débloquer, le faire repartir en arrière, en avant. Je vous en ferai la démonstration dans quelques secondes..."

 

La scène finale se déroule devant le grand mur des Jardins : le couple Germanicus, Agrippine s'apprête à recevoir des invités : un autre couple, Arminius, (conseiller du gouverneur Varus, ambassadeur de Rome après des tribus barbares germaniques) et sa femme Thusnelda.

 

Agrippine et Germanicus sont vraiment d'origine romaine, alors que Thusnelda et Arminius sont, eux, des barbares, des Germains qui ont été élevés tout petits par Rome et ils vont commencer à vouloir trahir Rome.

Les deux couples se querellent et décident de régler leur différent dans une partie de "chifoumium" ! La partie est remportée par Agrippine et Germanicus, ce qui provoque la colère d'Arminius et de Thusnelda qui s'en vont dépités. Ils vont remonter sur le front de l'est pour fomenter un complot...

 

Bien que le spectacle soit éminemment comique (avec nombre de procédés : comique de gestes, de situation, de mots, de caractère, de répétition, grossissements burlesques),  il est émaillé de faits réels qui ont constitué l'histoire de Rome : le sanctuaire dédié au dieu celte Nemausus, près de la source, intégré ensuite par les Romains dans l'Augusteum, lieu de culte dédié à l'empereur Auguste, premier empereur de Rome.

Le temple de Diane s'inscrit dans ce sanctuaire mais sa fonction première est discutée. Son plan basilical exclut le fait qu'il s'agisse d'un temple romain et le terme "de Diane" ne s'appuie sur aucune donnée archéologique ou historique connue à ce jour. On date bien l'édifice de l'époque d'Auguste.

Autre fait historique réel : l'assassinat de César par Brutus.

La trahison d'Arminius, chef d'origine chérusque a valu à Rome une de ses plus cuisantes défaites lors de la bataille de Teutobourg, en l'an 9 après J.C.

Enfin, les noms pittoresques de tribus germaniques cités dans la dernière scène sont bien réels : les Chauques, les Chérusques, les Chattes, les Angrivariens, les Usipètes, les Bructères.

 

Merci à tous les acteurs de la troupe pour ce bon moment passé en leur Compagnie dans ce lieu mythique : Les Jardins de la Fontaine à Nîmes...

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Teutobourg

 


 

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13 mai 2024 1 13 /05 /mai /2024 12:19
Concours eurovision de la chanson : un spectacle affligeant...

 

J'avoue que je n'ai pas eu la patience de regarder longtemps le concours eurovision de la chanson : dès les premières images, un torrent de lumières criardes déferlaient sur la scène alors que des cris hystériques accueillaient les chanteurs et chanteuses...

Partout, le règne du mauvais goût, dans les décors, les costumes, les chorégraphies...

La plupart des participants semblaient se livrer à un concours d'originalité dans les tenues et les pas de danse...

Ainsi, par exemple, le gagnant du concours, Nemo, représentant de la Suisse, était revêtu d'un veste en plumes, et d'une jupette roses... sa prestation relevait, il faut le dire, d'une véritable performance : il chantait sur une plateforme ronde en mouvement qui le mettait souvent en déséquilibre ! Quasiment un exploit sportif !

Les yeux cernés de perles, les cheveux bouclés, le torse dénudé, les ongles démesurés, c'est original, c'est sûr !

Et assez vulgaire, tout de même...

 

Dans l'ensemble, beaucoup de mises en scène, à la façon des clips vidéos, et une certaine médiocrité dans les textes des chansons...

C'était tonitruant, coloré, bruyant mais décevant et carrément ennuyeux...

 

Ce concours devient ainsi une foire aux excentricités... un concours d'extravagances...

Un spectacle qui laisse trop de place aux apparences au détriment de la qualité des chansons interprétées par les concurrents... un signe des temps, sans doute.

 

Partout, le clinquant gagne du terrain : les voitures, les vêtements, les objets qu'on nous vend sont de plus en plus sophistiqués. Dans le domaine alimentaire, il s'agit aussi d'attirer l'oeil, de séduire les consommateurs grâce à toutes sortes d'artifices... Peu importe, au fond, la composition du produit, c'est l'apparence qui s'impose... L'industrie agro-alimentaire nous vend des produits artificiels qui perdent leur authenticité.

Pourquoi le concours eurovision de la chanson échapperait-il à cette règle ?

 

Le talent, le vrai se nourrit, il me semble, de simplicité, d'une certaine modestie.

Les artifices, la sophistication à outrance qui envahissent nos sociétés constituent des pièges trompeurs et néfastes.

Que dire des polémiques qui ont émaillé ce concours concernant la chanteuse israélienne, Eden Golan ? Menaces de mort, attaques sur les réseaux sociaux. C'est lamentable ! On mélange tout !

 

 

 

 

 

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